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Localisation(s)
Photo

 TCD12 de Chabrières

Vars (Forêt Blanche)

Poma

T2 HS
Description rapide :
La première télécabine 12 places des Alpes du Sud. Véritable colonne vertébrale pour la station, elle a été remplacée en 2019 par un télémix Leitner.

Année de construction : 1986
Fin de service en : 2019

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Vidéos de l'appareil










 
Auteur de ce reportage : Le Risoulien
Section écrite le 24/08/2019 et mise à jour le 08/09/2019
(Mise en cache le 08/09/2019)

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Vars

Vars est une commune alpestre, du département des Hautes-Alpes, située sur lʼaxe qui relie les communes de Guillestre et de Barcelonnette, par le col de Vars à 2108 mètres. Du haut du col, en regardant vers le sud, il est possible de distinguer les gorges de lʼUbaye.

La commune est composée de quatre hameaux : Saint-Marcellin (1500 mètres d'altitude), Sainte-Marie (1650 mètres d'altitude), Sainte-Catherine (1750 mètres d'altitude) et Les Claux. Ce dernier hameau, qui constitue le cœur de la station de ski actuelle, sʼétage entre 1 800 mètres et 1 950 mètres. Vars se situe en outre aux portes du Parc naturel régional du Queyras. Une partie de la commune, la réserve du Val dʼEscreins, une des premières réserves municipales de France créée en 1664, est intégrée au parc depuis 1977. A 3 385 mètres dʼaltitude, la Font Sancte est à la fois le point culminant de la commune et du parc régional du Queyras.

Les premières remontées mécaniques datent de 1937 avec un téléautoski à proximité du refuge Napoléon (entre la sortie de Vars les Claux et le col de Vars) et le téléski de Peynier démonté en 1977 (prédécesseur de lʼactuel téléski de Peynier 1). Le téléski qui permettra de rejoindre le sommet de Peynier a été construit en 1952 (remplacé en 1977 par le téléski de Peynier 2). Par la suite une multitude de remontées mécaniques seront construites entre Vars Sainte-Marie et Vars les Claux dont la 1ère télécabine 12 places des Alpes du Sud, la télécabine de Chabrières.

Vars constitue, avec Risoul, le domaine de la Forêt Blanche entre 1650 et 2780 mètres dʼaltitude. Ce domaine compte 180 kilomètres de pistes, 109 pistes et 50 remontées mécaniques.

Malgré un abandon progressif ces derniers années, Vars reste un site majeur pour le ski de vitesse ou kilomètre lancé (KL).
Sur une pente raide (maximum de 98%, soit un angle proche de 45°), des skieurs sʼélancent dans le but dʼatteindre la vitesse la plus élevée possible. La piste de Vars détient ainsi le record du monde de lʼépreuve (Simone Origone : 252,632 km/h, 2015).


Vars depuis le sommet des Chabrières (2780 m).
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La développement de Vars les Claux

Le développement de Vars commence au début du siècle dernier. À l'origine, le ski se pratiquait en dessous du col de Vars, au refuge de Napoléon. La station commença ensuite à progressivement exploiter le domaine que l'on connait actuellement. Pour plus de détail sur cet historique, vous pouvez consulter ce reportage : Reportage télésiège Peyrol


Concentrons-nous à présent sur le front de neige des Claux. Les premières remontées y apparaissent au début des années 60. C'est en 1965 qu'est érigé le télésiège des Escondus. Construit par la SACMI, il s'agissait d'un court appareil deux places. Il prenait son départ devant l'actuel télésiège des Escondus et arrivait au même endroit que ce dernier. Il permettait de desservir une vaste zone de ski en forêt et rendait l'accès plus simple au secteur des Sibières. Quelques années après sa construction, en 1969, il fut doublé par un second télésiège deux places, cette fois-ci issu du contructeur Poma et dont le tracé était plus court et décalé vers la gauche. Cette installation desservait directement le stade de slalom et permettait de ce fait de délester le télésiège des Escondus dans son rôle de desserte de ski propre.

Le télésiège des Escondus dans ses premières années d'exploitation. (© vars.over-blog.com)
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Le haut de la ligne. (© vars.over-blog.com)
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Vue en été, avec le télésiège de l'Ubac à côté. (© vars.over-blog.com)
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En parallèle au développement du secteur des Escondus, le secteur débutant des Claux vit aussi le jour. En 1967, le téléski des Claux est construit. Il dessert une piste verte et son tracé croise le télésiège des Escondus.
En 1969, deux téléskis sont érigés. Le premier, celui de l'Ubac, fût construit non loin du télésiège des Escondus pour ouvrir un espace débutants. Le deuxième appareil construit était appelé "Relais" et était conçu pour les plus petits. Il se trouvait à l'emplacement de l'actuel télésiège débrayable des Escondus.
En 1970, le téléski de l'Adroit est construit. Il desservait une large piste verte parfaitement adaptée aux débutants, mais avait également le rôle de joindre Vars les Claux au secteur de la Mayt via le téléski éponyme et le téléski du Lièvre (érigé l'année suivante).


Le téléski des Claux. (© vars.over-blog.com)
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Le téléski de l'Ubac dans son ensemble. (© vars.over-blog.com)
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Le bas de sa ligne avec le départ des télésièges Escondus et Ubac sur la gauche. (© vars.over-blog.com)

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Idem. (© vars.over-blog.com)
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Le téléski du Relais. (© vars.over-blog.com)
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Le même appareil vu sous un autre angle. (© vars.over-blog.com)
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La gare aval du téléski de l'Adroit. (© vars.over-blog.com)
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En 1978, un troisième télésiège est construit sur le front de neige des Claux. Conçu par Poma, il a la particularité de desservir deux versant. Un premier tronçon permet de doubler le téléski de l'Adroit et un deuxième double celui des Claux sur un plus long tracé. Il est à noter que ce tronçon coupait les deux télésièges Ubac et Escondus. Sa construction a par ailleurs entrainé le démontage du téléski de l'Ubac, devenu inutile.

Le tronçon montant sur le versant Ubac. (© vars.over-blog.com)
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L'embarquement intermédiaire. (© vars.over-blog.com)
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Suite à cette grosse vague de constructions, peu de changements interviennent sur le front de neige des Claux au début des années 80. Un petit téléski est tout de même érigé en 1983 : appelé "Baby ESF", il est comme son nom l'indique un appareil à usage unique de l'ESF pour les plus jeunes.

Le gros changement de Vars les Claux intervient en 1986 avec la construction de l'impressionnante télécabine des Chabrières, objet du reportage. Cette installation extrêmement moderne pour l'époque a apporté un grand souffle à cette station jusque-là dépourvue d'appareil débrayable. Elle fut construite sur un tout nouveau tracé. Nous reviendrons sur cette dernière plus tard dans ce reportage.

En 1995, les deux antiques télésièges Escondus et Ubac laissent place à un téléporté débrayable quatre places du constructeur Leitner. L'appareil reprend le même tracé que le télésiège des Escondus mais la gare aval est abaissée de quelques mètres vers l'aval afin de libérer de la place sur les pistes de retour et faciliter l'accès au départ de la remontée. En sept ans seulement, le front de neige s'est ainsi fortement modernisé.

La gare aval du télésiège débrayable des Escondus avec la télécabine en fond.
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L'année 2008 voit le raccourcissement du télésiège des Claux. En effet, le tronçon du côté Escondus était devenu trop dangereux de par ses pylônes implantés en milieu de piste. Il a donc tout simplement été supprimé entraînant une transformation de la gare intermédiaire en gare aval pour le tronçon montant de l'autre côté. Ce fut le seul gros chantier entrepris sur le front de neige entre 1995 et 2019.

L'installation une fois modifiée.
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La télécabine des Chabrières : une installation révolutionnaire

L'idée de la création d'un gros porteur sur le front de neige des Claux apparait durant les années 1980. En effet, les secteurs Mayt, Escondus et Crévoux n'étaient pas bien reliés entre eux. De plus, la station manquait d'un appareil à gros débit. Il a donc été décidé de créer la télécabine des Chabrières sur un tracé inédit. Prenant son départ sur le point le plus bas du front de neige, elle arrivait sur un petit plateau d'où il était possible de rejoindre tous les secteurs de la station. Le projet prévoyait la construction dès l'année suivante d'un second tronçon en direction du Pic des Chabrières. Cependant, les saisons suivantes furent marquées par un manque de neige important et par une baisse des recettes. De ce fait, le projet fut abandonné.

La télécabine dans ses premières années d'exploitation.
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Idem.
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Idem.
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Comme il est possible de le voir sur ces photos, le débit de l'installation était extrêmement bas à sa mise en service. Il fut augmenté en 1989 par l'ajout de 15 cabines face au succès de l'appareil et à l'arrivée de nouveaux lits dans la station. Cependant, il n'a jamais été poussé à son maximum. En effet, Chabrières avait été étudié pour monter jusqu'à 3400 p/h comme en témoigne ce document :

Image de la page de couverture de A&M 1987.
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À noter que les armoires de commandes avaient été rénovées lors de l'été 2001 pour la gare de départ et lors de l'été 2003 pour la gare amont.



Rôle et situation

Située au centre du front de neige des Claux, tout près de l'office de tourisme et des résidences, la télécabine avait pour principal vocation de hisser les skieurs vers les hauteurs. Elle était aussi très utilisée par les skieurs débutants du fait de la faible difficulté des pistes desservies. Depuis sa gare amont, il était possible de rejoindre la station de Risoul et les alpages de la Mayt via le télésiège éponyme. Les skieurs avaient également la possibilité de basculer sur les secteurs Peynier, Sibières et Crévoux ainsi que sur le célèbre Snowpark de la station. À noter également qu'un espace débutant d'altitude se trouvait en face de la gare d'arrivée.
Cette installation était aussi accessible aux piétons à la montée comme à la descente.

La télécabine desservait les pistes suivantes :

Marmottes : Rejoignant le télésiège de la Mayt, cette piste simple permet aussi aux skieurs les moins aguerris de s'exercer. Rejoignant la piste Cabris, elle permet également de basculer sur le versant de Peyniers.
Clapier : Très peu pentue, elle donne accès aux téléskis de Crévoux et au télésiège du Col de Crévoux. Tout comme Marmottes, elle est très utilisée par les débutants.


Situation de l'installation sur le plan des pistes :

Situation sur le plan des pistes vue de loin.
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Et de près.
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Caracatéristiques techniques

Caractéristiques administratives

TCD-Télécabine à pinces débrayables : Chabrières
Exploitant : SEM SEDEV
Constructeur : Poma
Maître d'oeuvre : MDP
Année de construction : 1986
Année de démantèlement : 2019

Caractéristiques d’exploitation

Saisons d'exploitation : Hiver & Été
Capacité : 12 personnes
Débit à la montée : 2000 personnes/heure
Débit à la descente : 2000 personnes/heure
Vitesse d'exploitation maximale : 5 m/s
Sens de montée : Par la droite

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 1850 m
Altitude amont : 2201 m
Dénivelée : 351 m
Longueur développée : 1373 m
Longueur horizontale : 1306 m
Pente maximale : 61 %
Pente moyenne : 26.88 %
Portée maximale : 229.0 mètres
Survol maximal : 30.0 mètres
Nombre de pylônes : 14
Temps de trajet : 4 minutes 36 secondes

Caractéristiques techniques

Emplacement motrice : Aval
Puissance de l'entraînement (en continu) : 424 kW
Emplacement tension : Amont
Type de tension : Hydraulique
Nombre de vérins : 2
Tension nominale : 49480 daN
Pression nominale : 121 bar

Véhicules

Nombre de véhicules : 35 (20 avant 1989)
Intervalle entre sièges : 108 m (environ)
Intervalle de temps entre cabines : 22 sec
Type de pince : Double pince TB50

Caractéristiques du câble

Fabricant du câble: Trefileurope
Diamètre du câble: 42.5 mm
Résistance à la rupture: 128 000 DaN (environ)



Rôle et situation

  • La gare aval

Située sur le front de neige des Claux, la gare aval était une des premières gares dites "compactes". En effet, à cette époque, les éléments mécaniques des gros porteurs étaient la plupart du temps intégrés à de vastes bâtiments. Pour cette télécabine, une simple couverture blanche avait été choisie pour une meilleure intégration paysagère.
Installée à l'étage de la salle des machines, elle était accessible via un escalier en fer. Les skieurs faisaient le tour du contour à pied via une passerelle en fer avant de rejoindre le quai d'embarquement. Cette position en hauteur permettait également de libérer un maximum de place sur le front de neige très fréquenté par les débutants.
À noter que la gare était munie d'une double contour pour le stockage du véhicule de maintenance.

La gare aval vue depuis la piste Petit Ubac.
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Vue lointaine du côté du télésiège des Claux.
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Depuis le télésiège des Escondus.
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Vue de côté.
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Et de l'autre.
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L'embarquement.
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Vue rapprochée, au pied des escaliers d'accès au front de neige.
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La gare depuis la route, du côté des caisses forfait.
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La gare de loin, depuis le restaurant "Le Mouton Noir".
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La zone de déchaussage des skis.
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Escaliers de montée et les bornes de contrôle des forfaits.
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Le quai de descente (Une partie de l'escalier étant réservée aux personnes ayant empruntées la télécabine à la descente).
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L'embarquement avec une partie du post de commande à droite.
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  • La ligne

Relativement courte, la ligne se composait de deux parties. La première, en sortie de la gare aval, était plutôt raide et évoluait en pleine forêt. La deuxième, quant à elle, traversait un grand plateau parsemé d'arbres jusqu'à l'arrivée. Composée de 14 pylônes, elle permettait de gravir 351 m de dénivelée sur une longueur de 1371m.


Les 3 premiers pylônes.
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La grande portée entre le pylône 3 et le pylône 4.
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Le P4.
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P5.
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P6 qui marque la fin de la pente.
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P7 et le grand plateau en arrière plan.
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Le P8.
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P9.
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P10.

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Portée P10 - P11.
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P11.
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P12.
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Les deux derniers pylônes (P13 & P14).
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Idem mais vu depuis le sol.
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L'arrivée en gare amont.
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  • La gare amont

Située en plein cœur d'un vaste plateau, la gare amont bénéficiait d'une position stratégique pour le domaine. Elle permettait l'accès à tous les secteurs de Vars mais aussi au domaine voisin de Risoul via le télésiège de la Mayt. Elle accueillait également un vaste garage permettant de décycler l'ensemble de la ligne lorsque cela s'avérait nécessaire et adoptait la même sérigraphie que la gare de départ. C'est ici que la tension du câble était assurée.

La gare d'arrivée vue depuis le Pic des Chabrières.
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Idem vue depuis Serre Banet.
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La gare de côté avec le garage en premier plan.
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Les lanceurs et les deux derniers pylônes.
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Vue de plus près.

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Gare de près avec une cabine dans le lanceur.
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Vue depuis les Heureux.
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Vue en contrebas.
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La cabane de surveillance avec la vue offerte depuis la zone de rechaussage des skis.
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Le débarquement.
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Idem vu de plus loin.
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Véhicules et pinces

La télécabine des Chabrières était équipée de 35 véhicules de 12 places reliés au câble par une double pince TB50. Il était assez rare que les cabines soient remplies à leur maximum du fait de leur relative petite taille. Elles ont changé plusieurs fois de sérigraphie allant du logo très coloré de l'époque au simple que l'on connait actuellement en passant par celui en bleu des années 2000. Un véhicule de service stocké dans le second contour de la gare de départ était également utilisé pour les opération de maintenance.

La pince.
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Une cabine.
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Croisement de deux véhicules.
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Le garage

Intégré à la gare amont, le garage permettait le décyclage de l'ensemble des véhicules en période de non exploitation ou de mauvais temps. Il était manuel et se décomposait en peigne. Il était aussi muni d'une zone de maintenance. Sa couverture était un prolongement de celle de la gare ce qui donnait une structure à l'allure très imposante.

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Vue des rails depuis le quai d'arrivée.

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L'exploitation estivale

L'appareil était également exploité l'été afin de desservir des pistes VTT et des itinéraires de randonnées. En raison de la fréquentation moins élevée qu'en hiver, une partie seulement des cabines était cyclée. Voici quelques photos de l'appareil en été.

Gare de départ avec l'office de tourisme.
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Vue depuis le front de neige, aménagé pour les activités estivales.
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Gare d'arrivée avec les quelques cabines laissées au garage.
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Gare amont vue de l'autre côté.
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Vue de Vars avec la télécabine sur la gauche.
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Conclusion

Véritable révolution à l'époque de sa construction, la télécabine des Chabrières a permis de développer le domaine skiable de la Forêt Blanche et de donner une toute nouvelle dimension à ce dernier. Une installation qui était moderne, rapide, confortable et débiteuse et qui avait pour objectif d'atteindre le Pic de Chabrières. Même si dernier n'a pas été atteint, l'installation est devenue la colonne vertébrale de Vars et une remontée mécanique mythique ! Cependant, elle était depuis quelques années une installation caprieuse et dont le débit et le confort ne répondaient plus aux attentes de la clientèle.
C'est donc après 33 ans de bons et loyaux services qu'il était temps pour la télécabine des Chabrières de tirer sa révérence. Depuis 2019, c'est un télémix Leitner qui assure le rôle d’ascenseur et de vitrine pour le domaine skiable de Vars.


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Reportage : Le Risoulien
Photos estivales : Clément05
Photos historiques : Monchu et Varsblog



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