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 TPH V Scenic Skyway

Katoomba - Scenic World

Garaventa

T2 ES
Description rapide :
A la découverte d'un téléphérique horizontal panoramique unique.

Mise en service en : 2005



Localisation(s)
Photo

Auteur de ce reportage : lolo42
Section écrite le 28/10/2009 et mise à jour le 14/08/2013
(Mise en cache le 08/11/2013)

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C'est en Australie, au cœur des Blue Mountains, que www.remontees-mecaniques.net vous invite à partir aujourd'hui, avec la découverte d'un appareil "panoramique", le Scenic Skyway, unique téléphérique horizontal de l'hémisphère sud.

Au sommaire :

  • Le Scenic World de Katoomba
  • Un voyage en radeau aérien
  • De la réalisation artisanale...
  • ...au savoir-faire suisse


Le Scenic World de Katoomba

Katoomba est une petite ville australienne de 9000 habitants située à 110 kilomètres à l'ouest de Sydney, au milieu de la chaine des Blue Mountains.
La ville tire son nom de l’aborigène Ka Toom Ba, littéralement « la chute d’eau brillante », une cascade qui se jette dans la Jamison Valley, vaste plaine à la végétation luxuriante surplombée par d’impressionnants à-pic rocailleux, parmi lesquels se distinguent les fameux rochers des Trois Sœurs (the Three Sisters). Un paysage spectaculaire qui, comme en témoignent les inscriptions en japonais que l'on trouve ça et là, a assis la réputation de cette petite bourgade bien au delà des frontières australiennes.

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    © Google

    Les Trois Sœurs
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    CC Wikipedia


C'est au centre de ce tableau luxuriant qu'est implanté le Scenic World, un complexe touristique qui plonge le visiteur au cœur de la nature. On y trouve, regroupés au sein d'un vaste bâtiment, des points de restauration parmi lesquels un restaurant panoramique, ainsi qu'un cinéma, une boutique de souvenirs, mais également les gares de départ de trois remontées-mécaniques, constituant les principales attractions du site.
Effectivement, le transport par câble est ici roi ! Il faut dire qu'il s'avère être le moyen de déplacement le plus adapté à ce site au relief contrarié, en respectant la nature par son faible impact sur la flore et une consommation énergétique maitrisée, et en offrant au visiteur des sensations et des panoramas spectaculaires.
Scenic World propose une promenade dans la forêt de la Jamison Valley via un sentier aménagé, accessible par le Scenic Railway, funiculaire détenant le record du monde de la plus forte pente, mais également un téléphérique, le Scenic Cableway. Un second téléporté permet quant à lui un survol horizontal du site : le Scenic Skyway. Ce téléphérique constitue le dernier investissement en date du Scenic World et offre des vues vertigineuses.

    Les infrastructures du Scenic World
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    Plan du Scenic Wolrd
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    Vue aérienne du Scenic World et tracé des trois remontées-mécaniques
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    ©Google


Caractéristiques principales

  • Nom de l'installation : Scenic Skyway
  • type : téléphérique monovoie à va-et-vient
  • configuration : biporteur-monotracteur

  • reconstruction : 2005 (en remplacement d'un téléphérique de 1958)
  • constructeur : Doppelmayr/Garavanta
  • Exploitant : Scenic World
  • Saisons d'exploitation : Eté / Hiver


  • Véhicule : 78 places + 1 conducteur
  • Nb véhicules : 1 cabine
  • Constructeur véhicule : CWA
  • Temps de Trajet : 3 min
  • Débit : 650 personnes/heure
  • Vitesse d'exploitation : 2 m/s (dimensionné pour 5 m/s


  • Altitude gare Ouest : 957 m
  • Altitude gare Est : 944 m
  • Dénivelée : 13 m
  • Longueur développée : 330 m


  • Moteur : 180 kW AC
  • Emplacement motrice : gare Ouest
  • Tension tracteur : gare Est
  • Type tension : contrepoids


  • Câbles porteurs : 2x42 mm
  • Câble tracteur : 25 mm


Un voyage en radeau aérien

Le Skyway propose aux visiteurs un voyage suspendu à plus de 270 mètres au dessus de la forêt tropicale de la Jamison Valley.
La ligne est quasiment horizontale puisque 13 mètres de dénivelée seulement séparent la gare Ouest du Scenic World (957 mètres d'altitude) de la gare Est (944 mètres). Elle est également courte, puisque mesurant 330 mètres de longueur, mais la vitesse d'exploitation volontairement faible laisse tout le temps de profiter du panorama à 360° qui offre des points de vue splendides sur les chutes de Katoomba, les rochers des Trois Sœurs, tandis qu'en second plan, le Mont Solitaire se détache des vastes plaines de la Jamison Valley. Un voyage presque poétique sur un radeau aérien où le passager à l'impression de véritablement flotter dans les airs.

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    La gare Ouest est intégrée au vaste complexe d'accueil du Scenic World
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    La cabine et la traversée
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    Panorama sur la Jamison Valley et le Mont Solitaire
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    La cabine quitte sa station de départ
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    Dans les airs...
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    Bjørn Christian Tørrissen

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    Les rochers des Trois Sœurs se détachent en second plan
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    La cabine longe les chutes de Katoomba
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    licence CC

    La traversée vue depuis la Jamison Valley
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    Approche de la gare Est
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    Ashaf

    Vue sur la gare de départ depuis la cabine
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    Arrivée à la gare Est
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    Accostage en cours
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    Cabine à quai côté gare Est
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De la réalisation artisanale...

Au commencement, il y avait un funiculaire transporteur de mine et un petit kiosque tenu par madame Isobel Fahey qui contentait avec sa bonne cuisine, l'estomac des promeneurs affamés désireux de faire une halte. Et puis il eut un homme, Harry Hammon, frère d'Isobel, qui pressentant le potentiel du site, décida en 1945 de reprendre l'exploitation du funiculaire. Très vite, les clients se pressent nombreux pour emprunter ce « Scenic Railway ». Il faut dire que les environs de Katoomba ne manquent pas de charme. Des hôtels se construisent petit à petit ça et là...

Un syndicat local soulève l'idée alors d'une nouvelle attraction : un téléphérique horizontal reliant de part en part le plateau de Katoomba et longeant les chutes d'eau éponymes. Une idée qui séduit immédiatement le maire de la ville qui voit là un atout supplémentaire au développement touristique de la région. Harry Hammon est également convaincu. Mais s'il est propriétaire de la parcelle Ouest susceptible d'accueillir la station de départ de l'appareil, les terrains situés de l'autre côté des chûtes ne lui appartiennent pas.
Le projet est tout de même présenté au ministre des « Terres » qui se montre conquis et déclare à Hammon : «  Harry, retournez à Katoomba et construisez votre machin, je m'occuperai de la question foncière ».

Les travaux commencent avec les moyens artisanaux locaux et les connaissances australiennes, il faut bien l'avouer, relativement succinctes, en matière de téléphérique. Mais la volonté est là de mener à bien le projet. L'étape, la plus délicate, de tirage des câbles est finalement rondement conduite : à chaque extrémité une équipe descend à la main une câblette. Au point de rencontre central, dans la vallée, les deux bouts sont solidarisés, puis tendus depuis le plateau. Ce premier câble va servir à dérouler les câbles définitifs, de diamètre plus conséquent.

En parallèle, est construite une cabine pouvant accueillir 30 passagers. Elle se pare d'un habillage en contreplaqué peint d'une couleur rose qui ne passe pas inaperçue ! Deux suspentes, avec, pour chacune, un unique galet de roulement, la maintiennent sur le câble porteur.

Après seulement 8 mois de travaux, Harry Hammon ouvre le téléphérique Scenic Skyway au public en février 1958. Mais la conception artisanale de l'engin va montrer ses limites rapidement : au passage de la cabine, les deux galets de roulement appuient de façon trop prononcée sur le câble porteur et provoquent rapidement la rupture de nombreux brins. Hammon se voit contraint de revoir le chariot et met en place deux séries de deux galets pour mieux répartir la charge. Il remplace également la câblerie et en profite pour doubler les câbles tracteurs. Mais le problème subsiste toujours. Finalement le nombre de galets de roulement va être à nouveau doublé et le câble porteur à nouveau remplacé. Cette configuration avec huit galets donnera satisfaction et sera conservée jusqu'au démontage de l'appareil en 2004.


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Entre temps, le placage en contreplaqué marine de la cabine sera changé dans les années 70 au profit d'une tôle en aluminium. La couleur anodisée rose vif n'étant pas disponible, Harry Hammon porte son choix sur une livrée jaune. Durant la carrière de ce premier téléphérique, d'autres éléments tels le toit de la caisse ou bien encore le moteur, seront changés, mais après plus de 45 ans de service, le constat est sans appel : l'appareil conçu de façon artisanale ne réponds plus aux normes de sécurité actuelles et son débit est devenu totalement inadapté. Son remplacement s'avère indispensable.


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...au savoir-faire suisse

Le nouveau téléphérique Scenic Skyway a été commandé en 2004 au groupe Doppelmayr. C’est l’équipe helvétique de Garavanta qui est chargée de la conception et de la construction de la ligne de l'appareil. C’est également en Suisse, dans le ateliers Cwa, le carrossier du groupe, que va être construite la cabine. Le projet représente au total un investissement de 6 millions de Dollars pour Scenic World.

Le chalenge principal a constitué à développer en 5 mois seulement un véhicule panoramique spécifique pensé pour offrir aux visiteurs les meilleures sensations possibles.

La cabine mesure 9,80 m de long par 4,20 m de large et pèse 8 tonnes. Bien qu’elle puisse contenir 140 passagers, elle en accueille un maximum de 78 par trajet (soit 650 personnes/heure) de façon à permettre à chacun de profiter au mieux de la vue.

La carrosserie en aluminium a été réduite au stricte minimum afin de laisser place à de larges ouvertures panoramiques. Une partie n’est volontairement pas vitrée pour permettre aux visiteurs de se ressentir au mieux l’atmosphère extérieure.
Les portes ont, quant à elles, été reléguées aux deux extrémités et la jonction avec les quais s'opère par deux passerelles vennant buter contre les gares.

    Vue d'ensemble de la cabine CWA
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    Aux extrémités, les deux passerelles servent, à quai, d'accès au véhicule
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    La cabine dispose de larges ouvertures, dont certaines ne sont pas vitrées pour ressentir au mieux l’atmosphère extérieure
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    Le vaste habitacle peut accueillir confortablement 78 personnes
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    Deux séries de 2 strapontins permettent d'assoir 4 visiteurs
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    L'accès à la cabine s'opère par son extrémité et est normalisé PMR
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La pièce maîtresse du véhicule reste très certainement le plancher en verre qui prend place en son centre. Celui-ci est composé de 16 modules constitués d’un écran à cristaux liquides. Lorsque le véhicule est en gare, l’ensemble reste opaque, mais dès lors que le cabinier l’active, le plancher devient transparent et révèle la vue impressionnante sur la végétation luxuriante en contrebas. La technologie LCD permet de mettre en exergue la couleur et le contraste au travers de 10 programmes différents qui s’adaptent en fonction de la météo ambiante et de l’éclairage naturel.

    Le plancher de verre, parfaitement opaque en gare
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    Poste de commande du cabinier
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    Détail des commandes : on remarque le bouton "Glass Floor Prog."...
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    ...qui commande la transparence du plancher de verre
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    Survol de la forêt tropicale
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    Le plancher de verre vu de dessous
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Comme sur le précédant appareil, le nouveau téléphérique, reprend une configuration monovoie à simple cabine, avec, toutefois, une disposition à deux câbles porteurs de 42 mm en parallèle et un câble tracteur de 25 mm. La choix adopté pour ce dernier par Garavanta est pour le moins originale puisque le câble passe une première fois au travers du véhicule, via le chariot, en le tractant, puis une seconde une fois, à mi-suspente, via le brin retours (renvoyé verticalement en gare), emprisonné par deux séries de deux galets disposés en support/compression. Cette configuration, tout comme le choix d'une voie à bi porteurs, vient renforcer la tenue au vent de la cabine.

    Le câble tracteur rencontre une seconde fois le véhicule au retour via un passage dans 2 série de 2 galets S/C
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Le câble tracteur est entraîné en station Ouest. C’est également à cette station que l’on trouve le poste de conduite principal de l’appareil.
Du fait de l’exigüité de l’ensemble le local de motorisation n’est cependant pas situé au niveau de l’embarquement à proprement parler mais relégué 50 mètres plus en arrière dans un bâtiment spécifique. Depuis l’entrée du Scenic World on voit d’ailleurs très bien les câbles traverser la route puis plonger dans le local technique.

Le treuil s’articule autour d’une poulie motrice verticale de 2,3 mètres de diamètre. Elle est mue par un moteur principal à courant alternatif de 180 kW. De l’autre côté un motoréducteur hydraulique de secours permet de prendre le relais en cas d’avarie.

La station Est assure quant à elle la tension du câble porteur via un contrepoids suspendu à la poulie de renvoie.

    Les câbles du Scenic Skyway traverse la route d'accès au scénic world
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    Le local d'entrainement est déporté 50 mètres en arrière de la station
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    Poste de conduite de l'appareil en gare Ouest
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    La gare Est
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    Deux poulies assurent la déviation verticale du câble tracteur
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    En gare Est, la poulie retour assure la tension du câble tracteur grâce à un contrepoids en béton
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    L'amarrage des deux câbles porteurs
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En conclusion

Du téléphérique de Harry Hammond de 1958 à celui commandé en 2004 à Doppelmayr/Garavanta par Philip, son fils, que de chemin parcouru ! La petite société familiale est désormais une véritable entreprise du loisir avec une clientèle, à plus de 70% étrangère. Il faut dire que le cadre naturel remarquable de Katoomba n’est pas étranger à ce succès. Philip Hammond le sait d’ailleurs très bien : la majeure partie des investissements est avant tout consacrée au développement qualitatif, avec pour principal objectif, la sécurité et l’immersion du visiteur au cœur des Blue Mountains et de la flore tropicale de la Jamison Valley.
Aujourd’hui une spacieuse cabine CWA avec plancher à cristaux liquides remplace avantageusement l’artisanale embarcation originelle, mais, au fond, ce sont toujours les rochers des Trois Sœurs, les chutes de Katoomba, et au delà, la beauté d’un panorama incomparable qui constitue la vitrine commerciale intemporelle de la société.

Un câble tiré de point à point, une cabine tractée : le transport par câble a ceci de spécifique, qu’il constitue un transport écologique à faible consommation énergétique, s’adaptant aux endroits les plus variés en ne nécessitant que de faibles infrastructures. A ce titre, dans le cas du Skyway, il se révèle être le meilleur atout pour vulgariser la découverte de milieux naturels particuliers, et, quelque part, participer à la prise de conscience d’une préservation des environnements notre planète. Et ceci, la famille Hammond l’a compris depuis déjà plus de 60 ans !


Crédits

Texte, schémas, mise en page : Laurent Berne
Photographies : Rodo_Af

Site internet du Scenic World : www.scenicworld.com.au

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