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 TPH V 39 de la Croix

Chamrousse

Neyret Beylier / Neyrpic

T3 HS
Description rapide :
La première remontée structurante de Chamrousse

Mise en service en : 1953
Fin de service en : 2009

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Localisation(s)
Photo

Auteur de ce reportage : fufu
Section écrite le 20/04/2007 et mise à jour le 03/01/2009
(Mise en cache le 22/08/2013)

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Histoire de l'appareil

Le téléphérique de la Croix, construit en 1951, marque le début de l'histoire de la station de Chamrousse. Alors que les sports d'hiver n'en sont qu'à leurs début, qu'ils peinent encore à se démocratiser, une idée folle voit le jour : Equiper le site de la Croix de Chamrousse, "sommet" emblématique pour tout les grenoblois puisqu'il marque le début de la longue chaîne de Belledonne qui s'étend jusqu'à Chambéry. Avec le téléphérique se développent sur le site de Recoin toute l'infrastructure de la station, et les premiers lits voient le jour. C'est depuis la construction de cet appareil que le domaine a commencé à s'étendre sur les pentes de Belledonne, jusqu'aux jeux olympiques de Grenoble en 1968 qui donnèrent à la station une occasion rêvée de se développer encore pour accueillir les épreuves de ski alpin.

Le téléphérique de la Croix, qui avait été construit par Neyrpic en 1951, a subit depuis son ouverture quelques rénovations. On notera particulièrement :
- En 1973, changement des câbles de tension du câble tracteur
- En 1979, changement des câbles tracteurs
- En 1993, rénovation partielle par Pomagalski : L'électronique de commande est modernisée, ainsi que l'ensemble du treuil à l'exception du réducteur qui est toujours d'origine, les cabines sont changées, et le lorry de retour du tracteur également
- Par la suite, la gare aval subît de nombreuses modifications successives : Son bardage a été entièrement refait, et son aménagement intérieur également : La salle d'attente et l'escalier pour accéder aux quais laissent leurs place aux locaux commerciaux de Transmontagne, dont les bureaux sont aménagés dans la gare. Enfin, l'accès aux quais se fait aujourd'hui à l'aide d'une passerelle.
- En 2006, changement des câbles porteurs

Il faut noter que jusqu'en 1993, " l'électronique" de commande n'avait jamais été rénovée : La conduite se faisait alors complètement manuellement avec tout une panoplie de variateurs, de potentiomètres et de volants en guise de freins. Les jumelles étaient alors de rigueur pour assurer la sécurité des passagers, et le conducteur devait rester à son poste toute la journée.

Un conducteur passionné

Depuis les débuts du téléphérique, un homme l'as vu naître, l'a accompagné et l'accompagne aujourd'hui : Gérard Stermier est le papa, et le téléphérique son bébé.
En 1968, à l'âge de 17 ans, le directeur des remontées mécaniques de Chamrousse lui confie le restaurant de la Croix, situé dans le bâtiment de la gare supérieure. Dés lors, le matin, avant l'ouverture du domaine et du restaurant, il est quotidiennement parmi les premiers à emprunter la benne blanche pour monter les marchandises nécessaires à la journée. Il lui incombe également d'assurer l'entretien quotidien de la gare et de la partie supérieure de la ligne : A lui de donner la météo, de dégivrer les quais, la mécanique et tout les galets des deux derniers pylônes, alors régulièrement pris dans la glace. Il lui faut également remettre en place le câble lorsqu'il avait déraillé. Enfin, il joue un rôle de vigie lorsque les premières bennes de passagers arrivent. Passionné par son (ses ') métier(s), Gérard passe alors l'essentiel de l'hiver à 2400m d'altitude, car il vit là-haut, dépendant des tempêtes, du vent, et du chauffage capricieux.

Le climat et le fonctionnement du téléphérique étant aléatoire en hiver, il décide en 1982 de redescendre dans la station pour que ses enfants puissent suivre une scolarité normale. Il passe alors quelques mois en tant que monteur, puis le directeur des remontées mécaniques lui propose enfin le poste de conducteur principal du téléphérique qu'il ne quittera jamais puisqu'il est encore fidèle au poste aujourd'hui.

Gérard est pris d'une certaine fierté d'avoir eu en charge l'un des derniers appareils à commande manuelle et le raconte avec un plaisir certain mêlé d'une évidente nostalgie. "Aujourd'hui, je commande un téléphérique au pupitre ultramoderne, comparé à ce que j'ai connu". Mais sa tâche le passionne toujours autant, et l'homme passe un temps incalculable à vous raconter toutes les aventures qu'il a vécu avec sa machine qu'il connaît jusque dans ses moindres recoins.

C'est avec plaisir et spontanéité qu'il m'autorise à le citer nommément dans ce reportage. Qu'il en soit chaleureusement remercié.

Raconter cette histoire permet de rendre hommage à ces hommes qui ont fait le début du transport par câble, du temps ou l' "exploitation" est à mille lieues de ce que l'on connaît aujourd'hui.

Stratégie de l'appareil sur le domaine

Le TPH de la Croix relie ni plus ni moins le bas de la station, le site de Recoin à 1650m au point culminant du domaine, la Croix de Chamrousse à 2250m d'altitude. C'est une véritable porte d'entrée historique qui donne accès aux plus belles pistes du domaine (Notamment plusieurs pistes olympiques : Casserousse, Olympique Homme, Olympique Dames ainsi que les autres : Valons, Simon), de part leur qualité et leur emplacement, et permet de basculer sur les Lacs Robert. Enfin, il est possible de rayonner sur la totalité du domaine, et accéder ainsi directement aux sites de Bachad-Bouloud et de l'Arcelle.
Largement saturé depuis de nombreuses années, le TPH est utilement secondé par les TSD4 des Gaboureaux et des Amoureux depuis 1992 qui engrangent la majeure partie du flux de skieurs.

Projets relatifs à cet appareil

Vu sa relative vétusté et son faible débit, Transmontagne envisage son remplacement dans les 3 années à venir par un appareil du type télémix, qui s'accompagnera d'un remodelage du front de neige de Recoin.

Caractéristiques principales

Généralités
- Année de construction : 1951
- Année de mise en service : 1953
- Constructeur : NEYRPIC
- Capacité par véhicules : 39+1 personnes
- Débit : 360p/h
- Capacité montée : 100%
- Capacité descente : 100%
- Vitesse d'exploitation : 8m/s
- Altitude inferieure : 1655m
- Altitude supérieure : 2250m
- Dénivelé : 593m
- Longueur horizontale : 1860m
- Longueur développée : 1980m

Configuration
- Position Motrice : Aval
- Position tension tracteur : Amont
- Position tension porteur : Aval
- Type tension tracteur : Contre-Poids
- Type tension porteur : Contre-Poids

Treuil
- Type de traction : Moteur asynchrone
- Type de réducteur : Roue et vis sans fin
- Configuration : Double monocâble et poulie double-gorge

Câbles
- Diamètre câble porteur : 48mm
- Diamètre câbles tracteurs : 23mm

Ligne
- Nombres d'ouvrages : 4
- Dont support : 4
- Dont compression : 0
- Portée maximum : 700m
- Durée du trajet : 7 minutes

Véhicules
- Liaison tracteur : Mordaches
- Capacité par véhicules : 39+1 personnes

La gare de départ

La gare de départ n'est pas à proprement parler située sur le front de neige, mais derrière la route qu'il faut donc traverser pour accéder au téléphérique. Le bâtiment abrite donc le téléphérique en lui-même, mais également les bureaux de Chamrousse-Développement et les caisses des forfaits. L'ensemble a magnifiquement été bardé de bois il y a quelques années. L'accès aux quais se fait par une passerelle accolée sur le coté du bâtiment. La vigie est située derrière les quais, de manière à avoir une vue parfaitement dégagée sur la totalité de la ligne. Remarquez sur la droite l'antenne blanche, qui sert à la télétransmission entre l'électronique de commande en G1 et les véhicules.

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Vue de la gare, remarquez sur la droite l'antenne blanche, qui sert à la télétransmission entre l'électronique de commande en G1 et les véhicules.

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Vue d'été. A droite la passerelle d'accès, en dessous les caisses des forfaits, et à gauche, les bureaux d'exploitation.

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Vue générale de Recoin, avec la gare du téléphérique, et en face le TSF3 Grand Couloir

La gare d'arrivée

Située réellement au point culminant, à la croix de Chamrousse, elle n'a pas eu la chance d'être rénovée comme en aval. Elle abrite également, en dessous des quais, le restaurant de la Croix, dont les immenses baies vitrées permettent de se restaurer au rythme des allers-retours des cabines qui passent littéralement au dessus des assiettes.

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L'ensemble est accolé aux installations de TDF, dont les antennes arrosent une partie des télévisions du bassin grenoblois.

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A l'arrière de la gare, on trouve la tome d'ancrage des câbles porteurs. Ces derniers, la garniture de la tome et les mordaches ont été changés à l'été 2006.

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L'arrière de la gare, et les câbles porteurs qui en sortent, se croisent, et se dirigent vers la tome

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L'ancienne tome d'ancrage ou s'enroule l'ancien câble. Notez sur la tome le cadran solaire qui n'est autre que l'ancienne roue du réducteur roue et vis sans fin reconvertie pour l'occasion, après avoir été changée.

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Une mordache de maintien du câble (Nouvelle mordache et nouveau câble)

La ligne

Voici le profil en 3D de ce téléphérique :

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La ligne ne présente pas de difficultés géométriques notables, et est assez régulière, le terrain étant juste un peu vallonné dans la premier tiers du parcours, puis relativement plat dans le deuxième tiers, pour finir avec une pente légèrement plus prononcée avant d'arriver en G2. Tout les pylônes sont d'origines.

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La totalité de la ligne est visible de la G1

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P1, immédiatement sur la première bute

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Le même, vu de derrière

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P2, le plus haut pylône de la ligne

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P2

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P2 ' Il apparaît évidemment qu'il est situé à peu de choses près au milieu de la ligne

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La seconde moitié de la ligne, à partir du P2. Les P3 et P4 sont dans le champ mais ne sont quasiment pas visibles

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Et enfin, P3 et P4, très rapprochés, immédiatement avant la G2

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les mêmes, vus de la Croix de Chamrousse (On voit la encore la totalité de la ligne)

Mécanique de gare

Voici comment est organisée la chaîne cinématique de cet appareil :

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Il s'agit d'une poulie double-gorge qui assure la traction de deux monocâbles non liés entre eux. En ligne, ils sont dans un plan horizontal. A l'approche de la poulie, une série de galets de déviation (Non représentés) les place dans un plan vertical pour qu'ils puissent s'enrouler dans les gorges parallèles.

L'ensemble du treuil a été rénové en 1993, sauf le réducteur roue et vis sans fin qui est d'origine. Ce type de réducteur est devenu très rare, c'est d'ailleurs le seul à ma connaissance à être utilisé dans une remontée mécanique. Il se compose d'une vis qui tourne sur elle-même, dont le filet entraine une grande roue dentée sur laquelle est monté l'arbre de la poulie motrice. Voici une petite animation en .gif glanée sur internet que l'on pourra aller voir pour mieux saisir son fonctionnement : <a href="http://serge.bertorello.free.fr/mecano/aniroue.html" target="_blank">http://serge.bertorello.free.fr/mecano/aniroue.html</a>

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Vue de l'ensemble motoréducteur

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Le moteur électrique est du type asynchrone et son arbre est relié à l'entrée GV du réducteur via un accouplement élastique

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L'armoire de puissance, ou est installé le variateur de fréquence

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Le groupe de secours, composé d'un moteur thermique accouplé à une pompe hydraulique et à un générateur électrique assurant la continuité d'alimentation des équipements électriques

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La pompe alimente ce moteur hydraulique, accouplé directement sur l'arbre GV du réducteur, coaxialement à l'arbre du moteur électrique

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L'arbre PV monte via un cardan au niveau supérieur,

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pour être accouplé à la poulie motrice.

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La poulie motrice à double gorge. Remarquez la dynamo tachymétrique, qui fournit à l'électronique de commande une image de la vitesse du câble

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L'image de la position de la cabine est générée à l'aide de ces trois capteurs de proximité montés au dessus d'une couronne dentée, clairement visible. L'ensemble assure une précision de l'ordre de 5cm

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L'un des freins mordant sur la joue de la poulie motrice, l'autre est identique et est monté symétriquement à celui-ci. On retrouve classiquement un frein de service et un frein d'urgence, tout deux montés sur la poulie.

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La centrale de freins

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La tension du câble porteur est assurée à l'aide de deux contrepoids situés au fond de la salle du treuil

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Les câbles de tension du porteur sont déviés à l'aide de ces poulies montées sur palier

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Et sont accouplés au câble à l'aide de ces mordaches et d'une salade. Lors du fonctionnement de l'appareil la course des câbles porteurs est très visible.

En gare amont, ce sont également des contrepoids montés en fosse qui assurent la tension des câbles tracteurs.

Commande

Depuis le poste de commande, la totalité de la ligne est visible, pour preuve cette photo prise depuis le pupitre :

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Le pupitre de commande principal. Notez l'afficheur digital rouge qui affiche la position de la cabine 2 (Référence) en mètres sur la ligne.

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L'armoire de commande, ou siègent trois automates : Deux automates de commande redondants entre eux assurant les fonctions courantes (Les deux automates supérieurs) et un troisième automate de supervision qui contrôle la cohérence des deux précédents. On remarque d'ailleurs que l'état des entrées et des sortie sur les automates de commande sont rigoureusement les mêmes.

Véhicules

Les cabines accueillent 39 passagers avec leur matériel de ski plus le cabinier.

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Cabine en ligne. Remarquez l'antenne de télétransmission à droite, sous le plancher

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Intérieur d'une cabine et pupitre cabinier.

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La suspente et le chariot. L'accouplement au porteur est réalisé à l'aide de mordaches.

Je tiens à remercier encore une fois le conducteur du téléphérique de la Croix, pour la gentillesse dont il a fait preuve et la passion qui l'anime dans son métier.



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