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 TCD4 du Jaillet

Megève - Le Jaillet (Portes du Mont Blanc)

Applevage

T3 HS
Mise en service en : 1952
Fin de service en : 1978

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Localisation(s)
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Auteur de ce reportage : monchu
Section écrite le 28/02/2010 et mise à jour le 30/03/2010
(Mise en cache le 21/08/2013)

"Megève possède en elle un trésor : lorsqu'elle l'aura trouvé, elle sera perdue."


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Décembre 1954.

Cela fait maintenant plus de vingt saisons que la première installation de remontée mécanique de montagne destinée à l'usage exclusif des skieurs a été érigée sur les pentes de Rochebrune dominant Megève. Ce tranquille village alpestre s'est mué depuis la fin de la Grande Guerre en une agréable station climatique de classe internationale, sous l'impulsion de la baronne Noémie de Rotschild.

Récemment, les équipements mécaniques ont ouvert un troisième massif aux sportifs. Depuis 1952, la télécabine du Jaillet offre à leurs spatules le versant le plus ensoleillé de la station. Des pistes de toutes difficultés leur permettent de s'exercer dans de vastes champs de neige. Le choix est d'autant plus large que deux nouveaux monte-pentes viennent offrir cette année l'accès à la Croix des Salles et au Christomet voisins. Les hivernants plus sédentaires, tout comme les estivants, profitent au Jaillet d'un site privilégié posé en balcon et s'adonnent à la contemplation des cimes enneigées du Mont-Blanc, qui se révèlent progressivement aux regards au-dessus de la verte crête du Mont-Joli et de l'Aiguille Croche lors de l'ascension en télécabine.

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[size=3]La station

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Station de sports d'hiver et d'été, Megève est située à l'une des extrémités de la chaîne de téléfériques et de chemins de fer de montagne qui la relie à Chamonix en passant par St-Gervais-les-Bains et les Houches.

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Parfaitement équipée en moyens de remontée mécanique, elle dispose de 2 téléfériques, d'une télécabine et de 8 monte-pentes totalisant 3 565 mètres de dénivellation et 13 180 mètres de longueur totale de câbles, ce qui la place au second rang des stations françaises derrière la jeune Courchevel. Le débit de l'ensemble de ses appareils s'élève à plus de 4 600 skieurs par heure.

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Ses pentes douces et ensoleillées constituent un terrain d'apprentissage parfait pour les débutants, qui se voient dispenser l'enseignement de la méthode française par les 66 moniteurs de l'Ecole de Ski dirigée par le premier champion du monde français, le Mégevan Emile Allais.

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Aux plus sportifs, Megève propose environ 75 km de pistes dont les célèbres Olympique de Rochebrune (2 850 mètres de long pour 600 mètres de dénivellation) et Emile-Allais (5 000 mètres de long pour 800 mètres de dénivellation), mais aussi 2 patinoires et un tremplin international de saut de 60 mètres.

80 hôtels dont 3 **** et 9 ***, 7 dancings, 5 salons de thé et 2 cinémas sont les empreintes de la nouvelle Megève, devenue internationale, élégante et mondaine. Sa capacité hôtelière de 2 800 lits lui permet de se hisser à la huitième place des stations européennes et à la première place française.

Megève est facilement accessible par tous les moyens de transports. L'automobiliste parisien trouvera après un parcours de 611 kilomètres une huitaine de garages chauffés pour son véhicule. De fréquents services d'autocars empruntant une route difficile mais pittoresque relient la station en 40 minutes à la gare S.N.C.F. de Sallanches (ligne de St-Gervais-le-Fayet, services pour Paris, Genève, Lyon, Marseille, Calais, Strasbourg) et au-delà à l'aérodrome de Genève-Cointrin.

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La télécabine du Jaillet

Les skieurs modernes souhaitent accomplir le nombre le plus élevé de descentes au cours d'une même journée. Voilà pourquoi les télésièges et télécabines à mouvement continu rencontrent depuis les années 40 un succès ininterrompu dans les autres pays de l'arc alpin. Ils épargnent aux sportifs les longues attentes des bennes des téléfériques à va-et-vient, tout en leur apportant un temps de récupération au long de la montée, ce que ne peuvent leur offrir les monte-pentes éprouvant les jambes.

Megève vient d'offrir à ses hivernants les plus sportifs un tel moyen de montée mécanique moderne : la télécabine du Jaillet, qui leur permet d'enchaîner fréquemment les pistes balisées bleue et rouge dévalant les pentes ensoleillées du Mont de la Motte vers la station. Les skieurs plus téméraires s'élanceront cet hiver sur les pistes du Christomet et de la Croix des Salles, tandis que les plus chevronnés s'engageront sur la spectaculaire descente de 11 kilomètres jusque Sallanches.

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Situation de la télécabine du Jaillet sur le plan des pistes


A partir de la station inférieure implantée dans la plaine de Megève, à 1 120 mètres d'altitude, les touristes et skieurs sont transportés en une dizaine de minutes au Mont de la Motte situé à l'altitude de 1 570 mètres, à mi-pente du Jaillet. Un câble sans fin tracteur et porteur assure la rotation des 24 cabines dans lesquelles 4 voyageurs peuvent prendre place.

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Les caractéristiques techniques


  • Nom de l'installation : Télécabine du Jaillet
  • Constructeur : Applevage (procédé Reussner)
  • Année de construction : 1952
  • Saison d'exploitation : été et hiver
  • Capacité : 4 personnes
  • Altitude Aval : 1 120 mètres
  • Altitude Amont : 1 570 mètres
  • Longueur développée : 1 585 mètres
  • Pente Moyenne : 30,9 %
  • Débit : 250 personnes/heure
  • Vitesse d'exploitation : 2,5 m/s
  • Emplacement Motrice : aval
  • Emplacement Tension : amont
  • Sens de montée : gauche
  • Nb Pylones : 11
  • Temps de Trajet : 10 minutes
  • Nb Véhicules : 24



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La station inférieure motrice

A quelques centaines de mètres du village, un vaste chalet isolé abrite la mécanique de la station inférieure : groupe moteur, rails, et station de commande de l'installation. Les touristes accèdent aux quais d'embarquement par un escalier extérieur. Aux beaux jours, les pistes ensoleillées que dessert cet appareil sont si prisées que l'affluence contraint la société d'exploitation à imposer un système de réservation de bennes. Lorsque les skieurs achètent leur montée, ils se voient remettre en plus du billet un numéro d'ordre. Il leur faut alors patienter au pied de l'escalier avant que leur numéro ne soit appelé et qu'ils ne soient autorisés à emprunter la cabine.

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Vue d'ensemble de la station inférieure


Les véhicules n'étant mis en service qu'à la demande, ils sont stockés normalement dans la station inférieure. Deux voies de garage, reliées par deux aiguillages au rail de contour principal, permettent de mettre en ligne les véhicules selon l'affluence.

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Plan de la station inférieure avec ses voies de garage


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Voies de garage


Le câble et les véhicules sont mûs par le treuil de la station inférieure constitué des éléments suivants :
- un moteur électrique principal de 88 CV ;
- un moteur électrique de secours de 35 CV engrenant sur une boite de vitesses, permettant son utilisation à 2 vitesses différentes, pour la marche de secours ou pour le graissage du câble à vitesse réduite ;
- un réducteur à huile sous carter étanche ;
- une poulie motrice de 3 mètres à la largeur de la voie, munie d'une gorge profilée pour le passage des suspentes et munie de garniture de caoutchouc, ainsi qu'une gorge de frein.

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Vue en coupe de la station inférieure, avec le groupe moteur


L'installation dispose :
- de deux freins identiques agissant sur l'arbre de liaison du moteur principal au réducteur, l'un commandé par un électro-aimant, l'autre commandé manuellement ;
- un frein de poulie déclenché manuellement ou automatiquement par les sécurités.

Chacun de ces 3 freins est en mesure à lui seul d'arrêter l'installation chargée.

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Les procédés Reussner et Oehler

Afin de faciliter l'embarquement et le débarquement des passagers, il est nécessaire de désaccoupler le véhicule du câble lors de son séjour dans les stations, puis de l'y accoupler au début du trajet. La plupart des systèmes actuels de débrayage se composent d'une ou plusieurs pinces situées à proximité immédiate du câble, et exerçant sur lui une force dont l'action est assurée par différentes techniques : crémaillère (système Müller), gravité (système Giovanola), ressort (système Carlevaro et Savio) ou mixte (système Von Roll).

Ces pinces, aussi diverses soient-elles, possèdent une caractéristique commune : elles sont constituées d'un organe de manoeuvre mobile, exerçant un serrage ou un frottement sur le câble. Ces pinces sont à la fois des organes d'attache et de suspension des véhicules au câble et des organes d'accouplement.

Deux systèmes récents, développés par les ateliers suisses Oehler d'Aarau d'une part et par le Français Georges Reussner d'autre part, constituent une alternative intéressante, en dissociant les fonctions de suspension au câble et de débrayage. Dans ces deux systèmes, les pinces et les suspentes sont fixes, et munies d'un dispositif d'accrochage automatique. Ils viennent accoster un véhicule dans les stations et l'emporter pour la durée du trajet avant de le libérer dans la station opposée.

Une telle configuration présente quelques avantages indéniables. Le câble est moins meurtri par les ouvertures et fermetures répétées des pinces. Les opérations de maintenance sont facilitées, en particulier l'accès aux pinces et le graissage de l'articulation de la suspente. Enfin le dispositif d'accrochage est en partie solidaire du véhicule, donc abrité dans les stations durant les périodes de non utilisation. Il est ainsi moins sensible au givre et à la neige.

Ces deux sytèmes similaires ont le même principe de fonctionnement et ne se distinguent que par des différences dans la conception des pinces d'accouplement.

Les véhicules sont mis en ligne à la demande. Lorsque des voyageurs se présentent, ils s'installent dans la benne, avant que le préposé n'en verrouille la serrure et pousse le véhicule sur le rail jusqu'à un point de butée. Le passage d'une suspente vide contre une barrette de détection judicieusement placée envoie un signal électrique commandant la manoeuvre d'un électro-aimant, qui provoque l'effacement de la butée. Le véhicule ainsi libéré est mis en mouvement sur un rail incliné. Sa vitesse s'accroît progressivement jusqu'à devenir proche de celle du câble, sans la dépasser. Le chariot de la cabine est alors rattrapé par le crochet solidaire de la suspension, préalablement déverrouillé par le passage de sa came d'ouverture dans un gabarit approprié. Le crochet entraîne alors le chariot et la cabine grâce à sa vitesse légèrement supérieure. L'accouplement est achevé par la fermeture de la came actionnée par un autre gabarit approprié. La cabine et ses voyageurs, désormais solidaires du câble, quittent alors la station inférieure pour dix minutes de montée.

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Départ d'une cabine. Lancée sur son rail incliné, elle acquiert progressivement de la vitesse et s'apprête à dépasser la suspente située juste devant elle, et à s'y accoupler


Le départ manuel par un préposé confère à cette installation une grande souplesse d'exploitation. Lorsque la fréquentation s'avère insuffisante, un commutateur permet aux employés de différer l'effacement de la butée et le lancement de la cabine. La suspension quitte alors la station sans recevoir de cabine.

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Accouplement

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Accouplement


L'organe d'accouplement conçu par Georges Reussner est constitué des éléments suivants :
- en jaune : la suspente (n° 10) dans laquelle est ménagée une encoche dans laquelle vient se loger une barre (n° 23) solidaire du véhicule ;
- en orange : une came de verrouillage (n° 16) destinée à empêcher le désaccouplement intempestif de la barre ;
- en rouge : une lame de verrouillage (n° 30) qui maintient solidaires la suspente (en jaune) et la came de verrouillage (en orange) pendant toute la durée du trajet.
- en violet, une came de sécurité (n° 31) manoeuvrant la lame de verrouillage dans les stations. Cette came vient au contact d'un rail au profil approprié qui l'entraîne dans un mouvement de rotation autour de l'axe 16a. La rotation de la came entraîne la translation de la lame de verrouillage (n° 30) grâce à un ergot (n° 31a). La lame glisse alors dans un tiroir de la came de verrouillage pour venir s'enficher dans une encoche de la suspente.

Le désaccouplement se produit de manière analogue. Un rail (n°32) au profil adéquat vient agir sur la came de sécurité (n° 31 - violet), dont le mouvement de rotation engendre 2 effets successifs :
- d'abord, la libération de la lame de verrouillage (n° 30 - rouge),
- puis la rotation de la came de verrouillage (n°30 - orange) qui vient libérer la barre solidaire du véhicule.

La cabine ainsi désaccouplée repose désormais sur un rail, dont le profil descendant accélère immédiatement la cabine par gravité, qui laisse derrière elle le crochet et la suspente restés solidaires du câble. Après s'être dégagée de la trajectoire de la suspente, la cabine est ensuite ralentie grâce au profil montant du rail.

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Désaccouplement


Lorsqu'une suspente circule à vide, le crochet ainsi que le ressort commandant la came de verrouillage sont parfaitement visibles à l'oeil nu.
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Suspentes désaccouplée (à gauche) et accouplée (à droite)


Le constructeur suisse Oehler à Aarau a développé un système analogue, se distinguant du procédé Reussner par les caractéristiques suivantes :
- la barre d'accouplement est solidaire de la suspente, et non du véhicule, tandis que tous les organes mobiles d'accouplement et de verrouillage sont solidaires du véhicule, abrités dans les garages lors des périodes de non utilisation, ce qui améliore leur durée de vie et leur fiabilité
- le verrouillage est obtenu de manière dynamique par la pression exercée par un ressort sur la barre d'accouplement.

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Schéma de la pince des établissements Oehler



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La ligne

Contrairement aux autres installations du Mont-d'Arbois ou de Rochebrune, la télécabine du Jaillet entre dans le champ d'application de la Réglementation des Télésièges édictée par le Service des Ponts et Chaussées. Aussi la hauteur de survol des véhicules ne doit pas excéder 8 mètres afin de faciliter les opérations de sauvetage.

C'est pourquoi la ligne dispose de 11 pylônes, contre 3 à Rochebrune et au Mont-d'Arbois, afin d'épouser la configuration de la prairie sur laquelle elle est implantée. Le cinquième pylône est le plus court d'entre tous, culminant à 7 mètres, tandis que le huitième atteint 11 mètres de hauteur.

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Section inférieure de la ligne


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Pylône n° 2


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Partie inférieure de la ligne survolant l'arrivée des pistes bleue et rouge


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Section centrale de la ligne


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Pylône n°6


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Section supérieure de la ligne


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Touristes assistant au ballet des cabines multicolores dans le haut de la ligne depuis la terrasse du solarium


La télécabine du Jaillet se distingue encore de ses deux illustres voisines par la présence de pylônes de type compression, destinés à maintenir la hauteur de survol dans les hauteurs acceptables par la réglementation, notamment les pylônes numéros 4, 7 et 11. Une telle configuration est presqu'unique dans le département, ne se retrouvant que sur la télécabine des Mémises à Thollon. Les pylônes de compression sont néanmoins dotés de quelques poulies support afin de parer à un éventuel déraillement lors du passage d'un véhicule fortement chargé.

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Pylône de compression n° 11


Chaque pylône est muni de balanciers à 4, 6 ou 8 poulies, toutes du même type, en alliage d'aluminium et de silicium de type Alpax.

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Pylône sommital.


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La station supérieure tension

La station supérieure est posée sur un replat à 1585 mètres d'altitude, à mi-pente du Jaillet. Un chalet-restaurant équipé d'un vaste solarium accueille touristes et skieurs, qui jouissent d'un panorama à couper le souffle sur la chaîne du Mont Blanc.

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Vue aérienne de la station supérieure et du chalet-restaurant


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Estivants sur la terrasse panoramique du solarium


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Dernier pylône, rampe de désaccouplement et station supérieure


A l'arrière de la station, un appenti abrite la fosse dans laquelle le contrepoids de 35 tonnes se déplace pour assurer la tension constante de la ligne. Dans le bâtiment principal, une courte voie de garage permet de stocker quelques véhicules pour faire face à un afflux de clients à la descente, même si le garage d'attache des véhicules est celui de la station inférieure.

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Vue en coupe de la station supérieure


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Plan de la station supérieure


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Les véhicules

Construites en alliage d'aluminium, les cabines offrent 4 places réparties sur 2 banquettes en vis-à-vis. La porte comporte une glace qui peut être descendue depuis l'intérieur. Les côtés de la benne sont munis en hiver de baies vitrées en verre de sécurité pour protéger les skieurs du froid. Ces glaces sont démontées en été et le véhicule laissé à l'air libre en été pour que les touristes profitent d'un air frais et vivifiant au cours de leur ascension. Les paniers à skis disposés de part et d'autre de la porte permettent d'emporter jusqu'à 4 paires de skis.

En cas d'immobilisation de l'installation, le sauvetage des passagers est possible au travers du plancher de la cabine, qui comporte une partie centrale amovible.

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Véhicule en été.


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Véhicules en été.


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Véhicules en hiver.



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Message de réclame

Renseignements pratiques communiqués par le Syndicat d'Initiative :

Le voyage coûte 150 francs.
Au départ : billetterie et école de ski.
Au sommet : chalet-restaurant avec solarium panoramique.

Pour tous renseignements concernant la Télécabine du Jaillet ou pour une réservation, veuillez contacter le téléphone 151 à Megève.

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Message de réclame
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