En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir plus

 TCD12 du Prorel

Briançon (Serre Chevalier Vallée)

Poma

T3 ES
Description rapide :
La télécabine du Prorel est l'appareil central du secteur de Briançon. Partant de la ville, elle monte jusqu'aux alpages de la Croix de la Nore pour desservir un vaste secteur s'étageant de 2400 à 1200 m d'altitude. La création de cet appareil s'est faite en même temps que la totalité du domaine skiable de Briançon, en 1989.

Options techniques :
  • Gare intermédiaire 2 brins
Mise en service en : 1989

Suivre la discussion sur le forum


Localisation(s)
Photo



Partie 1
Auteur de ce reportage : Clément05
Section écrite le 01/04/2017 et mise à jour le 08/04/2017
(Mise en cache le 11/04/2017)

Bonjour, je vous présente un reportage sur la…

Image

Au sommaire :


  • Serre Chevalier Vallée
  • La télécabine du Prorel
  • Le domaine skiable de Briançon : un aménagement contesté mais nécessaire
    La télécabine du Prorel : l’appareil phare de Briançon
    Caractéristiques
  • Ligne et infrastructures
  • Le complexe de la gare aval
    La gare aval
    La ligne du 1er tronçon
    La gare intermédiaire
    La ligne du 2nd tronçon
    La gare amont
    Cabines et pinces
    Autres vues
    L’exploitation estivale
    Au cœur de la télécabine du Prorel
  • Conclusion et remerciements


Serre Chevalier Vallée

La station de Serre Chevalier Vallée est située dans les Hautes-Alpes, à environ 3h30 de route de Marseille et de Lyon.

Implantée dans la vallée de la Guisane, affluent de la Durance prenant sa source au Col du Lautaret, Serre Chevalier Vallée se compose de 3 ensembles de villages, Chantemerle, Villeneuve et Le Monêtier-les-Bains, et d’une ville, Briançon. Le domaine s’étend sur 250 kilomètres de pistes tous niveaux. Celles-ci alternent murs en forêt, chemins avec vue imprenable sur la vallée de la Guisane et de la Durance et champs de bosses pour les skieurs les plus expérimentés.
Ces pistes sont desservies par 61 remontées mécaniques allant du tapis roulant à la nouvelle télécabine de Ratier. Le domaine compte d’ailleurs le premier DMC au monde, celui du Pontillas. Les remontées mécaniques de Serre Chevalier Vallée sont composées de 7 tapis et télécordes, de 26 téléskis, de 11 télésièges à pinces fixes, de 10 télésièges à pinces débrayables, de 5 télécabines, d’un DMC et d'un téléphérique exploité uniquement en été.

L’histoire de Serre Chevalier Vallée a commencé en 1941 avec l’inauguration du premier téléphérique, reprenant le nom du sommet qu’il atteint : le Serre Chevalier. Ensuite, le développement de la liaison avec Villeneuve et des secteurs de l’Aravet, du Prorel et des combes au-dessus de Serre Ratier s’est accéléré jusqu’à l’incendie du téléphérique en 1983. En cette année, la décision est prise d’ouvrir la liaison avec Le Monêtier-les-Bains avec l’installation de plus de 12 remontées mécaniques ! De plus, un nouveau téléphérique est construit sur le tracé de l’ancien. Celui-ci réutilise beaucoup d’éléments du premier appareil. 1983 restera l’une des dates importantes dans la création de Serre Chevalier.
En 1989, le domaine de Briançon est créé avec l’installation de 9 remontées mécaniques dont le fameux télésiège de Puy Chalvin (qui n’a pas fait une saison et qui a été revendu par la suite). Depuis 2004, la station est gérée par la Compagnie Des Alpes (CDA) qui renouvelle progressivement le parc de remontées mécaniques de Serre Chevalier, la plupart des appareils datant des années 80. Les investissements se poursuivent et la station réaménage tous les secteurs du domaine afin d’optimiser encore les liaisons.

Image
Briançon, ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, depuis la piste de la Grande Gargouille.

La télécabine du Prorel

Le domaine skiable de Briançon : un aménagement contesté mais nécessaire

L’aménagement d’un secteur de ski au-dessus de Briançon n’est pas une idée nouvelle : les briançonnais y ont pensé dès le début des années 70 ! A cette époque, Pierre Dijoud, alors maire de Briançon et député des Hautes-Alpes, est un fervent partisan de l’ouverture d’un espace skiable sur le Prorel et connecté au domaine de Serre Chevalier. En janvier 1977, le projet commence à prendre forme avec le lancement d’un premier appel d’offre. Le projet, étoffé en mars, comporte 6 remontées mécaniques : une télécabine de Briançon arrivant dans les environs du sommet du Mont Prorel, un télésiège et 4 téléskis dans le Bois du Prorel et à Serre Pelat. Côté hébergements, le programme comprend notamment 2000 lits touristiques à Pra Long. Cet aménagement, situé sur la commune de Puy-Saint-Pierre, est abandonné en 1982 face à l’opposition des habitants de la commune.

Dans les années 80, Robert de Caumont, alors député à son tour du département des Hautes-Alpes, modifie à nouveau le projet du Prorel (en accord avec Dijoud) : la télécabine ne ferait qu’un tronçon et aurait sa gare amont à Pra Long tandis que la gare aval serait placée au Cros (environs de la gare aval de l’actuelle télécabine). Caumont souhaite ensuite voir la construction d’un télésiège dans la suite de la télécabine pour arriver sur le haut des alpages de Serre Pelat où serait construit un long téléski ainsi qu’un espace débutants. Le tout serait complété par deux longs téléskis dans le Bois du Prorel. Il faut noter qu’à l’époque, une liaison avec Chantemerle n’était pas prévue dans les différents programmes et l’aménagement du plateau d’altitude entre la Croix de la Nore et le Rocher Blanc n’était pas envisagé. Les personnes qui portent le projet rencontrent cependant l’obstacle financier qui est de taille pour les finances de Briançon : pas moins de 50 millions de francs sont nécessaires pour le financement de la première tranche.

Le projet ressort en 1984 lorsque Robert de Caumont est élu maire de Briançon. La principale modification concerne l’équipement du site vierge des Partias (finalement abandonné : le vallon a été classé réserve naturelle en 1993) ainsi que la construction de 500 lits touristiques entre Puy-Saint-Pierre et Puy-Saint-André. Sur le volet écologique, une fois que les pistes ainsi que les tranchées pour les remontées mécaniques ont été défrichées, 378 hectares du Bois du Prorel ont été classés en forêt de protection, la première de France. A partir de 1986, tout s’accélère : le 30 septembre 1986, la commission de concertation sur l’aménagement du Prorel parvient à un accord unanime sur l’équipement de ses pentes. Dans la ville, les habitants sont tous enthousiasmés par cet aménagement. Voyons en détail en quoi consiste réellement l’équipement des pentes du Prorel avec la brochure touristique de Briançon en date de 1988 :

Image
Projet d’aménagement de 1988 du secteur de Briançon.

Sur cette brochure, on peut voir que la télécabine a son tracé définitif (trait jaune) : partant de Briançon, elle rallie la Croix de la Nore par le biais d’une gare intermédiaire à Pra Long, non loin de Puy-Saint-Pierre. Côté télésièges (traits bleus), 3 sont projetés : celui de Puy Chalvin, de Rocher Blanc dont la gare amont n’a pas son emplacement définitif ainsi qu’un dernier devant relier Puy-Saint-Pierre au Serre Pelat. Ce dernier ne sera finalement pas réalisé. 4 téléskis (traits roses) sont également prévus : un à Serre Pelat, un autre pour les débutants à Pra Long. Les deux derniers sont dans le Bois du Prorel (le téléski du Stade, dont la gare aval n’est pas fixée) et à la Croix de la Nore pour assurer la liaison entre les pistes de Rocher Blanc et la face Est du Prorel. Le tracé de ce dernier n’est pas définitif et sera modifié par la suite. Il faut noter qu’en 1988, le téléski du Touron n’est pas encore envisagé dans les environs de la gare intermédiaire de la télécabine.
Côté pistes, sur le plateau, la bleue des Bergers n’est pas encore envisagée au contraire de la piste Chauvet qui serait une bleue (p9). Sa couleur va virer au rouge lors de l’ouverture du domaine tout comme le haut de la piste des Remparts. Quant à la piste des Couloirs, sa couleur passe du bleu au noir tout comme la bretelle en neige naturelle de la Grande Gargouille (cette dernière est la p2). La piste Yéti (p7) est d’abord envisagée rouge avant d’être rétrogradée en bleue. Egalement, il faut noter le projet d’ouvrir une piste rouge descendant à La Ribière (p5) avec mise en place d’une navette ramenant à la télécabine, piste qui ne sera pas tracée. Enfin, nous pouvons noter que la brochure ne montre pas les différentes pistes envisagées entre Puy Chalvin et Les Combes.

Voici deux vues d’architecte (DCSA) de la gare aval de la télécabine :

Image

En juin 1987, les travaux sont lancés : la télécabine mettra 2 ans à être construite. La construction du télésiège de Rocher Blanc sera expresse (fin des travaux de génie civil le 15 décembre 1987 et inauguration le 7 février de l’année suivante). Cependant, les travaux seront gênés par différentes tensions notamment sur les plans financiers et administratifs : le montage financier de l’aménagement est contesté au conseil municipal de Briançon et l’attribution des permis de construire de deux des trois gares de la télécabine est mise en doute par l’administration préfectorale. Un autre conflit concerne les habitants de Puy-Saint-Pierre qui en sont venus aux mains pour s’interposer aux travaux de la gare intermédiaire. Cette commune, associée à Briançon depuis 1974, s’en sépare le 1er janvier 1989.

Image
Le chantier de la gare intermédiaire en septembre 1988.

Côté logements, des hôtels sont construits dans Briançon ainsi qu’un grand bâtiment d’accueil en bas de la télécabine regroupant les différents services (stockage, caisses…). Un parking couvert est également bâti pour le stationnement des skieurs à la journée. C’est un vrai changement pour la partie basse de Briançon !
Le domaine skiable de Briançon est inauguré le 7 février 1989 : 7 remontées mécaniques entrent en service (la télécabine du Prorel, le télésiège de Puy Chalvin ainsi que les téléskis des Pitchounets, du Stade, du Touron, de Serre Pelat et de la Croix de la Nore). Côté pistes, la piste du Chemin de Ronde est finalement tracée ainsi que la piste bleue des Bergers qui part du Col du Prorel pour descendre jusqu’à Puy Chalvin. Dans un premier temps, la piste de la Grande Gargouille est classée noire. Sur le secteur de Puy Chalvin, 4 pistes sont projetées mais ne seront jamais tracées : le bas des Bergers, la Grande Boucle (qui passe par le hameau des Combes) ainsi que les pistes rouges Combes et Granges. Le secteur du Prorel sera complété en 1990 par le téléski de Serre Blanc (dont l’objectif est de doubler le télésiège de Rocher Blanc pour la liaison avec Chantemerle) et l’enneigement mécanique progressif des pistes (les premières seront la Vauban, la Briançonnaise qui est la partie haute de la Vauban, la Grande Gargouille entre Pra Long et le haut du téléski du Stade et l’espace débutants).

Pour conclure cette partie historique, voici le plan des pistes de Briançon pour la saison 1990/1991 :

Image

La télécabine du Prorel : l’appareil phare de Briançon

La télécabine du Prorel est la remontée mécanique principale du domaine de Briançon. Partant de la ville à 1200 mètres d’altitude, elle rejoint les alpages surplombés par le Mont Prorel (2566 m), étagés entre 2100 mètres (départ du télésiège de Rocher Blanc) et le col du Prorel à 2400 mètres d’altitude. Intéressons-nous maintenant à la face Est du Mont Prorel, qui est desservie en large majorité par la télécabine.

Ce secteur, boisé dans sa plus grande partie, regroupe des pistes tous niveaux allant du vert au noir. Les paysages qui s’offrent vont du Mont Chaberton en passant le Signal de Saint Chaffrey aux plus hauts sommets du Queyras, avec notamment l’impressionnant Pic de Rochebrune (3321 m). Sur ce secteur, le ski se pratique sur des pentes plutôt engagées (autour du téléski du Stade) comme plus douces (téléski de Serre Pelat), le tout étant généreusement ensoleillé jusqu’en milieu d’après-midi (le versant passe à l’ombre entre 14h et 15h30 selon la période de l’année). L’endroit se compose de 11 pistes et d’un espace débutants : 1 noire (Couloirs), 7 rouges (Chemin de Ronde, Club, Crocus, Croix Michel, Grande Gargouille, Remparts et Vauban), 3 pistes bleues (la partie basse de la piste bleue Chemin, Dame des Neiges et Yéti). Ces pistes sont desservies par 5 appareils : la télécabine du Prorel et 4 téléskis (Stade, Serre Pelat, Touron et Pitchounets). La clientèle visée par ce secteur est plutôt orientée vers tous les niveaux : les skieurs moyens peuvent se faire plaisir sur le Serre Pelat tandis que les skieurs confirmés peuvent dévaler les 1160 mètres de dénivelé entre le sommet et le départ de la télécabine.

Image
Vue globale sur la face Est du Mont Prorel depuis les remparts de la Cité Vauban.

La télécabine du Prorel 1 a l’important rôle d’accès au domaine : partant de la ville de Briançon, elle emmène les skieurs au plateau de Pra Long à 1625 mètres d’altitude. Pra Long constitue le plateau intermédiaire de Briançon où se trouvent un espace débutants et un restaurant. Le premier tronçon de la télécabine est d’ailleurs la seule remontée à partir de Briançon, ce qui en fait une remontée névralgique du secteur. En effet, si elle vient à fermer à cause de mauvaises conditions météorologiques ou d’une panne, le seul moyen d’accéder au domaine est de le rejoindre par Chantemerle en navette. Le Prorel 1 permet également la descente des skieurs qui ne souhaitent pas emprunter la Vauban (ou si elle est fermée) ainsi que les débutants. L’appareil est ouvert les jeudis des vacances de février pour du ski nocturne avec des animations sur le plateau de Pra Long.
La télécabine du Prorel 1 dessert une piste :
- Vauban : La Vauban est la piste de retour station vers Briançon. Alternant descentes et replats, elle est plutôt agréable car en face de la ville et des fortifications de Briançon. Le point noir de cette piste est le bas, puisque le retour sur la télécabine s’effectue par trois escaliers non mécaniques, ce qui fait que la fréquentation de la piste reste limitée en dehors des heures de retour station (midi et soir). Il faut noter que cette piste est ouverte une fois par semaine lors des vacances de février pour du ski nocturne entre 19h30 et 22h30.
En plus de cette piste, la télécabine donne accès à l’espace débutants de Pra Long et au téléski du Touron qui permet, lorsqu’il est ouvert, d’accéder au téléski du Stade.

La télécabine du Prorel 2 est orientée vers le plateau d’altitude : partant du plateau de Pra Long, elle dépose les skieurs à 2360 mètres d’altitude. En haut, un plateau de ski avec 2 télésièges et un téléski est accessible. Très ensoleillé, cet espace de ski est très prisé des skieurs en plus de la vue offerte sur la vallée de la Durance. Le télésiège de Rocher Blanc et le téléski de Serre Blanc permettent de rejoindre Chantemerle et le reste du domaine de Serre Chevalier Vallée. Le second tronçon de la télécabine est donc aussi important que le premier puisque c’est le seul appareil à donner accès au plateau d’altitude. Donc, comme pour le premier tronçon, en cas de fermeture de la section supérieure de la télécabine, la liaison avec Chantemerle se fait en navette mais les skieurs ont tout de même accès aux téléskis du Stade et de Serre Pelat (sous réserve d’ouverture évidemment). Egalement, la télécabine est ouverte à la descente et est assez fréquentée par les débutants skiant sur le plateau d’altitude, les piétons et les skieurs ne souhaitant pas descendre les pistes rouges de la face Est du Mont Prorel.
La télécabine du Prorel 2 dessert trois pistes :
- Couloirs : Cette piste est très pentue et jamais damée, ce qui la rend très agréable pour les bons skieurs.
- Grande Gargouille : Cette piste est la principale desservie par la télécabine. Totalisant un dénivelé de 752 m, elle se compose de murs engagés forts agréables à descendre. La partie en aval de la séparation avec la piste de la Croix de Michel est parfois réservée par le CSHB (Club de Sports d’Hiver de Briançon) pour des compétitions ou des entraînements.
- Pelvoux : Piste verte agréable par son ensoleillement généreux, elle permet d’accéder au télésiège de la Croix de la Nore et au téléski de Serre Blanc. Dans le prolongement de la Pelvoux, la piste bleue des Bergers donne accès au télésiège de Rocher Blanc.

Comme nous l’avons vu, la remontée est également ouverte aux piétons : l’appareil dessert des itinéraires ouverts à ces derniers ainsi qu’aux adeptes des raquettes :
- Depuis la gare intermédiaire : la boucle de Pra Long, avec un tracé en balcon autour de Puy-Saint-Pierre.
- Depuis la gare amont : la boucle de Notre-Dame des Neiges, donnant accès à la chapelle du même nom avec un magnifique panorama sur la vallée de la Durance.

Situation sur le plan des pistes hivernal :

Image
Vue globale. Les points rouges permettent de situer les différentes gares. Plan Atelier Pierre Novat

Image
Situation de la télécabine sur le secteur de Briançon. Plan Atelier Pierre Novat

Image
Zoom sur le secteur de Briançon pour voir les pistes desservies. Plan Atelier Pierre Novat

En été, la télécabine du Prorel est ouverte pour permettre aux piétons de découvrir les panoramas s’ouvrant de l’Embrunais aux Alpes du Nord en passant par l’Italie. La remontée donne également accès à des sentiers à la descente, notamment les sentiers des Oratoires (entre Briançon, Puy-Saint-Pierre, le Serre Pelat et la chapelle Notre-Dame des Neiges) et des Queyrelles (le sentier passe d’abord par le hameau des Queyrelles et le bois du Prorel). Contrairement aux autres remontées de Serre Chevalier Vallée ouvertes en été, la télécabine du Prorel ne dessert aucune piste pour les VTT.

Situation sur le plan estival :

Image
Vue globale.

Image
Zoom sur le secteur de Briançon : les sentiers piétons sont identifiés en jaune.

Caractéristiques

Voici les caractéristiques de l’appareil :

Note : Les caractéristiques à gauche du / sont celles du premier tronçon et celles à droite du / sont celles du deuxième tronçon. S'il n’y a pas de /, c’est que la caractéristique est commune aux deux tronçons.

- Caractéristiques Administratives

TCD – Télécabine à pinces débrayables : PROREL 1 / PROREL 2
Maître d’œuvre : Creissels
Exploitant : SCV Domaine Skiable
Constructeur : Pomagalski
Année de construction : 1989

- Caractéristiques d’Exploitation

Saison d'exploitation : Hiver et été
Capacité : 12 personnes
Débit à la montée : 2400 personnes/heure
Débit à la descente : 2400 personnes/heure
Vitesse d'exploitation : 5 m/s

- Caractéristiques Géométriques

Altitude aval : 1212 m
Altitude intermédiaire : 1627 m
Altitude amont : 2355 m
Dénivelé : 415 m / 728 m
Dénivelé total : 1143 m
Longueur développée : 1217 m / 2367 m
Longueur totale : 3584 m
Pente maximale : 75 % / 52 %
Pente moyenne : 39 % / 33%
Temps de trajet : 3 min 55 s / 7 min 36 s
Temps de trajet total : 11 min 31 s

- Caractéristiques Techniques

Type de gare : Romagnaix
Emplacement tension : Aval et amont
Type de tension : Hydraulique
Emplacement motrice : Intermédiaire
Type de motorisation : Continu
Puissance développée : 501 kW / 820 kW
Sens de montée : Gauche
Embarquement : De plain-pied
Nombre de pylônes : 16 / 24
Nombre de pylônes total : 40
Dispositif d’accouplement : Double-pinces TB50
Nombre de cabines : 102
Espacement : 90 m

Ligne et infrastructures

Le complexe de la gare aval

Autour de la gare aval, un grand complexe accueillant différents services a été construit. Il est situé de part et d’autre de la Guisane, les deux parties étant reliées par une passerelle à deux niveaux (le niveau supérieur pour les piétons et celui inférieur pour les voitures). Côté Briançon de la Guisane se trouvent les magasins de location de skis, les caisses ainsi qu’une vaste place d’accueil pour les skieurs. De l’autre côté de la passerelle, l’espace est occupé par un parking souterrain de 180 places et quelques places à l’air libre. Un accès depuis la N94 a été créé pour les gens venant de Gap, tandis que les gens qui viennent de Grenoble ou de Turin doivent passer par l’avenue René Froger et la passerelle. Au niveau le plus haut, une place pour les écoles de ski a été créée, des caisses ainsi que la zone d’attente pour embarquer dans la télécabine.

Image
Le grand bâtiment abritant les magasins de ski et les caisses ainsi que des appartements.

Image
La grande passerelle permettant d’accéder, pour les piétons, à la télécabine et pour les voitures, au parking du Silo du Prorel.

Image
Vue sur la passerelle réservée aux voitures.

Image
La gare aval de la télécabine depuis l'extrémité de la passerelle.

La gare aval

La gare aval de la télécabine est la station tension du premier tronçon. Celle-ci est réalisée par deux vérins hydrauliques contrôlés par une centrale de tension. Techniquement, c’est également dans cette gare qu’est assuré le cadencement par la chaîne d’entraînement des cabines (les taquets ne sont présents qu’à intervalles réguliers). Placée en plein cœur de Briançon et sur la rive du côté du Prorel de la Guisane, elle est accessible aussi bien depuis l’autre côté de la rivière (par un escalator et la passerelle) que depuis les parkings (par des escaliers ou un ascenseur). La gare est de type Romagnaix Tempête, un style unique en son genre : il se caractérise par une forme élancée pour donner de l’allure à la gare. L’accès à l’embarquement depuis la piste Vauban se fait par trois escaliers qui permettent de traverser la N94 sans se préoccuper des véhicules circulant dessus. La station de départ est en hauteur afin d’optimiser au maximum l’espace : sous la gare ont en effet été construits des locaux de stockage et pour l’exploitation ainsi qu’une partie des espaces de stationnement.

Image
La gare aval depuis la place d’accueil du côté Briançon de la Guisane. A gauche, on peut voir l'extrémité du parking souterrain.

Image
Vue globale sur la gare aval depuis la passerelle avec la ligne en arrière-plan.

Image
La station de départ en arrivant de la piste rouge Vauban.

Image
Vue depuis la sortie du parking souterrain.

Image
Vue sur le début du lanceur et la cabane de conduite.

Image
L'extrémité du lanceur et les trompettes. On se rend bien compte de la hauteur à laquelle la gare est perchée !

Image
Retour sur la passerelle : vue sur le contour.

Image
Le quai de débarquement à la descente.

Image
L’accès à l’embarquement.

Image
L'arrière de la gare : on peut voir de loin le quai d’embarquement ainsi que la cabane de conduite.

Image
Le quai d’embarquement.

Image
Le lanceur.

La ligne du 1er tronçon

La ligne du premier tronçon se compose de 16 pylônes.
Elle débute par une forte pente permettant de franchir la N94. La pente est imprimée par les deux premiers pylônes, disposés en « V » afin de les ancrer sur un massif commun. Après le franchissement de la piste Vauban, la ligne passe le long du hameau des Queyrelles. Le pylône 8 imprime la pente pour rejoindre la gare intermédiaire. Le tracé passe alors sous une ligne à haute tension sur un terrain en dévers. La grande portée qui suit le pylône 12 permet de franchir un replat et de se diriger vers les deux derniers pylônes : les numéros 15 et 16, bipodes chacun. Il faut noter que cette portion de ligne ne suit pas le relief et reste à inclinaison constante alors que celle du terrain diminue : ceci permet au câble d’être dirigé vers les deux derniers pylônes avec une hauteur suffisante pour entrer en gare intermédiaire (l’ensemble lanceur/ralentisseur du premier tronçon est assez haut). Il faut noter que ces deux pylônes possèdent des potences de décâblage intermédiaires et ont leurs têtes reliées au niveau de la liaison entre celles-ci et les fûts.

Caractéristiques de la ligne :
P1 : 16C/16C
P2 : 16C/16C
P3 : 8S/8S
P4 : 8S/8S
P5 : 4S/4S
P6 : 8S/8S
P7 : 6S/6S
P8 : 8C/8C
P9 : 4S/4S
P10 : 6S/6S
P11 : 4S/4S
P12 : 8S/8S
P13 : 8S/8S
P14 : 4S/4S
P15 : 12S/12S
P16 : 12S/12S

S : balancier support
C : balancier compression


Image
Vue globale sur la ligne du premier tronçon depuis le haut de la passerelle du Prorel.

Image
Les deux premiers pylônes depuis la passerelle venant de la piste Vauban.

Image
Depuis la sortie du parking souterrain.

Image
Vue sur les premières portées avec le P3.

Image
Le P4, la pente se redresse.

Image
Le P5, on s’apprête à croiser la piste Vauban.

Image
La portée de P5 à P6 avec la piste Vauban.

Image
Vue arrière sur le début de ligne avec la ville de Briançon et les sommets de l’Infernet et du Janus en arrière-plan.

Image
Le P6.

Image
Le hameau des Queyrelles à gauche.

Image
Le P7.

Image
Les pylônes 8 et 9 inclinent puis stabilisent le câble.

Image
La pente est plus forte.

Image
Le P10, on commence la portion en dévers.

Image
Le terrain devient de plus en plus en dévers.

Image
Le P11, avec la ligne électrique à l'arrière.

Image
Le P12 qui précède la portée la plus longue du premier tronçon.

Image
Dans la portée.

Image
le P13, la gare intermédiaire est au fond.

Image
On s’approche de la station.

Image
Le P14, d’une hauteur déjà importante.

Image
Vue globale sur les P15 et P16 et la gare intermédiaire.

Image
Les têtes des deux pylônes.

Image
Ces deux pylônes depuis la piste rouge Vauban.

Image
L’entrée en gare intermédiaire.

La gare intermédiaire

La gare intermédiaire est la principale gare de la télécabine. Elle comporte en effet le garage à cabines ainsi que les motorisations des deux tronçons. Nous reviendrons plus en détail sur les aspects techniques de la gare dans les parties adéquates. La station intermédiaire est placée sur le plateau de Pra Long à environ 1630 mètres d'altitude dans un imposant bâtiment. Celui-ci est visible depuis Briançon, notamment l’arrivée du premier tronçon qui est très aérienne. La face Est du bâtiment est peinte en blanc tandis que de l’autre côté, des illustrations montrant le principe d’un affut (canon, en rapport avec l’histoire très chargée de la place forte de Briançon, liée en particulier à Vauban), donnant un côté moins dénaturant à la gare. A l’intérieur de celle-ci, les véhicules peuvent transiter d’un tronçon à l’autre ou bien repartir vers la gare aval ou amont. Les skieurs ont tous les choix possibles : débarquer ou embarquer dans n’importe quel sens sur les deux tronçons. Les quais sont accessibles par des escaliers directement depuis les pistes (montée), ou en passant sous les voies de cheminement des cabines (descente). La station permet aussi à la ligne d’effectuer un léger angle à gauche pour se diriger ensuite vers la Croix de la Nore. A gauche de la gare en montant, un large espace a été créé pour chausser et déchausser les skis avec une très belle vue sur Briançon et ses fortifications. Côté aménagements adjacents, la gare intermédiaire est aussi le lieu de stockage des dameuses, d’une partie des perches de téléskis ainsi que de la signalétique des pistes. Elle accueille également un poste de secours.

Commençons par des vues extérieures de la gare intermédiaire :

Image
La gare intermédiaire depuis la Cité Vauban.

Image
Depuis le haut de la passerelle du Prorel.

Image
La gare depuis les derniers mètres de la piste de la Grande Gargouille.

Image
Zoom sur le bâtiment.

Image
En descendant.

Image
Vue globale sur le garage à cabines, décoré par les schémas d’affut.

Image
La gare intermédiaire en arrivant du téléski des Pitchounets.

Image
Panorama de la gare intermédiaire : on commence par la fin du premier tronçon avec l’escalier descendant du quai de débarquement.

Image
L’escalier d’accès au second tronçon.

Image
Les canons du deuxième tronçon.

Image
Depuis la fin de la Grande Gargouille.

Image
L’accès à la descente.

Image
La gare intermédiaire en partant vers la piste Vauban.

Rentrons dans la gare à présent :

Image
Vue sur le quai de débarquement du premier tronçon.

Image
Vue globale sur le quai du transfert et le local de commandes à droite.

Image
Les cabines arrivant du premier tronçon avec des skieurs qui embarquent.

Image
Côté descente, arrivée d’une cabine de la deuxième section.

Image
Le quai du second tronçon…

Image
… et celui du premier.

Image
Revenons à la montée. Vue depuis le lanceur du deuxième tronçon.

La ligne du 2nd tronçon

Le deuxième tronçon se compose de 24 pylônes.
Les quatre premiers pylônes impriment une pente plutôt importante à la ligne. Les ouvrages 7 et 8 redressent la pente. Le tracé franchit ensuite les pistes Remparts et Croix Michel pour atteindre le P10. Assez haut, il comporte les mêmes dispositions que les deux derniers ouvrages du premier tronçon. Le multiplaire passe alors plus bas et est supporté par des pylônes intermédiaires. Après les pylônes 11, 12 et 13, la ligne entame deux longues portées autour du P14. Il constitue le plus haut ouvrage du tracé et est de type tripode. Le multiplaire passe alors à nouveau plus bas, comme autour du P10. Cette partie de la ligne est assez exposée aux vents. Après le survol du Chemin de Ronde, la ligne se redresse doucement jusqu’à la gare amont. La principale particularité de cette portion est le P17 qui est installé à un endroit délicat et dispose d’un accès spécial depuis le sol. Puis, jusqu’à l’arrivée, la télécabine longe la piste noire des Couloirs jusqu’à la station d’arrivée.

Caractéristiques de la ligne :
P1 : 12C/12C
P2 : 12C/12C
P3 : 12C/12C
P4 : 12C/12C
P5 : 4S/4S
P6 : 6S/6S
P7 : 6S/6S
P8 : 8S/8S
P9 : 8S/8S
P10 : 12S/12S
P11 : 4S/4S
P12 : 4S/4S
P13 : 8S/8S
P14 : 12S/12S
P15 : 8S/8S
P16 : 8S/8S
P17 : 8S/8S
P18 : 8S/8S
P19 : 6S/6S
P20 : 8S/8S
P21 : 6S/6S
P22 : 6S/6S
P23 : 8S/8S
P24 : 8S/8S

S : balancier support
C : balancier compression


Image
Vue globale sur le second tronçon depuis les remparts de la Cité Vauban.

Image
Les quatre premiers pylônes.

Image
La portée vers le P5.

Image
Le P5.

Image
La pente reste importante.

Image
Le sixième pylône.

Image
Une portée un peu plus longue.

Image
Les pylônes 7 et 8 qui redressent la ligne.

Image
La ligne est moins pentue.

Image
Le P9.

Image
Une portée plus longue, le multiplaire passe plus bas. On survole alors la piste rouge des Remparts.

Image
Vue arrière sur la ligne.

Image
Le P10, assez haut.

Image
La tête de pylône, avec ses potences de décâblage intermédiaires.

Image
La portée vers le P11.

Image
Le P11, le multiplaire revient sur les potences des pylônes.

Image
Le P12.

Image
La portée vers le P13, toujours entre les mélèzes.

Image
Le P13, assez haut une fois encore.

Image
La grande portée vers le P14, qui est au loin. Le multiplaire est à nouveau au niveau du sol.

Image
Le massif P14 avec sa structure tripode.

Image
La tête de pylône.

Image
Depuis la piste des Remparts.

Image
Vue de face. On se rend bien compte de sa hauteur.

Image
Le pylône de côté.

Image
Depuis l’aval.

Image
On survole la piste des Remparts.

Image
La vue sur Briançon et les sommets environnants est impressionnante.

Image
Le P15.

Image
On approche de la piste du Chemin de Ronde.

Image
Le P16, la piste est juste derrière.

Image
On aborde une partie à flanc de falaise, avec la piste de la Grande Gargouille à droite.

Image
Le P17, avec son emplacement délicat.

Image
La portée vers le P18 avec la piste noire des Couloirs à droite.

Image
Le P18.

Image
Les mélèzes se font presque absents.

Image
Le P19, avec la Croix de la Nore en haut à droite.

Image
La ligne se redresse.

Image
Le P20.

Image
On arrive sur le plateau d’altitude.

Image
Le P21 avec la gare amont au loin.

Image
Le P22 avec les premiers mètres de la Grande Gargouille.

Image
Le P23.

Image
Le dernier pylône, le n°24.

Image
La gare amont depuis la ligne.

La gare amont

La gare amont est la station tension du second tronçon. Elle est identique en tous points à la gare aval, que ce soit au niveau de la circulation des véhicules en gare que du système de tension. La station d’arrivée est implantée sous le Mont Prorel (2566 m) et la Croix de la Nore, ce qui permet une desserte idéale du plateau d’altitude. Il faut noter que lors de l’installation du télésiège de la Croix de la Nore en 2015, une bretelle d’accès à la Grande Gargouille a été créée derrière le poste de secours afin d’éviter aux skieurs venant du télésiège de traverser la zone de chaussage des skis de la télécabine. A l’arrivée de cette dernière, nous retrouvons donc un poste de secours ainsi que des locaux de stockage sous la gare. Depuis la station d’arrivée, la vue offerte sur la vallée de la Durance est grandiose.

Image
Le ralentisseur.

Image
Le quai de débarquement.

Image
La came d’ouverture des portes.

Image
Vue sur la sortie de la télécabine et l’accès à la descente à gauche.

Image
La zone de chaussage des skis.

Image
Vue large sur la gare en venant du télésiège de la Croix de la Nore.

Image
Zoom sur la gare avec les derniers pylônes derrière.

Image
En descendant.

Image
La gare de côté.

Image
Vue sur l’avant de la gare et sur le lanceur.

Image
L’avant de la gare en partant de la piste de la Grande Gargouille.

Image
L’arrière de la gare en partant vers la piste verte Pelvoux.

Image
La gare de côté.

Image
En descendant.

Image
La station amont depuis l’arrivée de l’ancien téléski de la Croix de la Nore.

Image
Zoom sur la gare.

Cabines et pinces

La télécabine du Prorel est équipée de 102 cabines CWA Béta d’une capacité théorique de 12 personnes. Sur le premier tronçon, 38 cabines peuvent être cyclées au maximum tandis que le deuxième accueille le reste, soit 64 véhicules. Ils sont reliés au câble par une double pince TB50.

Image
Une cabine en sortie de gare amont.

Image
En ligne.

Image
Vue sur une double pince TB50.

Image
De dessous depuis la cabine.

Image
Le véhicule de service.

Autres vues

Voici maintenant des photos de la télécabine depuis les pistes Couloirs, Grande Gargouille, Remparts et Vauban.

Image
La fin de la ligne depuis les premiers mètres de la Grande Gargouille.

Image
Début de la descente depuis la piste noire des Couloirs.

Image
Vers l’aval avec le Pic de Rochebrune (3321 m) au fond.

Image
Le pylône 17 depuis la piste de la Grande Gargouille.

Image
La portée entre les pylônes 14 et 15 depuis la disjonction entre les pistes Remparts et Grande Gargouille.

Image
Cette même portée depuis les environs du P14.

Image
Le P14 depuis la piste des Remparts.

Image
Les cabines avec le Janus à droite et le Signal de Saint Chaffrey derrière.

Image
Les portées entre les pylônes 13 et 16 depuis la piste des Remparts.

Image
Le survol de la piste des Remparts en aval du P10.

Image
Vue vers le P9.

Image
Le bas du premier tronçon depuis la piste Vauban.

Image
Vue vers la gare intermédiaire sur la majeure partie de la première section.

Image
Le P5.

Image
Fin de la descente face au P3…

Image
Vue sur la gare aval sans cabines, le soir.

Partie 2
Auteur de ce reportage : Clément05
Section écrite le 03/04/2017 et mise à jour le 11/04/2017
(Mise en cache le 11/04/2017)

L’exploitation estivale

En été, la télécabine est exploitée avec à peu près 1/3 des cabines. Des trains de véhicules sont ouverts au public tandis que d’autres cabines sont fermées, ce qui permet de faciliter une éventuelle évacuation verticale. La vitesse d’exploitation estivale est de l’ordre de 3 à 3,5 m/s ce qui permet de monter tranquillement vers les sommets. Voici quelques images de la télécabine dans son environnement estival :


  • La gare aval


Image
La station de départ depuis la passerelle.

Image
La gare aval en venant de la piste rouge de Vauban.

Image
Depuis la ligne.


  • La ligne du 1er tronçon


Image
La portée vers le P6.

Image
La compression au niveau du P8.

Image
La grande portée vers le P13.

Image
Les deux derniers pylônes du premier tronçon.


  • La gare intermédiaire


Image
La gare intermédiaire depuis la fin de la Grande Gargouille.

Image
De l’autre côté.

Image
La gare depuis l’ancienne piste des Cordeliers.

Image
De trois quarts.


  • La ligne du 2nd tronçon


Image
Les P7 et P8.

Image
La portée vers le P10.

Image
La portée vers le pylône tripode.

Image
Vue sur Briançon depuis le P17.

Image
Vers le P18.

Image
Les derniers pylônes.


  • La gare amont


Image
Vue sur l’avant de la gare.

Image
La gare amont.

Image
La station d’arrivée avec le Mont Prorel derrière.

Image
La gare amont depuis les environs du télésiège de la Croix de la Nore.

Image
Zoom sur la gare.


  • Panorama visible depuis le sommet du Mont Prorel (2566 m) et la Croix de la Nore (2404 m)


Image
Vue vers le Sud Est, en direction du Queyras.

Image
Vue sur Briançon et les sommets qui entourent la ville.

Image
Vue vers les Ecrins et la vallée de Serre Chevalier.

Image
Zoom sur Serre Ratier.

Au coeur de la télécabine du Prorel

Tension des câbles

La tension du câble est réalisée dans la gare aval pour le premier tronçon et dans la gare amont pour la section haute. Le câble est mis en tension par deux vérins contrôlés par une centrale hydraulique de tension. La poulie tension est encagée et montée sur deux rails afin qu’elle puisse se déplacer et ainsi modifier la tension du câble.

Image
La poulie tension.

Image
Du côté du ralentisseur.

Image
L’avant des deux vérins avec la poulie au premier plan.

Image
Le milieu des deux vérins.

Image
L'extrémité.

Image
La centrale hydraulique de tension, au fond de la gare.

Entraînement des câbles

L’entraînement des câbles se fait en gare intermédiaire, sous les voies de circulation des cabines. Chaque tronçon pouvant fonctionner de façon indépendante l’un de l’autre, chacun a sa chaîne cinématique propre. On retrouve sur le premier tronçon un moteur courant continu développant une puissance de 501 kW relié au réducteur via un arbre de transmission et un volant d’inertie équipé d’un frein de service. Le réducteur est un Poma Kissling et redirige la puissance vers l’arbre lent. De là, ce dernier transmet le mouvement à la poulie motrice qui entraîne le câble. Côté freins de sécurité, la poulie motrice est équipée de 2 freins de poulie. En cas de panne du moteur principal, un moteur thermique est disponible, qui peut être accouplé au réducteur afin de procéder à l’évacuation de la ligne. Sur le second tronçon, on retrouve la même chaîne cinématique aux seules différences qu’il y a deux moteurs électriques principaux développant ensemble une puissance de 820 kW et que la poulie motrice est dotée de 3 freins de sécurité. Ces différences sont dues à la longueur, au dénivelé et au nombre de cabines plus importants sur la section supérieure de la télécabine.

Image
Vue globale sur la chaîne cinématique du premier tronçon depuis l’accès à la descente : le moteur principal est à droite, le réducteur est au centre et le moteur de secours à gauche.

Image
Depuis la salle des machines.

Image
Le moteur électrique avec le réducteur à gauche.

Image
Vue rapprochée sur l'arbre rapide de transmission avec le volant d’inertie et le frein de service.

Image
Vue sur le contour du premier tronçon avec l’arbre lent au fond.

Image
Le moteur thermique du premier tronçon.

Image
Vue globale sur la chaîne cinématique de la seconde section : l’un des moteurs principaux est à gauche (le second n'est pas visible sur cette photo), le réducteur est légèrement caché derrière le mur et le moteur thermique est à droite.

Image
L’un des moteurs électriques avec la transmission vers le réducteur à droite.

Image
Vue lointaine sur le second moteur électrique courant continu.

Image
Le volant d’inertie du second moteur avec le frein de service.

Image
Vue en enfilade sur le réducteur avec au-dessus l’arbre lent et en dessous deux arbres rapides (qu'on devine derrière les grilles rouges) qui assurent l'accouplement entre le réducteur et soit un moteur principal, à droite, soit le moteur de secours à gauche.

Image
L’arbre lent au-dessus du réducteur.

Image
Depuis le quai, l’arbre lent traverse pour rejoindre la poulie motrice.

Image
Le moteur de secours du second tronçon.

Image
Avec le second moteur principal.

Image
La centrale de freins en gare aval.

Trainage des véhicules en gare

Dans cette partie, nous allons parler du traînage dans les gares aval et amont séparément de celui de la gare intermédiaire.
Les gares aux deux extrémités de la ligne comportent des traînages classiques des années 90 : lors des phases de débrayage et d’embrayage, la cabine est entraînée ou ralentie au moyen de poutres à pneus. Il faut noter que les gares sont inclinées vers l’avant pour profiter de la gravité. Dans les gares aval et amont se fait aussi le cadencement des cabines au moyen de la chaîne qui va entraîner les véhicules en gares. Pourvus de taquets sur la suspente, ces derniers sont poussés par la chaîne dans le contour et le long des quais à intervalles réguliers.
En gare intermédiaire, dans les contours et lanceurs/ralentisseurs des deux tronçons, le traînage se fait comme dans les gares d’extrémité.
Pour le transfert, un dispositif spécifique a été mis en place : prenons l’exemple du transfert du premier tronçon vers le second. Lorsque la cabine arrive au début du contour du premier tronçon, un aiguillage vers le transfert est ouvert et la chaîne du transfert est mise en mouvement. Un dispositif permettant de relever les taquets de la chaîne du transfert est mis en place tandis que la cabine continue son chemin, entraînée par la chaîne du premier tronçon. Ces pièces sont présentes en cas de marche désaccouplée : cela permet à la cabine de ne pas attraper un taquet du transfert (dans le cas d’une marche sans transfert, le dispositif du tronçon permettant de relever les taquets est désactivé en fin de contour, pour que la cabine ne s’arrête pas). Lorsque la pince arrive dans le transfert, la chaîne de celui-ci prend le relais de la chaîne du premier tronçon. La manœuvre est inverse dans le sens du transfert vers le second tronçon (ce sont les taquets de la chaîne du tronçon qui se lèvent). Les chaînes de transfert font des trajets quelque peu spéciaux puisqu’elles circulent à l’extérieur des voies de circulation des cabines. Côté descente, la chaîne de transfert permet également de faire entrer les cabines dans le garage et de les en sortir.

Voici deux photos des zones intermédiaires entre le transfert et une chaîne de tronçon :

Image
Vue éloignée d’une zone intermédiaire : en vert la chaîne du transfert, en cyan celle du deuxième tronçon et entourée en jaune la zone où la cabine change de chaîne (en rouge le dispositif de levage des taquets, ici désactivé, car les deux tronçons ne sont pas accouplés).

Image
Zone intermédiaire entre le transfert et le second tronçon.
En rouge : les dispositifs permettent de relever les taquets de la chaîne (ceux du second tronçon sont relevés)
En cyan : la chaîne du deuxième tronçon qui arrive du contour
En vert : la chaîne du transfert
En violet : les taquets présents sur la cabine pour que la chaîne l’entraîne


Image
Même image mais côté descente. Les taquets du transfert sont ici relevés.

Les prises de mouvement sur cette télécabine sont quelque peu spéciales : elles ne s’effectuent pas au moyen de galets entraînés par le câble mais ce sont les poulies elles-mêmes qui par l'intermédiaire de cardans et boitiers de renvoi entraînent, via des courroies, les poutres à pneus dont la vitesse doit être synchronisée avec le câble (pneus au niveau des cames). Voici un schéma expliquant le principe de fonctionnement :

Image
Légende :
- Flèches pointillées orange : sens de circulation des véhicules
- Flèches pointillées bleues : sens de redistribution des forces
- Trait rouge : cardan secondaire de liaison
- Traits violets : cardans secondaires vers les poutres à pneus
- Carrés verts : boitiers de renvoi de la transmission
- Trait jaune : cardan principal entre la poulie retour et le premier boitier de renvoi.


Image
La chaîne qui relie une poulie motrice au premier boitier de renvoi d'angle / réducteur en gare intermédiaire.

Image
Vue latérale du boitier/réducteur correspondant en gare aval.

La transmission du mouvement est toutefois un peu plus compliquée en gares aval et amont où est assurée la tension des câbles respectifs. En effet les éléments des stations qui doivent être mis en mouvement (trains de pneus) ont une position fixe, ce qui n'est pas la cas des poulies où s'effectuent les prises de mouvement, qui sont installées sur un lorry mobile. Il faut dès lors qu'un des éléments de transmission du mouvement puisse coulisser par rapport à un autre : ici c'est le cardan principal qui coulisse au sein d'un boitier de transmission particulier et pour qu'il y ait transmission du mouvement, ce cardan principal n'a pas une forme cylindrique mais est de section carrée.

Image
La poulie tension en gare aval avec le premier boitier/réducteur et, sur la droite, le cardan principal de section carrée.

Image
Dans le fond, l'élément de transmission particulier : il reçoit le mouvement du cardan principal qui peut coulisser en son sein et le transmet, dans sa partie inférieure, à un cardan traditionnel, ici très court et caché par le boitier de renvoi suivant.

Image
Sur la gauche, l'extrémité du cardan principal de section carrée avec en dessous (flèche orange) le petit cardan faisant la liaison avec le boitier de renvoi suivant. Les flèches vertes indiquent les cardans secondaires.

Image
Le boitier de renvoi à l'autre extrémité.

Voici maintenant des vues plus globales des poutres à pneus et des chaînes :

Image
Le ralentisseur en gare aval.

Image
Une banane de redirection du câble.

Image
Une cabine en fin de ralentisseur, prête à être entraînée par la chaîne.

Image
L’arrière du lanceur en gare aval. On peut constater l’inclinaison de celui-ci.

Image
Vue vers l’avant.

Image
Les pneus.

Image
Vue sur une trompette en gare aval avec 3 galets support.

Commandes

Chaque gare possède des commandes qui lui sont propres, la totalité étant centralisée à la gare intermédiaire (notamment en ce qui concerne la marche de secours). Dans les gares aval et amont, un tableau de commandes simple avec les boutons nécessaires en exploitation normale seule est présent (marche, arrêt, arrêt d’urgence, réarmement,…). La gare intermédiaire comporte les commandes nécessaires notamment au garage ainsi qu’au couplage des deux tronçons, en plus de celles qui servent en journée. Il faut noter qu’entre 2012 et 2013, les commandes de la télécabine du Prorel sont progressivement passées du pupitre aux commandes tactiles modernes de Semer.

Image
Les commandes en gare aval.

Image
Le tableau avec écran tactile du premier tronçon dans la gare intermédiaire.

Image
Vue rapprochée.

Image
Le pupitre du garage et du transfert.

Image
Le pupitre du deuxième tronçon.

Image
Des armoires de puissance en gare intermédiaire.

Garage

Le garage de la télécabine est donc situé en gare intermédiaire, dans un grand bâtiment directement relié aux voies de circulation. Il compte 8 voies permettant de ranger les 102 cabines que compte la remontée. L’espace comporte également une zone d’entretien des pinces afin de procéder aux réparations nécessaires sur les doubles pinces TB50.
Côté entraînement, entre les voies de circulation et le garage, deux chaînes par tronçon entraînent les cabines : une qui les amène vers le contour et une vers le garage. Celle qui permet de cycler les cabines sert également de chaîne de transfert et de décyclage du premier tronçon. Cela permet de cycler ou décycler simultanément les deux tronçons ce qui aboutit à un gain de temps considérable étant donné le nombre de véhicules à parquer ou à sortir (en effet, les cabines sont rangées tous les soirs en hiver).
Il faut noter que les gares aval et amont comportent chacune une petite voie de stockage permettant de ranger une cabine (mais elles ne sont jamais utilisées car les opérations de maintenance sont centralisées en gare intermédiaire).

Image
La zone intermédiaire entre la chaîne du second tronçon et le transfert en gare intermédiaire. La chaîne de cyclage et de transfert est au premier plan et celle servant au décyclage est derrière.

Image
Vue rapprochée.

Image
L’aiguillage pour cycler (à gauche) et décycler (à droite).

Image
Vue sur les chaînes en allant vers le garage.

Voici quelques vues générales du garage à présent :

Image
Le garage depuis le quai d’embarquement à la descente.

Image
Vue hivernale, lorsque toutes les cabines sont en ligne.

Image
Vue globale du garage.

Image
Depuis le fond. On peut voir les lests utilisés lors des essais en charge.

Image
Depuis le quai d’embarquement pour le premier tronçon.

Image
Vue sur une chaîne sur le côté du garage ainsi que sur les aiguillages pour diriger les cabines vers les différentes voies de stockage.

Image
Vue sur l’aiguillage permettant de diriger une cabine vers la zone de maintenance des pinces.

Image
Un ascenseur avec la zone d’entretien des pinces à gauche.

Image
La voie de stockage en gare aval.

Conclusion et remerciements

La télécabine du Prorel est une remontée névralgique sur le domaine skiable de Briançon : point incontournable du domaine, elle permet de monter de la ville de Briançon au plateau d’altitude. La gare intermédiaire, placée à Pra Long, permet de remonter au plateau d’altitude sans descendre la Vauban tout en desservant l’espace débutants. Comme nous l’avons vu, la télécabine est l’ascenseur par excellence du domaine skiable de Briançon et donne accès à la liaison vers Chantemerle (téléski de Serre Blanc et télésiège de Rocher Blanc). En plus de la liaison, la télécabine dessert une multitude de pistes pour tous skieurs, situées entre espaces baignés de soleil et mélèzes : la Grande Gargouille et les Couloirs satisferont les bons skieurs tandis que les débutants préféreront les pistes bleues des Bergers, le secteur de Serre Pelat ainsi que le plateau d’altitude dans son ensemble.
Cependant, la télécabine du Prorel commence à montrer ses limites, notamment au niveau du débit, des pannes mécaniques et de la vitesse en ligne : en effet, si la télécabine ne fonctionne pas à 5 m/s, le temps de trajet total (de Briançon à la Croix de la Nore) peut avoisiner les 16 minutes (il faut rappeler que la télécabine mesure plus de 3,5 kms). Au niveau des pannes mécaniques, la synchronisation des deux tronçons pour les accoupler (il faut exactement la même vitesse) pose souvent problème, ce qui impose de faire fonctionner la télécabine en deux tronçons séparés et ainsi de faire débarquer les skieurs en gare intermédiaire. L’espace d’embarquement étant relativement exigu, les queues peuvent vite s’allonger. Egalement, les escaliers en bas de la piste Vauban nuisent à sa fréquentation et à celle du premier tronçon qui n’a finalement plus qu’un rôle d’ascenseur.

Image
La télécabine du Prorel, une remontée centrale qui montre des signes de vieillesse.

Avant de terminer ce reportage, je tiens à remercier remontees qui m’a fourni de nombreuses photos techniques et estivales et qui a participé à la relecture finale. Je remercie également benbel qui m’a beaucoup aidé à finaliser la partie technique avec des précisions de premier plan. Remerciements spéciaux à l’équipe de SCV Domaine Skiable en charge de la télécabine (notamment Gérard de la gare intermédiaire qui me l’a faite visiter) ainsi qu’à Jean-Luc Jourdan, responsable de Briançon et de Chantemerle qui m’a aimablement fait visiter la gare aval lors de l’été 2016.

Texte & bannière : Clément05
Photos : remontees (les 14 et 18 juillet 2014) et Clément05 (les 19 février 2013, les 19, 24, 26, 30 et 31 Juillet 2016 et les 17, 18, 19, 20, 21 et 22 février 2017)

A bientôt.

© - 2017 – Clément05 – www.remontées-mécaniques.net



Suivre la discussion sur le forum


Appareils en relation :