En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir plus


Localisation(s)
Photo

 TCD10 TirolS

Fieberbrunn (Skicircus)

Doppelmayr

T2 ES
Description rapide :
Télécabine reliant les domaines skiables de Fieberbrunn et Saalbach, avec une gare intermédiaire, une tension par contrepoids, et des cabines C10 de Carvatech.

Options techniques :
  • Sièges chauffants
  • Gare intermédiaire 2 brins
Année de construction : 2015




 
Auteur de ce reportage : monchu
Section écrite le 16/09/2020 et mise à jour le 16/09/2020
(Mise en cache le 16/09/2020)

Image


La construction en 2015 de la télécabine TirolS, reliant les domaines skiables de Fieberbrunn et Saalbach, marque une étape importante dans la constitution le plus grand domaine skiable d’Autriche. Cet appareil est le révélateur de la course effrénée aux liaisons à laquelle se sont livrées les différentes stations autrichiennes dans la décennie 2010.

Techniquement, il s’agit d’un appareil classique de la gamme UNI-G de Doppelmayr, qui présente toutefois plusieurs particularités intéressantes : une gare intermédiaire, une tension par contrepoids, et un modèle de cabine assez rare : les C10 de Carvatech.



1. Fieberbrunn et la télécabine à la limite du Tyrol


Fieberbrunn

A l’extrémité orientale des Alpes de Kitzbühel, Fieberbrunn est la dernière station tyrolienne avant la frontière avec le Pays de Salzbourg, dans une région à l’écart des grands flux touristiques.

Image
Situation de Fieberbrunn dans les Alpes de Kitzbühel.


Pendant des années, la station a fait de cet isolement relatif un argument commercial. En mettant en avant "le domaine skiable le mieux caché", elle s‘adressait à la fois aux familles recherchant des pistes peu fréquentées et aux sportifs avides de descentes en poudreuse loin des grands boulevards damés. Mais depuis 2015, la station s’est reliée à sa grande voisine Saalbach. Le domaine skiable est ainsi passé d’un petit ensemble de 10 remontées et 38 kilomètres de pistes, à l’un des plus grands domaines reliés d’Autriche, avec 70 remontées (dont 29 télécabines, un record en Autriche) et environ 270 kilomètres de pistes. L’offre est complétée par un snow-park, une piste de luge naturelle de 2,5 km et un coaster biplace 4 saisons, de 1 160 mètres de long installé au sommet de la télécabine pulsée Streuböden.

Image
Le village de Fieberbrunn et le front de neige au fond à gauche.


Depuis les années 2000, la station s’est également orientée vers le freeride. Grâce à ses pentes engagées, à son enneigement conséquent malgré la faible altitude et à l’absence relative de brouillard, Fieberbrunn est devenue une destination prisée des amateurs de hors-piste. Son domaine skiable balisé s’est en effet construit tout autour d’une zone centrale restée totalement vierge, autour de la pointe de la Wildseeloder. La plupart des itinéraires hors-pistes de la station sont tracés dans ce secteur devenu réserve naturelle.

C’est sur ces pentes que Fieberbrunn organise chaque année une compétition de freeride : le Big Mountain, devenue une étape du Freeride World Tour qui réunit chaque année au mois de mars l’élite mondiale. Le public apprécie les animations et les conditions de spectacle qui lui sont offertes au sommet de la télécabine Lärchfilzkogel où un amphithéâtre éphémère est damé sur le sommet, permettant aux spectateurs de contempler les pentes des sommets voisins de la Henne et de la Wildseeloder où sont organisées les épreuves.


La télécabine TirolS

La télécabine TirolS, contraction de Tyrol et de Salzbourg, relie le domaine de Fieberbrunn, côté Tyrol, et de Saalbach-Hinterglemm, dans le Land de Salzbourg. Elle présente la particularité d’être tracée en V, avec 3 gares :

- Une gare côté Fieberbrunn, implantée à 1284 mètres d’altitude, en pleine pente, contre la gare aval de la télécabine Reckmoos Süd. Elle est considérée comme la gare aval.

- Une gare intermédiaire dans le fond du vallon du Hörndlingergraben, à 1082 m d’altitude, c’est-à-dire plus bas que la gare aval.

- Une gare amont côté Saalbach-Hinterglemm, au sommet du Reiterkogel, à 1808 m d’altitude, où arrivent les télésièges Reiter-Ost en provenance de Saalbach et Sunliner en provenance de Hinterglemm.

Techniquement il s’agit d’une seule télécabine, avec une seule boucle de câble, une gare motrice fixe côté Saalbach et une gare retour tension côté Fieberbrunn.

Le tronçon côté Fieberbrunn est également appelé « TirolS I » et dessert la piste bleue 124, tandis que le tronçon côté Saalbach est également appelé « TirolS II» et dessert la piste rouge 125. La gare intermédiaire est également le point d’arrivée de plusieurs hors-pistes descendant du Hochhörndl, point culminant du domaine de Fieberbrunn, et appréciés de la clientèle de freeriders.

Tous les tronçons peuvent être empruntés à la montée mais aussi à la descente, en particulier par les skieurs moyens, ou par toute la clientèle en cas d’enneigement insuffisant.

Image
Sitiation de la télécabine en vert, entre la vallée de Saalbach à gauche et le domaine de Fieberbrunn à droite.


Image
L'appareil relie la télécabine Reckmoos Süd sur le versant Fieberbrunn et le sommet du Reiterkogel, entre Saalbach et Hinterglemm à gauche.



2. Les étapes de la liaison avec Saalbach…


Les premières années du ski à Fieberbrunn et l’équipement de Reckmoos par le nord

Le tourisme fit ses débuts à Fieberbrunn en 1875 avec l’ouverture de la ligne de chemin de fer reliant Salzburg à Innsbruck via Kitzbühel, évitant la traversée du territoire allemand. Le premier office de tourisme fut fondé peu de temps après, en 1888. Fieberbrunn devint une destination réputée pour le tourisme estival, ses refuges d’altitude constituant tantôt des buts d’excursion pour les touristes que des points de départ pour des randonnées plus longues dans le massif des Alpes de Kitzbühel. Il faudra attendre 1958 pour voir l’apparition du tourisme d’hiver, avec la mise en service du TKE Reitl au centre du village, complété par le TSF1 Streuböden livré en octobre 1959 par le constructeur tyrolien Felix Wopfner, avec ses pylônes béton caractéristiques. Cet appareil fut prolongé en 1968 par un second tronçon menant au sommet du Lärchfilzkogel et doublé par un TSF2.

Image
Le télésiège Lärchfilzkogel, sur une crête exposée aux vents.


Dans les années 1970, la station souhaitait s’étendre encore plus haut, vers le secteur de Reckmoos. Alors que toutes les pistes de la station étaient orientées au nord, ce col représentait le point de passage vers des champs de neige ensoleillés, gage d’une bonne fréquentation. Mais Fieberbrunn avait aussi en ligne de mire une future liaison avec la station voisine de Saalbach. Cependant tous ces projets butaient sur un obstacle : le point de passage obligé vers le secteur d'altitude était le télésiège Lärchfilzkogel, qui souffrait d’une grande exposition au vent, en raison de son tracé le long d’une crête. Il était donc impossible de faire passer les skieurs uniquement par cet appareil, souvent fermé.

Au préalable à l'expansion vers Reckmoos, l'exploitant dut créer un second axe moins exposé vers le futur secteur d'altitude. A partir du front de neige, le téléski de Doischberg fut construit en 1976 pour conduire les skieurs à travers la forêt jusqu'au secteur Lärchfilzalm, à une altitude plus basse. Ce téléski à arbalètes, construit en 1976 par Doppelmayr, possédait deux particularités qui en faisaient un appareil unique en son genre. D’une part, il possédait un virage, du type virage tourbillon, où les pioches descendantes passaient 2 fois sur des poulies des déviation décalées qui permettent d'obtenir un virage à l’envers. D’autre part, sa ligne desservait 2 versants avec 2 gares aval et une gare amont. Il pouvait être emprunté à partir du front de neige à 840 mètres jusqu’au sommet du Doischberg, à 1187 mètres d’altitude, sur une longue ligne de plus de 1,5 kilomètre, mais aussi depuis l’alpage de Lärchfilzalm à 1120 mètres jusqu'au Doischberg, sur une courte ligne de 420 mètres. Sur ce versant, il permettait aux skieurs de regagner la station le soir, car il est impossible de retourner à Fieberbrunn par gravité depuis l’alpage.

Image
L'ancien téléski Doischberg en vert, avec ses 3 gares dans les cercles.


Image
Le début de la ligne versant Fieberbrunn, avec un départ éloigné du front de neige.


La mise en service du téléski débloqua la conquête de la partie supérieure du domaine, marquée en 1982 par la construction du télésiège biplace de Reckmoos livré par Swoboda. Cet appareil au tracé très particulier partait de l'alpage Lärchfilzalm, redescendait dans le fond d’un vallon où se trouvait une gare intermédiaire, avant de remonter au col de Reckmoos. Dans l'autre sens le télésiège assurait le retour à la station entre la gare intermédiaire et la G1 de Lärchfilzalm.

Après une longue montée de plus de 13 minutes, les skieurs atteignaient le col de Reckmoos. Un ensemble de pistes ensoleillées étaient implantées sur l'autre versant, desservies par le téléski à enrouleurs montant au sommet du Hochhörndl à 2020 mètres d’altitude, plus haute remontée mécanique des Alpes de Kitzbühel.

Image
Les aménagements de 1982 dans l'encadré, avec en bas le télésiège de Reckmoos au tracé en V, et en haut le téléski du Hochhörndl menant au sommet du domaine skiable.


Image
Le télésiège de Reckmoos peu après le départ, avec la gare intermédiaire en bas et le col de Reckmoos tout au bout du trajet en haut.


Image
Dans l’autre sens, le télésiège de Reckmoos assurait le retour station depuis la gare intermédiaire.


L’extension vers le sud et Saalbach

Depuis le col Reckmoos ou le sommet du Hochhörndl, le domaine skiable de Saalbach était bien visible, séparé par un vallon. L’étape suivante de l’expansion du domaine était donc logiquement l’élaboration d’un projet d’équipement du vallon, pour assurer la liaison avec Saalbach. Les études avaient été achevées en 1989, lorsque le nouveau parlement du Tyrol annonça un moratoire de 3 ans pour tous les investissements d’extension d’un domaine skiable. Le projet est alors tombé à l’eau après avoir coûté plus de 2 millions de shillings en études.

L’exploitant a mis à profit cette période pour commencer la modernisation de son domaine skiable. Pour répondre à l’augmentation de la fréquentation des pistes ensoleillées au sommet du domaine, et pour préparer une éventuelle liaison avec Saalbach, la chaîne d’appareils reliant le village au Hochhörndl, a été rénovée en trois étapes :

- En haut du domaine, le téléski à enrouleurs du Hochhörndl fut remplacé par un TSF4 Leitner en 1996 ;

- En 1999, le téléski à enrouleurs de Lärchfilzen fut remplacé par un TSD4B Leitner ;

- L’accès depuis le front de neige jusqu’au pied du TSF2 Reckmoos fut complètement repensé en 2001 avec le remplacement du téléski de Doischberg par une TCD8 reprenant une grande partie des équipements mécaniques de la télécabine de l’Exposition Universelle de Hanovre.

Après cette phase de modernisation, Fieberbrunn fit un pas de plus en direction de Saalbach, avec la construction de la télécabine Reckmoos Süd en 2008, en aval du Hochhörndl, sur des pentes sud appréciées des clients. Cette télécabine a été conçue pour le ski propre et de nombreuses possibilités de hors-piste, mais surtout pour être raccordée ultérieurement à une remontée de liaison vers Saalbach.

Image
La télécabine ensoleillée, promesse du plan des pistes 2005/2006.


Image
La télécabine Reckmoos Süd, et sur le versant d'en face, le domaine de Saalbach et le sommet du Reiterkogel, désigné par la flèche blanche, avant la construction de la liaison.



Le projet de liaison

Avec la construction de la télécabine Reckmoos Nord en 2011, Fieberbrunn achevait la modernisation de ses installations, préalable indispensable à la liaison avec Saalbach. Les représentants des différents exploitants se sont mis d’accord en août 2013 sur les modalités de cette liaison et de la création d’un domaine skiable commun. La station de Fieberbrunn a dû accepter d’importantes concessions. La télécabine de liaison devait être intégralement financée par Fieberbrunn, ce qui représentait un investissement de 20 millions d’euros. La station tyrolienne a également dû renoncer à son image de marque propre, accepter d’être incluse à 100 % dans la marque Saalbach, faire disparaître son logo et son office du tourisme indépendant. Mais ces exigences ont été acceptés facilement, car Fieberbrunn pouvait accéder en contrepartie à un potentiel de 20 000 clients dans la vallée de Saalbach.

Plusieurs variantes techniques pour la liaison ont été étudiées.

Sur le versant Fieberbrunn, il était évident que l’appareil devait partir de la gare aval de la télécabine Reckmoos Süd. Située en pleine pente, cette station avait été conçue pour pouvoir évoluer en gare intermédiaire et se raccorder à un futur appareil.

Sur le versant Saalbach, la gare amont aurait pu être placée au sommet du Bernkogel, plus proche géographiquement, mais elle a finalement été placée sur le sommet du Reiterkogel, qui bénéficie d’une position plus centrale dans le domaine skiable et permet de mieux répartir les skieurs entre Saalbach et Hinterglemm.

Dans les années 90, les projets de liaison privilégiaient une liaison directe entre ces 2 points, de type « Peak to Peak » comme à Kitzbühel, moins coûteuse et plus facile au niveau administratif. Mais les exploitants ont finalement préféré un tracé avec une gare intermédiaire dans le vallon. Cette solution permettait d’offrir à la clientèle de freeriders, en forte augmentation, un dénivelé de près de 800 mètres depuis le sommet du domaine. Par ailleurs, une gare intermédiaire offrait la possibilité de tracer une longue piste rouge sur le versant Saalbach, pour le ski propre et pas uniquement pour la liaison. Elle était destinée à générer des passages supplémentaires et à augmenter la rentabilité de l’appareil.

L’exploitant a choisi une télécabine 10 places, équipée des mêmes cabines C10 de Carvatech que la télécabine Reckmoos Nord, après les retours positifs de la clientèle. Il a écarté la solution d’une télécabine 8 places à pinces à barres de torsion, technologie trop ancienne, qui aurait pu être raccordée à la télécabine Reckmoos Süd, comme c’était prévu à l’époque.

Le projet a coûté au total près de 20 millions d’euros, en incluant la construction des nouvelles pistes et de l’enneigement artificiel.

Officiellement, l’investissement a été financé par l’exploitant de Fieberbrunn, à 40 % par ses fonds propres et 60% par des emprunts. Mais dans la pratique, la commune versera chaque année pendant 20 ans à l’exploitant une subvention de 175 000 euros, tandis que l’office du tourisme a décidé d’augmenter la taxe de séjour et versera également chaque année une subvention de 370 000 euros, ce qui revient à subventionner l’appareil à hauteur de 11 millions d’euros.

Image
Le plan provisoire du nouveau domaine skiable en 2015.


Image
Vue d'artiste de l'implantation de la future télécabine sur le sommet du Reiterkogel.


Image
La communication s'appuie sur le design des cabines C10 de Carvatech.



Le chantier

Le permis de construire a été délivré en novembre 2014, comprenant les 3 gares et les 2 tronçons de télécabine, mais aussi le terrassement d’une piste rouge de 3,5 km de long et 780 m de dénivelé côté Saalbach, équipée de 40 enneigeurs Techno Alpin. Pour les alimenter, l’exploitant a fait construire un captage d’eau dans le torrent Schwarzach, près de la gare intermédiaire, ainsi qu’une station de pompage.

Le coup d’envoi des travaux a été donné au début du mois de mai 2015. La ligne a été héliportée à la fin du mois d’août. Une des opérations les plus spectaculaires a été la livraison début septembre du câble de 65 tonnes, par un chemin empruntant un tunnel étroit. Ce câble a été tiré et épissuré au cours de la troisième semaine de septembre, puis les cabines ont été livrées à partir de début octobre. Les essais ont commencé au début du mois de novembre.

L’appareil a reçu l’autorisation d’exploitation le 3 décembre. La télécabine a été ouverte au public le 19 décembre 2015.

Image
Coup d'envoi symbolique du chantier, avec les représentants des remontées mécaniques du futur domaine.


Image
Le premier coup de pioche au sommet du Reiterkogel.


Image
Le chantier de la gare intermédiaire.


Image
Livraison du câble par l'étroite vallée vers la gare intermédiaire. Malgré la remorque surbaissée, le tunnel dans le Hörndlingergraben a dû être décaissé de 30 cm pour permettre le passage du chargement.


Image
Epissure sur 65 mètres, en sortie de G2 vers la G3.


Image
L’épissure s’est déroulée pendant 2 jours, en pleine pente, et l’opération a mobilisé 14 personnes


Image
Fin de chantier avec le garage terminé à droite.


Image
Nouvelle piste versant Saalbach.


Image
Première mise en ligne des cabines depuis la gare intermédiaire.



3. Caractéristiques techniques


    Caractéristiques administratives

    Télécabine 10 places TirolS ou Vierstadlalm
    Exploitant : Bergbahnen Fieberbrunn
    Constructeur : Doppelmayr
    Maître d’œuvre : Salzmann
    Année de construction : 2015

    Caractéristiques d’exploitation

    Saison d'exploitation : hiver
    Capacité : 10 personnes
    Débit maximum théorique : 2 604 personnes/heure
    Vitesse d'exploitation maximale : 6 m/s
    Temps de trajet minimum : 9 min 18 s
    Sens de fonctionnement : gauche

    Caractéristiques géométriques

    Altitude G1 (Tyrol) : 1284 m
    Altitude G2 (vallée) : 1082 m
    Altitude G3 (Salzbourg) : 1808 m

    Dénivelée versant Tyrol : 202 m
    Dénivelée versant Salzbourg : 726 m
    Dénivelée totale : 928 m

    Longueur horizontale totale : 2736 m
    Longueur développée totale : 2890 m

    Caractéristiques techniques

    Emplacement motrice : Salzbourg
    Emplacement tension : Tyrol
    Type de tension : contrepoids
    Nombre de véhicules : 67
    Type de pinces : A108
    Fabricant des cabines : Carvatech
    Type de cabines : C10
    Diamètre du câble tracteur : 54 mm
    Fabricant du câble tracteur : Teufelberger
    Nombre de pylônes : 17




4. Gare côté Fieberbrunn (G1 – « Reckmoos Süd »)


Emplacement

La gare aval est située légèrement sous la cote 1300, en pleine pente, dans un versant sud. Elle surplombe d’environ 200 mètres le fond de la vallée du Hörndlingergraben, qui sépare le domaine de Fieberbrunn de celui de Saalbach.

Complètement isolée à l’époque de la construction de la télécabine Reckmoos Süd, elle est devenue une gare commune à laquelle s’est raccordée la télécabine TirolS.

Image
Emplacement de la G1 en bas à gauche, avec le départ de la télécabine Reckmoos Süd.



Station

La gare a été dessinée par l’architecte local Thomas Fliri, qui avait déjà conçu les gares des principales télécabines de Fieberbrunn. À l’époque de la construction de la télécabine Reckmoos Süd, elle devait se transformer en gare intermédiaire lors de la construction de la liaison. Mais le projet a beaucoup évolué, tant au niveau des caractéristiques techniques, télécabine 10 places au lieu de 8 places, et du tracé, avec virage et gare intermédiaire au lieu d'une ligne droite. C’est pourquoi la nouvelle télécabine TirolS est complètement indépendante de la télécabine Reckmoos Süd. Elle n’a pas été intégrée directement dans le bâtiment d’origine, mais raccordée par une passerelle.

Image
La G1 est au même niveau que la gare aval de la télécabine Reckmoos Süd.


Image
Les 2 gares ont été reliées par une passerelle.


Image
Un bâtiment en béton entoure la gare UNI-G.


Image
Zone d’embarquement derrière les vitres.



Intérieur

La gare se présente sous la forme d’une station UNI-G classique, entourée dans le contour par un bâtiment vitré de protection. L’accès des clients à la descente est possible, notamment en cas d’enneigement insuffisant.

Techniquement, la gare est retour tension. Elle possède la particularité d’avoir une tension par contrepoids.

En raison des caractéristiques considérables de la ligne, notamment une longueur de 2736 mètres, un dénivelé cumulé de 926 mètres et une charge potentielle des 2 brins à 100%, le calcul de la tension a établi à l’origine que 2 vérins de tension seraient nécessaires, donc 2 boucles de câble et 2 entraînements.

Pour réduire les coûts de construction, le maître d’œuvre Salzmann et le constructeur Doppelmayr ont travaillé sur une solution alternative : une tension par contrepoids béton. La réglementation autrichienne impose en effet une marge supplémentaire de 8% sur le calcul de la tension, dans le cas d’un système hydraulique. Le recours à un contrepoids a permis de se passer de cette marge, de n’utiliser qu’une seule boucle de câble et un seul entraînement, et aussi de supprimer 2 pylônes sur le calcul de ligne, ce qui a contribué à réduire le coût de l’installation.

Image
Accès à la gare.


Image
Bornes de contrôle dans l’axe de la ligne.


Image
À droite, la passerelle donnant accès à la télécabine Reckmoos Süd.


Image
De l’autre côté, le tympan classique de la station UNI-G.


Image
Ralentisseur.


Image
Cabine en fin de ralentisseur.


Image
Ouverture des portes.


Image
Zone de débarquement.


Image
En début de contour, limite entre l’embarquement et le débarquement.


Image
Zone d’embarquement, avec à l’arrière l’échelle d’accès à la station.


Image
Fin de zone à d’embarquement, avec à gauche le local opérateur.


Image
La poulie retour, avec deux DT câble.


Image
La poulie retour est montée sur lorry, et reliée au contrepoids par deux câbles de tension.


Image
Deux poulies de déviation renvoient les câbles de tension vers le contrepoids.



5. Ligne de la G1 à la G2


Généralités

Le premier tronçon compte 5 pylônes de ligne. La ligne de sécurité est enterrée et les pylônes sont équipés de haut-parleurs pour diffuser les consignes du personnel. Les balanciers sont équipés du détecteur inductif de position de câble RPD.

Voici le détail de l’équipement des pylônes :

P1 : 12S/12S
P2 : 6S/6S
P3 : 10S/10S
P4 : 8S/8S
P5 : 12C/12C + 2 paires de galets RPD par brin

En ligne de la G1 à la G2

Image
P1.


Image
P2.


Image
Le fond du vallon de la Pulvermacheralm.


Image
P3 avec une balise pour la navigation aérienne.


Image
Au loin, la gare intermédiaire de l’autre côté du torrent.


Image
P4.


Image
La nouvelle passerelle permettant aux skieurs de franchir le torrent.


Image
P5.



En ligne de la G2 à la G1

Image
Passage au-dessus de la piste bleue.


Image
P4.


Image
La longue portée vers le P3.


Image
P3.


Image
Au fond à droite, les cabines jaunes de la télécabine Reckmoos Süd.


Image
P2.


Image
P1 avec à gauche la gare de la télécabine Reckmoos Süd et son architecture particulière.





6. Gare intermédiaire (G2 – « Hörndlingergraben »)


Emplacement

La gare intermédiaire est implantée au point le plus bas de la ligne, à 1082 mètres d’altitude, au fond du vallon du Hörndlingergraben, au point de rencontre d’une piste rouge sur le versant Saalbach, et d’une piste bleue et de deux itinéraires hors-pistes sur le versant Fieberbrunn.

Image
Situation de la G2 au fond du vallon, avec la piste venant de Saalbach au premier plan, et celle venant de Fieberbrunn sur le versant d’en face.


Station

En raison du manque de place, la gare intermédiaire a été construite sur un terrain en pente, sur le versant Saalbach. Le bâtiment conçu par l’architecte Thomas Fliri dispose de plusieurs niveaux, autour de 2 stations UNI-G construites en angle.

Sur le versant Saalbach, l’accès des skieurs s’effectue de plain-pied, tandis que sur le versant Fieberbrunn la clientèle accède à l’embarquement par des escaliers ou des ascenseurs.

En aval de la gare, suivant la pente naturelle du vallon, l’architecte a installé le garage enterré et les locaux techniques.

Image
La gare est construite autour de 2 stations UNI-G.


Image
Le garage a été installé sur la droite.


Image
Le garage et les locaux techniques sont construits en contrebas sur plusieurs niveaux.


Image
Versant Fieberbrunn avec le garage et les locaux techniques à gauche.


Image
Du côté Fieberbrunn, 2 escaliers et 2 ascenseurs donnent accès aux quais.


Image
Du côté Saalbach, l’accès se fait de plain-pied.


Image
Au premier plan, l’accès en direction de Fieberbrunn. À l’arrière-plan, derrière les lanceurs, l’accès en direction de Saalbach.


Intérieur

La gare est construite avec des éléments standard de la gamme UNI-G, notamment 2 stations construites avec leurs massifs et reliées par un transfert.

Les cabines traversent la gare sans possibilité d’y faire demi-tour, en l’absence de contour. L’accès au garage s’effectue par double aiguillage situé au milieu du transfert dans le sens Saalbach.

Image
Les lanceurs côté Saalbach.


Image
L’accès en direction de Fieberbrunn.


Image
Du côté Fieberbrunn, la pente a imposé des ascenseurs d’accès, à droite.


Image
Le garage dans la pente.


Image
Les lanceurs dépourvus de sous-face.


Image
Cabine à l’entrée du ralentisseur.


Image
Fin de ralentisseur.


Image
Ouverture des portes.


Image
Le virage se fait juste après la fermeture des portes.


Image
Début de lanceur.


Image
Le massif côté Fieberbrunn.


Image
Ralentisseur côté Fieberbrunn.


Image
Cabine en fin de ralentisseur.


Image
L’embarquement se fait dans la ligne droite avant le virage. Au sol, le quai mobile permettant de ranger ou de sortir et les cabines dans le garage à gauche.


Image
Entre le quai d’embarquement et le local opérateur, l’accès au garage.


Image
Une crémaillère permet de monter et de descendre les cabines depuis et vers le garage situé en contrebas dans la pente.


Image
Lanceur côté Saalbach.


Déviation du câble

La station est construite en virage selon un angle marqué d’environ 123 degrés. En l’absence de contour, il a été possible d’installer des poulies pour assurer la déviation du câble plutôt que les traditionnelles bananes de galets.

Dans le sens Fieberbrunn, c’est-à-dire à l’intérieur du virage, le câble est d’abord dévié vers l’intérieur du ralentisseur par une petite banane de galets, puis la déviation principale est assurée par une poulie standard, et enfin une petite banane de galets replace le câble dans l’axe de la ligne.

Dans le sens Saalbach, c’est-à-dire à l’extérieur du virage, le principe est exactement le même. Cependant, de ce côté-là, la station est plus longue. La déviation du câble s’effectue en passant successivement par deux poulies standard, même si finalement l’angle de déviation reste le même.

Voici la déviation du câble dans le sens Fieberbrunn, à l’intérieur du virage :

Image
Le câble subit une première déviation horizontale par 6 galets, vers l’intérieur de la ligne.


Image
Le câble effectue ensuite presque un quart de tour autour d’une poulie de déviation horizontale.


Image
La même poulie depuis le quai opposé.


Voici la déviation du câble dans le sens Saalbach :

Image
A l’arrière, tout au fond, le brin de câble vers Fieberbrunn subit une dernière déviation horizontale en passant sur 6 galets. Au premier plan, le brin de câble en direction de Saalbach subit une première déviation horizontale en passant sur une poulie.


Image
À l’entrée du lanceur côté Saalbach, le même brin de câble subit une autre déviation en passant par une seconde poulie.


Image
La même poulie de déviation horizontale depuis le quai opposé.



7. Ligne de la G2 à la G1


Généralités

Voici le détail de l’équipement des pylônes :

P6A : 10C/10C + 2 paires de galets RPD par brin
P6B : 10C/10C + 2 paires de galets RPD par brin
P7 : 8S/8S
P8 : 10S/10S
P9 : 10S/10S
P10 : 8SC/8SC
P11 : 10S/10S
P12 : 12S/12S
P13 : 8SC/8SC
P14 : 12S/12S
P15 : 12S/12S
P16 : 12S/12S


En ligne de la G2 à la G3

Le second tronçon est la partie la plus longue de la ligne. Le parcours est marqué par un fort dévers. Même si la ligne remonte en direction de Saalbach, elle est presque intégralement tracée en territoire tyrolien. La limite avec le Land de Salzbourg est située à 200 mètres de l’arrivée.

Image
Les P6A et P6B.


Image
Passage au-dessus de la piste rouge.


Image
P7.


Image
Nouveau survol de la piste rouge.


Image
P8.


Image
P9.


Image
La ligne entre dans une section en fort dévers.


Image
P10.


Image
Entrée en forêt.


Image
P11.


Image
Nouvelle longue portée en forêt.


Image
Sur la gauche, la piste rouge.


Image
P12.


Image
Dernière longue portée.


Image
P13.


Image
Survol de la limite entre le Tyrol et Salzburg.


Image
Dernière vue sur les paysages tyroliens, avec la mine de magnésite en face.


La ligne pénètre maintenant sur le Land de Salzbourg. Les 3 derniers pylônes et la gare amont sont donc situés intégralement sur ce territoire. Au niveau administratif, la réglementation légèrement différente impose quelques normes particulières pour l’appareil, dont la plus visible est le changement de couleur des pylônes. Même si tous les autres fûts situés en territoire tyrolien sont galvanisés, l'autorité environnementale du Land de Salzbourg a imposé que les 3 derniers fûts de l'appareil soient peints en vert oxyde chromique, selon la réglementation régionale de 2003.

Image
Arrivée sur le Pays de Salzburg.


Image
P14 en revêtement vert oxyde chromique.


Image
P15.


Image
P16.




8. Gare côté Saalbach (G3 – « Reiterkogel »)


Emplacement

La gare amont est située 6 mètres sous le sommet géographique du Reiterkogel, déjà occupé par les gares d’arrivée du TSD4B Sunliner, qui monte les clients venus de Hinterglemm, et du TSD6B Reiter-Ost, en provenance de Saalbach.

Image
La gare amont avec la piste vers Hinterglemm à droite.


Image
L’architecture de la gare reprend le même principe qu’en G1, avec un bâtiment en béton entourant une station UNI-G.


Image
Le bâtiment est entouré par des WC pour la clientèle de chaque côté.


Image
Un habillage en bois à claire-voie permet d’atténuer l’aspect du béton.


Image
Sous la gare, le poste électrique.


Image
Derrière l’habillage bois, le local opérateur.


Image
En aval de la structure, le lanceur émerge.


Image
Contrairement à la gare intermédiaire, le lanceur est équipé d’une sous-face.


Image
L’appareil dispose de son propre logo.



Bâtiments

La gare est constitué d’une station UNI-G motrice fixe, entourée par un bâtiment de protection en béton, percé de plusieurs portails.

Image
L’accès à la gare se fait par 3 entrées munies de portails vitrés : pour les secours à gauche, pour la descente au centre, et pour la sortie à droite.


Image
Accès à la descente.


Image
Sortie et toilettes clientèle.


Image
Dans le ralentisseur.


Image
Ralentisseur, sous-face, et accès à la station.


Image
Cabine à l’entrée du ralentisseur.


Image
Débarquement dans la première moitié du contour.


Image
Embarquement pour la descente dans l’autre moitié du contour.


Image
Les accès vers l’extérieur munis de portails coulissants.


Image
Début du lanceur.



9. Véhicules


Comme sur les autres TCD10 de sa gamme UNI-G, Doppelmayr a équipé cette télécabine de pinces à ressorts A108 dont la force de serrage est plus importante que les modèles à barres de torsion.

Pour les cabines, Fieberbrunn s’est adressé à nouveau au fabricant autrichien Carvatech, anciennement Swoboda, qui avait déjà fourni en 2011 le prototype de modèle C10 pour la télécabine Reckmoos Nord. Les retours étaient positifs tant au niveau de la clientèle que du personnel. Ce modèle, dont les avantages sont les vitres panoramiques et un bon rapport qualité-prix selon l’exploitant, a été choisi à nouveau pour la télécabine TirolS.

Elaboré en partenariat avec le designer Christian Natschläger, le modèle C10 se caractérise par une grande surface vitrée. Carvatech n’a en effet pas placé la structure métallique du véhicule dans les coins, ce qui lui permet de livrer une cabine dont les angles arrondis sont transparents, afin d’offrir une plus grande visibilité aux clients. Avec 2,10 mètres, la hauteur de la cabine reste toutefois standard, identique à celle des Omega LWI.

L’exploitant a demandé que les cabines sont équipées de porte-skis, contrairement à une tendance actuelle qui tend à les supprimer. À Fieberbrunn, le retour d’expérience de la télécabine Reckmoos Nord a montré que les clients installent rapidement leur matériel, ce qui ne perturbe pas l’embarquement.

L’exploitant a aussi fait installer sur la nouvelle télécabine un système de chauffage des sièges.

Image
L’ensemble de la cabine, avec la pince A108 et la came d’ouverture des portes sur la suspente.


Image
La cabine C10 est monté sur 4 silent blocs.


Image
La suspente, avec la pince A108, les capteurs pour le chauffage des sièges sur l’axe du galet de stabilisation, et le levier d’ouverture des portes.


Image
La cabine avec les portes fermées.


Image
Embarquement de plain-pied.


Image
Les porte-skis extérieurs permettent de charger toutes les dimensions de matériel.


Image
Les porte-skis et le marchepied.


Image
Emplacement pour 5 paires de skis, et un surf ou 2 paires de skis larges.


Image
L’intérieur et les banquettes.


Image
Le dossier est arrondi aux extrémités.


Image
La cabine bénéficie d’une grande surface vitrée.


Image
Une barre de renforcement évite la poussée contre le plexiglas latéral.


Image
Le mécanisme d’ouverture des portes avec le numéro de la hotline du domaine skiable.


Image
Les aérations.


Image
Les panneaux précisent les trois horaires limite de retour afin que les clients ne soient pas coincés à la gare intermédiaire.





Le nouveau visage du Skicircus…


La création de la télécabine a permis d’étendre le domaine skiable de Fieberbrunn, passant de 40 km de pistes à 270 km, et même 345 km après la liaison avec Zell am See. Le nouvel ensemble devient ainsi plus grand domaine skiable d’Autriche, et probablement le quatrième au monde derrière les Trois Vallées, Paradiski et la Sella Ronda.

La première saison d’exploitation a été particulièrement compliquée, perturbée par un très faible enneigement. Malgré cela, la télécabine a enregistré 770 000 passages en 2015/16. La nouvelle liaison a largement profité à Fieberbrunn, puisque 260 000 clients sont passés de Saalbach à Fieberbrunn, et seulement 130 000 en sens inverse. La station a accueilli 60 000 clients supplémentaires, le chiffre d’affaires de l’exploitant tyrolien a grimpé de 60%, tandis que les professionnels ont enregistré 18 % de nuitées supplémentaires.

La station de Saalbach a trouvé également son compte dans cette nouvelle liaison, avec une extension de son domaine skiable de près de 20%. Mais surtout cette station plutôt familiale accède au domaine hors-piste réputé de Fieberbrunn. Elle peut ainsi élargir et rajeunir sa clientèle avec les freeriders.

Avec cette nouvelle liaison, Fieberbrunn joue désormais dans la cour des grands. Le point faible du domaine skiable restant toutefois le manque relatif d’enneigement artificiel, l’exploitant concentre désormais ses investissements dans la neige de culture, avant d’envisager à moyen terme le remplacement des télécabines pulsées Streuböden et Lärchfilzkogel.






Image
La ligne versant Tyrol au premier plan et versant Salzbourg à l’arrière-plan.




Remerciements

Les photos de l’installation ont été prises par Rodo_Af.

Remerciements chaleureux au personnel.



Informations pratiques

Sites Internet :

Site officiel de l’exploitant :
www.bergbahnen-fieberbrunn.at

Office de Tourisme :
www.pillerseetal.at


Autres liens utiles :

Vidéo officielle du chantier :
https://www.youtube.com/watch?v=psrYrlk_tsU

Vidéo présentant la fabrication des cabines chez Carvatech :
https://www.youtube.com/watch?v=FU_ZdHfTZew

Image
Le dernier pylône de ligne côté Tyrol avec ses protections thermiques.


Image
La ligne versant Salzbourg.





Appareils en relation :