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 ASC du Vieux-Québec

Québec

Poma

T2 ES
Description rapide :
Les ascenseurs inclinés du Vieux-Québec sont des appareils touristiques reliant le quartier Petit Champlain à la terrasse Dufferin. Ils constituent l'un des symboles de la ville. Avant de devenir des appareils touristiques, ces installations ont eu une réelle utilité de transport urbain. Découvrez la en lisant ce reportage.

Année de construction : 1997

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Auteur de cette partie : Clément05
Section écrite le 27/06/2022 et mise à jour le 27/07/2022
(Mise en cache le 02/08/2022)

Bonjour, je vous présente un reportage sur les…

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Au sommaire :


  • Québec
  • Des ascenseurs inclinés devenus l’un des symboles du Vieux-Québec
  • La rénovation de 1977 : de transport en commun à appareils touristiques
  • Caractéristiques
  • Les gares aval
  • Les lignes
  • Les gares amont
  • Véhicules
  • Autres vues
  • Conclusion


Québec

Québec est la capitale provinciale du Québec. Elle est située dans la région de la Capitale Nationale qui se trouve entre la Mauricie à l’ouest (Trois-Rivières), le Saguenay-Lac-Saint-Jean au nord (Saguenay), la Côte Nord au nord-ouest (Sept-Îles), Chaudière-Appalaches (Lévis) et le Centre-du-Québec (Drummondville) au sud. En rive nord du fleuve Saint-Laurent, la ville de Québec constitue le lieu de concentration des pouvoirs politiques de la province. La capitale économique est en effet Montréal, située à 255 kilomètres au sud-ouest. Environ 550 000 personnes habitent dans la commune de Québec (640 000 habitants en comptant l’aire urbaine de Québec et Lévis), celle-ci étant divisée en 6 arrondissements. Au fur et à mesure de son développement, des communes limitrophes se sont créées et ont été absorbées par l’aire urbaine de Québec, fortement marquée par l’usage de la voiture et l’étalement urbain si caractéristique des villes américaines. On peut notamment citer Lévis (rive sud), Sainte-Foy, Stoneham-et-Tewkesubury, Bois Châtel…

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Situation de Québec sur une carte de la partie sud de la Province. © Google Maps

La région de Québec comporte un imposant maillage autoroutier pour une agglomération de sa population. Deux autoroutes (A20 et A40) lient Québec à Montréal tandis qu’une transversale (l’A73) relie Saint-Georges à Stoneham. Elle est prolongée de part et d’autre de ses extrémités par des routes express vers le Maine (Etats-Unis) et Saguenay. Cette autoroute est vitale pour Québec et Lévis car elle est l’unique lien à grand débit entre les deux rives du fleuve grâce au pont Pierre Laporte. Les autoroutes sur l’axe du fleuve sont prolongées d’un côté vers la Côte Nord (Route 138) et vers le Bas-Saint-Laurent puis la Gaspésie (Route 132). Des antennes plus locales des principales autoroutes permettent de desservir plus finement l’aire urbaine de Québec.

Un réseau de transport en commun existe : il est géré par le RTC (Réseau de Transport de la Capitale) et est constitué d’autobus urbains. 6 lignes de Métrobus (bus articulés à haute fréquence et ayant des voies réservées) structurent le réseau en particulier. Ce sont en tout 134 parcours qui sont offerts au travers de la rive nord. En effet, Lévis possède son réseau de transport en commun indépendant de celui de Québec. Actuellement, une ligne de tramway structurante est planifiée afin de fluidifier et rendre plus agréables les déplacements dans le centre-ville. Le transport interurbain existe vers les principales régions du Québec au départ de la gare centrale. Celle-ci est jumelée avec la gare ferroviaire mais cette dernière occupe une place bien moins prépondérante. Le tout est complété par l’aéroport international Jean-Lesage situé au nord-ouest de la ville. Celui-ci offre des dessertes principalement au Canada, aux Etats-Unis, autour du Golfe du Mexique ainsi qu’en France et en Angleterre.

En tant que première ville fondée par les colons européens et capitale de la Nouvelle-France, Québec revêt d’une importance historique de premier plan. La ville comporte un quartier historique, chose rare en Amérique du Nord. Les constructions et l’organisation des XVIIème et XVIIIème siècles ont été conservées, que ce soient les rues, les bâtiments mais aussi les fortifications. Le monument le plus connu de Québec est sans aucun doute le Château Frontenac, édifice bâti par les anglais. Il s’agit d’un hôtel qui servait autrefois pour les voyageurs arrivant par le train transcanadien. Ce chemin de fer traverse le pays d’est en ouest sur plus de 4466 kilomètres. Aujourd’hui, la liaison directe Toronto – Vancouver existe toujours. Il faut compter 4 jours pour relier les deux villes. La pittoresque rue du Petit Champlain complète le tout avec ses maisons typiques et ses commerces. Le Vieux-Québec est globalement l’endroit plébiscité des touristes lors de leur venue, en plus de la chute de Montmorency.

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Le Château Frontenac, la terrasse Dufferin et le fleuve Saint-Laurent depuis les remparts.

Des ascenseurs inclinés devenus l’un des symboles du Vieux-Québec

Les ascenseurs inclinés du Vieux-Québec se situent dans le quartier du même nom. La ville de Québec a été fondée en 1608 par des colons européens dont Samuel de Champlain est le principal. Cette ville est à l’origine de la francophonie en Amérique du Nord et constitue l’une des plus vieilles cités du continent. Le développement se fait en particulier sur un promontoire rocheux en surplomb du fleuve Saint-Laurent : le Cap Diamant. Cet emplacement permettait de contrôler aisément la circulation des navires sur le fleuve et de se défendre facilement en cas d’attaque par la voie maritime. Au XVIIIème siècle, les Français fortifient la ville. A partir de ce moment, une véritable séparation se créée entre le port situé sur les berges du fleuve et la ville en haut du Cap Diamant.

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Les fortifications de Québec avant l’installation des ascenseurs inclinés. Archives BAnQ.

Plusieurs accès sont aménagés afin de connecter la basse et la haute ville : la Côte de la Montagne est le plus fréquenté d’entre eux. Il s’agit d’un chemin pavé aménagé en 1623 par Samuel de Champlain. Celui-ci aboutit à la Porte Prescott. D’autres côtes (Canoterie et du Palais) sont ensuite construites pour lier les deux étages de la ville. L’escalier Champlain (renommé Casse-Cou depuis) est ensuite ouvert pour offrir un raccourci entre la rue De Meulles et la Côte de la Montagne. Mais la liaison entre les deux secteurs de Québec demeure difficile, notamment lorsque le sol est glissant. Les voitures ont du mal à monter ainsi que les marchandises.
C’est ainsi que William Griffith fait construire les premiers ascenseurs inclinés entre ces deux points en 1879. Non sans mal, les ascenseurs inclinés sont mis en fonction le 17 novembre 1879. De nombreux problèmes sont en effet survenus lorsque Griffith a voulu percer le plancher de la terrasse Dufferin : l’affaire a été portée jusqu’au gouvernement fédéral afin de trouver une solution. Un compromis a été trouvé : un tunnel passe sous la terrasse pour donner accès à la rue Sainte-Anne et un escalier au bord des remparts permet d’accéder à la terrasse.

Les cabines sont mises en mouvement grâce à un système de contrepoids à eau. Lorsqu’une personne embarque en aval, une pompe manuelle est actionnée pour acheminer l’eau dans le contrepoids. Lorsque la masse d’eau dépasse celle du véhicule, celui-ci est naturellement tracté par la gravité. Un agent de freinage est nécessaire pour assurer une arrivée en sécurité en gare amont. L’installation permet de transporter facilement les personnes et les marchandises du port vers les habitations situées en hauteur. Le départ se trouve au plus proche de la falaise, légèrement en amont du port, à l’intersection des rues Sous-le-Fort et Champlain (au niveau de la maison de Louis Jolliet). Les ascenseurs inclinés aboutissent sous la terrasse Dufferin, contre les remparts de la ville haute. Cet emplacement permet de transiter vers les commerces et les habitations facilement et presque sans dénivelé à franchir. Notons que le Château Frontenac n’était alors pas construit. Ce dernier a été construit en 1893 lorsque les Britanniques dominaient le Canada.
L’un des défis était l’inclinaison des voies : celle-ci s’établit à 45° afin de gravir la falaise. Cette inclinaison suscitait de nombreuses interrogations quant à la capacité de l’ascenseur à gravir la pente. A l’origine, les ascenseurs inclinés étaient installés dans une cage en bois munie d’ouvertures. Cela avait pour but de les protéger des conditions météorologiques qui pouvaient être rudes (neige, froid, vent, gel, glace).
Voici des images des installations à l’époque :

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Vue lointaine sur la terrasse Dufferin en 1881. On aperçoit la cage des ascenseurs à gauche, en direction des bateaux amarrés dans le port. Au centre de l’image, un petit édicule avec une étroite ouverture offre une sortie de l’autre côté de la terrasse. Archives BAnQ.

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Les ascenseurs dans leur cage en bois en 1900. Le Château Frontenac domine le tout. Archives BAnQ.

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La terrasse Dufferin, le Château Frontenac et la cage des ascenseurs à droite. On aperçoit les ouvertures (image de 1898). Archives BAnQ.

Une fois en service, les ascenseurs ont connu un vif succès : grâce au temps de trajet record (50 secondes pour gravir la pente), les habitants ont rapidement adopté ce moyen de transport innovant à l’époque. C’est tout naturellement que d’autres projets ont été étudiés : un au niveau de la Côte de la Montagne et un autre entre le Cul de Sac et la terrasse Dufferin. Ils ne seront jamais réalisés. Un troisième projet entre la Côte de la Montagne et le jardin Montmorency (à ne pas confondre avec le parc de la chute Montmorency) a également été étudié mais sans réalisation concrète.

Alexander Cummings rachète les ascenseurs ainsi que la maison Jolliet pour 1 $ symbolique. A partir de 1906 et durant un an, il va profondément rénover les installations : les cabines seront tractées à l’électricité et il obtient le permis de percer la terrasse Dufferin pour y aménager une sortie. Un édicule de sortie sobre est construit à l’angle nord est de la terrasse afin de gêner le moins possible la vue. Le perçage du sol de la terrasse a toujours été un sujet de discorde dans la ville, tant ce lieu est important pour les habitants.

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La terrasse Dufferin, le Château Frontenac et ses ascenseurs à droite vus depuis Lévis (1907-12). Archives BAnQ

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La cage des ascenseurs depuis les remparts du Château Saint-Louis (sur lesquels est bâtie la terrasse Dufferin). Archives BAnQ

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Vue aérienne sur la vieille-ville de Québec avec ses ascenseurs en bas à droite (1925). Archives BAnQ

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Les ascenseurs depuis la rue Sous le Fort. Archives BAnQ

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La gare amont en bas à droite avec l’édicule (l’actuel n’est pas d’origine). Au premier-plan la statue représente Samuel de Champlain. Archives BAnQ.

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La motorisation électrique de l’un des câbles (1928). Archives BAnQ

L’incendie de 1917 qui a touché les ascenseurs est un coup dur pour la société d’exploitation car les appareils venaient d’être rénovés. Néanmoins, pour 1700 $, la gare amont sera entièrement reconstruite et l’édicule actuel, érigé. Cependant, un second incendie touche les ascenseurs en 1945 et détruit la majorité de la maison Jolliet ainsi que les rails. Tout est à refaire une fois de plus.

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Ce qu’il reste des ascenseurs et de leur cage en bois après l’incendie. CC_BY_NC_ND - Archives BAnQ

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Vue rapprochée de la structure porteuse endommagée. CC_BY_NC_ND – Archives BAnQ

Deux changements de propriétaires plus tard, les ascenseurs sont reconstruits avec l’ancienne machinerie, épargnée par l’incendie. La maison Jolliet est profondément rénovée et tranche avec les habitations plutôt pauvres de la basse-ville. Les deux cabines se trouvent toujours dans une cage mais en tôle cette fois-ci, afin de prévenir les incendies. Des ouvertures munies de fenêtres sont réalisées dans la cage. Dans le détail, les deux cabines sont reliées par plusieurs câbles entraînés par la poulie motrice. Après cette reconstruction, la famille Armstrong se porte acquéreuse de la Terrace Elevator Company en 1964 et assure désormais l’exploitation des ascenseurs. Voici quelques images tels qu’ils sont à cette époque :

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Vue globale depuis les abords du port. On remarque que la voiture a fait son apparition. Archives BAnQ

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Le Château Frontenac depuis le fleuve (les ascenseurs sont à droite). Archives BAnQ

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Vue globale sur les ascenseurs. Au premier-plan on aperçoit le monument construit en l’honneur de Louis Jolliet. DR Georges Driscoll – Archives BAnQ

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L’intérieur de la cage avec les voies et une cabine en mouvement. DR Georges Driscoll – Archives BAnQ

Le quartier Champlain, délabré et avec des habitations insalubres, est profondément rénové pour qu’il prenne son apparence d’aujourd’hui. Entre 1976 et 1984, cette partie de la ville va se transformer : d’un quartier pauvre avec des habitations en décrépitude et livré aux voitures, il va passer à l’un des attraits touristiques majeurs de Québec. La rénovation des bâtiments, des routes et la diminution du trafic automobile au profit des piétons vont faire du bien au quartier. En particulier, le boulevard Champlain et les rues Cul de Sac et Petit Champlain ont fait l’objet d’importants travaux. Des artisans et des commerçants s’installent dans le quartier rajeuni. Néanmoins, les artisans de cette rénovation, Gérard Paris et Jacques de Blois, propriétaires de la compagnie Placement RDP, estiment que le lien avec la ville haute doit aussi être rénové. Suite de l’aventure dans la partie suivante…

La rénovation de 1977 : d’un transport en commun à des appareils touristiques

En 1977 les ascenseurs sont donc entièrement reconstruits. Ils devaient subir un remplacement de matériel important en 1976 pour leurs 30 ans. Pour un montant de 400 000 $ CAN, tout est changé à l’exception des rails et de la structure porteuse. Les firmes Beaudet & Marquis inc. (montage) et Alpin-Otis Cie ltée (conception et fabrication) sont chargées de livrer la nouvelle installation. Il s’agit de deux ascenseurs inclinés panoramiques, sans cage autour, afin d’offrir une belle vue sur le fleuve Saint Laurent et Lévis. Jacques de Blois a été chargé de penser les nouvelles installations ainsi que leur intégration au sein du quartier Champlain rénové ainsi que de la terrasse. Parcs Canada surveille activement le chantier afin de s’assurer qu’aucune partie du patrimoine n’est abîmée. La maison Louis-Jolliet est profondément rénovée pour l’occasion. Les nouvelles installations ouvrent le 24 juin 1978 et participent grandement à augmenter l’attrait touristique du quartier en cours de rénovation. Après la fin du renouvellement des bâtiments et les festivités du 450e anniversaire de la venue de Jacques Cartier au Canada (1984), les ascenseurs sont devenus définitivement des appareils touristiques.

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Les nouveaux ascenseurs inclinés en 1980. Collection privée - DR

Le 12 octobre 1996, un accident est cependant survenu : l’une des deux cabines transportait 16 passagers lorsque les câbles se sont brisés. Le véhicule arrivait en gare aval et les câbles ont cédé à 8 m du débarquement. Sur les seize passagers, deux meurent des suites de leurs blessures et les quatorze autres sont plus ou moins gravement blessés. Les rapports d’enquête de la Régie du bâtiment et du coroner mettent en cause la société Otis qui a conçu les installations : les câbles n’étaient pas galvanisés, ce qui impliquait une résistance à la traction moindre. Le coefficient de sécurité n’était plus dans la norme imposée ce qui a conduit à l’accident. Les freins de sécurité, dits « parachute » et qui ont fait la renommée d’Otis, ne se sont également pas déclenchés. L’état des rails, datant de 1946, est ici en cause.

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Coupure de presse du Soleil en date du 13 octobre 1996.

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Un autre article (Le Devoir) en date du 2 mars 1997. Les rapports d’enquête sont alors parus.

Les travaux de reconstruction ne peuvent cependant pas immédiatement commencer du fait de l’enquête en cours. Un service de taxibus est mis en place pour Noël 1996 ainsi que les mois qui ont suivi. Deux minibus relient la Place d’Armes (ville haute) à la Place Royale (ville basse) pour la période estivale. Les commerçants disent néanmoins subir une perte de fréquentation et de chiffre d’affaires sans les ascenseurs. L’émotion de l’accident passée, ils ont commencé à faire pression sur la ville de Québec et Jean-Guy Armstrong (le propriétaire) pour la réouverture rapide des installations. Otis est désormais associée au français Poma pour son activité d’ascenseurs inclinés. Ainsi, le consortium des deux sociétés est choisi pour la réalisation des nouvelles installations en avril 1997. Après le dépôt et l’approbation des plans par les services gouvernementaux du Québec, les travaux débutent en janvier 1998. Les nouvelles installations ouvrent en avril de la même année, pour le plus grand bonheur des commerçants. Trois câbles retiennent chaque cabine qui est indépendante de l’autre. Les systèmes de freinage sont triplés de sorte à assurer un fonctionnement sécuritaire. A l’image des ascenseurs de Montmartre à Paris (France), on a ainsi deux lignes d’ascenseurs inclinés parallèles et totalement indépendantes.

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Schéma de principe du fonctionnement des nouveaux ascenseurs. La cabine est en orange et le contrepoids en bleu. Les poulies 1 servent à dévier les câbles moteurs. Ces derniers sont mis en mouvement par la poulie 2 qui est reliée à la motorisation.

Ces appareils ont une vocation purement touristique et ne sont pas intégrés au RTC (Réseau de Transport de la Capitale). Aucun accord n’existe avec cette société et le paiement des trajets se fait à l’unité. En 2021, il fallait débourser 3,5 $ pour une course (4 $ en 2022).
Au cours des 62 secondes de trajets, les visiteurs ont une jolie vue sur les toits de la ville basse, le port, le fleuve Saint-Laurent ainsi que la ville de Lévis, située sur la rive sud. Dans la continuité de la visite de la terrasse Dufferin, les installations s’inscrivent parfaitement dans le parcours des touristes pour ensuite visiter le quartier pittoresque du Petit Champlain ainsi que ses nombreuses boutiques. Les escaliers Frontenac et Casse-Cou donnent également accès à la ville basse depuis la terrasse Dufferin pour ceux ne souhaitant pas emprunter les ascenseurs.

Situation sur un plan de la ville :

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Vue globale. En haut à gauche se trouve l’une des extrémités de l’A440 (vers Sainte-Anne-de-Beaupré). La vieille ville tranche avec le reste de la ville constitué de rues en quadrillage.

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Vue rapprochée sur l’emplacement des ascenseurs.
1 : terrasse Dufferin
2 : Château Frontenac


Caractéristiques

Voici les caractéristiques des appareils :

- Caractéristiques Administratives

ASC – Ascenseurs inclinés : VIEUX-QUEBEC
Exploitant : Funiculaire du Vieux-Québec Inc.
Constructeur : Poma-Otis
Année de construction : 1997
Montant de l’investissement : 3,1 M $ CAN

- Caractéristiques d’Exploitation

Saison d'exploitation : Annuelle
Capacité : 21 personnes
Débit à la montée : 378 personnes/heure*
Débit à la descente : 378 personnes/heure*
Vitesse d'exploitation : 1 m/s

- Caractéristiques Géométriques

Altitude aval : 12 m
Altitude amont : 56 m
Dénivelé : 44 m
Longueur développée : 62 m
Pente maximale : 100 %
Pente moyenne : 100 %
Temps de trajet : 62 s

- Caractéristiques Techniques

Emplacement tension : Amont
Type de tension : Par contrepoids
Emplacement motrice : Amont
Sens de montée : Droit et gauche
Embarquement : De plain-pied
Dispositif d’accouplement : Pince fixe sur chariot d’ascenseur incliné
Nombre de véhicules : 2

* : débit par cabine, les deux étant indépendantes. Valeur calculée sur la base arbitraire de 21 personnes toutes les 200 s (temps d’embarquement/débarquement considéré : 38 s)

Les gares aval

Les gares aval sont situées dans la très belle maison Louis-Jolliet. Située à l’intersection de l’escalier Casse-Cou et des rues du Petit Champlain et Sous le Fort, la gare s’intègre parfaitement dans le bâtiment classé. Maison tricentenaire, celle-ci appartenait à l’explorateur français qui a eu notamment la charge d’explorer la région du fleuve Mississipi. A l’intérieur, on retrouve la billetterie, une boutique de souvenirs ainsi que l’embarquement et le débarquement des deux lignes.

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La gare aval et les ascenseurs depuis la rue Sous-le-Fort.

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Vue globale sur la maison Louis-Jolliet depuis le bas de l’escalier Casse-Cou.

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De face. On devine le haut de la toiture du Château Frontenac au-dessus.

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L’enseigne « Funiculaire » avec les vitres de la maison.

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L’entrée.

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Une boutique souvenirs et un ATM sont présents.

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Le tourniquet d’entrée. On devine les portes palières derrière.

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La gare aval depuis une cabine. Les portes palières sont bien visibles.

Les lignes

Comme tout ascenseur incliné, les lignes sont sur des rails indépendants eux-mêmes fixés à une structure porteuse montée sur pieds métalliques. L’inclinaison des voies est de 45° et est constante tout au long du trajet ce qui simplifie beaucoup la conception des châssis des cabines. Des galets de support permettent de maintenir les 3 câbles moteur dans l’axe du tracé et d’éviter tout risque de gêne avec la structure porteuse. Trois escaliers de secours encadrent les lignes (sur les côtés et entre les deux voies). Dans le but de permettre l’exploitation en horaires élargis et de simplifier la maintenance nocturne, des éclairages sont disposés à intervalles réguliers le long des rails.
Le mouvement des cabines est effectué par le biais d’un contrepoids situé sous les voies et qui bouge durant le trajet. Ce contrepoids contrebalance le poids de la cabine lors de la montée ce qui assiste le moteur.

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Les deux lignes depuis la rue du Petit Champlain.

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En ligne.

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On sort de la gare aval.

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Vers la moitié de la ligne.

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On avance vers la terrasse Dufferin. Les galets de roulement des câbles sont bien visibles.

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Le second véhicule est à l’arrêt.

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On arrive en haut de la falaise.

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La ligne depuis le quai d’attente du second véhicule.

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On peut voir un contrepoids, ici fléché en rouge. Un galet se roulement du chariot portant le contrepoids est également visible.

Les gares amont

Les stations d’arrivée ont la charge de la mise en mouvement des six câbles moteurs. Ceux-ci sont entraînés par une chaîne cinématique classique avec un moteur et un réducteur par voie. Comme nous l’avons vu dans la partie consacrée à la ligne, les câbles sont tendus par le biais des contrepoids qui bougent en opposition par rapport aux cabines. La motorisation est située sous les quais et est invisible du public. Les gares se trouvent sous la terrasse Dufferin et sont accessibles depuis celle-ci par un escalier ou un ascenseur. Un petit édicule dont le design est d’origine est présent sur la terrasse en guise d’entrée. L’emplacement sous la terrasse permet de libérer le maximum de place sur celle-ci et de ne pas boucher la vue depuis le Château Frontenac. Les gares s’apparentent à une avancée en béton plutôt bien intégrée à la terrasse.

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Les gares d’arrivée depuis la ligne.

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Les trois câbles moteur. On voit en jaune une poulie de redirection. La seconde se situe en dessous et redirige ces mêmes câbles vers le contrepoids qui coulisse sous les rails.

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Une porte palière. Au fond on peut voir le Saint Laurent ainsi qu’un bateau qui effectue la liaison Québec – Lévis.

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La zone d’attente.

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L’arrivée à la billetterie.

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L’escalier qui descend aux ascenseurs.

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L’entrée est équipée de portes motorisées.

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L’enseigne « Funiculaire » avec le Château Frontenac derrière.

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L’édicule depuis la terrasse.

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De côté.

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De plus loin avec l’édifice Louis S Saint-Laurent, ancien bureau de poste.

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Vue globale de l’édicule.

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Deux vues de la sortie de la gare amont de plus loin sous deux angles différents.

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Véhicules

Les ascenseurs inclinés possèdent chacun leur cabine de 21 places construite par Poma-Otis. Aucune place assise n’est disponible à l’intérieur. Une porte est disponible de chaque côté du fait des zones d’embarquement et de débarquement alignées avec les rails. Un pupitre sommaire permet de demander un départ au personnel et de renseigner sur l’état de marche du véhicule. Les cabines arborent un habillage vert et blanc sobre.

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Un véhicule circule au milieu des couleurs automnales.

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Depuis la terrasse.

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L’approche d’un véhicule en gare amont.

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L’intérieur.

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Le petit pupitre de commandes.

Autres vues

Voici des vues supplémentaires des ascenseurs, de jour comme de nuit.

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La rue Sous-le-Fort avec les ascenseurs au fond.

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Le haut de la ligne depuis les berges du Saint-Laurent.

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Depuis Lévis.

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Vue générale sur les tracés depuis la terrasse Dufferin. Derrière, on peut voir les vieilles maisons de la ville basse.

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En nocturne depuis la rue Sous-le-Fort.

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Les ascenseurs inclinés en fonction.

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Depuis la gare fluviale.

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Depuis Lévis, on repère les ascenseurs aux lumières jaunes qui encadrent les rails. A gauche se dresse le Château Frontenac.

Conclusion

Les ascenseurs inclinés du Vieux-Québec sont des installations emblématiques de la capitale. Elles relient la terrasse Dufferin et la ville haute au port et à la ville basse depuis plus de 100 ans. Cette ligne historique, controversée à ses débuts, s’est peu à peu imposée dans le paysage. Les habitants ont fini par comprendre l’intérêt des installations : éviter la rude Côte de la Montagne et gagner du temps dans le transfert entre les deux parties de la ville. On aurait pu penser que la démocratisation de la voiture aurait sonné le glas des ascenseurs et plus globalement des petites rues du Vieux-Québec mais il n’en fut rien. Bien que les véhicules puissent circuler dans presque toutes les rues, l’étroitesse de celles-ci rend le flux automobile bien plus faible que dans le reste de la ville. Les ascenseurs gardent donc toute leur place bien qu’ils soient désormais des appareils exclusivement touristiques. En effet, l’absence d’intégration au sein du RTC ainsi que le tarif onéreux du trajet les rendent fréquentés uniquement par les touristes.

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Les deux lignes depuis la terrasse Dufferin.

Sources historiques principales : Le Funiculaire du Vieux-Québec : 125 ans d’histoire (Isabelle Lussier, Les Editions GID) et les Archives Nationales du Québec

Texte & bannière : Clément05
Photos : Clément05 (le 23 octobre 2021 et 23 juillet 2022)

A bientôt.

© - 2022 – Clément05 – www.remontées-mécaniques.net



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