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Squaw Valley

Squaw Valley


Description rapide :
La station américaine de Squaw Valley est logée au fond de la vallée du même nom, dans la chaîne côtière de la Sierra Nevada. Située en territoire californien, elle n’est qu’à une encablure du Nevada, situé de l’autre côté du Lac Tahoe.

La station, développer par Emile Allais, fût l'hôte des Jeux Olympiques d'hiver de 1960. Ce qui en fît un centre de ski mondialement connu.

Aujourd’hui, la station est équipée de 28 remontées mécaniques, dont l’unique Funitel des Etats-Unis d’Amérique, située entre 1900 et 2760 mètres d’altitude. Il s'agit du deuxième plus grand domaine entourant le Lac Tahoe après Heavenly.
Le domaine étendu sur 1600 hectares, comprend 2 secteurs appelés « El 6200’ » et « El 8200’ » où sont situés 6 sommets permettant d’être des points de repères et de directions. (Le Snow King à 2311 mètres, le KT-22 à 2500 mètres, le Broken Arrow à 2444 mètres, le Squaw Peak à 2713 mètres, le Emigrant à 2652 mètres et le Granite Chief à 2760 mètres.)
L’enneigement moyen cumulé de la station durant la saison d’hiver est de 12 mètres, ce qui garanti un excellent ski sur les 177 pistes du domaine dont 30 % sont considérées comme des pistes «Black Diamond».
Squaw Valley
Photo Rodo_Af




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    Liste des reportages de cette station :


    Auteur de la description de la station : monchu
    Section écrite le 31/07/2011 et mise à jour le 03/01/2015
    (Mise en cache le 03/01/2015)

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    A la découverte de la Vallée de la femme indienne
    Dans cette présentation, vous découvrirez comment une vallée perdue aux portes du désert du Nevada est devenue un centre de ski renommé. Grâce à l’opiniâtreté et à l’entregent de son fondateur, elle est passée d’un simple TSF2 à un parc d’une trentaine de remontées, dont un Funitel et un TPH ; elle s’est profondément transformée pour accueillir les Jeux Olympiques de 1960 ; elle a rebondi ensuite en étendant son domaine skiable…



    Sommaire

    1. Situation de la station
    1.1 La Sierra Nevada
    1.2 La région du Lac Tahoe
    1.3 Squaw Valley

    2. Les débuts difficiles d’une station isolée
    2.1 La station d’un homme : Alexander Cushing
    2.2 Une candidature aux Jeux Olympiques pour lancer la station
    2.3 La difficile gestation de la station olympique
    2.4. Une station modelée par les Français

    3. La folle quinzaine olympique de 1960
    3.1. Un site compact et exceptionnel
    3.2 Petite chronique sportive des VIIIèmes Jeux Olympiques d’Hiver
    3.3 Les jeux publicitaires

    4. L’après J.O.
    4.1 Des infrastructures précieuses en héritage
    4.2 L'ouverture de nouveaux espaces : Gold Coast, High Camp
    4.3 L’après-Cushing

    5. Historique des principales remontées
    5.1 Secteur Squaw Peak
    5.2 Secteur High Camp
    5.3 Secteur KT-22
    5.4 Secteur Little Papoose

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    1. Situation de la station

    La station américaine de Squaw Valley est logée au fond de la vallée du même nom, dans la chaîne côtière de la Sierra Nevada. Située en territoire californien, elle n’est qu’à une encablure du Nevada, situé de l’autre côté du Lac Tahoe.

    1.1 La Sierra Nevada

    La Sierra Nevada est une chaîne de montagnes californienne longue sur 600 kilomètres du nord au sud, mais large de moins d’une centaine de kilomètres, enserrée entre les vallées de Sacramento et de San Joaquin à l’ouest et les étendues arides du Nevada à l’est.

    1.2 La région du Lac Tahoe

    A 1867 mètres, le lac Tahoe s’étend sur 509 km² (19 km x 35 km), ce qui en fait le plus grand lac d'altitude d'Amérique du Nord. Situé à cheval entre la Californie et le Nevada, il est entouré à l’ouest par les majestueuses montagnes de la Sierra Nevada.

    Avec ses 495 mètres de profondeur, le lac Tahoe est le troisième lac le plus profond d'Amérique du Nord.
    Ce lac s’est formé il y a 2 millions d’années à la fin de seconde période glaciaire, il est connu aujourd’hui pour la clarté de ses eaux et son panorama exceptionnel.

    La région fut initialement habitée par les amérindiens Washoe dont le lac était au cœur de leur territoire. Le premier Européen à avoir découvert le lac fut l'explorateur John Charles Frémont en 1844. Peu après, John Calhoun Johnson, qui transportait le courrier de la Californie vers le Nevada, nomma le lac « Bigler » en hommage à John Bigler, 3e gouverneur de Californie. Les deux noms coexistèrent, et ce n'est qu'en 1945 que le lac prit officiellement le nom de Tahoe.

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    Durant la première moitié du 20e siècle, le développement autour du lac se composait de quelques maisons de vacances.
    Le véritable développement eu lieu lors du « boom » de l'après Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1950, la région connut une forte augmentation de sa population à la suite notamment de la construction des casinos sur le coté Nevada du lac.
    Puis dans les années 1960, la région du lac Tahoe a été facilement reliée aux principales villes de la Californie grâce à la construction d’autoroutes facilitant l’organisation des Jeux Olympiques de 1960 à Squaw Valley. Cette fabuleuse vitrine des sports d’hiver a permis le développement de l’ensemble de la région et vue la création de nombreuse stations autour des villes de Truckee, Tahoe City, Reno et Stateline.
    De 1960 à 1980, la population permanente est passé de 10000 à plus de 50000 habitants, et la population estivale a progressé d'environ 10000 à environ 90000 touristes.
    Depuis les années 1980, le développement a ralenti en raison de difficulté à obtenir des terrains constructibles.
    Le lac Tahoe est aujourd’hui devenu un centre touristique de premier ordre.
    En effet, la situation frontalière du lac, entre la Californie et le Nevada, permet aux casinos situés au Nevada d'attirer de nombreux Californiens qui viennent jouer à des jeux d'argent interdits en Californie.
    De plus la région est destinée aux nombreuses activités « Outdoor » qui sont très recherchées en Amérique du nord. L’hiver les nombreuses stations de ski qui ont la réputation d’un fort enneigement permettent à la région du lac Tahoe d’être devenu l’une des destinations privilégiées par les américains. L’été le lac permet de pratiquer toutes les activités aquatiques possibles.
    A ceci s’ajoute un excellent système routier composé d’autoroutes facilitant son accès des principaux centres urbains de la région, et de plusieurs aéroports autour du lac reliés à tout le pays : Reno, Sacramento, San Francisco (4h30 de route).

    La majorité des stations de ski dans la région du lac Tahoe sont situées à l'extrémité nord du lac, près de la ville de Truckee, en Californie et de la ville de Reno, au Nevada. Toutefois, nous trouvons également de beaux domaines de ski au sud du lac tel que Heavenly, Kirkwood.

    Voici une liste des principales stations de ski de la région du lac Tahoe :

    * Heavenly Mountain Resort : Le plus grand domaine de ski de Californie et de la région. Situé à proximité de Stateline
    * Squaw Valley : La seconde station la plus vaste de la région. Très connue pour avoir accueilli les JO d’hiver de 1960. Situé entre Truckee et Tahoe City
    * Alpine Meadows : Un centre de ski de taille moyenne quelques kilomètres de Squaw Valley
    * Diamond Peak : Un petit centre de ski situé prés de Village au Nevada
    * Northstar at Tahoe : Un centre de ski familial sur la rive nord du lac à proximité de Truckee
    * Kirkwood Mountain Resort : Le centre de ski réputé le plus enneigé de toute la région du lac Tahoe
    * Sierra-at-Tahoe : Un centre de ski de taille moyenne à proximité de Truckee
    * Boreal Mountain Resort : Un petit centre de ski situé au Donner Pass
    * Sugar Bowl Ski Resort : La station principale du Donner Pass
    * Donner Ski Ranch : Un petit centre de ski familial au Donner Pass
    * Homewood Mountain Resort : A proximité de Tahoe City, ce centre de ski est situé le long du lac
    * Mount Rose Ski Resort : Au nord Est du lac, le plus grand centre de ski du Nevada

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    1.3 Squaw Valley

    Aujourd’hui, la station est équipée de 28 remontées mécaniques, dont l’unique Funitel des Etats-Unis d’Amérique, située entre 1900 et 2760 mètres d’altitude. Il s'agit du deuxième plus grand domaine entourant le Lac Tahoe après Heavenly.
    Le domaine étendu sur 1600 hectares, comprend 2 secteurs appelés « El 6200’ » et « El 8200’ » où sont situés 6 sommets permettant d’être des points de repères et de directions. (Le Snow King à 2311 mètres, le KT-22 à 2500 mètres, le Broken Arrow à 2444 mètres, le Squaw Peak à 2713 mètres, le Emigrant à 2652 mètres et le Granite Chief à 2760 mètres.)
    L’enneigement moyen cumulé de la station durant la saison d’hiver est de 12 mètres, ce qui garanti un excellent ski sur les 177 pistes du domaine dont 30 % sont considérées comme des pistes « Black Diamond ».
    Une partie du domaine est ouverte au ski nocturne, dont la « Montain Run » longue de 5,10 kilomètres, de 16 à 21 heures, durant toute la saison lors de certains jours de la semaine.

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    Petite vue sur le « village » de Squaw Valley.


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    La billetterie


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    Le plan des pistes


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    Quelques vues du domaine


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    Au second plan, le front de neige d’altitude « Gold Coast » où est située l’arrivée du Funitel.


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    Vue sur les pistes de la zone du Snow King


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    Le forfait version 2011 !



    2. Les débuts difficiles d’une station isolée

    2.1 La station d’un homme : Alexander Cushing

    Rien ne prédestinait Alexander Cushing à prendre un jour les rênes d’une station de ski californienne. Issu d’une famille aristocratique de la Côte Est, il fait son droit à Harvard mais consacre une bonne partie de son temps libre à voyager dans le monde entier. Après la guerre, il fait la connaissance de Wayne Poulsen, pilote à la PanAm, qui avait acheté des terrains dans le fond de la Squaw Valley et qui lui fait découvrir le site encore vierge. En juin 1948, le tandem s’associe pour développer Squaw Valley, Poulsen apportant les 250 hectares de terrain et Cushing les 400 000 dollars de financement.

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    Site de Squaw Valley dans les toutes premières années.


    Le couple Cushing quitte Manhattan en 1948 pour s’installer à Squaw Valley, un endroit perçu à l’époque comme la mauvaise partie de la Sierra (à l’inverse de Sugar Bowl). Les nombreuses divergences entre les associés entravent le rythme d’aménagement de la station. Par exemple, Cushing souhaite exploiter directement les activités d’hôtellerie-restauration tandis que Poulsen veut les concéder. Cushing passe parfois outre les positions de son partenaire. Le conflit larvé s’achève en octobre 1949 avec la prise de contrôle total de Cushing sur la société de développement de Squaw Valley.

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    Le couple Cushing dans son luxueux chalet de Squaw Valley, ancienne baraque à hot dogs restaurée et agrandie.


    Le complexe est ouvert pour Thanksgiving, le 23 novembre 1949, mais l’inauguration est un fiasco. Rien n’est prêt à temps, et les ouvriers de Cushing se mettent en grève une semaine avant l’arrivée des premiers clients, obligeant la famille Cushing et ses domestiques à s’improviser plombiers, femmes de chambre, cuisiniers… La mauvaise qualité des infrastructures et du service vont porter un coup dur à la réputation de la station.

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    Lodge reconstruit après son incendie de 1954. La terrasse très prisée des skieurs offre des vues sur le Squaw Peek et l’arrivée de la descente hommes.


    Les obstacles naturels restent nombreux et mettent eux aussi en péril la pérennité du site. Jusqu’en 1954, trois avalanches viennent emporter des pylônes du télésiège installé péniblement. Le lodge, qui abrite en front de neige les hébergements et la restauration, se retrouve coupé du monde à 4 reprises lorsque des crues emportent les ponts. Il est inondé deux fois, et finit par être complètement détruit par un incendie en 1956.


    2.2. Une station modelée par les Français

    Emile Allais, triple champion du monde en 1937 et inventeur de la méthode française de ski, se retire des circuits avant la seconde guerre mondiale. A la fin des hostilités, il entame sa reconversion dans l'animation d'écoles de ski. Les sollicitations internationales sont nombreuses : des jeunes stations en plein développement démarchent le champion pour créer des écoles de ski, construire leur domaine skiable ou entraîner leurs équipes. Dès 1946, il part pour les Amériques et travaille en alternance pour Portillo au Chili et Val Cartier au Canada, avant de passer une saison dans la station de Sun Valley, aux USA. Il est remarqué par Alexander Cushing qui souhaite ouvrir sa station à Squaw Valley.

    Le premier séjour d’Allais sur le site encore en construction a lieu au printemps 1949. Emile Allais gravit le Squaw Peak à peau de phoques pour reconnaître le futur domaine. Immédiatement séduit par la configuration du site, il propose à Cushing les premiers aménagements. Il étudie le tracé du premier télésiège de la station, le TSF2 Squaw One et les pistes associées.

    Après sa saison estivale dans les Andes, Emile Allais regagne Squaw Valley pour la saison d’hiver 1949-1950 pour prendre la direction de l’Ecole de Ski, contribuant au prestige de la jeune station. En 1950, il fait venir à Squaw Valley son ami Joseph Marcillac : ancien guide de Chamonix et membre du GHM de Maurice Herzog, il devient le second d’Allais à Squaw Valley. L’installation des 2 champions a largement contribué à la renommée de la toute jeune station en France, d’autant plus qu’Emile Allais deviendra l’entraineur de l’équipe olympique américaine, se préparant à Squaw Valley comme dans diverses stations européennes aux Jeux d’Oslo de 1952.

    Il expérimente les premiers aménagements mécaniques des terrains. Alors que les pistes suivaient traditionnellement le relief naturel, Emile Allais et les équipes de Squaw Valley apprennent à travailler les tracés en procédant à des déboisements et des terrassements. Quant à l’hiver, Emile Allais introduit en Californie le damage mécanique, déjà expérimenté dans le Colorado : il loue la chenillette desservant un relais télécom sur le haut du domaine, et la transforme en dameuse rudimentaire en accrochant à l'arrière des barils d'essence.

    En désaccord avec Alec Cushing qui lui refuse la possibilité d’ouvrir son propre magasin de sport, Emile Allais quitte Squaw Valley en 1952 pour participer à l’aventure d’une autre station californienne : Mount Baldy. Il laissera une empreinte durable dans la station, que continuera à développer Joseph Marcillac.


    2.3 Une candidature aux Jeux Olympiques pour lancer la station

    Alec Cushing tombe par hasard sur un article du San Francisco Chronicle qui lui apprend que la ville de Reno, à 40 miles de Squaw Valley, entend présenter sa candidature à l’organisation des Jeux Olympiques d’Hiver. Bien que l’équipement de Squaw Valley se réduise à l’époque à un seul télésiège, Alec Cushing décide de proposer lui aussi de se porter candidat au début de l’année 1955. Il ne souhaite pas du tout accueillir les épreuves, mais simplement occuper le terrain dans les journaux et obtenir une publicité récurrente à bon compte.

    A cette époque, Squaw Valley n’est qu’une petite station dont le seul avantage est l’enneigement, l’un des plus importants d’Amérique. Mais la station en elle-même est peu aménagée. Au fond de la vallée, dans un site ingrat, un seul télésiège est ouvert, commercialisé comme « le plus long du monde », ce qui est faux. Les capacités d’hébergement se réduisent à une seule lodge, mais Alec Cushing plutôt bourru ignore ou froisse la grande partie de ses clients, alors que ceux-ci viennent aux sports d’hiver pour les mondanités et s’enorgueillissent d’habitude des égards que les patrons de stations leur témoignent.

    Malgré tous ces handicaps, Alec Cushing propose sa candidature. Dans un premier temps, ce site encore à l’état primitif est très mal accueilli dans le monde olympique américain. Quant aux tribus indiennes de la Sierra, elles voyaient d’un mauvais œil les terrassements prévus dans ces espaces jusque là préservés. Le gouvernement californien annonça sa contribution à hauteur d’un million de dollars au budget de la candidature, évalué au total à 15 millions de dollars. Le financement public était accordé sous réserve d’obtention des jeux, une hypothèse jugée improbable à l’époque. Les Etats-Unis n’ayant pas accueilli de jeux olympiques depuis 28 ans, l’organisation d’une olympiade moderne semblait un élément insurmontable.

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    Affiche publicitaire pour les JO 1960.


    Le dossier pour la désignation du candidat américain est bâclé en 6 semaines. Malgré tout, Squaw Valley emporte la mise sans difficulté : Cushing, bon orateur, avait obtenu la bienveillance du gouverneur de l’Etat de Californie, avait fait voter une aide d’un million de dollars en se basant sur la jurisprudence des Jeux d’été de San Francisco de 1932, et s’était assuré le soutien financier de son ami Rockfeller, par ailleurs actionnaire de Squaw Valley à hauteur de 5%.

    En mai 1955, trois semaines seulement avant la conférence du CIO qui doit désigner la ville-hôte des 8èmes jeux d’hiver, Joseph Marcillac participe au congrès de la FIS à Montreux. Il entreprend le lobbying de la candidature de Squaw Valley auprès de techniciens du ski dont l’opinion peut peser lourd dans le choix du CIO. Aucun Européen ne connaissant véritablement le site isolé de Squaw Valley, Joseph Marcillac en brosse un portrait flatteur, comparant la station à Kitzbühel pour sa dénivelée et sa topographie, permettant de lancer une épreuve de descente du sommet des pistes jusqu’à la vallée. La réputation de Joseph Marcillac permet de convaincre la majorité des représentants de la FIS : un bon point pour la candidature de Squaw, car l’opinion des techniciens de la FIS pèse lourd dans le choix du CIO.

    Alec Cushing se rend ensuite à la conférence du CIO de Paris, avec dans ses bagages une brochure de la station et une maquette de 1,83 m par 3,66 m dont la fabrication et la livraison à Paris lui ont couté 5800 dollars. Sa candidature n’est pas prise au sérieux face à celle d’Innsbruck, qui dispose déjà, à l’inverse de Squaw Valley, des hébergements et des infrastructures sportives dignes d’une olympiade.

    Le rassemblement des épreuves dans un site compact a certainement été un avantage déterminant pour la candidature. Les spectateurs peuvent en quelques minutes gagner à pied l’ensemble des sites sportifs, à l’exception du ski de fond. A l’exception de la patinoire, dont la capacité est limitée à 8500 personnes, l’ensemble des autres sites sont situés en plein air sur un terrain plat, permettant d’accueillir un nombre presque illimité de spectateurs.

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    Détails des installations de vallée dans un site compact.


    Par ailleurs, un lobbying discret et efficace permet à Cushing d’emporter la mise. Les Européens se divisent entre les candidatures fratricides d’Innsbruck et de Garmisch-Partenkirchen. Les Américains soignent les relations avec les délégations d’Amérique du Sud, auxquelles ils viennent de consacrer une tournée de 4 mois pour les convaincre de l’intérêt d’une candidature du Nouveau Monde. Ils s’assurent aussi des voix scandinaves auxquelles ils promettent un retour aux valeurs simples de l’olympisme grâce à leur site préservé.

    Le bagout et la diplomatie d’Alec Cushing achèvent de convaincre les derniers indécis lors du congrès de Paris. Chaque membre du CIO a reçu une lettre personnelle de Cushing détaillant ses intentions, ce qui constitue une première dans l’histoire du lobbying olympique. Au second tour, Squaw Valley l’emporte d’une courte tête face à Innsbruck, par 32 voix contre 30.


    2.3 La difficile gestation de la station olympique

    Alec Cushing ne reste pas longtemps à la tête du Comité d’Organisation. Le budget largement sous-estimé et le conflit d’intérêt avec ses activités de promoteur le conduisent à abandonner la présidence du comité en décembre 1955 au profit d’un gestionnaire sévère mais efficace, Prentis Cobb Hale, qui s’assure du financement de 8 millions de dollars, huit fois l’estimation initiale, et lance les travaux d’infrastructures : routes, eau et assainissement, endiguement du torrent, hébergements.

    L’effort porte aussi sur les remontées mécaniques. L’accès au sommet du Squaw Peak pour la descente hommes est impossible avec le TSF2 Heron existant, qui s’arrête bien en aval du sommet. Hale fait construire un second TSF2 Heron jusqu’au Squaw Peak, baptisé Squaw Peak Two (aujourd’hui Siberia). Il fait aussi équiper les nouveaux massifs de Little Papoose qui soit accueillir les slaloms dames, et le massif du « KT-22 » qui accueillera les descentes dames et géant hommes. Pour le premier massif, Hale fait construire le TSF2 Papoose Peak de 991 mètres de longueur et de 366 mètres de dénivelée. Pour le secteur de KT-22, l’Etat de Californie force Cushing à investir dans un TSF2 encore plus spectaculaire.

    Les problèmes s’accumulent : les organisateurs manquent d’expérience dans l’organisation de grandes épreuves, alors qu’ils doivent bâtir un site ex nihilo. Les délégations européennes menacent de boycotter les Jeux en raison des conditions d’hébergement qu’elles jugent trop spartiates. Fait exceptionnel, les Grecs refusent que la flamme soit allumée à Olympie : elle le sera en Norvège. Le Chancelier Olympique, Otto Mayer, regrettera publiquement le programme des animations qui transforme selon lui Squaw Valley en un « deuxième Disneyland ».

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    Détail du toit de la patinoire, réparé en urgence à trois semaines de l’ouverture des Jeux. A l’arrière-plan, tremplin de saut.


    Dans la dernière ligne droite, les embûches s’accumulent : trois semaines avant l’ouverture, le toit de la patinoire se fissure, tandis que le blizzard fréquent dans les montagnes de la côte ouest souffle en continu à plus de 100 miles par heure sur les sommets. Des plaques à vent se forment, des avalanches se déclenchent. La route d’accès depuis San Francisco est obstruée, tandis que le câble de télécom transcontinental est arraché. La neige continue de tomber dans le fond de la vallée.

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    Les SnowCats ne sont pas encore utilisés pour le damage, mais pour l’acheminement du matériel le long des pistes (piquets, matériel de télévision et de chronométrage…)


    Une semaine avant le début des épreuves, la neige se transforme en pluie, ravinant les pistes et menaçant la tenue de la glace des patinoires, tandis que les vents mettent en péril la tenue des bâtiments administratifs.

    Les Jeux Olympiques qui s’ouvrent le 18 février 1960 sont à l’époque les plus grands et les plus chers de l’histoire. 800 athlètes de 30 nations différentes côtoient 35000 spectateurs. Le nombre d’épreuves télévisées est en forte augmentation, CBS diffusant 10 heures de direct sur 3 journées : la descente dames, le 500 mètres dames, le géant hommes et le dernier jour, le saut et la cérémonie de clôture.

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    Gravure vantant les épreuves télévisées en direct. A l’arrière plan, l’ancien TSF2 Squaw One et la fin de la piste de descente hommes.




    3. La folle quinzaine olympique de 1960

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    3.1. Un site compact et exceptionnel

    Pour la première fois dans l’histoire de l’olympisme d’hiver, l’hébergement des athlètes et les sites des épreuves, hors ski nordique, se trouvent concentrés sur un même site de 250 hectares au fond de la Squaw Valley. Cette disposition est censée favoriser les échanges entre spectateurs et skieurs et créer une ambiance particulière.

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    Plan général du site de Squaw Valley en 1960.


    Installations sportives accessibles au public
    1- Patinoire
    2 - Anneau de vitesse
    3 - Centre d’accueil des spectateurs
    4 - Rinks de hockey sur glace
    8 - Patinoire d’entraînement
    10 - Tremplin


    Bâtiments des athlètes et des officiels
    5 - Centre administratif et tables de marque.
    6 - Centre presse
    7 - Logements des officiels
    9 - Village olympique (hébergement des athlètes)


    Remontées mécaniques
    11 - TSF2 Riblet Little Papoose
    14 - TKD1 Poma Flying Saucer (Soucoupe Volante) vers KT-22
    17 - TSF2 Heron KT-22
    20 - TSF2 Heron Squaw Peak One
    21 – « Tram » - TSF2 bicâble à va-et-vient
    22 - TSF2 Heron Squaw Peak Two


    Pistes olympiques
    12 - Géant dames
    13 - Slalom dames
    15 - Descente dames
    16 - Slalom hommes
    18 - Géant hommes
    19 - Descente hommes

    Seules les épreuves nordiques ne se déroulent pas sur site, mais à McKinney Creek, à 12 miles de Squaw Valley, au bord du Lac Tahoe.

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    Cœur du quartier olympique, la patinoire (n°1) abrite les épreuves de glace (sauf vitesse) et aussi les cérémonies grâce à un côté semi-ouvert qui donne sur le podium extérieur, l’anneau de vitesse et le tremplin.


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    Hébergement des athlètes dans le village olympique (n°9 sur le plan).



    3.2 Petite chronique sportive des VIIIèmes Jeux Olympiques d’Hiver

    Les JO de Cortina en 1956 avaient montré la domination soviétique dans les épreuves de glace et les disciplines nordiques. Il en sera de même à Squaw Valley. Dans les épreuves alpines, la succession de Toni Sailer est ouverte. L’équipe autrichienne, réputée comme la plus forte du monde, dispose de plusieurs leaders qui chercheront à s’affirmer lors de cette olympiade. Chez les filles, les regards sont tournés vers la jeune Traudl Hecher, qui vient de rempoter la descente de Kitzbühel à tout juste 16 ans.

    Une partie de l’équipe de France à Squaw Valley : Honoré Bonnet (entraîneur de l’équipe), Maurice Martel (président de la FFS), François Bonlieu, Albert Gacon, Guy Périllat, Arlette Grosso, Jean Vuarnet, Michel Arpin, Charles Bozon, Adrien Duvillard, emmenés par Emile Allais.




    18 février 1960

    Pour la première fois dans l’histoire de l’olympisme, la cérémonie d’ouverture fait l’objet d’une mise en scène à grand spectacle orchestrée par Walt Disney. Les organisateurs s’attirent le feu des critiques des Européens qui ne voient pas d’un bon œil le mariage du sport et du spectacle. Les sportifs sont censés défiler dans l’Avenue des Athlètes, bordée par des statues géantes en papier mâché dessinées par Disney, représentant les différentes épreuves olympiques, puis passer devant les tribunes où le vice-président Nixon les salue.

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    Statue signée Walt Disney, représentant un skieur. Des dizaines de statues similaires viennent décorer l’Avenue des Athlètes et le podium. Les dons de grandes villes américaines, comme Sacramento ici, permettent de financer leur construction.


    Les abondantes chutes de neige retardent plusieurs fois le début de la cérémonie. A la faveur d’une éclaircie, le cortège s’élance cependant dans une cohue indescriptible, tandis que la vasque est allumée par erreur avant l’arrivée de la flamme. Son fonctionnement laisse d’ailleurs à désirer et emplit l’anneau de vitesse et la patinoire d’une forte odeur de mazout qui gagne les narines des spectateurs.

    Peu après cette cérémonie ratée mais bon enfant, la neige envahit à nouveau la cuvette de Squaw Valley, dispersant spectateurs et athlètes.

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    30 nations participent à l'ouverture de ces Jeux. Au fond, le TSF2 vers Little Papoose.



    19 février 1960

    Jour blanc à Squaw Valley : la descente hommes devait ouvrir le bal des épreuves alpines, est reportée plusieurs fois en raison des fortes chutes de neige presque ininterrompues depuis la cérémonie d’ouverture. Toute la piste de descente est à préparer à nouveau. L’épreuve reine finira par se courir avec 3 jours de retard, le 22 février.

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    300 soldats de l’armée américaine participent au damage manuel des pistes après les fortes chutes de neige du premier jour.



    20 février 1960

    C’est finalement la descente dames qui inaugure les épreuves alpines. Les filles s’élancent sur un tracé curieusement sinueux pour une descente, sur les pentes du KT-22. Les 20 portes constituent parfois de réels obstacles, à tel point que les concurrentes ont renommé la piste "la forêt de portes".

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    Partie avec le dossard 1 et considérée comme une des grandes favorites sur ses terres, l’Américaine Penny Pitou restera en tête de la compétition jusqu'à l'arrivée de l'Allemande Heidi Biebl qui la devancera d'une seconde.


    A quelques centaines de mètres de l'arrivée, le juge de paix est le "virage de l'avion" : la porte la plus difficile du tracé marque en effet un virage à angle droit qui fit chuter de nombreuses concurrentes. Ce virage coûta 2 précieuses secondes à la skieuse américaine Penny Pitou : elle dut finalement céder la médaille d'or à l'Allemande Heidi Biebl pour une seconde.

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    Auteur d'une course parfaite sur un tracé inhabituellement sinueux, Heidi Biebl décroche l'or olympique.



    21 février 1960

    CBS retransmet en direct l’épreuve de géant hommes dont le départ est donné sur le KT-22, non loin de celui de la descente dames de la veille.

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    Premiers jeux d’hiver massivement télévisés.


    L’autrichien Karl Schranz donné grand favori est absent du podium, ce qui étonne peu de skieurs, tant étaient connues les frasques nocturnes du coureur dans les casinos du Nevada…

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    Bas de la piste de géant hommes.


    Le suisse Roger Staub, parfait outsider, emporte la médaille d’or.

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    Roger Staub, champion olympique de géant.



    22 février 1960

    Le combiné nordique voit l’équipe norvégienne grande favorite céder la médaille d’or à Georg Thoma, qui court dans l’équipe des deux Allemagnes unifiées.

    En ski alpin, l’épreuve de descente hommes finit enfin par se courir. Sur le papier, le grand favori aurait du être l’Autrichien Karl Schranz, un des plus brillants skieurs de la saison 1959. Mais il aborde cette olympiade sans avoir disputé la moindre épreuve de la toute la saison. De plus, il passe de longues soirées à flamber dans les casinos de la rive est du Lac Tahoe, au Nevada. Dans la pratique, c’est donc le jeune Français Adrien Duvillard qui aborde cette descente avec l’étiquette de favori. Son doublé descente-slalom dans la prestigieuse épreuve du Hahnenkamm de Kitzbühel, ainsi que sa victoire dans la descente de Megève lui ont donné la confiance nécessaire pour atteindre l’or olympique.

    Contre toute attente, c’est un autre Français qui l’emportera : le discret Jean Vuarnet qui entre dans la légende du ski en même temps que la position « de l’œuf » qu’il avait inventée.

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    Point culminant de la station : le Squaw Peak, près duquel est donné le départ de l’épreuve.


    Le départ de l’épreuve est donné sur le point culminant de la station, le Squaw Peak à 2708 mètres. Le sommet est accessible par le télésiège principal Heron depuis le front de neige, puis le télésiège bicâble à va-et-vient. Les skieurs doivent ensuite gagner le sommet à pied, d'où le regard embrasse toute la région et le lac Tahoe.

    Jean Vuarnet raconte ses moments d'avant-course : "Le temps de jeter un dernier coup d’œil au fameux virage après l'arête, me voilà au sommet. [...] A cinq minutes du départ, je me suis mis à bouger. Là, je ne me souviens plus de grand chose, mais je sais, en revanche, combien m'a frappé l'étonnante beauté du paysage que l'on découvre de ce sommet."

    La piste n'était pas d'une difficulté exceptionnelle, avec de très longues parties de glisse. Elle passait de justesse les critères d'homologation. Son départ avait d'ailleurs été rehaussé d'une cinquantaine de mètres en amont de la G2 du TSF2 Squaw Two (Siberia aujourd'hui), obligeant les coureurs à gagner le sommet à pied. De plus, les abondantes chutes de neige qui ont causé le report de l'épreuve ralentissaient encore les coureurs. Cette descente promettait de couronner non pas le meilleur technicien, mais « le meilleur fart ».

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    Passage d’une bosse par Jean Vuarnet.


    C'est pourquoi la plupart des concurrents ont tendance à s'élancer en poussant très fort sur les bâtons. Jean Vuarnet, dossard 10, s'engage lui aussi un peu "sèchement", imitant les neuf autres coureurs qu'il a pu observer. La vitesse qu'il a gagnée un peu trop rapidement le déséquilibre légèrement au passage des premières bosses. Il confie : " J'évalue à deux secondes le retard que je viens d'accumuler. Si tu arrives à reprendre ça... Je sors presque arrêté du fameux virage et, sur la congère où d'habitude je décollais de 4 à 5 m, je ne bouge pas. je pousse à fond. Pas de patineur. Buste collé aux cuisses."

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    Descente de Jean Vuarnet dans la position de l'oeuf.


    Malgré les deux secondes de handicap, Jean Vuarnet s'engage dans le schuss en mettant en oeuvre la position de l'"oeuf" qu'il a inventée. Cette position aérodynamique doit lui permettre de regagner quelques dixièmes de secondes, pense-t-il. Il atteint le point de chronométrage intermédiaire, près duquel se tient Emile Allais. Le champion reste accroupi : ce signe convenu indique à Jean Vuarnet qu'il est en retard. Le coureur doit encore grappiller d'autres dixièmes dans le bas du parcours.

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    Passage de Jean Vuarnet sur la double bosse (Double Bump). A l'arrière-plan : TSF2 Squaw One.


    Jean Vuarnet poursuit sa descente dans la position de l'oeuf. Restant uni le plus longtemps possible, il ne se relève qu'aux derniers moments, ce qui le déséquilibre une seconde fois au passage de la double bosse avant la Cascade, obstacle naturel que les organisateurs avaient choisi d'emprunter pour relever le niveau de l'épreuve. Jean Vuarnet se reprend et retrouve rapidement sa position de recherche de vitesse. Il n'a pas encore repris son retard, mais il aborde le grand schuss de la fin du parcours.

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    Bas de la piste et raquette d'arrivée.


    Il confiera : Je n'entends rien que le bruit de la neige qui file sous les skis. Ca fait un bruit de moteur. Mon moteur, ma vitesse. J'entends le bruit au niveau de mes oreilles. Je suis donc très bas.

    Il arrive dans le schuss final plus vite qu'à l'entraînement. A près de 120 km/h, il file vers l'arrivée, les cannes sous les bras jusque dans la raquette d'arrivée.

    Ce sera la première médaille d'or française de cette olympiade.

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    Toujours en recherche de vitesse après sa faute dans la première partie, Jean Vuarnet franchit en vainqueur la ligne d'arrivée.


    Dans la raquette d'arrivée, un autre Français avait le sourire : Laurent Bois-Vives, qui avait racheté 4 ans plus tôt l'usine moribonde de skis Rossignol, venait de réussir son pari. L'introduction en compétition des Allais 60, skis métalliques à noyau de bois, était un succès total. C'est avec cette marque de skis que le grand favori de l'épreuve de descente, Adrien Duvillard, venait tout juste de remporter les deux épreuves majeures de janvier 1960 : l'Emile-Allais à Megève et le doublé descente-slalom du Hahnenkamm à Kitzbühel. Mais à Squaw Valley, une lourde chute à mi-parcours le priva de l'or olympique, alors qu'il avait deux secondes d'avance. Un autre Français équipé des Allais 60, Guy Périllat, termina à la troisième place.

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    Jean Vuarnet juste après sa victoire, avec l'entraîneur de l'équipe de France, Honoré Bonnet.


    Les skis métalliques avaient été inventés en 1950 par l’Américain Howard Head, qui avait lancé leur production après avoir présenté ses prototypes à une délégation de moniteurs de différentes nations, rassemblés à Sun Valley, en 1950. Emile Allais s'était montré convaincu par le concept, mais ses collègues suisses et autrichiens qui assistaient à la même présentation n'avaient pas cru dans le potentiel de cette invention. La compagnie Head vendra des milliers de paires au grand public, mais ne parviendra jamais à imposer ses skis métalliques en compétition. A son retour en Europe, Emile Allais reprendra le concept à son compte. En collaboration avec Laurent Bois-Vives, repreneur des skis Rossignol, il lancera les Allais 60 qui équiperont 3 grands descendeurs français à Squaw Valley : Adrien Duvillard, Guy Périllat et Jean Vuarnet.

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    Jean Vuarnet avec ses Allais sur l'épaule.


    Les skis métalliques, qu'aucun autre fabricant n'avait introduits en compétition, assurèrent définitivement la pérennité financière de Rossignol.

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    Démonstration de force pour les skis métalliques Allais 60.



    23 février 1960

    Journée des femmes : A Little Papoose , les filles s’élancent pour le géant. L’Américaine Penny Pitou, déjà malchanceuse dans la descente, termine à la deuxième place derrière la Suissesse Yvonne Rüegg.

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    Piste de géant dames.


    Sur la glace, les dames disputent le 3000 m, tandis que sous le toit de la patinoire, l’épreuve de patinage artistique voit la victoire de l’Américaine Carol Heiss.



    24 février 1960

    Le slalom hommes se dispute sur le bas du stade du KT-22, accessible par un TKD Poma (aujourd’hui transformé en TSF4 Exhibition). Alors que l’on attendait Karl Schranz, c’est un autre skieur de l’équipe d’Autriche qui l’emporte : Ernst Hinterseer et qui sauve l’honneur de l’équipe d’Autriche. Le Chamoniard Charles Bozon emporte la médaille de bronze.

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    Charles Bozon dans le slalom.



    25 février 1960

    Journée soviétique avec les épreuves du 5000 mètres sur l’anneau de vitesse, avec la médaille d’or pour le Soviétique Viktor Kosichkin, et du relais 4 x 10 km nordique remporté par les Finlandais devant les Norvégiens et les Soviétiques pourtant grands favoris.



    26 février 1960

    Alors que dans la vallée se déroulent les épreuves de relais 3 x 5 km nordique femmes et le patinage artistique hommes, le slalom dames est organisé sur le bas de Little Papoose, sous ce qui est actuellement le TSD6 Far East Express. La Canadienne Anne Heggtveit devient championne olympique, reléguant l’Américaine Betsy Snite sur le deuxième marche du podium et privant l’équipe de ski alpin américaine de toute médaille d’or.

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    Bas de la piste de slalom dames.



    27 février 1960

    Le 10 000 mètres termine les épreuves de glace, tandis qu’à McKinney Creek le 50 km cross-country est la dernière épreuve de fond disputée, avec un doublé finlandais.

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    Epreuves de glace dans la patinoire en configuration fermée.



    28 février 1960

    CBS retransmet en direct les épreuves de saut et la cérémonie de clôture préparée par Walt Disney, mettant un point final à cette olympiade.

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    Cérémonie de clôture depuis la patinoire, cette fois-ci en configuration ouverte sur l’anneau de vitesse et la flamme olympique.




    3.3 Les jeux publicitaires

    Nos contemporains oublient souvent que l’irruption de la publicité dans le monde de l’olympisme n’est pas récente. La petite galerie suivante est là pour le rappeler. Voici un aperçu des marques associées aux Jeux de Squaw Valley.

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    Les marques américaines sont naturellement présentes : une marque de soda est associée au curling...


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    … une autre vient soigner les douleurs des skieurs. Les blessures, chutes, foulures sont nombreuses avec le matériel de l’époque...


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    … les savonniers, annonceurs historiques qui ont laissé à la télévision américaine l’expression « soap opera », mettent en avant le savon officiel des Jeux…


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    Mais les entreprises européennes ont investi elles aussi le terrain de l’olympisme. La compagnie aérienne italienne tente de drainer la clientèle américaine vers les stations des Dolomites et les Jeux de Rome l’été suivant...


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    … tandis qu’une entreprise néerlandaise cherche à vendre ses rasoirs…


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    … les Suisses arrivent avec leur chocolat et leur café et jouent la carte des Alpes...


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    …et fournissent une partie des athlètes...


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    … et enfin les Français avec Renault qui obtient le privilège de fournir la voiture officielle des Jeux : la Dauphine.




    4. L’après J.O.


    4.1 Des infrastructures précieuses en héritage

    Les JO ont donné un coup d’accélérateur à l’aménagement de la région. Héritant de la mise à 4 voies de la route 40 et de la construction de l’aéroport de Reno, la station gagne en accessibilité. L’Etat de Californie récupère son investissement dans la station, en gardant la propriété des remontées mécaniques construites tout en concédant leur exploitation à Cushing. Le site devient Parc d’Etat (State Park). Le village olympique et les bâtiments administratifs sont reconvertis, tandis que les équipements purement sportifs comme le tremplin de saut et la patinoire sont maintenus quelques années.

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    La vasque olympique et le podium ont été déplacés à l’entrée de la station.


    Les Jeux Olympiques avaient laissé à la station 3 remontées nouvelles, quelques commerces et restaurants, mais peu d’hébergements supplémentaires. Squaw Valley restait principalement une destination à la journée pour une clientèle se logeant dans les villes autour du Lac Tahoe.

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    Plaque commémorative des JO, rappelant au passage que le domaine de Squaw Valley est devenu Parc d’Etat après les Jeux.




    4.2 L'ouverture de nouveaux espaces : Gold Coast, High Camp

    Alec Cushing, resté à la tête d’une station pesant désormais 15 millions de dollars, ne souhaite pas se contenter de l’héritage olympique. Pas persuadé que la notoriété acquise par la station perdurera longtemps après les J.O., il échafaude dans les années 60 une cascade de projets d’extension pour sa station.

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    Famille Cushing au sommet du TSF2 Squaw One.


    La priorité de l’après-JO est l’extension du domaine skiable. La démocratisation du ski et la renommée acquise lors des Jeux Olympiques vont attirer à Squaw Valley des skieurs débutants. Mais Squaw Valley leur propose surtout des pistes aux pentes marquées, et relativement peu d’espaces d’entraînement. Alec Cushing souhaite donc ouvrir au plus vite un véritable front de neige d’altitude avec des champs de ski accessibles au plus grand nombre, sur le plateau de Gold Coast, sous le Squaw Peak. Alec Cushing souhaite relier ce front de neige d’altitude à la vallée par une télécabine, permettant un retour des skieurs débutants à la descente.

    C’est PHB, juste avant sa fusion avec Hall, qui fournira cette télécabine. Sur le chantier de construction, en 1963, Alec Cushing remarque les solides connaissances techniques d’un chef monteur allemand, Hans Burkhart. Il l’embauchera après la livraison de l’appareil, pour organiser la maintenance de la télécabine, mais aussi pour participer à la construction des appareils suivants. Ainsi, c’est conjointement que Cushing et Burkhart élaboreront en 1968 le projet de téléphérique desservant High Camp, d’une capacité encore jamais atteinte en Amérique du Nord.

    Des infrastructures d’accueil viennent se greffer au sommet de la télécabine, créant ainsi un second front de neige, sans hébergement toutefois.

    Au cours de la décennie 70, la clientèle se diversifie. Certains skieurs extrêmes locaux comme Eric Poulsen, fils du co-fondateur de Squaw Valley, ou Steve McKinney expérimentent de nouvelles formes de glisse dans des terrains toujours plus accidentés. Leurs exploits, tels que le record du monde de vitesse à 200 km/h établi par Steve McKinney, contribuent à populariser les pentes exigeantes de Squaw Valley auprès d’une clientèle nouvelle avide de sensations fortes.

    Au cours de la même décennie, l’Etat de Californie cède le parc qu’il avait constitué après le J.O. Alec Cushing récupère la maîtrise foncière de la station, ce qui lui permet de monter plus facilement de nouveaux projets de développement du domaine et des infrastructures d’accueil.

    Le complexe du Gold Coast est rénové en 1984 pour 2,4 millions de dollars. La TC PHB est remplacée par un appareil fourni par Yan, démonté deux ans après en raison de sa fiabilité insuffisante. Poma fournit alors une TCD6 à doubles pinces TB. Le premier TSD4 est implanté en 1985, tandis que le réseau d’enneigement artificiel se développe de 1986 à 1992, pour un investissement de 8 millions de dollars.

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    Extensions autour de la G2 de High Camp, avec de nouvelles infrastructures touristiques.


    L’accent n’est pas mis que sur les remontées mécaniques, mais aussi sur les infrastructures d’accueil. De 1989 à 1994, Squaw Valley investit 15 millions de dollars dans la rénovation de High Camp soit le coût total de l’équipement des Jeux Olympiques trente ans auparavant. La G2 du téléphérique est certes rénovée, mais la priorité est ailleurs : l’exploitant veut diversifier son offre de loisirs, et implante à côté de la G2 une patinoire olympique en plein air, une piscine, des courts de tennis, un site de saut à l’élastique, des terrasses et des restaurants. La piste de retour à Squaw Valley, la Mountain Run est équipée intégralement d'un éclairage pour le ski nocturne.

    La station s'étend avec l'ouverture des hébergements de Squaw Creek en 1990, à l'entrée de la vallée, reliés au domaine skiable par le TSF3 Squaw Creek qui dessert quelques pistes nouvelles.


    4.3 Vers l’après-Cushing

    Cushing cède officiellement la présidence de la Ski Corp. à sa femme Nancy en 1994, mais continue à diriger la compagnie.

    Les investissements lourds dans les remontées reprennent en 1998 avec l'ouverture du premier Funitel d'Amérique du Nord pour Gold Coast qui vient remplacer la TCD6 Poma, suivie l'année suivante de l'implantation de 2 TSD6, l'un sur Headwall, et le second sur Gold Coast.

    L'ouverture de nouvelles résidences à l'entrée de la station dans le quartier de Far East en 2000 est l'occasion de remplacer le TSF2 historique de Little Papoose par le TSD6 Far East Express.

    Alors que la Squaw Valley Ski Corp. de Cushing avait toujours souhaité garder la maîtrise foncière, la construction de nouveaux logements en 2001 et 2003 est confié à un tiers : le canadien Intrawest.

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    Alec Cushing en 2004.


    Alec Cushing s'éteint le 20 août 2006, à l'âge de 92 ans, après être resté directement ou indirectement à la tête de Squaw Valley pendant presque 57 ans.

    Après sa mort, les investissements continuent sous la direction de sa femme Nancy : la station ouvre le TSD6 Shirley Lake en 2008.

    Mais des divergences apparaissent entre les filles Cushing et leur mère sur la stratégie de développement de la station. De plus, Squaw Valley reste la seule station de la côte ouest à être toujours détenue par la famille fondatrice, alors que toutes ses concurrentes sont intégrées ou adossées à des groupes plus solides. C’est pourquoi la famille Cushing décide de se retirer définitivement de la station en cédant ses parts au fonds d’investissement KSL Capital Partners, spécialisé dans l’immobilier et le tourisme. KSL apporte la solidité financière permettant d’investir 50 millions de dollars en 2 ans sur le domaine, pour développer les secteurs débutants et moyens. Par ailleurs, le nouveau propriétaire souhaite relier à long terme la station d’Alpine Meadows.



    5. Historique des principales remontées


    5.1 Secteur Squaw Peak : TSF2 Squaw Peak One et Télésiège à va-et-vient « JigBack »

    > TSF2 Squaw Peak One (1949)

    Artère historique de Squaw Valley, c’est l’un des premiers TSF2 implantés sur le continent américain. C’est le seul téléporté à être inauguré en même temps que le station, le 24 novembre 1949.

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    Pied des pistes – TSF2 Squaw One (gravure).


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    G1 devant le Lodge de Squaw Valley.


    L’appareil était largement surdimensionné aux débuts de l’exploitation. Son débit de 600 personnes/h était particulièrement élevé au regard de la capacité hôtelière encore limitée et de la fréquentation modeste de la station avant les J.O.

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    Premiers pylônes de ligne devant le Lodge.


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    Partie inférieure de la ligne du TSF2 Squaw One.


    Avec ses 2500 mètres, ce TSF2 était l’un des plus longs d’Amérique du Nord. Il franchissait 610 mètres de dénivelé depuis le pied de vallée jusqu’à la G2 sous leSquaw Peak.

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    Jean Vuarnet devant un pylône du TSF2 Squaw One.


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    Ligne empruntée à la descente pour la brochure publicitaire.


    Son tracé fut déterminé en grande partie par Emile Allais, qui avait découvert le site vierge au printemps 1949. Après une ascension en peau de phoques jusqu’au Squaw Peak, le champion français fut convaincu du potentiel touristique de la future station, mais les vents violents qui pouvaient balayer le sommet le découragèrent d’amener le TSF2 jusqu’au sommet du Squaw Peak, malgré le panorama spectaculaire sur le Lac Tahoe. Emile Allais conseilla donc aux ingénieurs de l’entreprise de Bob Heron d’implanter la G2 bien à l’abri, en pleine pente, quelques centaines de mètres sous le sommet.

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    Partie supérieure du tracé.


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    Partie supérieure du tracé et G2 à flanc de coteau. On aperçoit la ligne du TSF2 à va-et-vient qui permet de gagner le sommet.


    Les conditions météorologiques défavorables au sommet imposent parfois de faire dormir un employé en G2, pour qu’il déneige et dégivre l’installation avant l’ouverture matinale. En particulier, la poulie retour et son lorry placés à flanc de colline étaient parfois recouverts par la neige.

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    G2 en pleine pente.


    L’année 1952 fut la plus enneigée de l’histoire de Squaw Valley. Les précipitations déversèrent 20 mètres de hauteur cumulée, tandis que l’enneigement au sommet de Headwall pouvait atteindre 8 mètres.

    Un employé laissa la vie cette année-là. Joe Carson était resté cloîtré dans la cabane en G2 pendant 3 journées au cours desquelles les conditions météorologiques empêchaient l’ouverture du TSF2. Alors que d’impressionnantes avalanches s’abattaient sur les pentes autour de lui, il décida de regagner Squaw Valley, persuadé de n’être plus en sécurité en G2. Il n’atteignit jamais la G1. En pleine tempête, les opérations de recherche furent interrompues par la nuit, au cours de laquelle une forte avalanche emporta 3 pylônes autour du P16 et fit dérailler le câble.

    Sur cette ligne est implanté aujourd’hui le TSD6 Squaw Peak Express.


    > TSF2 bicâble à va et vient Toonerville Trolley, dit « JigBack » ou « corde à linge » (1952)

    Le TSF2 Squaw Peak One déposait les skieurs en pleine pente, à plus d’une centaine de mètres sous le sommet. L’accès à la crête, aujourd’hui Headwall se faisait sans moyen mécanique jusqu’à la construction d’un appareil rudimentaire : un télésiège bicâble à va-et-vient assurant la navette jusqu’à l’arête. Construit à l’été 1952, il fut dénommé officiellement « jig-back » (va et vient), mais rapidement surnommé « la corde à linge » en raison des trains de sièges suspendus latéralement comme des vêtements en train de sécher... Il fut ouvert à un public de skieurs avertis de 1952 à 1960, puis réservé aux pisteurs artificiers, avant d'être arrêté définitivement en 1969 et démonté en 1976.

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    Ancien télésiège bicâble à va-et-vient.


    En l'absence de ligne électrique, il était animé par un diesel de 60 CV, couplé à une boite de vitesses permettant d'inverser le sens de fonctionnement. Il permettait d'emmener jusqu'à 24 clients sur chaque train de 12 sièges biplaces, à la vitesse maximale de 4 m/s. La courte ligne de 350 mètres permettait de racheter 160 mètres de dénivelé. Le débit maximal avoisinait 300 personnes/h. A une trentaine de mètres de l'arrivée, un pylône en bois redressait la ligne alors que le paysage du lac Tahoe apparaissait aux yeux des clients.

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    Le JigBack juste avant l'arrivée.


    L’appareil n’a pas été remplacé. Néanmoins, l’accès à la crête est encore possible par l’actuel TSD6 Headwall Express, qui emprunte un tracé totalement différent et bien plus long que l’installation historique.


    5.2 Secteur Gold Coast/High Camp


    > Vers Gold Coast :

    Immédiatement après les Jeux, Cushing lance le programme d’équipement du plateau de Gold Coast, relié à la station par une TCD PHB/Hall. Le front de neige d’altitude offre des pistes très prisées des débutants et des skieurs moyens. Pour faire face à l’augmentation de la fréquentation, la TCD4 est remplacée en 1984 par une télécabine Yan qui connaît de nombreux problèmes techniques. Deux ans après, elle est remplacée par une TCD6 Poma à doubles pinces TB mais à cabines CWA.

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    TCD 6 Poma qui a remplacé la TCD4 PHB/Hall.


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    G2 de la TCD 6 Poma sur le plateau de Gold Coast.


    Autour de Gold Coast, des TSF2 Poma et Yan viennent desservir des secteurs faciles et ensoleillés, très prisés des débutants.

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    TSF2 Yan dans le secteur Gold Coast.


    Au fil des années, Squaw Valley s’est ainsi développée sur deux fronts de neige distincts : la vallée, où se concentrent les hébergements et le pied des pistes historiques et techniques d’une part, et le secteur d’altitude sans hébergements, avec la majorité des équipements destinés aux débutants et aux non skieurs.

    Ces deux secteurs étaient reliés jusqu’en 1998 par la TCD6 Poma, le TPH Garaventa de High Camp, et le TSD4 Poma du Squaw Peak One. Ces appareils posaient des problèmes d’exploitation dans deux situations particulières :
    - l’évacuation des skieurs à la descente générait des files d’attente, quand le retour skis aux pieds à Squaw Valley n’était plus possible, en fin de saison notamment ;
    - le climat difficile de la chaîne côtière immobilisait parfois les appareils lorsque les bourrasques de vent se levaient, en moyenne 40 jours par an.

    Après avoir hésité à construire un funiculaire, Squaw Valley a finalement retenu un Funitel pour assurer la liaison entre le vallée et Gold Coast : cet appareil présente une moins bonne résistance aux vents qu’un funiculaire, mais assure un meilleur débit, ce qui garantit une évacuation rapide des clients en fin de journée.

    La construction du Funitel débute à la fin de l’hiver 1998 par les travaux de la G1, située à proximité de la TCD6 qui fonctionne encore. En G2, les travaux débutent le 15 mai 1998 alors que le site est encore recouvert par près de 4 mètres de neige. Quant aux 10 pylônes de ligne, ils sont implantés sur un tracé difficile au milieu des rochers.

    Pour assurer une ouverture de l’appareil le 19 décembre, le chantier s’achève en moins de 7 mois, grâce aux équipes organisées en 2x8, 7 jours sur 7. Le coût total de l’appareil avoisine les 19 millions de dollars.

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    G1 du Funitel en construction.


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    G2 du Funitel en construction.


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    Ligne en construction dans un terrain difficile.



    > Vers High Camp :

    Ouvert en 1968, ce TPH Garaventa fait la navette entre la vallée et le front de neige d’altitude. Le déraillement d’un des deux porteurs le 15 avril 1978, jour de grand vent, coupa le toit d’une cabine provoquant la mort de 4 clients. Cet accident a fortement marqué Squaw Valley : c’est une des nombreuses raisons qui ont conduit l’exploitant à se tourner vers un Funitel lors du remplacement de la TCD6 Poma, afin de garantir l’exploitation par grand vent.

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    Téléphérique High Camp dans sa configuration d’origine.


    La G2 du téléphérique fut modernisée et agrandie à l’occasion de la construction d’un complexe de loisirs au sommet, entre 1989 et 1994. Elle reçut notamment une structure métallique au-dessus des quais. En 1998 , la dernière rénovation en date fut marquée notamment par le remplacement des 2 cabines par le modèle actuel.

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    Téléphérique dans sa configuration d'origine.



    5.3 Secteur KT-22


    > TKD1 Poma, dit « Soucoupe Volante » (1954)

    Troisième remontée à être construite sur la station, après le TSF2 Squaw Peak One et le TSF2 bicâble, ce TKD1 équipait un secteur encore vierge avant 1954. Cushing avait commandé un TKD1 à Poma, permettant d'atteindre la mi-pente du KT-22, précisément 275 mètres en amont de la vallée. Les skieurs parcouraient la ligne de 850 mètres à une vitesse d'un peu plus de 4 m/s, ce qui en faisait l'appareil le plus rapide de la station.

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    Piste de slalom hommes devant le TKD Poma « KT-22 ».


    Les TKD1, encore peu répandus outre-Atlantique, suscitaient la curiosité. Avec sa vitesse élevée et ses étranges sellettes en forme de soucoupe, cet appareil fut rapidement surnommé « la soucoupe volante ».

    Il fut démonté en 1963 et revendu à la petite station californienne de Johnsville.


    > TSF2 KT-22

    L’Américain Heron avait livré peu avant les Jeux ce TSF2 au tracé spectaculaire, reliant le front de neige à l’un des principaux sommets surplombant Squaw Valley : KT-22. Au terme d’un parcours de 1520 mètres, il déposait les skieurs sur KT-22, 560 mètres au-dessus de la vallée.

    Dans les années 40, ce sommet encore vierge avait été gravi en skis par la femme de Wayne Poulsen, le pionnier de Squaw Valley. En souvenir des 22 conversions (kickturns en anglais) qu’elle dut effectuer lors de l’ascension, Poulsen baptisa ce sommet « KT-22 ».

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    Piste de géant hommes sous le TSF2 KT-22.


    Lors des premières saisons d’exploitation empreintes d’amateurisme, la sécurisation des fortes pentes sous KT-22 s’effectuait par un lâcher de dynamite depuis le TSF2. Cette pratique fut abandonnée après qu’une panne mécanique eut bloqué le siège de l’artificier à la verticale de la charge qu’il avait larguée.

    Aujourd’hui, le TS KT-22 Express remplace le TSF2 d’origine. La piste partant sous la G2 actuelle, appelée « GS Bowl », était celle du géant hommes sur laquelle le Suisse Roger Staub s’imposa. Dans le bas du parcours était tracé le stade de slalom hommes, théâtre de la victoire de l’Autrichien Ernst Hinterseer.


    > TSF2 Little KT-22

    Au pied de la pente était installé un TSF2 Poma livré peu après les Jeux. Il cohabita quelques années avec le TKD1 avant que ce dernier ne soit démonté.

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    TSF2 Poma Little KT-22 au premier plan.



    > TSF2 Olympic Lady

    La piste partant du sommet était la descente dames, mais le TSF2 n’existait pas encore lors des Jeux Olympiques.


    5.4 Secteur Little Papoose

    Sur le tracé de l’actuel TSF3 Red Dog, Riblet avait livré un TSF2 de 991 mètres de long et 366 mètres de dénivelée pour les Jeux Olympiques. Il portait à l’époque le nom de « Papoose Peak », et desservait deux pistes olympiques : le géant dames sur toute la dénivelée, et le slalom dames sur le bas du parcours. Les 2 américaines favorites (Penny Pitou en géant et Betsy Snite en slalom) échoueront de peu devant leur public et remporteront chacune une médaille d’argent.

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    G1 et début de ligne du TSF2 Papoose, non loin de l'anneau de glace et du podium olympique. Le tremplin est sur la gauche.


    Quelques centaines de mètres en amont de la G1, Riblet avait installé une estacade de débarquement qui permettait aux sauteurs, spectateurs ou juges de gagner le sommet du tremplin olympique situé à proximité.

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    Vue de la ligne du TSF2 Papoose en amont du débarquement intermédiaire.


    Au pied du secteur, Poma avait installé un autre petit TKD pour desservir les pistes débutants.




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    Pour plus d’information : http://www.squaw.com/

    Les photos ont été prises les 03 & 04 mars 2011





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