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 TSF3 du Glacier

Val Thorens (Les Trois Vallées)

Poma

T2 ES
Description rapide :
Le dernier appareil exploité sur le glacier de Péclet à Val Thorens.

Mise en service en : 1983

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Auteur de ce reportage : Geofrider
Section écrite le 16/01/2011 et mise à jour le 22/01/2011
(Mise en cache le 13/10/2013)

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La station de Val Thorens est la plus haute station d’Europe avec ses 2300 mètres d’altitude. Son domaine skiable compris entre 1800 mètres et 3230 mètres d’altitude compose le plus grand domaine skiable du monde relié skis aux pieds, les Trois Vallées. Val Thorens possède l’un des parcs de remontées mécaniques le plus performant au monde. La SETAM, la société qui exploite les remontées mécaniques de Val Thorens sous l’impulsion de pionniers composant ses équipes a fait naître différentes innovations dans le secteur des remontées mécaniques. Plongez avec ce reportage à la découverte du télésiège fixe du Glacier et dans l’histoire de l’aménagement du glacier de Péclet.


Aux origines du projet Val Thorens

La station de Val Thorens fut crée en 1972. Le début de l’aménagement commencé un an plus tôt par la commune de Saint Martin de Belleville se concentre sur le bas de la future station avec la réalisation de trois premiers téléskis : Col Montée du Fond, Lac et Golf. L’été avant l’ouverture officielle de la station, la tranquillité de la montagne est troublée par de nombreux travaux autour du site de la future station. Pas moins de cinq remontées mécaniques seront réalisées durant cette période. Le plus gros chantier réside dans la réalisation de la télécabine de Péclet. Cette télécabine donna accès à de longues pistes avec une forte dénivellation. Mais surtout, elle permet d’atteindre le bas du glacier de Péclet et d’ouvrir la porte à un aménagement de ce dernier. La station marchant sur les traces de Tignes cherche à accroitre sa renommée internationale en proposant tout comme sa rivale du ski 365 jours par an. Très vite, après la réalisation de la télécabine de Péclet, la station va aménager le glacier de Péclet puisque les remontées mécaniques présentes sur ce secteur seront opérationnelles dès l’été 1973 ! Cependant l’équipement du glacier de Péclet n’était pas vraiment dans les plans d’origine de Val Thorens. En effet il était prévu d’aménager dans un premier temps le glacier de Chavière qui devait être desservi par un funiculaire rapide : le Skirail. Les moyens financiers limités des investisseurs de Val Thorens auront eu pour effet de lancer l’équipement de ce glacier à contrario de Chavière. En effet l’investissement pour équiper Chavière tel qu’il était prévu était bien plus colossal. Péclet se révéla être une bonne alternative pour ouvrir du ski sur glacier malgré les fortes pentes de ce dernier.


L’aménagement du glacier de Péclet

L’été 1973, le glacier de Péclet ouvre ses portes aux clients avec quatre remontées mécaniques, les téléskis Croissant, Pointe, Face et la pièce maitresse de l’équipement de ce glacier : le télésiège des 3300. Tous les téléskis installés viennent d’Italie du constructeur Leitner. La SETAM via Montaz Mautino a acheté des téléskis à enrouleurs légers qui officiaient déjà depuis quelques années sur les glaciers italiens. Ces téléskis présentaient l’avantage d’être facilement déplaçables permettant ainsi aux équipes de la SETAM de les déplacer souvent afin de trouver les meilleurs coins possible pour assurer le ski d’été.

  • Le téléski du Croissant était le téléski qui partait le plus en aval des trois construit en 1973. Son nom était lié à l’affleurement rocheux au milieu du glacier qui avait à l’époque cette forme particulière. Il partait de 2800 mètres d’altitude et son sommet était à 3062 mètres. Il permettait de revenir sur la gare aval du téléski de la Face et au départ du télésiège des 3300.

  • Le téléski de la Face permettait quand à lui d’arriver pratiquement au pied du mur de la piste des 3300 avec une arrivée à 3150 mètres d’altitude. Il desservait une pente plus raide que celle du Croissant. Toutefois la vie de ce téléski sur le glacier de Péclet sera bien courte car il sera vite déplacé. En effet durant l’été 1975, il est transféré en continuité du télésiège de la Moraine afin d’assurer l’accès aux deux téléskis construit sur le glacier de Chavière. Ce téléski sera finalement démonté à tout jamais en décembre 1975.

  • Le téléski de la Pointe était le téléski qui arrivait le plus haut sur le glacier après le transfert du téléski de la Face sur Chavière. Il permettait de gravir jusqu’à 3089 mètres d’altitude et donnait accès a des pentes relativement raide. Son nom est lié au fait que son tracé était situé juste en face de la Pointe du Borgne.

  • Le télésiège des 3300 représentait donc l’installation phare de l’aménagement du glacier de Péclet. Son arrivée était située à 3300 mètres d’altitude (d’où son nom) sur une arête laissant peu de place à l’installation d’un télésiège. Toutefois ce télésiège devient vite mythique pour son panorama offert d’un coté sur le glacier de Gébroulaz et de l’autre sur le glacier de Péclet et la vallée des Belleville. Ce télésiège biplace a été réalisé par Montaz Mautino en 1972 et à ouvert le 13 juillet 1973. Il offrait une descente technique sur la seule piste desservie, la piste noire du 3300.

Tous ces appareils étaient destinés au ski d’été et n’ouvraient donc que durant cette période. Bien sur il y eut quelques exceptions puisque certains appareils, notamment le télésiège des 3300, ont ouvert pour le ski de printemps et le ski d’automne.

La SETAM réinvestit sur le glacier de Péclet avec le télésiège du Glacier et le téléski du Lac Blanc en 1983. Avec le téléski du Lac Blanc, la SETAM comptait exploiter plus de dénivelée. En effet à partir de 2600 mètres d’altitude, la couche de neige était suffisamment importante pour pouvoir ouvrir du ski. Ce fut donc le rôle du Lac Bleu que de desservir la partie la plus basse des pentes principalement dédiées au ski d’été. Toutefois avec la fonte du glacier qui s’amorçait et surtout la baisse de l’intérêt pour le ski d’été, cet investissement réalisé sans conviction de l’aveu même des dirigeants de la SETAM ne restera pas longtemps en exploitation. Cinq ans après sa mise en service l’exploitation de ce téléski est arrêtée.

Extrait du plan des pistes 89-90 zoomé sur le secteur du Glacier
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La fin du ski d’été sur Péclet

Malheureusement pour les aménageurs de Val Thorens, tous ces efforts pour aménager ce glacier n’eurent qu’un succès mitigés. En effet les fortes pentes du glacier ainsi que sa taille modeste firent que la fréquentation baissa passé l’effet de mode. A cela, s’ajoute les premiers effets du réchauffement climatique qui eurent pour conséquence d’amorcer dès 1985 la fonte rapide du glacier de Péclet. Le premier appareil à en faire les frais fut le téléski de la Pointe. La piste desservie est devenue en quelques années inskiable et la fonte du glacier ne pouvait plus être compensée par la longueur des cordes des enrouleurs. Son exploitation fut stoppée en juillet 1989.

Tour à tour, les remontées destinées au ski d’été seront victime de la fonte inexorable du glacier. Même le mythique télésiège des 3300 à de plus en plus de mal à être ouvert. La première des remontées survivante à en faire les frais fut le téléski du Croissant démonté en novembre 1995 suivi du téléski du Lac Blanc encore en place jusqu’à présent malgré sa fermeture. Le télésiège des 3300 fait encore de la résistance malgré la fonte du glacier qui fait que de plus en plus souvent, les hauteurs maximales de survol imposées par la réglementation ne sont plus respectées. Ceci imposait donc de laisser cet appareil fermé. De plus, avec le temps le télésiège commençait à se faire vieux et de nombreux travaux pour sa remise aux normes en cas de redémarrage de l’exploitation devaient être menés par l'exploitant.

Télésiège des 3300 en 2000
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Le télésiège resta ainsi de nombreuses années en place mais inexploitable à cause de la fonte du glacier. Autre constat le ski d’été n’a plus la cote. En effet l’exploitation estivale d’une année rapportait souvent le chiffre d’affaires d’une simple journée d’exploitation hivernale ! Suivant ces constats et l'importance des travaux de remise en conformité, la SETAM décida en 2002 de procéder à son démontage préférant investir dans des secteurs où développer le ski l’hiver. Après 29 ans de présence, le site retrouve sa virginité originale mettant fin au mythe du plus haut télésiège jamais construit sur le domaine des 3 Vallées.


Le télésiège du glacier : le dernier survivant de Péclet

Construit en 1983, le télésiège triplace du Glacier possède un tracé quasi parallèle au téléski du Croissant. Son sommet se trouve toutefois plus en amont que cet appareil permettant d’ouvrir les pentes du milieu du glacier comme le faisait auparavant le téléski de la face. Il permit de garder un intérêt pour le ski d’été jusqu’en 1999 qui fut au final, la dernière fois où l’on pu pratiquer cette activité à Val Thorens. Malgré tout, ce télésiège nécessita des travaux pour poursuivre son exploitation. Cet appareil n’ a pas été épargné par la fonte du glacier et il fallait donc abaisser la hauteur de survol de la ligne. Contrairement au télésiège des 3300, les modifications sur la ligne seront réalisées sur ce télésiège. En 2000, deux pylônes neufs sont réalisés sur l’éperon rocheux où se fait l’arrivée de ce télésiège : P5 et P5B. Le pylône numéro 4 sera quand à lui abaissé. Ces travaux ont été permis grâce à l’apparition d’affleurements rocheux suite à la fonte du glacier. Le démontage du télésiège des 3300 en 2002 fait de ce télésiège le dernier survivant de l’aménagement du glacier de Péclet.

Même s’il n’a pas été démonté, la mauvaise santé du glacier de Péclet a imposé des restrictions d’exploitation de cet appareil. En effet depuis quelques années, ce télésiège n’ouvre plus en début de saison afin de préserver la couche de glace sur le glacier. Son exploitation commence désormais vers le milieu de saison et se termine à la fermeture du domaine. Uniquement accessible depuis le Funitel de Péclet de nos jours, cet appareil dessert une seule piste noire, la piste du Glacier. Cette piste assez courte permet de regagner le sommet du Funitel. Les clients empruntant ce télésiège auront donc le choix ensuite de redescendre sur la station via les pistes Béranger et Lac Blanc ou de s’orienter vers le secteur Moraine/Portette avec les pistes Christine et Tête Ronde. Ils pourront bien évidement enchainer une nouvelle rotation sur cet appareil.

Quand il est ouvert, il sert de point de départ pour la montée en peaux vers le sommet de l’ancien 3300. Beaucoup de randonneurs se plaisent à gravir ce point mythique de Val Thorens et profiter ainsi le temps d’une descente de la totalité de la partie anciennement aménagée du glacier de Péclet. Vu la couleur de la piste desservie, c’est un télésiège qui est relativement peu fréquenté et il est assez rare d’y faire une longue attente. Relativement court et jouissant d’une bonne exposition, c’est une montée très agréable notamment en fin de saison. Cette montée permet aussi de profiter d’une belle vue sur la station et sur la vallée des Belleville même si cette dernière n’est pas aussi impressionnante que celle que l’on avait au sommet des 3300.


Situation sur le plan des pistes
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Les Caractéristiques de l’installation

    Caractéristiques Administratives

    TSF-Télésiège à attache fixe : GLACIER
    Exploitant : SETAM
    Maitre d'ouvrage : SODEVAB
    Maitre d'œuvre : DCSA
    Constructeur : POMAGALSKI
    Année de construction : 1983



    Caractéristiques d’Exploitation

    Saison d'exploitation : Hiver
    Capacité : 3 personne(s)
    Débit : 1100 personnes/heure
    Vitesse d'exploitation : 2.3 m/s
    Temps de Trajet : 6 min 13
    Tapis d’Embarquement : Non


    Caractéristiques Géométriques

    Altitude Aval : 2795 m
    Altitude Amont : 3101 m
    Dénivelée : 306 m
    Longueur développée : 858 m
    Pente Moyenne : 36 %
    Pente Maxi : 87 %


    Caractéristiques Techniques
    Type de Gare : Tripode
    Sens de montée : Gauche
    Embarquement : Axe de la ligne
    Tension : Aval
    Type de Tension : Hydraulique
    Motrice : Aval
    Type de Motorisation : Asynchrone
    Puissance Développée : 150 kW
    Dispositif d'accouplement : Mono2100
    Nb Pylônes : 8
    Nombre de véhicules : 76
    Espacement : 23 m

    Caractéristiques du Câble

    Fabricant du câble : TREFILEUROPE
    Diamètre du câble : 35 mm
    Année de Pose : 2006
    Câblage : Lang à droite
    Ame : Compacte



Ligne et Infrastructures du télésiège Glacier

Le télésiège du Glacier a été réalisé par le constructeur Pomagalski. Construit peu après la naissance des gares Alpha, ce télésiège n’en a pas bénéficié. On trouve ici, une gare tripode que l'on peut croiser dans quelques station. Cette gare assure à la fois l’entrainement du câble et la tension de ce dernier. La gare amont est donc une simple gare retour fixe. Avec ses 76 sièges sur la ligne, il offre un débit théorique de 1100 personnes par heure ce qui est amplement suffisant


  • La gare aval

La gare aval est située au bord de la piste Lac Blanc en contrebas du premier mur de cette piste. La gare se trouvait non loin de celle du téléski du Croissant quand ce dernier était encore en place. Positionnée en bordure du glacier de Péclet, on va trouver ici la chaine cinématique de appareils ainsi que le dispositif hydraulique permettant d’alimenter les vérins de tension. C’est donc tout naturellement au niveau de cette gare que se trouve le poste de conduite principal. Elle intègre également un balancier 16C en entrée/sortie de gare.

Vues sur la gare aval
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Les deux vérins hydraulique assurant la tension du câble
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La poulie motrice
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Zone d’embarquement
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  • La ligne

La ligne monte rapidement pour prendre de la hauteur. S’en suit une montée régulière jusqu’au P3. Après le passage sur cet ouvrage de ligne, le profil se raplatit et entame une longue portée pour survoler la piste Lac Blanc. Après le passage sur le P4, la ligne entame une autre longue portée. Cette dernière mesure environ 300 mètres et permet d’atteindre l’affleurement rocheux où a été construit le P5 en 2000. C’est d’ailleurs cette portée qui posait problème à cause de la fonte du glacier. C'est elle qui a donc entrainé les travaux sur cet appareil. Le P5 imprime la forte inclinaison de la montée finale. Cette montée est de courte durée et est rapidement atténuée par le passage successif sur les ouvrages de ligne P5B, P6 et P7, ouvrages de ligne situés juste avant l’arrivée.

Au total la ligne comporte huit ouvrages de ligne entièrement ancrés sur des massifs en béton coulés dans la roche. Dans l’ordre de la montée, nous trouvons :

P0 : 16C/16C
P1 : 16C/16C
P2 : 4S/4S
P3 : 8S/8S
P4 : 2X8S/8S
P5 : 16C/16C
P5B : 12S/12S
P6 : 8S/8S
P7 : 8S/8S

La ligne depuis le bas
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En avant sur le tracé de ce télésiège
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On atteint rapidement le P2
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Zoom sur la tête de P2 qui permet un léger changement dans la largeur de voie
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On poursuit
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P3
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Passage au dessus de la piste du Lac Blanc
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En approche sur P4, pylône ayant un balancier spécial sur le brin montant
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Zoom sur la tête de P4. Ce pylône possède un double balancier 8S sur le brin montant
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Longue portée au dessus du glacier
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P5 au pied de la montée finale
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Montée finale
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Les deux derniers pylônes. P7 possède un fut plus large car il était commun avant avec un pylône du télésiège des 3300
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Arrivée en gare amont
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  • La gare amont

La gare amont se trouve sur un affleurement rocheux au milieu du glacier de Péclet à 3101 mètres d’altitude. Très compacte, puisqu’il s’agit d’une poulie de retour fixe, elle est équipée d’un alternateur. Ce dernier sert à alimenter en électricité le local opérateur de la vigie de ce télésiège puisqu’il aurait été compliqué de monter l’électricité à cet endroit.

Vues sur la gare amont
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L’alternateur monté sur la poulie de retour
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Véhicules et pinces

Siège Arceau triplace
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Pince fixe
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Passage de la pince sur un balancier support
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Passage de la pince sous le balancier en compression de P5
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Depuis les pistes

Derniers pylônes et gare amont depuis la piste Glacier
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Montée finale depuis la piste
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Le P4 et son balancier atypique sur le brin montant
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Partie basse de la ligne
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Glacier, le symbole de toute une époque

Il est loin le temps des projets pharaoniques de Val Thorens et de l’équipement de ses deux glaciers. Il est également loin le temps du ski d’été à Val Thorens que ce soit sur le glacier de Péclet ou sur celui de Chavière. La fonte du glacier de Péclet aura eu raison petit à petit des installations qui dès 1973 ont permis de skier 365 jours par an sur Val Thorens. Aujourd’hui beaucoup de personnes venant régulièrement à Val Thorens sont nostalgique du 3300 et de son mythe. Beacoup espéraient secrètement le temps de son inexploitation sa remise en route. Malheureusement le glacier et les intérêts économiques eurent raison de ce mythe. Toutefois la conservation du télésiège du Glacier est là, pour nous remémorer malgré tout les aménagements de ce glacier et garder en mémoire le mythe du 3300.

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Ainsi se termine ce reportage de cette installation
A Bientôt

Sources historique : Val Thorens 1969-2009; 60 remontées mécaniques en 40 ans, Editions Inverse



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