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 TCD4 de Pierre-sur-Haute

Chalmazel

Poma

T2 HS
Description rapide :
Dans le Massif central, le petit centre de ski de Chalmazel inaugurait en 1967 sa télécabine quadriplace automatique. Découvrez cet équipement avec cette plongée dans le passée en deux parties :
- en premier lieu au travers de ce qui aurait pu être le regard du journaliste publiant un article sur cette station forézienne et son « engin » flambant neuf,
- puis une rétrospective relative aux évolutions et à l'exploitation de la télécabine au fil du temps, jusqu'à son démontage et sa réimplantation en Iran.


Mise en service en : 1967
Fin de service en : 2002

Remplacé par les appareils suivants : Suivre la discussion sur le forum


Localisation(s)
Photo

Partie 1
Auteur de ce reportage : lolo42
Section écrite le 15/05/2010 et mise à jour le 28/09/2016
(Mise en cache le 28/09/2016)

Chalmazel télécabine Pierre-sur-Haute station Chalmazel Loire 42 Forez télécabine Poma oeufs

Chalmazel, saison 1967/1968 : inauguration de la télécabine de Pierre-sur-Haute

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Cliché CIM, coll. Laurent Berne


Chalmazel, centre de ski des Monts du Forez

Les Monts du Forez, entre Auvergne et Rhône-Alpes

En bordure Est du Massif Central, entre Auvergne et Rhône-Alpes, les Monts du Forez se dressent au dessus de la plaine éponyme du Nord au Sud du département de la Loire. Belvédère de choix sur les Monts d'Auvergne et les Alpes, le point culminant, Pierre-sur-Haute, atteint 1634 mètres d'altitude. Ses crêtes adoucies par l'érosion et le travail des glaciers jadis présents, constituent de vastes espaces sauvages de landes entretenues par une activité pastorale. En dessous de 1300 mètres, les vallons demeurent au contraire densément peuplés de milliers d'hectares de conifères. Nous sommes au pays des jasseries, fermes saisonnières d'alpage, où les troupeaux viennent transhumer l'été venu. Longtemps, le travail du bois et l'élevage ont constitué l'unique source de revenus.

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Pierre-sur-Haute, 1643 mètres, point culminant des Monts du Forez, dominant le village de Chalmazel.
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L'hiver venu, ce massif isolé se couvre pour plusieurs mois d'un manteau neigeux conséquent s'épandant jusque dans la forêt. Déjà, au début du siècle, ces monts voyaient débarquer leurs premiers skieurs, pour la plupart venus de la proche agglomération de Saint-Étienne...

Ici, au cœur de ces « montagnes du soir », au pied de Pierre-sur-Haute, Chalmazel, charmant petit bourg médiéval sur lequel veille depuis 7 siècles l'imposant château des Talaru, a pris l'entière conscience de ce potentiel touristique hivernal. C'est ainsi que, après quelques tours de roues supplémentaires au delà du village, les adeptes des sports de neige auront le plaisir de découvrir les derniers aménagements réalisés sur ce récent centre de ski de « Chalmazel – Pierre-sur-Haute ».

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Chalmazel, bourg médiéval, et son château des Talaru (XIIIe).

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Le centre de ski de Chalmazel - Pierre-sur-Haute

Du Mont-Pilat aux Monts du Forez, bien que peu connue, l'histoire des sports d'hiver dans la Loire est relativement ancienne. Dès 1909, on y fonda l'association des Sports d'hiver Foreziens, tandis qu'en janvier 1911, des « Jeux Internationaux d'hiver » étaient organisés à Saint-Genest-Malifaux au dessus de Saint-Étienne. C'est également dans la Loire que, dès les années 1920, le père Masson entamait, sur les pentes de la Jasserie, la construction d'une première remontée mécanique pour skieurs.

À « Chalmazelle » (comme il était encore coutume de l'orthographier alors), la pratique du ski alpin organisé a débuté dès les années 1930. L'aménagement du site a précisément commencé en 1934, quand le Ski-Club Roannais acheta les terrains de la jasserie Novarina situés aux Bois pour y aménager une piste démarrant du Procher jusqu’au pré Massacrier et Novarina, lieu de nombreuses compétitions locales. C'est d'ailleurs ici que le ski-club Chalmazellois a installé, il y a maintenant 13 ans, le premier engin mécanique du site : le remonte-pente à enrouleurs de Chapouilloux. Mais le secteur le plus intéressant demeurait jusque récemment, encore inexploité.

Entre 1600 à 1100 mètres d'altitude, depuis les calottes sommitales de Pierre-sur-Haute jusqu'au vallon formé par la rivière du Lignon, aboutissant au pied des prés de la ferme-auberge de la famille Chazelle les possibilités d'aménagement sont conséquentes. Les investissements portés par la commune sous l'impulsion de son maire, M. René Roche, et M. Eloi Marcoux, président du ski-club Chalmazellois, ont permis, il y a 3 ans, l'installation sur ces pentes d'une première remontée mécanique : le téléski des Granges, fourni par la société Montaz-Mautino ; un équipement à perches découplables, plus long monte-pente du Massif central !

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Le remonte-pente de Chapouilloux et le bas de la zone d'extension actuelle représentés sur une carte IGN

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Le remonte-pente des Granges, construit par Montaz-Mautino en 1964 (DR, coll. Laurent Berne)


Avec l'appui du conseil technique de représentants locaux de la Fédération Française de Ski et de l a commission interministérielle d’aménagement de la montagne (CIAM) dans le cadre du "Plan neige" lancé par l'état en 1964, la Régie communale a validé l’extension du domaine sur les pentes de Pierre-sur-Haute.

Deux nouveaux engins sont ainsi venus rejoindre les équipements initiaux pour cette saison d'hiver 1967/1968 : le remonte-pente à enrouleurs des Cimes, commandé à l'entreprise italienne Nascivera, qui permet désormais aux plus sportifs d'évoluer depuis les sommets, sur les pentes plein nord en contrebas du col de la Chamboîte ; et surtout, la télécabine de Pierre-sur-Haute.

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Plan du domaine (Dessin Essertel, coll. Laurent Berne)


Le projet de télécabine a été porté par Eloi Marcoux, qui, outre sa casquette de président du Ski-club, est désormais également régisseur des installations, et Henri Essertel, secrétaire général de la Régie et de la commune de Montbrison. Il a trouvé de soutien du Conseil général de la Loire et de son influent président, Antoine Pinay président du Conseil général, souhaitant que la Loire puisse prendre toute sa place dans le secteur en plein expansion du tourisme d'hiver. La collectivité, en avançant les capitaux, épaule la commune pour réaliser les travaux et développer le réseau de pistes et de remontées.

Initialement, la régie avait étudié l'implantation de deux téléportés : un premier partant du pied des pistes jusqu'en limite de foret, et un second, de cette limite jusqu'à la calotte sommitale. Les décideurs devait alors choisir entre des télébennes ou des télésièges. La proposition d'une unique télécabine débrayable avec une gare intermédiaire par les établissements Pomagalski fit disparaître les hésitations. D'un coût de 1.418.250 F, soit 164.949 F de plus que le budget prévu pour les deux installations primitivement prévues, cette télécabine offre beaucoup plus d'avantages : rapidité, confort, et surtout embarquement et débarquement facile pour les débutants et le ski scolaire, ainsi que pour les piétons, ouvrant ainsi la voie à une exploitation hivernales et estivale.

« Nous entrons dans la civilisation des loisirs et les réalisations de Chalmazel correspondent parfaitement à une nouvelle forme de solidarité qui doit se manifester entre les communes urbaines et les communes rurales. Je forme donc des vœux pour que l'audace que vous avez eue soit le point de départ et de réussite de Chalmazel, grande station de sports d'hivers. » déclarait le Président Antoine Pinay à l'issu de son voyage inaugural dans la télécabine. Avec l'implantation de ce bel appareil, le département se dote désormais d'un centre moderne et attrayant. La télécabine dessert idéalement les différents secteurs du domaine, et, à la belle saison, les estivants pourront l'emprunter pour une balade sur les chaumes d'altitude offrant de beaux points de vue sur les montagnes d'Auvergne et la chaîne alpine.

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Représentation du domaine avec la télécabine de Pierre-sur-Haute (DR, coll. Laurent Berne))


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La télécabine de Pierre-sur-Haute (DR, coll. Laurent Berne))



Un nouvel équipement moderne

Sur le chantier, l'équipe de Pomagalski, avec à la tête MM. Barrachet et Grandvoinet, ingénieurs, a dû travailler jour et nuit ces dernière semaines de décembre 1967 pour livrer l'appareil pour la fin de l'année.

Comme un cadeau, quelques jours avant Noël, l'appareil était prêt et M. Pomagalski, posté en gare aval, accueillait fièrement M. Roche et son adjoint, M. Grand, Sous-Préfet de Montbrison, M. le curé, mais également tous les acteurs qui ont participé à cette aventure ainsi que la presse locale, pour un premier voyage pré-inaugural.

Pour cette saison 1967-1968, 45 cabines quadriplaces sont dores-et-déjà en ligne et assurent un débit de 300 personnes à l'heure. Mais à terme, la télécabine sera capable d'en transporter le double grâce à 65 véhicules. L'engin a connu une période de rodage difficile durant les trois premières semaines de fonctionnement, multipliant les arrêts, mais désormais, grâce au travail des équipes de M. Pomagalski, il rend tous les services que l'on attend de lui.

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La mise en service de la télécabine dans la presse locale. (remerciements à Joëlle Gouttefarde)


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(coll. Laurent Berne)


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Pomagalski célèbre les Jeux olympiques de Grenoble 1968
au travers d'un logo créé pour l'occasion. (coll. Laurent Berne)


Des cabines techniquement abouties

Force est de reconnaître que les cabines qui équipent l'appareil sont plutôt novatrices tant par leur dessin à la forme ovoïde aérienne et très contemporaine, que par les solutions techniques qu'elles mettent en œuvre. Elles ont été produites par la société Sigma Plastique, créée par Paul Genin, qui avait déjà collaboré avec Poma pour la réalisation de capotes de protection pour télésièges.

Dessiné par l'ingénieur Francis Tauzin, l'habitacle des cabines repose sur un corps central fixe en métal (supportant le plancher et deux assises de deux places se faisant face) directement solidaire de la suspente. L'ensemble est emprisonné par deux demi-coques réalisées en composite thermomoulé ; fini l'usage de carrosseries en duraluminium, et place aux matériaux légers et rapides à assembler.

En gare, les coques pivotent de façon automatique au passage d'une came, et dégagent une ouverture latérale permettant l'embarquement et le débarquement. Pour ce faire, Francis Tauzin a imaginé un levier vertical agissant sur un jeu de biellettes à genouillères fixées sur la coque. Ainsi, nul besoin de personnel dédié pour assurer l'ouverture et la fermeture, ni la circulation à quai puisque l'entrainement se fait par des cordelines à olives. A juste titre, le constructeur Poma parle d'ailleurs de "télécabine automatique" pour qualifier son produit.

Les coques sont équipées de quatre larges vitrages en plexiglas au travers desquels les passagers ont tout loisir d'admirer le paysage durant la montée. Elles se parent d'une couleur vive (au choix bleue, verte, jaune, rouge ou orange) et reprennent sur les faces avant et arrière le logo « PomaLift » de l'entreprise de remontées mécaniques grenobloise. Sur l'arrière, un tampon fait office d'amortisseur pour éviter tout choc lorsque les cabines se rapprochent en gare. En toiture, les passagers trouveront deux petites trappes qu'ils pourront ouvrir à leur gré pour aérer l'habitacle.

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Cabine Sigma Plastique en ligne (DR, coll. Laurent Berne)

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(Dessin Laurent Berne)


La pince « S »

L'installation fonctionne à la vitesse de 3,5 mètres/seconde sans ralentissement de la ligne, puisque les cabines sont désolidarisées du câble dans chaque station pour l'embarquement et le débarquement. À cet effet, les véhicules sont équipés de pinces débrayables appelées pinces « S ».

La pince « S » s'articule autour d'une biellette permettant l'ouverture du mors au passage d'une came ; ce dit mors étant, bien entendu, maintenu fermement serré au câble en ligne grâce à l'action d'un ressort emprisonné dans un carter. Chaque cabine dispose d'un chariot équipé de deux pinces « S ».

Pour mener à bien le projet, Poma a également fait appel aux compétences et à la capacité de production de la société Savoyarde de Construction et de Matériel Industriel (SACMI), créée en 1960 par l'ingénieur des Ponts et Chaussées M. Laurent. Celle-ci a déjà installé plusieurs télécabines dans les Alpes et les Pyrénées. L'entreprise a réalisé l'essentiel de la chaudronnerie de l'engin de Chalmazel.

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Photo d'un chariot équipé d'une double pince S (Pomagalski, coll. Laurent Berne)


Le succès semble d'ores et déjà au rendez-vous pour Poma, puisque, outre Chalmazel, quatre autres appareils de ce type ont également été livrés cette année 1967 à Val d'Isère (modifications du prototype semi-automatique de 1966), Saint-Martin-de-Belleville mais également Queenstown en Nouvelle-Zélande ; et d'autres stations de ski ont déjà passé commande pour la saison prochaine.


Caractéristiques de l'engin :

  • Type d'installation : Télécabine débrayable
  • Constructeur : Pomagalski
  • Exploitant : Régie communale des remontées mécaniques de Chalmazel - Pierre-sur-Haute
  • Année de mise en service : 1967
  • Saison d'exploitation : Hiver/Été

  • Constructeur véhicules : Sigma Plastique
  • Type véhicule : cabine SP4
  • Capacité : 4 personnes /cabines
  • Nb Véhicules : 65
  • Attache : double pince S

  • Sens d'exploitation : montée et descente
  • Sens de montée : gauche
  • Temps de Trajet : 11 min 23 sec
  • Débit : 600 personnes/heure
  • Vitesse d'exploitation : 3,5 m/s

  • Altitude aval : 1111 m
  • Altitude intermédiaire : 1410 m
  • Altitude amont : 1550 m
  • Dénivelée : 437,70 m
  • Longueur développée : 2392,72 m

  • Emplacement Motrice : station aval
  • Puissance moteur électrique principal : 104 kW
  • Puissance moteur thermique de secours : 41 kW
  • Emplacement Tension :station amont
  • Type tension : contrepoids sur le dernier pylône
  • Garage : G1 et G3

  • Nb Pylônes : 19 (+ P0 en sortie de G1)
  • dont compression : 3
  • dont support/compression : 1

Ligne et infrastructures de la télécabine


La station inférieure motrice

La gare inférieure est située au point bas du centre de ski, à 1100 mètres d'altitude. C'est un vaste bâtiment à structure métallique habillé d'un bardage de sapins locaux. Les skieurs accèdent au quai par le biais d'un petit escalier en bois extérieur. Au delà de l'espace d'embarquement où les cabines circulent à faible allure, un rail incliné assure de façon gravitaire l'accélération des véhicules pour permettre leur embrayage à bonne vitesse sur le câble. De l'autre côté, un rail similaire fait office de ralentisseur. Le bâtiment dispose d'un espace dédié à la maintenance ainsi que d'une zone faisant office de garage d'une partie des cabines. Celles-ci sont en effet rangées chaque soir dans les deux stations terminales à l'issue de la journée d'exploitation pour éviter tout problème de gel susceptible d'entraîner un dysfonctionnement de la pince débrayable, et plus largement, pour les préserver des intempéries.

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Situation de la station inférieure de la télécabine (IGN - licence APIE)

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La station inférieure de la télécabine et une cabine en ligne (DR, coll. Laurent Berne)

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Entrée du bâtiment et vue sur le bas de la ligne de la télécabine (J. Didier, coll. Laurent Berne)

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(Laurent Berne)


C'est dans cette station qu'est également située la motorisation. L'engin dispose d'un moteur électrique principal développant une puissance de 295 kW prenant place au centre, au niveau du sol. L'entrainement du câble au niveau supérieur est assuré par des courroies verticales venant mettre en mouvement un arbre rapide en prise directe avec le réducteur animant la poulie.
En cas de défaillance du moteur principal, un moteur thermique assure la marche de secours en transmettant sa puissance par cardans à un boitier d'accouplement pris sur le réducteur. Un freinage d'urgence hydraulique est également présent directement au niveau de la poulie motrice.

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Schéma de la motorisation de la télécabine (Pomagalski, coll. Laurent Berne)


La ligne

La télécabine de Pierre-sur-Haute court sur 2340 mètres de longueur et assure une dénivelée totale de 440 mètres. Elle constitue l'épine dorsale du domaine.
La ligne suit le tracé rectiligne de la piste des Granges et évolue en forêt jusqu'à 1400 mètres d'altitude, où est implantée une station intermédiaire, puis se poursuit en direction des crêtes jusqu'à la station supérieure, à 1550 mètres d'altitude, non loin de la base militaire sommitale. Le câble est soutenu durant son trajet par 19 pylônes en treillis en croix réalisés par la SACMI. Deux d'entre eux sont équipés de balanciers de compression destinés à assurer une reprise de pente (un à mi-trajet du premier tronçon et un second à mi-trajet du tronçon supérieur). À ceux-ci s'ajoute le pylône tubulaire de compression implanté en sortie de la station inférieure.

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La ligne de la télécabine de Pierre-sur-Haute, avec le repérage des trois stations (DR, coll. Laurent Berne))

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Le premier tronçon de ligne de la télécabine - cliquez pour agrandir (IGN - licence APIE)

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Bas de la ligne de la télécabine et croisement de la piste des Jasseries (Station de Chamazel, coll. Laurent Berne)

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La télécabine et la piste des Granges (CIM, coll. Laurent Berne)

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Poursuite du trajet jusqu'en limite de forêt.
L'arrêt intermédiaire se laisse entrevoir au loin (J. Damase, coll. Laurent Berne))



La station intermédiaire

Aux deux tiers du trajet, la station intermédiaire permet de prolonger l'exploitation du domaine sur la partie haute quant la neige vient à manquer en bas. Elle assure également la desserte de l'appareil école du Ski Club Chamazellois, mis en place sur profil doux du Plat des Granges, idéal pour les skieurs débutants. Cet arrêt permet également de skier à l'abri dans la forêt quand la burle vient à souffler les pentes à nu de la partie sommitale. Le bâtiment est une structure allongée de 35 m sur 4 m qui suit le profil de pente. Comme la station inférieure, elle se pare d'un habillage en planches issues des forêts chalmazeloises.
Signalons que cette station n'accueille que les cabines montantes, les véhicules effectuant le trajet retour survolent simplement le bâtiment.

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Situation de la station intermédiaire de la télécabine (IGN - licence APIE)

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La station intermédiaire dessert le téléski-école du Ski Club Chamazellois (IGN - licence APIE)

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La gare intermédiaire (Coll. Fabienne Chazelle)

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Vue sur le lanceur depuis le quai (Coll. Fabienne Chazelle)

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(Schéma Laurent Berne)


Le tronçon sommital et la station supérieure retour-tension

Les véhicules quittent maintenant la forêt de résineux pour évoluer sur 800 mètres dans l'environnement sauvage des Hautes-Chaumes. Après un passage plat survolant prés d'altitude et jasseries, la cabine attaque la montée finale en direction du dernier ouvrage de ligne ; le passage le plus pentu de l'ascension.

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Le second tronçon de ligne de la télécabine - cliquez pour agrandir (IGN - licence APIE)

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Passage de la ligne au niveau du plat des Granges (DR, coll. Laurent Berne)

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Attaque de la calotte sommitale (DR, coll. Laurent Berne)

Ce pylône est le plus imposant de tous : il assure la plus grande rupture de pente du trajet et, surtout, sa structure, s'articulant autour de deux pylônes assemblés, accueille en son centre un bloc de béton de taille conséquente. Celui-ci est maintenu suspendu par une câblerie qui, par le biais de renvois, se trouve en liaison directe avec la poulie de retour présente en station supérieure. Ce bloc fait donc office de contrepoids et assure, de cette façon, la tension du câble de la télécabine sans que l'on ait eu besoin de recourir au creusement d'une coûteuse fosse. Très exposé au vent, il arrive que les cabines le touchent à son passage lors de bourrasques.

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Le pylône double, dernier ouvrage de ligne, supporte le contrepoids en béton
destiné à la tension du câble (CG42, coll. Laurent Berne)


Au terme d'un trajet de 11 minutes et 30 secondes, la cabine pénètre en station terminale de Pierre-sur-Haute. De là, le skieur pourra redescendre la piste des Granges, long boulevard se développant jusqu'au front de neige, ou bien virer plus au nord pour emprunter le tout nouveau remonte-pente à enrouleurs des Cimes desservant les itinéraires les plus techniques du domaine et regagner le départ par la piste-promenade du Lignon, tandis que les promeneurs poursuivront en direction du point culminant du massif, tout proche, pour bénéficier d'un large panorama à 360 degrés.


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Arrivée à la station supérieure de la télécabine à 1550 m au pied des radars de Pierre-sur-Haute (J. Didier, coll. Laurent Berne)

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Arrivée d'une cabine en gare amont.

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Schéma de la gare amont (Schéma Laurent Berne)


Développement du site

Les membres de la Commission interministérielle de la montagne, qui viennent de faire le déplacement à Chalmazel depuis Paris, ont pu constater tout le potentiel du site et toute l'ampleur de l'action menée par le Conseil général de la Loire. Il faut dire que la télécabine quadriplace automatique installée cette année par le constructeur Pomagalski n'a rien à envier aux plus modernes des équipements que l'on trouve dans les grands domaines alpins. Cette remontée compte d'ailleurs parmi les plus longs appareils réalisés par la société iséroise à ce jour.

Les investissements vont se poursuivre encore. Dès la saison prochaine, un remonte-pente à cannes découplables prendra place sur la piste de Couzan, et pour l'année 69, le pied des pistes accueillera un service de restauration de type cafétéria, des chalets de location de matériel, un syndicat d'initiative et l'École du Ski Français. Bientôt également, de vastes chalets devraient pouvoir répondre aux besoins grandissant en hébergements.

Chalmazel constitue une destination de choix pour le bassin de la plaine du Forez, mais également les grandes agglomérations roannaises et stéphanoises situées à moins de 80 kilomètres. Avec la finalisation prochaine de la section autoroutière de Rive-de-Gier à Givors, l'accès depuis Lyon se révèlera d'une remarquable facilité. Sans avoir la prétention de concurrencer les grandes stations des Alpes, le centre de ski de Chalmazel - Pierre-sur-Haute se développe ainsi, avec l'ambition de rendre facilement accessible la pratique des sports d'hiver à la population d'un vaste et proche réservoir géographique.

Laurent Berne

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Les petits ligériens à l’entraînement sous la télécabine de Pierre-sur-Haute (DR, coll. Laurent Berne)


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Partie 2
Auteur de ce reportage : lolo42
Section écrite le 11/12/2010 et mise à jour le 28/09/2016
(Mise en cache le 28/09/2016)

Télécabine Chalmazel
La télécabine de Pierre-sur-Haute au fil du temps...

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26 années sans changement notoire

La télécabine de Pierre-sur-Haute fut exploitée dans sa configuration d'origine sans rénovation poussée, de 1967 à 1993. Elle s'est cependant vue dotée, au fil du temps, de véhicules supplémentaires qui permirent d'augmenter son débit. C'était également des cabines quadriplaces colorées à quatre vitrages issues de chez Sigma, mais équipées de classiques ouïes d'aérations en lieu et place des trappes. Elles bénéficiaient, bien entendu, du nouveau logo aillé du constructeur Poma, en remplacement du "PomaLift" thermomoulé dans la coque présent sur les premiers exemplaires. La plupart de ces nouveaux véhicules étaient de couleur orange.

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Le plan des pistes de l'époque, grand panneau implanté au bas du domaine, avec le tracé
de la télécabine et la liste des "engins" et des pistes avec leur ouverture.
(J Cellard, coll. Laurent Berne)

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Gros plan sur une cabine pré 1993 et post 1967 en sortie de gare intermédiaire.
La plupart des cabines rajoutées pour augmenter le débit disposaient de cette livrée orange.
(CG42)

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L'entrée originelle de la gare aval (avant création d'un accès de plain-pieds) et le téléski du bosquet.
(Photo DR, coll. Laurent Berne)

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L'arrivée du téléski du Bosquet et le bas de la ligne de la télécabine.
(Coll. Laurent Berne)

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Le pied des pistes : la pistes des Jasseries est séparée de celle des Granges par les sapins.
(J Cellard, coll. Laurent Berne)

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Une partie de la ligne vue depuis le bas de la piste des Granges.
(CG42)


Dans les années 1980, les pistes qui courent directement sous la ligne bénéficièrent de travaux d'aménagement importants. En 1983, la piste des Granges (avec la piste du Camping) reçût, jusqu'à la gare intermédiaire de la télécabine, 53 canons à neige York Y40. Dans les années suivantes, les bandes de résineux qui séparaient jusque là par endroit les pistes des Jasseries et des Granges furent défrichées, transformant ces deux pistes en un seul et même large boulevard. La télécabine qui, jusqu'alors, passait, par plusieurs endroits, à proximité directe des sapins, se retrouva alors dans l'axe de cette trouée.

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Prospectus d'époque vantant les 53 canons à neiges et montrant la télécabine.
(CG42 - remerciements à Bouctou)

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La ligne sur la trouée déboisée.
(photo DR, coll. Laurent Berne)

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Vue sur une grande partie de la ligne au milieu de la trouée Jasserie/Granges.
On distingue la gare intermédiaire et la gare amont.
(CG42)

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Le milieu de la ligne, peu avant la gare intermédiaire.
(CG42)

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Le pylône en entrée de gare intermédiaire possédait un balancier 4S/12S dissymétrique
pour permettre au brin montant de plonger dans la station.
(CG42)


Une petite remise à niveau de l'appareil eu lieu dans les années 1980, avec la mise en peinture des pylônes, l'ajout d'équipements de sécurité, le remplacement du bardage en bois vieillissant des trois bâtiments par un habillage métallique en tôles laquées de couleur jaune et, également, la réalisation d'un accès de plain-pieds au niveau de la gare aval, en dessous duquel fut aménagé, pour l'occasion, un petit local technique.

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L'arrivée de la télécabine sur la calotte sommitale avec le bardage en tôles de la G3
(Photo DR, coll. Laurent Berne)



1993 : la télécabine s'offre une nouvelle jeunesse

Durant l'été 1993, la télécabine bénéficia d'une rénovation poussée pour un montant total de 3,6 millions de Francs. Les cabines orange, vertes, bleues, jaunes et rouges laissèrent place pour l'occasion à 90 nouveaux véhicules Sigma à la coque blanche se parant des logos d'époque de la station et du Conseil général de la Loire. Ces cabines de seconde génération se démarquaient des premières par leur deux vitrages en plexiglas teintés, un amortissement par 2 silent-blocs sur la suspente, et deux porte-skis permettant d'accueillir snowboards et monoskis, qui reçoivaient également, durant la saison estivale, des portes-vélos destinés aux vététistes.


A cette occasion, les gares furent dotées de trainages à chaines en lieu et place des cordelines à olives. Au final, le débit ainsi porté à 800 personnes par heure, permit à la télécabine de poursuivre son exploitation durant près d'une décennie.

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Plaquette publicitaire avec le plan des pistes et une vue de la télécabine rénovée.
(CG42 - remerciement à Bouctou)

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L'une des 90 nouvelles cabines blanche à 2 vitrages teintés.
(Laurent Berne)

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Cabine Sigma de 1993 au passage du P2.
(Laurent Berne)

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Une cabine en fin de ralentisseur en G1 ; on distingue également, la poulie motrice,
ses freins et le moteur Chrysler de la marche de secours.
(CG42)

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Le bas de la ligne et le front de neige
(JLB, coll. Laurent Berne)

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La télécabine et la piste des Granges.
(JLB, coll. Laurent Berne)

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(Le progrès - remerciement à Bouctou)

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Cabines de 1993 au niveau du pylône-contrepoids avant la station amont.
(JIB, coll. Laurent Berne)



La station intermédiaire

Cette intrigante gare intermédiaire sur brin montant (la première du genre) méritait bien une partie à elle seule ! La station, implantée sur un profil doux au deux tiers de la ligne (à 1600 mètres de la G1 et 800 mètres de la G3), en limite de forêt, accueillait uniquement les cabines en direction de Pierre-sur-Haute. Sa structure allongée suivait approximativement le profil de la pente ; ainsi le rail convoyeur et le quai d'embarquement/débarquement était légèrement inclinés. Avec un ralentisseur, un quai, et un lanceur implantés tout en longueur, la construction s'étirait sur 35 mètres, une dimension d'autant plus imposante que le bâtiment était particulièrement étroit. Seul le petit local du conducteur dépassait de la structure principale, à côté de l'entrée/sortie.

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Vue aérienne montrant la situation de la gare intermédiaire sur la ligne.
(©Google)

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La gare intermédiaire sur brin montant, côté entrée des cabines.
(Xavier Ginibrière)

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Entrée/sortie : on remarque bien l'inclinaison du quai qui suit la pente.
(CG42)

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Vue de l'intérieur avec 3 cabines à quai.
(CG42)


Une page de tournée

Construite en 1967, cette remontée comptait parmi les quatre premiers exemplaires de télécabines à pince S livrées par Pomagalski. Renvoyant une image de modernité lors de sa mise en service, elle a permis à Chalmazel de gagner localement une belle notoriété. Cependant, au début des années 2000, l'appareil avait de plus en plus de mal à faire face aux grosses affluences du week-end. Après 35 années de service, le remplacement de ce porte-drapeau vieillissant était devenu indispensable.

Durant l'été 2002, la télécabine a ainsi été démontée au profit du télésiège débrayable des Jasseries, tournant une page mémorable de l'histoire de la station forezienne. Avec son système de bulles, d'amortisseurs liquides et son garage intégral, ce nouveau téléporté Leitner de Chalmazel poursuit, à n'en point douter, sur cette même lignée d'investissements volontaristes et audacieux menée par le Conseil général de la Loire.

Divers éléments ont été vendus en 2004 à des investisseurs iraniens pour la construction de la télécabine du centre de ski de Pooladkaf, implanté dans les monts Zargos, à proximité de Sedipan (à 100 kilomètres au nord-ouest de Shiraz). En raison de difficultés douanières, ces pièces ne sont arrivées sur leur nouveau site qu'en 2009. Depuis, les petites cabines quadriplaces foreziennes poursuivent désormais leur carrière en Asie où, pour l'anecdote, elles ont même conservé jusqu'à leur logo Conseil général de la Loire !

Laurent Berne



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Extrait du journal "le Progrès" de 2002
(remerciement à Bouctou)


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Les cabines de Pierre-sur-Haute ont entamé une seconde vie à PooladKaf en Iran.
Licence CC Amin Bastan

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Un peu de Loire et de Chalmazel en Iran.
Photo Jérôme Folliet



Compléments

Discussion
A lire

  • Ski Français n°175 - Dans les monts du Forez, un centre de ski : Chalmazel Pierre-sur-Haute, p. 51


Mes remerciement à Jean-François Gibert, Xavier Ginibrière et Bouctou pour les visuels

J'accepte volontiers la réutilisation de mes textes ou visuels (photos personnelles, issues de ma collection, plans des pistes; schémas...) pour peu que l'on ait la délicatesse d'en citer la source à proximité.
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