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Chalmazel

Chalmazel


Description rapide :
Chalmazel est un village du département de la Loire, localement connu pour son château et la pratique des sports d'hiver. Les pistes, situées à quelques tours de roue du bourg, évoluent de 1109 à 1600 mètres d'altitude sur les pentes de Pierre-sur-Haute (1634 mètres), point culminant de la chaîne des monts du Forez.

Des premières compétitions de ski sont organisées dès les années 1920 (le ski-rallye de Pierre-sur-Haute) mais c'est en 1934 que les activités d'hiver s'organisent avec le traçage des premières pistes (la A, puis la B). La première remontée (le téléski de Chapouilloux) est, quant à elle, construite en 1953 sur lʼinitiative du ski club local.

Lʼaménagement du domaine actuel est entamé en 1964 avec l'installation du téléski des Granges par la commune, puis poursuivi à partir de 1967, avec la télécabine de Pierre-sur-Haute (toute première série des modèles Poma automatiques à pince S). Le développement est porté par Éloi Marcoux, président du Ski-club et Henri Essertel, secrétaire général de la Régie et de la commune de Montbrison. Il bénéficie du soutien du Conseil général et de son président, Antoine Pinay.

Aujourdʼhui, Chalmazel - Pierre-sur-Haute est géré par le Département de la Loire et assume un rôle de station de proximité qui participe à la démocratisation de la pratique du ski alpin auprès dʼun vaste bassin de population. Le domaine est de taille modeste : il compte 12 kilomètres de pistes qui se développent depuis le cœur des denses forêts de sapins pectinés et d’épicéas, jusqu'aux landes sauvages des calottes sommitales (les Hautes-Chaumes). La station propose de grandes descentes larges (Les Granges, Couzan), mais aussi quelques parcours plus sauvages, bucoliques, en forêt (Les Sangliers, Le Replat, la noire du Banban).

Avec ses 90 enneigeurs et un parc de remontées comprenant un télésiège débrayable à bulles, cette station de moyenne montagne est, en outre, qualitativement bien équipée.

Un historique et une présentation détaillés sont disponibles plus bas sur cette page.

Plus d'infos historiques : Le livre "80 ans de ski à Chalmazel"
Chalmazel
Photo Laurent Berne




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    Auteur de la description de la station : lolo42
    Section écrite le 10/12/2010 et mise à jour le 12/06/2016
    (Mise en cache le 12/06/2016)

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    Sommaire
      - Bienvenue à Chalmazel - Pierre-sur-Haute
      - La station climatérique de Chalmazelle
      - Les prémices du ski forézien
      - Le téléski de Chapouilloux et le domaine des Bois
      - Le plus grand téléski du Massif central
      - Structuration et expansion
      - Les vicissitudes de la station
      - Le développement de l'offre de sports d'hiver et de loisirs
      - La modernisation par le Département
      - Le domaine de Chalmazel - Pierre-sur-Haute
      - Perspectives

    Bienvenue à Chalmazel - Pierre-sur-Haute

    Au cœur des monts du Forez

    À l'est du Massif central, entre Auvergne et Rhône-Alpes, les monts du Forez se dressent au dessus de la plaine éponyme, du nord au sud du département de la Loire. Le massif culmine à 1 634 mètres d'altitude à Pierre-sur-Haute, qui constitue un belvédère de choix sur les monts d'Auvergne et la région forézienne. On y distingue même le mont Blanc par temps clair. Le sommet est coiffé d'une base militaire héritée de la guerre froide et d'une tour hertzienne TDF surmontée d'un dôme de l'aviation civile. La silhouette de ces « radars », comme on les surnomme par ici, constitue une balise familière de tous les Foreziens. Le sommet est coiffé d'une base militaire héritée de la guerre froide et d'une tour hertzienne TDF surmontée d'un dôme de l'aviation civile. La silhouette de ces « radars », comme on les surnomme par ici, constitue une balise familière de tous les Foreziens.

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    Pierre-sur-Haute et les pistes de Chalmazel. (Fourinas)


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    (Google maps)


    Les monts du Forez offrent des paysages originaux qui se caractérisent par leurs crêtes nues au relief adouci par l'érosion et le travail des glaciers du Quaternaire. Ces landes d'altitude sont appelées les Hautes Chaumes. Elles sont entretenues par une activité pastorale estivale constituée autour de jasseries, fermes saisonnières d'altitude, où les troupeaux viennent transhumer à la belle saison. L'hiver, il règne sur ces vastes espaces une indéniable ambiance de « grand nord ».

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    Pierre-sur-Haute depuis le refuge des Grands-Rochers. (Fourinas)


    En dessous de 1 400 mètres, les vallons demeurent, au contraire, densément peuplés d'épicéas et de hêtres. La région est très rurale : longtemps, le travail du bois et l'élevage ont constitué l'unique source de revenus. On y produit la Fourme de Montbrison, un fromage de vache AOC et AOP à pâte persillée, affiné en cave sur des chéneaux en bois. C'est au cœur de ces montagnes que se situe Chalmazel, un petit bourg connu des ligériens pour son château du XIIIe et la pratique des sports d'hiver, que l'on exerce à quelques tours de roue du village, sur les pentes nord-est de Pierre-sur-Haute.

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    Le village de Chalmazel et son château médiéval des Talaru.



    Les activités

    Le domaine de ski alpin de Chalmazel - Pierre-sur-Haute se développe entre 1 109 et 1 600 mètres d'altitude, depuis les denses forêts jusqu'aux landes des calottes sommitales. Il se limite à 11 kilomètres de pistes, en partie du fait de la création de zones naturelles réglementées, mais bénéficie de 90 enneigeurs et d'un parc de remontées récent. L'exemple le plus illustratif de cette modernité est le télésiège des Jasseries avec ses sièges débrayables à bulles ; un type de remontée que l’on rencontre plutôt dans les stations bien équipées d’Autriche ou de Suisse.

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    Le télésiège débrayable à bulles des Jasseries et le front de neige (1 120 mètres).

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    Vue sur le secteur de Couzan (la piste du Banban et la Combe des Alettes) et Pierre-sur-Haute. (Fourinas)


    Outre le ski alpin, les plateaux à nu des hauteurs de Chalmazel constituent, de par leur relief dégagé et leur exposition à la burle (vent du nord soufflant dans le Massif central), un spot de snowkite nationalement réputé. La station promeut également le snowscoot, un sport inspiré du BMX qui se pratique en glissant sur la neige à l'aide d'un guidon sur planche, assimilé à une trottinette des neiges. Un club ligérien existe depuis 2007 et l'ensemble des remontées mécaniques et des pistes du domaine est accessible à ces engins. Chalmazel a d'ailleurs été l'une des deux stations françaises à accueillir en 2013 les épreuves de l'Open international de Snowscoot. Le ski de fond se pratique à quelques kilomètres, au départ du col de la Loge ou du Béal, sur le domaine nordique du Haut Forez, qui évolue entre 1 253 et 1 428 mètres d'altitude entre forêts et clairières.

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    Snowkite au pied de Pierre-sur-Haute (1 634 mètres).


    En été, la station dispose d’un parc accrobranche et le télésiège des Jasseries fonctionne pour les promeneurs et les vététistes. Outre les sentiers balisés, Chalmazel propose une piste de descente freeride de 360 mètres de dénivelé sur une distance de 2,5 kilomètres, homologuée pour les compétitions. Un bikepark équipé de plusieurs modules en bois à sauter ou passer en équilibre est également installé au pied du télésiège.

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    Le télésiège et la zone VTT North Shore durant l'été.


    Chalmazel attire également les cyclistes sur route : l’ascension depuis la plaine du Forez constitue une parcours de 21 kilomètres assez roulant, englobant des parties descendantes et incluant la côte de Sait-Georges-sous-Couzan (2e catégorie, 7,5 km à 5,6 %) et la montée vers Chalmazel même (3e catégorie, 6,8 km à 3,7 %). Ce parcours a été emprunté en 2016 par la seconde étape du critérium du Dauphiné avec une arrivée au pied des pistes, remportée par l'Espagnol Jesús Herrada devant le français Tony Gallopin.

    La montée au col du Béal constitue également une ascension réputée, classée hors catégorie depuis le versant auvergnat. Le col a notamment accueilli l'arrivée de la troisième étape du Tour de l'Avenir 2010, remportée par le Belge Yannick Eijssen et la deuxième étape du critérium du Dauphiné 2014, remportée par Christopher Froome, juste devant Alberto Contador.



    La station climatérique de Chalmazelle

    Au pied de Pierre-sur-Haute, Chalmazelle (orthographe en vigueur jusqu’en 1939) est, dans les premières décennies du XXe siècle, un bourg rural qui commence à se forger localement une réputation d'agréable petite « station climatérique ». Le village jouit d’un cadre verdoyant et de son château des Marcilly-Talaru, dominant la vallée du Lignon et construit à compter de 1231 selon le vœu du comte du Forez comme une forteresse inexpugnable puis mâtiné d'éléments Renaissance.

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    Le château participe au pittoresque du village et contribue à attirer quelques touristes. (collection Laurent Berne)


    Dans les années 1910 et 1920 quelques voyageurs viennent profiter du cadre calme et pittoresque, ainsi que de l'air pur des monts du Forez. Profitant de ce tourisme naissant, les familles Valezy et Vial ouvrent chacune leur hôtel sur la place du village, tandis que la famille Reynaud, aménage un établissement de taille plus conséquente, face à l’église.

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    Dans les années 1920, les premiers hébergements à la station climatérique de « Chalmazelle ». (collection Laurent Berne)


    On note également quelques initiatives locales pour faire découvrir Pierre-sur-Haute depuis la plaine, en particulier celle d’un certain M. Alexandre, qui, dès 1904, entreprend d'organiser des excursions estivales au sommet des monts du Forez depuis Montbrison, en voiture hippomobile, puis à pied ou à mulet sur les derniers kilomètres : « monter à Pierre-sur-Haute, c'est aérer son esprit, rafraîchir ses bronches des senteurs parfumées du printemps, faire provision de santé et d'énergie » déclare-t-il, enthousiaste, pour faire la promotion de son activité.

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    Dès le début du XXe siècle, les promeneurs viennent profiter du panorama au sommet de Pierre-sur-Haute. (collection Laurent Berne)


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    Promeneurs dans les névés des sommets de Pierre-sur-Haute à la fin mai. (collection Laurent Berne)


    À la fin des années 1920, sous l’impulsion du syndicat d’initiative de Montbrison, la piste d'accès pour véhicules de Pierre-sur-Haute est tracée et jalonnée de poteaux en ciment. Elle est solennellement inaugurée en août 1931 par Gaston Gérard, sous-secrétaire d’État au Tourisme. Pour autant, la fréquentation hivernale reste encore confidentielle : jusque dans les années 1930 seuls quelques rares bourgeois aventureux viennent affronter la rudesse du climat hivernal.

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    Premières automobiles à la conquête des sommets du massif de Pierre-sur-Haute. (collection Laurent Berne)


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    Dans les années 1920 seuls quelques rares bourgeois s'aventurent dans les chemins enneigés de Pierre-sur-Haute. (collection Laurent Berne)




    Les prémices du ski forézien

    Même si la neige reste essentiellement vécue par la population comme une entrave à l'activité fermière, la Loire voit rapidement apparaître ses premiers adeptes des sports d'hiver. Le folklore local veut que ce fut le célèbre cyclotouriste Paul de Vivie, dit Vélocio, qui importât les skis dans le département en 1893. Une chose est certaine, à Saint-Étienne, la Manufacture Française d'Armes et Cycles propose, dès le début du XXe siècle, toute une gamme de luges, skis et bobsleighs vendue dans toute la France. Dès 1909, la Société des Sports d'Hiver Foréziens se constitue et compte 200 adhérents, tandis que des concours de sports d'hiver dits « internationaux » sont organisés dans le Pilat, regroupant 30 participants. Il n’est cependant pas encore question de ski de descente ; les disciplines reines sont le saut, le bobsleigh et la course de fond.

    Le déplacement jusqu'aux Alpes relevant alors de l'expédition, le Pilat, de par sa proximité avec le chef-lieu du département, s’impose rapidement comme le haut-lieu du ski stéphanois malgré son altitude et son enneigement aléatoire, ce, grâce aux bonnes volontés de certaines figures locales, comme la famille Masson, qui développe dès 1927 autour de la ferme-auberge de la Jasserie une activité hivernale avec la construction d’un tremplin et d’un remonte-pente.

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    Affiche de la Société des Sports d'hiver Foreziens pour le
    concours international de sports d'hiver de 1912. (Col. M. Achard)


    Dans les monts du Forez, on dénombre quelques essais à skis, notamment ceux d’Eugène Pellet, sur les hauteurs d’Ambert, dès l’hiver 1894-1895. Dans les années 1910, un public élitaire y pratique le ski « pour le plaisir, sans la contrainte du chronomètre », et note « le caractère sauvage » du massif, bien assuré « que personne ne viendra jamais y programmer des courses ». Pourtant, déjà, à la fin des années 1920, on organise ponctuellement des petites compétitions, en particulier le ski-rallye de Pierre-sur-Haute. Mais, plus éloignés de l'agglomération stéphanoise que le Pilat, les monts du Forez doivent attendre la démocratisation des moyens de transport routier et surtout, l’avènement du ski de descente dans les années 1930 pour voir se développer une véritable activité structurée autour des sports d'hiver.

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    Premières voitures dans les montagnes enneigées du Forez. (collection Laurent Berne)


    La pratique du ski s'organise à Chalmazel à partir de 1934, lorsque le Ski-club Roannais, créé un an auparavant, établit son camp de base sur les terrains d'une jasserie achetée par Novarina, située sur le territoire communal, au lieu-dit des Bois, au bas de la forêt de Chapouilloux. Entre 1934 et 1935, le club transforme la jasserie en refuge et trace la première piste de descente, la « A », également dite piste des Roannais. Celle-ci démarre au mont Procher, slalom en forêt puis gagne les prés du lieu-dit des Bois. Il ne faut cependant pas s’imaginer un boulevard damé, c’est un simple itinéraire vaguement balisé.

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    Les premiers skieurs au sommet du Procher, point de départ de la piste A, avec la vue sur Pierre-sur-Haute. (collection Laurent Berne)


    Non loin, les skieurs aménagent également la piste « B », qui démarre sur les chaumes qui dominent le chalet Gauchon, puis pénètre dans les bois sur 600 mètres, emprunte une partie de la voie forestière de la Grande Raie et rejoint le pré Massacrier.

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    Les champs de neige du pré Massacrier, au bas de la piste B. (collection Laurent Berne)


    Sur la calotte sommitale de Pierre-sur-Haute, on skie également sur le Mur des Granges (actuel emplacement du téléski des Cimes). L'endroit est apprécié pour sa pente (jusqu'à 45 %) et son altitude qui permet le déroulement de compétitions jusqu'à tard dans la saison.

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    Ski de printemps sur le mur des Granges. (collection Laurent Berne)


    A cette époque, bien entendu, pas encore de remontées mécaniques : la montée s’effectue par les Bois avec des peaux, ou par le col du Béal. Mais avec l’émergence de l’automobile et l’expansion de la pratique du ski alpin, on n’hésite désormais plus à gagner les monts du Forez pour venir tester ces descentes, « les plus intéressantes de la région », offrant des parcours de 1 500 mètres de longueur sur 250 mètres de dénivelée. Des autocars au départ de Montbrison, mais également de Saint-Etienne, font le plein de skieurs les week-ends.

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    Skieurs foreziens en 1934. (collection M. Achard)


    Avec l’arrivée des congés payés, le ski n’est plus uniquement l’apanage de quelques élites. Désormais, il s’exerce notamment au sein de la jeune population locale. C’est ainsi que dès 1936, l'instituteur de Chalmazel lance les premières journées scolaires de neige et impulse la pratique du ski chez les enfants chalmazellois. Les fédérations font le plein d’adhérents et Chalmazel voit se multiplier les compétitions régionales d'envergure : en février 1939, la fédération Forez-Velay-Vivarais y organise sur deux jours un grand concours regroupant des épreuves de descente, slalom et combiné, pour lequel le public se presse nombreux. On utilise la piste A, avec une zone de départ en contrebas du Procher. Le journal Mémorial relate l'événement et ne compte « pas moins de 180 voitures particulières et 12 cars, soit plus de 1 500 personnes ».

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    Le concours de ski de Chalmazel organisé en 1939 par la fédération Forez-Velay-Vivarais. (collection Laurent Berne)


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    Quelques champions foréziens des années 1930 : Rappoport, Touilleux, Rizzi, de Rochetaillée et Pinoncely. (collection M. Achard)


    La Deuxième Guerre mondiale ralentit la pratique du ski alpin à Chalmazel mais ne la stoppe pas ; des sorties sont d’ailleurs organisées avec des autocars à gazogène. À l’issue du conflit en 1946, Émile Doitrand, René Morel et Fernand Bost, trois mordus de glisse locaux, créent le Ski-club Chalmazellois. L'association établit son terrain de jeux aux Bois, aux côtés du Ski-club Roannais, et réalise, à la jasserie de la Parre, un tremplin d'entraînement qui autorise des sauts jusqu'à 18 mètres.

    Toujours aux Bois, les Éclaireurs de France, qui fréquentent également le site, construisent à compter de 1951 leur propre chalet sur les hauteurs de la piste B. La plupart du matériel est monté à dos d'hommes ou par un attelage de bœufs. Un transporteur routier de la région accepte cependant de livrer par les Hautes-Chaumes au risque de se faire piéger dans une tourbière ou dans les pentes du chemin forestier. A l'arrivée, le chauffeur, qui a eu la frayeur, de sa vie déclare : « Eh bien les gars, z’êtes drôlement gonflés ! ».

    Des hommes, des pistes, quelques chalets, mais toujours pas de remontée mécanique !


    Le téléski de Chapouilloux et le domaine des Bois

    La situation change après que Chalmazel s'offre l'électricité, principalement pour alimenter les scieries. Profitant de cette aubaine, clubs et passionnés se réunissent et fondent le comité du téléski. Celui-ci permet, en 1953, l'installation de la première remontée : le téléski de Chapouilloux, qui prend place au bas de la piste B, sur le pré Massacrier.

    Pour sa construction, M. Gauchon, skieur forézien de la première heure, propose d’acheter une licence aux ateliers helvétiques Brändle. Les enrouleurs sont importés de Suisse, mais une grande partie des pièces est fabriquée dans son usine, à Sail-sous-Couzan. Le téléski est monté par les membres des ski-clubs locaux et les employés de l'usine Gauchon. La gare de départ est construite à 1 120 mètres d’altitude et sa ligne évolue sur 605 mètres. Le téléski dispose de 50 enrouleurs qui remontent 300 skieurs par heure à la vitesse de 2 mètres par seconde.

    Jean-Pierre Barou, agriculteur, et premier chef d'exploitation de cet équipement évoquait ainsi de ces temps pionniers : « En 1953, je travaillais pour un franc de l'heure à la station de Chapouilloux. Mais c'était beaucoup mieux qu'à la scierie où l'on ne gagnait que 60 centimes et où les horaires s'accordaient moins bien aux exigences de nos exploitations agricoles. Le matériel était artisanal. Il fallait être bon bricoleur... Et beau joueur. Il fallait savoir mettre le poing dans sa poche lorsque les clients, en panne de tire-fesse, secouaient la cabane de bois du perchiste et exigeaient le remboursement. Mais dans l'ensemble, les clients étaient plus patients que maintenant. »

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    Au départ du téléski de Chapouilloux. (collection Laurent Berne)

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    La ligne du téléski de Chapouilloux. (DR, collection Laurent Berne)



    Pour rejoindre le téléski, les clients se garent au bas du lieu-dit des Bois, sur une « plateforme » gravillonnée aménagée pour accueillir les véhicules, située non loin du petit chalet-auberge Combréas. De la plateforme, pour gagner le départ de l'appareil, il faut encore marcher plus de 600 mètres sur une voie en côte généralement non dégagée. En cas de neige abondante, le retour peut cependant se faire ski au pied jusqu'au stationnement.

    Tous ces aménagements restent quelque peu artisanaux, mais le succès est là : avec son téléski, son tremplin d'entraînement de la Parre, et ses pistes A et B, le petit domaine de « Chalmazel - Les Bois » fait parler de lui et certains dimanches de bonne neige, ce sont plus de 400 voitures qui stationnent ici. Un moniteur est même employé durant un à deux mois par le ski-club local pour donner des cours aux clients, mais surtout, dispenser des leçons de ski les jours de classes de neige et les jeudis, lorsque montent les cars d'enfants de Roanne, Montbrison et Saint-Étienne.

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    Les cours du ski du jeudi à Chapouilloux. On remarque un pylône du téléski tout à gauche. (Collection Jean-Luc Tarit)


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    Affluence des grands jours dans la rue principale de Chalmazel. (Collection Laurent Berne)


    C’est désormais tout un village qui vit au rythme des sports d’hiver : trois jours par semaine, M. Narce, l’instituteur, emmène les enfants aux Bois pour leur apprendre le ski. Le matériel est financé par la solidarité des habitants de la région via des tombolas. Sous l’égide de M. Viallon, les élèves du Ski-club Chalmazellois développent un bon niveau. De nombreuses coupes sont organisées et le jeune Plagne et les Combréas sont généralement bien placés.

    La bonne fréquentation du téléski de Chapouilloux inspire Hubert Morel, journaliste à La Montagne, qui, avec deux amis du Ski-club de Thiers, rachètent en 1959 un téléski léger à Saint-Anthème et le réimplantent sur les chaumes d'altitude, au niveau du pré du chalet Gauchon, quelques centaines de mètres à l'est du Procher. L'appareil est livré au col du Béal par camion. Mais du fait de la neige sur le chemin restant à parcourir, on fait ensuite appel à Jean-Pierre Barou et un autre agriculteur, François Archimbaud, du Supt, pour terminer le transport avec des chevaux ! Les pylônes sont tirés et glissés sur la neige. Le groupe thermique, le câble, et les agrès sont transportés sur luge.

    Ce nouveau téléski est appelé « Chalmazel 1500 ». Il a une longueur de 360 mètres. Sa gare aval est implantée à 1 365 mètres d'altitude et sa gare amont à 1 423 mètres. Il peut tracter jusqu'à 400 skieurs par heure. L'accès à cette remontée isolée s’opère depuis le col du Béal ou depuis le haut du téléski de Chapouilloux, au prix d'un parcours de 600 mètres grimpant à travers bois. À la descente par contre, les deux appareils sont reliés par une piste qui reprend en partie le tracé de la « B ».

    Eu égard à l’affluence du domaine des Bois, le Ski-club Chalmazellois acquiert quant à lui pour la saison 1963-1964 un autre petit remonte-pente, « La Parre », implanté au niveau du tremplin, non loin du téléski de Chapouilloux. C’est un téléski-école de 150 mètres qui débite 400 skieurs par heure. Il est équipé de perches fixes et de pylônes de type trépied qui s'installent sans fondation et se démontent facilement.

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    Plan du domaine des Bois. (Dessin Laurent Berne).


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    L'implantation des téléskis de Chapouilloux, de la Parre et de Chalmazel 1500 sur une ancienne carte (IGN).


    Mais si le domaine se développe, il pâtit cependant d'un déficit en matière d'hébergement à proximité des pistes ; et ce n'est pas les quelques couchages proposés par la famille Combréas dans son chalet-auberge des Sports qui changent la donne. Fort de ce constat, M. et Mme Perret s'établissent à Chalmazel en 1962 pour se lancer dans la construction d’un hôtel-restaurant : L'Eau Vive, situé à l'intersection des routes d’accès aux pistes et du col du Béal. Cet établissement avec vue sur Pierre-sur-Haute propose 16 chambres tout confort et reste encore 50 ans plus tard, le seul hôtel situé à moins de trois kilomètres des pistes.

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    L'hôtel-restaurant L'Eau Vive, construit en 1962 sur l'initiative de M. Perret. (coll. Laurent Berne)




    Le plus grand téléski du Massif central

    A l'aube des années 1960, les sports d’hiver se démocratisent et des centres de ski se développent un peu partout. C’est dans cette ferveur de l'époque qu’un projet ambitieux voit le jour à quelques centaines de mètres des champs de neige des Bois. Ainsi, dès 1958, on envisage d’exploiter les pentes des Granges, vastes espaces boisés en contrebas de Pierre-sur-Haute, depuis le replat des jasseries des Granges jusqu'à la scierie Chazelle. Le constructeur isérois Jean Pomagalski est contacté pour une étude d'implantation d'une télébenne de 2,5 kilomètres et réalise un devis de 35 millions d'anciens Francs. Une somme conséquente pour le petit village qui ne peut seule assumer une telle dépense.

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    Le projet de télébenne de Chalmazel en gros titre dans la presse locale.



    L'idée d'équiper les pentes des Granges n'est pas abandonnée pour autant. Les volontés locales fortes, portées par Eloi Marcoux, président du ski-club et le nouveau maire de la commune, René Roche, permettent en 1963 au projet d'être engagé avec un téléski à perches débrayables, grâce au concours financier de l’État. Pour la construction de l'appareil, la régie municipale créée pour l'occasion retient les ateliers isérois Montaz-Mautino, un leader français du téléski. La bienveillance des propriétaires des terrains permet à la commune d'acheter facilement les 14 hectares de parcelles nécessaires à l'établissement de la piste.

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    Plan de la nouvelle piste des Granges et son téléski. (collection Laurent Berne)


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    Coupures presse avec Eloi Marcoux, Président du ski-club, René Roche, maire de la commune, et le projet de téléski des Granges. (DR, JG)


    À compter de mi-août 1964, dix à douze jeunes chalmazellois se relaient pour réaliser le déboisement. Le 15 décembre l'entreprise Montaz-Mautino livre les pièces du téléski. Il faut encore tirer un câble de 4 kilomètres pesant plus de trois tonnes. Il est acheminé par le haut, depuis le col de Béal, via un chemin entre le col de Chamboîte et le plat des Granges.

    Jean Barou, dit Jean Loye, chef des pistes, étrenne finalement le téléski le 18 janvier 1965 en effectuant les premiers essais. L'appareil est inauguré sous un soleil radieux le dimanche 24 janvier. La presse locale relate avec enthousiasme l’événement et ne comptabilise pas moins de 18 cars et 1 500 voitures. Ces nombreux véhicules sont garés sur la nouvelle route-parking d'accès de 11 mètres de large réalisée à l'automne entre la plateforme de stationnement du secteur des Bois (téléski de Chapouilloux) et la nouvelle piste des Granges. Avec sa longueur établie à 1 708,5 mètres, l'appareil est le plus long téléski du Massif central (il sera même rallongé dans les années 1990).

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    Le départ du téléski pour sa mise en service en janvier 1965


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    L'inauguration du téléski des Granges dans la presse locale. (archives station)


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    File d'attente au départ du nouveau téléski de Chalmazel. (DR, collection Laurent Berne)



    La Régie communale, qui a en charge l'équipement, a déjà planifié l'extension de ce nouveau secteur. Des premiers contacts sont pris dès 1965 avec l'entreprise italienne Nascivera pour l'implantation du téléski à enrouleurs des Cimes sur la calotte supérieure. Il est également envisagé, sur la partie sud de la piste des Granges, l'installation d'un tremplin permettant des sauts de 30 mètres (il ne sera finalement jamais réalisé) et un projet de télésiège biplace à pinces fixes de 1500 mètres est en bonne voie. Pour la saison 1965-1966, les deux principales nouveautés sont l'amélioration du terrassement de la piste des Granges, ouverte l'hiver dernier sur des terrains dégrossis à la hâte, et le déplacement au pied de cette piste du téléski-école de la Parre qui devient le téléski Plume Galline. Pour autant, l'exploitation du secteur des Bois continue avec les téléskis de Chapouilloux et Chalmazel 1500.

    Sous l’impulsion de Jacques Gueugnon, et fort d’un effectif en constante augmentation, le Ski-club Roannais délaisse le secteur des Bois et la jasserie Novarina pour s'installer au niveau de la nouvelle piste des Granges. À compter de 1965, et durant plus de 5 ans, des bénévoles construisent un nouveau chalet d’hébergement. Ce premier « grand » bâtiment de la station actuelle est directement implanté au pied du téléski des Granges. Une construction plus modeste est également réalisée à côté : il s'agit du tout premier magasin de location d'André Combréas, fondateur, avec deux autres moniteurs stéphanois, de l’École de Ski Français de Chalmazel. La nouvelle piste impulse également un projet immobilier : la copropriété des Granges. Ainsi trois bâtiments proposant au total 19 appartements sortent de terre rapidement.

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    Le chalet du Ski-club Roannais est construit à côté du départ du téléski des Granges. (collection Laurent Berne)



    Structuration et expansion

    Dans le cadre du Plan neige lancé par l'état en 1964, avec l'appui technique de représentants locaux de la Fédération Française de Ski et de la Commission Interministérielle d’Aménagement de la Montagne, la Régie communale valide l’extension du domaine sur les pentes de Pierre-sur-Haute. Le développement est porté par Eloi Marcoux, qui, outre sa casquette de président du Ski-club, est désormais également régisseur des installations, et Henri Essertel, secrétaire général de la Régie et de la commune de Montbrison. Il trouve le soutien du Conseil général et de son influent président, Antoine Pinay qui souhaite doter la Loire d’un centre de ski moderne. La collectivité va aider la commune à réaliser les travaux et développer le réseau de pistes et de remontées en avançant les capitaux.

    Le projet du domaine de « Chalmazel - Pierre-sur-Haute » est officiellement lancé. La télébenne projetée en 1958, revue en télésiège en 1965, se transforme finalement en 1967, en télécabine, avec la commande d’un exemplaire d’un nouveau modèle lancé par Pomagalski disposant de cabines quatre places légères en composite thermomoulé, à ouverture et fermeture automatique, qui concilie modernité et coûts de réalisation contenus. 

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    Publicité pour la nouvelle télécabine Poma. (collection Laurent Berne)



    Ce mois de décembre 1967, les équipes du constructeur isérois travaillent jour et nuit pour finaliser le nouvel engin de Chalmazel : la télécabine de Pierre-sur-Haute. Quelques jours avant Noël, 15 premières cabines orange, vertes ou jaunes sont mises en ligne et, après des essais avec des lests, accueillent leurs premiers passagers pour un voyage pré-inaugural.

    Cette remontée mécanique compte, avec celles de Val d'Isère, Queenstown et des Menuires, parmi les tout premiers exemplaires de ces fameuses télécabines quadriplaces automatiques à pinces débrayables S qui vont asseoir, durant plusieurs décennies, la réputation de l’entreprise Pomagalski. Leurs cabines à la forme ovoïde si typique font désormais partie prenante de l'iconographie type de l’imaginaire de la station de ski ; à tel point qu'il est aujourd'hui courant de dire que l'on « prend les œufs » pour signifier que l'on emprunte une télécabine.

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    La mise en service de la télécabine dans la presse locale. (archives station)


    Avec sa longueur de 2 400 mètres et son arrêt intermédiaire, la télécabine dessert idéalement les différentes pistes et remontées du domaine. A la belle saison, les estivants peuvent l'emprunter pour une balade sur les chaumes d'altitude offrant de beaux points de vue sur les montagnes d'Auvergne et la chaîne alpine.

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    Représentation du domaine de Chalmazel en 1967. (collection Laurent Berne)


    « Nous entrons dans la civilisation des loisirs et les réalisations de Chalmazel correspondent parfaitement à une nouvelle forme de solidarité qui doit se manifester entre les communes urbaines et les communes rurales. Je forme donc des vœux pour que l'audace que vous avez eue soit le point de départ et de réussite de Chalmazel, grande station de sports d'hiver » déclare le Président Antoine Pinay à l'issue de son voyage inaugural dans la télécabine.

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    La télécabine de Pierre-sur-Haute, construite par Poma (1967-2002). (collection Laurent Berne)

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    Arrivée de la télécabine au pied de Pierre-sur-Haute. (collection Laurent Berne)


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    Prospectus 1968 mettant en lumière la télécabine. (collection Laurent Berne)



    L'ouverture de ce nouvel appareil, cette saison 1967-1968, s'accompagne également de l'acquisition du premier engin de damage, le Trac Master des ateliers suédois AB Westerasmaskiner, et du déplacement du téléski-école Plume-Galline au niveau du plat des Granges. Accessible par la gare intermédiaire de la télécabine, ce remonte-pente dessert la petite piste verte du Fayt. Il sera finalement repositionné dans les années 1970 au pied des pistes, à gauche du départ de la télécabine et renommé téléski du Bosquet.

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    Le damage mécanisé fait son apparition dans le Forez. (collection Laurent Berne)



    En outre, l’hiver 1967-1968 voit l'ouverture du téléski à enrouleurs des Cimes, conceptualisé dès 1960 avec le téléski des Granges. Commandé à l'entreprise italienne Nascivera, l'appareil, d'un débit de 640 skieurs par heure, se démarque des productions habituelles françaises par ses agrès à enrouleurs et ses pylônes en portique à la façon des téléskis du Tyrol du Sud. La remontée permet aux plus sportifs d'évoluer sur les pentes à proximité du col de la Chamboîte. Elle a son départ à l'extrémité nord-ouest du plat des Granges, à 1 355 mètres d'altitude, et conduit sur la calotte sommitale à 1 569 mètres, suivant une ligne de 681 mètres avec une pente maximale conséquente de 46 %. Au bas du téléski des Cimes, les skieurs peuvent poursuivre la descente sur la piste de Couzan puis rejoindre le pied du domaine par la piste-promenade du Lignon (aujourd'hui appelée piste des Sangliers). La piste de Couzan reçoit dès la saison 1968-1969 un téléski à perches débrayables Poma d'une longueur de 600 mètres, qui évolue entre 1 285 et 1 449 mètres d'altitude et permet, en tandem avec le téléski des Cimes, d'effectuer des rotations sur ces nouvelles pistes plein nord du domaine.

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    Plan des pistes 1968 réalisé par Henri Essertel. (collection Laurent Berne)

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    Le remonte-pente école (repéré 5 sur le plan), est finalement installé à côté du
    départ de la télécabine et renommé téléski du Bosquet. (collection Laurent Berne)


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    Le téléski à enrouleur des Cimes, construit par Nascivera (1967-2008). (Laurent Berne)

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    Le nouveau domaine de Chalmazel - Pierre-sur-Haute et les grandes trouées formées par les deux pistes des Granges. (collection Laurent Berne)



    Du côté du secteur historique des Bois, le téléski de Chapouilloux demeure toujours exploité par le Ski-club local - il sera même remplacé par un téléski débrayable Montaz-Mautino neuf en 1971 - mais le téléski Chalmazel 1500 cesse son exploitation en 1967, pénalisé par son isolement et un chemin d'accès souvent problématique l'hiver. L'appareil est démonté et vendu à M. Broze du Brugeron, où il fonctionnera encore quelques années avant d'être ferraillé. Notons que le secteur de Pierre-sur-Haute est relié à Chapouilloux par la piste des Palombes, un itinéraire de ski de randonnée balisé, accessible par le téléski des Cimes, et qui emprunte sur sa dernière partie le tracé des pistes historiques A et B.

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    (archives station)



    Les vicissitudes de la station

    Tandis que la route départementale qui conduit à la station est élargie par le Conseil général pour améliorer le stationnement, le chalet-restaurant des Épilobes est construit à compter d'octobre 1969 au pied du domaine skiable. Le bâtiment, inauguré en août 1970, a été dessiné par le cabinet d'architecture stéphanois Jean-Pierre Canivet & Associés. Il se veut structurant et impose un style moderne, une identité forte, tout en s'intégrant à son environnement de par le recours massif au bois. Le chalet dispose d'une salle de restaurant en self-service de 120 places et bénéficie d'une terrasse sud avec vue sur les pistes. 

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    Le chalet-restaurant des Épilobes au début des années 1970. (collection Laurent Berne)


    Le chalet des Épilobes est cependant montré du doigt par des chalmazellois qui jugent la politique de développement du site trop dispendieuse et voient également d'un mauvais œil l'arrivée de promoteurs. Il faut dire que le chalet-restaurant, même s'il sert jusqu'à 500 couverts les dimanches de grande neige, et la télécabine, même si elle contribue à asseoir la notoriété et la fréquentation, plombent le budget. L'accumulation des déficits est pointée par la Cours des Comptes en 1973. Les gestionnaires justifient les mauvais résultats par les conditions météorologiques défavorables des deux dernières saisons et l'absence d'un secteur immobilier locatif qui fait que les installations demeurent saturées les week-ends et délaissées en semaine. Alors que le dernier conseil d'exploitation de la Régie tenu en avril 1971 avait planifié la réalisation d'une piste facile et de son téléski, un doublement du téléski des Granges, la création d'une nouvelle piste parallèle et de deux nouvelles pistes sportives sur le secteur de Couzan, le projet de développement est à l'arrêt.

    Un compromis est trouvé avec la signature d'une convention de gestion pour l'assistance technique et administrative avec SOMIVAL, une Société d’Aménagement Régional dont la mission est d'aider à l’aménagement, à l’équipement et au développement économique du Massif central. L'accord donne naissance en 1972 à un village vacances de 280 lits avec un bâtiment central de convivialité. Malgré un éloignement du pied des pistes qui ne donne pas au site de Chalmazel - Pierre-sur-Haute une réelle cohérence d'ensemble porteuse, le village génère sur 9 mois jusqu'à 30 000 nuitées. 

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    Le village vacances, construit en retrait du pied des pistes, génère sur 9 mois jusqu'à 30 000 nuitées. (collection Laurent Berne)


    La station retrouve une nouvelle dynamique. Le conseil d'exploitation, associant la commune et les instances sportives, gère la station jusqu'à novembre 1978. Mais, comme garant financier, le Département souhaite être impliqué dans la stratégie politique d'investissement de la station. La négociation opérée entre la Commune et le Département par Guy Poirieux, maire de Montbrison et Conseiller général, permet d'aboutir à la création du Syndicat Mixte de Chalmazel - Pierre-sur-Haute. Huit conseillers généraux siègent désormais à l'assemblée syndicale et la commune conserve cinq représentants. Cette dernière participe aux décisions de fonctionnement, tandis que la maîtrise d'ouvrage est cédée au Département. Un plan d'aménagement quinquennal est défini, s'appuyant d'une part sur des projets existants, et d'autre part, sur de nouveaux, orientés vers une offre de séjour quatre saisons.



    Le développement de l'offre de sports d'hiver et de loisirs

    Les travaux d'amélioration du domaine sont entamés dès 1980 avec la création de la piste noire du Banban, qui part du haut des Cimes et aboutit au pied de Couzan.

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    La piste du Banban est rajoutée sur le plan des pistes de Chalmazel - Pierre-sur-Haute. (collection Laurent Berne)



    L'exploitation du téléski de Chapouilloux qui continuait jusque-là est arrêtée définitivement à la fin de la saison 1980, suite au rachat de l'appareil au Ski-club par le Syndicat Mixte, qui envisage de le repositionner ultérieurement au niveau du domaine principal.

    Pour fiabiliser l'exploitation des équipements existants et développer la fréquentation estivale, la station construit en 1981 le camping 3 étoiles des Granges disposant de 60 emplacements mais aussi un chalet-séjour de 62 lits, destiné à l’accueil des groupes, des classes de neige ou encore des classes nature l'été. Deux cours de tennis prennent place au pied des pistes tandis qu'une piscine chauffée est réalisée au village vacances.

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    La piscine du village vacances. (collection Laurent Berne)



    Avec la fermeture du secteur de Chapouilloux, la station ne dispose plus que du petit téléski-école à perches fixes du Bosquet pour répondre aux besoins de la clientèle débutante. Selon le plan d'aménagement de 1978, on réalise donc, en 1983, la petite piste verte du Camping sur la pente douce et ensoleillée située derrière les Epilobes. Elle permet également d'assurer une liaison ski aux pieds avec le caravaneige et la copropriété des Granges. La piste reçoit un téléski Montaz-Mautino à perches débrayables. 

    Un des problèmes de la moyenne montagne reste le caractère parfois aléatoire de l’enneigement. L’imaginaire des « hivers enneigés d’antan », longs et réguliers, est d’ailleurs mis à mal par la réalité : on note une absence de neige en 1910, 1912, 1925, 1926, 1936 ou encore 1937. Et déjà, la presse regrette « les hivers rigoureux et riches en neige de jadis ». En 1959, les recettes du téléski de Chapouilloux sont divisées par trois du fait d’un hiver doux, tandis qu’à Noël 1967, pour l’inauguration de la télécabine, la neige n’est pas encore présente en quantité suffisante. L’ouverture de la station mi-janvier est d’ailleurs souvent la règle.

    C’est ainsi que Chalmazel - Pierre-sur-Haute fait le choix judicieux, avant toutes les autres stations du Massif central et beaucoup de domaines des Alpes, de l'enneigement de culture. Jean Barou, en avait d'ailleurs eu l'idée dès les années 1970 mais on l'avait alors traité de fou. Une usine à neige York est construite et un réseau de 53 enneigeurs Y40 est installé sur la piste des Granges, jusqu'à la gare intermédiaire de la télécabine, ainsi que sur la nouvelle piste du Camping. Au total, un tapis de 8,5 hectares de neige de culture peut être produit. « Je connais des gens qui ont voulu aller dans les Alpes : ils y ont rayé leurs skis et sont revenus skier à Chalmazel » explique, non sans une certaine fierté, Guy Ygnard, le Directeur de la station. Le nombre de titres de transports annuels écoulés passe de 30.000 à 66.000. La clientèle est fidélisée et les emplois pérennisés.

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    Un enneigeur York Y40 sur la nouvelle piste du Camping. (collection Laurent Berne)

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    Prospectus des années 1980 vantant les 53 canons à neige du domaine. (collection Bouctou)

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    Guy Ygnard, Directeur de la station de Chalmazel de l'époque, pose devant la piste du Camping pour évoquer les avantages de l'enneigement de culture.
    Une vidéo à voir sur le site de l'INA.


    Les investissements se poursuivent en 1986 avec le doublement du téléski de Couzan par un appareil plus long (940 mètres) qui conduit à 1 515 mètres d'altitude et donne également accès à la piste du Banban. Par ailleurs, son départ positionné plus bas que le premier téléski évite aux skieurs arrivant de la piste noire d'avoir à remonter la pente sur quelques dizaines de mètres.

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    Le départ des deux téléskis de Couzan. Le nouvel appareil possède un départ implanté plus en aval. (CG42)

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    Le plan du domaine de Chalmazel - Pierre-sur-Haute, plus schématique, intègre la nouvelle piste du Camping et le Téléski de Couzan 2. (collection Bouctou)


    Cette année-là, on défriche également la piste noire du Procher, jusqu'au bas de Couzan, augurant d'une possible extension future en direction du col du Béal. Mais le téléski qui devait y être installé ne sera pas réalisé et le projet demeurera sans suite (de nos jours, bien que de moins en moins visible, on distingue toujours la trouée laissée par la piste abandonnée du Procher).

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    Faute de remontée, la piste noire du Procher restera inexploitée. (vue IGN, adaptation Laurent Berne)



    Quelques saisons plus tard, les bandes végétales qui marquaient une séparation physique entre la piste des Granges et sa variante sont supprimées. Cet aménagement est malheureusement impactant visuellement et transforme les deux pistes en un grand boulevard tracé au cordeau. La piste des Granges s'en trouve élargie mais cette largeur est telle que le côté qui correspondait à sa variante n'est plus véritablement exploité. Aujourd'hui, se pose la question d'une revégétalisation partielle pour redonner au site un caractère plus naturel. L'ensemble bénéficient cependant d'un traitement au sol autorisant désormais une ouverture même avec un faible enneigement.

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    Les séparations végétales entre les deux pistes des Granges sont supprimées. (archives station)



    Jusqu'alors propriété du Syndicat mixte, les équipements de la station sont transférés en 1988 au Conseil général. Chalmazel - Pierre-sur-Haute reste cependant administrativement gérée par le Syndicat.

    En 1993, la station complète son offre pour débutants en remplaçant le téléski-école du Bosquet par un appareil plus long et débrayable : le téléski de la Forestière (il s’agit d’une réimplantation du téléski de Chapouilloux installé en 1971) et en installant le petit télécorde du Jardin à côté du Camping. Dans le même temps, la télécabine est rénovée. Les cabines d’origine laissent place à 90 nouveaux « œufs » Sigma à la coque blanche et aux vitrages teintés se parant des logos d'époque de la station et du Conseil général de la Loire. Le traînage en gare ainsi que les armoires électriques sont revus. Ces travaux portent le débit de 600 à 800 personnes par heure.

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    Plaquette publicitaire avec le plan des pistes et une vue de la télécabine rénovée. (CG42 - coll. Bouctou)

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    Nouvelle cabine blanche Sigma de 1993. (Laurent Berne)

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    Avec l'augmentation du débit, en gare intermédiaire, les cabines sont désormais en flux continu. (Conseil général)



    La modernisation par le Département

    Les années 2000 sont celles de la modernisation des équipements. Sous l’égide de Jean-François Gibert, Directeur de la station, avec la volonté politique forte de Pascal Clément, Président du Conseil général de la Loire, et aidé par le Fonds Européen de Développement Régional, le Département entreprend d’importants travaux de requalification du domaine skiable. Les pistes existantes sont optimisées par l'ajout de barrières à neige, l'engazonnement et la mise en place d'enneigeurs York plus performants, tandis qu'un vaste programme de modernisation des remontées mécaniques est lancé. Ces investissements s'accompagneront, au 1er novembre 2003, de la dissolution du Syndicat et de la reprise de la gestion en direct par le Conseil général. 

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    Le Progrès. (Collection Bouctou)


    En 2002, la télécabine cède sa place au télésiège débrayable à bulles des Jasseries fourni par le constructeur italien Leitner. La clientèle dispose ainsi d'une solution skis aux pieds pratique et, comme sur le précédant appareil, elle reste abritée lorsque la Burle vient glacer l'atmosphère.

    Le choix d'un appareil à bulles permet en outre à la station d'afficher une certaine modernité (comme pour la télécabine en son temps) tout en restant dans des dimensionnements bien proportionnés au regard de la taille du domaine et du cadre naturel du massif. Le nouveau téléporté permet de transporter jusqu'à 1 800 personnes par heure et, avec sa ligne de deux kilomètres, il est le plus long télésiège du Massif central.

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    Le télésiège débrayable à bulles des Jasseries construit en 2002 par Leitner.


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    Les sièges à bulles et rembourage intégral offrent un niveau de confort excellent.



    Au vu de sa ligne se prêtant à la prise de mouvements d'air, l'appareil étrennera avec succès un dispositif innovant d'amortisseur liquide visant à assurer la stabilité de ses sièges et ainsi, fiabiliser son exploitation dans la plupart des conditions météorologiques.  Pour cette même raison, le télésiège aboutit, non plus sur la crête, trop exposée, mais sur le plat des Granges et la gare aval dispose d'un garage permettant de ranger l'ensemble des véhicules.

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    L'amortisseur liquide Leitner.


    Pour accéder au sommet, la station fait construire le téléski à enrouleurs de Pierre-sur-Haute, qui, de par son tracé prolongé au delà des pistes qui existaient jusqu'alors, offre à Chalmazel un nouveau point culminant symbolique à 1600 mètres d'altitude. L’appareil, fournit par l’Autrichien Doppelmayr, dessert également le snowpark de la station, initié par l’association Chalmazel Freestyle Crew en 1999 et repris depuis 2012 par les jeunes volontaires de Forez Snowride.

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    Arrivée du télésiège et départ du nouveau téléski de Piere-sur-Haute sur le plat des Granges.


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    Le téléski et les émetteurs hertziens de Pierre-sur-Haute (1 634 mètres).


    Quant aux anciens « œufs » foreziens, ils ont, pour l'anecdote, repris du service en 2009 à la station iranienne de Pooladkaf où ils ont conservé jusqu'à leur logo Conseil général de la Loire !

    Les investissements se poursuivent en 2003 avec la rénovation du téléski de Couzan par le réemploi des gares du téléski de la Forestière, démonté avec la construction du télésiège. Le remonte-pente est, pour l’occasion, rallongé par le bas de quelques dizaines de mètres, positionnant son départ au niveau de celui de Couzan 2. En parallèle, la piste noire de la Combe des Alettes, jadis itinéraire hors-piste, rejoint officiellement le domaine.


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    Au premier plan, la nouvelle station de départ du téléski de Couzan.


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    La combe des Alettes intègre officiellement le domaine comme piste noire. (Fourinas)


    En 2004, la deuxième grande phase d'investissements est réalisée avec l'aménagement d'un véritable espace dédié aux skieurs débutants. Une nouvelles piste bleue de 460 mètres, Les Campanules, est ainsi réalisée en direction de l'ouest. Elle reçoit des enneigeurs Johnson et un nouveau téléski à enrouleurs Doppelmayr. Le téléski du Camping est quant à lui remplacé par le téléski-école à enrouleurs de l'Ourson ; également fourni par le constructeur autrichien, implanté sur la droite de la piste, tandis que, sur son haut, est réalisé un nouveau garage pour les dameuses.

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    Le nouvel espace pour débutants aménagé en 2004.

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    Le téléski à enrouleurs des Campanules.

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    Le téléski-école à enrouleurs de l'Ourson.



    Même si le ski alpin reste l'activité porteuse de la station, le Département réalise également des investissements destinés à développer le tourisme estival. En 2004, il ouvre une piste de descente de VTT desservie par le télésiège. La piste, plutôt technique, évolue en partie sur la piste des Granges ainsi qu'en sous-bois ; elle est homologuée pour les compétitions. Il ouvre également, au pied des pistes, un parc accrobranche avec des parcours de tous niveaux à base de tyroliennes et autres ponts de singe. Le parc est agrandi en 2006 mais malheureusement, son avenir est remis en cause du fait de vandalisme sur certains arbres.

    La politique de rénovation du domaine skiable se poursuit en parallèle. En 2006, la station modernise le vénérable téléski des Granges, qui se voit doté d'une nouvelle gare et d'un équipement électrique neuf. En 2007 un important programme de végétalisation des pistes est conduit. En 2008, le téléski Nascivera des Cimes est remplacé sur un tracé rallongé par un appareil Leitner d'un débit de 900 skieurs par heure, tandis que le réseau de neige de culture est étendu jusqu'au secteur de Couzan. Les 90 enneigeurs qui garantissent désormais le bon enneigement de Chalmazel bénéficient en 2011, d'une nouvelle usine à neige Johnson (désormais société MYNeige) construite dans le prolongement du garage du télésiège.

    Cette phase de restructuration du parc de remontées mécaniques et du domaine confère désormais à Chalmazel - Pierre-sur-Haute une image de petite station moderne.


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    Le téléski des Cimes construit en 2008 par Leitner assure un débit de 900 skieurs par heure.


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    La ligne du nouveau téléski des Cimes.



    Le domaine de Chalmazel - Pierre-sur-Haute de nos jours

    A Chalmazel - Pierre-sur-Haute, on skie de nos jours sur trois secteurs reliés développant chacun une offre ski particulière : l'espace découverte (à destination des débutants), les Granges (pour skieurs de niveau moyen), et Couzan (pour un ski un peu plus alpin). Le domaine dispose de 15 pistes de ski alpin pour 11 kilomètres, soit 4 pistes vertes, 5 bleues, 4 rouges et 2 noires. La taille modeste est en partie due à la présence de nombreuses zones naturelles réglementées (Natura 2000, ZNIEFF, ENS) couvrant désormais l’ensemble du domaine skiable et une partie du pied des pistes (y compris les terrains constructibles), qui rendent contraignants les projets de développement.

    Notons que la présence de la station participe au maintien de la biodiversité. Il s'est ainsi développé sur les pistes de Couzan une petite population de Lycopodes petits cyprès, une espèce rare protégée nationalement et qui, outre le Massif central, ne se retrouve en France que dans les Vosges. L’entretien des pistes de ski est adapté (évitant le broyage au ras du sol) et participe à la préservation de l'habitat d'accueil, en particulier en stoppant la dynamique de progression de la callune.

    En contrepartie de ces limitations, le Conseil général de la Loire mise sur l’aspect qualitatif : l'engazonnement, les barrières à neige sur les parties à nu et 90 enneigeurs permettent de fiabiliser l’ouverture des pistes, tandis que le parc de remontées récent offre globalement confort et débit adapté.

    De par son envergure actuelle, le domaine alpin de Chalmazel - Pierre-sur-Haute attire essentiellement une clientèle locale débutante à moyenne. Un type de cœur de cible qui fréquente la station principalement durant les week-ends et les vacances scolaires entre Noël et la fin des vacances d'hiver. 

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    Plan général du domaine - cliquez pour agrandir. (Laurent Berne)



    Le secteur des Granges : l'offre-ski familiale

    Le secteur des Granges constitue le cœur de l'offre de la station. Il évolue suivant un tracé rectiligne depuis le pied des pistes jusqu'au point culminant du domaine à 1 600 mètres d'altitude. Il permet la pratique d'un ski familial sur des pistes bleues et rouges, offrant des descentes de plus de 2 800 mètres de longueur.
     
    On y trouve le produit-ski phare de Chalmazel : la piste des Granges (également nommée piste des Jasseries), un large boulevard familial qui débute au plat des Granges et vient percer la forêt jusqu'au pied des pistes. Cet itinéraire de plus de 2 kilomètres alterne passages pentus et replats. Il est équipé d'enneigeurs et desservi par le télésiège des Jasseries ou par le téléski des Granges (utilisé en complément en cas d'affluence ou, plus rarement, si des conditions tempétueuses empêchent l’exploitation du téléporté).

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    (Mesures : cartes IGN)

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    Plan du secteur des Granges. (Laurent Berne)

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    La piste des Granges.

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    La piste des Granges.

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    Le téléski de Pierre-sur-Haute, avec une vue sur la chaine des Alpes.


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    Le téléski de Pierre-sur-Haute construit en 2002 par Doppelmayr.



    Le secteur de Couzan : les pistes les plus alpines et "nature"

    Le secteur de Couzan est situé sur la partie nord du domaine et évolue depuis les cimes et le col de la Chamboîte, à 1 570 mètres d’altitude, jusqu'au pied du mont Procher, dans le vallon formé à la naissance du Lignon, appelé le Creux de Couzan. Il possède des pistes d'un niveau technique plus confirmé. Au sommet du téléski des Cimes, le départ des pistes en direction du col de la Chamboîte offre un splendide panorama, où se détache, de part et d'autre du mont Procher, tout à l'ouest, le Puy de Dôme et, tout à l'est, la chaîne des Alpes (on peut apercevoir le mont Blanc par beau temps).

    Le produit-ski principal du secteur est la large piste rouge de Couzan, équipée d'enneigeurs et desservie par deux téléskis. Combinée avec les pistes techniques des Cimes, elle permet des descentes de près de 1 200 mètres. Le secteur dispose également des deux pistes noires de la station : le Banban, une piste en forêt, loin de toute remontée mécanique et avec un beau panorama magnifique au départ qui compte parmi les plus agréables de Chalmazel, et la Combe des Alettes, un passage qu’il faut aller chercher à l'extrémité du domaine, et dont le mur en Y constitue l’itinéraire le plus pentu de Chalmazel ; un endroit dont le brusque changement de pente permet un beau saut de corniche.

    Au bas du secteur, la piste bleue des Sangliers emprunte un chemin forestier qui permet, par une belle balade au cœur des bois, de rejoindre la station.

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    (Mesures : cartes IGN)

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    Plan du secteur de Couzan. (Laurent Berne)

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    La piste du Replat permet de gagner le secteur de Couzan.

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    La piste de Couzan avec ses téléskis, et le mont Procher.

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    Téléski des Cimes et départ de la piste rouge du Stade.

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    Jeux de lumière entre les barrières à neige et le soleil sur la piste de la Chamboite.

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    La piste noire du Banban.

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    Le Banban, dans le creux de Couzan.

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    La piste des Sangliers, courant dans le bois de Couzan au niveau du vallon de la rivière du Lignon.



    L'espace découverte : un domaine dédié à l'initiation

    Depuis 2004, l'espace découverte est le secteur destiné aux débutants, aménagé au pied des pistes et séparé du domaine principal par la rivière du Lignon. Il reste relié ski au pied par une voie d'accès damée franchissant le cours d’eau.
     
    On y trouve la piste bleue des Campanules (460 mètres) et la piste verte de l’Ourson (150 mètres), dotées d’enneigeurs et desservies par deux téléskis à enrouleurs. Notons que la piste de l'Ourson assure également la liaison vers la copropriété des Granges et le parking haut de la station. L'espace découverte héberge également les jardins des neiges de l'ESF (École du Ski Français) - équipé du tapis roulant du Plumot depuis 2010.

    Eu égard à sa fréquentation de l'Espace découverte, la station envisage une extension avec l'implantation d'une nouvelle remontée et une piste supplémentaire pour débutants au pied des Granges dans les années à venir.

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    (Mesures : cartes IGN)

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    Plan de l'espace découverte. (Laurent Berne)

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    Le téléski de l'Ourson sur l'espace débutants.

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    La piste de l'Ourson.

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    Le téléski et la piste bleue des Campanules.

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    Vue depuis le haut de la piste des Campanules.



    Les infrastructures d’accueil

    Plusieurs infrastructures sont présentes au niveau du front de neige. Trois chalets proposent à la vente ou à la location le matériel de sports d’hiver et deux écoles de ski (ESF et ESI) permettent de prendre des leçons. Quatre appartements, aménagés par le Conseil général en 2009 et 2010 et labellisés 3 Clévacances, sont proposés à la location (représentant 23 lits touristiques). On note également la présence du Chalet des Roannais proposant de l'hébergement collectif (45 lits touristiques) ainsi que l'aire d'accueil des camping-cars des Granges. 

    L'offre hôtelière repose principalement sur un établissement disposant de 44 lits touristiques, L'Eau Vive, situé entre la station et le bourg au lieu-dit les Pinasses. Un petit hôtel de 3 chambres, Le Crénau, est, en outre situé au bourg, juste à côté du château. Mais l'offre d'hébergement s'appuie également sur les chambres d'hôtes de Chalmazel et sur la quinzaine de gîtes environnants. Entre le domaine nordique du Haut Forez (6 kilomètres) et le domaine alpin de la station (11 kilomètres), le complexe de loisirs du Village de la Droséra propose également lui quelques chalets appartements en location.

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    Les magasins de sport et l'ESF.

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    Les meublés du pied des pistes (Loire-Tourisme).

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    Le chalet des Roannais, au pied du téléski des Granges.


    La cafétéria des Épilobes propose un choix de plats en libre-service avec une terrasse ensoleillée sur les pistes. Les habitués n'hésitent pas à faire quelques pas en direction du pré voisin pour rejoindre la ferme-auberge des Granges. La famille Chazelle y propose depuis 50 ans, dans un cadre bucolique, une cuisine régionale avec des produits issus de la ferme ; l'occasion de goûter à la charcuterie maison, à la fourme AOC de Montbrison et au patia forézien, le plat traditionnel local à base de pommes de terre et de crème, cuit au coin du feu quatre heures durant.

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    La cafétéria-bar des Épilobes sur le front de neige.


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    La ferme-auberge des Granges propose des produits du terroir.

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    Perspectives

    Avec 65 420 journées skieurs pour l'hiver 2012, et 3 460 et 2 500 billets vendus respectivement pour le télésiège des Jasseries et le parc acrobranche Les Écureuils pour la saison d'été 2011, Chalmazel - Pierre-sur-Haute s'affirme comme le second site touristique payant du département de la Loire en terme de fréquentation après le zoo de Saint-Martin-la-Plaine, devant les musées stéphanois (Mine, Art Moderne, Art et Industrie) et le château de Bouthéon.

    Désormais, les bonnes années, la station tend plus ou moins à l'autofinancement de son fonctionnement, les investissements restant portés par le Département. La gestion de cette unique station de ski alpin de la Loire s'entend comme celle d'une infrastructure sportive publique, avec ce que cela peut impliquer comme coût pour la collectivité, mais surtout, avec un rôle d'utilité publique et une vocation sociale. Depuis les années 1930, avec l'ère des pionniers des Ski-club Roannais et Chalmazellois, puis l'installation, aux Bois, du premier téléski de Chapouilloux et la création du domaine de Pierre-sur-Haute, voilà 80 ans qu'elle démocratise localement les plaisirs de la glisse et l'apprentissage du ski alpin. Aujourd'hui quel ligérien ne connait pas la station de Chalmazel ? Au fil du temps, et au gré d'investissements audacieux tels le téléski des Granges, la télécabine de Pierre-sur-Haute, et plus récemment, le télésiège débrayable à bulles des Jasseries, la station de Chalmazel - Pierre-sur-Haute a su s'affirmer comme une véritable petite institution auprès de la clientèle journalière issue de la plaine du Forez, des bassins d'agglomération roannais et stéphanois ainsi que du Puy-de-Dôme, mais également au-delà, si l'on en juge par les plaques d'immatriculation des véhicules garés sur la route-parking et les demandes de séjours grandissantes. La bonne fréquentation du village vacances avant qu'il ne ferme en 2005, le succès des meublés du pied des pistes et le développement d'offres de séjour disséminées sur le territoire prouvent tout le potentiel du site. Le prochain challenge pour Chalmazel sera sans doute de structurer une véritable offre d'hébergements au pied des pistes pour s'affirmer comme une véritable station et renforcer son rôle de moteur de l'économie touristique locale.

    Pour garantir sa viabilité et renforcer son attractivité au-delà de la clientèle locale débutante à moyenne, la station doit sans doute poursuivre les efforts d'aménagement de son domaine comme de son centre de vie, et développer une identité touristique valorisant son territoire. Mais Chalmazel - Pierre-sur-Haute peut déjà compter sur de sérieux atouts, à savoir un parc d'équipements moderne, un positionnement géographique éloigné de toute concurrence importante et proche de grandes agglomérations (l’A89 la place à 1 h 30 de Lyon) et, bien évidemment, la richesse et les spécificités de cette montagne, modelée par ses paysages variés où se côtoient denses forêts et grands espaces vierges d’altitude : le massif de Pierre-sur-Haute, au cœur du Haut Forez. 


    Laurent Berne
    (me contacter)

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    Arrivée du télésiège des Jasseries sur le Plat des Granges (1 463 mètres).

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    Le panorama, avec la vue sur le mont Procher (1 540 mètres) au départ des pistes noires (cliquez pour agrandir).

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    Une jasserie sur la piste du Replat.

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    Le Mont Procher depuis la piste du Replat (1 540 mètres).



    J'accepte volontiers la réutilisation de mes textes ou visuels (photos personnelles, issues de ma collection, plans des pistes, schémas...) pour peu que l'on ait la délicatesse d'en citer la source à proximité.

    Mes remerciements chaleureux à Jean-François Gibert, Frédéric Gravier, Patrice Archimbaud et Joëlle Gouttefarde, pour les informations et les documents qu'ils ont eu la gentillesse de me mettre à disposition.


    Voir aussi :


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