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 TPH P des Glaciers de la Meije 1 & 2

La Grave

DCSA - PHB

T3 ES
Description rapide :
Téléphérique pulsé en deux tronçons sans transfert construit par PHB sous l'égide de Denis Creissels. Appareil unique par ses caractéristiques hors-normes et la splendeur du paysage offerte. Il dessert des itinéraires hors-pistes et un téléski sur glacier.

Mise en service en : 1976/1977

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Partie 1
Auteur de ce reportage : remontees
Section écrite le 05/08/2016
(Mise en cache le 06/08/2016)

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Au sommaire du reportage :

  1. La Grave
  2. Genèse d'un audacieux projet
  3. Un chantier hors-normes
  4. Une mise en service difficile et compliquée
  5. Glaciers de la Meije 1, premiers pas vers le mythe
  6. Ligne et infrastructures du téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 1
  7. Glaciers de la Meije 2, au cœur de la légende
  8. Ligne et infrastructures du téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 2
  9. Glaciers de la Meije 1&2, un appareil mythique en danger ?



La Grave

À environ 1500 mètres d'altitude, la commune de La Grave est située dans la fin de l'Oisans avant Villar-d'Arêne et le col du Lautaret permettant la liaison avec l'Oisans et le Briançonnais. Sur la rive droite de la Romanche, les gorges à l'est de Grenoble se sont élargies depuis le passage du lac du Chambon et laissent place à un massif de toute beauté symbolisé par le sommet mythique de la Meije qui culmine à 3983 mètres d'altitude dans le massif des Écrins. Elle abrite une station de ski réputée pour son offre hors-piste desservie par les téléphériques pulsés Glaciers de la Meije 1&2. Sur le glacier, le téléski de la Girose dessert une piste bleue, seul itinéraire balisé du domaine ! Il est également possible, au sommet de l'appareil, de rejoindre les Deux-Alpes grâce à une liaison par chenillettes.

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^^ Découvrez une introduction plus détaillée de la station en cliquant sur le logo ^^



Genèse d'un audacieux projet

Le 16 août 1877, le sommet mythique de la Meije est gravi pour la première fois par un équipage français composé d'Emmanuel Boileau de Castelnau et de deux alpinistes originaires de Saint-Christophe-en-Oisans, Pierre Gaspard et fils. Cette première fût la dernière ascension d'un sommet majeur des Alpes, également repère du sud pour les habitants du bourg de La Grave. En effet, Meije provient de meidjo qui signifie en provençal « midi ». Ainsi, le soleil survole le Grand pic de la Meije à l'heure de midi, à l'image de l'Aiguille du Midi au-dessus de Chamonix ou du pic du Midi de Bigorre dans les Pyrénées.

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Vue en aval du col du Lautaret sur le massif de la Meije avec ses glaciers encore bien présents jusqu'en basse altitude (Licence CC-BY-SA André Payan-Passeron).

Pour admirer les paysages grandioses du massif des Écrins avec la Meije, il faut compter avant les années 1970 et la construction du téléphérique des Glaciers de la Meije une journée complète pour réaliser l'ascension du col des Ruillans depuis le village de La Grave. Au programme : 1900 mètres de dénivelé pour une journée d'ascension avec traversée de sentiers escarpés en forêt, puis de moraines, rochers, névés puis de glaciers avant d'arriver à 3200 mètres d'altitude. Ici, le randonneur est remercié de ses efforts par un panorama splendide à 360° : les Alpes du Nord en face de lui, le Râteau, la Meije et la Pointe Trifide sur sa droite, le Dôme de la Lauze et le glacier de la Girose dans son dos et les massifs des Grandes Rousses et du Vercors sur sa gauche. Néanmoins, ce saint des saints est bien entendu réservé à l'élite.

Au milieu du XXème siècle, La Grave a déjà acquis son tire de capitale mondiale de l'alpinisme, André Georges, président du secours en montagne de Briançon lance en 1958 le projet d'un téléphérique de la Lauze afin d'accéder directement au Dôme de la Lauze. La commune fait alors appel à deux sociétés en plein essor dans le domaine des téléphériques à va-et-vient : Neyrpic (ayant comme références le téléphérique de la Croix de Chamrousse construit en 1953 et la télévoiture du Diable aux Deux-Alpes datant de 1955) et Applevage (ayant déjà comme références les téléphériques Sancy 2 au Mont-Dore en 1936 et Solaise à Val-d'Isère en 1942). Dans le même temps, la station de ski du Chazelet naît en 1964 avec l'installation par Montaz-Mautino du télésiège fixe 2 places du Signal, suivi l'année suivante par le téléski du Plateau d'Emparis qui développe l'offre de ski alpin sur le versant opposé. Le projet du téléphérique de la Lauze évolue au fil des débats locaux. Un terminus au niveau du col des Ruillans n'est pas jugé assez prestigieux : les élus réfléchissent à implanter à la côte 3290, entre la Pointe Trifide et le Râteau. Il aurait alors fallu obtenir l'accord des alpinistes afin que les piétons puissent fouler en toute sécurité le sommet du Râteau, d'où l'on a un point de vue absolument splendide sur les Alpes et le massif des Écrins. L'objectif était également de développer un itinéraire hors-pistes difficile évoluant dans le col de la Girose en plus d'une voie de secours en cas d'incident sur le téléphérique.
Plus d'informations sur le forum de Serre Chevalier : http://forums.serreche-ski.net/index.php?showtopic=451&page=7#entry12685

La SEAMN (Société d'Études et Aménagement du Massif de la Meije) de son côté lance l'étude du profil du premier tronçon à l'aide de M. Robert Cassoux, ingénieur en chef diplômé de l'école des Ponts et Chaussées de Gap, et ce malgré le refus de la préfecture de Briançon de soutenir ce projet jugé beaucoup trop audacieux et irréaliste. Le téléphérique de la Lauze suit son bonhomme de chemin. En 1963, Heckel et Weber, deux autres constructeurs de remontées mécaniques, proposent des solutions de financement du projet. À partir de 1965, les prémices de la création du parc national des Écrins se font ressentir et bloquent temporairement le projet du téléphérique panoramique de la Lauze proposé par Ernest Juge. Dans ce contexte difficile et afin de permettre le développement du tourisme dans les Pays de la Meije, il est décidé de retravailler les contours du parc national. Ainsi, le projet est relancé en 1970 par M. Michaud et Henri Meney qui s’adressent au cabinet de Denis Creissels pour étudier plus précisément la faisabilité et réaliser les plans. Tout va pour le mieux, mais c'est sans compter sur les aléas climatiques, qui modifient régulièrement la donne en milieu montagnard.

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Profil en long de la ligne du téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije.


En 1971, de nombreuses stations subissent des avalanches terribles. Ces dernières entraînent de fortes dépenses pour la SEAMM (Société d'Études et d'Aménagement du Massif de la Meije) pour la construction de divers paravalanches en échange d'un débloquage de permis de construire. La société mère du Chazelet n'a plus les fonds nécessaires à la construction ni d'un complexe immobilier, ni d'un téléphérique reliant la Meije au col des Ruillans. C'est un coup dur pour l'aventure, alors qu'en même temps les problèmes du Parc National des Écrins disparaissent grâce aux accords entre élus.

Finalement, le téléphérique reçoit une première subvention de 2 millions de francs après la mise en place d'une charte constitutive pour aboutir à la création du parc national des Écrins fin mars 1973. Paul Dijoud, député des Hautes-Alpes et maire de Briançon depuis 1971 encourage vivement la mise en place rapide du parc. En échange, Ernest Juge obtient que le SIVOM du Briançonnais (Syndicat Intercommunal à vocations multiples du Briançonnais, en résumé une collaboration intercommunale) soit en charge de la réalisation du projet du téléphérique des Glaciers de la Meije et de sa gérance. En effet, la ligne du téléporté en projet est censée passer en bordure de cette zone de tout de même 918 km². Le financement se compose au total de 5,4 millions de francs en subventions de l'État ajoutés à des prêts de 18,8 millions. La commune de La Grave a donné gracieusement les terrains et le département, aidé du SIVOM a garanti les emprunts. Pour les premières années, l'exploitation des appareils est confiée à l'office du tourisme de Briançon. Le projet prend alors le nom de « Téléphérique des Ruillans » : le point d'arrivée est maintenant défini au col éponyme, en attendant plus tard d'installer une hypothétique remontée mécanique vers le Dôme de la Lauze, ce qui en ferait l'un des plus hauts appareils de France !

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Implantation du nouvel appareil en deux tronçons sur le territoire gravarot avec la gare intermédiaire déjà définie au Peyrou-d'Amont à 2400 mètres d'altitude.

Un personnage très particulier marquera l'aventure « Glaciers de la Meije » : Denis Creissels. Cet ingénieur sorti de la promotion 1955 de Polytechnique est un inventeur reconnu dans le monde des remontées mécaniques. On lui doit notamment la première télécabine pulsée monocâble (le Télébus à la Plagne construit en 1971), le premier téléphérique à va-et-vient automatique (le Télémétro), le premier DMC à Serre Chevalier en 1983 mais aussi l'idée du sauvetage intégré mise en place lors de la rénovation du second tronçon du téléphérique de l'Aiguille du Midi en 1990 à Chamonix-Mont Blanc. Néanmoins, et tout comme pour la réalisation du téléphérique des Glaciers de la Meije 1&2, il reste maître d'œuvre : il n'effectue pas la réalisation de l'appareil mais le conçoit. Il effectue le calcul de la ligne, de la puissance nécessaire, la forme des gares et des pylônes, … En résumé, il supervise la réalisation par PHB de la solution adoptée avec l'exploitant.

À La Grave, c'est lui qui a choisi la solution de la télécabine pulsée bicâble, plébiscitée pour ses capacités à assurer de longues portées en limitant le nombre de pylônes et à résister au vent. De plus, la topographie des lieux n'était pas propice à l'installation d'un appareil à cabines monocâble en raison des importants dénivelés (plus de 750 m par tronçon !) et de la difficulté d'implantation des pylônes, surtout sur les secteurs rocheux survolés par le second tronçon. Ce modèle de téléphérique pulsé a également permis d'aménager un arrêt intermédiaire au niveau du premier pylône du tronçon 1 afin de péréniser l'exploitation du site même en cas de manque de neige jusqu'à La Grave. En outre, ce système qui permet à La Grave d'avoir un appareil à moindre coût offre un débit suffisant dans un premier temps et pourra se transformer en appareil débrayable si la fréquentation l'exige. Il s'agirait alors de faire évoluer la vitesse de 4 m/s pour un débit à terme de 1200 personnes/heure. Le téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije est donc un appareil évolutif.

Un projet peut-être audacieux, mais qui a pour but de redynamiser l'économie touristique gravarote. En effet, la petite commune haut-alpine de l'Oisans a connu un fort exode rural à la fin des années 1960 avec le déclin du pastoralisme et des travaux dans les champs. Ce phénomène a ensuite entraîné des conséquences terribles : fermeture des commerces et hébergements, baisse du nombre de jeunes et donc de personnes capables d'assurer la pérennité de la ville, … Grâce au téléphérique, le maire, Ernest Juge, veut tout simplement relancer l'économie locale et redorer le blason de son village qui possède un atout de taille : la beauté de son paysage.

Justement, le nouveau projet de téléphérique reliant La Grave au glacier de la Girose nourrit de nombreuses oppositions au sujet de son atteinte à l'environnement comme l'évoque l'article suivant tiré du premier numéro d'Aménagement & Montagne publié en juin 1975. Celui-ci effectue une satire assez virulente du projet du téléphérique des Glaciers de la Meije qui n'est pour lui que le reflet d'une politique locale pathétique et opportuniste, le tout aux dépends de l'environnement montagnard et du paysage.

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On se rend bien compte que l'accord conclu quelques années plus tôt pour la création du parc national des Écrins est remis en question par la population, ici symbolisée par la virulence de l'auteur. Celui-ci ironise sur cette zone de protection n'est d'après lui qu'un accord entre les municipalités sans véritable ambition de protection de la nature mais plutôt visant à assurer la légitimité de la construction du téléphérique de La Grave : « Il est vrai que les contours fort sinueux du parc (et pour cause ils suivent la logique d'intérêts divers) n'étaient pas facilement repérables sur le terrain ; il était urgent d'y mettre des pylônes ».
Mais il est également question tout simplement d'écologie. Une fois n'est pas coutume, l'auteur de l'article se pose la question de l'impact sur l'environnement, c'est-à-dire sur la biodiversité, mais aussi simplement sur le paysage. En effet, si le téléphérique est construit pour mieux admirer les splendides sommets surplombant La Grave, il risque également de les dénaturer, et ce malgré son positionnement en limite du parc national, limite qui a été avant tout calculée pour permettre l'implantation du téléphérique. En 1975, le tourisme montagnard lié à l'alpinisme et au ski n'est pas aussi développé que maintenant : les locaux n'ont pas confiance en ces projets démentiels à leurs yeux et sans impact positif sur leur vie. C'est tout logiquement qu'ils s'opposent de manière virulente en prétextant vouloir sauver leur massif à eux : « L'Oisans perd ainsi le privilège d'être l'un des plus beaux massifs alpins sans câble. ». Pourtant, à cette époque les stations de l'Alpe d'Huez, du Chazelet et des Deux-Alpes sont déjà bien développées, ce qui souligne leur volonté de lutter contre un projet qui pourrait détériorer leur territoire.

Finalement, c'est toute l'utilité du projet qui est remise en cause. « La montagne appartient à ceux qui se lèvent tôt » dit-on régulièrement dans les milieux montagnards. Est-ce que le col des Ruillans, site de haute-montagne doit devenir accessible à tout le monde et à quel but ? Encore une fois, l'auteur de l'article ironise sur l'utilité de monter rien qu'au Peyrou-d'Amont à 2400 mètres d'altitude… pour finalement admirer la Meije d'un tout petit peu plus près que depuis le village de La Grave. Néanmoins, le téléphérique a aussi à charge d'assurer le développement touristico-économique de toute une région, ce qui n'est pas du tout défendu dans l'article puisque contraire à l'opinion du rédacteur. Avec l'ouverture du nouvel ouvrage, le gérant a ainsi créé de nombreux emplois destinés à l'exploitation du site. À titre d'exemple, on trouve des techniciens, des conducteurs de téléphériques, des hôtesses, …

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Quelques gravarots enthousiastes et optimistes face au développement économique promis par le téléphérique en construction.



Un chantier hors-normes

Le chantier du téléphérique des Glaciers de la Meije commence en 1975 pour le montage des pylônes et gares du premier tronçon à l'aide des équipes de PUGNAT pour le génie civil et SARASOLA pour les travaux de montage. L'année suivante, le premier tronçon a été terminé avec l'installation des câbles et des véhicules pour une mise en service le 14 juillet 1976, jour symbolique. Pendant ce temps-là, les équipes se sont attelées au montage des pylônes et gares du second tronçon. Mais avec les travaux de remise en place du premier tronçon suite à un attentat touchant la gare aval de Glaciers de la Meije 1, le second tronçon prend beaucoup de retard. Les câbles sont posés en 1977 dans le même temps que les cabines sont accouplées au câble. Le second tronçon ouvre finalement ses portes en mars 1978.

Ce chantier a été particulièrement difficile puisqu'il fallait monter les pelleteuses telles que la pelle MENZI-MUCK sans l'hélicoptère et avec des moyens archaïques, et ce jusqu'au col des Ruillans à 3200 m. Au retour, cette dernière a même été redescendue pour des raisons de praticité aux Deux-Alpes via le Dôme de la Lauze.

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La pelle et l'hélicoptère, les deux héros de ce chantier hors-normes ici présents au col des Ruillans à 3200 mètres d'altitude.



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Montage des pylônes et génie civil de la gare amont.

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Montage de la structure de la gare amont au col des Ruillans.

Toutes les charpentes ont été montées à l'aide des pelles et hélicoptères. Notons tout de même que ces charpentes métalliques faisaient 300 tonnes au total pour les gares, 150 tonnes pour les ouvrages de ligne du premier tronçon et 180 tonnes pour le deuxième. Pour le génie civil, l'entreprise Pugnat a utilisé les quantités astronomiques de 500 m³ de béton pour le premier tronçon (gares et ligne) et 700 m³ pour le deuxième ! Les automatismes ont été réalisés par Télémécanique, encore une référence en 2014 pour le matériel électronique. Celle-ci a mis en place une marche normale totalement automatisée en théorie sans avoir besoin d'un préposé. Une autre marche est elle manuelle et peut permettre d'exploiter normalement le téléphérique en cas d'avarie.

Ces travaux à haute altitude ont donc nécessité l'utilisation de haute technologie couplée à la débrouillardise et au savoir-faire montagnard, le tout dans un environnement parfois difficile puisque le gel est très présent dès le début de l'hiver jusqu'au village de La Grave et les températures peuvent descendre excessivement bas à plus de 3000 mètres d'altitude.


Une mise en service difficile et compliquée

Le téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 1&2 ne fait pas du tout l'unanimité aux confins du département des Hautes-Alpes, dans le massif des Écrins si calme d'ordinaire. En automne 1976, à peine le second tronçon prêt à être mis en service, la gare aval du téléphérique pulsé Glaciers de la Meije 1 est la cible d'un attentat à l'explosif qui paralyse toute l'exploitation hivernale. Les réparations auront coûté 800 000 francs et dureront six mois. En attendant, les malfrats courent toujours et ne sont pas retrouvés. On notera quand même le succès quasi-immédiat du nouveau téléphérique puisque 13 000 personnes l'ont emprunté pendant les deux premiers mois d'exploitation avec au plus fort des journées à 700 personnes !

L'inauguration du deuxième tronçon a finalement lieu le 13 mars 1978, quasiment un an après les célébrations du centenaire de la première ascension du sommet mythique de la Meije. Les passagers découvrent depuis les cabines un somptueux point de vue panoramique sur ce pic durant les quelque douze minutes de montée. Les premières saisons sont donc particulièrement difficiles mais finalement, le site connaîtra ensuite un succès grandissant servant une renommée dépassant très largement nos frontières. Aujourd'hui, il attire même des clientèles internationales, à commencer par les américains et les australiens.
Voici quelques photos prises au tout début du lancement du téléphérique pulsé Glaciers de la Meije 1 :

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Sur la gauche, l'accès aux quais avec un tourniquet à la place des actuelles bornes électroniques. Sur la droite, la sortie des cabines.

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Vue d'ensemble sur le bâtiment de la gare aval, tout neuf.

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Vue détaillée sur la sortie du pylône 0 après la gare aval.

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Montée à bord de Glaciers de la Meije 1 face au village de La Grave.

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Différentes vues : gare aval, ligne, et gare amont. Sur cette photo de la gare amont, on remarquera l’absence du second tronçon qui est construit l'année suivante.

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Le second tronçon en 1985. (© Bernard Grange - publication autorisée dans un cadre non commercial)

Le domaine skiable de La Grave-La Meije est très particulier puisqu'il n'offre aucune piste balisée mais que des itinéraires hors-pistes entre le col des Ruillans et le village de La Grave.
Cette mise en service poussive retardée d'années en années se traduit entre autres par la liaison entre les Deux-Alpes et La Grave mise en place par le Dôme de la Lauze qu'en 1989, soit plus de dix années après le lancement des deux tronçons du téléphérique des Glaciers de la Meije. En effet, le téléphérique des Glaciers de la Meije ferme en juillet 1986 à peine huit ans après sa mise en service car trop coûteux. Il faudrait payer quatre millions de francs pour remettre en conformité l'appareil en changeant les câbles porteurs et les poulies. Ainsi, le SIVOM du Briaçonnais doit faire face à une dette record d'environ 18 millions de francs.

Pour sauver l'exploitation, l'ingénieur Denis Creissels revient sur le devant de la scène et en reprend l'exploitation en juillet 1987 pour un franc symbolique. C'est cette nouvelle concession qui offre la possibilité d'extension du domaine skiable jusqu'au Dôme de la Lauze avec la création d'une piste bleue exploitée également pour le ski d'été. À la manœuvre pour ce nouvel appareil, Denis Creissels innove avec l'installation d'un téléski à une seule boucle de câble faisant tourner 2 tronçons. Le premier, nommé « Trifides » relie le col des Ruillans à un point situé sous la pointe Trifides d'où il est possible de descendre par gravité au départ du second tronçon, « Girose », qui escalade le glacier éponyme jusqu'au Dôme de la Lauze. Alors que l'on retrouve des pylônes directement installés sur falaise pour le téléski des Trifides, les pylônes du tronçon de la Girose sont suspendus par des câbles tendus entre les roches du Dôme de la Lauze et de la crête des Trifides. Le téléski ouvre en 1989 et est exploité été comme hiver jusqu'en 1994.

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La ligne du téléski de la Girose. On remarquera les traces des différentes courses glaciaires accessibles grâce aux guides de La Grave.

Sur l'autre versant, les Deux-Alpes avaient déjà installé un téléski à enrouleurs deux places en 1984 avec Doppelmayr afin d'accéder au Dôme de la Lauze. Il est ensuite apparu comme une évidence de développer une liaison par ce sommet entre les deux stations de l'Oisans. Celle-ci a été aménagée à l'aide d'une chenillette dans le sens Deux-Alpes → La Grave et à pied dans le sens inverse.

Ce serait sans compter le réchauffement climatique qui, à la sortie des années 1980, s'amplifie et devient de plus en plus préoccupant à La Grave : les crevasses sont de plus en plus nombreuses et se développent même au niveau de la piste de montée du téléski de la Girose. S'ajoute à ce phénomène celui de l'augmentation de la vitesse d'écoulement du glacier : il est décidé d'arrêter complètement l'exploitation estivale du téléski.

Ce positionnement audacieux a aussi posé un autre problème très important pour la société gérante du domaine skiable, TGM (Téléphériques de La Grave-La Meije). En 2009, un éboulement a fait tomber l'un des pylônes du tronçon Trifides empêchant de manière définitive l'exploitation de cette portion. La Grave a alors démonté une partie de la première partie de la ligne. Aujourd'hui, la gare aval fait tourner une première boucle de câble qui entraîne au niveau de l'ancien virage le câble du second tronçon, toujours exploité, via une poulie à double gorge. Le ski d'été est également de retour sur le glacier de la Girose. En 2013, l'exploitant TGM avait déjà accueilli l'équipe de France de ski alpin en Juin pour ses entraînements. En 2014, rebelotte cette fois-ci avec une opération étendue aux clubs de ski alpin de la région.

Encore aujourd'hui, l'exploitation du téléphérique des Glaciers de la Meije 1&2 est permise grâce à l'implication et à la connaissance complète de l'appareil de la part des équipes techniques de TGM avec l'aide de Denis Creissels. Ainsi, certaines anciennes cabines abimées ont été remplacées par des véhicules équivalents achetées en 2008 lors du démontage de la télécabine de la Perdrix à Super-Besse. De même, l'entretien des pièces en mouvement et leur remplacement est essentiel pour la pérennité de l'exploitation.
Enfin, les véhicules sont régulièrement repeints comme cette cabine jaune présente en gare aval du second tronçon en juillet 2014 :

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Cabine fraîchement repeinte.

Récemment, la carrosserie des différentes cabines a été rénovée totalement par l'entreprise TRK Métallerie afin d'avoir des véhicules pouvant transporter convenablement les clients.

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Cabines fraîchement rénovées (© TRK Métallerie).



Maintenant, intéressons-nous aux deux téléphériques pulsés plus en détail. Bonne visite des installations !



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Glaciers de la Meije 1, premiers pas vers le mythe

Le téléphérique des Glaciers de la Meije 1 a pour objectif de relier le village haut-alpin de La Grave à une station intermédiaire située à 2400 mètres d'altitude au lieu-dit du Peyrou-d'Amont, au pied du sommet mythique de la Meije. Afin d'y arriver, Denis Creissels a imaginé faire traverser d'une seule portée la Romanche avant d'y installer une gare intermédiaire exploitée uniquement en hiver afin de remonter les skieurs ne voulant pas descendre jusqu'à La Grave soit par volonté, soit par manque de neige. C'est donc un ascenseur été comme hiver sur la moitié inférieure du massif de la Meije.

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Vue d'ensemble de la ligne du téléphérique pulsé Glaciers de la Meije 1.

En hiver, Glaciers de la Meije 1 a pour rôle d'emmener les skieurs au Peyrou-d'Amont d'où ils peuvent ensuite descendre partiellement l'itinéraire des Vallons de la Meije jusqu'au pylône 1, soit jusqu'à La Grave lorsque les conditions d'enneigement sont suffisantes. C'est également le premier tronçon d'une chaîne permettant d'accéder au col des Ruillans à plus de 3200 mètres d'altitude d'où l'on peut effectuer de nombreuses descentes hors-pistes ou emprunter le téléski de la Girose afin de skier sur le glacier, voire certains jours de l'année basculer sur le domaine skiable des Deux-Alpes. On retiendra donc que Glaciers de la Meije 1 n'a pas vocation à desservir des itinéraires de ski mais à être prolongé par le second tronçon Glaciers de la Meije 2. Néanmoins, il dessert quand même un itinéraire forestier qui descend directement le long de la partie supérieure de la ligne du téléphérique jusqu'à la fin de l'itinéraire des Vallons de Chancel. Celui-ci permet de revenir vers l'embarquement intermédiaire du pylône 1, mais il est également possible de poursuivre par un petit chemin en forêt jusqu'en bas du premier tronçon, au niveau du village de La Grave.

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Situation du téléphérique pulsé Glaciers de la Meije 1 sur le plan du domaine de La Grave.


Mais à La Grave, l'exploitation estivale est également très importante. En effet, le téléphérique Glaciers de la Meije 1 permet l'accès dans un premier temps au Peyrou-d'Amont à 2400 mètres d'altitude d'où il est possible en quelques pas d'atteindre un joli lac qui, par un jeu de perspectives, cache le vallon de la Meije pour mieux en faire ressortir le sommet éponyme. C'est donc un lieu de contemplation et de repos très apprécié par les visiteurs. Pour les plus courageux, il est possible d'entamer des randonnées en direction du Lac de Puy Vachier et du refuge Evariste Chancel avant d'atteindre pourquoi pas la brèche Pacave ou le col des Ruillans. De l'autre côté, un chemin descend dans le vallon de Chancel en bordure du parc national des Écrins et retourne à La Grave par le lieu-dit de Chalvachère. Il faut alors compter environ 1H30 de descente.
Cette station intermédiaire de 2400 mètres d'altitude est donc un départ de randonnées très prisé, mais aussi de VTT. En effet, TGM a aménagé plusieurs itinéraires VTT très variés et permettant aux pratiquants d'admirer les paysages splendides des pays de la Meije et du plateau d'Emparis en face sous toutes leurs coutures. Ainsi, les buts peuvent être divers : lac de Puy Vachier, brèche Pacave, vallons de la Meije, descente de plus de 800 mètres de dénivelé jusqu'à La Grave, … Tout comme en hiver, les possibilités sont quasi-illimitées dans la mesure de la sécurité !

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Situation du téléphérique pulsé Glaciers de la Meije 1 sur le plan été de La Grave.


Denis Creissels a donc imaginé pour relier La Grave au Peyrou-d'Amont un téléphérique pulsé. À première vue, cela ressemble à un appareil hybride mi-téléphérique, mi-télécabine. En effet, six trains de cinq cabines pouvant chacune accueillir six personnes sont disposés à équidistance. À chaque fois qu'un train arrive en gare aval, deux autres arrivent en gare intermédiaire du pylône 1 et un dernier arrive en gare amont. La vitesse de l'installation est alors abaissée à 0,30 m/s afin de permettre un embarquement et débarquement confortables et en toute sécurité. Ainsi, les passagers n'attendent qu'une seule fois hors des gares au cours de la montée, plus précisément aux trois quarts de la portée entre les pylônes 1 et 2.
Néanmoins, ce qui pourrait apparaître comme une télécabine pulsée reste avant tout un téléphérique par la présence d'un câble porteur. Celui-ci permet à l'appareil de pouvoir proposer de longues portées avec d'importantes hauteurs de survol, ce qui état indispensable pour traverser la Romanche.
Dans un soucis de synchronisation et afin de permettre aux passagers d'enchaîner les deux tronçons de téléphériques pulsés, le premier tronçon a une vitesse inférieure à celui du second tronçon, ce dernier étant plus long.

À présent voici le récapitulatif des caractéristiques techniques :


Caractéristiques administratives

TPH P-Téléphérique pulsé à mouvement unidirectionnel : GLACIERS DE LA MEIJE 1
Maître d’ouvrage : SIVOM du Briançonnais
Maître d’œuvre : DCSA avec J.-M. Legrand (architecture) et ESIM-B.E.T. (charpentes)
Montage / Génie civil : SARASOLA / STM PUGNAT
Tirage des câbles : Câbleries de Bourg - GARAVENTA
Exploitant : TGM SA (originellement l'Office du Tourisme de Briançon, sous la dierction de M. SCHAEFFER)
Constructeur : P.H.B. (Pohlig-Heckel-Bleichert)
Équipement électrique : TELEMECANIQUE
Année de construction : 1976
Date d'inauguration : 14 juillet 1976
Montant de l'investissement : 8 000 000 F. (soit à titre informatif en 2013 : 4 965 396,68 €)

Caractéristiques d’exploitation

Saisons d'exploitation : Été - Hiver
Capacité : 6 personnes / cabine
Débit à la montée : 440 personnes/heure
Débit à la descente : 440 personnes/heure (100 %)
Vitesse d'exploitation maximale : 6,5 m/s
Vitesse d'exploitation minimale : 0,30 m/s
Sens de montée : Gauche

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 1470 m
Altitude amont : 2424 m
Dénivelée : 954 m
Longueur développée : 2424 m
Longueur horizontale : 2255 m
Portée la plus longue : 904 m (P1-P2)
Survol maximal : 150 m (Survol de la Romanche entre la gare aval et le pylône 1)
Pente maximale : 75 %
Pente moyenne : 42,31 %
Temps de trajet : 12 minutes

Caractéristiques techniques

Diamètre de la poulie motrice : 3650 mm
Diamètre de chaque poulie retour : 2800 mm
Emplacement tension des câbles porteurs : Amont
Emplacement tension des câbles tracteurs : Amont
Type de tension du câble tracteur : Contrepoids
Masse du contrepoids : 50 000 kg
Force de tension développée : 18 500 daN
Type de tension des câbles porteurs : Câble de tension sécurisé
Emplacement motrice : Aval
Constructeur des moteurs : JACQUET
Constructeur du réducteur : KISSLING
Type de motorisation : Courant continu
Puissance développée : 331 kW
Nombre de pylônes : 5
Largeur de la voie : 6 m
Nombre de véhicules : 30 (équipés chacun d'une pince à serrage direct)
Masse à vide : 440 kg
Nombre de trains de cabines : 6 (5 cabines par train)
Espacement entre deux trains de cabines : 4 minutes (soit 240 secondes)
Constructeur des véhicules : BAUDIN - CHÂTEAUNEUF / ACL (filiale WEBER)

Caractéristiques des câbles

* Câble tracteur (2000)

Fabricant du câble : FATZER
Type de câblage : Lang à gauche
Âme : Polypropylène multifilaire
Composition : 6×19 fils
Diamètre : 36 mm
Pas de câblage : 250 mm
Résistance à la rupture : 99 690 daN
Section du câble : 538 mm²

* Câbles de tension du tracteur (2010)

Fabricant du câble : REDAELLI
Type de câblage : Croisé
Sens de câblage : Droite
Diamètre : 40 mm
Pas de câblage : 280 mm
Résistance à la rupture : 110 000 daN
Section du câble : 626 mm²

* Câble porteur droit (2007)

Fabricant du câble : TREFILEUROPE
Type de câblage : Clos
Diamètre : 45 mm
Pas de câblage : 404 mm
Résistance à la rupture : 215 800 daN
Section du câble : 1350 mm²

* Câble porteur gauche (2006)

Fabricant du câble : FATZER
Type de câblage : Clos
Diamètre : 45 mm
Pas de câblage : 405 mm
Résistance à la rupture : 226 500 daN
Section du câble : 1350 mm²

* Câbles de tension des porteurs droit et gauche (2012)

Fabricant du câble : FATZER
Type de câblage : Clos
Diamètre : 51 mm
Pas de câblage : 345 mm
Résistance à la rupture : 234 650 daN
Section du câble : 1 834 mm²

Note : Un morceau du câble d'origine est conservé pour la liaison câble porteur → mordache de fin du câble de tension sur chacune des deux voies.

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Le panneau des caractéristiques présent sur le pylône 0.




Ligne et infrastructures du téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 1


La gare aval

Note : Pour plus de facilité, la gare aval sera parfois notée « G1 », puisque c'est la première gare de l'installation. Cette gare est également appelée gare de « 1400 » ou encore « gare de la Grave ».

Aspect extérieur

Le bâtiment de la gare aval du téléphérique des Glaciers de la Meije 1 est situé à 1470 mètres d'altitude au pied du village de La Grave sur la rive droite de la Romanche. C'est un grand bâtiment prônant une architecture basée sur la forme triangulaire. Afin de mieux s'intégrer au paysage, le toit reprend les codes de l'habitat local avec l'utilisation de l'ardoise. À l'arrière, une large baie vitrée illumine la zone d'embarquement. Notons la présence des caisses à droite de la rampe menant à l'intérieur de la gare.

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Vue de trois-quarts en plongée depuis la Lauzette.

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Vue en plongée de la gare aval en montant vers la Lauzette.

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Vue de face.

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Vue de trois-quarts.

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Gare aval dans l'axe de la ligne.

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Vue opposée avec l'église de La Grave sur la droite.

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Vue sur la gare aval avec l'entrée d'un train de cabines depuis un petit promontoire équipé d'un banc afin d'admirer le massif de la Meije.

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Vue de trois-quarts sur le bâtiment. On remarque le toit en ardoise afin de mieux s'intégrer dans le paysage.



Équipement intérieur

À l'intérieur du bâtiment, on retrouve un module de mise en mouvement du câble posée sur un long bloc de béton maintenu par deux autres massifs. Étant donné que la poulie n'est pas à la largeur de voie, on retrouve également des balanciers à l'horizontale pour dévier le câble afin d'avoir la bonne largeur au niveau du pylône de sortie de gare (PO). Afin de guider les cabines en gare, un rail se substitue au câble porteur en ligne.
Pour les passagers, la zone d'embarquement est simplement délimitée par un trait au sol.

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Vue d'ensemble de la gare motrice depuis l'extérieur.

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Vue de l'autre côté avec la sortie de gare.

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Vue sur la gare depuis le quai d'embarquement.

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Vue de trois quarts côté montée.



Approfondissement technique

La gare aval assure la mise en mouvement du câble tracteur. Celle-ci est réalisée en marche normale par un moteur électrique développant 331 kW entraînant par courroie un arbre rapide qui passe dans le réducteur et entraîne ensuite l'arbre lent mettant en mouvement la poulie motrice de l'installation. En marche de secours, l'exploitant doit relier le moteur thermique à l'arbre lent qui entre ensuite dans le réducteur.

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Vue depuis l'embarquement sur le treuil (entraînement secours + principal) avec la transmission par courroie.

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La transmission entre le moteur électrique et le réducteur par courroie.

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Ensemble poulie motrice + réducteur.

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Vue de côté de la poulie motrice. On aperçoit à gauche les deux freins de poulie rouges.

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Zoom sur le réducteur Kissling.

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Zoom sur le support du moteur thermique.

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L'arrière du moteur thermique avec une transmission par courroie.

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Vue zoomée sur le moteur thermique de secours.


Étant donné que la station aval effectue la mise en mouvement du câble, on retrouve le poste de conduite situé côté retour. On y retrouve toutes les commandes permettant à l'opérateur d'exploiter son appareil.

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Le poste de conduite.


De même, la poulie motrice de l'installation n'est pas à la largeur de voie mais a un diamètre de 3650 mm. Il a donc fallu installer des bananes de quatre galets en entrée et sortie de gare afin de rediriger le câble tracteur.

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Depuis la cabine, on visualise mieux le changement de largeur de voie entre la gare aval et le premier pylône de ligne.

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Zoom sur le balancier redirigeant le brin montant.

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Zoom sur la banane du brin descendant.


En gare aval, on retrouve également un système de came afin d'ouvrir et fermer automatiquement les portes des cabines.

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Came de fermeture des portes.


En sortie de gare aval, plus précisément sous le pylône n°0, on retrouve le système de tension dynamique des câbles porteurs. En effet, ces derniers sont redirigés vers le sol au milieu du rail porteur du pylône. Ils sont reliés par une mordache à deux autres câbles tressés et un câble clos reliés à des contrepoids enfoncés dans le sol.

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Vue d'ensemble du système de tension des câbles porteurs sous le pylône 0.

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Vue de profil. On situe mieux l'endroit où le câble porteur est dévié.

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Vue sur l'avant du pylône 0 avec la prise en charge séparée des câbles porteurs et tracteurs.

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Vue d'ensemble des poulies de redirection vers les contrepoids des porteurs.

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Vue en plongée sur ce même dispositif.

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Vue rapprochée d'une poulie de redirection.

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Zoom sur l'accouplement câble porteur-câbles de tension par mordache.

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Vue opposée de ce même système.



Première partie de la ligne : G1 → P1

La première partie de la ligne du téléphérique des Glaciers de la Meije 1 relie la gare aval à la station intermédiaire du pylône 1 à environ 1690 mètres d'altitude. Pour ce faire, Denis Creissels a imaginé de faire survoler aux cabines la rivière de la Romanche sur une portée d'environ 810 mètres. Après la sortie de gare aval, le pylône n°0, de type compression, imprime la pente de la ligne. Celle-ci s'envole ensuite très rapidement au-dessus de la Romanche afin d'atteindre 150 mètres de survol au maximum. S'en suit le franchissement de la falaise surplombant la rive gauche de la rivière juste après le premier croisement de cabines. On arrive ensuite tranquillement jusqu'à la station intermédiaire du pylône n°1.

P.H.B. a ainsi équipé la première partie du premier tronçon de deux pylônes dont un support-compression et un support comme ceci :

  • P0 : 17C+2S/17C+2S
  • P1 : 2×4S/2×4S



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Profil en long du premier tronçon.

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Vue sur la ligne depuis la gare aval.

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Le pylône 0 (sortie de gare aval).

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Vue de trois-quarts du pylône 0.

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Vue rapprochée sur les galets de compression du brin descendant.

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L'impressionnant survol de la Romanche à plus de 150 mètres du sol !

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Début de la longue portée au-dessus de la Romanche. À gauche, la Meije est visible une dernière fois.

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Le train de cabines avance à présent à vive allure, ce qui peut impressionner les voyageurs.

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Le premier croisement de cabines s'approche en même temps que nous arrivons au-dessus de la falaise surplombée par le pylône 1.

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On approche toujours un peu plus.

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Premier croisement de cabines, ici à pleine vitesse (6,5 m/s en temps normal).

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Les trains de cabines se croisent directement devant la falaise à plusieurs dizaines de mètres du sol.

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Deuxième moitié de la portée P0-P1.

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Nous avons quasiment finir de franchir la falaise surplombant la rive gauche de la Romanche.

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La station intermédiaire du pylône 1 est de plus en plus proche.



Station intermédiaire du pylône 1

La station intermédiaire du pylône 1 est située à 1690 mètres d'altitude en surplomb du village de la Grave. Elle a comme première utilité de remonter les skieurs ayant terminé les itinéraires hors-pistes et souhaitant remonter soit au Peyrou-d'Amont, soit redescendre à la Grave. À noter que cette zone d'embarquement est d'autant plus prisée lorsqu'il n'est plus possible de descendre jusqu'en gare de la Grave à cause du manque de neige.
C'est une grande structure métallique supportée par deux grands treillis. L'accès aux embarquements se fait par un réseau de passerelles d'accès.

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Arrière du pylône 1 depuis la ligne.

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Vue en plongée du pylône 1 avec la gare aval dans l'axe.

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Approche de la gare aval depuis le sentier menant au refuge Évariste Chancel.

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Vue de face de la station intermédiaire depuis le point de vue sur la Romanche à l'avant de la gare aval.

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Arrivée vers le pylône 1.

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Vue rapprochée du pylône 1.

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Vue d'ensemble de la partie supérieure du pylône. On y repère les quais d'embarquement et les différentes passerelles d'accès.

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Passerelle d'accès aux deux embarquements. Sur la gauche, vers la Grave et sur la droite, vers le Peyrou-d'Amont et le col des Ruillans.

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Vue en plongée de l'accès à l'embarquement pour le retour vers la Grave.

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Vue d'ensemble du quai d'embarquement vers le Peyrou-d'Amont.

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Même quai d'embarquement vu depuis la cabine.

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L'embarquement pour la Grave.

Afin de gérer la gare, l'exploitant dispose de deux cabines de vigie,à côté de chaque quai d'embarquement.

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Vigie côté montée.

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Vigie côté descente.

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Demi-tour sur le pylône 1 avant la suite de la montée.



Seconde partie de la ligne : P1 → G2

La seconde partie de la ligne relie la station intermédiaire du pylône 1 (1690 mètres d'altitude) à la gare amont du premier tronçon, située elle-même au Peyrou-d'Amont à environ 2400 mètres d'altitude. Dès la sortie de gare, la ligne survole un large layon forestier en longeant toujours une ligne électrique portée par des pylônes en bois. Cette portée, reliant les pylônes 1 et 2 est la plus longue de l'installation avec 904 mètres développés. Sur la fin de la portée, la pente s'accentue beaucoup pour mener à un nouveau croisement de cabines juste avant le passage du pylône 2. À partir de son franchissement, on longe la ligne du télésiège Retour Chancel. Le terrain y est très rocheux et pierreux. Le pylône 4 vient mettre un terme à une montée de 954 mètres de dénivelé.

P.H.B. a ainsi équipé la seconde partie du premier tronçon de trois pylônes de type support, comme ceci :

  • P2 : 8S/8S
  • P3 : 6S/6S
  • P4 : 17S/17S



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Vue d'ensemble de la seconde partie du premier tronçon depuis la Grave.

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Vue depuis l'aval sur la seconde section de la ligne.

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Début de la portée entre les pylônes 1 et 2.

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On continue à monter.

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Au niveau du tiers de la portée.

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Le croisement des cabines à pleine vitesse approche à grands pas.

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Croisement avec un train de cabines.

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C'est reparti jusqu'au pylône 2.

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Nous sommes maintenant aux trois-quarts de la portée.

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Un train de cabines descendant s'approche de plus en plus de nous.

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Un quatrième croisement de cabines, soit le deuxième à vitesse réduite.

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Petite vue arrière sur le train de cabines avec en arrière-plan la station du Chazelet.

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On arrive progressivement au pylône 2.

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On notera qu'au cours de cette portée, les cabines survolent un terrain particulièrement accidenté dû au milieu forestier et à la topographie des lieux, très rocheux.

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Le pylône 2.

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Tête du pylône 2.

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Vue détaillée de la structure supérieure du pylône. On repère alternativement le multipaire, le système de guidage des cabines et le balancier 8S pour le câble tracteur.

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En route sur la portée vers le pylône 3.

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On aperçoit à présent la ligne du télésiège fixe du Retour Chancel sur notre gauche.

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Un dernier croisement de cabines se profile à mesure que nous voyons de mieux en mieux le Râteau et ses glaciers.

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Cinquième croisement de cabines.

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Le pylône 3.

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Tête du pylône 3.

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Portée vers le pylône 4 avec toujours le télésiège du Retour Chancel sur notre gauche.

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Au niveau de la moitié de la portée, on survole un sentier qui mène au lac de Puy Vachier.

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Fin de la portée. On aperçoit à présent les gares amont des appareils Glaciers de la Meijes 1 et Retour Chancel.

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Le pylône 4.

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Tête du pylône 4.

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Le pylône 4 vu depuis le sol.

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Entrée en gare amont.

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Portée entre le pylône 4 et la gare amont.

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Pylône d'entrée en gare amont.



La gare amont

Note : Pour plus de facilité, la gare aval sera parfois notée « G2 », puisque c'est la seconde gare de l'installation. Cette gare est également appelée gare de « 2400 » ou encore « gare du Peyrou ».

Aspect extérieur

Le bâtiment de la gare aval du téléphérique des Glaciers de la Meije 1 est située à 2474 mètres d'altitude au Peyrou-d'Amont, au pied de la Meije et du Râteau. C'est un grand bâtiment prônant une architecture basée sur la forme triangulaire. Afin de mieux s'intégrer au paysage enneigé, elle est couverte de tôle ondulée blanche. Venu l'été, cette gare est beaucoup moins esthétique, surtout au milieu des magnifiques paysages des Écrins.

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Vue d'ensemble de la gare intermédiaire en allant vers le lac sous le Peyrou-d'Amont.

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En s'approchant de la gare amont.

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Vue en contre-plongée de la gare amont.

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Arrivée d'un train de cabines en gare amont.

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Vue en contre-plongée de l'avant de la gare.

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Vue en contre-plongée sur un train de cabines quittant la gare amont.

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Vue d'ensemble de la gare intermédiaire continuellement surveillée par le sommet mythique de la Meije.

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La gare, côté Glaciers de la Meije 1.



Équipement intérieur

À l'intérieur du bâtiment, on retrouve un module de tension du câble tracteur composé de deux poulies. Ce lorry est relié à un contrepoids via deux câbles. Le câble tracteur est lui ancré sous les quais en sous-sol.
Pour les passagers, la zone d'embarquement est simplement délimitée par un trait au sol.


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Vue d'ensemble de l'intérieur de la gare amont avec le retour-tension monumental.

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Vue opposée.

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La zone de débarquement assez étroite et délimitée par un marquage au sol blanc continu.



Approfondissement technique

Afin d'effectuer la tension du câble tracteur, on retrouve ainsi un chariot composé d'un rail porteur et de deux poulies retour de 2800 mm de diamètre permettant de porter les cabines lors de leur demi-tour. Afin que l'ajustement entre le câble tracteur et le rail porteur soit toujours parfait, le lorry porte également les rails palliatifs aux câbles porteurs et coulisse ensuite dans les rails fixes de fin de gare. La liaison entre le lorry et le contrepoids est effectué par quatre câbles de liaison. Ceux-ci sont positionnés aux quatre coins de la face arrière de poutres métalliques soutenant les poulies retour. Afin d'arrimer correctement les câbles sur la partie supérieure du chariot, ceux-ci sont accrochés à une grande mâchoire maintenue par quatre tubulaires.
Ce système est similaire à celui adopté en gare amont du second tronçon. En voici le schéma de conception :

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Le schéma de la gare amont du second tronçon, en tous points similaires à son cousin, Glaciers de la Meije 1.

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L'ensemble des deux poulies retour-tension.

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Passage de plusieurs cabines sur l'ensemble de tension.

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Vue de face. On remarque le système de câble de liaison ainsi que des tubulaires de maintien du lorry et des poutres métalliques de maintien reliant le lorry au poussard.

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Système d'attache des deux câbles inférieurs et des deux câbles supérieurs permettant la liaison entre le lorry et le contrepoids.


Ce lorry est relié au contrepoids par dix câbles de tension déviés via un poussard situé au-dessus du poste de conduite du second tronçon.

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Vue d'ensemble du poussard depuis la sortie du premier tronçon.

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Vue de profil de deux des quatre poulies de déviation.

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Vue arrière depuis l'embarquement du second tronçon.

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Vue arrière sur les deux plus grosses poulies de déviation.


Enfin, la gare amont du téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 1 assure également l'ancrage fixe des câbles porteurs. Cette opération est réalisée en sous-sol de la gare après que le câble porteur ait été dévié du sabot porteur du pylône à l'avant de la station intermédiaire.

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Déviation du câble porteur.

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Les petits sabots positionnés sur le support avant de la gare amont permettent d'accompagner les câbles porteurs sous le plancher de la gare à leurs ancrages.



Véhicules et pinces

Cabines

Le téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 1 est équipé de cabines construites par ACL, filiale de Weber, qui a aussi fourni les véhicules du téléphérique pulsé de Charlannes (Weber - La Bourboule) et de la télécabine de la Perdrix (Weber - Super-Besse / Le Grand Sancy). Celles-ci peuvent accueillir six personnes assises à la fois sur trois banquettes plastiques reliées le long des faces vitrées. Étant donné que le premier tronçon est aussi exploité pour les vététistes, chaque cabine est équipée de portes VTT installés sur les racks à skis des portes, utilisés en hiver.
Récemment, les ossatures des cabines ont été rénovées par l'entreprise iséroise T.R.K.

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Une cabine ACL avec son confort très spartiate : des assises étroites en plastique blanc.

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Un porte-VTT.

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Vue en plongée sur le système d'ouverture des portes.


Chaque cabine est équipée d'une suspente reliée à un chariot très sommaire. Celui-ci est composé d'une simple mono-pince fixe ainsi que d'un chariot composé de deux roues blanches chargées de circuler sur le câble porteur.

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Vue d'ensemble d'une suspente.

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Vue d'ensemble du chariot.

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Vue détaillée de la pince fixe.


Les trente cabines exploitées sur le tronçon sont regroupées en six trains de cinq cabines chacun. Pour des raisons de sécurité, chaque cabine est reliée à sa suivante via les suspentes par une câblette de sécurité. Pour plus d'esthétisme, les trains de cabines font suivre plusieurs cabines de couleur différente en dégradé progressif !

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Train de cabines en pleine montée.

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Train de cabines sur fond de plateau d'Emparis.

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Train de cabines chargé de deux VTT arrivant en gare intermédiaire.

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Arrivée d'un train de cabines en gare amont.

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Un chapelet de cabines devant le glacier de Tabuchet.


Sur le troisième train de cabines, on retrouve un véhicule de service composé d'un simple plateau couvert afin de transporter du matériel.

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La benne de service.


Procédure d'évacuation sur la portée P0-P1

Nous ne pourrions être complets sans évoquer le véhicule d'évacuation, de couleur jaune, pouvant circuler entre les pylônes 0 et 1. L'exploitant peut y accéder hors évacuation par un petit escalier sous le pylône 0, côté montée.
Étant donné l'importante hauteur de survol, il est impensable d'effectuer une évacuation d'un train de cabines en rappel au-dessus de la Romanche. Il faut donc installer le véhicule de service sur le câble porteur (cf. photo du chariot qui coulisse sur le câble porteur) et installer la mâchoire supérieure du véhicule sur la câblette prévue à cet effet et effectuant une boucle entre les pylônes 0 et 1.
Une cabine au-dessus du pylône 1 permet de lancer le moteur thermique et faire tourner la câblette pour mettre en mouvement le véhicule de secours.


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Vue de profil du pylône 0. On repère sur la droite le système d'évacuation.

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Vue d'ensemble du véhicule d'évacuation et des poulies de retour du câble l'entraînant au-dessus des câbles porteurs.

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Vue de profil.

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Plateau du véhicule d'évacuation.

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Le chariot roulant sur le câble porteur en « support-compression ».

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Petit balancier de retour de la câblette.

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Cabine de conduite de la ligne de secours au sommet du pylône 1.


La première partie du voyage vers le col des Ruillans se termine ici au Peyrou-d'Amont à 2424 mètres d'altitude. Mais ce serait ne pas faire honneur au site que d'avorter la visite en si bon chemin ! À présent, bonne visite des installations du second tronçon : Glaciers de la Meije 2.

Partie 2
Auteur de ce reportage : remontees
Section écrite le 05/08/2016
(Mise en cache le 06/08/2016)

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Glaciers de la Meije 2, au cœur de la légende

Le téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 2 a pour rôle de relier le lieu-dit du Peyrou-d'Amont, au pied de la Meije, au col des Ruillans à plus de 3200 mètres d'altitude au pied du glacier de la Girose. Pour y parvenir, l'axe du second tronçon imaginé par Denis est légèrement décalé par rapport au premier (20°) survolant ainsi les dévers rocheux et autres glaciers. Glaciers de la Meije 2 est l'ascenseur été comme hiver de la moitié supérieure du massif de la Meije et la clé d'accès aux splendides paysages de ces montagnes bordant les Écrins jusqu'aux derniers sommets des Alpes du Nord.
Quelle que soit la saison, sa situation en balcon le long de la crête du Peyrou-d'Amont notamment bordée par la Brèche Pacave permet d'admirer tout au long des douze minutes de montée la Meije, le Râteau et tous leurs glaciers environnants suivant des points de vue variables cultivant l'admiration et le goût de la contemplation de ces magnifiques paysages.

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Vue d'ensemble du second tronçon en partance du Peyrou-d'Amont depuis la D1091 en direction de Grenoble.


En hiver, Glaciers de la Meije 2 a pour ambition d'emmener les skieurs au col des Ruillans à 3173 mètres d'altitude, face au glacier de la Girose où il est ensuite possible d'y skier jusqu'au dôme de la Lauze grâce au téléski éponyme. Lors des plus belles journées de l'hiver, une liaison est même possible par chenillette jusqu'aux Deux-Alpes, à plus de 3500 mètres d'altitude sur un chemin balcon de l'Oisans. Pour en revenir à la Grave, le téléski de la Girose dessert l'unique piste du site de La Grave-La Meije, à savoir une bleue sur glacier.
L'offre ski offerte par le second tronçon ne se réduit pas au ski sur le glacier de la Girose. En effet, le col des Ruillans est le départ des deux itinéraires les plus courus : les Vallons de Chancel évoluant dans une combe préservée derrière la crête du Peyrou, et les Vallons de la Meije, véritable descente d'émerveillement face aux sommets mythiques qui ont fait la renommée de la station ! À noter une variante permettant de relier les vallons de Chancel et ceux de la Meije via la brèche Pacave, et une bretelle de retour au Peyrou-d'Amont depuis les vallons de la Meije afin d'effectuer des rotations uniquement sur le second tronçon.

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Situation du téléphérique pulsé Glaciers de la Meije 2 sur le plan du domaine de La Grave.


L'été, La Grave est un haut lieu de l'alpinisme. Le bureau des guides de La Grave propose d'ailleurs d'effectuer de petites randonnées glacières jusqu'au dôme de la Lauze, ou un peu plus longues jusqu'au Râteau Ouest. Enfin, Le Mythe : la Traversée de la Meije décrite par Gaston Rébuffat comme « la plus belle course de l'Oisans. ». Cette course particulièrement prisée commence par la traversée de la Brèche de la Meije, puis continue avec l'ascension du grand pic de la Meije avant de descendre par le refuge de l'Aigle.
Pour les contemplatifs, le col des Ruillans est un point de vue magique qui par temps très dégagé révèle un panorama s'étendant du pied des Alpes après le massif du Vercors en allant jusqu'au Mont Blanc en passant par les Grandes Rousses, la Maurienne, ou encore la Vanoise. Trois tables d'orientation positionnées tout autour de la gare amont du téléphérique permettent d'admirer ce paysage à couper le souffle. En été, l'ambiance glaciaire est également un bon moyen d'éviter les fortes chaleurs en vallée. Pour compléter la visite du glacier, une grotte de glace est aménagée sous le col des Ruillans.

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Situation du téléphérique pulsé Glaciers de la Meije 2 sur le plan été de La Grave.


Denis Creissels a donc imaginé pour relier le Peyrou-d'Amont au Col des Ruillans un deuxième téléphérique pulsé similaire en un très grand nombre de points au premier tronçon. À première vue, cela ressemble à un appareil hybride mi-téléphérique, mi-télécabine. En effet, six trains de cinq cabines pouvant accueillir chacune six personnes sont disposés à équidistance. À chaque fois qu'un train arrive en gare aval, quatre autres circulent à très faible vitesse et un dernier arrive en gare amont.
Néanmoins, ce qui pourrait apparaître comme une télécabine pulsée reste avant tout un téléphérique par la présence d'un câble porteur. Celui-ci permet à l'appareil de pouvoir proposer de longues portées avec d'importantes hauteurs de survol, ce qui était notamment essentiel pour survoler le dévers rocheux formé par la crête du Peyrou-d'Amont ou le glacier du Vallon sous la gare des Ruillans.
Dans un soucis de synchronisation et afin de permettre aux passagers d'enchaîner les deux tronçons de téléphériques pulsés, le premier tronçon a une vitesse inférieure à celui du second tronçon, ce dernier étant plus long.

À présent voici le récapitulatif des caractéristiques techniques :


Caractéristiques administratives

TPH P-Téléphérique pulsé à mouvement unidirectionnel : GLACIERS DE LA MEIJE 2
Maître d’ouvrage : SIVOM du Briançonnais
Maître d’œuvre : DCSA avec J.-M. Legrand (architecture) et ESIM-B.E.T. (charpentes)
Montage / Génie civil : SARASOLA / STM PUGNAT
Tirage des câbles : Câbleries de Bourg - GARAVENTA
Exploitant : TGM SA (originellement l'Office du Tourisme de Briançon, sous la dierction de M. SCHAEFFER)
Constructeur : P.H.B. (Pohlig-Heckel-Bleichert)
Équipement électrique : TELEMECANIQUE
Année de construction : 1977
Date d'inauguration : 13 mars 1978
Montant de l'investissement : 13 200 000 F. (soit à titre informatif en 2013 : 7 491 122,06 €)

Caractéristiques d’exploitation

Saisons d'exploitation : Été - Hiver
Capacité : 6 personnes / cabine
Débit à la montée : 440 personnes/heure
Débit à la descente : 440 personnes/heure (100 %)
Vitesse d'exploitation maximale : 7,5 m/s
Vitesse d'exploitation minimale : 0,30 m/s
Sens de montée : Gauche

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 2400 m
Altitude amont : 3173 m
Dénivelée : 773 m
Longueur développée : 2730 m
Longueur horizontale : 2680 m
Portée la plus longue : 869 m (P4-P5)
Survol maximal : 60 m (Avant le 5ème croisement de cabines à la côte 2800)
Pente maximale : 75 %
Pente moyenne : 28,84 %
Temps de trajet : 12 minutes

Caractéristiques techniques

Diamètre de la poulie motrice : 3650 mm
Diamètre de chaque poulie retour : 2800 mm
Emplacement tension des câbles porteurs : Aval
Emplacement tension des câbles tracteurs : Amont
Type de tension du câble tracteur : Contrepoids
Masse du contrepoids : 46 000 kg
Force de tension développée : 18 500 daN
Type de tension des câbles porteurs : Câble de tension sécurisé
Emplacement motrice : Aval
Constructeur des moteurs : JACQUET
Constructeur du réducteur : KISSLING
Type de motorisation : Courant continu
Puissance développée : 331 kW
Nombre de pylônes : 7
Largeur de la voie : 6 m
Nombre de véhicules : 30 (équipés chacun d'une pince à serrage direct)
Masse à vide : 440 kg
Nombre de trains de cabines : 6 (5 cabines par train)
Espacement entre deux trains de cabines : 4 minutes (soit 240 secondes)
Constructeur des véhicules : BAUDIN - CHÂTEAUNEUF / ACL (filiale WEBER)

Caractéristiques des câbles

* Câble tracteur (2007)

Fabricant du câble : FATZER
Type de câblage : Lang à gauche
Âme : Textile thermo-compactée
Composition : 6×19 fils
Diamètre : 36 mm
Pas de câblage : 263 mm
Résistance à la rupture : 96 400 daN
Section du câble : 538 mm²

* Câbles de tension du tracteur (2009)

Fabricant du câble : REDAELLI
Type de câblage : Croisé
Sens de câblage : Droite
Diamètre : 40 mm
Pas de câblage : 280 mm
Résistance à la rupture : 110 000 daN
Section du câble : 626 mm²

* Câble porteur gauche (2014)

Fabricant du câble : FATZER
Description du câble : Intégra VV2 à double couche en Z (avec fibre optique intégrée)
Type de câblage : Clos
Diamètre : 44 mm
Pas de câblage : 396 mm
Résistance à la rupture : 215 700 daN
Section du câble : 1334 mm²

* Câble porteur droit (2015)

Fabricant du câble : FATZER
Type de câblage : Clos
Diamètre : 44 mm
Pas de câblage : 401 mm
Résistance à la rupture : 216 900 daN
Section du câble : 1346 mm²

* Câble porteur gauche (2014)

Fabricant du câble : FATZER
Description du câble : Intégra VV2 à double couche en Z (avec fibre optique intégrée)
Type de câblage : Clos
Diamètre : 44 mm
Pas de câblage : 396 mm
Résistance à la rupture : 215 700 daN
Section du câble : 1334 mm²

* Câbles de tension des porteurs droit et gauche (2013)

Fabricant du câble : FATZER
Type de câblage : Clos
Diamètre : 51 mm
Pas de câblage : 345 mm
Résistance à la rupture : 234 650 daN
Section du câble : 1 834 mm²

Note : Un morceau du câble d'origine d'environ 1,50 m est conservé pour la liaison câble porteur → mordache de fin du câble de tension sur chacune des deux voies.

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Le panneau des caractéristiques présent sur la gare aval.




Ligne et infrastructures du téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 2


La gare aval

Note : Pour plus de facilité, la gare aval sera parfois notée « G3 », puisque que le comptage des gares commence à partir de la Grave. Cette gare est également appelée gare de « 2400 » ou encore « gare du Peyrou ».

Aspect extérieur

Le bâtiment en lui-même ayant déjà été largement présenté dans la partie sur le premier tronçon, nous nous concentrerons ici surtout sur la partie de la gare abritant uniquement le second tronçon.
Le bâtiment de la gare aval du téléphérique des Glaciers de la Meije 2 est située à 2400 mètres d'altitude au Peyrou-d'Amont, au pied de la Meije et du Râteau. C'est un grand bâtiment prônant une architecture basée sur la forme triangulaire. Afin de mieux s'intégrer au paysage enneigé, elle est couverte de tôle ondulée blanche. Venu l'été, cette gare est beaucoup moins esthétique, surtout au milieu des magnifiques paysages des Écrins. Contrairement au premier tronçon, l'avancée triangulaire de la gare du second tronçon est beaucoup plus longue et protège les quais ainsi que le début du pylône 0 de la neige.

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La gare aval de Glaciers de la Meije 2 surmontée du Râteau.

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La gare intermédiaire du Peryou-d'Amont, côté second tronçon.

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Vue de face.

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Vue opposée.



Équipement intérieur

À l'intérieur du bâtiment, on retrouve un module de mise en mouvement du câble posée sur un long bloc de béton maintenu par deux autres massifs. Étant donné que la poulie n'est pas à la largeur de voie, on retrouve également des balanciers à l'horizontale pour dévier le câble afin d'avoir la bonne largeur au niveau du pylône de sortie de gare (P1). Afin de guider les cabines en gare, un rail se substitue au câble porteur en ligne.
Pour les passagers, la zone d'embarquement est simplement délimitée par un trait au sol.

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Vue d'ensemble de la gare motrice depuis l'extérieur.

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Le module de mise en mouvement du câble.

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Arrivée d'un train de cabines en gare aval.

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Vue de trois quarts côté montée.



Approfondissement technique

La gare aval assure la mise en mouvement du câble tracteur. Celle-ci est assurée en marche normale par un moteur électrique développant 331 kW entraînant par dix courroies un arbre rapide qui passe dans le réducteur et entraîne ensuite l'arbre lent et par conséquent la poulie motrice de l'installation. En marche de secours, l'exploitant doit relier le moteur thermique à l'arbre lent qui entre ensuite dans le réducteur.

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Vue de face sur le treuil. On repère aisément la transmission par courroie entre le moteur électrique et l'arbre lent ainsi que l'arbre du moteur thermique sur la gauche prêt à être relié par un arbre à la mise en mouvement principale.

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Autre vue d'ensemble de la cinématique.

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Zoom sur l'extrémité de la transmission avec l'arbre entrant dans le réducteur. On distingue également les freins de poulie en rouge.

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L'arrivée des courroies.

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Toute la cinématique pour la marche principale.

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La poulie motrice avec le réducteur en-dessous.

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Vue opposée.

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Le réducteur Kissling.

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Un frein de poulie avec la piste de freinage.

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Autre vue de ce même frein de poulie où l'on peut voir la mâchoire inférieure et la piste de freinage.

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Le moteur de secours avec son arbre de transmission du mouvement.

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Vue opposée.

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Vue zoomée sur le moteur thermique de secours. On peut repérer l'emplacement des pistons ainsi que le tuyau d'échappement.

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On repère aisément l'alignement de l'arbre sortant du moteur de secours avec celui entrant dans le réducteur. Il suffit à l'exploitant de relier ces deux éléments et de désactiver la marche normale afin de passer en marche de secours.


Étant donné que la station aval effectue la mise en mouvement du câble, on retrouve le poste de conduite situé en face de l'embarquement. On y retrouve un large espace regroupant toutes les commandes permettant à l'opérateur d'exploiter son appareil.

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Le poste de conduite, situé sous le poussard et devant la borne Skidata d'accès au second tronçon.


De même, la poulie motrice de l'installation n'est pas à la largeur de voie mais a un diamètre de 3650 mm. Il a donc fallu installer des bananes de quatre galets en entrée et sortie de gare afin de rediriger le câble tracteur.

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Un galet support suivi d'une banane de redirection composé de quatre galets.

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Zoom sur le balancier redirigeant le brin descendant.


En gare aval, on retrouve également un système de came afin d'ouvrir et fermer automatiquement les portes des cabines.

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Came de fermeture des portes.


En sortie de gare aval, plus précisément sous le pylône n°0, on retrouve le système de tension dynamique des câbles porteurs. En effet, ces derniers sont redirigés vers le sol au milieu du pylône. Ils sont reliés par une mordache à deux autres câbles tressés et un câble clos reliés à des contrepoids enfoncés dans le sol.

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Vue de profil du pylône 0. On peut voir depuis la redirection du câble porteur au niveau du sabot jusqu'à la poulie de déviation vers le contrepoids en sous-sol.

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Vue de trois-quarts sur le dispositif de tension des câbles porteurs au niveau du pylône 0.

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Vue de trois-quarts sur les deux poulies de déviation sur leurs supports en béton.

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Vue de profil des poulies de déviation.

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Zoom sur l'accouplement câble porteur-câbles de tension par mordache.



La ligne

La ligne du second tronçon du téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije relie le Peyrou-d'Amont au col des Ruillans. Pour cela, la ligne longe la crête du même nom que le lieu où se situe la gare aval. Néanmoins, cet audacieux trajet pose un sérieux problème puisqu'il faut survoler un sol composé de roches du Cénozoïque et du Mésozoïque en dévers. Le défi technique a donc été d'installer plusieurs pylônes dans ce sol instable, irrégulier et très pentu tout en garantissant une exploitation sûre et fiable du téléphérique. Une fois cette zone de déformations franchie, un pylône compression accompagne le câble pour insinuer la montée principale de l'installation. Ce type de pylônes en milieu de ligne pour un téléphérique est suffisamment rare pour être signalé !
La portée suivante constitue en elle-même aussi un défi technique. Sur 869 mètres, les cabines survolent un terrain rocheux à souhait très pentu où la neige peut être parfois présente jusqu'à mi-juillet. Passé ces deux grosses difficultés, les pylônes 5 et 6 accompagnent la ligne jusqu'au col des Ruillans très tranquillement.

Pour effectuer ce trajet atypique, P.H.B. a implanté sept pylônes dont un compression, un support-compression et cinq supports comme ceci :

  • P0 : 24C/24C
  • P1 6S/6S
  • P2 : 8S/8S
  • P3 : 8S/8S
  • P4 : S+10C+S/S+10C+S
  • P5 : 11S/11S
  • P6 : 11S/11S



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Profil en long du second tronçon.

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Ligne depuis l'aval.

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Passage du pylône 0.

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Un train de cabines en partance pour le col des Ruillans.

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Portée vers le pylône 1.

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Survol d'un sentier permettant d'accéder à la Brèche Pacave.

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Approche du pylône 1.

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Pylône 1.

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Tête du pylône 1.

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Début d'une longue portée vers le pylône 2 dans un terrain déjà en fort dévers.

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À mesure que l'on avance, un premier croisement de cabines se profile au loin.

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Survol du dévers avec un train de cabines qui descend face à nous.

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Premier croisement de cabines, ici à pleine vitesse.

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Suite…

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… et fin de la portée.

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Le pylône 2.

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Ce même pylône vu depuis l'itinéraire des Vallons de la Meije.

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Tête du pylône 2.

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Portée vers le pylône 3 au-dessus d'un sol rocheux en dévers croissant.

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Au milieu de cette courte portée.

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On approche du pylône 3 et du premier croisement de cabines à faible vitesse.

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Croisement des cabines à vitesse réduite juste avant le pylône 3.

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Embase très particulière du pylône afin d'épouser la pente du terrain.

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Tête du pylône 3 (7ème pylône de ligne si l'on exclut les pylônes de sortie de gare).

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Début d'une longue portée à faible dénivelé. Conséquence : étant donné la tension moyenne des câbles, les cabines descendent légèrement avant de remonter au niveau du pylône suivant.

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La légère descente continue au-dessus du pierrier composé d'éboulis provenant du Peyrou-d'Amont.

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Nous arrivons au niveau du Clot de la Cala.

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Le troisième croisement de cabines arrive incessement sous peu.

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Croisement à pleine vitesse juste avant le pylône 4.

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Fin de la portée.

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Le pylône 4.

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Entrée du pylône support-compression. On repère le galet support et les rails permettant de guider le chariot dans un tel type de pylône.

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Vue détaillée des galets de compression.

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Ces mêmes galets dans le sens descendant.

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Début de la plus longue portée du second tronçon.

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Survol des derniers névés.

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L'ombre d'un prochain croisement de cabines se fait visible sur les restants de neige.

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Arrivée de cabines dans le sens descendant.

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Croisement de cabines à 0,30 m/s. Le train de cabines dans le sens descente est un peu plus bas que nous car plus chargé.

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La montée reprend sur un terrain où se partagent éboulis et neige.

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On commence à apercevoir le pylône 5. Le câble tracteur est particulièrement bas dans le sens descente.

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Nouveau croisement de cabines à venir.

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Croisement de cabines à pleine vitesse.

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La portée se termine par l'escalade d'une belle falaise.

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Approche du pylône 5.

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Le pylône 5 avec la gare des Ruillans maintenant visible.

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Tête du pylône 5.

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Après le pylône 5, la ligne survole les faibles pentes précédent le col des Ruillans.

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Au milieu de la portée.

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À l'approche du pylône 6. Sur la droite, une des trois tables d'orientation permettant d'admirer l'Oisans, le Vercors et les Grandes Rousses.

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Le pylône 6.

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Passage d'un train de cabines sur le pylône 6.

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Tête du pylône 6.

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Le pylône d'entrée en gare amont avec son balancier 2S puis un galet support en entrant dans le bâtiment.



La gare amont

Note : Pour plus de facilité, la gare aval sera parfois notée « G4 », puisque c'est la quatrième gare de l'installation (l'intermédiaire est composé de deux gares). Cette gare est également appelée gare de « 3200 » ou encore « gare des Ruillans ».

Aspect extérieur

Le bâtiment de la gare amont du téléphérique des Glaciers de la Meije 2 est située à 3173 mètres d'altitude au col des Ruillans, au pied du glacier de la Girose et de sommets prestigieux comme le Râteau, la Pointe Trifide et la Meije. C'est un grand bâtiment prônant une architecture moderne basée sur la forme triangulaire. Afin de mieux s'intégrer au paysage enneigé, elle est couverte de tôle ondulée blanche et arbore une immense baie vitrée à l'arrière afin d'éclairer l'intérieur du soleil d'altitude. Venu l'été, cette gare est beaucoup moins esthétique, surtout au milieu des magnifiques paysages des Écrins.

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Plans des façades nord-est et nord-ouest de la gare des Ruillans.

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Vue en plongée de la gare amont en montant vers le téléski des Trifides.

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La gare des Ruillans face au massif des Grandes Rousses.

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Vue de face.

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Vue rapprochée.

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Vue plus éloignée avec l'arrivée d'un train de cabines.

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Vue opposée avec une table d'orientation à 180° notre droite.

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Vue de face avec le Râteau en arrière-plan.

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Autre vue de face, cette fois-ci en remontant au col.

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Vue arrière au niveau de la terrasse du restaurant d'altitude « L'Haut Dessus ».

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Vue de trois-quarts.

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La large baie vitrée laisse déjà apparaître la machinerie à l'intérieur de la gare.



Équipement intérieur

À l'intérieur du bâtiment, on retrouve un module de tension du câble tracteur composé de deux poulies. Ce lorry est relié à un contrepoids via deux câbles. Le câble tracteur est lui ancré sous les quais en sous-sol.
Pour l'embarquement à la descente, un préposé vient ouvrir une barrière pour laisser entrer les clients dans les cabines. Contrairement aux autres gares, il n'y a aucun marquage au sol pour délimiter les zones d'embarquement et de débarquement.


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Arrivée d'un train de cabines en gare des Ruillans.

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Vue d'ensemble de l'intérieur de la gare amont.

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Passage de cabines dans le contour.

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L'intérieur de la gare amont depuis la file d'attente pour l'embarquement à la descente.

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L'intérieur de la gare est très peu rempli. Toute la machinerie se situe au-dessus de nos têtes. Seules les déviations des câbles porteurs vers les ancrages vient rompre la linéarité du revêtement de sol en bois.



Approfondissement technique

Afin d'effectuer la tension du câble tracteur, on retrouve ainsi un chariot composé d'un rail porteur et de deux poulies retour de 2800 mm de diamètre permettant de porter les cabines lors de leur demi-tour. Afin que l'ajustement entre le câble tracteur et le rail porteur soit toujours parfait, le lorry porte également les rails palliatifs aux câbles porteurs et coulisse ensuite dans les rails fixes de fin de gare.
Afin d'arrimer correctement les câbles sur la partie supérieure du chariot, ceux-ci sont accrochés à une grande mâchoire maintenue par quatre tubulaires.
Ce système est similaire à celui adopté en gare amont du premier tronçon. En voici le schéma de conception :

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Le schéma de la gare amont de Glaciers de la Meije 2.

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L'ensemble des deux poulies retour-tension.

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Vue opposée. On distingue bien l'énorme chariot portant les deux poulies retour et les attaches des câbles de liaison vers le contrepoids.

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Zoom sur le système d'attaches avec les câbles de tension allant au contrepoids.

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Vue opposée.


Ce lorry est relié au contrepoids par dix câbles de tension déviés via un poussard en treillis situé à l'arrière de la gare, devant les baies vitrées.

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Vue d'ensemble du poussard.

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Vue rapprochée sur la partie supérieure du poussard avec les différentes poulies.

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L'une des deux plus grosses poulies du poussard.

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Vue opposée où l'on voit les deux types de poulies de déviation.

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Cinq câbles de tension avec le contrepoids dans la fosse en sous-sol.


Enfin, la gare amont du téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 2 assure également l'ancrage fixe des câbles porteurs. Cette opération est réalisée en sous-sol de la gare après que le câble porteur ait été dévié du sabot porteur du pylône à l'avant de la station intermédiaire.

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Déviation du câble porteur à l'avant du pylône d'entrée en gare.

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Vue de profil des supports avant de la gare amont permettent d'accompagner les câbles porteurs sous le plancher de la gare à leurs ancrages.



Véhicules et pinces

Le téléphérique pulsé des Glaciers de la Meije 2 est équipé de cabines construites par ACL, filiale de Weber, qui a aussi fourni les véhicules du téléphérique pulsé de Charlannes (Weber - La Bourboule) et de la télécabine de la Perdrix (Weber - Super-Besse / Le Grand Sancy). Celles-ci peuvent accueillir six personnes assises à la fois sur trois banquettes plastiques reliées le long des faces vitrées. Contrairement au premier tronçon, celui-ci n'est pas équipé de portes VTT mais seulement de racks à skis simples.
Récemment, les ossatures des cabines ont été rénovées par l'entreprise iséroise T.R.K.

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Une cabine ACL face à la Meije.

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Deux racks à skis.

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Le système de fermeture des portes automatiques en action.


Chaque cabine est équipée d'une suspente reliée à un chariot très sommaire. Celui-ci est composé d'une simple mono-pince fixe ainsi que d'un chariot composé de deux roues blanches chargées de circuler sur le câble porteur. Étant donné que le second tronçon est équipé d'un pylône compression en ligne, les chariots sont équipés de deux petits galets supplémentaires pour faciliter le passage de ce type d'ouvrages.

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Vue d'ensemble du chariot.

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Vue en léger contre-plongée.


Les trente cabines exploitées sur le tronçon sont regroupées en six trains de cinq cabines chacun. Pour des raisons de sécurité, chaque cabine est reliée à sa suivante via les suspentes par une câblette de sécurité. Pour plus d'esthétisme, les trains de cabines font suivre plusieurs cabines de couleur différente en dégradé progressif !

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Train de cabines en pleine montée face à la Pointe Trifide.

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Train de cabines face aux glaciers de la Meije.

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Train de cabines face à la crête du Peyrou-d'Amont.

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Croisement de deux trains de cabines.

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Un chapelet de cabines devant le glacier de la Meije.


Sur l'un train de cabines, un véhicule de service composé d'un simple plateau couvert afin de transporter du matériel ferme la marche.

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La benne de service.




Pour rêver…

Avant de clore le reportage, je vous propose une dernière immersion grâce à des photos faiblement commentées du téléphérique des Glaciers de la Meije afin de renforcer l'atmosphère si mystérieuse, complexe et ô combien splendide des environs du vallon de la Meije.

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Arrivée de cabines au col des Ruillans.

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Un train de cabines multicolores devant le majestueux sommet de la Meije.

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Arrivée de cabines face à la Meije et aux premiers sommets de Maurienne.

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Montée d'un train de cabines face au massif des Grandes Rousses.

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Descente face aux splendides paysages de l'Oisans.

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Franchissement de la section à fort dévers.

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Descente face au vallon de la Meije, ancien bassin glaciaire.

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Deux trains de cabines devant la crête du Peyrou-d'Amont.

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Train de cabines en partance vers le col des Ruillans face au Râteau.

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Reflets de la gare du Peyrou dans le lac éponyme.

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Le premier tronçon face aux Peyrou-d'Aval et d'Amont.

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Le Râteau, sommet mythique visible grâce aux téléphériques des Glaciers de la Meije 1&2.

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Arrivée de cabines en gare du Peyrou.

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Descente d'un train de cabines face à la Meije.

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Descente sur le pylône 3 face à la haute vallée de la Romanche.

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Circulation de cabines au-dessus du village de la Grave.

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Survol de la Romanche face à la Grave.

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Vue de la première portée depuis le chemin montant à la Lauzette.

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Contraste saisissant entre les paysages verdoyants de la Grave et la blancheur des glaciers de la Meije.

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Le téléphérique des Glaciers de la Meije surmonté par la Meije sous les premiers rayons de soleil.




Glaciers de la Meije 1&2, un appareil mythique en danger ?

Depuis mars 1978, les téléphériques des Glaciers de la Meije 1&2 donnent accès sans relâche aux paysages splendides du pays de la Meije. Ils desservent ainsi des itinéraires hors-pistes connus et reconnus aujourd'hui dans le monde entier pour leur qualité et leur toute beauté. C'est sans compter la possibilité de skier sur les plus hautes pistes de France sur le glacier de la Girose en empruntant le téléski éponyme et de basculer sur la station bisalpine. C'est également un appareil prédominant dans l'économie touristique. Été comme hiver, il fait venir touristes en mal de magnifiques panoramas de montagne, mais aussi passionnés d'alpinisme et en été les fondus de VTT. En résumé, ce téléphérique en deux tronçons cultive la fascination, autant pour lui que pour le paysage autour de lui que pour les activités sportives desservies.
Mais aujourd'hui après trente-six années de bons et loyaux services, ces deux appareils montrent leurs limites. En avril 2013, un freinage trop brusque dû à une panne inopinée d'électricité a causé un croisement des câbles porteurs et tracteurs entraînant une opération d'évacuation des passagers. De même en janvier 2013, Denis Creissels entame une procédure pour réclamer vingt millions d'euros justifiés selon lui par le non respect de l'avenant le liant avec la commune de la Grave. Lui-même avoue qu'il ne veut pas être repreneur de l'exploitation en 2017. Sauf que seul lui connaît véritablement l'installation puisqu'il l'a conçue lui-même. Qui d'autre pourrait ainsi gérer la remontée mécanique et continuer à faire monter la clientèle jusqu'au col des Ruillans ? Surtout que l'entreprise TGM est aujourd'hui ruinée par l'entretien de son appareil phare… L'avenir est en tout cas trouble sur les montagnes gravarotes.
Pour terminer, une petite citation humoristique de Denis Creissels, père de l'aménagement de La Grave/La Meije : « Méfiez-vous des gens graves, ils sont rarement sérieux. Skiez à La Grave, ça c'est sérieux ! ».


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Un avenir incertain plane aujourd'hui sur la station de la Grave, menacée par la possible fermeture dans un futur proche de son téléphérique phare.

Je tiens tout particulièrement à remercier Bouctou, chin@ill, Clément05, j'ib, Jérémy Freyri et lolo42 pour leur soutien et leurs aides diverses qui ont permis à ce reportage d'exister. Un grand merci également à Eric Kerbrat, gérant de TRK Métallerie pour la mise à disposition de la photo de la rénovation des cabines du téléphérique et Guillaume Bodovillé pour certains documents historiques.

Texte et bannières : remontees
Photos : Clément05 (juillet 2016), j'ib (avril 2013) et remontees (juillet 2011 et 2014).
Sources : A&M n°1, n°7, n°165, Le Dauphiné Libéré, Justice | Téléphérique de la Meije : l’exploitant demande 20 millions d’euros à La Grave , Forums Serre Chevalier Ski, 70 Ans De Ski À Serre Chevalier : Les Petites Histoires.



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