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 TSD6A du Buron du Baguet

Le Lioran

Leitner

T3 ES
Description rapide :
Le premier télésiège débrayable six places du Massif central.

Mise en service en : 2014

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Localisation(s)
Photo

Auteur de ce reportage : lolo42
Section écrite le 07/02/2015 et mise à jour le 01/04/2016
(Mise en cache le 01/04/2016)

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Alors que les télésièges débrayables six places sont devenus un standard des grands domaines des Alpes, les stations de taille moyenne, aux finances plus modestes, hésitent souvent à investir dans ces appareils modernes mais coûteux lorsque vient l'heure du remplacement d'une remontée. Pourtant, certaines font le pari qu'une amélioration radicale fidélisera leur clientèle tout en pérennisant l’exploitation.

C'est le cas du Lioran, dans le Cantal, qui vient de remplacer un télésiège fixe, lent et ancien, par un débrayable six places bien doté en options. Emprunté pour une part importante par des skieurs débutants et des familles, l'appareil prend parfaitement en compte, par ses équipements, les attentes de cette clientèle en matière de sécurité et de confort, tout en garantissant une exploitation et une maintenance simplifiée.

Partons à la découverte de ce dernier gros investissement dans le Massif central...

Sommaire
  • Ski familial et premier ascenseur vers les sommets
  • Trois générations de remontées
  • Gare aval
  • La ligne
  • Gare amont
  • Les véhicules
  • Un pari sur l'avenir ?



Ski familial et premier ascenseur vers les sommets

Au cœur des monts du Cantal, plus grand stratovolcan d'Europe, Le Lioran dispose d'un des plus beaux et plus variés domaines du Massif central. La station étend ses 60 kilomètres de pistes sur les sommets cerclant la prairie des Sagnes, depuis les forêts abritées de Font d'Alagnon jusqu'aux vastes alpages dégagés s’étageant de Prat de Bouc au Plomb du Cantal, deuxième sommet d'Auvergne (1.855 mètres).

Avec un large choix de descentes faciles, Le Lioran est une station familiale, bien fréquentée par des skieurs de niveau intermédiaire ou débutants. Cette clientèle dispose depuis 2014 d'une nouvelle remontée qui lui est tout indiquée : le télésiège débrayable six places du Buron du Baguet, qui remplace le téléski des Débutants et le télésiège fixe du Baguet. L'appareil fait d'ailleurs l'objet d'un forfait spécifique pour débutants incluant les deux tapis roulants d’initiation.


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Positionnement du télésiège sur un plan des pistes.


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Détail de l'implantation de l'appareil et des pistes desservies.


L'équipement dessert deux pistes faciles bénéficiant de l'enneigement de culture :
- la célèbre verte de la Familiale, incontournable pour tout débutant du Lioran, qui emprunte le tracé en pente douce du vallon du Baguet, sous la ligne du téléphérique ;
- et la piste bleue de la Traversée, une agréable descente qui se faufile à travers les bois jusqu'au front de neige et permet de rejoindre facilement le secteur du buron des Gardes.

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La piste verte de la Familiale.


Le rôle du télésiège du Buron du Baguet ne se limite cependant pas à cette offre ski familiale : le téléporté constitue également un premier ascenseur pour rejoindre les sommets du domaine skiable et les pistes du versant de Prat de Bouc, en donnant accès au télésiège de la Combe, situé dans son prolongement et exploité en cas de non fonctionnement du téléphérique ou de périodes de forte affluence.
Le télésiège du Buron du Baguet est, en outre, ouvert aux piétons, à la montée comme à la descente, pour la desserte du restaurant implanté au sein du buron.


Trois générations de remontées

Années 1960 et 1970 : les téléskis débrayables

La première installation à desservir de façon directe la piste de la Familiale fut le téléski débrayable des Débutants, livré en 1967 par Transcâble. Faisant partie des premières installations du front de neige de la Prairie, cette remontée longeait sur 730 mètres la trouée de la Familiale, côté est, parallèlement à la ligne du téléphérique du Plomb du Cantal.

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Gare de départ du téléski des Débutants à la fin des années 1960. (DR, coll. Laurent Berne)


En 1979, le téléski des Débutants fut doublé par le téléski du Baguet, dont la ligne se prolongeait sur 460 mètres et atteignait, après un virage à gauche, le buron du Baguet. Fourni par Montaz Mautino, cet appareil desservait, comme le télésiège actuel, la piste de la Familiale de façon rallongée et donnait accès à la piste bleue de la Traversée ainsi qu'au restaurant aménagé au sein du buron du Baguet.

Dès la saison suivante, le rôle de ce deuxième téléski se renforçait encore avec la réalisation, dans son prolongement, du télésiège de la Combe, offrant un second accès au domaine d'altitude.

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Tracés des téléskis des Débutants et du Baguet. (vue aérienne IGN de 1980)


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P1 des téléskis du Baguet et des Débutants. (DR, coll. Laurent Berne)


1983 : le télésiège fixe à virage

Devenu un appareil central du front de neige, ce téléski du Baguet fut remplacé dès 1983 par un télésiège Poma triplace fixe de la gamme Delta. Le téléski démonté ayant peu d'heures de fonctionnement, sa gare de départ T fut récupérée pour remplacer celle du téléski des Débutants.

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Le télésiège fixe du Baguet (avec ses sièges goutte d'eau d'origine) et la ligne du télésiège de la Combe dans son prolongement.(Samy93)


Le télésiège triplace du Baguet était un des rares téléportés à disposer d'un virage : comme pour le précédent téléski, l'appareil reprenait en son bas le tracé parallèle au téléski des Débutants, puis assumait un angle à gauche en direction du buron du Baguet. Ce virage avait été réalisé au prix de l'implantation rapprochée de six pylônes, où les sièges enchaînaient des balanciers support et des portiques de compression avec des galets inclinés (voir reportage ici)..

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Départ du télésiège fixe du Baguet, coincé entre la ligne du téléski des Débutants et celle du téléphérique, le long de la Familiale.


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Enchaînement de pylônes réalisant le virage à gauche du télésiège fixe du Baguet.


2014 : le télésiège débrayable six places

Le nouveau télésiège débrayable six places a été construit entre l'été et l'automne 2014. Sa réalisation s'est inscrite dans une phase d'investissements portant sur l'amélioration de la capacité d'accueil du domaine skiable (en particulier du débit des remontées) et du confort des skieurs.

Ce programme a été entamé en 2013 avec la restructuration de l'espace débutants de la prairie des Sagnes, qui a vu installation des deux tapis roulants Ficap Funbelt avec couverture elliptique panoramique. Poursuivi en 2015 avec le remplacement du télésiège de Massebœuf (un Poma Delta triplace de 1984) par un télésiège GMM 7+ avec anti-sous-marinage débitant 2.400 personnes/heure, il prévoit également, à terme, le remplacement du télésiège de la Combe.

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La gare de départ du nouveau télésiège en construction et les deux tapis couverts pour débutants.


Le télésiège du Buron du Baguet adopte un tracé déporté, non plus parallèle à la Familiale, mais qui croise la piste en son milieu. Outre le fait d'avoir supprimé le virage, cette nouvelle implantation a permis de remodeler et d'élargir la descente grâce à l'espace gagné avec le démontage des anciens appareils. Ces travaux se sont en outre accompagnés du remplacement du réseau d'enneigement de culture.
Retrouvez plus d'informations sur chantier sur le sujet qui lui est consacré.

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Implantation de la nouvelle ligne, croisant la piste de la familiale, et travaux d'élargissement de la descente.


Le télésiège a été fourni par Leitner. Nouvel appareil vitrine de la station, le téléporté reçoit plusieurs options à destination de la clientèle novice et des enfants, comme les gardes-corps automatiques, l'anti-sous-marinage, les sièges confort ou encore un embarquement à très faible vitesse. Le Lioran a également opté pour des options assurant une facilité d'exploitation au quotidien, comme le rangement des sièges dans les voies, un atelier de maintenance intégré en G1 ou encore le concept de double motorisation. Le débit actuel est de 2.500 personnes par heure, mais l'appareil est dimensionné pour monter à 3.000 personnes par heure.

Des sièges arceaux de l'ancien télésiège fixe du Baguet, installés en rénovation en 2010, ainsi que son automate et son armoire de commande ont été récupérés et installés sur le télésiège de Rombière, un appareil triplace Poma Delta qui date de 1984 et qui n'est pas appelé à être remplacé dans l'immédiat.

L'investissement total de cette opération s'élève à 6.790.000 € HT dont 5.900.000 € HT pour le télésiège débrayable.

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Nouveau télésiège du Buron du Baguet en service.



Caractéristiques principales


  • Nom de l'installation : Buron du Baguet
  • Type : TSD - télésiège à attaches débrayables
  • Constructeur : Leitner
  • Modèle : CD6 gamme LP
  • Année de mise en service : 2014
  • Maîtrise d'ouvrage : ERIC
  • Exploitant : SAEM Super Lioran

  • Altitude aval : 1.239 mètres
  • Altitude amont : 1.465 mètres
  • Dénivelée : 226 mètres
  • Longueur suivant la pente : 1.347 mètres
  • Pente maximale : 51 %

  • Sens de rotation : horaire
  • Nombre de pylônes : 12
  • Diamètre du câble : 46 mm

  • Emplacement motrice : gare amont
  • Motorisation principale : deux moteurs électriques Nidec ASI à courant continu de 428 kW
  • Moteur de secours : motoréducteur hydraulique mû par une pompe alimentée par moteur thermique de 305 kW
  • Emplacement de la tension : gare aval
  • Tension du câble : dynamique, par vérin hydraulique

  • Armoires : SEMER
  • Automate : Siemens S7-300
  • Ligne de sécurité : Safeline 3.1

  • Modèle des sièges : Leitner LPA 6 OCC
  • Options : assises larges, coussins matelassés, dossiers hauts et repose-têtes. garde-corps automatiques, anti-sous-marinage
  • Capacité : 6 places
  • Attache débrayable : Leitner LPA-M
  • Nombre de véhicules : 62 (72 possible)
  • Garage : dans les voies en G1 et G2

  • Vitesse d'exploitation maximale : 5,5 m/s
  • Temps de trajet : 4 min 5 s
  • Débit théorique actuel à la montée : 2.500 p/h
  • Débit théorique possible à la montée : 3.000 p/h (avec ajout de sièges)
  • Débit théorique actuel à la descente : 833 p/h


Gare aval

Situation

Alors que la gare aval du précédent télésiège était située sur le côté est de la prairie des Sagnes, relativement en amont du pied des pistes, le départ du nouvel appareil a été positionné au centre de ce vaste front de neige, 11 mètres plus bas, à 1.239 mètres d'altitude. Cette implantation, en léger déblai, favorise la circulation des flux sur le domaine. Elle équilibre la distribution des départs de remontées de la prairie des Sagnes et assure aux skieurs venant du secteur de Massebœuf ou du buron des Gardes un basculement plus aisé sur le buron du Baguet.

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Situation de la gare aval sur une vue panoramique du front de neige de la prairie des Sagnes.


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La gare aval du télésiège et les logements de la partie est de la prairie des Sagnes avec, tout à droite, le départ du téléphérique.


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La gare aval est désormais plus proche de la piste du Retour et du TSF4 de la Prairie (secteur de Massebœuf).


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La gare aval est implantée en léger déblai, favorisant son accessibilité en ski.



Détails de la gare

La station est un modèle CD6-LP rallongé (15 mètres du contour à la sortie). Cette longueur permet le stockage des sièges dans les voies, sans ajout d'un garage, comme nous allons le voir plus en détail par après. En outre, elle autorise une exploitation en ligne à 5,5 mètres par seconde tout en assurant une vitesse de circulation en gare réduite à 0,68 mètre par seconde (la vitesse classique étant proche de 1 mètre par seconde). La clientèle débutante et familiale embarque donc facilement et sans stress, et l'appareil subit moins d'arrêts. Les skieurs novices sont également aidés par un code couleur présent au sol et sur les sièges, qui matérialise les emplacements de chaque assise individuelle.

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Vue d'ensemble.


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L'avant de la gare, côté lanceur.


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L'avant de la gare, côté ralentisseur.


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La gare est un modèle CD6-LP long : 15 mètres du contour à la sortie.


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Face arrière de la gare.



Technique - Retour tension - Généralités

Techniquement, cette station est retour-tension. La poulie est montée sur lorry maintenu en tension par un vérin hydraulique piloté par une centrale.
La gare présente par ailleurs des options intéressantes. Visite en compagnie de Laurent Combelle, chef du secteur de la Prairie des Sagnes...

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Laurent Combelle, chef du secteur de la Prairie des Sagnes, dans la gare.


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La gare aval est retour-tension.


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Détail du vérin de tension.


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La centrale hydraulique pilotant la tension.



Circulation en gare

Le déplacement des véhicules débrayés est réalisé par le biais de pneus entrant en contact avec le peigne des chariots. Les pneus du lanceur et du ralentisseur sont mis en mouvement par des doubles courroies. Dans le contour, l'entraînement des pneus est réalisé par roues dentées.

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Détail de pneus du ralentisseur, entraînés par des double-courroies.


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Détail des pneus du contour, entraînés par des roues dentées.


Dans un souci de disponibilité de service, plusieurs équipements sont redondants. Le ralentisseur et le lanceur reçoivent chacun deux prises de mouvement. Si l'une des prises venait à lâcher (rupture de courroie), l'exploitation pourrait se poursuivre normalement (jusqu'à 62 sièges en ligne, en vitesse réduite sinon).

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La double prise de mouvement du lanceur.


On trouve également deux modules de pesage dans chaque gare : un à l'arrivée et un au départ, au niveau des rails de manœuvre de la pince. Le pesage du ralentisseur possède deux sorties distinctes de mesure. Il y a donc trois valeurs de pesage par gare.

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Rail d'embrayage et pesage.


Le cadencement est aussi doublé. En fonctionnement normal, l'installation est exploitée avec un seul cadenceur plus ou moins vite : celui de la G2. Le cadenceur de la gare aval est mis en route uniquement si le cadenceur amont est hors-service ou si le dé-cadencement est hors limites de la programmation dans l'automate. Dans ce dernier cas, le cadenceur en G2 reste le maître et celui en G1 devient l'esclave.

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Le moteur du cadenceur de la G1 asservit un groupe de pneus en sortie de contour, il est utilisé en complément ou en secours de celui de la G2.


Un deuxième moteur, similaire au cadenceur, est également présent dans l'autre partie du contour. C'est ce que Leitner appelle un ralentisseur très rapide. Il est utilisé dans le cas de détection de défaut de cheminement et permet d'aider au ralentissement des sièges afin d'éviter toute collision dans la partie contour. Grace à cette fonction, le télésiège pourrait être exploité, à terme, à 3000 p/h avec ajout de 10 sièges. Pour l'heure, le ralentisseur très rapide est uniquement utilisé manuellement, lorsque l'appareil est arrêté, afin d'avoir une grande amplitude de déplacement (tout le contour) si deux sièges venaient à être très proches.

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Ralentisseur très rapide, similaire au candenceur, pour prévenir de toute collision de véhicules dans le contour.


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Capteur de gabarit (bon positionnement).


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Système de tirage des pinces : le peson qui mesure l’effort sur la pince.



Rail de service

En sortie de contour, un aiguillage motorisé permet d'injecter la nacelle de service, stockée sur un rail latéral extérieur en exploitation. Ce rail permet également d'isoler rapidement un ou plusieurs véhicules.

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Aiguillage vers le rail extérieur.


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Le rail extérieur et la nacelle de service.



Atelier

Sur l'arrière de la station, derrière le contour, un espace d'atelier, abaissé au niveau de la sous-face de la gare, permet au personnel de réaliser confortablement les opérations de maintenance des pinces.

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L'atelier de maintenance des pinces, intégré à l'arrière de la gare.



Garage de voie

Vous avez sans doute remarqué que les séries de roues situées après les rails de manœuvre des pinces reçoivent, au centre de leur jante, un petit tuyau. Il s'agit du système pneumatique qui permet de garer les sièges directement au niveau des voies de circulation de la gare.

Chacune de ces roues est pourvue d’un embrayage pneumatique. En exploitation, en l'absence de pression dans le circuit pneumatique, les roues restent embrayées sur le moyeu entraîné par les courroies. Pour réaliser le décyclage des sièges, de l'air est injecté dans le tuyau par un compresseur, ce qui a pour effet de débrayer les jantes de leur moyeu et d’immobiliser le véhicule au niveau du premier pneu désolidarisé rencontré. Les roues ne sont pas débrayées simultanément, mais au fil de l'arrivée des sièges : l'opération commence par le dernier pneu avant le rail de manœuvre des pinces du lanceur. Le décyclage est effectué à vitesse réduite, mais l'opération reste rapide, car elle est réalisée simultanément dans les deux gares.

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Pneus équipés d'un embrayage pneumatique au centre de la jante, asservi à un circuit à air comprimé, pour le rangement des véhicules dans les voies.


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Compresseur injectant l'air comprimé dans le circuit, dans le chalet de conduite.


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Rangement des sièges.


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Arrivée du prochain siège décyclé.


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Les sièges sont garés de façon rapprochée ; chaque gare stocke la moitié des véhicules.


Le débrayage des pneus est assuré par des électrovannes trois voies tout ou rien prises sur le circuit à air comprimé. Elles asservissent un ou deux pneus. L'ouverture de chaque électrovanne est pilotée par l'automate grâce aux informations de cheminement des sièges renvoyées par les coffrets présents tout au long des voies.

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Détail de l'électrovanne trois voies tout ou rien.


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Coffret d'entrées/sorties déportées (que nous trouvons tout au long des voies), qui rapatrient toutes les informations
de cheminements, gabarits, boîte de commande, fermeture des volets, position des rails d’aiguillage (...) à l'automate.


Pour garantir l'arrêt précis des véhicules et éviter les décalages, certaines jantes (notamment celle du premier pneu débrayé au niveau du lanceur) sont équipées d'un frein à rondelles qui bloque automatiquement la roue par simple action du débrayage.

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Jante équipée d'un frein d'arrêt, pour bloquer le véhicule.



La ligne

La ligne du télésiège court sur 1.347 mètres et rachète 220 mètres de dénivelée. La pente moyenne est contenue autour de 17%, mais grimpe à 51 % lorsque le tracé laisse derrière lui la piste de la Familiale pour franchir la butte formée au niveau de l'adret du vallon du Baguet. On note également, en bas de ligne, le passage d'une ravine au sein de laquelle est implanté le garage à dameuses de la station.

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Profil altimétrique du terrain survolé (Géoportail).


L'appareil reçoit 12 pylônes, dont un de compression en sortie de G1 et trois de support-compression ; l'un d'entre eux étant situé à l'aplomb de la ligne du téléphérique pour garantir le gabarit de passage nécessaire entre la cabine et le télésiège. La charge descendante étant plus faible, les balanciers sont, pour certains, asymétriques.

Voici les caractéristiques des balanciers des pylônes :
(P = pylône, xS = balancier de type support, xC = balancier de type compression, xS/xC = balancier de type support-compression)
P1 : 10C - 10C
P2 : 8S - 8S
P3 : 6S - 6S
P4 : 8S - 6S
P5 : 4S/C - 4S/C
P6 : 8S - 6S
P7 : 6S - 6S
P8 : 8S/C - 8S/C
P9 : 8S - 8S
P10 : 10S - 8S
P11 : 10S - 8S
P12 : 4S/C - 4S/C

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Vue sur la ligne depuis le front de neige.


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Sortie de gare.


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P1, 10C-10C, seul pylône de compression du télésiège.


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Le P2, 8S-8S, implanté sur une butte.


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Le P3, 6S-6S, juste derrière le P2, toujours sur cette même butte.


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Survol d'une ravine au sein de laquelle prend place le garage des dameuses.


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Le P4, 8S-6S, et le P1 du téléphérique du Plomb du Cantal.


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Le P5, 8S/C-8S/C, situé à l'aplomb de la ligne du téléphérique. Peu aérien, ce pylône garantit le gabarit de passage nécessaire entre la cabine et le télésiège.


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Le P6, 8S-6S, au centre de la piste de la Familiale.


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Le P7, 6S-6S, sur le côté de la piste, peu avant la jonction entre les pistes des Gentianes et de la Familiale, largement reprofilée et élargie avec la construction du télésiège.


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Le P8, 8S/C-8S/C, accompagne l'augmentation de la pente, peu avant le croisement de la piste des Gentianes.


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La pente maximale à 51 % dans la portée P8 - P9, au croisement de la piste des Gentianes.


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Le P9, 8S-8S.


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Le P10, 10S-8S, implanté en dévers sur l'adret du vallon du Baguet.


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Le P11, 10S-8S.


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Portée P11-12, quasi à l'horizontale, longeant le buron du Baguet.


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Le P12, 4S/C-4S/C, juste avant l'entrée en gare.



Gare amont

Situation

La gare amont est implantée à 1.465 mètres d'altitude, à proximité du restaurant du Buron du Baguet, du départ du télésiège de la Combe et des pistes de la Familiale et de la Traversée. Alors que l'arrivée de l'ancien télésiège était située une quinzaine de mètres en contrebas du buron, la station du nouvel appareil prend désormais place sur une plateforme aménagée à hauteur du restaurant. La clientèle rejoint ainsi l'établissement sans effort, en skis comme à pieds, par un court chemin plat et damé.

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Situation de la gare amont, entre le restaurant du Buron du Baguet et le départ du télésiège de la Combe.


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La zone de débarquement et le départ des pistes de la Traversée et de la Familiale.


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Un court chemin plat et damé permet de rejoindre le restaurant depuis la gare.



Détails

Comme la gare aval, la gare amont est un modèle CD6 long. Le télésiège étant ouvert aux piétons, des portillons sont présents pour cadencer l'embarquement à la descente. L'appareil peut accueillir deux passagers par siège dans ce sens de circulation.

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La gare amont vue de face.


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Débarquement de skieurs.


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Vue arrière sur la gare amont.


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Portillons de cadencement pour l'embarquement des piétons à la descente.



Alimentation électrique

La station amont est la motrice de l'installation. La puissance mise en œuvre a obligé à déplacer la ligne électrique ERDF qui amène le 20 KV de la station au Plomb du Cantal et à créer un nouveau poste de transformation pour le nouvel appareil. Notons que celui-ci est dimensionné pour alimenter également le futur remplaçant du télésiège de la Combe.

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Nouveau poste de transformation à côté de la gare.


Dans un souci de disponibilité de service, Le Lioran a doté le télésiège du Buron du Baguet d'une double motorisation. Chacun des deux moteurs bénéficie de sa propre armoire de puissance et de son propre transformateur. En cas de défaillance d’un des composants, l'exploitation du télésiège peut se poursuivre à vitesse moyenne.

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Les deux armoires de puissance identiques pour la double motorisation.



Entraînement principal

Dans l'espace technique de la gare, l'entraînement prend place sur un lorry déplaçable permettant de rattraper l’allongement du câble.

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Entraînement installé sur un lorry déplaçable.


Les deux moteurs sont montés en série et entraînent un arbre rapide commun équipé d'un volant d'inertie. Ils sont à courant continu et développent chacun 428 kW. Le réducteur planétaire à renvoi d’angle assure ensuite l'augmentation du couple et la déviation à 90 degrés vers la poulie motrice.

En cas de dysfonctionnement, chaque moteur peut être déconnecté de l'arbre rapidement pour poursuivre l'exploitation. A cet effet, le moteur n°1, situé entre le réducteur et le moteur n°2, coulisse latéralement ; il est alors remplacé par un arbre de liaison.

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Les deux moteurs à courant continu de 428 kW.


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Arbre de shuntage du moteur 1, pour assurer la continuité d’exploitation avec le seul moteur 2 en cas de dysfonctionnement.


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Réducteur planétaire à renvoi d’angle au dessus de la poulie motrice.



Freins

Le frein de service agit sur le volant d'inertie de l'arbre rapide. Il est électromécanique. Le frein de sécurité attaque quant à lui directement la poulie motrice sur une piste périphérique. Il est hydraulique et est géré par une centrale dédiée.

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Frein de service sur le volant d'inertie (encagé).


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Détail du frein de service électromécanique.


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Frein de sécurité hydraulique sous la poulie motrice.


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Centrale hydraulique du frein de sécurité.



Entraînement de secours

La marche de secours est assurée classiquement par un moteur diesel asservissant une pompe oléohydraulique, laquelle entraîne un moto-réducteur dont le pignon amovible vient engrener une couronne dentée solidaire de la poulie motrice.

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Le moteur diesel à l'arrière du lorry.


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Vue rapprochée de la pompe oléohydraulique et du moteur diesel de secours.


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Moto-réducteur hydraulique de secours, au dessus de la poulie motrice.


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Le moto-réducteur vient engrener une couronne dentée solidaire de la poulie motrice



Equipements divers

Sous le lorry du treuil, une plateforme s'abaisse grâce à des vérins, permettant au personnel d’accéder facilement à la mécanique située sous la poulie (freins de sécurité, pignon de la marche de secours, moyeu).

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Plateforme de maintenance remontée en exploitation.


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Plateforme de maintenance abaissée, permettant d’accéder facilement sous la poulie.


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Centrale hydraulique pilotant les vérins de la plateforme.


Enfin, comme en station aval, on retrouve le système pneumatique de débrayage des pneus pour le rangement des véhicules en voie.

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Détail d'une jante de pneu avec embrayage pneumatique et frein.



Commandes

On termine la visite technique par l'armoire de commande réalisée par la SEMER, dans le local de conduite. L'armoire intègre un automate Siemens Simatic S7-300, la centrale Safeline 3.1 de la ligne de sécurité, la gestion du moteur diesel ainsi que les différents contrôles et commandes de marche normale ou de secours.

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La conductrice devant l'armoire de commande.


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Détail de l'armoire de commande SEMER.



Véhicules

Sièges - Généralités

Le télésiège est équipé de 62 sièges à six places Leitner LPA 6 OCC. Dans sa logique de garantir aux passagers un bon niveau de confort, Le Lioran a opté pour des banquettes rembourrées et des dossiers hauts avec repose-têtes. Les assises bi-colores vertes et noires incitent les passagers à se positionner correctement.

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Siège LPA 6 CCC.



Garde-corps automatiques

Pour assurer la sécurité de la clientèle majoritairement familiale et débutante de cet appareil, l'exploitant a choisi d'installer des garde-corps automatiques avec anti-sous-marinage.

Le garde-corps s'abaisse automatiquement jusqu'à hauteur de torse dans le lanceur, pour être saisi facilement ; il est verrouillé en ligne et s'ouvre automatiquement à l'arrivée.
Ce sont les passagers qui assurent le verrouillage en sortie de gare en terminant la fermeture et plaçant leurs skis sur les repose-skis. Ce système donne au client tout le temps pour se positionner correctement sur son assise.

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Abaissement automatique du garde-corps à hauteur d'homme, en sortie de gare. Les passagers verrouillent eux-même la barre en positionnant leurs skis sur les repose-skis.


Le mécanisme de fermeture/ouverture automatique et de verrouillage est situé au dos du siège sous un capotage. Le système fonctionne grâce à un câble relié à un levier flexball situé sur la suspente du siège, actionné en gare au passage d'une came. Au niveau du capotage, un autre levier permet de déverrouiller manuellement le garde-corps en cas d'évacuation verticale.

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Vue arrière sur le siège.


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Détail du système actionnant la fermeture et l'ouverture du garde-corps automatique.


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Détail du levier de déverrouillage du garde-corps en cas d'évacuation verticale.


L'anti-sous-marinage prévient de toute chute des enfants en venant bloquer leurs cuisses. Des cannelures donnent à cet équipement une flexibilité lui permettant de s'adapter à tous les gabarits.

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Détail de l'anti-sous-marinage.


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L'anti-sous-marinage s'adapte à tous les gabarits du fait de sa flexibilité.



Pince débrayable

Les véhicules sont équipés de l'attache débrayable LPA-M.

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Détail de la pince LPA-M


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Pince LPA-M vue de dessous


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Circulation du chariot dans le contour.


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Véhicule en approche du balancier 4S/C du P12.



Un pari sur l'avenir ?

Depuis 2007, le domaine skiable du Lioran est géré et exploité par la société anonyme d'économie mixte Super Lioran Développement, avec comme actionnaire principal le Département du Cantal. Malgré un contexte de rigueur budgétaire et des ressources financières plus modestes que celles des grandes stations des Alpes, Hervé Pounau, Directeur la SAEM, réussit à impulser une nouvelle dynamique au domaine.

Ainsi, le télésiège du Buron du Baguet « version 2.0 » (ou 2.6) est la pièce maîtresse – mais néanmoins pas le point d'orgue – d'un programme d'investissements qui se concrétisera à terme par le remplacement de trois installations clefs du domaine, dans le but avéré de renforcer l'image de la station (qui, au passage, s'arroge la primeur des télésièges débrayables 6 places dans le Massif central) et de rompre avec les problèmes de congestion des points névralgiques. Le pari est donc osé, direz-vous, mais l'impression de modernité, de confort, de sécurité et de performance que dégage déjà cet appareil et les spécificités (majoritairement au bénéfice d'une clientèle familiale) qui le caractérisent, laissent à penser, à peine au milieu de sa première saison de service, que la station cantalienne a fait le bon choix. En témoigne d'ailleurs l'affluence constatée début février 2015, qui devrait logiquement susciter le passage du télésiège à son débit maximal prévu, soit 3000 personnes par heure – le double de celui de son prédécesseur.

Aux côtés des skieurs venus prendre de la hauteur le temps d'une journée, en provenance tant du Cantal que des départements voisins, il n'appartient plus qu'aux vacanciers davantage tournés vers les domaines skiables « à taille humaine » de venir aider Le Lioran à relever le défi.

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La piste de la Traversée.


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La célèbre Familiale et le télésiège du Buron du Baguet.


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Croisement du télésiège du Buron du Baguet et de la Familiale.


Reportage réalisé en collaboration avec Martin de Leeb et avec la participation du Risoulien
Photos : Laurent Berne, Martin de Leeb
Visuels historiques : Laurent Berne (collection / photos), Samy93

Remerciements :

Mes remerciements à la SAEM Super Lioran pour son accueil et les explications détaillées :
- Olivier Couture, chef d'exploitation,
- Laurent Combelle, responsable de l'installation et du secteur de la Prairie,
- ainsi que la conductrice du télésiège en G2.
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