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 TPH V du Jandri 2

Les Deux Alpes

Ceretti & Tanfani

T2 ES
Description rapide :
Un téléphérique à va-et-vient aux Deux Alpes

Mise en service en : 1973

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Auteur de ce reportage : Bovinant
Section écrite le 27/10/2015 et mise à jour le 11/11/2015
(Mise en cache le 12/11/2015)

Je vous présente un reportage sur le téléphérique à va-et-vient du Jandri 2 aux Deux Alpes :

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Au sommaire :

• Découvrez Les Deux Alpes
• Historique : du téléphérique automoteur au téléphérique à va-et-vient
• Le téléphérique du Jandri 2
• Ligne et infrastructures
• Véhicules et chariots
• Le téléphérique, vu depuis les pistes
• Le Jandri 2 en exploitation estivale
• Conclusion


Découvrez Les Deux Alpes

Les Deux Alpes est un domaine skiable situé dans le massif de l'Oisans en Isère. Il est implanté sur les alpages de deux villages : Venosc, coté vallée du Vénéon et Mont de Lans, coté vallée de la Romanche.

L'histoire des Deux Alpes débute dès 1938 à l'Alpe de Mont de Lans avec la construction d'un premier téléski. En 1946, la commune voisine de Venosc réalise à l'Alpe éponyme, un téléski. La création des Deux Alpes, résulte de l'unification des domaines aménagés par les deux communes dans les années 1950. C'est d'ailleurs durant ces années que le domaine skiable connaît ses premières extensions. Pendant celles-ci, l'exploitant a d'abord aménagé les pentes situées en aval du plateau des Crêtes, puis dans les années 1970, le glacier de Mont de Lans est atteint puis aménagé avec dans un premier temps, les téléskis de Puy-Salié. À plus de 3100 mètres d'altitude, ces aménagements marquent le début de l'exploitation du ski d'été. C'est notamment grâce à ce glacier que le domaine des Deux Alpes connaît une importante renommée. On notera en 1985, la construction des mythiques DMC du Jandri Express I et II qui ont permis d'assurer un meilleur accès au secteur d'altitude. A partir des années 1990, le domaine skiable se modernise avec le remplacement d'installations vieillissantes comme la télécabine du Diable en 2012 par un télésiège débrayable.

De nos jours, le domaine skiable des Deux Alpes s’étend entre 1300 et 3515 mètres d'altitude, du village de Mont de Lans au sommet de la crête de Puy Salié, sur le glacier de Mont de Lans. Ce domaine se compose de 89 pistes qui totalisent environ 134 km. Cet espace est desservi par un parc de 47 remontées mécaniques comprenant 1 tapis roulant, 1 télécorde, 1 ascenseur, 1 funiculaire, 20 téléskis, 19 télésièges dont 7 débrayables, 2 télécabines, 1 téléphérique ainsi que 2 DMC avec les fameux Jandri Express I et II.
Les Deux Alpes propose également lors de la saison estivale, de nombreuses activités tel que du VTT de descente, de la randonnée ainsi qu'un important domaine de ski d'été sur le glacier de Mont de Lans.

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^^ Cliquez sur le logo pour accéder à une présentation des Deux Alpes plus détaillée. ^^


Historique : du téléphérique automoteur au téléphérique à va-et-vient

L'aménagement du domaine skiable des Deux Alpes, commence en 1938 avec la construction d'un téléski sur le versant Vallée Blanche de la station. Après l'installation d'un autre téléski en 1946 sur ce secteur, l'exploitant cherche à aménager le versant opposé du Jandri. En effet, contrairement à la Vallée Blanche, ce secteur présente les avantages d'être plus vaste et plus haut en altitude car s’étendant jusqu’à 3500 mètres. De plus, il dispose d'une meilleure orientation car tourné vers l'ouest. La neige est donc généralement plus abondante sur ce versant.

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Les débuts de l'aménagement des Deux Alpes avec le téléski de Pied Moutet sur le versant de la Vallée Blanche. (DR)


Le versant du Jandri commence à être aménagé à partir de 1951 avec la construction par Cotet-Dubois du téléski à perches fixes de Côte Brune. Cette installation est mise en service en 1952. Ce téléski desservait le front de neige de l'Alpe de Venosc.

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Le début de la ligne du téléski de Côte Brune. (DR)


En 1955, la télécabine deux places du Diable est construite par Neyret Beylier. Cette télévoiture a ainsi permis d'accéder pour la première fois au sommet du plateau des Crêtes, à plus de 2400 mètres d'altitude. Cet appareil desservait ainsi pour la première fois aux Deux Alpes, des pistes difficiles et longues tel que la piste du Diable, raide et proposant un dénivelé de plus de 800 mètres.

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La ligne de la télécabine du Diable depuis sa gare aval. Le téléski des Rivets est visible à gauche et sur la droite, on remarque les nombreuses bosses de la piste du Diable.(DR)


En 1960, le téléski débrayable de la Belle Étoile est construit. Il crée ainsi un second accès au secteur des Crêtes mais permet contrairement à la télécabine du Diable, de parvenir au bas de ce plateau. Sa pente était très raide, ce qui rendait le téléski difficile et donc peu adapté aux skieurs débutants.
Six ans plus tard, le télésiège biplace de Lutins-Crêtes est installé. Plus confortable que le téléski de la Belle Étoile, ce télésiège a permis aux skieurs peu confirmés d'accéder plus facilement, au bas du plateau des Crêtes, à 2100 mètres d'altitude. En effet, depuis 1961 et la construction du téléski des Crêtes, les skieurs débutants peuvent enchaîner les pistes faciles sur ce secteur sans avoir à redescendre jusqu’au bas des Deux Alpes.

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Le front de neige de l'Alpe de Mont de Lans, avec notamment le télésiège de Lutins-Crêtes. A l'extrême gauche, on peut apercevoir, le téléski de la Belle Étoile. (DR)


Durant les années 1960, la station des Deux Alpes se projette une fois de plus dans l’extension de son domaine skiable. Elle imagine alors de nouveaux aménagements dont certains qui ne verront jamais le jour comme ceux prévus sur le versant ouest de la Vallée Blanche, au-dessus du hameau des Travers. En revanche, les liaisons skis aux pieds avec les villages de Mont de Lans et de Bons ont été réalisées.

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Vue d’ensemble des différents projets du domaine skiable sur le plan des pistes des Deux Alpes de 1964/1965.


C'est également pendant ces années 1960 que la station conçoit les premières ébauches d'un projet ambitieux. Ce dernier a pour objectif de rallier le dôme de la Lauze sur le glacier de Mont de Lans, à plus de 3500 mètres d’altitude puis d'y développer le ski, été comme hiver. La station prévoit également l'aménagement du secteur de la Toura entre 2600 et 2900 mètres d'altitude. Pour relier les Deux Alpes à ce glacier, l’exploitant prévoit de réaliser une télécabine en trois tronçons partant de la station et parvenant jusqu'au Pic Jandri. Une première gare intermédiaire est prévue aux Crêtes afin d'améliorer la desserte de ce plateau et une seconde station est envisagé à la Toura afin de développer ce secteur d'altitude. Cette télécabine est indiquée par une flèche rouge et la lettre « A » sur le plan des pistes suivant :

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Zoom sur ce plan des pistes et le projet d'extension sur le versant du Jandri.


Cependant, le projet définitif afin d’étendre le domaine skiable sur le versant du Jandri, diffère légèrement de celui imaginé au milieu des années 1960. A la fin de ces années, les Deux Alpes prévoient de rallier durant les années 1970, non pas le Pic Jandri mais le col éponyme à 3150 mètres d'altitude. Pour relier la station à ce col, l'exploitant souhaite créer une chaîne de plusieurs remontées mécaniques, d'abord entre la station et les Crêtes puis entre ce plateau et le secteur de la Toura et enfin entre la Toura et le front du glacier de Mont de Lans.
Le premier maillon de cette chaîne que la la station prévoit de réaliser est l'installation qui relie les Crêtes à la Toura puisque ce plateau est déjà accessible via de nombreux appareils tel que le télésiège de Lutins-Crêtes.
Cependant, la combe du Thuit, profonde d'une centaine de mètres sépare le secteur des Crêtes de la Toura. Afin de relier directement ces deux secteurs, c'est à dire sans descendre dans cette combe ou la contourner, l'exploitant a dû trouver le type de remontée mécanique qui supporte à la fois les longues portées et les hauts survols. La station a ainsi retenu, contrairement au projet initial, la solution d'un téléphérique et non d'une télécabine.

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La situation du futur téléphérique (en rouge), par rapport à la Combe du Thuit et aux autres remontées mécaniques à la fin des années 1960. (© Google Earth - Droits réservés).


Pour cette installation, la station exige un appareil capable d'absorber un débit élevé de skieurs car elle va devenir la seule permettant l’accès au domaine d'altitude. Elle se tourne ainsi non pas vers un téléphérique à va-et-vient classique mais vers un téléphérique novateur, automoteur, développé par la société Iséroise Neyrpic (anciennement Neyret Beylier). En effet, avec un téléphérique automoteur, les cabines sont indépendantes et chacune dispose de son propre câble porteur et de sa propre motorisation puisqu'il n'y a aucun câble tracteur. Pour le projet du Jandri, il est prévu de mettre en place deux voies, une pour la montée, l'autre pour la descente avec au minimum, une cabine et au maximum deux cabines par voie. Ainsi grâce à,cette technique, il est possible en cas de forte fréquentation d'améliorer le débit de l'appareil avec l'ajout d'une cabine par voie. En temps normal, les cabines non utilisées sont entreposées en gare aval. Il est alors, par exemple possible de faire circuler deux cabines sur la voie montante et une sur la voie descendante si la demande des skieurs pour monter est plus élevée. Le débit provisoire que souhaite atteindre la station grâce à ce téléphérique est de 3000 personnes à l'heure, ce qui est une prouesse technique pour l'époque.

La concrétisation de ce projet visant à aménager le versant du Jandri commence en 1970, avec la construction de ce téléphérique, nommé Lac Noir. La société Neyrpic réalise ainsi aux Deux Alpes le premier téléphérique automoteur pour passagers, six ans après avoir construit aux Pays-Bas, le premier téléphérique automoteur, qui était à caractère industriel. Lors de la mise en service de ce téléphérique en 1970, seule une voie de l'installation est fonctionnelle. En effet, Neyrpic souhaitait dans un premier temps, tester l'appareil avec une ou deux cabines en fonction de la demande sur un seul câble porteur qui servait à la fois pour la montée et la descente. Lors de sa première année d'exploitation, ce téléphérique est équipé de deux cabines qui peuvent accueillir chacune 43 passagers. Chaque cabine se déplace sur le câble porteur grâce à deux moteurs diesel qui fournissent chacun une puissance de 110 cV, permettant ainsi de faire tourner les galets du chariot et par conséquent permettant de mettre en mouvement la cabine. Ces véhicules sont contrôlés par un cabinier disposant d'un pupitre de commande dans sa cabine. Il peut ainsi arrêter ou démarrer la cabine, activer ses freins et contrôler sa vitesse. Dès sa première année d'exploitation, le téléphérique automoteur du Lac Noir fut renommé le "Tramway des neiges"en raison de sa ressemblance avec ce mode de transport urbain.
Par la suite, il est prévu de mettre en fonctionnement l'ensemble du téléphérique automoteur du Lac Noir, c'est à dire ses deux voies.

Quelques photos de cet ancien appareil :

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La gare aval du téléphérique automoteur du Lac Noir. La seconde cabine prévue en cas de forte fréquentation est entreposée à l’arrière de la station.

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Une cabine du "Tramway des Neiges".


En 1971, la réalisation du projet d'aménagement du versant du Jandri continue. Cette année là, est construit puis mis en service par Montaz Mautino le télésiège fixe deux places de la Toura sur le secteur éponyme. Son tracé était identique à celui du télésiège de la Toura actuel. Cet appareil était accessible depuis la gare amont du téléphérique automoteur du Lac Noir.

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Le télésiège fixe de la Toura avec le massif des Grandes Rousses à l'arrière-plan. (DR)


En 1972, la station des Deux Alpes investit massivement dans la construction de nouvelles remontées mécaniques et l'agrandissement de son domaine skiable. Cette année là, le col du Jandri est aménagé avec la construction de la télécabine débrayable quatre places du Jandri 3 par Pomagalski (aujourd'hui remplacée sur un tracé légèrement différent par le télésiège débrayable des Glaciers). Elle a permis de relier la Toura au glacier de Mont de Lans à 3200 mètres d'altitude. Cette même année est également construit, le télésiège fixe deux places de la Rouge par Weber. Ce dernier a ainsi permis d'augmenter le débit des remontées mécaniques partant du front de neige des Deux Alpes et donnant accès aux Crêtes. Ce secteur est devenu très prisé et fréquenté. En effet, il dispose d'un espace débutant d'altitude et permet d'accéder au téléphérique automoteur du Lac Noir qui est le principal moyen d'atteindre le secteur d'altitude. Ce téléphérique va d'ailleurs devenir la véritable clé de voûte de la liaison vers le glacier de Mont de Lans. Enfin, Montaz-Mautino construit en ce début des années 1970, le télésiège fixe deux places du Grand Nord afin de créer un second accès au secteur de la Toura. Cet appareil partait de l'actuel emplacement de la gare aval du télésiège des Bellecombes et arrivait quelques mètres au-dessus de la gare amont du téléphérique automoteur du Lac Noir. Ce télésiège était accessible via une piste qui reliait le sommet du plateau des Crêtes à sa gare aval (actuelle piste des Bellecombes 1).

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La station aval et la première portée de la ligne du télésiège fixe deux places du Grand Nord. (DR)

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La gare aval et le début de la ligne de la télécabine débrayable du Jandri 3. (DR)


En cette année 1972, Neyrpic souhaite mettre en service, la deuxième voie du téléphérique automoteur du Lac Noir suite au bon fonctionnement de la première voie. Les travaux débutent en avril et se terminent à l'automne de cette même année. Durant cette saison, en octobre, l'entreprise de montage Montalev réalise des essais afin de contrôler le bon fonctionnement du téléphérique. Ainsi, le 26 octobre, cette société procède à la mise en place de deux cabines, une montante et l'autre descendante afin de tester en condition réelles d'utilisation l'évolution de deux cabines sur les voies du téléphérique. Cependant, les équipes de techniciens qui étaient en gare aval et ceux qui étaient en gare amont, n'ont pu se concerter notamment du fait de l'épais brouillard qui séparait les deux stations. Par conséquent, ils ont placé la cabine montante et descendante sur la même voie sans s'en apercevoir.

Lors de la mise en marche du téléphérique automoteur, en fin de journée, la cabine descendante a perdu tout contrôle de ses 3 systèmes de freinages. Elle a donc pris une vitesse conséquente de plus de 100 km/h. Le cabinier du véhicule amont a essayé d'activer son frein d'urgence mais celui-ci n'a pas fonctionné et pire a éclaté. Cela a provoqué le décrochage de cette cabine au moment même où elle a percuté violemment celle aval. Ainsi les deux véhicules du téléphérique du Lac Noir ont chuté et sont venus s'écraser des dizaines de mètres plus bas, au niveau du lac du Plan. Le reste de l'équipe menant les essais et les secours sont ensuite parvenus sur le lieu de l'accident, et ont pu constater les dommages matériels. Les deux cabines ont formé un amas de tôles et des débris dont certains sont présents jusque des dizaines de mètres autour du lieu de l'incident. De plus, ils ont extrait des décombres, 9 morts, les 9 techniciens et ouvriers qui effectuaient des tests dans les deux cabines lors de l'accident. Cet événement a laissé de nombreux souvenirs tragiques chez les ouvriers et habitants des Deux Alpes de l’époque. Il mit également fin à la mise en place du téléphérique automoteur du Lac Noir, qui n'a ainsi, jamais vu le jour dans son intégralité. Ce projet est alors définitivement abandonné et ce type de remontée mécanique pourtant novateur, ne sera plus construit car jugé dangereux.

Quelques années après l'incident, en mars 1975, un procès est mené à l'encontre du constructeur Neyrpic et de la société de montage, Montalev qui sont jugés responsables de cet accident. Des expertises ont en effet prouvé que l’inefficacité et la fragilité des freins présents sur les chariots des cabines engrangeaient un manque de sécurité pour les passagers. De plus, l'absence d'un système automatique qui empêcherait une cabine montante et descendante de circuler sur le même câble est aussi sanctionné. Deux responsables de la société Neyrpic sont condamnés à des peines de prisons avec sursis et un troisième à payer une forte amende. Cela marque un énorme coup dur pour cette entreprise qui est contrainte de fermer son département remontées mécaniques.

Quelques articles du Dauphiné Libéré relatant de cet accident :

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La une du Dauphiné Libéré du 27 octobre 1972, c'est à dire du lendemain de l'incident.

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Une photographie des deux cabines qui ne sont plus que des débris de tôles au niveau du lac du Plan.

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Un article du Dauphiné Libéré revenant sur cet accident lors d'une édition spéciale de ce magazine publiée en 2007 (cliquez sur l'image pour l'afficher dans de plus grandes dimensions).


Pour plus d'informations:

Lien vers le journal télévisé du lendemain de l'accident (début du reportage vers 7 min 30 sec) : Reportage sur l'accident du téléphérique automoteur du Lac Noir

En 1973, la station des Deux Alpes décide finalement de remplacer le téléphérique automoteur par un téléphérique classique à va-et-vient afin de relier le secteur des Crêtes à celui de la Toura. Cette liaison est devenu indispensable sur le domaine skiable. En effet, il s'agissait du moyen le plus important pour accéder au domaine d'altitude et notamment au renommé glacier de Mont de Lans, à plus de 3200 mètres d'altitude.
Le constructeur italien Ceretti Tanfani est choisi pour la réalisation de ce nouveau téléphérique, renommé Jandri 2, sur un tracé identique à celui de l'ancienne installation. Ainsi, certains éléments du téléphérique automoteur ont été récupérés tels que les pylônes et les infrastructures des gares aval et amont afin de construire le nouveau téléphérique. En revanche, les cabines, les câbles et les bâtiments accueillants les infrastructures des stations sont neufs.

Quelques photos de cette installation durant ces premières dizaines d'années d'exploitation :

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La gare aval de cette installation dans les années 1980. La couleur rouge des infrastructures de la gare est bien reconnaissable avec celle de l'ancien téléphérique automoteur.

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La ligne de cette installation pendant ces mêmes années. On remarque encore une fois la couleur rouge des pylônes qui depuis ont été comme les gares repeins en gris.


Cette année 1973, voit également la construction et la mise en service de la télécabine débrayable du Jandri 1 par Pomagalski. Cette nouvelle remontée mécanique a pour objectif de relier efficacement le bas de la station des Deux Alpes au secteur des Crêtes. Cette télécabine moderne permet ainsi d'améliorer le débit des appareils permettant l'accès à ce secteur et par conséquent au domaine d'altitude grâce à son lien avec le téléphérique du Jandri 2. Sa gare amont est en effet présente dans un bâtiment qui englobe également la gare aval de ce téléphérique. Toujours en fonctionnement de nos jours elle approche cependant grandement d'un remplacement.
Les télécabines débrayables du Jandri 1 et 3 et le téléphérique à va-et-vient du Jandri 2 constituent ainsi une véritable chaîne de remontées mécaniques, confortable et rapide permettant de relier efficacement les Deux Alpes au glacier du Mont de Lans. La réalisation du projet du Jandri est ainsi achevée.

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Une ancienne carte postale des Deux Alpes montrant sur différentes vues la télécabine du Jandri 1.

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La chaîne de remontées mécaniques du Jandri et le domaine d'altitude sont mis en avant sur cette carte postale. On remarque en effet, une cabine du téléphérique du Jandri 2 et la gare amont de la télécabine du Jandri 3.


Le téléphérique du Jandri

Depuis 1973, le rôle de liaison du téléphérique à va et vient du Jandri 2 perpétue. Cet appareil permet en effet de relier directement le bas du plateau des Crêtes à la zone intermédiaire de la Toura. Ainsi, grâce à ce téléphérique, les skieurs peuvent accéder au domaine d'altitude, notamment au snowpark des Deux Alpes, sans avoir à passer par le secteur des Bellecombes ou du Super Diable. De plus, cette installation constitue avec la télécabine débrayable du Jandri 1 et le télésiège des Glaciers, une chaîne de remontée mécanique permettant de rallier le glacier de Mont de Lans depuis la station des Deux Alpes. En revanche cette chaîne de plusieurs téléportés et donc le téléphérique du Jandri 2 est secondaire car ce sont les DMC du Jandri Express 1 & 2 qui constituent la véritable colonne vertébrale du domaine skiable. Le DMC du Jandri Express 1 permet en effet, de relier le bas de la station à la zone intermédiaire de la Toura directement et rapidement contrairement à la télécabine du Jandri 1 et au téléphérique du Jandri 2.
Cependant, ce téléphérique reste tout de même utile face à ce DMC car il constitue une alternative moins fréquentée. De plus, cet appareil permet pour les skieurs venant du secteur de la Fée, du Thuit ou des Crêtes de remonter directement sur le domaine d'altitude sans avoir à redescendre aux Deux Alpes pour emprunter le DMC du Jandri Express 1. Lorsque l'enneigement est déficitaire en fin ou début de saison par exemple, le téléphérique du Jandri 2 est dès lors très utile. Il constitue en effet, le principal moyen d'accéder à la zone intermédiaire de la Toura car il est impossible de parvenir à ski à la gare aval du DMC du Jandri Express 1.
Le téléphérique à va et vient du Jandri 2 a donc essentiellement un rôle secondaire d'ascenseur vers le domaine skiable d'altitude des Deux Alpes.

Ce téléporté dessert principalement quatre pistes qui sont principalement des pistes de liaison faciles permettant de revenir sur le plateau des Crêtes :

• Les Bellecombes 4, une piste rouge constituée d'un mur relativement pentu dans sa partie finale. Elle est accessible via la piste du Jandri 3. Le téléphérique du Jandri 2 donne accès uniquement à la fin de cette piste.
• Le Jandri 3, une piste bleue généralement large et peu pentue. Elle se termine au niveau de la gare aval du télésiège débrayable des Bellecombes et dessert ainsi le secteur éponyme. Cette piste constitue ainsi avec les pistes du Jandri 5, 4, 2 et 1, un itinéraire de ski tranquille de plus de 1750 mètres de dénivelé entre le dôme de Puy Salié et le bas de la station des Deux Alpes.
• Les Bellecombes 3, une piste bleue qui constitue une variante à la piste du Jandri 3. Le téléphérique du Jandri 2 donne accès uniquement à la dernière partie de cette piste.
• Le Jandri 2, une piste verte qui est en fait un chemin de liaison permettant d'accéder aux Crêtes depuis la station aval du télésiège des Bellecombes. La fin de cette piste est taillée dans la roche.

On notera que cette installation donne également accès au secteur de la Fée via les pistes bleues des Fées 1 et 2 et à celui du Thuit via les pistes du Thuit 3 et du Thuit 2.

Le téléphérique du Jandri 2 permet donc grâce aux pistes qu'il dessert de parvenir à différents secteurs du domaine skiable des Deux Alpes.

La situation de ce téléphérique à va et vient sur la carte IGN des Deux Alpes au 1/25000 ème :

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La situation de ce téléporté par rapport aux autres remontées mécaniques du centre du domaine skiable (© IGN - Droits réservés).


La situation du téléphérique du Jandri 2 sur le plan des pistes des Deux Alpes:

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La situation de cet appareil par rapport à l'ensemble du domaine skiable.

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Zoom sur cette installation et les pistes qu'elle dessert.


Les caractéristiques techniques du téléphérique du Jandri 2 :

Caractéristiques administratives :

TPH V - Téléphérique bicâble à va-et-vient : Jandri 2
Exploitant : DAL (Deux Alpes Loisirs)
Constructeur : Ceretti Tanfani
Année de construction : 1973

Caractéristiques d’exploitation :

Saisons d’exploitation : Hiver / Été
Vitesse : 10 m/s (maximale)
Débit : 720 p/h
Temps de montée : 4 minutes
Capacité : 75 personnes et 1 cabinier

Caractéristiques géométriques :

Altitude gare aval : 2180 m
Altitude gare amont : 2586 m
Dénivelé : 406 m
Longueur : 2438 m
Portée maximale : 900 m
Survol maximal : 140 m
Pente moyenne : 16,8 %
Pente maximale : 38 %

Caractéristiques des gares :

Station tension des câbles porteurs : Aval
Type de tension (câble porteur côté nord): Contrepoids
Type de tension (câble porteur côté sud): Semi-Fixe
Masse des contrepoids : 120 000 kg
Station tension du câble tracteur : Amont
Type de tension : Contrepoids
Masse d'un contrepoids : 40 000 kg
Station motrice : Aval
Puissance développée : 353 kW

Caractéristiques de la ligne :

Nombre de pylônes : 5
Nombre de pylônes supports : 5
Sens de montée : Gauche et droite
Type de véhicules : Cabines Ceretti Tanfani
Nombre de cabines : 2
Dispositif d'accouplement : lests reliés par culots à la cabine

Caractéristiques des câbles porteurs :

Fabriquant : G.F Redaelli
Année de fabrication : 1973
Année de pose : 1975
Type de câble : Clos
Diamètre du câble : 64 mm

Caractéristiques du câble tracteur :

Fabriquant : Trefilunion
Année de fabrication : 1992
Année de pose : 1992
Type de câble : Lang
Diamètre du câble : 26 mm
Composition : 6x17 fils


Ligne et infrastructures

La gare aval

La gare aval du téléphérique du Jandri 2 est implantée à 2180 mètres d'altitude, sur la partie basse du plateau des Crêtes, au lieu-dit de la Séa. Elle est ainsi accessible depuis de nombreux appareils partant du bas de la station des Deux Alpes tels que les télésièges débrayables de la Belle Étoile, de Village 1800, du Diable ainsi que la télécabine débrayable du Jandri 1.

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La gare aval dans son environnement vue depuis la fin de la piste des Crêtes. On remarque notamment, les gares amont de la télécabine débrayable du Jandri 1 et des télésièges débrayables de Village 1800 et de la Belle Étoile.

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Vue de plus près sur la gare aval depuis l'arrivée de cette piste. Le massif des Grandes Rousses et particulièrement le Pic Blanc, culminant à 3323 mètres d'altitudes sont visibles à l'arrière-plan.


La gare aval de ce téléporté est comprise dans un grand bâtiment qui abrite également la station amont de la télécabine débrayable du Jandri 1 puisque ces installations ont été construites la même année (1973). Ce bâtiment aborde un toit en tôle grise incliné qui englobe les systèmes de tension des câbles porteurs, de mise en mouvement du câble tracteur ainsi que les parties de commande du téléphérique du Jandri 2. Il est également composé d'un large mur vitré qui est commun aux deux installations.

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Vue en plongée sur le bâtiment comprenant la gare aval de cette remontée mécanique.

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Vue en plongée depuis le même emplacement sur la gare aval de ce téléphérique.

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Vue de trois-quarts depuis l'arrivée de la piste du Jandri 2. A droite, on peut voir les derniers pylône du télésiège de Thuit-Crêtes.

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Vue de face depuis le replat situé à l'avant de la gare aval. La gare amont du télésiège de Thuit-Crêtes est visible sur la droite.

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Vue de trois-quarts depuis ce replat.

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Vue de profil depuis la fin de la ligne du télésiège de Thuit-Crêtes.

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Vue arrière sur la gare aval du téléphérique à va-et-vient du Jandri 2. Sur la droite, on peut voir l'entrée de la station amont de la télécabine du Jandri 1.

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Vue de trois-quarts sur l'arrière de la station aval.

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Vue générale sur le bâtiment qui accueille les gares du téléphérique et de la télécabine.

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Vue de trois-quarts sur la face vitrée de ce bâtiment. On remarque la sortie de la télécabine du Jandri 1 et l'entrée du téléphérique du Jandri 2.

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Idem mais vue du côté opposé.

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Vue de profil sur la gare du téléphérique à va-et-vient du Jandri 2.

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Vue sur l'accès à cet appareil et son panneau d’information.

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Le portique de contrôle des forfaits. La cabane d'exploitation est visible derrière. Elle est commune à la télécabine du Jandri 1 et au téléphérique du jandri 2.

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Vue sur les quais depuis l'entrée de la gare aval.

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Vue générale sur la plate-forme d'embarquement et de débarquement depuis le quai nord. La cabine montante est prête à partir sur la voie sud du téléporté.


Approfondissement technique

La mise en mouvement du câble tracteur du téléphérique à va-et-vient du Jandri 2, est assurée par un moteur électrique développant une puissance de 353 Kw.

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Vue sur la déviation du câble tracteur de la voie sud en gare aval.


La tension du câble porteur de la voie 2, côté nord est libre. En effet, celle-ci est assurée par un contrepoids de 120 tonnes qui monte et descend dans une fosse (en fonction de la flèche du câble), qui est placée à l'arrière de la gare aval. Afin de réaliser les mouvements de ce contrepoids, ce dernier est placé sur une structure métallique qui pivote autour d'un axe, maintenu sur un socle en béton. De plus, il est guidé par une tige métallique libre, qui est situé à l’arrière de la fosse. Le contrepoids monte ou descend rapidement notamment lors du survol de la combe du Thuit où la flèche du câble est importante. Si la cabine est plus chargée, la tension à assurer est aussi plus importante. En revanche, sur les pylônes, la tension est quasi nulle puisque le câble porteur est soulagé.
A noter qu'une barrette de détection est déclenchée si la tension est trop faible, ce qui entraîne un arrêt électrique du téléphérique du Jandri 2.

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Schéma de l'organisation de la tension du câble porteur nord en gare aval


En revanche, la tension du câble porteur sud est particulière, c'est à dire semi-fixe. En effet, lors de la construction de ce téléphérique, la tension de ce câble était identique à celle de la voie nord, c'est à dire réalisée par un contrepoids de 120 tonnes. Cependant, cela causait une usure prématurée sur ce câble porteur car sur la voie sud, l'angle du sabot de déviation est plus prononcé. Afin de corriger ce problème, une nouvelle solution de tension a donc été réalisée il y a environ 30 ans. Une vis sans fin à été ajoutée afin de remplacer la tige métallique qui guidait le contrepoids dans son caisson et de réguler la tension. Ainsi, les fluctuations du câble sur le sabot sont moindres.
Ce système fonctionne grâce à des jauges de contrainte situées à la base de la vis sans fin qui détectent lorsque la tension dépasse 10 tonnes (trop importante) ou lorsqu'elle est inférieure à 0,1 tonne (trop faible). Dès que l'un de ces deux cas se présentent, un moto-réducteur placé sur cette vis fait descendre ou monter le contrepoids par ajustement automatique jusqu'à qu'une tension acceptable soit trouvée. Il la stabilise entre 4 tonnes ( si elle est basse) et 8 tonnes ( si elle est haute). Le reste du temps, la tension est réalisée naturellement par le contrepoids comme sur la voie nord. C'est pour ces raisons que l'on parle de tension semi-fixe.
A noter que si la tension est inférieure de 2 tonnes à la tension minimale de référence de 0,1 tonne ou 4 tonnes supérieur à celle maximale de 10 tonnes, les jauges de contrainte stoppent par arrêt électrique l'installation afin de corriger les tensions car l’ajustent se fait lentement.

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Schéma de l'organisation de la tension du câble porteur sud en gare aval

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Vue générale sur la vis sans fin contrôlant le contrepoids de tension du câble porteur de la voie sud.

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Vue de près sur le moto-réducteur régulant cette vis.



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Vue générale sur les dispositifs de tension des câbles porteurs du téléphérique du Jandri 2. Le dispositif de la voie nord est visible au premier plan et on peut distinguer celui de la voie sud au fond de la gare aval.

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Vue de près sur le système de tension de la voie nord. On remarque l'axe de rotation de la structure métallique, à l'endroit où sont présents de nombreuses soudures blanches.


On notera qu'un petit contrepoids est présent à l'arrière de la gare aval de cette installation. Il permet d'assurer la tension de la cordeline du multipaire qui parvient jusqu’à sa gare amont.

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Vue sur le contrepoids qui tend la cordeline du multipaire du téléphérique. Il est composé de nombreuses plaques de fer, disposées les unes sur les autres.


A présent, embarquons :

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En avant sur la voie sud !


La ligne

La ligne du téléphérique à va-et-vient du Jandri 2 est composée de 5 pylônes en treillis qui sont tous supports et dont deux constituent les sabots d'entrée et sortie de gare aval et amont. Ce téléporté parcourt 2438 mètres de longueur pour 406 mètres de dénivelé afin de relier le plateau des Crêtes situé à 2100 mètres d'altitude à la Toura, implantée à 2600 mètres d'altitude.
Dans un premier temps, la cabine montante quitte la gare aval après avoir passé le pylône 1 qui comprend les sabots de la station. Elle survole ensuite les derniers mètres du plateau des Crêtes avant de s'aventurer au dessus de la profonde Combe du Thuit. La cabine effectue alors un survol de plus 140 mètres de haut, au-dessus du secteur éponyme. De plus cette première portée mesure 900 mètres de long, ce qui en fait la plus longue de la ligne. Avant de parvenir au pylône 2 qui marque un adoucissement de la pente, la cabine gravit le versant ouest de cette combe et longe la piste du Thuit 3. Jusqu'au troisième pylône de la ligne, la portée est courte ainsi que quasi plane et la cabine survole le lac du Sautet. Au niveau de ce pylône, la ligne passe à quelque mètres de la gare aval du télésiège débrayable des Bellecombes. C'est environ au niveau du pylône 3 que les deux cabines du téléphérique du Jandri 2 se croisent. Il s'agit donc du milieu de la ligne. Lors de la portée vers le pylône 4 qui est longue et qui se fait plus raide, la cabine survole la piste du Jandri 3 puis celle des Bellecombes 4. Après le pylône 4 et jusqu'à l'arrivée en gare amont, la pente de la ligne devient moins importante et la cabine survole une fois de plus la piste du Jandri 3. Après 4 minutes de montée, la cabine franchit le pylône 5 qui constitue les sabots de la gare amont.

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Profil en long de la ligne du téléphérique à va-et-vient du jandri 2.


Les caractéristiques de la ligne :

P1 : 6S/6S
P2 : 6S/6S
P3 : 6S/6S
P4 : 6S/6S
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Vue générale sur la ligne depuis la cabine montante stationnée en gare aval, en attendant de partir.

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En avant sur la ligne ! La cabine quitte peu à peu le plateau des Crêtes pour survoler la combe du Thuit. Le télésiège et les pistes éponymes sont visibles.

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Le survol atteint à cet emplacement son maximum de 140 mètres !

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Fin de cette première et plus longue portée de la ligne qui mesure 900 mètres de long. La cabine gravit alors, les derniers mètres du versant ouest de la combe du Thuit. Elle longe sur la droite la piste du Thuit 3.

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Le P2.

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Portée vers le pylône 3. La cabine survole le lac du Sautet, recouvert de neige. On distingue à droite la gare aval et la ligne du télésiège des Bellecombes ainsi que le DMC du Jandri Express 1.

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Le P3.

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Les deux cabines du téléphérique du Jandri 2 vont bientôt se croiser.

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Portée vers le pylône 4. Les pistes du Jandri 3, des Bellecombes 3 et des Bellecombes 4 sont bien visibles.

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Passage entre la montagne de la Fée et des Bellecombes, respectivement à gauche et à droite. La cabine est alors à mi-parcours de la seconde portée la plus longue de la ligne. Sur la gauche, on remarque le début de la ligne du télésiège fixe du Sautet, qui permet d'accéder au secteur de la Fée

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On s'approche du pylône 4. La cabine survole la fin de la piste des Bellecombes 4.

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Le P4.

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Début de la dernière portée vers le pylône 5. La zone intermédiaire de la Toura est bien visible. On remarque, à gauche la gare aval du télésiège débrayable des Glaciers ainsi que le restaurant d'altitude Panobar et à droite la gare intermédiaire des DMC du Jandri Express 1 et 2.

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Fin de cette dernière portée.

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On approche de la gare amont.


La gare amont

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Entrée en gare amont.

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Vue sur les quais et la zone de débarquement depuis les abords de la gare amont.


La gare amont du téléphérique à va-et-vient du Jandri 2 est implantée à 2586 mètres d'altitude sur la zone intermédiaire de la Toura.

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La gare amont dans son environnement. On peut voir la gare intermédiaire du DMC du Jandri Express 1 et 2 ainsi que le bas de la ligne du télésiège débrayable des Glaciers.

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La situation de la station amont du téléphérique du Jandri 2 sur la zone intermédiaire de la Toura vue depuis la piste du Jandri 4.

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Vue de plus près depuis la fin de cette piste.


La gare amont du téléphérique du Jandri 2 est comprise dans un grand bâtiment formant un pavé. Elle abrite également une salle hors-sac qui permet aux skieurs de manger au chaud et au sec dans un lieu abrité. Ce bâtiment aborde un toit légèrement incliné ainsi que des murs en tôles blanches et grises. Il s'agit de la station tension du câble tracteur de l’installation.

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Vue de profil sur la gare amont de ce téléphérique depuis les alentours de la gare intermédiaire du DMC du Jandri Express 1 et 2.

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Vue de trois-quarts sur l’avant de la gare amont depuis le départ de la piste du Jandri 3.

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La salle hors-sac intégrée au bâtiment.

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Vue de trois-quarts sur l'arrière de la station.

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Vue de face sur cette partie du bâtiment. Derrière les vitres se cachent les poulies de renvoi de tension du câble tracteur.

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Vue éloignée de trois-quarts sur la gare amont du téléphérique du jandri 2 depuis l'arrivée de la piste du Jandri 4.

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Idem mais vue d'un peu plus près.

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Vue de face depuis les terrasses du restaurant d'altitude Panobar.

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Vue en contre-plongée depuis le départ de la piste du Jandri 3.

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Vue en contre-plongée sur la face avant de la gare amont.

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Vue opposée depuis le début de cette même piste.


Approfondissement technique

La tension du câble tracteur du téléphérique à va-et-vient du Jandri 2 est libre. Il s'agit du même principe que pour la tension du câble porteur de la voie nord en gare aval. Un contrepoids d'une masse de 40 tonnes monte et descend dans sa fosse en fonction de la flèche du câble, c'est à dire selon la position des deux cabines sur le câble tracteur et leurs masses.
Les câbles porteurs quant à eux sont chacun maintenus par une tomme d'ancrage dans cette station.

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Vue générale sur la déviation des câbles porteurs et celui du câble tracteur de la voie sud en gare amont. On remarque la présence d'un vérin qui permet d'amortir l'arrivée du chariot de la cabine sur le sabot en gare.


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Vue sur le chariot d'une cabine positionné sur le sabot de cette même voie.

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Vue sur la déviation des câbles porteurs et du câble tracteur respectivement vers les tommes d'ancrage et les poulies de renvoie.


Le téléphérique du Jandri 2 donne accès à de multiples pistes et secteurs du domaine skiable des Deux Alpes. Ainsi, depuis la gare amont de cette installation, il est dans un premier temps, possible d'accéder au domaine skiable d'altitude, entre 2600 et 3500 mètres. Pour cela, différents choix s'offrent aux skieurs : ils peuvent tout d'abord, parvenir au glacier de Mont de Lans afin de profiter d'une neige et d'un paysage, d'excellente qualité via le télésiège débrayable des Glaciers ou le second tronçon du DMC du Jandri Express. Ils peuvent également s'essayer aux boarder cross et différents modules que proposent le snowpark des Deux Alpes, sur le secteur de la Toura entre 2600 et 2900 mètres d'altitude. D'autres secteurs aux altitudes plus basses sont aussi accessibles depuis le haut de cet appareil. En effet, les skieurs peuvent parvenir au secteur peu fréquenté mais proposant des pistes techniques, de la Fée via le télésiège fixe du Sautet, la piste de la Fée 1 ou celle de la Fée 2. On peut également accéder au secteur des Bellecombes via le télésiège éponyme ou au secteur de la Thuit grâce aux pistes du Thuit 2 et du Thuit 3 depuis la station amont du téléphérique du Jandri 2.

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Vue générale sur le secteur de la Toura et le snowpark des Deux Alpes


Véhicules et chariots

Le téléphérique du Jandri 2 possède deux cabines pouvant accueillir chacune 75 passagers. Chaque cabine accueille en plus des skieurs, un cabinier qui dispose d'un pupitre de commande afin de gérer par exemple l'ouverture des portes des cabines. Elles sont de forme octogonales et abordent le logo des Deux Alpes Loisirs ainsi que des traits de couleurs roses et noirs sur fond blanc. Ces cabines ont été repeintes à plusieurs reprises. Chaque cabine dispose d'un chariot sur lequel sont disposés huit galets ainsi que des lests reliés par culots. Ils permettent respectivement, d'assurer la support de la cabine sur la câble porteur ainsi que que le mouvement de de cette dernière sur le câble tracteur.

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Une cabine arborant une ancienne décoration sur une carte postale des Deux Alpes.

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Vue sur une cabine survolant la combe du Thuit.

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Vue en plongée sur une cabine montant en direction de la Toura.

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Vue générale sur une des deux cabines du téléphérique du Jandri 2.

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Idem mais vue du côté opposé.

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Vue de près sur la face avant d'une cabine.

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Une cabine, approchant de l'entrée en gare amont.

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Le croisement entre les deux cabines est imminent.

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Vue de près sur une cabine ayant les portes ouvertes, stationnée en gare amont.

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L'intérieur d'une cabine.

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Vue de trois-quarts sur le chariot d'une cabine.

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Vue estivale de face sur le chariot d'une cabine. Les galets et les lest reliés par culots à la cabine sont bien visibles.


Le téléphérique du Jandri 2 est comme toutes autres remontées mécaniques, jamais à l'abri d'une panne technique, c'est pour cela qu'il dispose d'un système d'évacuation des passagers particulier. En effet, une évacuation verticale comme cela se fait sur les remontées mécaniques en général n'est possible que partiellement sur cette installation. Cette mesure de sauvetage n'est en effet, possible qu'à compter du second pylône de la ligne car lors de la première portée la cabine survole la profonde et escarpée combe du Thuit, ce qui empêche les sauveteurs d'intervenir avec cette méthode. C'est notamment pour cette raison que le cabinet d’ingénierie Denis Creissels a conçu une nacelle automotrice qui permet d'intervenir sur le câble porteur afin de rapatrier les passagers qui seraient arrêtés au dessus de la combe du Thuit.

Lors du fonctionnement normal de la remontée mécanique, cette nacelle est entreposée en gare aval entre les deux voies du téléphérique. Lorsqu'un problème technique survient et qu'une cabine s'arrête sur la ligne par exemple, les employés mettent en place la nacelle qui est composée de deux parties qu'il suffit d'assembler, sur le câble porteur. Ensuite un conducteur prend les commandes de la nacelle afin de la faire parvenir jusqu’à la cabine arrêtée. Les passagers sont ensuite évacués dix par dix par l'intermédiaire d'une trappe située sur une face de la cabine puis rapatriés en gare grâce à cette nacelle.

Voici un ancien article d'Aménagement et Montagne paru en mars 1979 et qui traite de ce système d'évacuation particulier lors d'un exercice :

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La mise en place de cette nacelle.

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L'étape d'évacuation des passagers.

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Vue de nos jours sur le véhicule de secours depuis les quais de la gare aval.

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Vue sur le chariot de cette nacelle.


Le téléphérique, vu depuis les pistes

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Vue sur la fin de la ligne du téléphérique du Jandri 2 depuis le départ de la piste du Jandri 3. On remarque les lignes du DMC du Jandri Express 1 à gauche et du télésiège fixe du Sautet à droite.

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Le pylône 4 vue depuis le début du mur de la fin de la piste des Bellecombes 4.

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Vue générale sur le milieu de la ligne de cet appareil. Le secteur des Bellecombes ainsi que le télésiège éponyme est visible. A l’arrière-plan on remarque la station d'Auris en Oisans avec ses pistes peu enneigées puis le massif de Belledonne en toile de fond.

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Vue sur la seconde partie de la ligne depuis la fin de cette piste.

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Vue sur les deux cabines qui vont bientôt se croiser, depuis la partie finale de la piste du Jandri 3.

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Le troisième pylône de la ligne vue depuis la station aval du télésiège débrayable des Bellecombes.

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Ce pylône vue depuis le début de la piste du Jandri 2.

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Le premier pylône vue depuis le départ de la piste rouge du Thuit 3.

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Vue sur une cabine survolant la combe du Thuit et le secteur éponyme depuis la piste verte menant à la gare aval du téléphérique du Jandri 2. La cabine paraît minuscule face à cette combe et au massif des Grandes Rousses qui domine l'arrière-plan.

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Une cabine gravissant les derniers mètres du versant ouest de la combe du Thuit vue depuis la piste du Thuit 2.

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Vue éloignée sur la gare aval depuis la dernière partie de la piste du Jandri 2.

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Vue de plus près sur la gare aval depuis l'arrivée de cette même piste.


Le Jandri 2 en exploitation estivale

Pour les plus courageux des touristes et amoureux d'activités à sensations fortes, la station des Deux Alpes propose lors de la saison estivale, du saut à l'élastique, au dessus de la combe du Thuit. Pour cela, elle équipe spécialement une des deux cabines du téléphérique du Jandri 2, qui est ouvert pour l'occasion une partie de la journée pour les participants. De plus, les skieurs logeant à l'entrée des Deux Alpes peuvent dans un premier temps, emprunter le télésiège de Village 1800 puis cette installation et enfin le DMC du Jandri Express 2 afin de gagner le glacier de Mont de Lans. Cet appareil n'est donc que rarement ouvert en été et c'est pour cette raison qu'il n'est pas représenté sur le plan des pistes estival du domaine de VTT et de randonnée des Deux Alpes.

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La seconde partie de la ligne du téléphérique du Jandri 2 vue depuis la piste de VTT de descente du Grand Nord. La gare aval et le début de la ligne du télésiège du Sautet sont visibles.

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Vue éloignée sur le pylône 3 depuis l'arrivée de cette piste. On peut voir la gare aval du télésiège des Bellecombes et la ligne du DMC du Jandri Express 1 à l’arrière-plan. La photo est prise aux alentours du lac du Sautet.

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Vue sur le second pylône de la ligne avec une cabine l'abordant depuis le chemin de liaison vers les Crêtes.

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Vue générale sur le dispositif permettant la pratique du saut à l'élastique.

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Vue de près sur la cabine équipée de ce système.

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Un touriste courageux ! Après avoir sauté et attendu que la corde se stabilise, le participant est descendu au fond de la combe du Thuit à l'aide d'un treuil, placé dans la cabine.

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La seconde cabine, qui ne peut assurer le saut à l'élastique et qui est par conséquent vide.


Conclusion

Le domaine skiable des Deux Alpes a toujours voulu s'agrandir vers les sommets du Jandri, entourant le glacier de Mont de Lans, à plus de 3200 mètres d'altitude. La réalisation de ce projet d'envergure qui aujourd'hui donne une taille importante au domaine, débute dans les années 1970. Le téléphérique automoteur du Lac Noir, construit par Neyrpic en 1972 et se voulant technologiquement révolutionnaire, est alors un échec du fait de l'accident qui s'est produit, à l'automne de cette année. Afin de reprendre le rôle de liaison entre le plateau des Crêtes, un des véritables rond point du domaine skiable et le secteur de la Toura, le téléphérique à va-et-vient du Jandri 2 est construit en 1973. Il constituait avec les télécabines débrayables du Jandri 1 et 3 la colonne vertébrale des Deux Alpes.

De nos jours, cet appareil constitue toujours un ascenseur qui a pour objectif la liaison vers le domaine d'altitude, plus que permettant de desservir du ski propre. En revanche, le rôle de cet appareil n'a fait que s'affaiblir. Cela est notamment dû à la construction puis la mise en service en 1985 du DMC du Jandri Express 1, qui plus rapide et plus direct, a rendu le téléphérique du Jandri 2 moins attrayant. Il reste cependant aujourd'hui une alternative au gros porteur qu'est le Jandri Express 1. Ce téléphérique permet d'éviter cette installation, souvent sur-fréquentée, lorsque des skieurs ne souhaitent, par exemple pas descendre en bas de la station des Deux Alpes. Son débit de 720 personnes transportées par heure est donc suffisant même si cette installation peut être surchargée occasionnellement en haute saison. Enfin, âgé de plus de 40 ans, ce téléporté n'est pas confortable et devient donc de plus en plus inadapté du fait de son ancienneté.

Par conséquent, la DAL (Deux Alpes Loisirs) souhaite d'ici cinq ans remplacer ce téléphérique à va-et-vient et plus généralement l’ensemble de la chaîne de remontées mécaniques reliant le bas des Deux Alpes au glacier de Mont de Lans (DMC du Jandri Express 1 et 2, télécabine du Jandri 1, téléphérique du Jandri 2 mais également les télésièges de la Belle Etoile ou encore celui des Glaciers). Ainsi, la société d'exploitation du domaine skiable réfléchit à une ou plusieurs installations qui pourront à terme remplacer la colonne vertébrale des Deux Alpes. Cependant, cela n'est pas chose facile car comme lors de l'étude du projet du téléphérique automoteur, il faut trouver un type d'appareil assurant un débit élevé mais également pouvant supporter la longue et haute portée au-dessus de la combe du Thuit. Il serait en effet trop long de descendre dans cette combe.

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Le téléphérique du Jandri 2, survolant la combe du Thuit, mais jusqu'à quand ?




Photographies : Bovinant, remontees, telepherickman, Christine Delahousse, Dauphiné Libéré, Aménagement & Montagne
Date des prises de vues : Le 12 et le 19 avril 2015 ainsi que le 29 août 2015 pour les photos de Bovinant
Texte et bannière : Bovinant

Je remercie en premier lieu telepherickman qui m'a permis de mieux connaître le fonctionnement du téléphérique et qui comme Axelus m'a fourni des explications et des documents sur l'historique de ce téléphérique. Je tiens également à remercier chin@ill pour m'avoir permis d'utiliser ses documents sur le téléphérique automoteur et la nacelle de secours. Enfin je remercie remontees et Clément05 pour leurs relectures et corrections.

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