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 TSF3 du Crêt

Le Grand-Bornand (Les Aravis)

Poma

T2 ES
Description rapide :
Un télésiège très peu utilisé desservant plusieurs pistes intéressantes sur le secteur de la Joyère.

Mise en service en : 1984



Localisation(s)
Photo

Auteur de ce reportage : GPS-74
Section écrite le 08/05/2009 et mise à jour le 26/04/2014
(Mise en cache le 26/04/2014)

Je vous présente un reportage sur le télésiège à pinces fixes du Crêt au Grand-Bornand dans le massif des Aravis.


Le Grand-Bornand est une station de sport d’hiver située en Haute-Savoie. Avec les stations de la Clusaz, de Manigod et de Saint-Jean-de-Sixt, elle forme le massif des Aravis.

La commune se compose de trois grandes zones habitables :

  • le centre du village du Grand-Bornand : situé à l’entrée de la commune, il est le centre administratif de la commune.
  • la vallée du Bouchet : cette vallée suit le cours du Borne en longeant la chaîne des Aravis dont le point culminant est la Pointe Percée (2750m).
  • le Chinaillon : situé en amont du centre du village du Grand-Bornand, il est le principal pôle d’activité hivernal par sa situation au pied des pistes.

Au centre de ces trois zones se trouve le Mont Lachat de Chatillon (2100m) autour duquel s’est dressé le domaine skiable créé en 1953 avec le téléski des Outalays. Toutefois, c’est la construction du téléski de la Floria en 1961 qui a déclenché l’essor de la station.

Actuellement, le domaine skiable s’étend de 1000m à 2100m et comporte une trentaine de remontées mécaniques pour 90 kilomètres de pistes réparties sur quatre secteurs : le plateau de la Joyère, le plateau du Rosay, le secteur du Chinaillon et la vallée du Maroly.

Vous pouvez consulter un dossier écrit par Guillaume sur l'aménagement du domaine skiable du Grand-Bornand depuis sa création en 1944 en cliquant ici.


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Au sommaire :

  • La création et l'optimisation de la liaison village-Chinaillon
  • Le Crêt, seul télésiège à pinces fixes du Grand-Bornand ayant sa gare motrice en amont
  • La gare aval
  • La ligne
  • La gare amont
  • Conclusion


La création et l'optimisation de la liaison village-Chinaillon

Dans les années 1950, la S.A "du téléski du Grand-Bornand" commença à équiper en remontées mécaniques les pentes du Chinaillon. En 1961, des propriétaires de terrains jaloux de la réussite de la S.A "du téléski du Grand-Bornand" décidèrent de créer une nouvelle société pour l'équipement du domaine skiable : la S.A "du téléski de la Mulaterie" qui installera le téléski de la Mulaterie en 1961. La commune, soucieuse du développement du domaine skiable quasi-inexistant vers la fin des années 1960 décida de réunir en 1971-1972 les deux sociétés de remontées mécaniques pour l'établissement d'un accord concernant deux grands secteurs à équiper dans les années suivantes. Pour la S.A "des téléskis du Grand-Bornand", le projet est d'équiper les secteurs de la Côte et de la Joyère, notamment avec la liaison village/domaine skiable. Pour la S.A "Chinaillon Beausite", il s'agit d'équiper la vallée du Maroly.

Mais la S.A "des téléskis du Grand-Bornand" était bloqué dans la réalisation de la liaison depuis 1967 car des propriétaires de terrains survolés par les appareils n'avaient pas donnés leur accord... Ainsi, la société ne put qu'installer le téléski de la Côte en 1972 (qui constituai l'un des maillons de la liaison) avant de faire faillite. La commune reprit les parts de la société disparue et se mit à intervenir auprès des propriétaires. L'été suivant, tous les accords étaient rassemblés et le projet fut déterminé avec certitude. Il comprenait la réalisation de quatre appareils qui ont pu fonctionner à partir de l'hiver 1973-1974 au bonheur des skieurs qui n'avaient plus besoins de monter en voiture jusqu'au Chinaillon !

On montait depuis le village avec le télésiège de la Joyère jusqu'au plateau. De là, les skieurs avaient le choix entre rejoindre le domaine du Chinaillon à l'aide du télésiège de la Taverne ou alors de skier sur ce secteur ensoleillé en empruntant le téléski des Arces pour les skieurs moyens ou le téléski des Combes pour les novices. Partant de l'arrivée du télésiège de la Joyère et montant jusqu'au niveau de la butte de la Taverne, le télésiège biplace de la Taverne permettait ainsi d'accéder au plateau de la Côte en faisant office de second tronçon, ce qui le rendait dépendant en grande partie de l'affluence sur le télésiège de la Joyère.

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Le plateau de la Joyère : un cadre idéale pour le ski en famille et les débutants


Durant les années qui suivirent, l'affluence grandissante au pied des appareils de la Joyère (qui fut transformé en télécabine en 1979 suite à un incident) et de la Taverne commença à se faire sentir et pour faire face à ce problème qui compromettait l'accès rapide au domaine d'altitude donc l'attractivité résidentielle du village, le télésiège de la Taverne fut doublé en 1984 par le télésiège triplace du Crêt, sur un tracé inédit. En effet, ce nouvel appareil fut placé en contrebas du plateau de la Joyère, à mi-chemin avec le plateau du Rosay. On y accédait à ski depuis l'arrivée de la télécabine de la Joyère et on prenait le télésiège du Crêt qui nous montait quasiment jusqu'au niveau de l'arrivée de celui de la Taverne.

Cette installation permit également de desservir une nouvelle piste bleue, sillonnant un charmant espace sur cette zone du domaine skiable, qui en sera le dernier agrandissement jusqu'à la construction du téléski des Raiches en 2007.

Malgré ce nouvel appareil qui absorbait la file d'attente du télésiège de la Taverne, il restait le point noir de la Joyère...

La solution fut trouvée en 1986 avec la construction de la télécabine du Rosay sur un tracé direct reliant le Pont de Suize au plateau du Rosay, court-circuitant donc la chaîne constituée par la Joyère puis les télésièges Taverne et Crêt...


Voici un résumé schématique des différentes étapes de la construction de la liaison entre le village du Grand-Bornand et le domaine skiable du Chinaillon :
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Les années phares du plateau de la Joyère se terminèrent ainsi brutalement cette année-là. En grande partie délestée de sa mission de relier le village au Chinaillon, le plateau de la Joyère fut dès lors entièrement reconvertie en espace débutant familiale, comme en témoigne la mise en place d'un forfait spécial "secteur Joyère" dans les années 1990 pour combler le déficit d'affluence de ce secteur. Ceci est d'autant plus vrai que des millions de francs ont dû être réinvestir sur le remplacement de la télécabine de la Joyère, victime d'un incendie en janvier 1993, et qui a entièrement détruit la gare amont.

Le télésiège du Crêt sera particulièrement touché par cette baisse de fréquentation, au point de ne même pas avoir de filles d'attente en février lorsque le reste du domaine est saturé ! De plus, son ouverture est assez aléatoire car il est situé dans une zone souffrant d'un enneigement assez faible. Mais quand il est ouvert, ce secteur se transforme en un petit paradis de la glisse...


Situation du télésiège sur le plan des pistes :

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Ce télésiège permet d'accéder à plusieurs pistes tous niveaux. Tout d'abord, il y a la piste de la Côte qui permet de rejoindre les différents appareils du plateau du Rosay ainsi que la gare amont de la télécabine du même nom. Ensuite, la piste de la Sapinière permet de rejoindre le plateau de la Joyère en suivant la ligne du télésiège de la Taverne. La piste des Envers permet quant à elle de descendre vers le village, au pied des télécabines. Enfin, la piste des Trolles redescend au départ du télésiège.



Le Crêt, seul télésiège à pinces fixes du Grand-Bornand ayant sa gare motrice en amont

La réalisation du télésiège du Crêt a été confiée à l'entreprise Pomagalski qui fournira en même temps le télésiège des Terres Rouges situé dans la vallée du Maroly. Dès sa construction, la gare motrice de ce télésiège a été placée en amont, ce qui est probablement dû à l'instabilité du terrain en aval situé en plein milieu d'une zone marécageuse et qui aurait probablement eu du mal au fil du temps pour supporter la gare motrice. La gare amont figurait dans la nouvelle gamme de gare motrice "Alpha", officiellement lancée en 1982 et esthétiquement améliorée à partir de l'année suivante, et qui assure l'entrainement et la tension de l'installation. Sa ligne est également assez classique mais est pourvue de sièges Arceau qui sont les successeurs des sièges Goutte d'eau installées sur les remontées entre 1973 et le milieu des années 1980. Chose curieuse, le télésiège des Terres Rouges datant de la même année que cet appareil s'est quant à lui vu doté de sièges Goutte d'eau. Il se peu que le constructeur tentait à cette époque de se débarrasser des sièges Goutte d'eau qu'il possédait encore, alors même que la production était arrêtée. Enfin, la gare aval de retour fixe de cet appareil est ce qu'il y a de plus classique.

L'arrivée de la télécabine du Rosay en 1986 a fait baisser la popularité de ce télésiège. Devenu très peu utile au fil du temps, son avenir est très incertain mais pour autant, son démantèlement n'est pas encore envisagé, ce qui permet de profiter encore de nombreuses années de cette appareils et piste qu’il dessert.


Les caractéristiques actuelles du télésiège du Crêt :

Caractéristiques administratives :

  • Nom de l'appareil : le Crêt
  • Type d'appareil : télésiège à pinces fixes
  • Secteur : Joyère
  • Commune : le Grand-Bornand
  • Exploitant : SAEM "les remontées mécaniques du Grand-Bornand"
  • Saison d'exploitation : hiver
  • Constructeur : Pomagalski
  • Année de construction : 1984

Caractéristiques géométriques :

  • Altitude de la gare aval : 1324 m
  • Altitude de la gare amont : 1516 m
  • Longueur : 635 m
  • Dénivelé : 192 m
  • Pente moyenne : 32%
  • Pente maximale : 66%

Caractéristiques techniques :

  • Emplacement de la station motrice : amont
  • Type de gare motrice : gare Alpha à 6 vitres
  • Puissance du moteur principal : 114 kW
  • Type de motorisation de secours : moteur thermique
  • Emplacement de la station de tension : amont
  • Type de tension : hydraulique
  • Nombre de vérins : 2
  • Capacité des sièges : 3 personnes
  • Type de sièges : Arceaux
  • Nombre de sièges : 71
  • Dispositif d'accouplement : pince fixe
  • Embarquement : de face
  • Équipements d'aide à l'embarquement : aucun

Caractéristiques de la ligne et d'exploitation :

  • Nombre de pylônes : 7
  • Nombre de virages : 0
  • Sens de montée : droite
  • Sens d’exploitation : montée
  • Vitesse en ligne : 2.5 m/s
  • Temps de montée : 4mn 14s
  • Débit : 1500 p/h



La gare aval

La gare est située à l'écart du domaine skiable, à 1324 mètres d'altitude entre les plateaux du Rosay et de la Joyère. Elle est constituée d'une simple poulie de retour fixe au lieu de la gare motrice-tension habituelle car la zone où elle est située est particulièrement marécageuse.

La gare aval vue en arrivant du plateau de la Joyère :
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Et en arrivant de la piste des Trolles :
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Vues sur la gare et le pylône 1 :
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La poulie retour et un siège vue de l’embarquement :
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La ligne

La ligne n'est pas particulièrement longue mais survole un terrain très irrégulier. Au départ, on commence par une douce montée vers le pylône 2 où l'on est survolé par la télécabine du Rosay. La pente devient alors plate jusqu'au pylône 3 où l'on monte fortement en traversant le bois. La pente se radoucie ensuite au passage des pylônes 4 et 5 et la ligne devient assez linéaire jusqu'à l'arrivée, tout en franchissant un terrain toujours bosselé. On notera que la ligne de sécurité du télésiège du Crêt est reliée à celle de la télécabine Rosay sur le pylône 15 (celui situé juste après le survol du télésiège) ce qui fait qu'en cas d'ouverture de cette dernière au niveau du pylône du Rosay, on arrête également le télésiège Crêt en plus du Rosay.

La ligne comporte 7 pylônes numérotés de 1 à 7. Dans l'ordre de la montée, cela donne :

  • P1 : 16C/16C
  • P2 : 6S/4S
  • P3 : 2S8C2S/2S8C2S
  • P4 : 6S/6S
  • P5 : 6S/4S
  • P6 : 6S/4S
  • P7 : 8S/6S


Vues sur la ligne :

Vue aérienne de la ligne avec l'emplacement des pylônes :
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Le début de la ligne avec la montée dans le bois :
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Le croisement avec la télécabine du Rosay, vue de la piste des Trolles :
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Le milieu de la ligne :
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Le milieu de la ligne vue depuis le croisement entre les pistes l'Azalée et les Trolles :
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Le survol de la piste de liaison l'Azalée par le télésiège du Crêt :
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Le haut de la ligne avec le Roc des Arces au fond à droite :
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La seconde partie de la ligne :
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Le sommet de la ligne avec le Roc de Charmieux en arrière-plan :
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Portée entre les pylônes 1 et 2 (on passe sous la télécabine au niveau du pylône 2) :
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Pylône 2 :
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Vue arrière :
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Pylône 3, début de la montée en forêt :
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Portée entre les pylônes 3 et 4 :
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Pylône 4 :
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Pylône 5, la ligne s'est rétablie :
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Portée entre les pylônes 5 et 6, avec les chalets de la Taverne au fond à droite :
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Un siège :
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Pylône 6 :
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Portée entre les pylônes 6 et 7, avec un nouveau passage en forêt :
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Vue arrière, avec la piste des Trolles à droite :
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Pylône 7 d'arrivée :
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La gare amont

La gare est située en amont du plateau du Rosay, à 1516 mètres d'altitude près de l'arrivée du télésiège de la Taverne. Elle se compose de deux pieds supportant une structure dans laquelle se trouve l'entrainement de l'installation, composé du moteur électrique principal et du moteur thermique de secours. Cette gare assure également la tension de l'installation grâce à deux vérins situés sous la partie mobile de la gare. Le poste de conduite principal se trouve ici, accolé à la gare.

Vues de la gare :
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Vue sur l'encagement de la poulie motrice et l'un des vérins de tension (en jaune) :
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Et pour terminer ce reportage, voici une photo estivale de la gare amont de cet appareil :
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Conclusion

Le télésiège du Crêt n'a pas eu son petit succès bien longtemps. La construction de la télécabine du Rosay en 1986 l'a relayer dans un rôle très secondaire seulement deux ans après sa mise en service ce qui fait qu'il demeure désormais bien vite oublié, n'ouvrant plus que les week-ends et vacances scolaires. Toutefois, cet appareil dessert plusieurs pistes bien sympathique dont l'une, les Trolles, a son tracé en partie en forêt. Il est également très utile durant les vacances de février pour ceux qui n'aiment pas faire la queue aux autres installations du domaine et qui trouveront donc sur le Crêt un cadre calme et chaleureux. Malgré tout, l'avenir de cet appareil est très incertain, du fait entre autre de sa très faible fréquentation et de son emplacement dans un site souvent en manque d'un bon enneigement...





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