En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir plus
Bannière 12Bannière 7Bannière 9Bannière 11

 TPH V 60 du Brévent

Chamonix-Mont-Blanc - Brévent-Flégère (Vallée de Chamonix)

Montaz Mautino

T3 ES
Description rapide :
Une ligne mythique de Chamonix, dont la première version a été conçue par Rebuffel en 1930 et qui a été reconstruite en 1987 par Montaz-Mautino.

Mise en service en : 1987

Appareil recommandé par l'équipe : Suivre la discussion sur le forum


Localisation(s)
Photo

Partie 1
Auteur de ce reportage : remontees
Section écrite le 13/05/2016 et mise à jour le 23/10/2016
(Mise en cache le 23/10/2016)

Image



Capitale mondiale de l´alpinisme, Chamonix-Mont-Blanc s´impose comme un site incontournable de Haute-Savoie été comme hiver. La ville tient sa notoriété de sa situation au cœur de la vallée de l´Arve, face au mont Blanc. La station s´ouvre au tourisme dès le début du XXème siècle avec la construction du chemin de fer à crémaillère du Montenvers, conduisant les estivants à la Mer de Glace. Elle bénéficie aujourd'hui d'autres remontées prestigieuses comme le téléphérique de l'Aiguille du Midi, qui dessert depuis 1955 ce site d'exception culminant à 3842 mètres d'altitude.
En hiver, Chamonix est, bien entendu, connu pour ses nombreux hors-pistes, dont le célèbre circuit de la vallée Blanche. On y pratique le ski de piste sur plusieurs domaines distincts de taille moyenne, en particulier sur le versant ensoleillé du site de Brévent-Flégère, face au mont Blanc, où est installé depuis 1930 un impressionnant appareil : le téléphérique du Brévent. Celui-ci permet aux skieurs et aux piétons d'accéder été comme hiver au sommet du domaine à plus de 2500 mètres d'altitude. Plus qu'un simple point culminant de domaine skiable, c'est un site à l'histoire riche et complexe qui fascine encore ses visiteurs par la beauté de son paysage.



Historique

On doit l'idée d'un téléphérique reliant Chamonix au Brévent à Alfred Cachat, qui imagine dès 1912, relier par « funiculaire aérien » la colline de Planpraz puis le Brévent lui-même. Après moultes aléas, Cachat est cependant contraint de jeter l'éponge et c'est finalement le promoteur Edouard Pellerin qui reprend le projet dans les années 1920, avec l'appui technique d'André Rebuffel. Le premier tronçon Chamonix - Planpraz ouvre en 1928 (voir le reportage) suivi en 1930 du second tronçon jusqu'au sommet du Brévent. Ces deux ouvrages sont la fierté de Chamonix-Mont Blanc, alors même que le projet du téléphérique de l'Aiguille du Midi est en plein doute à cause des difficultés de construction du tronçon entre la gare des Glaciers (2404 m) et le col du Midi (3600 m).

Le téléphérique du Brévent concurrence donc un téléphérique de l'Aiguille du Midi qui perd de sa vitesse dans les années 1930. L'accès facilité par deux téléphériques consécutifs à ce belvédère chamoniard rencontre un grand succès et accueille ses touristes dès le début des années 1930. Au fil du temps, le téléphérique prend également une dimension de desserte d'un domaine skiable. Le téléphérique dessert alors deux itinéraires au départ du sommet du Brévent : l'itinéraire aujourd'hui connu sous le nom de « Charles Bozon », et une autre descente plus audacieuse à l'arrière du Brévent en direction des Houches.

Image
Le plan des pistes du domaine skiable du Brévent. (DR, coll. Laurent Berne)

Image
Départ d'un itinéraire desservi par le téléphérique du Brévent (DR, coll. Laurent Berne).


Le second tronçon relie donc le plateau de Planpraz au sommet du Brévent via une unique portée aérienne pour la moins audacieuse. C'est l'une des grandes différences par rapport au téléphérique de Chamonix-Planpraz qui possédait six pylônes. Ce deuxième téléphérique est donc une prouesse technique dans les années 1930, ce qui le rend d'autant plus impressionnant et apprécié.
Pour plus d'informations sur la technologie employée sur le téléphérique du Brévent première génération, je vous renvoie à la lecture de l'article suivant tiré de l'Illustration.

Image
Le profil en long audacieux du premier téléphérique du Brévent (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Vue sur la ligne très aérienne du téléphérique (D.R., collection Laurent Berne).


Cet appareil historique est le premier à utiliser le principe breveté par l'ingénieur de double-boucle où un unique câble fait office de câble tracteur et câble frein en étant renvoyé par deux fois sur chaque voie du téléphérique. Ce nouveau système permet de positionner sans grosse contrainte l’entraînement au niveau de la gare aval, nettement plus facile d'accès et déjà équipée de l'électricité. Cette configuration sera utilisée sur plusieurs des réalisations de Rebuffel et reprise par le constructeur Monziès pour les téléphériques de Las Donnas (Auron), des Grandes Rousses (L'Alpe d'Huez) et de Bellevarde (Val d'Isère).

Image
La configuration en double-boucle du câble (D.R., collection Laurent Berne).


La gare aval jouait le rôle de motrice-tension des câbles tracteurs via un contrepoids.

Image
Plans de la gare aval (DR, coll. Laurent Berne).

Les ancrages des porteurs et le retour des deux boucles de tracteur sont placés à l'arrière de la gare après déviation.

Image
Plan en coupe de la gare amont (DR, coll. Laurent Berne).


Maintenant, nous vous proposons une petite virée historique afin de visualiser la ligne du téléphérique du Brévent à travers les âges, jusqu'à l'arrêt de son exploitation en 1987.

Image
La cabine d'origine, légère, construite par les ateliers chamoniards René Schmidt et son chariot (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Montée face au glacier des Bossons (DR, coll. Laurent Berne).

Image
Une cabine entre deux couches de nuages (DR, coll. Laurent Berne).

Image
La cabine en milieu de ligne et la vue sur le sommet (D.R., collection Laurent Berne).

Image
La cabine face aux aiguilles de Chamonix (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Arrivée de la cabine 1 en gare amont (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Exploitation hivernale avec les skis dépassants par l'arrière (D.R., collection Laurent Berne).

Image
On remarque que, avec le temps, le matériel de ski a abîmé l'habillage de la cabine (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Nouvelles cabines au début des années 1950 (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Une cabine face aux sommets bordant le Montenvers et la mer de Glace (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Une cabine face aux cimes majestueuses du massif du Mont Blanc (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Dernier changement de cabines dans les années 1960 (D.R., collection Laurent Berne).

Image
Départ d'une cabine en été (DR, coll. Laurent Berne).

Image
Le téléphérique du Brévent et le télésiège fixe 1 place de 2000, petit téléporté permettant l'accès au domaine skiable depuis l'arrivée du téléphérique de Planpraz (DR, coll. Laurent Berne).

Image
Le téléphérique et la télécabine de Planpraz (D.R., collection Laurent Berne).


Après 57 ans d'exploitation, la remontée d'origine a laissé place à un nouvel appareil moderne bi-tracteur bi-porteur construit par l'isérois Montaz-Mautino. Le nouvel appareil ne partage rien avec le téléphérique d'origine, sinon son impressionnante portée sans pylône de 1350 mètres. D'ailleurs, avec ses deux cabines de 60 places, il possède des dimensionnements globaux tout autres. Les nouvelles gares, en métal et ouvertes sur l'extérieur, ont été construites en surplomb des anciennes. Ce nouveau téléphérique a été mis en service pour la saison d'hiver 1987-1988.

Image
Même si l'accès au Brévent se fait aujourd'hui via la télécabine de Planpraz et le téléphérique du Brévent, les traces des anciens appareils sont toujours visibles avec ici la gare de l'ancienne télécabine de Planpraz.



1987 : on change tout (ou presque) !

Avec la construction de la télécabine de Planpraz en 1979 par Montaz-Mautino, l'accès au domaine skiable du Brévent depuis le village de Chamonix-Mont Blanc a été grandement facilité. La nouvelle télécabine offre alors un débit de 1330 personnes/heure pour un trajet de sept minutes à la vitesse de 4 m/s : c'est une révolution en comparaison des 150 personnes/heure du téléphérique de 1928 !
Indéniablement, plus de monde accède à Planpraz : cela fait d'autant plus de clients voulant emprunter le téléphérique du Brévent afin de bénéficier du magnifique panorama offert, et en hiver de profiter de l'excellente neige qui y règne, à près de 2500 mètres d'altitude. Outre la piste noire mythique baptisée « Charles Bozon », illustre skieur chamoniard trois fois médaillé aux Jeux Olympiques, les skieurs les plus chevronnés peuvent s'aventurer sur les itinéraires hors-pistes divers et variés dans le massif des aiguilles Rouges.
Le téléphérique du Brévent est donc très utilisé car il permet d'accéder directement et rapidement au sommet des pistes. En effet, le télésiège fixe du Col Cornu, construit en 1982 par Montaz-Mautino, est beaucoup plus long et inconfortable. Le Brévent est donc l'axe principal d'un secteur très apprécié pour la qualité du ski offert tout comme pour sa desserte rapide et pratique. Une modernisation semble donc logiquement se profiler pour rendre l'accès au Brévent plus fiable suivant les conditions météo, tout en augmentant le débit pour limiter les queues.

Image
La gare aval en 1986, un an avant la modernisation totale (Jean Clermont).

Avec de tels atouts, il devenait nécessaire de moderniser le téléphérique afin de rendre son exploitation plus facile, fiable tout en améliorant les performances brutes de l'appareil. L'exploitant du domaine skiable du Brévent fait alors appel à Montaz-Mautino après le succès de la télécabine de Planpraz afin de remettre à niveau toute la machinerie, remplacer les structures des gares et les véhicules par des cabines de 60 places. La configuration monotractrice à double-boucle et bi-portrice est néanmoins conservée. Notons que l'allemand PWH (PHB - WeserHütte), actionnaire de Montaz-Mautino dans les années 1980, a activement participé à la conception du téléphérique tant dans les calculs de ligne, que les dimensionnements et a apporté toutes ses connaissances en sa qualité de téléphériste.
Les travaux sont menés au cours de l'été 1987.

Image
Démantèlement et mise en place des fondations de la nouvelle gare (Jean Clermont).

Image
Travaux en gare amont pour enlever les poulies retour et la base en béton (Jean Clermont).


Ainsi, le téléphérique du Brévent a pu ouvrir dans sa nouvelle configuration dès l'hiver 1987, permettant aux clients un accès largement facilité au sommet du Brévent.

Image
La gare amont face à l'aiguille du Midi durant les premières années d'exploitation (Laurent Berne).

Image
Vue aérienne de la gare amont du téléphérique du Brévent et du départ de la piste noire Charles Bozon (DR, Coll Laurent Berne).

Image
Arrivée de touristes au Brévent (Laurent Berne).

Image
Vue sur la ligne du Brévent avec en arrière-plan l'aiguille Verte (DR, coll. Laurent Berne).

Image
La dernière version des cabines de l'ancien téléphérique du Brévent était exposée au-dessus de la gare amont de la télécabine de Planpraz (Laurent Berne).



À l'assaut du Brévent

Le Brévent est un sommet mythique de Chamonix et a toujours fait rêver ses habitants. Il offre en effet l'un des plus beaux panoramas de la région. Après l'ouverture du téléphérique de Planpraz en 1928, celui du Brévent est venu en complément idéal afin de gravir sans difficultés un sommet mythique de la vallée. Encore aujourd'hui, même si les équipements sont beaucoup plus modernes, l'ascension de ce grand sommet reste un mythe, n'en serait-ce que lorsque l'on voit depuis le village de Chamonix le tracé des deux appareils :

Image
L'ascension du Brévent au départ de Chamonix : pentes impressionnantes et particulièrement prononcées et paysages de renom, le duo gagnant pour l'accès à un sommet prisé de la vallée.


Le téléphérique du Brévent relie en un unique jet, sans pylône intermédiaire, Planpraz, accessible depuis le centre-ville de Chamonix par une télécabine, au Brévent, sommet situé à l'extrémité méridionale des Aiguilles Rouges. Culminant à 2525 mètres d'altitude, cet éperon rocheux surplombe directement Chamonix de 1500 mètres et est réputé pour son panorama sur la vallée de l'Arve et le massif du Mont-Blanc. En effet, la vue y est splendide à plus de 180°.

Image
En direction des Fiz et de la vallée de Sallanches.

Image
Panorama sur le massif du Mont-Blanc et l'entrée de la vallée de Chamonix au niveau de la gare amont du téléphérique.

Image
Le massif du Mont-Blanc depuis les ancrages des câbles porteurs à l'arrière de la gare amont (infographie j'ib - adaptation d'une photo de l'alexois).

Image
Le glacier des Bossons vu depuis le Brévent.


En hiver, le téléphérique du Brévent donne accès au sommet du domaine skiable de Brévent-Flégère, à l'extrémité du massif des Aiguilles Rouges. Après quelques mètres à pied, il n'y a plus qu'à chausser les skis pour dévaler la splendide piste noire baptisée en mémoire de Charles Bozon, proposant des murs très pentus le long des pentes proposées par la crête du massif des Aiguilles Rouges.

Image
Situation du téléphérique du Brévent sur le plan de la vallée de Chamonix.

Image
Situation du téléphérique sur le plan du domaine skiable Brévent-Flégère, ici davantage centré sur le secteur du Brévent.

Image
Le début de la piste noire Charles Bozon, dans le mur menant à la brèche du Brévent.


En été, le téléphérique du Brévent donne accès à un magnifique belvédère panoramique accessible par un court escalier. Le panorama est alors splendide, avec d'une part la vallée de Chamonix et le massif du Mont-Blanc où l'on peut voir tourner les téléphériques de l'Aiguille du Midi, d'autre part les basses vallées en direction par la suite du Val d'Arly et du Beaufortain. De l'autre côté, on peut apercevoir les jours de beau temps Flaine et une partie du Chablais.
Le sommet du Brévent est également un site d'escalade réputé dans la vallée de Chamonix et un lien de décollage prisé par les parapentistes. Enfin, de nombreuses randonnées sont possibles à l'arrivée du téléphérique, notamment en direction de Planpraz, mais aussi du col du Brévent pour le tour du Mont Blanc. À l'opposé, le chemin suit les crêtes vers le lac du Brévent dans un premier temps en longeant les crètes avant de descendre sur Servoz, en fin des gorges de la Diosaz.

Image
Situation du téléphérique du Brévent sur le plan été du site Brévent-Flégère.

Image
Le lac du Brévent, écrin turquoise au pied de l'arrivée du téléphérique au cœur du massif des Aiguilles Rouges.


Du téléphérique précédent, le Brévent version 1987 ne reprend que le tracé audacieux sans pylônes entre Planpraz et le sommet. La gare aval permet d'entraîner les deux tracteurs à l'aide d'un moteur électrique principal relié à une poulie à double-gorge. À l'arrière de ce dispositif, quatre contrepoids tendent les deux séries de porteurs. Cet appareil est donc unique en France : c'est le seul bicâble porteur ET tracteur.

Image
Vue sur les quatre câbles : deux porteurs encadrant deux tracteurs.

Image
Vue rapprochée d'un câble porteur de type « clos ».


Voici donc les caractéristiques de ce téléphérique :


Caractéristiques administratives

TPH-Téléphérique bicâble à va-et-vient : BRÉVENT
Exploitant : CMB (Compagnie du Mont-Blanc)
Maîtrise d’œuvre : Denis Creissels SA (DCSA)
Maître d'ouvrage : Société Touristique du Mont-Blanc (STMB)
Constructeur : Montaz-Mautino
Année de construction : 1987

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : Hiver et Été
Capacité : 60+1 personnes
Débit à la montée : 1000 personnes/heure (100 %)
Débit à la descente : 1000 personnes/heure (100 %)
Vitesse d'exploitation maximale : 12 m/s

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 2015 m
Altitude amont : 2519 m
Dénivelée : 504 m
Longueur développée : 1350 m
Longueur horizontale : 1237 m
Hauteur de survol maximale : 285 m
Pente maximale : 65 %
Pente moyenne : 40,74 %
Temps de trajet : 1 minute 52 secondes

Caractéristiques techniques

Emplacement motrice : Aval
Diamètre de la poulie motrice : 3000 mm
Type de motorisation : Courant continu
Puissance développée : 430 kW
Moteur de secours : Thermique
Emplacement tension des câbles porteurs : Aval
Emplacement tension des câbles tracteurs : Amont
Type de tension des câbles tracteurs : Contrepoids
Tension nominale des câbles tracteurs : 18 746 daN (par contrepoids de 18 746 kg)
Type de tension des câbles porteurs : Nappe de tension
Masse d'un des contrepoids des câbles porteurs : 24 525 kg
Nombre de pylônes : 0
Nombre de cavaliers par voie : 3
Dispositif d'accouplement : Mordache (attache fixe)
Nombre de véhicules : 2
Constructeur des véhicules : Montaz-Mautino
Chariot : Type indéraillable, 2×8 galets de roulement
Charge utile : 4870 kg

Caractéristiques des câbles

* Câbles tracteurs (2001)

Fabricant du câble : TREFILEUROPE
Type de câblage : Lang à droite
Âme : Compacte
Composition : 6×17 fils
Diamètre : 26 mm
Pas de câblage : 182 mm
Résistance à la rupture : 49 670 daN
Section du câble : 264 mm²

* Câbles porteurs (1982)

Fabricant du câble : TREFILEUROPE
Type de câblage : Clos
Diamètre : 30 mm
Résistance à la rupture : 89 258 daN
Pas de toronnage : 223 mm

* Câbles de tension des câbles porteurs (2003)

Fabricant du câble : TREFILEUROPE
Type de câblage : Clos
Diamètre : 24,40 mm
Résistance à la rupture : 60 525 daN

* Câbles de tension du câble porteur intérieur gauche (2013)

Fabricant du câble : ARCELOR MITTAL
Type de câblage : Clos
Diamètre : 23,70 mm
Pas de câblage : 87 mm
Résistance à la rupture : 55 000 daN
Section du câble : 366 mm²


Ligne et infrastructures du téléphérique du Brévent

La gare aval - Planpraz (2015 m)

La gare aval est située à 2015 mètres d'altitude et est accessible par une longue passerelle. Elle arbore une structure minimale basée sur l'utilisation de tubulaires.
Elle assure la mise en mouvement des câbles tracteurs et la tension, par contrepoids, des câbles porteurs.


Image
Vue en contre-plongée depuis la télécabine de Planpraz.

Image
Vue de trois-quarts d'un peu plus haut.

Image
Vue en contre-plongée dans l'axe de la ligne.

Image
Vue de trois-quarts depuis le sol.

Image
Vue de trois-quarts depuis la plate-forme panoramique à la sortie de la télécabine de Planpraz.

Image
Vue d'ensemble de la gare depuis le sol.

Image
La structure de la gare et le local de la machinerie en retrait.

Image
La gare aval face aux aiguilles de Chamonix.

Image
Vue de face de la gare aval face à l'aiguille du Midi et le massif du Mont-Blanc.

Image
Le quai de gauche.

Image
Une cabine en attente dans ce même emplacement.

Image
L'ajustement des portes de la cabine par rapport au quai.

Image
Le sabot de la voie de gauche en gare aval.

Image
Vue d'ensemble de la gare aval depuis les quais de la gare amont.



La ligne

La ligne a un dénivelée de 504 mètres pour une longueur de 1350 mètres. Elle est constituée d'une unique portée libre entre les gares aval et amont, comme sur le précédent appareil. Après avoir survolé la ligne de la télécabine de Planpraz, la ligne s'envole au-dessus des paysages rocheux en impressionnant dévers du massif des Aiguilles Rouges avant de gravir la falaise située sous le Brévent, d'ailleurs très appréciée pour sa verticalité par les fondus d'escalade !

Je vous renvoie à une copie d'écran vidéo du logiciel GHTyro pour mieux vous rendre compte du profil en long du téléphérique : https://www.youtube.com/watch?v=kgOeXg4uw08.


Image
Vue d'ensemble de la ligne depuis le télésiège du Glacier des Bossons.

Image
Ligne depuis la gare aval.

Image
Survol de la télécabine de Planpraz.

Image
C'est parti pour la longue portée libre en direction du Brévent.

Image
Passage sous les premiers cavaliers de ligne.

Image
Le croisement des cabines est imminent.

Image
Approche des cabines vue depuis le sommet du Brévent. On peut apercevoir plusieurs dizaines de mètres en-dessous le sentier d'accès à Planpraz.

Image
Croisement avec l'autre cabine au niveau des seconds cavaliers.

Image
Dernière série de cavaliers.

Image
Arrivée au sommet du Brévent.



La gare amont - Le Brévent (2519 m)

La gare amont est située à 2.519 mètres d'altitude, un peu en dessous du sommet du Brévent. Elle offre un panorama imprenable sur le massif du Mont-Blanc et est le point de départ de belles ballades en été mais aussi de la célèbre piste noire Charles Bozon en hiver. On y trouve un point de restauration et des sanitaires. Techniquement, la station assume la tension des câbles tracteurs et l'ancrage des câbles porteurs.
Notons que les portillons des quais ont été sécurisés courant l'automne 2009.

Image
Gare amont vue depuis la ligne.

Image
Arrivée d'une cabine en gare amont au Brévent.

Image
Vue en contre-plongée depuis la piste noire Charles Bozon.

Image
Autre vue en contre-plongée depuis la piste noire Charles Bozon.

Image
Une cabine à quai.

Image
Le système de fermeture des quais.

Image
Vue plus générale où l'on se rend encore mieux compte de l'aspect aérien de la structure.

Image
Vue d'ensemble des quais de la gare amont.

Image
Vue de trois-quarts de la structure depuis la plate-forme d'arrivée.

Image
Partie supérieure de la gare amont.

Image
Angle de vue plus large.

Image
Vue arrière en léger contre-plongé.

Image
Vue arrière dans l'axe des câbles.

Image
Vue en contre-plongée où l'on voit encore mieux la situation en balcon de la gare amont.

Image
Vue en plongée depuis une des terrasses du sommet du Brévent.

Image
Vue de face.



Les véhicules

Le téléphérique possède 2 cabines de 60 places chacune conçues par Montaz-Mautino. Elles ont été repeintes en rouge en 2012, et le système des portes a été renouvelé par le même temps.
Grâce à l’absence de pylônes, les ingénieurs ont pu installer des chariots indéraillables. Ainsi la structure du chariot enchâsse les câbles porteurs et les câbles tracteurs et s'accroche à ces derniers câbles grâce à deux mordaches. Notons également que les freins de chariot ont été démontés en 1988.

Image
Croisement d'une cabine arborant l'ancienne décoration.

Image
Vue en plongée d'une cabine anciennement décorée dans le brouillard.

Image
Vue en plongée sur une des deux cabines.

Image
Une cabine face à l'entrée du tunnel du Mont Blanc.

Image
Cabine face à l'aiguille du Midi.

Image
Vue de face d'une cabine.

Image
Une cabine survolant la télécabine de Planpraz.

Image
Intérieur de la cabine.

Image
Avant de la cabine.

Image
Pupitre de commande en cabine.

Image
Volants permettant d'actionner l'ouverture et la fermeture manuelle des portes des cabines.

Image
Plaque des caractéristiques d'une des deux cabines.

Image
Vue zoomée sur le chariot.

Image
Chariot en gare amont.

Image
Vue par-dessous sur les galets de roulement sur le câble porteur et les mordaches enserrant le câble tracteur.

Partie 2
Auteur de ce reportage : remontees
Section écrite le 13/05/2016 et mise à jour le 13/05/2016
(Mise en cache le 23/10/2016)

Au cœur du téléphérique du Brévent

L'entraînement principal et de secours des câbles tracteurs

L'entraînement du câble tracteur, que ce soit en marche normale ou de secours, est effectué sous la gare aval.
Avant d'être entraînés par le treuil situé sous la gare aval, les câbles tracteurs sont redirigés via une série de poulies de déviation afin qu'il entre parfaitement dans la poulie motrice à double-gorge.
Le système de télétransmission assure la transmission par les câbles tracteurs des signaux entre les gares et les cabines, et permet de détecter un chevauchement entre tracteurs et porteurs.


Image
Schéma de l'organisation générale de la machinerie en gare aval.

Image
Poulies de redirection du câble tracteur vers la machinerie.

Image
Vue rapprochée de l'une des poulies de renvoi.

Image
Vue arrière d'une poulie de renvoi. On remarque très bien l'inclinaison de la poulie.

Image
Galets assurant une légère redirection des câbles tracteurs.

Image
Dynamo-tachymétrique sur l'un des galets afin de contrôler la vitesse des câbles tracteurs : s'il y a plus d'un pour-cent de différence, le téléphérique est arrêté. On retrouve un second dispositif similaire au niveau des poulies de déviation juste au-dessus.

Image
Couplage inductif du câble tracteur permettant la télétransmission avec les cabines et le contrôle de chevauchement.

Image
Mesure du signal dans les câbles tracteurs, qui permet, avec des capteurs équivalents autour des porteurs, de détecter le chevauchement des câbles en ligne.

Image
Système de mise à terre des câbles tracteurs lors des périodes d'arrêt et d'orage.


Afin de mettre en mouvement les câbles tracteurs du téléphérique, il a été décidé d'installer une seule poulie motrice sous la gare aval mise en mouvement en marche normale par un moteur électrique et en marche de secours via un moteur thermique. Le moteur électrique ABB qui équipe le téléphérique fonctionne par courant continu et développe 430 kW.
Notons qu'un frein/ralentisseur à induction vient se greffer pour la marche de secours suivant un deuxième axe relié par courroie à l'axe provenant du moteur thermique.

Image
Le moteur électrique principal ABB.

Image
La dynamo-tachymétrique présente à l'arrière du moteur électrique.

Image
Le réducteur faisant la liaison entre le moteur électrique et la poulie motrice à double gorge.

Image
Axe de désaccouplement du moteur électrique pour utiliser le moteur thermique.

Image
La poulie motrice avec l'axe provenant du moteur thermique.

Image
Vue de face de la poulie motrice.

Image
Autre vue de la poulie motrice, du côté opposé au treuil.

Image
Vue d'ensemble de la chaîne cinématique.

Image
La chaîne cinématique de la marche de secours. Tout en haut à droite, on trouve un frein/ralentisseur à induction Telma pour la marche de secours.

Image
Le moteur thermique de secours.

Image
Les commandes situées de l'autre côté du moteur thermique.



Ancrage et tension des câbles porteurs

Les câbles porteurs sont tendus dynamiquement en gare aval par quatre contrepoids, deux pour chaque voie, et ancrés à plusieurs dizaines de mètres à l'arrière de la gare amont, au-dessus du lac du Brévent. Les câbles porteurs ne sont pas directement accrochés aux contrepoids : une mordache vient lier la terminaison de chaque câble à une nappe de cinq câbles tension rattachée au contrepoids. Pour l'ancrage en gare amont, le même principe est également utilisé : des mordaches à l'arrière de la gare amont relient les câbles porteurs à des câbles supplémentaires ancrés à plusieurs dizaines de mètres plus loin sur des massifs en béton.

Image
Vue générale des renvois vers les contrepoids des câbles porteurs.

Image
Vue extérieure de deux mordaches de liaison contrepoids-câbles porteurs.

Image
Vue rapprochée de la mordache.

Image
Extrémité attachée au câble porteur.

Image
Mordaches et câbles de liaison vers l'un des deux contrepoids des câbles porteurs.

Image
Poulie de déviation vers la fosse du contrepoids.

Image
La fosse du contrepoids.

Image
Mordaches à l'arrière de la gare amont réalisant l'interface entre les câbles porteurs et d'autres câbles ancrés plusieurs dizaines de mètres plus loin.

Image
Vue d'ensemble des câbles reliant les câbles porteurs aux ancrages.

Image
Un ancrage.

Image
En hiver, les ancrages deviennent quasiment invisibles sous d'épaisses couches de neige.

Image
Vue dans l'axe de la ligne.

Image
Vue rapprochée sur tous les systèmes de liaison entre les câbles et le système d'ancrage.

Image
Tiges filetées reprenant la tension entre le « panier à salade » et le massif.



Tension des câbles tracteurs

Afin de conserver une tension toujours adaptée, les boucles des câbles tracteurs sont tendues à l'arrière de la gare amont via deux contrepoids officiant chacun pour une boucle de câble. Celui-ci coulisse sur une grande colonne de plusieurs dizaines de mètres de haut. Suivant la charge en ligne, le contrepoids descend pour tendre le câble ou remonte pour le détendre : on parle ainsi de tension dynamique.

Image
Poulies de redirection des câbles tracteurs.

Image
Zoom sur une poulie de redirection à double gorge. On aperçoit aussi des mordaches pour faire la liaison entre les câbles porteurs et les ancrages.

Image
Zoom sur deux poulies de déviation des câbles tracteurs.

Image
Vue de profil de ces mêmes poulies.

Image
Vue d'ensemble du bloc où coulissent les contrepoids.

Image
Vue de dessus des quatre poulies retour des deux contrepoids.

Image
Vue d'ensemble du bloc de tension.

Image
Vue de face.


Les commandes

Le poste de commande est situé en gare aval face aux quais d'embarquement. Au fond du local, on retrouve les armoires de commande centralisant tout les circuits électroniques du téléphérique.
Tout ce matériel électrique est d'origine, à savoir de 1987.

Image
Vue d'ensemble du poste de conduite en gare aval.

Image
Entrons dans le poste de conduite à présent.

Image
Le pupitre de commande.

Image
Partie gauche du pupitre avec l'afficheur SEIREL et le téléphone de service.

Image
Vue d'ensemble du système électronique de l'armoire de commande.

Image
Partie basse de l'armoire de commande avec les nombreuses fiches des circuits électroniques.

Image
Quelques boutons permettant de contrôler les armoires électriques.

Image
Voyants de contrôle au-dessus des armoires.



Équipements de sécurité : freinage et sauvetage

Le téléphérique du Brévent est équipé d'un frein de service mécanique situé sur la poulie motrice ainsi que d'un frein d'urgence.
Le frein de service tombe sur action de l'automate en cas de chevauchement, de défaut d'alimentation, etc et s'enclenche à chaque arrêt afin d'éviter que les cabines ne se déplacent alors qu'elles sont à quai, d'où son appellation de "frein de parking". Le frein d'urgence est lui mis en marche en cas de survitesse, dégivrage ou plus simplement lorsque l'exploitant presse le bouton d'arrêt d'urgence. De manière classique, le frein d'urgence agit sur la poulie motrice au plus près du câble. Le frein de service n'agit pas sur l'arbre rapide entre le moteur et le réducteur, mais directement sur la poulie motrice, ce qui est moins courant pour l'époque.
Ce sont les deux seuls équipements de freinage présents sur le téléphérique : le frein de chariot a en effet été supprimé en 1988.

Image
La centrale des freins est située de l'autre côté de la poulie motrice à double-gorge.

Image
Le frein d'urgence.

Image
Les mâchoires du frein d'urgence.

Image
Le frein d'urgence sur la poulie à double gorge.

Image
Le frein de service.


L'opération de sauvetage est réalisée grâce à un véhicule conservé à l'avant du quai central de la gare amont. Pour le mettre en ligne, il faut tout d'abord enlever le lien en câble qui le retient à la gare. Un autre câble relié au chariot du véhicule de service permet de le remonter au niveau des câbles du téléphérique. Pour cela, un petit treuil est au-dessus d'une potence redirigeant la câblette au-dessus du véhicule de service.

Image
Structure du système permettant de hisser le véhicule de service.

Image
L'accroche à la câblette au niveau du chariot du véhicule de service.

L'accès au plateau de service se fait via une passerelle sous le quai central. On retrouve deux étages sur ce véhicule de service.

Image
Vue d'ensemble en contre-plongée du véhicule de service depuis la cabine du téléphérique.

Image
Le chariot vu de dessus.

Image
Le chariot vu de dessous.

Image
Vue de côté du véhicule de service.

Image
Vue de dessus sur le plateau supérieur du véhicule.



Autres vues…

Image
Vue opposée avec une cabine en train de monter.

Image
Cabine partant du sommet du Brévent pour Planpraz.

Image
Cabine en milieu de ligne.

Image
Vue d'ensemble de la ligne depuis la Flégère.

Image
Regard sur la ligne du téléphérique du Brévent au petit matin.


Brévent, un téléphérique à l'ombre de l'aiguille du Midi ?

Aujourd'hui, le téléphérique du Brévent permet plus que jamais l'accès à un site mythique de la vallée de Chamonix. Indispensable en hiver pour la desserte du sommet du domaine skiable où l'on trouve l'une des pistes les plus en vue de la vallée de Chamonix, le tout dans un cadre sublime. Mais été comme hiver, c'est un appareil clé pour le tourisme. En complément de la télécabine de Planpraz, il permet l'accès à un panorama splendide et un départ de randonnées dans le massif des aiguilles Rouges. C'est sans compter toutes les activités desservies au sommet. Brévent s'inscrit donc parfaitement dans une démarche de valorisation des sites touristiques et de diversification des activités pour rendre toujours plus attractif ce magnifique site chamoniard.
Il n'a absolument rien à envier au site de l'Aiguille du Midi et vient se poser été comme hiver en site alternatif, sauvage et modérément fréquenté tout en offrant une vue splendide sur des paysages qui le sont tout autant. Preuve en est du tournage début 2013 du téléfilm « Piège de glace » en gare amont du téléphérique.

Image
De Planpraz à Brévent, bientôt cent ans que ce duo fonctionne à merveille pour la plus grande fierté de la vallée de Chamonix autant l'été pour la desserte d'un site touristique réputé…

Image
… qu'en hiver pour la desserte d'un panorama et d'une descente mythique au sommet du domaine de Brévent-Flégère.


Photos : Chamonix, j'ib, Kenzo, l'Alexois, lolo42 et remontees
Texte et mise en page : lolo42, l'Alexois et remontees
Bannière : Bovinant

Je tiens à remercier tout le personnel de ce téléphérique pour la visite et les explications.



Suivre la discussion sur le forum


Appareils en relation :





Contact - Mentions Légales - Cookies
Site déclaré à la CNIL sous le numéro 1173095
Page générée en 0.09614 secondes. 32 requete(s).
129 membres connectés sur les forums
Valid XHTML 1.0 Transitional 
©2003-2016 - www.remontees-mecaniques.net - Tous droits réservés