
TCD4 Pierre-sur-Haute - Chalmazel |
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- Constructeur : ![]() - Description rapide : Un des premiers exemplaires de télécabine oeufs contruits par Poma - Saison de la majorité des photos : hiver - Type de reportage : reportage photographique commenté : le reportage propose de nombreuses photos largements commentées de l'installation - Date d'ajout du reportage : 16/02/2008 |
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Notation du reportage
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Voici le reportage de cette installation. Il peut être scindé en plusieurs parties auquel cas l'auteur de chaque partie sera mentionné.
| Partie 1 | Auteur de ce reportage : lolo42 Section écrite le 14/02/2008 et mise à jour le 05/05/2008 (cache 08/05/2008) |
![]() Un choix audacieux pour l'époque : Remontons quelques dizaines d'années en arrière... Nous sommes au milieu des années 60. Le village, équipé d'une permière remontée dès 1952 (le téléski de Chapouilloux), est déjà une station de ski à part entière, mais, surtout, il est en train de vivre une profonde mutation : le projet d’aménagement des vastes espaces boisés situés en contrebas de Pierre-sur-Haute a débuté en 1964 avec la création du téléski des Granges, et Chalmazel s’apprête à investir dans un appareil dont on n'a, jusqu’alors, vu qu’un prototype présenté par Pomagalski : une télécabine 4 places entièrement automatique (comprenez par là, circulation en gares, et ouverture/fermeture des véhicules automatiques, inédit pour l'époque). Construite durant l’année 1967, la télécabine de Pierre-sur-Haute, est donc, avec celles de Val d'Isère et de Queenstown, l'aînée, plutôt méconnue, de ce qui deviendra par la suite la grande famille des télécabines de type oeufs à pinces S Stratégie de la remontée : D'une longueur de ligne de 2320 mètres, la remontée est située au centre de la piste des Granges (à l'époque 2 vraies pistes en fait, puisque des sapins la sépare alors en son centre) mais arrive lègerement en contrebas de Pierre-sur-Haute du fait des vents souvent violents que l'on rencontre sur les sommets foreziens. Elle dispose d'une gare intermédiaire située en limite de la forêt. Véritable épine dorsale du domaine skiable de Chalmazel, elle dessert la longue piste des Granges, très empruntée, et donne également accès au secteur de Couzan depuis son deuxième tronçon. Rôles majeurs qu'elle tiendra pendant plus de 3 décénies! Voici son positionnement sur le plan des pistes (remontée surlignée en jaune), avec les remontées et pistes de l'époque : ![]() Caractéristiques :
La gare aval : La gare aval, à structure métallique, était recouverte de planches des sapins locaux. L'accès se faisait par un escalier en bois extérieur assez raide où durant les files d'attente les chûtes et petites altercations étaient choses courantes. Dans le milieu des années 80, le bois, vieillissant, a été remplacé par de classiques tôles métalliques. Parallèlement, une modification plus profonde a consisté à créer une extension en béton permettant un accès de pleins pieds depuis le bas de la piste des Granges avec atelier/dépôt en R-1. Niveau fonctionnement l'embrayage était assuré par gravité, avec cliquets anti-retours (en cas d'arrêt) sur le rail de débrayage, et le trainage en gare par des cordelines à olives. Voici le plan de la G1 de la télécabine, avec en orange, l'extension construite par la suite : ![]() La G1 hébergeait la motorisation de l'appareil. La configuration du treuil était classique pour ce type de télécabine Pomagalski. Le moteur électrique d’une puissance de 140 CV (103 Kw) était installé au niveau du sol. On trouvait, directement montés sur l'arbre rapide, d'un côté le frein de service électro-magnétique, avec son volant d'inertie, et à l'autre extrémité du moteur, une transmission verticale par courroies jusqu'au niveau de la structure haute sur laquelle se situe le réducteur et la poulie. La marche de secours était assuré par un moteur thermique, qui transmettait la puissance par cardans à un différentiel mécanique pris sur le réducteur. Un freinage d'urgence hydraulique était également présent directement au niveau de la poulie motrice. Voici le schéma de principe générique de la configuration de treuil : (plaquette Poma) Le système de commande différait grandement de ce qui se fait désormais. Voici une photo représentant un pupitre de commande de l’époque : (plaquette Poma) La ligne : 1er tronçon : Le premier tronçon de ligne, intégralement situé dans la forêt, est le plus long et s'étend sur près de 1700 mètres. L'installation possédait des pylones peints couleur verte, en treillis en croix (toute première génération de pylônes treillis chez Poma pour ses télécabines, et relativement rare puisque très vite, ce sont des pylônes trellis à chevrons qui ont été utilisés par le constructeur). Niveau caractéristiques de ligne, ce premier tronçon disposait deux pylones de compression, un, de type monofût (le seul de la ligne) en sortie de gare aval, et un au niveau du replat à mi-parcours. Voici une vue issue d'une plaquette de la fin des années 80 ou l'on voit la ligne avec les cabines de couleurs, ainsi que les résineux encore présents au centre de la piste des Granges : ![]() Située en lisière de la forêt, la G2, était une gare intermédiaire qui présentait une particularité : elle acccueillait uniquement les cabines situées sur le brin montant. Les cabines du brin retour restaient en ligne en la survolant simplement… Elle permettait aux skieurs d'éviter le haut du domaine en cas des conditions météorologiques difficiles, mais également aux débutants de profiter d'une grande partie de la piste des Granges en évitant une longue partie en dévers située plus haut en sortie de G3. Voici le plan détaillé de la G2 de Chalmazel : ![]() Et une vue de gare intermédiaire « brin montant » Poma, à la finition près identique, à celle de la télécabine de Pierre-sur-Haute: (plaquette Poma - Gare intermédiaire du TSD3 Crêt du Merle à la Clusaz) La ligne : 2ième tronçon : Le second tronçon, nettement plus court puisque mesurant moins de 700 mètres, nous conduisait jusqu’au contrebas de Pierre-sur-Haute. Dès le départ de la G2, la cabine quittait la forêt de résineux pour évoluer dans l'environnement plus sauvage des Hautes-Chaumes. Niveau caractéristiques de ligne, ce deuxième tronçon disposait de deux passages de compression, un, uniquement pour le brin montant intégré en sortie de G2, et un second que l'on apperçoit sur la vue ci-dessous, situé juste avant la montée finale conduisant au pylône-double. Etait également présent sur cette ligne, un pylone de type support/compression, avec la particularité d’assurer la compression par pneumatique en lieu et place des habituels galets que l'on utilise de nos jours. Voici une vue du second tronçon où l'on apperçoit le dernier passage de compression et juste derrière le pylône support/compression : ![]() La tension de la télécabine était effectuée en amont sur le dernier pylone : un pylone double auquel était suspendu un bloc béton servant de contrepoids, technique classique utilisée par Poma à l'époque : ![]() La G3 avait été implantée à 1550 mètres d'altitude, immédiatement contre le dernier flanc de Pierre-sur-Haute, lui servant ainsi de rampart naturel contre les vents violents fréquents. Cette gare disposait également d'un garage pour stocker une partie des cabines, comme vous pouvez le constater sur le plan ci-dessous : ![]() Les véhicules : Dans leur première livrée les cabines étaient des versions 4 vitres multicolores. Je m'attarderai particulièrement sur certaines où l'on pouvait remarquer l'ancien très vieux logo « Pomagalski lift » et non le logo ![]() Sur celles-ci, les aérations n'étaient pas des fentes percées dans la coque au dessus des vitres, mais de véritables petites trappes en toitures d'environ 12x20cm que l'on pouvait ouvrir ou fermer manuellement. Autre caractéristique, assez dangereuse : la jointure entre les 2 coques était renforcée par une large pièce métallique qui venait en recouvrement lors de la fermeture! Voici le type de cabine en question : (issue de la TC de Queenstown, dépourvue de porte-skis) On trouvait également sur la ligne un grand nombre de cabines 4 vitres plus classiques, telles qu'elles ont ensuite été développées par Poma pendant de longues années, à savoir avec fentes d'aérations et surtout jointure cahoutchouc entre les deux coques. Du fait de la conception même de la pince S, sensible aux températures hivernales, les cabines étaient rentrées tous les soirs et réparties entre les 2 garages situés en G1 et G3 (et également, après rénovation, dans le contour). Après 26 années sans changements majeurs au niveau de la ligne (hors équipements de sécurité sur les pylones), la télécabine est rénovée en 1993. Elle se voit dotée pour l'occasion de trainages à chaines dans les gares, et de 90 nouvelles cabines 2 vitres teintées à la coque blanche, avec amortissement par 2 silent-blocs sur la suspente, et des porte-skis permettant d'accueillir les snowboards. Comme on peut le constater sur la photo les cabines recevaient également, durant la saison estivale, des portes-vélos destinés aux VTTistes. ![]() En conclusion : Bien le que débit de l'installation ait été porté à plus de 800 personnes/heures, cela restait notoirement insuffisant pour les grosses affluences du week-end. Au top de la modernité en 1967, la télécabine était devenue, au fil du temps, dépassée. Décision a donc été prise, avec l'acquisition des installations par le Conseil Général de la Loire, de changer cette remontée stratégique de Chalmazel. Elle est désormais remplacée depuis 2002 par le télésiège débrayable à bulles des Jasseries (reportage). Aujourd'hui, tout est donc entièrement déconstruit, jusqu'aux massifs bétons. Reste pour les Chameziaux, le souvenir de ce qui a été, pendant 35 années, la remontée emblématique de la station, comptant parmis les toutes premières lignes d'oeufs Pomagalski au monde. (je tiens particulièrement à remercier Bouctou pour sa contribution) | |
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