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 TSF4 du Signal

L'Alpe d'Huez (Alpe d'Huez Grand Domaine Ski)

Poma

T2 ES
Description rapide :
Premier TSF Poma à gare Alpha de l'Alpe d'Huez.

Mise en service en : 1985



Localisation(s)
Photo

Auteur de ce reportage : benj
Section écrite le 21/01/2010 et mise à jour le 11/02/2010
(Mise en cache le 23/08/2013)

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L'Alpe d'Huez : présentation et historique

L'Alpe d'Huez est une station de sport d'hiver et d'été répertoriée station climatique, située en Isère, au coeur de l'Oisans. Elle est la station centrale du domaine skiable du massif des Grandes Rousses qui réunit autour d'elle les stations d'Auris-en-Oisans (les Orgières), de Villard-Reculas, d'Oz-en-Oisans (l'Olmet) et de Vaujany.
L'espace de ski de l'Alpe d'Huez s'étend entre le village d'Huez, situé à 1500m d'altitude et le sommet du Pic du Lac Blanc à 3330m d'altitude, soit 1830m de dénivelé qu'il est possible de dévaler d'une traite.

L'Alpe d'Huez s'est installée sur les alpages du village d'Huez-en-Oisans à 1860m d'altitude. Si les premiers skieurs fréquentaient le village depuis 1911, l'Alpe d'Huez a commencé véritablement à se développer à partir de 1935, grâce à la modernisation de la route d'accès à Huez et à la construction de la route entre Huez et son Alpe. L'année suivante, c'est l'électricité qui fit son arrivée à l'Alpe, jusqu'au chalet du Touring Club de France, au lieu-dit "les Jeux", jonction entre les pentes du Signal d'Huez et des Grandes Rousses à 1860m d'altitude. Ces deux événements combinés vont initier le développement de la station en permettant aux pionniers d'acheminer facilement les matériaux nécessaires à l'équipement en hôtels et montes-pentes. Ainsi, lorsque l'Alpe d'Huez est devenue une station de ski en 1936, elle comptait 3 hôtels et déjà 2 téléskis sur la douzaine existant en France cette même année. Le mythe était déjà en marche.

Face au succès rencontré, les investisseurs privés poursuivirent l'extension du domaine skiable avec la création de nouveaux téléskis dans les années 40. Développement privé qui trouva son apogée au début des années 50 avec la construction des deux premiers tronçons des téléphériques des Grandes Rousses, chargés de symbole et première étape d'une chaîne de téléphériques qui devait mener à terme au sommet du Pic du Lac Blanc, à 3330m d'altitude.
Mais rapidement l'investissement privé va montrer ses limites : une faible capacité d'investissement et d'endettement empêchant la modernisation ou l'extension de l'existant, une rentabilité hasardeuse, parfois même la surfréquentation sur certains appareils. Les premiers signes de faiblesse de ce mode de gestion apparaissent, et persistent de reprises en reprises. C'est alors qu'en 1958, après 4 saisons d'exploitations non rentables, après plusieurs incidents légers et des pannes sérieuses, le propriétaire des téléphériques abandonna leur exploitation.

Ce dernier événement historique a conduit à la création de la SATA (Société pour l'Aménagement Touristique de l'Alpe d'Huez) dont la première mission était d'assurer la remise en route et l'exploitation des téléphériques des Grandes Rousses déjà devenus indispensables pour le bon fonctionnement de la station.
Réunis autour de la SATA, devenue l'interlocuteur privilégié du développement du domaine skiable, des commerçants, des hôteliers et des habitants de la station vont alors pouvoir montrer très vite leur force et leur capacité d'investissement. Ainsi depuis sa création le 20 octobre 1958, il ne s'est pas passé une année sans que la SATA n'investisse sur le domaine skiable. Investissements qui ont consisté, dans un premier temps, à racheter les installations existantes et à en construire de nouvelles, étendant ainsi le domaine skiable sur le territoire d'Huez d'abord puis à ses voisins ensuite. Avec l'augmentation de la fréquentation, l'agrandissement de la station et la nécessité de garantir un enneigement durable, les investissements ont portés dans un second temps sur l'équipement en neige de culture et l'amélioration des liaisons dans la station et à l'intérieur du domaine skiable. Depuis quelques années les investissements portent sur la modernisation des équipements et l'amélioration de la sécurité des pistes.

Plus de cinquante ans d'évolution résumés par ces événements marquants de l'histoire de la SATA et du domaine skiable de l'Alpe d'Huez et du massif des Grandes Rousses :

  • la construction du troisième tronçon du téléphérique des Grandes Rousses par Neyrpic entre 1960 et 1962, un appareil ultra moderne, le plus grand du monde à l'époque ;
  • la liaison vers le domaine skiable d'Auris en 1971 puis son exploitation à partir de 1973 ;
  • la transformation des deux premiers tronçons du téléphérique des Grandes Rousses en télécabine débrayable moderne en 1975 ;
  • la profonde mutation de la station et l'amélioration de la desserte du domaine en 1986 : DMC des Grandes Rousses, TCD Marmottes 1, TSF Eclose, Bergers et Romains ;
  • l'ouverture du domaine skiable aux nouvelles stations d'Oz-en-Oisans et de Vaujany entre 1987 et 1989 ;
  • et enfin la finalisation du deuxième accès au domaine d'altitude avec la construction de Marmottes 2 en 2000 et de Marmottes 3 en 2003-2004 superbement conclut par le remplacement de Marmottes 1 en 2009.
Pour les années à venir les défis sont multiples : il faudra continuer à moderniser les équipements en réduisant le nombre de remontées mécaniques sur le domaine skiable et en rationalisant les déplacements dans la station ; développer la capacité d'accueil en construisant de nouveaux lits ; continuer à garantir l'enneigement des pistes les plus fréquentées et les plus réputées du domaine skiable ; le tout en réduisant l'impact environnemental des activités liées au tourisme en station de ski.



Le Signal : historique

Chargées d'histoire, les pentes du Signal ont toujours attirés les skieurs de part leurs proximité avec le coeur de la station et leurs variété de pistes aux pentes plus ou moins fortes. Mélangeant depuis toujours les rôles de liaison avec Villard-Reculas dès les années 40, de lieu d'apprentissage de la technique du ski, de lieu de compétition depuis les débuts de la station et de lieu de sélection pour les écoles de ski, la fréquentation du Signal n'a jamais diminué et devient même un passage obligé pour beaucoup de skieurs.
Qui n'a jamais vu ces photos des files d'attente interminables au pied du Signal ? Et rien n'y fait, ni les extensions du domaine, ni le triplement des téléskis (menant pourtant à un débit théorique de 2160 personnes par heure) n'auront raison des foules de skieurs attirées par ces pentes imposantes.

Face à ce constat, la SATA n'a guère de choix : elle doit encore plus augmenter le débit au départ du front de neige du Signal. Or en 1985, les options sont peu nombreuses : inutile de remplacer les téléskis puisqu'aucun appareil unique ne permettrait d'augmenter le débit de 50% minimum. La SATA choisit donc d'installer un nouvel appareil à côté des trois téléskis. Un appareil qui permettra avant tout aux skieurs moyens d'accéder plus aisément aux pistes de difficulté moyenne et aux débutants venus, de Villard-Reculas tester les pistes vertes de l'Alpe d'Huez, de rentrer en évitant la terrible épreuve des téléskis. Un appareil qui devra bien sûr régler une fois pour toute le problème du débit.
Pour remplir ces missions, un télésiège à pince fixe sera commandé en 1985. L'entreprise Poma, historiquement liée à la station, sera choisie pour construire ce nouvel appareil. Ce sera un 4 places, le premier du constructeur, signature de modernité pour la station avec sa superbe gare alpha, la première du domaine.



Le télésiège du Signal : situation et présentation

Construit par Pomagalski en 1985, le télésiège du Signal a initié la longue lignée des TSF4 Poma à gare alpha avec motrice et tension en aval et retour fixe en amont. D'une longueur de 812m, ce télésiège est surtout emprunté par ceux que la difficulté des téléskis repousse, à savoir pour l'essentiel des surfeurs et des skieurs moyens.

Ce télésiège dessert la totalité des pistes accessibles au sommet du Signal :
- signal, signal bis, kl, anémones et hirondelles qui permettent de revenir en gare aval ;
- le stade du Signal, lieu de compétition permanent ;
- le stade des Sarrasins sur le secteur Signal/Jeux et la piste petite sûre sur le secteur Village ;
- vallons, petit prince, souveraine et forêt sur le secteur de Villard-Reculas ;

La situation du TSF4 du Signal sur le plan des pistes saison 2009/2010 :

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Une vue sur la ligne, en soirée, prise depuis le bas des pistes :

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Les caractéristiques de l'appareil

Caractéristiques administratives :

  • TSF-Télésiège à attache fixe : SIGNAL
  • Exploitant : SATA
  • Constructeur : POMA
  • Année de construction : 1985
Caractéristiques d'exploitation :

  • Saison d'exploitation : hiver
  • Capacité : 4 personnes
  • Débit : 1800 personnes/heure
  • Vitesse d'exploitation : 2,3 m/s
  • Temps de montée : 6 minutes
Caractéristiques géométriques :

  • Altitude gare aval : 1862m
  • Altitude gare amont : 2114m
  • Dénivellation : 252m
  • Longueur développée : 812m
  • Pente moyenne : 33%
  • Pente maxi : 60%
Caractéristiques techniques :

  • Type de gare : Alpha 210
  • Station motrice : aval
  • Station de tension : aval
  • Type de tension : hydraulique
  • Sens de montée : gauche
  • Nombre de pylônes : 11
  • Nombre de sièges : 88
  • Espacement entre les véhicules : 18,45m


La gare aval (photos prises le 26 décembre 2009)

La gare aval du télésiège du Signal est une gare alpha de type 210 à pieds droits. Une exception notoire pour ce type d'appareil puisqu'en temps normal les pieds de la 210 sont écartés sur un TSF4.
La configuration de l'appareil est toutefois classique puisque c'est dans cette gare que se font la motorisation et la tension de l'appareil.

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Son positionnement par rapport aux téléskis :
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La ligne

Le relief traversé par la ligne du télésiège du Signal est plutôt calme, la pente se renforçant tout au long de la montée. Le temps du trajet il n'y a rien d'autre à regarder que les skieurs des pistes signal et signal bis. Il faudra se retourner pour profiter de la vue sur le domaine et la station.

Concernant le profil de la ligne, la montée est progressive et une légère impulsion est marquée au niveau du P6, seul pylône support-compression de la ligne.

La ligne du télésiège du Signal n'est pas symétrique et se décompose ainsi :
G1 : 16C
P1 : 12C
P2 : 8S / 6S
P3 : 8S / 4S
P4 : 8S / 4S
P5 : 6S / 4S
P6 : 2S 8C 2S
P7 : 6S / 4S
P8 : 8S / 6S
P9 : 6S
P10 : 6S
P11 : 8S
G2 : 1S

La ligne dans sa globalité :
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Un dernier coup d'oeil sur la gare aval :
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Entre P1 et P2 :
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La montée se poursuit entre les téléskis et la piste signal bis :
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Vue sur le DMC et la partie sud de la chaîne des Grandes Rousses :
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Vue sur le front de neige des Jeux et la partie centrale de la chaîne des Grandes Rousses :
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On poursuit la montée :
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Un coup d'oeil sur la station, au fond le Signal de l'Homme :
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On approche du pylône 6, support-compression :
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Dans la pente maximale de la ligne :
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Les trois derniers pylônes remettant la ligne à l'horizontal :
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L'arrivée en gare amont :
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La gare amont

La gare amont est une poulie retour fixe tout ce qu'il y a de plus classique :
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Le positionnement de G2 par rapport aux téléskis :
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Véhicule et pince

Le télésiège du Signal est équipé de sièges 4 places de type Arceau, premiers du genre :
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Un zoom sur la pince :
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Passage de la pince sous les galets compressions du P6 :
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Photos bonus

Photos diverses prises depuis la piste signal bis :

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Conclusion

La SATA a réalisé avec le télésiège du Signal un investissement durable et bien dimensionné : il est toujours très fréquenté et surtout, 25 ans après sa construction, il est toujours le dernier investissement réalisé sur les pentes du Signal côté remontées mécaniques. Un appareil de choix, judicieusement implanté et qui permet à la SATA de s'adapter à la fréquentation : hors période de pointe, il permet de ne faire tourner que deux voire un seul des téléskis. Et puis bien sûr, les près de 4000 skieurs à l'heure de débit théorique au départ des 4 remontées du Signal absorbent sans complexe le flux aux heures et jours de forte affluence. On peut donc dire sans se tromper de cet appareil modeste en apparence qu'il est le premier à avoir résolut les problèmes de débit des pentes mythiques qu'il dessert.

Même si cet ensemble de remontées mécaniques fait parfaitement l'affaire point de vue débit, les 4 appareils présentent deux inconvénients majeurs : l'impact visuel fort et le confort qui ne correspond plus aux standards de la clientèle d'aujourd'hui. Depuis 1985 la technique a évolué et un télésiège débrayable moderne pourrait venir à bout du débit exigé sur ce secteur. Un projet de remplacement avait déjà été évoqué en 2005, mais repoussé face aux difficultés rencontrées sur d'autres secteurs et sur d'autres appareils.
La révision initiée en 2009 suivie par la Grande Inspection prévue en 2010 devrait permettre de prolonger le télésiège pour encore quelques saisons, mais à n'en pas douter, lorsque l'heure des appareils du Signal aura sonné, la troisième génération d'appareil, moderne, performante et digne d'une grande station de renommée internationale, continuera à desservir les pentes mythiques et historiques du Signal.





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