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Reportages : "Au Cœur des remontées mécaniques"



Liste des remontées mécaniques Julliard - Sosatel


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Julliard - Sosatel

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Nationalité : Française
Informations :

Né en 1906, le Mauriennais Gabriel Julliard était un homme ingénieux aux multiples casquettes : autocariste sur la liaison Chambéry-Modane, exploitant des tourbières du lac de Charbonnière, ou même de charbon de bois, il était également un pionnier du téléski et le concepteur du télébenne.

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Gabriel Julliard (DR)


Si l'on met de côté le PLM, qui chercha à équiper en remonte-pente ses propres sites dès le printemps 1935, Julliard fut le premier français à véritablement se lancer dans la conception et l'installation de téléskis. Son premier équipement fût achevé fin 1935 au col de Plainpalais*, dans les environs de la Feclaz (Savoie) quelques mois même avant celui de Jean Pomagalski à l'Alpe-d'Huez ou de Charles Rossat au Col de Porte qui n'entrèrent en service "qu'en" février 1936*.

Le téléski du col de Plainpalais compte donc parmi les quatre premiers de France (avec les remonte-pentes du PLM du Mont Revard et de Combloux, et ceux, système Bleichert, de Megève et du Sauze - ce dernier employait cependant des luges).

L'appareil s'avéra peu fiable mais Juillard persévéra. Il déposa dès février 1936, avec Charles-Henri Royer, un brevet de suspente à contrepoids permettant la remontée automatique des agrès en hauteur. Les bonnes relations qu'il avait tisées de la Savoie au Jura lui permirent de livrer cette année 1936 et pas moins de cinq téléskis : à La Feclaz, Val d'Isère, Valloire, Lelex et Tignes * * !

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Téléski Julliard à La Feclaz (Collection Laurent Berne)


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Téléski Julliard à Val-d'Isère (Collection Laurent Berne)


Julliard a employé sur certains de ses téléskis un système de traction par ceinture*. Avec son ticket de montée, le skieur recevait ainsi une ceinture dont la fermeture était assurée par le skieur qui tenait d'une main une poignée de sécurité (permettant l'ouverture en cas de chute).

Il réalisa plusieurs autres téléskis aux débuts des années 1940 à Valloire, sur le plateau de Thimel, mais aussi à La Clusaz. Ces appareils de conception artisanale se caractérisaient par leurs pylônes à deux poutres (en bois ou métal) assemblées en A dans le sens de la ligne.

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Téléski Julliard à La Clusaz (Collection Laurent Berne)


Mais la seconde guerre mondiale stoppa ses activités et Gabriel Julliard fut déporté à Mauthausen en mars 1944. A son retour en juillet 1945, il dut repartir de zéro.

Gabriel Julliard travaillât dès 1946 avec André Rebuffel sur le projet du Catérail : un appareil avec des cabines automotrices circulant sur un câble aérien, dans le but d’obtenir un débit théorique plus important. L'engin reprenait le principe d'un pont haubané où l'on avait remplacé le tablier par le câble. En cela, il s'inspirait du transbordeur aérien du Devil's Dyke vers Brighton (Angleterre) construit en 1894 par William Brewer.

Un essai de 800 mètres fut financé aux Tovets à Courchevel par le Sous-Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports. La gare inférieure fut réalisée en janvier 1947. L’installation des deux imposants pylônes et de la caténaire durèrent toute une année. Finalement, le projet fut abandonné au printemps 1948 à la suite d'un accident.

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Le prototype de Catérail à Courchevel (DR)


Mais Gabriel Julliard est surtout connu pour avoir développé le télébenne : une remontée monocâble à mouvement continu équipé de véhicules légers "ouverts" et non débrayables (l'on monte et descend en marche) où l'on voyage debout. Au sortir de la Seconde guerre mondiale, ce type d'appareil offrait l'avantage de rester relativement peu coûteux tout en permettant de s'affranchir de la réalisation d'une piste de montée au sol comme pour les téléskis. Il installa son premier exemplaire à Valloire sur les pentes de la Setaz en 1947. Officiellement inauguré en février 1948, l'appareil marqua les débuts de l'exploitation des téléportés monocâbles pour voyageurs en France.

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Premier télébenne Julliard : la Setaz à Valloire (Collection Valloire++)


D'abord équipé de rustiques portiques en bois, le télébenne de la Setaz fut ensuite amélioré avec des pylônes métalliques standardisés grâce à une collaboration tissée par Julliard avec Jean-Marie Clerc-Renaud, dont la métallerie chaudronnerie d'Aix-les-Bains était à même de produire tous les ensembles métalliques de ses télébennes. Ce partenariat allait désormais se poursuivre sur ses autres réalisations.

Sur les conseils de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Roger Laurent (futur fondeur de la Sacmi), Gabriel Julliard créa dans les années 1940 la société Sosatel, ou Société Savoyarde de Téléskis (qui deviendra la Société Savoyarde de Télébennes dans les années 1950), pour officialiser la commercialisation de ses engins.

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Publicité Sosatel de 1949 (Coll Laurent Berne)


Cependant, le télébenne commençait à passer de mode et c'était désormais la télécabine qui remportait les suffrages auprès des exploitants. Mais Julliard avait du flair. Il sollicita, avec son partenaire Jean-Marie Clerc-Renaud, Roger Laurent pour l'élaboration d'un modèle de télécabine biplace débrayable. Pour ce projet, Laurent conçut donc en 1954 une pince gravitaire avec une disposition de chariot à 4 galets type Shields courante à l'époque (chez Breco, Von Roll, Giovanola) : la pince RYL54.

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Pince RYL54 (DR)


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La cabine biplace Clerc-Renaud à pince RYL54 (Collection Laurent Berne - Droits Réservés)


Gabriel Julliard mourut accidentellement en 1954 lors d'une chasse au chamois dans le massif du Galibier. Les établissements Clerc-Renaud reprirent alors directement à leur compte la commercialisation des télébennes, et, dans la foulée, celle des télécabines à pince RYL54 ; sans grand succès cependant.

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Publicité Clerc-Renaud : télébennes et télécabines débrayables (Collection Laurent Berne - Droits Réservés)


Roger Laurent fit quant à lui évoluer sa pince RYL en 1956 en abandonnant le chariot à 2x2 galets et en renforçant le serrage par un ressort en compression emprisonné dans un carter (préfiguration de la pince S). Laurent s'associa cette fois à la société savoyarde Sarrasola. Ils réalisèrent ensemble à compter de 1957 la télécabine biplace des Tovets à Courchevel, puis la transformation de la ligne de télébenne des Verdons en 1961. A compter de 1963 c'est Applevage qui commercialisa les télécabines à pince RYL (télécabine biplace de Bonascre, à Ax-les-Thermes dans les Pyrénées puis celle du Pleney, à Morzine, qui reçut des cabines quadriplaces à double pince RYL).

Pour aller plus loin :
- La fiche consacrée à Clerc-Renaud.
- La fiche Sacmi (la société fondée par Roger Laurent).


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