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 TSD4B des Jasseries

Chalmazel

Leitner

T3 ES
Description rapide :
Le télésiège débrayable des Jasseries remplace l'ancienne télécabine de Chalmazel. Unique équipement à bulles et plus long télésiège du Massif central (2 km), il dépose skieurs et promeneurs à 1.460 mètres d'altitude au cœur du domaine : au plat des Granges, où trônaient jadis d'anciennes jasseries.

Mise en service en : 2002
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Auteur de ce reportage : lolo42
Section écrite le 04/11/2014 et mise à jour le 28/09/2016
(Mise en cache le 28/09/2016)

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Dans la Loire, au cœur des monts du Forez, à quelques tours de roues du bourg médiéval dominé par son château du XIIIe, la station de Chalmazel propose un petit domaine de 12 kilomètres de pistes qui se développe depuis les landes sauvages des calottes sommitales (les Hautes-Chaumes) jusquʼau cœur de la dense forêt de sapins. On y skie de 1109 à 1600 mètres d´altitude sur les pentes de Pierre-sur-Haute.

Chalmazel est géré par le Département de la Loire et assure un rôle social de station de proximité. Le domaine est qualitativement bien équipé avec 90 enneigeurs et un parc de remontées mécaniques relativement récent. L'exemple le plus illustratif de cette modernité ? Le télésiège débrayable des Jasseries : un appareil à bulles, genre peu répandu sur l'hexagone, présentant, qui plus est, la particularité de disposer du système d'amortisseurs liquides développé par Leitner.

Partons à la découverte de cet appareil vitrine de la station...

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Pierre-sur-Haute, point culminant des monts du Forez (1 634 m), et le domaine alpin de Chalmazel. (Fourinas)
Cliquez sur le visuel pour accéder à une présentation détaillée de la station.


Sommaire
  • Des œufs aux bulles : la ligne structurante de Chalmazel
  • Ligne et infrastructures du télésiège
  • Les véhicules
  • Au cœur de station motrice-tension
  • Offre-ski et centres d'intérêt
  • Le pari du tourisme de montagne de proximité


Des œufs aux bulles : la ligne structurante de Chalmazel

Situation du télésiège

Le télésiège des Jasseries est la remontée principale de Chalmazel. Il dépose skieurs et promeneurs à 1460 mètres d'altitude au cœur du domaine, au niveau des anciennes jasseries du plat des Granges.

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Situation du télésiège sur un plan des pistes (Laurent Berne)


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Le télésiège longe la piste des Granges, formant une large trouée dans la forêt.


Histoire de la ligne

Le télésiège remplace, sur un tracé raccourci en son haut, la télécabine de Pierre-sur-Haute, dont la ligne aboutissait à quelques centaines de mètres de la base militaire et de ses célèbres "radars", à proximité du point culminant du massif. Ce précédent appareil disposait, aux trois-cinquièmes de son parcours, d'une gare intermédiaire sur le brin montant.

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Situation de la télécabine de Pierre-sur-Haute sur un plan des pistes saison 1968-1969 (repérée "2") (Essertel, Collection Laurent Berne)


La télécabine fut mise en service en 1967, grâce à l'implication d'Eloi Marcoux, alors président du Ski-club et régisseur des installations, et Henri Essertel, alors secrétaire général de la Régie et de la commune de Montbrison. Le projet était soutenu par le Département de la Loire et son président Antoine Pinay : la collectivité départementale aida, par ses capitaux, la commune à réaliser les travaux et développer le réseau de pistes et de remontées.

Chalmazel fit partie, avec Val d'Isère et les Menuires, des toutes premières stations à accueillir ces fameuses télécabines automatiques qu’on ne tardea pas à surnommer « les œufs » et qui allaient asseoir, durant plusieurs décennies, à travers le monde, la réputation de l’entreprise Pomagalski : dans les deux années qui suivirent, on ne compta déjà pas moins de 18 installations dont plusieurs à l’étranger. Avec le temps, ces « œufs » acquerront un véritable statut d’objets iconiques vintage. Ils font aujourd'hui partie du parfait cliché de l'équipement touristique de montagne et s'arrachent à prix d'or chez certains brocanteurs.

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Gare aval de la télécabine, au pied des pistes, pour sa première saison d'exploitation. (J Didier, Collection Laurent Berne)


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Gare amont de la télécabine, à proximité des "radars" du sommet, prise cette même saison. (J Didier, Collection Laurent Berne)


Une première remise à niveau de la télécabine eut lieu dans les années 1980 avec la mise en place d'équipements de sécurité sur les pylônes, le remplacement du bardage en bois vieillissant des trois bâtiments par un habillage métallique en tôles laquées de couleur jaune et, également, la réalisation d'un accès de plain-pieds au niveau de la gare aval.

Mais la rénovation la plus poussée de cette remontée fut réalisée durant l'été 1993. Les cabines orange, vertes, bleues, jaunes et rouges laissèrent place à 90 nouveaux véhicules Sigma à la coque blanche. Ces cabines de seconde génération (modèle SP76) se démarquaient des premières par leur deux vitrages en plexiglas teintés, un amortissement par 2 silent-blocs sur la suspente, et deux porte-skis permettant d'accueillir snowboards et monoskis. A cette occasion, les gares furent également équipées de traînages à chaines (en lieu et place des cordelines à olives) et les armoires électriques remises aux normes.

Malgré un débit porté à 800 personnes par heures, l'appareil avait toujours du mal à faire face aux grosses affluences des week-ends. En outre, l'exploitation de la ligne était souvent contrariée par le vent, du fait d'une implantation très aérienne du dernier pylône, sur la calotte sommitale ; il arrivait même que des cabines le touchent lors de bourrasques. Après 35 années de service, le remplacement de cette remontée porte-drapeau de la station était devenu indispensable.

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Les nouvelles cabines mises en place pour la rénovation de 1993 et la vue sur le dernier pylône, très exposé au vent.



La politique de redynamisation du Département de la Loire

Tenant compte du potentiel du site et du caractère social de cet unique centre de ski alpin de la Loire, le Département, gestionnaire du domaine depuis les années 2000, a fait le choix d'engager un programme de modernisation conséquent, avec l'appui du fonds européen de développement régional. Courant sur plusieurs années, ces investissements ont permis le remplacement de la télécabine, mais également la création de téléskis, d'un nouvel espace débutants, et l'optimisation des pistes existantes avec, en particulier, le développement du réseau de neige de culture.

Pour améliorer le confort de la clientèle et augmenter le débit, la vieille télécabine est remplacée en 2002 par un télésiège débrayable à bulles. Ainsi, les skieurs disposent d'une solution skis aux pieds nettement plus pratique, et, comme sur le précédant appareil, ils restent abrités lorsque la Burle (vent du nord fréquent sur le massif du Forez) vient glacer l'atmosphère. Le choix d'un appareil à bulles permet également à la station d'afficher une certaine modernité et ses dimensionnements restent, de plus, bien proportionnés au regard de la taille du domaine.

C'est Leitner qui a été retenu suite à l'appel d'offre avec une proposition à 3 600 000 € HT (hors démontage, génie civil et maîtrise d'œuvre). Le chantier a été réalisé durant l'été 2002 sous la maîtrise d'œuvre de CNA (Cable Neige Aménagement). Beaucoup d'éléments de l''ancienne télécabine ont été revendus à Pooladkaf en Iran, dans les monts Zargos. Depuis 2009, les célèbres œufs foreziens y poursuivent une seconde carrière ; pour l'anecdote, ils ont même conservé jusqu'à leur logo Conseil général de la Loire !

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Des œufs aux bulles...


Pour solutionner le problème de l'exposition au vent, la nouvelle gare amont a été implantée, plus en contrebas. Le prolongement jusqu'à la calotte sommitale est désormais assuré par le téléski de Pierre-sur-Haute, construit la même année que le télésiège. Appareil insensible au vent par excellence, le téléski a permis d'offrir à Chalmazel un nouveau point culminant atteignant symboliquement 1 600 mètres d'altitude.

Le télésiège a étrenné avec succès un dispositif innovant : le système d'amortisseur liquide visant à assurer la stabilité de ses véhicules et ainsi fiabiliser son exploitation dans la plupart des conditions météorologiques (nous y reviendrons plus en détails dans le reportage).

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Vue aérienne présentant la nouvelle configuration des remontées au sommet du domaine skiable.


Caractéristiques de l'appareil

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Ligne et infrastructures du télésiège des Jasseries

La gare aval

Le départ du télésiège des Jasseries est situé à 1 109 mètres d'altitude, sur le côté est du front de neige, en bordure de la forêt, à proximité de la route-parking et des chalets de location.

La gare aval est la station motrice-tension. Il s'agit d'un modèle compact qui repose sur un unique pilier en béton. Un garage couvert accolé derrière le poste de commande du conducteur permet le rangement des sièges (nous reviendrons plus loin sur les différents aspects techniques).

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Le départ du télésiège est implanté sur le côté est du front de neige.


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La gare est située en bordule de la forêt, au bord de la route-parking.


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La gare et de son garage.


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Vue d'ensemble de la gare.


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Vue rapprochée de la gare.


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Accolé derrière la gare, le garage, bien qu'imposant, reste discret.


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La gare aval et le début de la ligne.


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Vue arrière sur la gare.


L'appareil est dimensionné pour une exploitation à 5 m/s assurant un débit théorique de 1.800 personnes par heure. Le cadencement d'embarquement reste confortable avec un espacement de 8 secondes entre chaque siège. Cependant, en dehors des périodes d'affluence, pour optimiser les coûts de fonctionnement, l'appareil est fréquemment exploité à 3,5 m/s.

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Le contour.


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Embarquement de skieurs.


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Siège en sortie de lanceur.



La ligne

Avec deux kilomètres de ligne, Jasseries est le plus long télésiège du Massif central. Le profil en long du terrain survolé alterne trois passages en pente (autour de 28 %) et trois replats. L'appareil, qui rachète 354 mètres de dénivelé, longe la piste des Granges en bordure de forêt sur la majeure partie du tracé, puis, sur sa section supérieure, il quitte les résineux pour les chaumes d'altitude du plat des Granges.

Le télésiège est équipé de 17 pylônes. Un seul est de type compression (le P1, en sortie de gare) ; deux ouvrages support/compression (le P10 et P11) absorbent en douceur un profil de pente concave au deux tiers. Les têtes des P2 à P5 sont en outre équipées de projecteurs pour une exploitation nocturne de la piste des Granges.

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Le P1, en sortie de gare, est l'unique pylône de compression de la ligne.


Les plus observateurs remarqueront que les pylônes sont identiques, jusqu'aux balanciers prêts, à ceux habituellement fournis par Poma. On sait que le constructeur isérois et l'Italien Leitner mutualisent de plus en plus d'éléments du fait de leur appartenance au groupe de Michaël Seeber, mais Jasseries constitue le premier exemple de téléporté où la firme de Vipiteno a fait appel de façon aussi poussée à la gamme habituelle du Français.

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Le P2, équipé comme les quatre pylônes suivants, de projecteurs pour le ski nocturne.


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Le P3.


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Le P4.


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Le P4 marque un léger infléchissement de la pente.


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Premier replat entre le P4 et le P5.


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Le P5, implanté juste avant la reprise de pente du terrain.


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Le P6, plus haut ouvrage de la ligne, avec 20,65 mètres.


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Le P7.


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Le P8, situé en aval d'un second replat.


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La portée P8-P9 dans le replat.


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Le 10, implanté au niveau de la reprise de pente.


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Le P10 (comme le P11) est de type support/compression pour accompagner la reprise de pente.


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Le P11, également de type support/compression.


Pour limiter leur exposition au givre et au vent, la fibre, les paires torsadées de la ligne de sécurité, et câbles électriques sont enterrés à partir du P12.

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A partir du P12, la fibre, les paires torsadées, et câbles électriques sont enterrés.


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Le P13, amorce l'infléchissement de la pente.


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Le P14, implanté au niveau de l'ancienne gare intermédiaire de la télécabine.


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Le P15 et en toile de fond, les émetteurs de Pierre-sur-Haute.


A 1 400 mètres d'altitude, la ligne atteint le plat des Granges. Le paysage change : la dense forêt de sapins laisse place à la lande sauvage des Hautes-Chaumes, avec, pour toile de fond, la tour d'émetteurs hertziens et son dôme de l'aviation civile trônant au point culminant du massif.

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Le P16, sur les chaumes du plat des Granges.


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Le P17, dernier ouvrage de ligne.



La gare amont

La gare amont du télésiège des Jasseries a été implantée à 1 463 mètres d’altitude sur bute réalisée lors de la construction. Située au fond du plat des Granges, l'arrivée reste relativement abritée du vent et du givre au pied de la calotte sommitale du massif. Pour autant, la gare doit tout de même affronter une météo souvent rude et les pare-vents dont elle est dotée s'avèrent indispensables.

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Situation de la gare d'arrivée du télésiège sur le plat des Granges, à proximité de la dernière jasserie des Granges encore debout.


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L'arrivée du télésiège est située au fond du plat des Granges, au pied de la calotte sommitale.


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La gare amont et en second plan, la dernière jasserie des Granges.


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La gare prend place sur un déblai réalisé lors de la construction.


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Vue en contre-plongée sur la gare amont.


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Arrivée en gare amont.


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Débarquement du siège.


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Arrière de la station et chalet du conducteur.


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Sut le côté de la gare, sont stockées les pièces de l'estacade montée pour l'exploitation estivale.


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Le chalet du conducteur devant la station amont.


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Vue sur la gare depuis les pistes des Gentiannes.


A la belle saison, une fois les neiges fondues, ce plateau d'altitude sert d'estive aux troupeaux. D'ailleurs, en lieu et place de la station d'arrivée, trônaient jadis sur ce plat, de vieilles jasseries, constructions en pierres de taille servant d'étables et de lieux de vie des éleveurs, qui ont donné leur nom au télésiège. Le terme désignait initialement les pâturages d'altitude où étaient conduits les troupeaux pour l'été, mais au fil du temps, par métonymie, il a fini par représenter la construction située sur ces prés en elle-même. La tradition veut que l'ont y trouve une cave où est affiné le fromage local : la fourme. Comme le Buron en Auvergne, la jasserie fait partie prenante du patrimoine des Hautes-Chaumes du Forez.

Pour l'anecdote, les jasseries des Granges disposaient encore de leur toit jusque dans les années 1980, et les skieurs les plus aguerris s'en servaient de tremplin lors de chutes de neiges importantes. Aujourd'hui, seule demeure une petite grange en pierres sur le côté de la gare, mais les anciennes jasseries du plat des Granges revivent désormais symboliquement au travers du nom porté par le télésiège.

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Les jasseries qui trônaient jadis en lieu et place de la gare d'arrivée du télésiège. (DR, coll. Laurent Berne)




Les véhicules

Le siège et sa bulle

L'appareil dispose de 106 sièges à bulles de quatre places à attache débrayable. Ils sont équipés d'un amortisseur liquide pour fiabiliser l'exploitation. Chalmazel a également opté pour l'option assises et dossiers à rembourrage intégral. Même si on note la présence de vibrations, la clientèle bénéficie d'un bon niveau de confort.

Pour l'exploitation estivale, des véhicules disposent en outre d'une accroche latérale permettant de suspendre les VTT.

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Vue d'ensemble d'un des 106 sièges à bulle.


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Un siège côté brin descendant.


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Les assises et dossiers sont à rembourrage intégral.


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L'accroche latérale permet la suspension des VTT.



Les bulles panoramiques sont réalisées en polycarbonate thermo-moulé. En mode normal, la coque s'ouvre automatiquement en entrée de gare et se referme en sortie ; l'exploitation peut également s'opérer en position ouverte constante, seul le contrôle d'ouverture en entrée de gare s'effectue alors. Le système fonctionne comme celui des portes d'une télécabine grâce à un levier flexball situé sur la suspente du siège actionné en gare au passage d'une came.

En exploitation classique, le choix final de garder la bulle ouverte ou non en ligne revient quoi qu'il en soit à l'usager : des poignées situées à l'intérieur de la bulle permettent de la relever facilement, assisté par la force de ressorts latéraux.

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La bulle et son mécanisme assisté sur le côté.



L'amortisseur liquide

La ligne de l'appareil est souvent soumise à des mouvements d'air susceptibles d'engendrer des phénomènes d'oscillations latérales des véhicules, pouvant rapidement contrarier l'exploitation à vitesse classique. Sur des téléportés à cabines fermées, l'emploi de technologies de type funitel comme à Super-Besse, où bien encore de spoilers comme sur la télécabine de Bochard aux Grands Montets, règle le problème. Les moyens plus modestes de cette petite station ne permettaient cependant pas d'installer de tels équipements. Ici, Leitner a donc développé une réponse technique à la fois simple et innovante : l'amortisseur liquide.

A cet effet, les véhicules du télésiège des Jasseries sont équipés, à l'arrière, d'une pièce métallique incurvée vers le bas et fixée sur le haut du châssis. Celle-ci est remplie aux trois-quarts d'un liquide se répartissant pour moitié d'eau et pour moitié d'antigel. En ligne, le déplacement du liquide est tel qu'il s'oppose au balancement du siège. Le principe consiste à faire varier la fréquence d'excitation au gré de la force du vent ; il empêche ainsi toute formation d'une fréquence de résonance. En contrariant la prise de mouvement, il assure la stabilité des véhicules dans des conditions de fonctionnement difficiles.

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Principe de fonctionnement de l'amortisseur liquide.


Après avoir étrenné son fonctionnement sur ce télésiège, Leitner commercialise désormais ce système en option sur ses téléportés. Même si cet appareil reste à l'heure actuelle l'unique remontée française disposant d'amortisseurs liquides, des installations étrangères à la ligne exposée sont maintenant équipées de la sorte.

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Gros plan sur l'amortisseur liquide d'un siège.



L'attache débrayable

Les sièges sont équipés de la pince débrayable LA48 (LA pour Leitner Automatique). Le chariot dispose de deux galets de roulement et d'un galet de stabilisation destinés à la circulation des sièges débrayés sur les rails des stations. Aux extrémités, deux tampons en caoutchouc assurent le bon espacement des véhicules une fois rangés.

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La suspente avec le chariot et la pince LA48 en ligne.


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Gros plan sur la pince LA48 accouplée au câble.


Stockage des véhicules

En dehors des périodes d'exploitation ou lorsque le vent ou le givre sont de la partie, les sièges sont rentrés dans le garage en gare aval. Les véhicules, et en particulier les mécanismes d'actionnement de la bulle, moins exposés aux mauvaises conditions météorologiques, vieillissent donc mieux.

Le garage permet également de répondre au mieux à l’affluence fluctuante en offrant la possibilité d'adapter le débit à la demande. En été par exemple, quand la fréquentation reste modeste, seul le nombre de sièges nécessaire est cyclé en ligne. La station optimise ainsi au mieux les coûts de fonctionnement.

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Gros plan sur le garage de la G1.


Depuis la gare aval, les véhicules sont orientés vers le garage par le bais d'un autre aiguillage motorisé, situé dans le contour. Ils suivent ensuite un rail équipé d'une chaîne de traînage. Le décylage s'opère à 5 mètres/seconde, et dans le sens de fonctionnement d'exploitation. Le temps total pour décycler l'ensemble des véhicules est de moins de 14 minutes. Le cylcage est quant à lui réalisé intégralement en marche arrière.

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Aiguillage motorisé dans le contour de la G1 et convoyeur à chaîne motorisée conduisant au garage.


Le garage dispose de trois voies accessibles via des aiguillages motorisés. La longueur des voies permet le stockage de l'ensemble des sièges et du panier de service. Les véhicules sont rangés hors saison, mais également à chaque fois que la météo annonce des perturbations. Au niveau de la première voie, une zone de maintenance haute équipée de passerelles est destinée aux opérations d'entretien et de révision des pinces et chariots.

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Détail du convoyeur à chaîne et de son motoréducteur.


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Sortie du convoyeur et arrivée sur les deux aiguillages motorisés des trois voies de stockage.


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Les trois voies de stockage et la zone de maintenance haute.


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Les véhicules s'imbriquent pour optimiser la surface de stockage.


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Le contour de la voie n°1.


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Le véhicule de service.




Au cœur de la station motrice-tension

L'entraînement principal

Intéressons-nous plus en détails au fonctionnement de l'appareil et grimpons au cœur de la G1.
De part ses vitrages latéraux, l'intérieur de l'espace technique se révèle particulièrement lumineux. Des passerelles métalliques sécurisées permettent d'en faire le tour et d'accéder de façon fonctionnelle aux différents organes.

L'entraînement principal est équipé d'un moteur électrique à courant continu ASI (Ansaldo Sistemi Industriali) développant 500 kW (en bleu). Le volant d'inertie reçoit un frein électrique de service de service ou freins 1 (carter jaune et plexiglas). L'arbre rapide anime un imposant réducteur KSS6 (en rouge) mettant en mouvement la poulie motrice. On trouve sur cette dernière les freins de sécurité (freins 2), pilotés hydrauliquement par une centrale dédiée.

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Vue d'ensemble de l'intérieur de la gare et des éléments composant l'entrainement principal.


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En bleu, le moteur CC ASI de 500 kW et, sous le carter en plexiglas au chassie jaune, le volant d'inertie équipé du frein de service.


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Dans le prolongement du volant, le réducteur KSS6 (en rouge).


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Le réducteur KSS6 engrène la poulie motrice.


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La centrale hydraulique des feins de sécurité agissant en périphérie de la poulie motrice.



La marche de secours

La marche de secours du télésiège est assurée par un moteur thermique Iveco Aifo situé en retrait du moteur électrique de marche normale. Ce moteur alimente une pompe dont la pression permet à un motoréducteur hydraulique de mettre en mouvement la poulie motrice, via un pignon entraînant une couronne dentée.

A la base typiquement Leitner, et aujourd'hui globalement reprise par l'ensemble des constructeurs, cette configuration permet un fonctionnement de l'appareil même en cas de casse du réducteur principal.

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Le moteur thermique Iveco Aifo.


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Le moteur de secours et ses commandes.


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Le moto-réducteur hydraulique vient engrener la couronne dentée de la poulie motrice.



La tension du câble

La tension du télésiège est assurée par un vérin hydraulique situé sur l'avant de la gare aval (côté ligne). Le piston maintien un lorry supportant l’ensemble de l'entraînement. La course maximale du piston est de 3 mètres. Le vérin est piloté dynamiquement par une centrale hydraulique motorisée spécifique.

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Le vérin hydraulique et sa centrale automatique.



Circulation en gare

Dans les gares, le déplacement des véhicules est réalisé par le biais pneus en contact avec le peigne des chariots. Les poutres à pneus sont entraînées par courroies. Par sécurité, chaque transmission est doublée.

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Les poutres à pneus du ralentisseur.


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Le lanceur.


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Détail de la transmission par doubles courroies.


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Sortie de lanceur : came d'embrayage de la pince, rail de roulement et pneus de lancement


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Pince LA48 embrayée en sortie de lanceur.



Le poste de commandes

Le poste de commande du conducteur prend place au sein du même bâtiment que le garage.

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Le poste de commande


Trois armoires de contrôle Seirel y sont installées. En premier lieu, l'armoire de commande principale qui gère la mise en route et le fonctionnement courant de l'appareil. On trouve sur sa façade un écran tactile et les commandes permettant le choix de mise en marche particuliers (thermique/électrique, exploitation/maintenance...), ainsi que les options courantes, telles la fermeture des bulles, la vitesse de ligne, le cadencement (manu/auto, débit...), et la marche avant/arrière pour le décyclage/cyclage. A cela viennent s'ajouter les informations relatives la vitesse du câble, la tension, l'état motrice ou l'embarquement. En bas à droite, se situent les boutons poussoirs des commandes de freins.

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Panneau de commandes principal.


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Détails du panneau principal.


Le second panneau renseigne sur le vent (vitesse, direction), mais également sur le fonctionnement courant de l'appareil (réducteur accouplé, moteur hydraulique désaccouplé...), et surtout, il fait remonter les alertes de la gare (buté lorry, niveau huile, survitesse...)
Enfin, sur la dernière armoire on trouve l'indication du pesage des pinces et le coffret de la ligne de sécurité, un MultiS2 de marque EGVA. Ce dernier gère par indicateur bargraph individuel les éventuelles alertes de la ligne récupérées grâce aux capteurs présents sur chaque pylône. En tête, un module de test permet la vérification régulière du bon fonctionnement de l'ensemble.

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L'armoire de gestion de la marche de secours (à gauche) et de gestion du pesage et de la ligne de sécurité (à droite).



Offre-ski et centres d'intérêt

L'offre-ski

De par la situation centrale de sa gare amont au cœur du domaine, le télésiège des Jasseries constitue à la fois une remontée mécanique proposant du ski propre et un premier ascenseur vers les autres secteurs et pistes d'altitude.

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Détail sur plan de l'offre-ski proposée à l'arrivée du télésiège.


L'appareil dessert directement la piste des Granges (également nommée des Jasseries), principale descente de Chalmazel, formant une large percée dans la forêt. Cette piste de deux kilomètres prend la forme d'un grand toboggan alternant passages pentus et replats. Elle a été équipée d'enneigeurs dès 1983 et a son traitement au sol lui assure une skiabilité excellente, même avec un manteau neigeux de faible épaisseur ; une donnée essentielle pour une station de moyenne altitude comme Chalmazel.

Même si, emprunts d'une certaine nostalgie, d'aucuns regrettent la suppression des sapins qui séparaient jadis la piste des Granges de son ancienne variante, force est de constater que l'ensemble forme maintenant un large boulevard idéal pour la pratique d'un ski familial, parfaitement entretenu et bien ensoleillé.

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Départ de la piste des Granges.


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Vue sur la piste des Granges au niveau de la pénétration dans la forêt.


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La piste des Granges au niveau de la première rupture de pente.


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Le grand replat de la piste des Granges.


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Vue sur le bas de la piste des Granges.


Le télésiège donne par ailleurs accès aux téléskis implantés sur les sommets du massif (Pierre-sur-Haute et Les Cimes) ainsi qu'au secteur de Couzan, que l'on rejoint par la piste verte du Replat, qui démarre de la gare amont de l'appareil et court parmi les sapins jusqu'au versant plein nord du domaine.

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Le téléski de Pierre-sur-Haute, implanté dans le prolongement du télésiège.


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La piste du Replat, au niveau du bois du plat des Granges, avec en toile de fond, le mont Procher.


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La piste du Replat sortant du bois du plat des Granges


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La piste du Replat passant à proximité d'une jasserie, à l'arrivée sur le secteur de Couzan, au niveau du départ du téléski des Cimes.



L'exploitation piétons et VTT

L'appareil rapproche par ailleurs les randonneurs de Pierre-sur-Haute, point culminant des monts du Forez et du département de la Loire (1 634 mètres), accessible été comme hiver depuis la gare amont, par un sentier balisé. Au sommet, s'offre aux yeux des promeneurs une belle vue panoramique sur l'Auvergne, le Forez et les montagnes du Matin. A l'Est, par beau temps, se dessinent la chaîne des Alpes et le mont Blanc. On peut également prolonger la balade en empruntant le GR3, qui passe par la ligne de crête du massif et permet de partir à la découverte des Hautes-Chaumes et des jasseries, ou de rejoindre le col du Béal et son auberge.

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Pierre-sur-Haute (1.634 mètres), accessible depuis la G2 du télésiège par le téléski, ou par un sentier raquettes.


L'été, le télésiège est également emprunté par les vététistes : il dessert des itinéraires balisés de tous niveaux, parmi lesquels une piste de descente freeride plutôt technique de 360 mètres de dénivelée courant en sous-bois et homologuée pour les compétitions, ainsi qu'un bikepark avec une zone North Shore disposant de divers modules à sauter ou passer en équilibre. Une estacade en bois est alors installée au niveau de la gare amont pour faciliter les débarquement et embarquements.

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La gare aval en été.


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La gare amont en été.


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A la belle saison, une estacade est installée en gare amont.


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VTT au pied des pistes.




Le pari du tourisme de montagne de proximité

Remplacer sa télécabine, remontée principale de la station depuis 35 ans, voilà qui représentait un enjeu de taille pour Chalmazel ! Pari gagné avec le télésiège des Jasseries, qui constitue un bel emblème de la politique qualitative menée sur le domaine par le Département de la Loire.

En choisissant un télésiège débrayable à bulles, Chalmazel a pu concilier les avantages de la télécabine et du télésiège. L'appareil ajoute en plus une meilleure disponibilité de fonctionnent, grâce au système Leitner d'amortisseurs liquides, à un garage et à un positionnement revu de la gare amont.

Finalement, le télésiège représente un choix économique cohérent compte-tenu de la taille du domaine, et les options et solutions techniques retenues en font un équipement qui sort d'un certain ordinaire.

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Vue d'ensemble de l'arrivée du télésiège sur le plat des Granges. Tout au loin, le mont Blanc émerge de l'horizon.


Cette modernisation et, plus largement, tous les investissements réalisés depuis la reprise en gestion directe par le département, ont permis à la station forezienne de trouver un nouvel élan dans les années 2000. Même si le domaine reste modeste, Chalmazel propose désormais un produit ski avec un positionnement à la fois nature et modernité qui ravit la clientèle ligérienne, et permet aux plus modestes de goûter, pour une journée, aux plaisirs des sports d'hiver.

Une étude menée par Solving Efeso montre que le transport de personnes pour se rendre en station représente 57 % du bilan carbone de l'activité du ski. En misant sur Chalmazel, le Département de la Loire contribue ainsi à développer une offre de loisir hivernale de proximité respectueuse de la planète, tout en soutenant l'économie locale. Qui a dit que les petites stations de proximité devaient forcément disparaître ?

Laurent Berne

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Le télésiège des Jasseries et la piste des Granges.



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Remerciements à Jean-François Gibert, Patrice Archimbaud, ainsi qu'au conducteur pour la visite.

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Le télésiège à la tombée du jour.


J'accepte volontiers la réutilisation de mes textes ou visuels (photos personnelles, issues de ma collection, plans des pistes; schémas...) pour peu que l'on ait la délicatesse d'en citer la source à proximité.
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