TCD6 TelefériQo Cruz Loma

Quito

Poma

T3 ES S2
Description rapide :
La plus haute télécabine du continent américain, avec une gare amont flirtant avec les 4 000 mètres d´altitude au cœur d´un massif volcanique actif.



TelefériQo Cruz Loma


Auteur de ce reportage : lolo42
Section écrite le 30/09/2011 et mise à jour le 04/10/2011
(Mise en cache le 08/11/2013)

quito teleferiqo cruz loma poma
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Quito : une capitale au pied d'un volcan actif

Remontees-mecaniques.net pose aujourd'hui ses valises à Quito, en Amérique du Sud, pour partir à la découverte d'une des plus hautes télécabines du monde, qui vous emmène à près de 4 000 mètres d'altitude sur les pentes d'un massif volcanique actif.

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Quito, capitale et deuxième plus grande métropole de l'Équateur, a été fondée en 1504 par les Espagnols sur les ruines d'une ancienne cité inca. Sa situation centrale au sein du pays fait d'elle un important centre économique. C'est une agglomération en plein essor : sa population de 1,6 million d'habitants en 2000, devrait passer à 2,2 millions d'ici 2015. On y parle bien entendu l'espagnol, mais les langues amérindiennes telles le quechua et le shuar occupent également une place importante. La ville est scindée en deux parties. Au nord, nous trouvons le Quito moderne, le centre des affaires, de l'économie et de l'administration, structuré par de larges avenues, des commerces et des grands hôtels. Au sud, c'est le Quito historique et authentique ; un quartier construit sous la période coloniale, façonné par sa multitude de rues étroites et pentues, son architecture qui mélange influences espagnoles et flamandes, et ses nombreuses églises baroques, riches en sculptures et en dorures. Quito fut le premier site classé au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO en 1978. La ville est visitée chaque année par des dizaines de milliers de touristes.

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Un aperçu du patrimoine architectural de Quito. (CC By-SA H3kt0r)


Mais outre le charme de ses quartiers, la situation géographique de Quito constitue également un atout touristique de premier ordre. Deuxième plus haute grande ville du monde après La Paz, Quito étale ses constructions à 2 800 mètres d'altitude dans un vaste bassin au cœur de la cordillère des Andes. L'agglomération est située au pied du massif des deux volcans Pichincha. Le plus proche, le Rucu Pichincha, culmine à 4 696 mètres. Érodé par les anciens glaciers qui lui ont sculpté ses aiguilles affûtées, c'est un vieux volcan éteint. Tout le contraire du menaçant Guagua Pichincha, situé plus au sud et culminant à 4 794 mètres d'altitude. Depuis 1981, ce volcan a repris une activité soutenue et est entré en éruption durant octobre 1999, recouvrant la ville d'un nuage de cendres. Bien qu'aujourd'hui plus calme, le Guagua Pichincha reste actif : il exhale toujours des fumerolles de vapeurs aqueuses, des gaz sulfureux, et parfois même des colonnes de fumée. Sa proximité avec Quito en fait un volcan dangereux et très surveillé.

Fort de cette célébrité, le massif des Pichincha est devenu une des montagnes favorites des touristes et randonneurs, qui trouvent là de quoi s'évader de ville et de la pollution. Il faut dire que l'endroit offre des magnifiques panoramas sur la région et se révèle facile d'accès grâce au TelefériQo gravissant les pentes de la Cruz Loma (littéralement, la croix du coteau), la principale colline autour de la ville, facilement repérable grâce aux émetteurs hertziens qui la coiffent.

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Le massif des volcans Pichincha. (CC By-SA-NC Guillaume Lavaure)


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La Cruz Loma dominant la ville de Quito. Le volcan Rucu Pichincha se détache plus à droite. (CC By-SA Marc Figueras)




Une télécabine à 4 000 mètres d'altitude

Le TelefériQo —  avec un Q comme Quito —  est situé à l'est du Quito historique. Il dessert le belvédère de choix qu'est la Cruz Luma,  un nom que l'on donne d'ailleurs également à l'appareil. Au cœur de massif des Pichincha, le lieu domine l'agglomération à 4 000 mètres d'altitude, et constitue le point de départ de nombreux sentiers de randonnées en direction des volcans ou de la vallée.

La construction de l'appareil a été initiée par deux hommes, Ernesto Rey Moreno et Esteban Celi, qui ont souhaité doter Quito de la toute première télécabine de la république d'Équateur. Le projet s'est inscrit dans le cadre d'un plan d'aménagement touristique visant à renforcer l'attrait de la ville par le développement de l'éco-tourisme mais également par la reconversion d'une ancienne friche industrielle en complexe de divertissements. Ainsi, autour de la gare de départ, se rassemblent sur plusieurs hectares un parc d'attractions, le VulQano Park, des jardins paysagers, des cinémas, des commerces d'artisanat et de souvenirs et plusieurs restaurants. Le TelefériQo a été réalisé par Pomagalski en 18 mois de 2003 à 2004 ; la longueur du chantier s'explique par l'absence d'hélicoptère pour le montage des pylônes.

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Situation du TelefériQo. (© Google earth)

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Plan du complexe de tourisme sur lequel est situé le départ du TelefériQo.

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Le chantier a été réalisé en 18 mois sans hélicoptère. (Poma)


Techniquement, le TelefériQo est une télécabine débrayable appartenant à la gamme Ariana du constructeur français. Elle est équipée de gares Satellit et de 18 cabines à la livrée blanche, de type Diamond C6S155, produites par le carrossier français Sigma Cabins, filiale de Poma. Chacune peut accueillir six passagers assis répartis sur deux banquettes et certaines sont équipées de porte-vélos (le massif des Pichincha se prêtant à la balade en VTT). Pour le confort, elles disposent de suspensions mixtes ressorts – plots élastomère. L'accouplement des véhicules au câble est réalisé par le biais d'une pince Poma Omega T.

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Une des 16 cabines Sigma Diamond du TelefériQo.

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Gros plan sur une cabine Diamond C6S155.

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Chaque cabine dispose de six places assises. Les banquettes sont rabattables pour le transport des personnes à mobilité réduite ou de marchandises.

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Des cabines sont équipées de porte-vélos. Chacun peut accueillir deux VTT.

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La suspente est liaisonnée via des suspensions mixtes ressorts – plots élastomère.

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La pince débrayable Poma Omega T.


L'appareil, exploité par la société Fideicomiso Proyecto Touristico Cruz Loma, est ouvert tous les jours de l'année (hors météo défavorable) avec une plage de fonctionnement large de 8 h à 20 h, voir jusqu'à minuit ! La maintenance est effectuée de nuit ou le matin avant l'ouverture, et deux cabines sont généralement présentes en entretien en aval. Avec 16 cabines en ligne et une vitesse de 5,15 m/s, le débit assuré par l'appareil est de 350 personnes par heure (400, avec les 18 véhicules présents).

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L'installation fonctionnant toute l'année, les cabines sont entretenues deux à deux en gare aval.


Le débit de la télécabine reste donc modeste, ce qui s'avère parfois insuffisant certains week-ends eu égard au succès rencontré. D'ailleurs, outre le ticket de base à 4,8 US$, l'exploitant a mis en place un ticket « express » à 8,5 US$ pour garantir, via une seconde file, un embarquement rapide aux touristes pressés.
Il reste cependant une marge de progression puisque le TelefériQo a été dimensionné à la conception pour 27 véhicules en ligne et un débit maximal théorique de 600 personnes par heure ; et puis, en dehors de ces périodes de forte affluence, l'attente reste la plupart du temps contenue. D'ailleurs la télécabine ne fonctionne souvent qu'à 2,12 m/s avec un débit de 150 personnes par heure : cela permet à la Fideicomiso d'optimiser les coûts et laisse tout loisir aux passagers de profiter du paysage.

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La télécabine dominant la ville de Quito à près de 4 000 mètres d'altitude. (CC By-SA-NC Drpoulette)



Caractéristiques de l'appareil


  • Nom de l'installation : TelefériQo Cruz Loma
  • Type : TCD - télécabine à attaches débrayables
  • Constructeur : Poma
  • Modèle : Ariana 6
  • Année de mise en service : 2004
  • Exploitant : Fideicomiso Proyecto Touristico Cruz Loma
  • Saison d'exploitation : toutes saisons


  • Altitude aval : 3 117 mètres
  • Altitude amont : 3 945 mètres
  • Dénivelée : 828 mètres
  • Longueur suivant la pente : 2 237 mètres
  • Pente moyenne: 40 %


  • Sens de la montée : droit
  • Nombre de pylônes : 14
  • Diamètre du câble : 45 mm


  • Type de stations : Satellit
  • Emplacement des moteurs : gare aval
  • Moteur principal : moteur électrique CC Thrige Electric de 415 kW
  • Moteur de secours : moteur thermique Cummins
  • Emplacement de la tension : gare aval
  • Tension du câble : dynamique, par vérin hydraulique à 20 250 daN
  • Pression du circuit : 185 bar


  • Constructeur des véhicules : Sigma Cabins
  • Modèle : Diamond C6S155
  • Capacité : 6 places assises
  • Attache débrayable : Poma Omega T
  • Nombre de véhicules actuel : 18
  • Nombre de véhicules possible : 27


  • Vitesse d'exploitation maximale : 5,15 m/s (périodes de forte d'affluence)
  • Vitesse d'exploitation réduite : 2,12 m/s (périodes creuses)
  • Débit effectif à vitesse maximale : 400 p/h ; 350 p/h avec 16 cabines en ligne
  • Débit effectif à vitesse réduite : 175 p/h ; 150 p/h avec 16 cabines en ligne
  • Débit possible à vitesse max. avec 27 cabines : 600 p/h possible avec ajout de 9 cabines
  • Temps de trajet minimal : 7 min 20
  • Temps de trajet à vitesse réduite : 14 min 30


La gare de Quito – La Gasca


Le départ du TéléphériQo est situé à 3 117 mètres d’altitude dans le quartier de La Gasca, à proximité de l’avenue Occidental, une des grandes artères de Quito. De par son implantation au sein du centre de loisirs, la gare de départ dispose de vastes espaces de stationnement et bénéficie d’une desserte efficace par les transports en commun.

L’entrée des visiteurs se fait par un vaste bâtiment en voiles de béton et charpente métallique. La construction s'ouvre largement sur l’extérieur par le biais des grandes baies vitrées qui courent sur toute la façade est. Outre le guichet, ce grand hall de gare accueille régulièrement expositions, réunions et autres conférences. L'exploitant utilise ainsi la notoriété du TéléphériQo pour l'organisation de séminaires ou réceptions et propose même formules combinant un trajet en télécabine !

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Bienvenue au TelefériQo.

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Gare de départ du telefériQo.

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L'entrée se fait par un vaste bâtiment d'accueil accolé à la droite de la station. (CC By-SA JeremyCG)

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Le hall d'accueil dispose d'espaces pour les séminaires ou réceptions.

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Les guichets du telefériQo.

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Le ticket « express ».


La station de départ de la télécabine jouxte le hall principal. C’est une gare Poma de type Satellit version standard (à deux pieds). L'absence d'habillage sous la structure permet au visiteur d'observer la rotation de la poulie. Pour une gestion optimale de l'embarquement, six repères jaunes sont tracés au sol au niveau du contour : les passagers montant à bord de la cabine qui se présente sont invités à se positionner à leur niveau.

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La station Poma Satellit jouxte le hall d'accueil.

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Vue sur la station Satellit.

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Contrairement aux versions européennes, la station ne dispose pas d'habillage sous la structure.

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Les passagers se positionnent sur les repères jaunes tracés au sol pour l'embarquement.


Le poste de conduite

Le poste de conduite reprend le matériel électrique standardisé d'une station Satellit avec les armoires de puissance et de commande Semer équipées des commandes et de l'écran tactile classiques. Un détail ne manque cependant pas d'attirer notre attention : le chiffre inscrit sur le compteur d'heures. La télécabine a déjà plus de 26 000 heures de fonctionnement à son actif après seulement sept années d'exploitation !

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Le local de conduite et les armoires Semer.

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26 000 heures de fonctionnement pour 7 années d'exploitation !

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L'écran de contrôle tactile.



Au cœur de la motrice-tension

La station aval assure l'entraînement et la tension du câble du TelefériQo.

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Vue générale de l'intérieur de la station Satellit motrice-tension.


Le treuil dispose pour ce faire d'un moteur électrique de 415 kW fonctionnant en courant continu. En sortie, l'arbre rapide vient animer un réducteur épicycloïdal Kissling mettant en mouvement la poulie motrice. En cas de défaillance du moteur électrique, un moteur thermique de secours fourni par Cummins est à même de prendre le relais pour assurer le rapatriement des cabines. Il est relié au réducteur par l'intermédiaire d'un cardan et d'un coupleur hydraulique.

On note la présence de deux volants d'inertie sur l'arbre rapide principal. Cela s'explique par le fait que l'installation dispose d'un faible nombre de véhicules : la ligne est donc peu chargée et possède une inertie assez faible.

L'entraînement principal dispose de deux freins. Le frein 1, un Mecalectro de type électromagnétique, est situé sur le premier volant d'inertie de l'arbre rapide. Le frein 2 agit pour sa part sur une piste périphérique de la poulie motrice.

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Schéma de principe de l'entraînement et de la tension.

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Le moteur électrique de 415 kW.

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Le frein 1, sur le premier volant d'inertie de l'arbre rapide.

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Détail du frein 1, de type électromagnétique.

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Le réducteur kissling, au dessus de la poulie motrice.

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En bout de treuil, le moteur thermique de secours.

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Gros plan sur le moteur thermique de secours Cummins et son accouplement au réducteur.


L'ensemble de l'entraînement est installé sur un chariot. Celui-ci est solidaire d'un vérin qui le positionne sur sa voie de roulement de façon à maintenir une tension du câble à 20 250 daN. Le vérin est asservi par une centrale hydraulique qui maintient une pression du circuit à 185 bar.

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La centrale hydraulique gérant le vérin de tension.

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Vue sur la centrale et le vérin de tension.

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Le vérin assure une tension du câble à 20 250 daN.

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Vue par dessous sur la poulie et son lorry.

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Le frein 2 agit sur la poulie motrice.


En gare, les chariots des véhicules sont entraînés par des pneus reliés entre eux via des courroies. Ces dernières sont elles-mêmes animées par une prise de mouvement sur des galets entraînés par le câble.
Dans le contour, l'entraînement des pneus est réalisé via des engrenages. La mise en mouvement est assurée par un moto-réducteur électrique servant également au cadencement (plus ou moins vite) des véhicules. En cas de problème avec le moto-réducteur, le contour peut être rendu solidaire des poutres en reliant entre eux deux galets libres via une courroie.

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La prise de mouvement des pneus sur le câble.

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La prise de mouvement vue par dessous

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Dans le contour, la transmission est réalisée par engrenages. Un galet de sécurité est présent en entrée
pour permettre une liaison à la poutre et faire tourner le contour par la prise de mouvement mécanique.

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Moto-réducteur électrique pour le cadencement plus ou moins vite des véhicules.

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Capteur de positionnement de la pince.

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Galets de support intégrés à la station Satellit en entrée/sortie.



La ligne


La ligne du telefériQo s'étend sur 2 237 mètres de longueur et assure une dénivellation de 828 mètres. L'appareil traverse les différents étages de végétation du massif des Pichincha : sur le bas la forêt est luxuriante et colorée, mais, à partir de 3 300 mètres, elle laisse progressivement place à la forêt naine, majoritairement formée de buissons et d'arbustes, qui elle-même disparaît vers 3 700 mètres, remplacée par le páramo, une vaste toundra d'altitude. A l'arrivée la roche sombre des volcans vient parachever le tableau contrasté.

La ligne a été conçue dans l'optique de préserver au maximum l'impact visuel et écologique sur le massif. Ainsi, l'utilisation d'un faible nombre de véhicules a permis de privilégier les grandes portées : 334 mètres entre le P5 et P6 et 344 mètres entre P7 et P8. Malgré une longueur conséquente, la télécabine ne dispose donc que de quatorze pylônes, dont deux uniquement destinés à la compression en sortie gare et trois qui se suivent de façon rapprochée sur le haut de la Cruz Loma pour rétablir l'horizontalité du profil. Le plus grand pylône de la ligne est le P5, haut de 27 mètres.

La télécabine passe par deux fois au plus près du sol (à tel point qu'il a fallu décaisser) : une première fois au niveau du P4, pour assurer une distance réglementaire avec une ligne électrique qui coupe le tracé à cet endroit, et une seconde, au niveau de la partie finale, pour permettre aux cabines d'être abritées du vent en circulant juste en contrebas de la crête.

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Vue sur la ligne depuis la gare de départ.

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Profil en long de la ligne.


Les pylônes sont majoritairement équipés de balanciers à 8 ou 6 galets, seuls deux pylônes se démarquent par leur balancier 4S et 4S/C. On remarque l'absence de passerelles : Poma a ici livré son concept de repose-pieds EPI. Durant l'intervention, les techniciens peuvent évoluer aisément au plus près des balanciers tout en restant assurés par leur équipement de protection individuel. Ce concept permet en outre d'optimiser les coûts de construction.

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Les deux compressions P1 et P2 équipés de balanciers 8C-8C.

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Les têtes de pylônes sont équipés de repose-pieds EPI et non de classiques passerelles.

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Première portée entre P2 et P3.

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Sur le bas du tracé, la végétation est des plus luxuriantes.

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Vue arrière sur la gare de départ et le complexe de loisirs.

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Le P3, équipé de balanciers 8S-8S.

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La ligne descend au milieu des arbres.

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La cabine passe au plus près du sol pour assurer la distance réglementaire avec la ligne électrique.

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Le P4, mesure 7,5 mètres. C'est un pylône de compression équipé de balanciers 8C-8C.

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Gros plan sur le 8C et les repose-pieds EPI.

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Le P5, équipé de balanciers 6S-6S, mesure 27 mètres de haut. C'est le plus grand pylône de la ligne.

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La grande portée P5-P6 de 334 mètres. La ligne de sécurité suit un tracé
plus près du sol et est soutenue par le pylône intermédiaire P5b.

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Le P6, équipé de balanciers 6S-6S.

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La portée P6-P7.

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Le P7, équipé de balanciers 6S-6S.

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La portée P7-P8 : plus grande portée de la ligne avec 344 mètres suivant la pente.

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Cabine dans la portée P7-P8.

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Le P8, un support-compression équipé de balanciers 4S/C-4S/C.

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Gros plan sur la tête du P8.

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Le P9, équipé de balanciers 4S-4S.

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Cabine dans la portée P9-P10.

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Arrivée sur la crête de la Cruz Loma.

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Les 3 pylônes rapprochés P10 (6S-6S), P11 (8S-8S), P12 (8S-8S) assument la rupture de pente.

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Les P10, P11, P12 dominant Quito sur la crête de la Cruz Loma. (CC By-SA-NC Jdegenhardt)

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Le P12, en contrebas des émetteurs hertziens.

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Vue arrière sur la ligne plongeant en direction de la ville.

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La portée P12-P13.

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Le P13, équipé de balanciers 8S-8S.

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Pour rester protégée du vent, la ligne s'abrite au plus près du sol. Celui-ci a même été décaissé pour le passage des cabines.

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Vue sur la gare d'arrivée, avec le volcan Rucu Pichincha en toile de fond. (CC By-SA-NC Dfinnecy)

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Le P14, équipé de balanciers 6S-6S, dernier ouvrage de ligne.

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La ligne vue depuis la gare d'arrivée.




La gare de Cruz Loma


L'arrivée du TelefériQo est implantée la partie sommitale de la Cruz Loma, au niveau d'une vaste prairie qui se développe en amphithéâtre à 4 000 mètres d'altitude, au pied du volcan Rucu Pichincha. Outre la gare amont de l'appareil le site accueille un vaste bâtiment panoramique hébergeant diverses infrastructures touristiques.

Le niveau du quai, précisément établi à 3 945 mètres d'altitude, fait de cette télécabine la plus haute du continent américain (sud et nord confondus). Pour protéger la zone d'attente et d'embarquement des caprices de la météo, la station s'habille sur les côtés de préaux en charpente métallique fermés par des parois vitrées.

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Le complexe d'arrivée du TelefériQo prend place sur une prairie à 4 000 mètres d'altitude dominée par le Rucu Pichincha.

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Le site accueille la station amont de l'appareil ainsi qu'un vaste bâtiment panoramique.

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Arrivée d'une cabine en station amont.

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Du fait de l'altitude, la file d'attente de l'embarquement sur le côté de la gare reçoit une couverture

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La station Satellit vue de face.

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Les quais sont isolés de l'extérieur par des baies vitrées.

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Vue intérieure sur les quais.

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L'embarquement conserve le même principe qu'en gare avec avec les marquages au sol.

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Cabine en entrée de lanceur.


Le poste de conduite

Le poste de conduite de la gare amont est équipé d'une armoire Semer qui reprend les commandes de contrôle principales de l'appareil.

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Cabine et armoire du poste de conduite.

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Détails de commandes présentes sur l'armoire Semer.

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L'écran tactile.


Au cœur de la station retour

La gare Poma Satellit amont est une simple station retour. L’intérieur héberge simplement la poulie de renvoi et les voies de circulation à pneus, similaires à celles de la gare aval.

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Vue générale de l'intérieur de la station Satellit retour.


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Passerelle de circulation et poutres à transmission par courroies dans le lanceur.

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La poulie retour.


Infrastructures touristiques

Plusieurs infrastructures touristiques sont implantées au niveau de la zone d'arrivée, principalement regroupées au sein du vaste bâtiment adjacent à la station. De celui-ci, le visiteur bénéficie d'une vue imprenable sur Quito au travers de la large façade panoramique vitrée (des jumelles sont d'ailleurs proposées à la location). Le touriste y trouve à sa disposition des boutiques de souvenirs, ainsi qu'un bar et une cafétéria. L'offre de restauration est par ailleurs complétée par un snack avec terrasse en extérieure en contrebas de la gare.

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Le snack-bar devant la gare et l'entrée du bâtiment panoramique en arrière-plan.(CC By-SA-NC Drpoulette)

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À l'intérieur du bâtiment se trouvent des boutiques de souvenirs, un bar et une cafétéria.

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La grande baie vitrée ouvre un large panorama en direction de Quito.

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Des jumelles sont proposées à la location pour profiter au mieux de la vue. (CC By-SA-NC Nathan 2009)



Rumbo al Pichincha


La Cruz Loma offre des panoramas variés sur différents environnements géographiques. En direction de l'est, 1 200 mètres en contrebas, Quito étale ses constructions dans la vallée tel un large tapis de jeux pour enfant, tandis qu'au sud, le paysage déroule ses verdoyantes collines au sol façonnées par quelques fermes d'altitude. Au nord et à l'ouest, nous trouvons le páramo, vaste espace sauvage de haute-montagne où seules poussent les touffes d'herbes folles. L'ensemble est dominé par le majesteux et paisible volcan Rucu Pichincha et les premiers contreforts de l'inquiétant Guagua Pichincha.

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La vue au nord s'étend sur Quito. (CC By-SA-NC Nathan 2009)

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La télécabine et la vue lointaine sur les Andes. (CC By-SA-NC Houston Marsh)

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La vue au sud, sur les collines verdoyantes façonnées par quelques fermes d'altitude. (CC By-SA-NC Nathan 2009)

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La vue au nord donne sur le páramo, dominé par le volcan Rucu Pichincha. (CC By-SA-NC Johan.dk)


Ici, même à plus de 4 000 mètres d'altitude, le climat reste tempéré été comme hiver (seules quelques plaques de neiges subsistent parfois au sommet du Guagua Pichincha) et le massif, érodé par le temps, possède un relief doux. Deux arguments qui rendent l'endroit des plus propice à la randonnée. D'ailleurs, la gare amont de la télécabine est le point de départ des cinq intinéraires pédestres du Rumbo al Pichincha, un programme éco-touristique qui propose de partir, accompagné par des guides, à la découverte de la richesse écologique de cette montagne. Les excursions peuvent même se faire en chevaux !

Notons que le massif est également fréquenté par les VTT. L'activité se développe depuis quelques années et une piste de descente accueillant des compétitions a même été spécialement aménagée entre la Cruz Loma et la ville.

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Le Rumbo al Pichincha propose la découverte du massif au travers de cinq randonnées pédestres et d'un itinéraire VTT.


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Des chemins aménagés permettent de parcourir la montagne en toute facilité. (CC By-SA-NC Johan.dk)


D'une manière générale, se rapprocher des volcans reste facile : la dénivellation n'est que de quelques centaines de mètres et les parcours ne nécessitent pas d’équipement de haute montagne. Il faut par exemple à peine deux heures de marche sur des chemins aménagés pour atteindre le Rucu Pichincha. Attention tout de même puisque les sols demeurent délités au niveau des sommets ; et puis, l'accompagnement d'un guide reste préférable car les nuages peuvent former un épais brouillard susceptible de mettre les randonneurs en difficulté, tout comme l'oxygène qui se raréfie à plus de 4 000 mètres et nécessite une acclimatation.

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Des panneaux d'information sensibilisent sur les précautions à prendre avec l'air raréfié en oxygène. (CC By-SA-NC Johan.dk)


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Randonnée au dessus de la Cruz Loma. (CC By-SA-NC Guillaume Lavaure)

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À 4 300 mètres, au coeur du páramo, la végétation se compose essentiellement de touffes d'herbes folles. (CC By-SA-NC Guillaume Lavaure)

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Le soleil se lève sur le volcan Rucu Pichincha. (CC By-SA-NC Guillaume Lavaure)

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Vue sur Quito depuis le sommet du Rucu Pichincha à 4 696 mètres d'altitude. (CC By-SA-NC Guillaume Lavaure)


Avec le telefériQo de la Cruz Loma, Quito dispose d'un outil idéal pour développer un éco-tourisme responsable. Si la clientèle du téléporté reste majoritairement équatorienne, de plus en plus d'étrangers viennent emprunter cette plus haute télécabine d'Amérique chaque année. L'appareil, trait d'union entre la ville et la nature, met à portée de tout un chacun la découverte d'une montagne volcanique d'exception, qui permet aisément de partir à l'aventure, à pied ou à VTT, sur l'un des nombreux sentiers aménagés ou tout simplement de se ressourcer un moment à 4 000 mètres d'altitude, loin de la pollution de la ville, en profitant de splendides panoramas. Et puis, en définitive, quoi de mieux, pour accéder à un site naturel, qu'un moyen de transport par câble économe en énergie et d'un impact environnemental réduit ?

Laurent Berne - article, schéma, mise en page
Rodo Af - photographe



Compléments

Discussion
Liens internet

Remerciements

- Frédéric Démoulin (ingénieur et support clientèle Poma en Amérique du Sud) pour sa disponibilité, son amabilité et la mise en relation avec l'équipe du TelefériQo ;
- Stalyn Veintimilla le chef d'exploitation du TeleferiQo qui a permis la visite ;
- Julio Loza pour la visite de l'installation.


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L'équipe assurant l'exploitation du TelefériQo.