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 TCD10 de la Tovière

Tignes (Espace Killy)

Skirail

T2 HS
Mise en service en : 1986
Fin de service en : 2013

Remplacé par l'appareil suivant : Suivre la discussion sur le forum


Localisation(s)
Photo

Auteur de ce reportage : remontees
Section écrite le 06/07/2015 et mise à jour le 23/07/2015
(Mise en cache le 24/07/2015)

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Au sommaire du reportage :

  1. Tignes
  2. Historique : les deux premières télécabines de Tovière
  3. Tovière, axe central du domaine skiable de Tignes
  4. Ligne et infrastructures de la télécabine de Tovière
  5. L'Aéroski de Tovière, le mythe de Tignes s'en va…



Tignes

Tignes est une station de ski située en vallée de Haute-Tarentaise, étalée entre 1550 et 3430 mètres d'altitude, des Brévières au sommet du téléphérique de la Grande Motte. C'est donc un domaine très varié tant au niveau de l'altitude que des reliefs et des paysages (forêt, glacier, haute-montagne, lacs).

On y trouve 57 remontées mécaniques dont de nombreux appareils à particularités (le télésiège de Bollin-Fresse, les télécabines de la Sache et de Tovière pour ne citer que celles-ci). Elles desservent 64 pistes dont 10 noires, 18 rouges, 35 bleues et une verte. Grâce à l'Espace Killy, il est possible de rejoindre skis aux pieds le domaine voisin de Val d'Isère.

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^^ Découvrez une présentation plus détaillée de la station en cliquant sur le logo ^^



Historique : les deux premières télécabines de Tovière

Le ski en Haute-Tarentaise commence à se développer dès 1935 à Tignes. L'architecte Raymond Pantz aidé de Monsieur Recordon, un entrepreneur de Sainte-Foy-Tarentaise installent un téléski de 600 mètres de long pour 170 mètres de dénivelée au niveau du hameau de Ronne, où se situe aujourd'hui le lac du Chevril. Les skieurs étaient maintenus par des ceintures verrouillées par un anneau.
Après quelques difficultés d'exploitation, en 1947, le téléski de Ronne est démonté, tandis que Pantz et ses amis passent commande à Pomagalski pour l'installation d'un nouveau téléski entre 2100 et 2400 mètres, sur les pentes au-dessus du lac de Tignes.

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Tracé du téléski de Ronne (scan issu du livre Les Pionniers du Téléski de Pierre MONTAZ).

Le ski se diffuse ensuite en 1942 dans la station naissante de Val d'Isère. En effet, il est décidé d’aménager le versant de Solaise avec un long téléphérique de 1715 mètres. Ce n'est qu'en 1954 que naît le domaine de Tignes grâce à la construction du téléski du Chardonnet et d'un petit remonte-pente débutant aux Boisses. L'année suivante, en 1955, le domaine de basse altitude continue à se développer avec la construction du télébenne des Brévières. Celle-ci dessert une zone d'environ 250 m de dénivelé difficile à skier : en effet, la seule piste disponible n'est en fait que la route de substitution au barrage de Tignes en été.
Il faut attendre 1957 pour voir se construire la première remontée mécanique de Tignes-le Lac, à savoir la première télécabine de Tovière, de manufacture Neyret-Beylier. C'était un appareil deux places de type « télévoiture », comme on a également pu voir par exemple sur le tracé du Diable aux Deux-Alpes. Dans le même temps, sur le versant opposé, le premier téléski des Tommeuses est construit sur le système Constam, avec des pylônes en bois et des perches de type « pioche » pouvant accueillir deux skieurs à la fois. Le domaine de Tignes se tourne déjà vers Val d'Isère pour établir une liaison.

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La gare aval à Tignes-le Lac (photo issue de STGM 40 ans 1967-2007).

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La première télécabine 2 places de Tovière, construite en 1956 par Neyret-Beylier. On aperçoit sur la droite le téléski débutant du Rosset (photo prise entre 1964 et 1968).

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Le début de la ligne de la télécabine 2 places de Tovière (photo issue de STGM 40 ans 1967-2007).

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Les pylônes à la fin de la montée principale, en arrivant au sommet de Tovière (photo issue de STGM 40 ans 1967-2007).

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Arrivée en gare amont (photo issue de STGM 40 ans 1967-2007).

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Le débarquement dans le contour en gare amont (photo issue de STGM 40 ans 1967-2007).

En 1959, le développement de Tignes-le Lac continue avec la construction des téléskis du Millonex 1 et des Almes par Montaz-Mautino.
Au début des années 1960, on observe une nouvelle vague de développement des secteurs de basse altitude avec la création de la SRMT (Société des remontées Mécaniques de Tignes), avec la construction en 1961 de la télécabine des Boisses-Marais et du téléski de l'Aiguille Rouge, afin de pouvoir basculer vers le secteur du lac de Tignes. En 1964, les téléskis du Merle Blanc et de l'Aiguille Percée permettent le retour vers le secteur Brévières-Boisses. Enfin, en 1964, le télésiège du Palafour permet de rallier le secteur de l'Aiguille Percée et revenir rapidement vers les Brévières et les Boisses depuis Tignes-le Lac.
Versant Tovière, le téléski du Rosset est construit la même année pour développer un petit espace débutant.

Il faut attendre 1967 et la création de la STGM pour que l'antique télécabine 2 places de Tovière inconfortable et peu adapté soit remplacé par une télécabine 4 places par Transtélé sous licence P.H.B., qui a ensuite construit la télécabine de Péclet à Val Thorens. Ce nouvel appareil offre un débit de 900 personnes/heure et un confort bien supérieur.
La même année, le téléski de la Combe Folle est construit afin de faciliter les rotations sur les pentes d'altitude du massif de Tovière, tout en évitant de devoir emprunter la difficile partie basse de la piste noire des Trolles.

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Année de cohabitation entre la télécabine 2 places de Neyret-Beylier et la télécabine 4 places de P.H.B.

La télécabine 2 places est démontée quelques années après avoir été conservée un an en cas de problème technique sur le nouvel appareil P.H.B.

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Vue du pylône de la télécabine 4 places de Tovière construite par P.H.B. (photo prise pendant la saison 1985/1986).

Le front de neige de Tignes-le Lac n'évolue ensuite quasiment plus, à part le doublement de la ligne du téléski du Millonex en 1970 et la construction du télésiège du Paquier par P.H.B. aux alentours de la même période. Ce nouvel appareil dessert les pistes du secteur de Tovière en doublant les trois-quarts du bas de la ligne de la télécabine. Il permet ainsi d'augmenter le débit sur le secteur et de faciliter grandement les rotations sur la piste noire des Trolles, ainsi que la liaison avec le Val Claret, tout en prévoyant la future liaison Espace Killy qui ouvre en 1975. Par le téléski de la Combe Folle, il permet également de créer un itinéraire bis de liaison vers Val d'Isère et le secteur des Tommeuses.

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Le téléski du Rosset, la télécabine 4 places de Tovière et le télésiège du Paquier (photo issue de STGM 40 ans 1967-2007).

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Croisement de cabines au-dessus du télésiège du Paquier.

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Partie supérieure de la ligne de la télécabine 4 places de Tovière en 1985. On aperçoit également le départ du téléski de la Combe Folle et une grande partie de la ligne du télésiège du Paquier.

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Gare amont de la télécabine 4 places de Tovière, on voit aussi l'arrivée du premier télésiège des Tufs.


Versant Aiguille Percée, le domaine de Tignes-le Lac se développe également bien avec la construction en 1975 du télésiège 3 places du Merle Blanc pour créer une liaison avec le secteur du Palet. De même, en 1976, il est décidé de construire le télésiège fixe 3 places de la Tourne, partant à côté du téléski des Almes pour arriver au sommet de l'actuel télésiège du Grand Huit. Avec plus de 17 minutes de montée, il a certainement été l'un des plus longs, voire le plus long télésiège fixe de France !
En 1980, le téléski de l'Aiguille Percée est remplacé par un télésiège fixe 3 places Montaz-Mautino afin de faciliter les retours vers les Brévières ainsi que les Boisses. Dans la même optique, les télésièges fixes doubles du Palafour 1 & 2 sont construits en 1982 et 1983 afin d'améliorer la liaison par l'Aiguille Percée. De l'autre côté, la liaison s'améliore avec la construction de la télécabine 6 places de la Sache en 1983. Devant l'afflux de skieurs provenant du secteur du Palet et des Brévières/Boisses, l'axe de Tovière devient de plus en plus surchargé. Le coup de grâce est donné en 1985 avec la construction par Pomagalski du télésiège fixe 3 places du Lavachet qui amène tous les skieurs des nouvelles résidences de ce quartier de Tignes-le Lac au pied de la télécabine de Tovière.

En 1985, avec le remplacement du téléski du Rosset par un télésiège fixe 4 places l'année passée, la STGM décide de construire la nouvelle télécabine 10 places de Tovière. Cet appareil révolutionnaire, tant par ses spécifications techniques (vitesse de 5 m/s, débit de 3000 personnes/heure) que par son design futuriste hors-normes, ouvre au public en février 1986. En effet, Skirail a eu besoin d'un peu plus de temps qu'en temps normal puisque l'Aéroski était un prototype, premier appareil débrayable pour lequel Skirail s'est impliqué dans la conception. Tignes marque alors son histoire et fait de l'axe de Tovière un appareil mythique qui marque les esprits.

Voici quelques photos du chantier de la gare amont, assez pharaonique pour l'époque :

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Montage du lanceur à la grue (photo issue de STGM 40 ans 1967-2007).

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Le massif en béton et les lanceurs/ralentisseurs sont terminés STGM 40 ans 1967-2007).

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Vue d'ensemble de la gare amont avec la grue du chantier depuis la télécabine 4 places P.H.B. de Tovière STGM 40 ans 1967-2007).

Même si la télécabine 4 places de P.H.B. est conservée pour l'année 1986 afin de pallier d'éventuels dysfonctionnements de l'Aéroski, elle est très vite démontée l'été suivant.

Quelques photos de la télécabine pendant la première année d'exploitation :

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Plan de la gare aval réalisé par le cabinet DCSA. L'aspect futuriste du bâtiment est largement mis en avant (D.R.).

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Tignes-le Lac pendant les vacances de printemps de 1986. On aperçoit la fin de la ligne de la télécabine pulsée du Petit Train ainsi que la ligne de la télécabine 10 places de Tovière.

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Vue de la gare aval en 1986 face à la pointe du Lavachet. On aperçoit également le télésiège fixe du Rosset et un autre télésiège arrivant depuis le quartier du Lavachet.

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Sortie de gare aval d'une cabine (Aménagement&Montagne n°57, Avril-Mai 1986, D.R.).

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Vue d'ensemble des lignes des télécabines 4 places P.H.B et 10 places Skirail de Tovière en 1986 depuis le versant de l'Aiguille Percée.

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Vue de la ligne depuis l'aval. On aperçoit également les pylônes de l'ancienne télécabine 4 places de P.H.B. ainsi que le télésiège du Paquier.

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Début de la ligne de l'Aéroski de Tovière en parallèle de l'ancienne télécabine 4 places P.H.B., on aperçoit également le télésiège fixe 3 places du Lavachet au premier-plan (D.R.).

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Vue de la montée vers Tovière depuis la piste rouge de la Combe Folle. On aperçoit également la gare d'arrivée du télésiège du Paquier ainsi qu'un pylône et des cabines de l'ancien appareil 4 places de P.H.B., passant bien plus bas que la nouvelle ligne.

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Demi-tour sur la ligne : on aperçoit l'ensemble du télésiège du Paquier ainsi que de nombreux pylônes de la télécabine 4 places de Tovière.

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Montée finale vue depuis la piste noire des Pâquerettes, avec les deux derniers pylônes de la télécabine 4 places P.H.B.

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La gare amont vue depuis la piste H, avec le télésiège fixe des Tufs au premier plan (D.R.).

L'Aéroski de Tovière, outre le fait qu'il est devenu l'appareil phare de Tignes, est aussi une réalisation vitrine du savoir-faire de Skirail, que l'on retrouve alors dans les publicités d'époque, publiées dans des journaux spécialisés comme Aménagement&Montagne :

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Publicité pour la gamme des télécabines Aéroski de Skirail (D.R.).

Cette télécabine connaît un vif succès et devient un maillon essentiel de la liaison Val d'Isère-Tignes. En 1988, on remarque d'ailleurs que le téléski de l'Aiguille Rouge est remplacé par un télésiège fixe 4 places, amenant directement les skieurs du secteur des Brévières/Boisses au front de neige de Tignes-le Lac, à présent largement fluidifié.

Ainsi, en 1999, les télésièges du Paquier et du Lavachet sont remplacés par le télésiège débrayable 6 places Doppelmayr du Paquis, partant de la gare aval du télésiège fixe du Lavachet pour atteindre le sommet du télésiège du Paquier. Ce nouveau tracé permet d'augmenter une nouvelle fois le débit du versant de Tovière au départ de Tignes-le Lac et évite aux skieurs du Lavachet d'aller surcharger la télécabine de Tovière. Ce nouveau télésiège débrayable est aussi très pratique pour rejoindre rapidement le Val Claret, sans avoir à déchausser.


Tovière, axe central du domaine skiable de Tignes

La télécabine de Tovière était située sur un axe central, structurant, entre le front de neige principal de Tignes-le Lac (rond-point des pistes) et le sommet du même nom. C'était également un tracé historique, qui a vu naître la première télécabine de la station, et dont le sommet était rapidement devenu le point de bascule le plus important entre les domaines de Tignes et de Val d'Isère.

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Vue d'ensemble du secteur de Tovière en arrivant depuis le versant de l'Aiguille Percée.

La télécabine de Tovière était donc un appareil essentiel du domaine de Tignes-le Lac, et permettait d'accéder rapidement depuis le front de neige au sommet de la Tovière, d'où l'on pouvait ensuite soit profiter des descentes au-dessus de Tignes-le Lac, soit rallier le Val Claret, soit rejoindre le secteur des Tommeuses et la station de Val d'Isère. Depuis 2008, et la construction du télésiège débrayable des Marmottes sur un nouveau tracé, la télécabine de Tovière permettait d'atteindre rapidement le rocher de Bellevarde pour un circuit ski toujours plus structuré dans l'Espace Killy.
La télécabine de Tovière était également un appareil très important pour les skieurs venant depuis les stations villages de Tignes-les Brévières et des Boisses par le télésiège fixe de l'Aiguille Rouge, puisque c'était le moyen le plus rapide d'atteindre Val d'Isère, le Val Claret ou encore le secteur des Tommeuses.

Enfin, la télécabine de Tovière était très empruntée hiver comme été pour les piétons afin de profiter du panorama et du restaurant d'altitude. En été, c'était surtout un très riche point de départ de randonnées ou de descentes de VTT.

La télécabine de Tovière desservait donc en hiver de très nombreuses pistes :

→ Versant Val d'Isère :

  • La piste bleue de l'Edelweiss, permettant d'accéder au télésiège des Marmottes, puis au rocher de Bellevarde. C'était donc un itinéraire clé de la liaison Tignes-Val d'Isère.
  • La piste bleue des Creux, permettant d'accéder aux télésièges du Mont Blanc et des Tommeuses. En continuant par la piste verte "La Verte", on accédait ensuite au téléski de la Semanmille ou à la piste rouge Trifollet. Par cette dernière, ou en continuant par "La Verte", on descendait ainsi jusqu'à la Daille.
  • La piste rouge des Rocs, raide mur sous la partie terminale du télésiège des Tommeuses.

→ Versant Tignes :

  • La piste bleue Henri, jouant le rôle de liaison vers Val Claret. Notons la présence du mur de la piste noire de l'Aster sous le début de la ligne du télésiège des Tufs.
  • La piste rouge des Crêtes, se terminant au niveau du col de la Tovière. On pouvait ensuite revenir à la piste des Creux et au secteur des Tommeuses par la piste bleue des Violettes, ou se diriger par la piste rouge de Combe Folle vers le téléski éponyme et jusqu'à Tignes-le Lac par la piste noire des Trolles.
  • La piste rouge des Crocus, mur très agréable longeant l'arrivée du télésiège du Paquis. Il était ensuite possible de prendre le téléski de la Combe Folle ou de continuer sur Tignes-le Lac par la piste noire des Trolles.
  • La piste noire des Trolles, très longue descente qui longeait constamment la télécabine, suivant une difficulté grandissante. La première partie, entre la piste Henri et le téléski de la Combe Folle, est de niveau difficile, de l'ordre d'une piste rouge. S'en suit un passage assez étroit et bosselé qui menait au très raide mur principal au-dessus de Tignes-le Lac, qui était souvent très bosselé à partir de la mi-journée. Ce mur se terminait sur un plat digne d'une piste verte, avant une remontée jusqu'à la gare aval. Un chemin au niveau du mur au-dessus de Tignes-le Lac permettait aussi de se diriger vers le Lavachet et les télésièges Chaudannes/Paquis.
  • La piste noire des Campanules, descente engagée à proximité du télésiège des Tufs et se terminant à proximité de la fin de la piste bleue Henri, vers le Val Claret.
  • La piste noire non damée des Envers des Campanules, variante plus sauvage de la piste noire des Campanules et se terminant au niveau de la piste bleue du Prariond dans le vallon de Fresse.
  • La piste noire non damée des Pâquerettes, qui commençait par un petit chemin étroit entre les gares amont du télésiège des Tufs et la télécabine de Tovière avant de plonger sous la ligne de celle-ci et de rejoindre la piste noire des Trolles.
  • La piste noire non damée du Grizzly, variante parallèle de la piste noire des Pâquerettes, partant de la piste rouge des Crêtes. Elle est néanmoins plus difficile et moins souvent ouverte.


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Situation de la télécabine de Tovière sur le plan des pistes de l'Espace Killy.

La télécabine de Tovière était l'une des deux seules télécabines Aéroski construites par Skirail en Frances avec celle de Balme à la Clusaz, réalisée la même année. Cette technologie utilisait les pinces débrayables développées par Von Roll/Habbeger permettant une grande force de serrage, et donc pouvant porter de plus grandes cabines, ce qui a ici permis d'atteindre un très haut débit (supérieur à 3000 personnes/heure).
L'Aéroski de Tovière avait aussi la particularité d'être équipé de gares au design futuriste avec des lanceurs tubulaires blancs et bleus arborant le logo de Tignes.

Voici les caractéristiques de cette télécabine :


Caractéristiques administratives

TCD-Télécabine à pinces débrayables : TOVIÈRE
Exploitant : STGM (Société des Téléphériques de la Grande Motte)
Maître d'ouvrage : Commune de Tignes
Maître d'œuvre : DCSA
Constructeur : SKIRAIL
Génie civil : Alpes Études, Botto, Périnet, et Pilotaz
Installation électrique : SEIREL
Année de construction : 1985 (ouverture en 1986)
Année de démontage : 2013
Montant de l’investissement : 35 000 000 F (environ 8 972 089 € à titre informatif en prenant en compte l'érosion monétaire)

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : Hiver et été
Capacité : 10 personnes
Sens de la montée : Par la gauche
Débit à la montée : 3000 personnes/heure (100 %)
Débit à la descente : 3000 personnes/heure (100 %)
Vitesse d'exploitation : 5 m/s
Temps de montée : 6 minutes 4 secondes

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 2100 m
Altitude amont : 2703 m
Dénivelée : 603 m
Longueur développée : 1816 m
Longueur horizontale : 1685 m
Pente maximale : 79 %
Pente moyenne : 35,79 %

Caractéristiques techniques

Emplacement tension : Amont
Type de tension : Hydraulique
Course des 2 autovérins : entre 3,5 et 6 m
Tension en exploitation : 2×36,5 tonnes
Tension nominale : 118 000 daN
Pression nominale : 237,36 bars
Emplacement motrice : Aval
Puissance développée : 780 kW
Fabricant du réducteur : WECO
Fabricant du moteur thermique : POUPELLOZ
Puissance du moteur thermique : 450 CV
Nombre de pylônes : 25 (dont 24 fûts)
Nombre de véhicules : 70
Dispositif d'accouplement : Double pince débrayable Von Roll Habegger VH411
Constructeur des cabines : CIM (sous licence CWA)
Largeur de voie : 5 m

Caractéristiques du câble

Constructeur du câble : TRÉFILEUROPE
Diamètre du câble : 47,6 mm
Âme : Compacte
Type de câblage : Lang à droite
Résistance à la rupture : 164,3 tonnes


Ligne et infrastructures de la télécabine de Tovière


La gare aval

Aspect extérieur

La gare aval de la télécabine de Tovière était située à 2100 mètres d'altitude sur le front de neige de Tignes-le Lac, à quelques dizaines de mètres du départ du télésiège de Palafour et des téléskis Almes et Millonex 1 & 2, au-dessus du départ du télésiège du Rosset. L'accès à l'embarquement se faisait par des escaliers puisque la gare était largement au-dessus du niveau du sol, permettant ainsi d'y implanter un garage dessous.
Au niveau technique, on retrouvait une gare de type « Aéroski » à lanceurs tubulaires arborant le logo de Tignes. Au centre des voies, on retrouvait la poulie motrice, mue par un moteur souterrain par un arbre lent.

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Vue de trois-quarts de la gare aval.

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Vue de côté en contre-plongée de la gare aval.

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Vue de trois-quarts depuis les abords du lac de Tignes.

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Vue opposée.

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Cabine sortant de gare aval.

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Vue de côté du lanceur et du ralentisseur avec les deux massifs de soutien.

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Vue de côté depuis la fin de la piste noire des Trolles. En arrière-plan, on peut voir le glacier de la Grande Motte.

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Vue d'ensemble de la gare aval avec les escaliers d'accès aux quais en venant depuis le télésiège du Palafour.

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Vue de trois-quarts depuis le cheminement d'accès à l'embarquement.

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La zone de débarquement à la descente. On peut voir la came d'ouverture des portes au sol.

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Cabine dans le contour. On aperçoit aussi l'arbre moteur à gauche et l'ascenseur à cabines à droite.

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Le contour, la zone d'embarquement et l'arbre moteur en jaune.

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Fin de la zone d'embarquement et sortie de gare aval.

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Sortie de gare aval.


Le garage

La télécabine de Tovière était équipée d'un garage souterrain. Pour y accéder, un aiguillage au milieu du contour guidait les cabines vers un système d'ascenseur prenant en charge une cabine à la fois et la descendant jusqu'à un chariot dans le garage prenant en charge chaque cabine à la suite, et ce automatiquement en parallèle de l'ascenseur.

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Vue extérieure du bâtiment abritant l'ascenseur à cabines.

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Une cabine au niveau de l'entrée du garage, alors fermé.

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Cabine prise en charge par l'ascenseur à cabines vers le garage.

Pour plus de détails, visionnez cette vidéo réalisée par Antoine Fuzier : Décyclage de l'Aéroski de Tovière.

Approfondissement technique

En cas d'avarie sur le réseau électrique, un groupe électrogène permet de faire fonctionner les lanceurs/ralentisseurs ainsi que le contour et le cadenceur, tandis qu'un moteur thermique prend le relais pour la mise en mouvement du câble.
En gare aval, la prise en charge des véhicules se faisait par des poutres de pneus groupés par zones et reliés par des courroies afin de faire varier la vitesse (décroissante dans le ralentisseur, croissante dans le lanceur).
Des zones dites « tampons » sont prévues avant le lancement de la cabine, au niveau de l'embarquement pour arrêter une seule cabine à la fois en cas de problème d'embarquement. Ces tronçons de pneus sont commandés par un motoréducteur indépendant, commandé par un automate programmable.

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Début et fin des voies en gare aval. On remarquera que seul le ralentisseur est équipé d'une trompette.

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Depuis les quais, on aperçoit les rails permettant de maintenir les pinces dans les voies de cheminement.

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Redirection du câble dans le ralentisseur. On aperçoit les poutres à pneus sur la droite.

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Redirection du câble dans le lanceur.



La ligne

La ligne prenait rapidement de la hauteur pour survoler les abords du lac de Tignes, suivant une très faible pente. Mais l'enchaînement des pylônes 5 et 6 imprimait la première montée où la pente est maximale. Les pylônes 9 et 10 terminaient cette première ascension vertigineuse. On croisait ensuite le télésiège du Paquis au niveau du pylône 11. S'ensuivait une section de survol de la piste noire des Trolles jusqu'au pylône 14. Le pylône 15 lançait alors la montée finale vers le sommet de Tovière, avec une importante hauteur de survol de la piste des Trolles entre les pylônes 17 et 19. L'ensemble des pylônes 19 permettait de remettre le câble à l'horizontale avant l'arrivée en gare amont.

Skirail avait équipé la ligne de 25 pylônes, dont 22 supports et 7 compressions, comme ceci :

  • P1 : 8C/8C
  • P2 : 4S/4S
  • P3 : 4S/4S
  • P4 : 4S/4S
  • P5 : 4S/4S
  • P5 « bis » : 8C/8C
  • P5 « ter » : 8C/8C
  • P6 : 8C/8C
  • P6 « bis » : 8C/8C
  • P7 : 4S/4S
  • P8 : 4S/4S
  • P9 : 4S/4S
  • P10 : 8S/8S
  • P11 : 4S/4S
  • P12 : 4S/4S
  • P13 : 4S/4S
  • P14 : 4S/4S
  • P15 : 8C/8C
  • P15 « bis » : 8C/8C
  • P16 : 4S/4S
  • P17 : 4S/4S
  • P18 : 4S/4S
  • P19 : 8S/8S
  • P19 « bis » : 8S/8S
  • P19 « ter » : 8S/8S


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Vue d'ensemble de la ligne depuis les abords directs de la gare aval.

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Vue d'ensemble de la ligne depuis la passerelle au milieu des voies de la gare aval.

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P1.

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P3.

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Portée vers le pylône 4.

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P4.

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P5.

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Enchaînement des pylônes 5 « bis » et 5 « ter ».

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Enchaînement des pylônes 6 et 6 « bis ».

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P7.

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P8.

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P9.

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Portée vers le pylône 10. On aperçoit la ligne du téléski de la Combe Folle sur la gauche et face à nous celle du télésiège du Paquis.

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P11 commun avec le télésiège du Paquis.

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P12.

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P13.

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P14.

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Enchaînement des pylônes 15 et 15 « bis ».

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P16.

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Le pylône 17, suivi du survol de la piste noire des Trolles.

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Le pylône 18, implanté au milieu de la piste noire des Pâquerettes.

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Enchaînement de l'ensemble du pylône 19.

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Portée entre les pylônes 19 et la gare amont.



La gare amont

La gare amont était située à 2703 mètres d'altitude au sommet de Tovière, à quelques mètres de l'arrivée du télésiège des Tommeuses, et en surplomb de l'arrivée du télésiège des Tufs. Une partie de la gare était elle-même implantée dans le dévers du sommet afin de limiter l'implantation sur le sommet de maximiser l'espace skiable pour éviter l'engorgement de la plate-forme. Les quais pour l'embarquement à la descente étaient ainsi totalement au-dessus de la pente, ce qui pouvait être impressionnant pour les passagers sujets au vertige.
On notera que l'accès aux pistes n'était pas adapté aux personnes à mobilité réduite puisqu'il fallait descendre un escalier.

Au niveau technique, on retrouvait une gare de type « Aéroski » au design assez futuriste, équipée de deux lanceurs en forme de longs tubes reliés par toute la structure abritant à l'intérieur le dispositif de tension ainsi que la poulie retour.

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Gare amont vue depuis la ligne. On voit les trois derniers pylônes du télésiège des Tufs sur la droite et le chemin de la piste noire des Pâquerettes.

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Entrée en gare amont.

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Vue de trois-quarts de l'avant de la gare amont.

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Vue d'ensemble de la gare amont en sortant du télésiège des Tommeuses.

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Vue de côté de la gare amont.

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Vue arrière. La plate-forme des quais était en surplomb du dévers en bordure du sommet de la Tovière.

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Vue en contre-plongée de la gare amont depuis la piste bleue Henri.



Véhicules et pinces

La télécabine de Tovière était équipée de cabines CIM construites sous licence CWA. Elles pouvaient accueillir 10 personnes debout. Au milieu des cabines, on retrouvait une barre équipée de systèmes permettant de tenir les skis.
Chaque cabine était reliée au câble par une double pince débrayable Von Roll VH411. Le chariot qui les relie a été adapté pour l'Aéroski afin de permettre un traînage par pneumatiques dans les gares. Au niveau technique, il s'agit de pinces à grenouillères dont la force de serrage est procurée principalement par un empilement de rondelles Belleville, mais aussi par la masse de la suspente.

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Cabine en ligne.

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Vue de trois-quarts d'une cabine.

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Vue de côté.

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Zoom sur la cabine. On aperçoit aussi la quille permettant de guider la cabine en gare ainsi que le levier d'ouverture/fermeture des portes.

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Cabine vue par-dessus. On distingue l'intérieur, avec notamment les systèmes de maintien des skis au milieu de l'habitacle.

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La double pince débrayable en gare aval.



Autres vues…


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Les pylônes 18 et 19 vus depuis l'arrivée du télésiège des Tommeuses.

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Vue de la montée finale depuis la piste bleue Henri. On aperçoit aussi l'arrivée du télésiège du Paquis un peu plus à gauche.

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Les pylônes 14 et 15 vus depuis la piste noire des Trolles.

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Les pylônes 11 et 12 vus depuis la fin de la piste rouge de la Combe Folle, avec le croisement du télésiège du Paquis.

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Vue d'ensemble de la partie supérieure de la ligne de la télécabine de Tovière depuis la gare routière de Tignes-le Lac. On aperçoit aussi pêle-même le télésiège du Paquis, ainsi celui des Tommeuses et le téléski de la Combe Folle.

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Les trois pylônes 5 vus depuis le bord du lac de Tignes.

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Cabines évoluant sur les portées planes en sortie de Tignes-le Lac.

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Le début de la ligne vu deuis la gare aval du télésiège du Rosset. On aperçoit des skieurs empruntant le tapis du Centre afin d'accéder à la gare aval de la télécabine de Tovière ainsi qu'aux remontées mécaniques du front de neige de Tignes-le Lac côté massif de l'Aiguille Percée.



L'Aéroski de Tovière, le mythe de Tignes s'en va…

La télécabine de Tovière était donc un axe majeur et vital de la station de Tignes. Trois fois remplacée afin d'être à la pointe de l'innovation, il apparaît évident que l'exploitant a toujours cherché à optimiser la desserte du secteur de Tovière et avoir une liaison efficace avec Val d'Isère et le secteur des Tommeuses, quitte à conserver deux télécabines au cours des années charnières. Tovière desservait en effet un espace de ski vaste, pentu et à fort dénivelé au-dessus du cœur historique de la station.
L'Aéroski de Tovière est une télécabine qui avait très vite vieilli ces dernières années. Avec l'amélioration des technologies et les nouvelles gammes de télécabines monocâbles toujours plus rapides, confortables et fiables face aux conditions météorologiques difficiles, le futuriste Aéroski de Tovière avait pris un sérieux coup de vieux. Par exemple, en avril 2007, la télécabine avait déraillé sur les premiers pylônes. De même, dès que le vent était un peu trop fort, la STGM ne pouvait pas ouvrir sa télécabine phare. Il était donc devenu temps de passer l'axe majeur de Tovière au XXIème siècle.
C'est pourquoi la STGM a procédé à son renouvellement par une télécabine 10 places assises Doppelmayr en 2013, offrant un confort, une vitesse en ligne et un débit bien plus importants, avec des cabines résistant à des vents latéraux très forts. De plus, elle limite aussi l'emprise au sol grâce à son design semi-enterré et est équipée d'un garage totalement automatisé, bien plus confortable à exploiter. Aujourd'hui, l'exploitant peut donc ouvrir la télécabine même en cas de fort vent, en décyclant rapidement ses cabines de la gare amont, conservées à l'abri des aléas climatiques.

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L'Aéroski de Tovière, un appareil mythique à jamais dans la mémoire de la station.


Merci à chin@ill et monchu pour le partage des clichés historiques ainsi qu'à j'ib pour un grand nombre de photos, dont quelques photos de la machinerie.

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Photos : arc1600, j'ib et remontees (sauf mention contraire)
Texte et mise en page : remontees



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