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 TKD du Signal 1, 2 & 3

L'Alpe d'Huez (Alpe d'Huez Grand Domaine Ski)

Poma

T2 ES
Description rapide :
Reportage sur les appareils les plus anciens de l'Alpe d'Huez.

Mise en service en : 1961



Localisation(s)
Photo

Auteur de ce reportage : benj
Section écrite le 11/02/2010 et mise à jour le 12/02/2010
(Mise en cache le 23/08/2013)

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L'Alpe d'Huez : présentation et historique

L'Alpe d'Huez est une station de sport d'hiver et d'été répertoriée station climatique, située en Isère, au coeur de l'Oisans. Elle est la station centrale du domaine skiable du massif des Grandes Rousses qui réunit autour d'elle les stations d'Auris-en-Oisans (les Orgières), de Villard-Reculas, d'Oz-en-Oisans (l'Olmet) et de Vaujany.
L'espace de ski de l'Alpe d'Huez s'étend entre le village d'Huez, situé à 1500m d'altitude et le sommet du Pic du Lac Blanc à 3330m d'altitude, soit 1830m de dénivelé qu'il est possible de dévaler d'une traite.

L'Alpe d'Huez s'est installée sur les alpages du village d'Huez-en-Oisans à 1860m d'altitude. Si les premiers skieurs fréquentaient le village depuis 1911, l'Alpe d'Huez a commencé véritablement à se développer à partir de 1935, grâce à la modernisation de la route d'accès à Huez et à la construction de la route entre Huez et son Alpe. L'année suivante, c'est l'électricité qui fit son arrivée à l'Alpe, jusqu'au chalet du Touring Club de France, au lieu-dit "les Jeux", jonction entre les pentes du Signal d'Huez et des Grandes Rousses à 1860m d'altitude. Ces deux événements combinés vont initier le développement de la station en permettant aux pionniers d'acheminer facilement les matériaux nécessaires à l'équipement en hôtels et montes-pentes. Ainsi, lorsque l'Alpe d'Huez est devenue une station de ski en 1936, elle comptait 3 hôtels et déjà 2 téléskis sur la douzaine existant en France cette même année. Le mythe était déjà en marche.

Face au succès rencontré, les investisseurs privés poursuivirent l'extension du domaine skiable avec la création de nouveaux téléskis dans les années 40. Développement privé qui trouva son apogée au début des années 50 avec la construction des deux premiers tronçons des téléphériques des Grandes Rousses, chargés de symbole et première étape d'une chaîne de téléphériques qui devait mener à terme au sommet du Pic du Lac Blanc, à 3330m d'altitude.
Mais rapidement l'investissement privé va montrer ses limites : une faible capacité d'investissement et d'endettement empêchant la modernisation ou l'extension de l'existant, une rentabilité hasardeuse, parfois même la surfréquentation sur certains appareils. Les premiers signes de faiblesse de ce mode de gestion apparaissent, et persistent de reprises en reprises. C'est alors qu'en 1958, après 4 saisons d'exploitations non rentables, après plusieurs incidents légers et des pannes sérieuses, le propriétaire des téléphériques abandonna leur exploitation.

Ce dernier événement historique a conduit à la création de la SATA (Société pour l'Aménagement Touristique de l'Alpe d'Huez) dont la première mission était d'assurer la remise en route et l'exploitation des téléphériques des Grandes Rousses déjà devenus indispensables pour le bon fonctionnement de la station.
Réunis autour de la SATA, devenue l'interlocuteur privilégié du développement du domaine skiable, des commerçants, des hôteliers et des habitants de la station vont alors pouvoir montrer très vite leur force et leur capacité d'investissement. Ainsi depuis sa création le 20 octobre 1958, il ne s'est pas passé une année sans que la SATA n'investisse sur le domaine skiable. Investissements qui ont consisté, dans un premier temps, à racheter les installations existantes et à en construire de nouvelles, étendant ainsi le domaine skiable sur le territoire d'Huez d'abord puis à ses voisins ensuite. Avec l'augmentation de la fréquentation, l'agrandissement de la station et la nécessité de garantir un enneigement durable, les investissements ont portés dans un second temps sur l'équipement en neige de culture et l'amélioration des liaisons dans la station et à l'intérieur du domaine skiable. Depuis quelques années les investissements portent sur la modernisation des équipements et l'amélioration de la sécurité des pistes.

Plus de cinquante ans d'évolution résumés par ces événements marquants de l'histoire de la SATA et du domaine skiable de l'Alpe d'Huez et du massif des Grandes Rousses :

  • la construction du troisième tronçon du téléphérique des Grandes Rousses par Neyrpic entre 1960 et 1962, un appareil ultra moderne, le plus grand du monde à l'époque ;
  • la liaison vers le domaine skiable d'Auris en 1971 puis son exploitation à partir de 1973 ;
  • la transformation des deux premiers tronçons du téléphérique des Grandes Rousses en télécabine débrayable moderne en 1975 ;
  • la profonde mutation de la station et l'amélioration de la desserte du domaine en 1986 : DMC des Grandes Rousses, TCD Marmottes 1, TSF Eclose, Bergers et Romains ;
  • l'ouverture du domaine skiable aux nouvelles stations d'Oz-en-Oisans et de Vaujany entre 1987 et 1989 ;
  • et enfin la finalisation du deuxième accès au domaine d'altitude avec la construction de Marmottes 2 en 2000 et de Marmottes 3 en 2003-2004 superbement conclut par le remplacement de Marmottes 1 en 2009.
Pour les années à venir les défis sont multiples : il faudra continuer à moderniser les équipements en réduisant le nombre de remontées mécaniques sur le domaine skiable et en rationalisant les déplacements dans la station ; développer la capacité d'accueil en construisant de nouveaux lits ; continuer à garantir l'enneigement des pistes les plus fréquentées et les plus réputées du domaine skiable ; le tout en réduisant l'impact environnemental des activités liées au tourisme en station de ski.



Le Signal : historique

Chargées d'histoire, les pentes du Signal ont toujours attirés les skieurs de part leurs proximité avec le coeur de la station et leurs variété d'itinéraires aux pentes plus ou moins fortes.
Avec l'augmentation du niveau de ski, la demande se fait de plus en plus sentir pour les pentes plus fortes. La construction du téléski de l'Eclose par Jean Pomagalski en 1935 fera plusieurs émules. Le premier d'entre eux est M. Bravard. N'ayant aucune expérience dans la fabrication de remonte-pente, il va s'adresser à un partenaire de choix, l'entreprise allemande Bleichert qui construit des téléskis à enrouleurs sous licence Constam. Construit en 1936, ce téléski sera équipé d'enrouleurs à luge. La confection des pylônes de ligne métalliques étant confiée à l'entreprise Berliat basée à Grenoble. Il en résulte un appareil très moderne, fonctionnant avec un moteur électrique et équipé de boutons-poussoir sur son parcours pour la sécurité des clients.

Vue sur la gare de départ et la première partie de la ligne (certains enrouleurs n'ont pas de luges) :
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Détail d'un client sur une luge :
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L'exploitation des enrouleurs à luge présente malgré tout plusieurs inconvénients.
A chaque station, il faut un employé pour accrocher les luges aux suspentes et un autre pour les décrocher afin de préserver le matériel en leur évitant ainsi le contournement des poulies d'extrémité de la ligne. L'embarquement est délicat car le skieur doit s'asseoir sur la luge skis aux pieds ou dans les mains et bien s'agripper pour le démarrage. De plus le parcours est plutôt raide, bosselé, creusé et le débarquement est encore plus compliqué que l'embarquement. Des manipulations longues qui ne permettent d'utiliser au maximum qu'un enrouleur sur deux, divisant donc le débit par deux.
Pour simplifier son exploitation et son utilisation, M. Bravard équipera ses enrouleurs de sellettes Pomagalski, de même type que celles équipant le téléski de l'Eclose, et ce dès l'année suivante, en 1937. A ces sellettes assez peu confortables ont succédé au fil des années des cannes puis des sellettes classiques. Ainsi, en plus d'être très moderne, ce premier téléski du Signal deviendra donc très confortable. Surtout, il est stable, car rarement en panne, et performant avec son débit de 400 skieurs à l'heure. Il est aussi bien plus abouti que les téléskis qui continueront d'apparaître sur le domaine jusqu'à la fin des années 40. Enfin il dessert une belle variété de pentes et d'itinéraires proches de la station et adaptés à tout type de skieurs.

Vue sur la ligne et la station avec son parc de stationnement, l'accroche au skieur est une canne qui a succédé aux premières sellettes :
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La ligne dans sa quasi totalité, équipées des sellettes définitives :
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Quelques années plus tard, avec notamment la G1 du téléphérique des Grandes Rousses sur la gauche :
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Tous ces éléments réunis justifient le succès immédiat du téléski du Signal. Avec la fréquentation qui augmente, les queues s'allongent et deviennent interminables. Et pourtant le domaine skiable s'étend presque d'années en années avec la construction de nouveaux téléskis en direction de la cascade du Lac Blanc, sur la Petite Sûre et à Villard-Reculas. Rien n'y fait, la fréquentation ne faiblira pas, au contraire, l'expérimentation et l'organisation de compétitions de ski de vitesse sur les pentes nord du Signal accéléreront encore plus sa fréquentation.

A partir de 1954 et la mise en service des deux premiers tronçons des téléphériques des Grandes Rousses, le domaine skiable directement accessible par remontées mécaniques va presque doubler et la réputation de la station tout autant, attirant de plus en plus de skieurs.
En 1960, la SATA nouvellement créée va devoir racheter le TKE du Signal à son dernier propriétaire qui n'avait pas les ressources suffisantes pour résoudre le problème des files d'attente interminables. Devant l'urgence de la situation et la nécessité d'augmenter le débit sur ce tracé, elle commandera dès 1961 deux TKD Poma dernier-cri pour remplacer le téléski usé par 25 ans de bons et loyaux services. Les deux générations de téléski cohabiteront au moins une saison.
En quadruplant ainsi le débit en bas du Signal, elle croit résoudre le problème. Mais en 1968, année olympique, seulement 7 ans après leur construction et malgré quelques difficultés dans les finances de la SATA, il faudra déjà tripler le téléski.

Les trois TKD du Signal avant 1975 et la G1 du téléphérique des Grandes Rousses :
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Photo des fronts de neige Signal/Jeux après 1975 avec les 3 TKD Signal et derrière les 3 TKD Jeux, la TCD6 Grandes Rousses, le TKD Lac Blanc et la G2 du TKD Rif Nel :
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La popularité du ski continuant à aller grandissant et la nécessité de simplifier le parcours aux skieurs de niveau moyen obligeront même la SATA à installer en 1985 un TSF4 en parallèle des 3 téléskis déjà existants.



Les téléskis du Signal : situation et présentation

Construits par Pomagalski en 1961, les TKD Signal 1&2 sont équipés d'une gare type T treillis. Le TKD Signal 3, construit en 1968 est équipé quant à lui d'une gare type H nouvelle génération. Classiquement, la motorisation des 3 téléskis se fait en gare aval et la tension en amont. A l'origine, les gares amont étaient équipées de poussards assurant la tension par contrepoids. Plus tard, les gares amont seront équipées d'un lâcher sous poulie assurant la tension via un vérin hydraulique et d'un système de débrayage des perches facilitant le débarquement.
Ces téléskis d'une longueur de 850m sont classés difficiles à cause de leur vitesse et de deux fortes pentes dont une à 56%. Ils sont privilégiés par les bons skieurs car bien plus rapides que le télésiège.
Il est à noter que l'un des téléskis fonctionne en alternance les mardis et jeudis soirs pour le ski de nuit.

Côté ski ces téléskis desservent la totalité des pistes accessibles au sommet du Signal :
- signal, signal bis, kl, anémones et hirondelles qui permettent de revenir en gare aval ;
- le stade du Signal, lieu de compétition permanent ;
- le stade des Sarrasins sur le secteur Signal/Jeux et la piste petite sûre sur le secteur Village ;
- vallons, petit prince, souveraine et forêt sur le secteur de Villard-Reculas ;

La situation des téléskis du Signal sur le plan des pistes saison 2009/2010 :

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La situation des téléskis du Signal sur le front de neige Signal/Jeux avec de gauche à droite TKD Jeux, DMC Grandes Rousses, TSF et TKD Signal :

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Une vue sur la ligne, en soirée, prise depuis le bas des pistes :

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Les caractéristiques des appareils

Caractéristiques administratives :

  • TKD-Téléski à perche débrayable : SIGNAL 1 | 2 | 3
  • Exploitant : SATA
  • Constructeur : POMA
  • Année de construction : 1961 | 1961 | 1968
Caractéristiques d'exploitation :

  • Saison d'exploitation : hiver
  • Capacité : 1 personne
  • Débit : 720 personnes/heure
  • Vitesse d'exploitation : 3,5 m/s
  • Temps de montée : 3 min 50
Caractéristiques géométriques :

  • Altitude gare aval : 1862m
  • Altitude gare amont : 2114m
  • Dénivellation : 252m
  • Longueur développée : 812m
  • Pente moyenne : 32%
  • Pente maxi : 56%
Caractéristiques techniques :

  • Station motrice : aval
  • Type de gare motrice : T150 treillis | T150 treillis | H150
  • Station de tension : amont
  • Type de gare tension : Lâcher Sous Poulie à tension hydraulique
  • Sens de montée : droite | gauche | gauche
  • Nombre de pylônes : 8
  • Type d'agrès : perche téléscopique
  • Type d'attache au câble : douille auto-coinçante


Les gares aval

Le positionnement des lignes des téléskis est logique : face à la montée, Signal 1 se trouve à gauche, Signal 2 au milieu et Signal 3 à droite.

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Les stations aval de Signal 1&2 sont de type T treillis. Dans ce type de gare, les poulies motrice et de sortie de gare sont inclinées de 45 degrés dans le même sens. Entre ces deux poulies, se situe la glissière de stockage des perches. Une troisième poulie verticale vient comprimer le brin descendant juste avant la poulie motrice.

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Zoom sur le sélecteur :
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La station aval de Signal 3 est de type H. A la différence de ses prédécesseurs, la poulie motrice se trouve sur un plan horizontal et la poulie de sortie de gare est verticale. De la même façon, une troisième poulie vient comprimer le câble descendant juste avant la poulie motrice.

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Zoom sur le sélecteur :
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Diverses vues des gares :
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Les lignes

La ligne des téléskis du Signal suit une pente se renforçant tout au long de la montée. Le pylône 5 nous fait entrer dans la plus forte pente de la ligne. L'ascension reste soutenue depuis ce pylône jusqu'à la station amont.

Les lignes des téléskis se décomposent ainsi (brin montant/brin descendant) :
G1 : C/C
P1 : C/-
P2 : SC à tendance S/SC
P3 : S/SC
P4 : SC/-
P5 : SC à tendance C/-
P6 : S/SC
P7 : S/S
P8 : -/S
G2 : S/-

Il est à noter que les téléskis Signal 1&2 ont subit une I30 en 2009 et que le câble de Signal 3 a été changé cette même année.

Les lignes dans leur globalité :
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En avant :
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Un regard sur les gares aval avant de franchir le P1 :
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Le pylône 1 :
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Un dernier coup d'oeil sur les gares aval :
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En approche des pylônes 3 (la potence du brin descendant de Signal 2 a été changée en 2009) :
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Les pylônes 5 (les potences de Signal 1&2 ont été changées en 2009) :
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Dans la plus forte pente :
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Le P7 marque une déviation du câble sur Signal 1 uniquement :
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Les P8 et les LSP :
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Les gares amont

Les stations amont sont équipées de lâchers sous poulie Poma réalisant la tension des appareils.

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Les trois stations sont équipées d'un ralentisseur facilitant le débarquement des skieurs :
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Photos diverses prises depuis la piste bleue Signal

Les pylônes 7, le TSF4 Signal et la chaîne des Grandes Rousses :
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La ligne dans son intégralité depuis le haut de la piste signal :
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Détails du P7 avec les potences particulières du brin descendant de Signal 1 lui permettant de réaliser un angle :
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La ligne :
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Conclusion

Avec le télésiège du Signal comme voisin, ces téléskis s'adaptent très bien aux variations de flux de clientèle et procurent une souplesse d'exploitation appréciable lors des pics de fréquentation horaires ou saisonniers. Une belle performance d'autant que les deux téléskis de 1961 s'apprêtent à fêter leur 50 années d'existence.

Un cinquantenaire qui pourrait être synonyme de fin de vie pour les deux appareils les plus anciens du domaine skiable. Car même si les 4 remontées du Signal font parfaitement l'affaire point de vue débit, ils présentent deux inconvénients majeurs : l'impact visuel fort et le confort qui ne correspond plus aux standards de la clientèle d'aujourd'hui.
Depuis 1985 la technique a évolué et un télésiège débrayable moderne pourrait venir à bout du débit exigé sur ce secteur. Un projet de remplacement avait déjà été évoqué en 2005, mais repoussé face aux difficultés rencontrées sur d'autres secteurs et sur d'autres appareils.

Une chose est sûre, lorsque l'heure des appareils du Signal aura sonné, la troisième génération d'appareil, moderne, performant et digne d'une grande station de renommée internationale, continuera à desservir les pentes mythiques et historiques du Signal.



Texte : Benjamin Cereghetti

Photos : Geoffroy Delabre (décembre 2008) et Thibaut Chmara (décembre 2009)

Bibliographie :

  • "La Neige Apprivoisée" (SATA - 1992) ;
  • "Rêver Huez et les Grandes Rousses" (Roger Canac - 2005) ;
  • "Les Pionniers du Téléski" (Pierre Montaz - 2006)





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