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 TSF2 des Arcellins II

Val Cenis

Poma

T2 HS
Mise en service en : 1978
Fin de service en : 2016

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Auteur de ce reportage : valcelouis
Section écrite le 22/03/2014 et mise à jour le 10/12/2016
(Mise en cache le 10/12/2016)

TSF2 des Arcellins II - Val Cenis
Poma - 1978


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Au sommaire de ce reportage :

1 → Bienvenue à Val Cenis !
2 → Historique
3 → Situation sur le domaine skiable
4 → Infrastructures et ligne
5 → Conclusion


1 → Bienvenue à Val Cenis !

Val Cenis est une station de ski alpin située dans la vallée de Haute-Maurienne en Savoie (73). Ce domaine est constitué à la base de deux villages : Lanslebourg qui est le chef-lieu du canton et Lanslevillard. Ils sont distants d’à peu près 2 kilomètres et au milieu se trouve un hameau qui s’agrandit d’années en années et qui s’appelle Val Cenis les Champs. Depuis 2008, un troisième village, toujours dans la vallée de la Haute-Maurienne mais en dessous de Lanslebourg, s’est attaché au domaine de Val Cenis grâce à une chaîne de remontées mécaniques et de pistes : il s’agit de Termignon-la-Vanoise. Le point Culminant du domaine est la Met à 2800 mètres d’altitude et à 2100 mètres se trouve le col du Mont Cenis et son lac, très fréquentés en été grâce à une route, la D1006, qui y monte depuis Lanslebourg.
Côté remontées mécaniques, le domaine dispose de 28 remontées mécaniques desservant 125 kilomètres de pistes.

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^^ Découvrez une présentation plus détaillée de la station en cliquant sur le logo ^^

2 → Historique

Les Arcellins, en dehors du lieu géographique, est la partie centrale du domaine skiable situé entre les communes de Lanslebourg et Lanslevillard. Zone stratégique dans le développement du ski entre ces deux stations, cette zone a été équipée en remontées mécaniques depuis les années 1970 afin, dans un premier temps, de créer une nouvelle porte d’entrée au domaine skiable de Lanslebourg, puis dans un second temps, de relier la partie Lanslevillard à celle de Lanslebourg.
C’est en 1973 que tout commence, puisqu’un télésiège biplace est installé plus en amont de la commune de Lanslebourg. Son but : créer une seconde porte d’entrée au domaine skiable, excentrée du village, et permettant de seconder le téléski de la Ramasse (de 1950) faisant office de remontée principale à l’époque.
Ce télésiège, construit en 1973, étant nommé Arcellins I puisqu’il était le premier d’une chaîne qui prendra son sens trois ans plus tard. Construit par Montaz-Mautino qui était alors le constructeur de la majorité des remontées mécaniques du domaine skiable (Lanslebourg et Lanslevillard confondus). Il prenait son départ hors du village de Lanslebourg, entre ce dernier et celui de Lanslevillard, au hameau d’Herbefin. Son arrivée se faisait, quant à elle, au bord de la route qui mène au col du Mont-Cenis et qui fait office de piste verte en hiver. Au niveau technique, il ressemblait au télésiège de la Berche avec une gare aval compacte sur un unique massif, des sièges carrés typiques du constructeur et un gare amont de type poulie flottante. Voici les caractéristiques techniques de cet appareil :

TSF2 des Arcellins I
Type d'installation : Télésiège fixe 2 places
Constructeur : Montaz-Mautino
Année de construction : 1973
Débit : 900 p/h
Vitesse d'exploitation : 2,5 m/s
Dénivelé : 455 m
Longueur développée : 1490 m

Avec ses 13 pylônes et sa longueur avoisinant les 1,5 kilomètres, la montée pouvait rapidement atteindre le quart d’heure. Il s’agissait à l’époque de la plus longue remontée mécanique du domaine skiable. Voici quelques clichés après son démontage :

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L'ancienne zone de départ du télésiège des Arcellins I à l'été 2004 (D.R).

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Vue sur la tranchée des Arcellins I depuis l'ancienne zone de départ (D.R).

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Vue depuis la piste des Arcellins de la zone de départ des Arcellins I après démontage (D.R).

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A côté de la gare de départ du télésiège des Arcellins II est bien visible la tranchée des Arcellins I (D.R).

La construction du télésiège biplace des Arcellins I n’est que la première pierre à une chaîne de remontées mécaniques. En effet, l’utilité de ce télésiège seul reste bien limitée du fait que les skieurs, une fois arrivés en haut, sont obligés de descendre soit au village, soit au pied de ce télésiège.
En 1978, soit cinq ans plus tard, les domaines skiables de Lanslevillard et de Lanslebourg sont reliés entre eux. Cette même année, il est décidé d’aménager la zone du Mont-Cenis pour la pratique du ski alpin. C’est tout naturellement à ce moment que le télésiège des Arcellins II est construit.
Faisant suite au télésiège des Arcellins I, le télésiège des Arcellins II est installé en ayant deux buts : poursuivre la montée des skieurs venant des Arcellins I et déplacer les skieurs du domaine de Lanslevillard à celui de Lanslebourg. En même temps, un bon nombre d’installations sont construites la même année pour aménager la zone d’altitude. Construit cette fois-ci par Poma, le télésiège des Arcellins II marque l’entrée dans les années 1980 avec un design plus avancé : gare motrice Delta, siège Goutte d’Eau, etc. C’est cette installation qui est présentée dans ce reportage.
Pour terminer sur la chaîne des Arcellins : durant l’année 1980, les remontées mécaniques partant de Lanslebourg sont totalement renouvelées, délestant quelque peu le télésiège des Arcellins I ; en 2003, avec la construction du télésiège de la Ramasse sur un tracé direct au Mont-Cenis, le télésiège des Arcellins I est démonté puisque rendu inutile.

3 → Situation sur le domaine skiable

Le télésiège des Arcellins II desservait un large panel des pistes de tous niveaux situées hors ou dans la forêt :
- la piste bleue « Québecoise » qui permet de revenir au départ du télésiège ou de rejoindre le téléski du Mont-Cenis en rattrapant la piste Mont-Cenis.
- la piste bleue « Tétras » qui permet de rejoindre le télésiège du Solert.
- la piste rouge « Vers la Berche » qui permet de rejoindre le télésiège du Solert.
- la piste rouge « Ouillon » qui permet de rejoindre le télésiège du Solert en rattrapant la piste du Tétras.
Ces pistes permettent de rejoindre les deux côtés du domaine skiable (côté Lanslebourg ou côté Lanslevillard), d’où le rôle central du télésiège des Arcellins II.
Et voici la représentation du plan des pistes :

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4 → Infrastructures et ligne

Caractéristiques techniques

Caractéristiques administratives

TSF - Télésiège à pinces fixes: ARCELLINS II
Maître d’œuvre : CETARM 73
Maître d’ouvrage : SIVC
Exploitant : SEM du Mont Cenis (SE2MC)
Installation électrique : SEIREL Automatismes
Constructeur : Poma
Année de construction : 1978
Mise en service : 9 février 1978

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : Hiver
Capacité : 2 personnes
Débit à la montée : 900 personnes/heure
Débit à la descente : 0 personne/heure
Vitesse d'exploitation : 2,5 m/s
Tapis de positionnement : Non

Caractéristiques géométriques

Altitude gare aval : 1816 m
Altitude gare amont : 2276 m
Dénivelé : 460 m
Longueur développée : 1190 m
Longueur horizontale : 1097 m
Pente maximale : 55 %
Temps de trajet : 7 min 56 sec

Caractéristiques techniques

Type de gare aval : Delta
Emplacement gare motrice : Aval
Type de motorisation : Électrique
Puissance développée : 150 kW
Emplacement gare de tension : Aval
Type de tension : Hydraulique
Nombre de vérins : 2
Tension nominale : 14 869 daN
Pression nominale : 90 bars
Diamètre de poulie motrice-tension : 3200 mm

Type de gare amont : Retour-fixe
Diamètre de poulie retour : 3550 mm

Sens de montée : Droite
Type d'embarquement : Axe de la ligne
Nombre de pylônes : 10 (8 supports - 1 compression – 1 support/compression)
Type de véhicules : Sièges Goutte d’Eau / Sièges Snake
Dispositifs d'accouplement : Pinces fixes MONO-2100
Nombre de véhicules : 113 (53 Goutte d’Eau / 60 Snake)

Caractéristiques du câble

Fabriquant du câble : Inconnu
Date de pose : 1978
Diamètre du câble : 30,2 mm
Type de câblage : Lang
Composition : 6×17 fils
Résistance à la rupture : 57 000 daN

La gare aval

La gare aval était située au bord de la piste verte de l’Escargot (en été la route qui mène au col du Mont-Cenis), juste après le croisement entre les pistes Québécoise et Chamois. Elle était ainsi facilement accessible depuis l’arrivée de la télécabine du Vieux Moulin pour le côté Lanslevillard ou depuis l’arrivée du télésiège de la Ramasse pour le côté Lanslebourg.
En 1978, Poma livre une gare disponible à son catalogue depuis 1973 : la gare Delta. Elle permet d’assurer la mise en mouvement du câble et sa tension en une même gare, évitant ainsi d’acheminer l’électricité nécessaire en gare amont ainsi que tout organe technique exposé au givre.
D’un point de vue plus technique, la mise en mouvement du câble était effectuée par deux moteurs électriques (un pour la grande vitesse et un pour la petite vitesse). Ceux-ci étaient liés au réducteur par l’intermédiaire de courroies. L’intérieur de la gare possédait également un moteur thermique en cas de secours ; celui-ci était lié au réducteur par l’intermédiaire d’un long arbre d’environ deux mètres.

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La gare aval vue depuis la fin de la piste de la Québécoise.

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La gare aval et le premier pylône en portique.

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La gare aval vue en contre-plongée.

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La gare aval vue de derrière.

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La gare aval.

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Plaque d'information sur le télésiège.

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Les deux cabanes d'exploitation.

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La zone d'embarquement et la poulie motrice.

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Un des deux vérins de tension.

La ligne

Après un élargissement de voie entre la gare aval et le premier pylône, la ligne montait de manière assez soutenue à travers la forêt. Ainsi, il n’était pas rare de pouvoir atteindre les sapins depuis la ligne.
En sortant de manière progressive de la forêt, nous traversions trois grandes portées longues et où le balancement des sièges était assez marqué lors des arrêts.
Sur sa dernière partie hors de la forêt, la pente se radoucissait assez rapidement en passant quelques pylônes importants.
Poma avait livré des pylônes tubulaires pour équiper la ligne. Pour commencer, la gare aval possédait des galets compressions attachés à celle-ci, permettant de s’affranchir d’un pylône supplémentaire (et donc d’un massif). Le premier pylône est ainsi construit sous forme de portique (élargissement de la voie). Le reste des pylônes sont des classiques à un fût.

Poma avait équipé la ligne de 10 pylônes, dont 8 supports, 1 compression et 1 support/compression comme ceci :
P1 : Compression
P2 : Support
P3 : Support
P4 : Support/Compression
P5 : Support
P6 : Support
P7 : Support
P8 : Support
P9 : Support
P10 : Support

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P1 : Compression (en portique).

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Vue de derrière...

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P2 : Support.

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Portée P2-P3.

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P3 : Support.

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Portée P3-P4.

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P4 : Support / Compression.

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Longue portée P4-P5.

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P5 : Support.

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Tête du P5.

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Longue portée P5-P6.

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P6 : Support.

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Longue portée P6-P7.

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P7 : Support.

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Portée P7-P8.

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P8 : Support.

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Portée P8-P9.

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P9 : Support.

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P10 : Support.

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P11 : Support.

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Arrivée en gare amont.

La gare amont

La gare amont était située au bord d’un grand carrefour de piste, vaste et malheureusement bien plat. Elle était complémentaire à la gare aval : retour-fixe. La poulie était équipée d’un rattrape câble, permettant ainsi de rattraper le câble en cas de déraillement ou tout simplement pour aider à la maintenance en cas de besoin. A cause de la vitesse élevée de l’appareil, le retournement des sièges était assez brutal tout en créant des balancements des sièges.
Le faible encombrement de la gare la rendait de ce fait assez peu visible, mais le débarquement était très sportif. La présence d’aucun moteur la rendait également très discrète au bruit.

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La gare amont et la zone de débarquement.

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La gare amont.

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La poulie retour fixe de 3550 mm de diamètre.

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La gare amont et la cabane d'exploitation.

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La gare amont vue de profil.

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Le dernier pylône et la gare amont.

Les véhicules et pinces

Livrés en 1978, la ligne comportait 117 sièges de type Goutte d’Eau et reliés au câble par des pinces du type MONO-2100. Les assises étaient agrémentées de coussins, mais les dossiers étaient constitués en lattes d’acier… Suite à des fissurations constatées sur les cadres des sièges, la décision a été prise de racheter les sièges du télésiège biplace de la Valette à Isola 2000, alors en démontage. Construits en 1999, les sièges récupérés de type Snake n’étaient pas en nombre suffisant pour remplacer tous les véhicules Goutte d’Eau. La ligne a alors comporté deux types de sièges, généralement alternés, entre 53 véhicules Goutte d’Eau et 60 véhicules Snake. Les pinces, elles, n’avaient pas été changées.

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Un siège Goutte d'Eau d'origine.

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Un siège récupéré du TSF2 de la Valette.

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Une pince fixe.

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Siège Goutte d'Eau chargé en ligne.

Vues depuis les abords…

Quelques photos de ce télésiège vu depuis les pistes qu’il dessert, notamment celle de la Québécoise.

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La fin de la ligne vue depuis la piste Tétras.

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La fin de la ligne vue depuis le début de la piste de l'Ouillon.

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Tête du P10 vue depuis les pistes.

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Passage sous le télésiège avec la piste de l'Escargot.

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Le P3 vu depuis les pistes.

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Le P2 vu depuis les pistes.

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Le P1 vu depuis les pistes.

5 → Conclusion

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Arcellins II, un appareil précaire pour une liaison.

Ce télésiège a joué un rôle très important de liaison entre les domaines de Lanslebourg et de Lanslevillard. Idéalement situé entre forêt et altitude, il a permis de réaliser de manière simple et robuste un accès aisé au secteur du Mont-Cenis, alors vierge de toute piste en 1978.
Mais cet appareil est rapidement devenu sous-dimensionné pour le rôle qu’il doit jouer. Nécessitant confort et débit pour ses 8 minutes de montée et son rôle important, l’appareil est devenu un mauvais point dans l’exploitation du domaine skiable, avec, en prime, plusieurs problèmes d’ordre technique survenus depuis les années 2000. Initialement prévu d’être totalement rénové, les priorités se sont portées sur d’autres secteurs. Remplacement de certains véhicules et rénovation électrique n’ont permis que de continuer à l’exploiter quelques années supplémentaires.
Mais à l’été 2016, tout change. Exit le télésiège biplace des Arcellins II, place au nouveau télésiège débrayable 6 places des Arcellins sur un tracé sensiblement différent, permettant de gagner en confort, et en sécurité.

Je tiens à remercier le personnel d’exploitation du télésiège pour son accueil et sa gentillesse.

Bannière : Jacky Carlingue
Photos : valcelouis
Texte et mise en page : valcelouis
Date des photos : 31 décembre 2013 et 25 février 2015

© valcelouis 2016 – Tous droits réservés



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