Il y a 30 ans, le parc français connaissait trois accidents majeurs, parfois meurtriers, qui furent à l'origine d'un changement important de la réglementation :

- le 27 décembre 1986, une tête de pylône du Télésorres, la télécabine à va-et-vient de la station des Orres, se rompit au niveau d'un assemblage par collerettes soudées et boulonnées. L'accident fit 36 blessés.

- le 1er mars 1987, le massif de fondation en béton armé qui supportait la station retour fixe du télésiège de la Caperette à Luz-Ardiden céda et mit la ligne chargée à terre. L'accident, qui fit 6 morts et 25 blessés graves, était dû à la mauvaise qualité du béton, non conforme au plan de ferraillage.

- dans la nuit du 3 au 4 mars 1987, un autre massif d'ancrage en béton armé soutenant la station retour tension du télésiège fixe de Combelouvière à Valmorel rompit et mit la ligne heureusement vide à terre.

Le Ministère des Transports ordonna un contrôle systématique de tous les téléportés monocâbles : télécabines pulsées, à va-et-vient ou débrayables, ainsi que les télésièges, avant le démarrage de la saison d'hiver 1987. Les exploitants durent faire vérifier par le constructeur, le maître d'oeuvre et un bureau études spécialisé :
- l'adaptation des ouvrages de ligne à la charge, en tenant compte des phénomènes de fatigue,
- la conception des massifs reprenant la tension du câble,
- les plans relatifs au génie civil et aux ouvrages,
- et au besoin des contrôles directement sur les ouvrages comme les assemblages métalliques.

Cette série d'accidents, ainsi que la catastrophe de Vaujany en 1989, furent à l'origine d'une refonte de la réglementation relative à la conception et à la construction des remontées, avec la parution de l'instruction du 17 mai 1989 qui fixe les règles applicables aux constituants de sécurité et rend les missions de maîtrise d'oeuvre obligatoires et indépendantes des constructeurs.


Pour aller plus loin :
- le sujet consacré au Télésorres sur notre forum,
- le reportage sur le TSF4 de la Caperette,
- le reportage consacré au TSD4 de Combelouvière, issu de la transformation du TSF4 après l'accident.