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 TCD6 de Bellecôte

La Plagne (Paradiski)

Poma

T3 ES
Options techniques :
  • Gare intermédiaire 2 brins
Mise en service en : 1978

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Localisation(s)
Photo

Partie 1
Auteur de ce reportage : remontees
Section écrite le 05/07/2015 et mise à jour le 24/08/2015
(Mise en cache le 25/08/2015)

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Au sommaire du reportage :

  1. La Plagne : toute la station en onze stations !
  2. Historique : l'aménagement des glaciers de Bellecôte et de la Chiaupe
  3. L'incendie de 2005
  4. Bellecôte, la colonne vertébrale du secteur du glacier
  5. Ligne et infrastructures de la télécabine de Bellecôte
  6. Bellecôte, une télécabine dépassée



La Plagne : toute la station en onze stations !

La Plagne est l'une des plus grandes stations de la Savoie, située à cheval sur les communes de Bellentre, Aime en vallée de la Tarentaise et Champagny-en-Vanoise en vallée de Bozel. Reliée aux Arcs/Peisey-Vallandry par le téléphérique Vanoise-Express, elle propose un immense domaine skiable composé de 130 pistes et 115 remontées mécaniques entre 1230 et 3120 mètres d'altitude en haut du télésiège du Glacier sous le sommet de Bellecôte.

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^^ Découvrez une introduction plus détaillée de la station en cliquant sur le logo ^^



Historique : l'aménagement des glaciers de Bellecôte et de la Chiaupe

La station de la Plagne a ouvert officiellement le 22 décembre 1961. On y trouvait alors deux téléskis autour de la zone qui est actuellement le front de neige de Plagne Centre. Le téléski de la Lovatière desservait le front de neige et la zone débutante, et celui du Biolley permettait de skier sur des pentes plus importantes, aujourd'hui desservies par le télésiège débrayable du Bécoin. C'est l'entreprise phare de l'époque, Montaz-Mautino, qui a construit ces premières remontées mécaniques plagnardes.
Montaz-Mautino construit deux nouveaux téléskis l'année suivante : le Télé-École et le Z, tandis que le téléski de la Lovatière est supprimé. Le téléski du Z monte alors au-dessus du départ de l'actuel télésiège des Verdons Nord afin de desservir une large aire ensoleillée de ski propre facile. C'est notamment en 1962 que la piste de la Marie-Chantal est créée.
Le téléski du Cabri est venu doubler en 1964 le téléski du Z afin de créer une zone débutante à Plagne Centre.

C'est alors que la station de la Plagne, encore assez petite, parie sur l'ouverture d'un grand axe reliant Plagne Centre au sommet de la Grande Rochette, perché au-dessus d'immenses falaises. Pour y accéder, la SAP décide donc d'investir 8 millions d'anciens Francs pour installer un 2S, téléphérique débrayable très innovant et moderne pour l'époque.

Avec l'ouverture du téléski des Aollets en 1963, il était déjà possible de basculer vers le vallon de l'Ours par une piste bleue. Ainsi, en 1971, la SAP décide de construire le téléski des Colosses pour permettre le retour depuis la future Plagne Bellecôte vers Plagne Centre : il n'est plus obligatoire de descendre jusqu'aux téléskis des Bouclets 1 & 2 lorsque l'on emprunte la piste bleue du vallon de l'Ours. En 1973, c'est au tour du télésiège fixe 2 places de l'Arpette d'être construit afin de desservir de magnifiques pentes douces propices à la création de pistes bleues, mais aussi afin de pouvoir basculer vers le domaine de Montchavin-les Coches.
Dans le même temps, les pentes de la crête des Bourtes et de la Roche de Mio restent immaculées, alors que la SAP commence à réfléchir à son aménagement. C'est ainsi que la télécabine a ouvert en 1975, laissant la porte ouverte à l'accès aux glaciers de la Chiaupe et de Bellecôte. En effet, la télécabine de la Roche de Mio ne devait être à l'origine qu'un premier pas vers l'accès à cet espace naturel assez préservé.

Ainsi, après dix années d'études de glaciologie réalisées par le CNRS, les travaux d'aménagement ont été lancés, sous l'égide d'André Martzolf, alors directeur du service des pistes de la Plagne. Ce plan d'aménagement comprend la réalisation des deuxième et troisième tronçon depuis la Roche de Mio jusqu'au pied du glacier de la Chiaupe, à 3030 mètres d'altitude, pour un temps total de montée de 40 minutes depuis Plagne Bellecôte.

Mais la réalisation d'un domaine skiable est quand même rendue bien difficile sur ce secteur. Très excentré du reste de la station, il se situe à près de trois kilomètres de la Roche de Mio, point le plus proche du domaine principal. De plus, l'accès au secteur du glacier est verrouillé à l'aller comme au retour par l'obligation d'emprunter la télécabine de Bellecôte entre le col de la Chiaupe et la Roche de Mio.

La réalisation de cette télécabine devait être complétée par la réalisation de trois téléskis à enrouleurs par Mécalift, ainsi que deux télésièges fixes Pomagalski, le tout pour desservir six pistes. Sans compter les nombreux itinéraires hors-pistes également accessibles, tant vers la vallée de Champagny-en-Vanoise par le glacier du Cul du Nant, que vers Montchavin-les Coches par le Friolin (avec 2000 mètres de dénivelé), ou vers Peisey par la face nord de Bellecôte.
C'est donc un programme de création d'un domaine de grand ski qui est mis en œuvre dans cette deuxième partie des années 1970. Grand ski, qui comme il est précisé par la SAP, ne doit pas être appréhendé comme le reste du domaine étant donné la raideur des pentes et l'impossibilité pour le service des pistes de damer correctement les espaces balisés.

Voici deux photos d'époque avant aménagement du secteur du glacier :

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Le massif de Bellecôte en 1972 (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Le glacier de la Chiaupe en 1972 (cliché http://www.perso-laplagne.fr).


Au sommet de la télécabine de Bellecôte, le glacier de la Chiaupe est rapidement colonisé par trois téléskis construits la même année. Chiaupe permettait de desservir les pentes situées juste au-dessus de l'arrivée de la télécabine ainsi que d'accéder par gravité aux téléskis du Col 1 & 2 (le deuxième a été construit en 1989). Il était également prévu de construire un télésiège fixe 2 places Pomagalski derrière les téléskis du Col, sous le nom de l'Arête, mais celui-ci n'a finalement jamais été réalisé.

Voici quelques photos de la télécabine de Bellecôte pendant ses premières années d'exploitation :

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Le glacier de Bellecôte en 1978 avec la gare amont de la télécabine de Bellecôte à l'extrême gauche de la photo (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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La montée finale de la télécabine de Bellecôte. On aperçoit aussi la ligne des téléskis du Col ainsi que du télésiège de la Traversée. On devine aussi le tracé sur la gauche du téléski du Glacier de Bellecôte (D.R.).

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Vue d'ensemble de la ligne de la télécabine de Bellecôte depuis la Roche de Mio. On aperçoit sur la gauche l'arrivée du télésiège du Chalet de Bellecôte (D.R.).

Le glacier de Bellecôte est lui aussi aménagé, avec la construction dès l'origine du télésiège fixe 2 places de la Traversée, qui arrive sur le flanc ouest de Bellecôte, dès 1978. En même temps, le téléski à enrouleurs du Glacier de Bellecôte est construit à la perpendiculaire du télésiège afin de desservir les pistes.
Pour permettre de remonter au col de la Chiaupe depuis les pistes noires du glacier de Bellecôte, le télésiège du Chalet de Bellecôte a été construit en 1978, et desservait également deux pistes dont une rouge et une bleue.

D'autres projets d'aménagements avaient été imaginés avant la réalisation des remontées mécaniques du glacier, mais n'ont jamais été réalisés. Par exemple, il a été imaginé de construire des téléportés sur le versant du glacier du cul du Nant, dont un téléski permettant de monter au plus près du sommet de Bellecôte, à plus de 3350 mètres d'altitude.
En aval du glacier de Bellecôte, la SAP avait aussi imaginé créer un téléski pour accéder à la crête issue du sommet de Bellecôte et surplombant la vallée du Ponthurin, ce qui aurait permis d'ouvrir deux nouvelles pistes d'altitude ainsi qu'une troisième en direction du hameau des Bauches.
Enfin, au col de la Chiaupe, il était prévu d'installer une autre remontée mécanique entre l'arrivée du télésiège du Chalet de Bellecôte et un point à 2800 mètres d'altitude, servant de point de départ vers le téléski projeté vers la crête de Bellecôte, et desservant également de nombreuses pistes vers le Chalet de Bellecôte. En 1970/1980, même si la majorité des projets ont été abandonnés, on observe qu'un téléporté a été imaginé entre les écuries de la Chiaupe, sur le versant non aménagé sous le col de la Chiaupe.

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Panneau présentant les aménagements prévus dans le secteur du glacier (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Plan des pistes de 1977 où l'on voit toutes les remontées mécaniques projetées sur le secteur du glacier, ainsi que les pistes (source http://www.perso-laplagne.fr).

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Toujours sur le plan des pistes de 1977, on aperçoit encore d'autres projets depuis le versant de Champagny-en-Vanoise (source http://www.perso-laplagne.fr).

Ainsi, dès l'été 1979, les installations des glaciers de la Chiaupe et de Bellecôte ont pu ouvrir pour le ski d'été. Ce nouveau stade de neige régional d'été permet d'emprunter les téléskis des deux glaciers ainsi que le télésiège de la Traversée de juin à août. Certaines saisons, lorsque l'enneigement était suffisant, il était même possible de descendre jusqu'au col de la Chiaupe voire descendre les pistes desservies par le télésiège du Chalet de Bellecôte.

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Le télésiège de la Traversée et les téléskis de la Chiaupe et du Col 1, prêts pour leur première saison de ski d'été.

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Le glacier de la Chiaupe au cours de la saison hivernale 1982/1983 (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Le glacier de la Chiaupe au début des années 1980, desservi en grande partie par les téléskis doubles du Col 1 & 2 (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

Le temps passe, et petit à petit, l'ouverture estivale du domaine glaciaire devient précaire. Victime de son manque de succès, le téléski du Glacier de Bellecôte est le premier à être démonté en 1996.
Pour faire face à l'affluence parfois forte aux téléskis du Col 1 & 2, et limiter l'impact du frottement des skis sur la fonte du glacier de la Chiaupe, la SAP a décidé de démonter ces deux appareils en 2003 pour les remplacer par un télésiège fixe 4 places Doppelmayr au niveau de l'arête bordant le glacier… rappelant ainsi le projet initial du télésiège de l'Arête !

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Le glacier au cours de l'été 2003. On aperçoit l'ancienne gare amont de la télécabine de Bellecôte ainsi que le chantier du télésiège du Glacier (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Plan indiquant les ouvertures du secteur du glacier après la construction du télésiège du Glacier (cliché http://www.perso-laplagne.fr).


Le coup de grâce a été donné au cours de l'été 2004. Avec la canicule du mois d'août 2003, le glacier de la Chiaupe avait déjà été fortement impacté. Il a donc été décidé de démonter le téléski de la Chiaupe, laissant au seul télésiège du Glacier le rôle de desservir l'ensemble des pistes du secteur. Mais cela a eu un impact très néfaste : l'accès au télésiège du Glacier depuis l'arrivée de la télécabine de Bellecôte a été très fortement dégradé. Il faut maintenant marcher avec le matériel de glisse plusieurs dizaines de mètres sur une pente en légère montée avant d'atteindre un léger plat descendant permettant l'accès au télésiège du Glacier.
Le ski d'été a été définitivement abandonné dans la foulée, dès 2005.

Voici quelques photos de la télécabine de Bellecôte les dernières années avant l'incendie de 2005 et sa reconstruction partielle :

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Vue d'ensemble du replat suivi de la montée finale vers la gare amont, les cabines étaient encore toutes de couleur unie (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Vue d'ensemble des deux premiers tiers de la ligne du second tronçon depuis la piste rouge de la Combe (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Le pylône final avec le contrepoids (R. LACAS/POMA).

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Entrée en gare amont des Glaciers de la Plagne (R. LACAS/POMA).

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Gare amont (R. LACAS/POMA).

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Le front de neige du glacier en 2002 avec l'ancienne gare amont de la télécabine de Bellecôte ainsi que les départs du téléski de la Chiaupe et du télésiège de la Traversée.


L'incendie d'août 2005

Le 5 août 2005, la gare amont de la télécabine de Bellecôte a été touchée par un incendie à 7 heures du matin. C'est un berger qui a informé la SAP et les pompiers de ce sinistre. L'incendie est si imposant que deux hélicoptères bombardiers d'eau viennent en aide aux pompiers pour éteindre le feu. Finalement, sous l'effet des flammes, le câble a cédé, entraînant la chute de plusieurs cabines. De plus, l'immense majorité de la gare amont a été détruite, en particulier la machinerie, ainsi que le pylône double n°37.
Par chance, le poste de secours et le télésiège de la Traversée sont restés indemnes.

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La gare intermédiaire le 16 août 2005 (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Les cabines endommagées sont stockées à la Roche de Mio (cliché http://www.perso-laplagne.fr).


La gare amont a ainsi été démolie en une semaine. Un camp de vie a été mis en place avec les équipes de Poma et de la COMAG, où les ouvriers travaillaient 7 jours sur 7, en se relayant tous les 3 à 4 jours. En effet, il fallait aller au plus vite pour assurer la réouverture de la télécabine en décembre, soit à peine plus de trois mois après le sinistre. En effet, même s'il est peu fréquenté, le secteur du glacier est essentiel pour l'image de la station : c'est le point le plus haut du domaine, plus préservé que les grands boulevards des stations d'altitude. C'est aussi là-haut que l'on trouve les pistes noires les plus difficiles du domaine, et des itinéraires hors-pistes reconnus comme la face nord de Bellecôte.

Ainsi, la gare amont a totalement été reconstruite. Le pylône 37, qui assurait la tension du câble tracteur en abritant le contrepoids, a été totalement rénové. La tension a été déplacée en gare amont avec la mise en place d'un vérin hydraulique relié à un lorry sur lequel est monté la poulie retour. Des voies plus modernes ont également été mises en place, équipées de rampes à pneus et de platines de traînage dernière génération.
De plus, le pylône 32 a été rénové par le remplacement de la tête de pylône et du fût, tandis que le pylône 34 a été entièrement remplacé. C'est d'ailleurs le seul ouvrage de ligne qui n'est pas équipé de Poma-Pass mais de passerelles de repos.

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Mise en place de l'ossature métallique abritant l'intérieur de la gare amont, dont les bétons fonctionnels sont déjà coulés. On aperçoit la base de vie du chantier (cliché SAP).

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Vue de côté du bâtiment de la gare amont en cours de reconstruction (cliché SAP).

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Le pylône 34 d'origine, ici en 1981 (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Zoom de la montée entre les pylônes 33 et 35 depuis la piste rouge de la Combe. On aperçoit le pylône 34 dans un angle de vue similaire, mais cette fois-ci reconstruit à neuf.


→ Consultez l'article du Dauphiné Libéré du 6 août 2005 : http://www.perso-laplagne.fr/Images_Actualites/2005/IncendieBellecote-ArticleDL.jpg.
→ Consultez à l'adresse suivante le reportage effectué par FR3 sur le chantier : http://www.perso-laplagne.fr/Images_Actualites/2005/Travaux_Bellecote_France3_30.08.2005.flv.
→ Consultez le communiqué de presse de la SAP sur la reconstruction de la télécabine de Bellecôte : http://www.perso-laplagne.fr/Images_Actualites/2005/ReconstructionTBBellecote-CP-17.11.2005.pdf.


Bellecôte, la colonne vertébrale du secteur du glacier

La télécabine de Bellecôte est située dans le prolongement de la télécabine de la Roche de Mio et a pour but de permettre l'accès au secteur du glacier, mais aussi de pouvoir revenir sur le domaine principal. Ainsi, les deux tronçons permettent d'accéder au front de neige du glacier à 3030 mètres d'altitude depuis la Roche de Mio. Le retour est assuré par le premier tronçon depuis le col de la Chiaupe, après y être descendu par les pistes de la Combe (rouge) ou de la Chiaupe (noir), ou depuis le télésiège du Chalet de Bellecôte par la piste bleue de la Frête.

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Vue d'ensemble depuis le télésiège des Inversens de l'espace de ski propre du secteur du glacier, desservi par la télécabine de Bellecôte.


En été, la télécabine de Bellecôte est réservée aux touristes piétons voulant admirer les paysages, approcher le glacier de la Chiaupe voire visiter la grotte de glace.

En toutes saisons, la télécabine de Bellecôte est ouverte aux piétons, voire aux skieurs, voulant profiter des paysages grandioses et relativement préservés du sommet de Bellecôte.

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Situation de la télécabine de Bellecôte sur le plan des pistes de la Plagne.

La télécabine de Bellecôte est issue de la gamme de télécabines débrayables Pomagalski à pinces S. Le débrayage et l'embrayage se fait donc par la pression de leviers situés sous la pince, grâce à des cames situées dans des rampes en pente afin de profiter de l'effet de la gravité. La tension est effectuée en amont par deux vérins hydrauliques, effet de la reconstruction de 2005. On notera aussi que la mise en mouvement du câble est effectuée en gare aval, ce qui, malgré le dénivelé, n'est pas un problème compte-tenu du profil concave de la ligne.
Toute la ligne est équipée de « Poma-Pass », sauf les pylônes 34, 37A et 37B.

Lors de sa construction, la télécabine de Bellecôte couplée à la télécabine de la Roche de Mio, était la plus longue télécabine monocâble du monde avec près de six kilomètres cumulés.


Voici donc les caractéristiques de cette télécabine :


Caractéristiques administratives

TCD-Télécabine à pinces débrayables : BELLECÔTE
Exploitant : SAP (Société d'Aménagement de la Plagne)
Maître d'ouvrage : SIGP (Syndicat Intercommunal de la Grande Plagne)
Maître d'œuvre : CETARM73
Constructeur : POMAGALSKI
Installation électrique : SEMER
Année de construction : 1978

Caractéristiques d'exploitation

Saisons d'exploitation : Hiver et été
Vitesse d'exploitation : 4 m/s
Vitesse en marche de secours : 1 m/s
Débit à la montée et à la descente : 925 personnes/heure (* 1170 personnes/heure)
Temps de montée : 12 minutes 11 secondes (en pratique, en comptant l'arrêt en gare intermédiaire, environ 13 min 30 secondes)
Sens de montée : Par la gauche

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 2715 m
Altitude amont : 3030 m
Dénivelée relatif : 315 m
Dénivelée absolu : 687 m
Longueur développée : 2920 m
Longueur horizontale : 2760 m
Plus longue portée : 226 m
Hauteur de survol maximale : 46 m
Pente maximale : 78 %
Pente moyenne : 11,41 %

Caractéristiques techniques

Emplacement tension : Amont
Type de tension : Hydraulique
Pression nominale : 100 bars
Tension nominale : 38 300 daN
Emplacement motrice : Aval
Type de motorisation : Asynchrone
Puissance développée : 2×265 kW (530 kW)
Nombre total de pylônes : 38
Nombre total de cabines : 82 cabines en ligne (* 104)
Dispositif d'accouplement : Double pince débrayable S
Type de véhicules : Cabines SP6

Caractéristiques du câble (2005)

Constructeur du câble : TRÉFILEUROPE
Diamètre du câble : 39,8 mm
Âme : Compacte
Type de câblage : Lang à droite
Résistance à la rupture : 104 000 daN
Section du câble : 614 mm²
Section du toron : 102 mm²
Pas de câblage : 274 mm
Pas de toronage : 115 mm

* Valeurs d'exploitation avant l'incendie de 2005.

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Plaque des caractéristiques techniques en gare aval.



Ligne et infrastructures de la télécabine de Bellecôte


La gare aval (Roche de Mio - 2715 m)

Aspect extérieur

Le bâtiment de la gare aval de la télécabine de Bellecôte se situe à la Roche de Mio, à 2715 mètres d'altitude, dans la partie la plus à l'est du hangar abritant également l'arrivée de la télécabine de la Roche de Mio. L'accès à la file d'attente et à l'embarquement se fait en montant quelques dizaines de mètres à pied en arrivant depuis les télésièges de Carella et des Inversens. En arrivant depuis la télécabine de la Roche de Mio, il faut également monter à pied, mais la distance est plus courte. Il n'empêche que l'accessibilité de la télécabine de Bellecôte reste très mauvaise.
De même, le bâtiment en lui-même s'intègre très mal dans le paysage. Même si le porche d'accès prône l'usage du bois, la couverture en général est en tôle ondulée gris clair/marron, ce qui tranche avec le côté naturel du sommet.

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Vue de trois-quarts de la gare aval depuis le début de la piste noire de la Mio.

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Vue d'ensemble de la gare aval depuis la piste noire de la Mio.

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Vue de côté de la gare aval en été.

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Vue d'ensemble de la gare aval.

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L'avant de la gare aval.

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Autre vue de l'avant de la gare aval.

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La sortie de la télécabine de la Roche de Mio sur la droite, et la file d'attente pour la télécabine de Bellecôte à gauche.

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Accès à l'embarquement.


Intérieur de la gare

La gare aval de la télécabine de Bellecôte est située dans la continuité de l'arrivée de la télécabine de la Roche de Mio. On retrouve une station équipée de la mécanique d'origine avec un contour à taquets en plastique mou, et des lanceurs à chaînes de traînage.
Afin de protéger la machinerie et d'éviter la formation de givre ou l'entrée de neige dans le bâtiment, des portes ont été montées en 2007 à l'avant de la gare et une marche de dégivrage a été mise en place.
Le transfert entre Bellecôte et la Roche de Mio est toujours utilisé pour ranger le véhicule rouge de pesage, mais n'est plus exploité pour les clients (et ne l'a jamais vraiment été puisque Roche de Mio et Bellecôte ne partagent plus exactement les mêmes caractéristiques techniques).

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Le contour avec le quai de débarquement. On aperçoit aussi la poulie motrice.

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Sortie de gare aval.



La ligne du premier tronçon

Le premier tronçon a pour but de relier dans les deux sens la Roche de Mio au col de la Chiaupe. C'est donc le seul moyen d'accéder au secteur du glacier depuis le reste du domaine skiable, et le moyen le plus facile de revenir sur le domaine principal après avoir évolué sur les pistes du secteur. Le premier tronçon est également emprunté par les skieurs moyens voulant profiter des pistes desservies par le télésiège du Chalet de Bellecôte, à l'écart des foules.
Le premier tronçon de la télécabine de Bellecôte est donc très empruntée dans les deux sens, et dessert des pistes au niveau des gares intermédiaires et aval.

→ En gare de la Roche de Mio :

  • La piste bleue du Levasset, descendant en bas du télésiège débrayable de la Carella, d'où il est possible d'accéder à Champagny-en-Vanoise en continuant par la piste bleue du Levasset, ou même basculer vers Plagne Centre en remontant ensuite par le télésiège des Verdons Sud. Sinon, en s'arrêtant au télésiège fixe des Quillis, il est possible de continuer la descente par la piste bleue des Ours vers Belle Plagne ou la Roche de Mio… avant de recommencer une nouvelle descente !
  • La piste bleue du Tunnel, avant tout destinée aux familles car très facile d'accès. Avec la scénarisation du tunnel des Inversens en collaboration avec les équipes du parc du Puy du Fou (Vendée), c'est donc une descente scénarisée très appréciée. À la sortie du tunnel, il est possible de se diriger directement à Belle Plagne par la pentue piste rouge de la Lognan. Lorsqu'elle est fermée, la fin de la piste bleue des Laines permet d'arriver au même point.
  • La piste rouge des Sources, longue descente de plus de trois kilomètres à l'écart de toute remontée mécanique. Elle offre un mur très pentu au moment de basculer sur le versant de Belle Plagne, et se termine au-dessus de son espace ludique.
  • La piste rouge des Inversens, magnifique descente le long du télésiège éponyme, qui peut se continuer par la piste noire des Crozats jusqu'au hameau des Bauches, d'où l'on peut revenir sur le domaine de Montchavin-les Coches par le télésiège éponyme ou la piste bleue de la route des Bauches.
  • La piste noire de la Mio, accessible dès la sortie de la télécabine en montant légèrement sur la gauche de la gare amont du télésiège de Carella. C'est un mur assez raide et bosselé le long de la montée finale du télésiège et permet de rejoindre la piste bleue du Levasset en évitant sa partie sur-fréquentée le long du télésiège des Inversens.

→ En gare du col de la Chiaupe :

  • La piste bleue de la Frête, qui donne accès au télésiège du Chalet de Bellecôte, d'où l'on peut ensuite évoluer sur la piste rouge de la Lanche Ronde. Sinon, cette piste bleue permet aussi de continuer par la piste noire du Dérochoir jusqu'au hameau des Bauches sur le secteur de Montchavin-les Coches. C'est le second moyen de sortir du secteur du glacier, mais en même temps l'une des pistes les plus difficiles du domaine. Elle est d'ailleurs assez peu souvent ouverte.


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Situation du premier tronçon de la télécabine de Bellecôte sur le plan des pistes de la Plagne.


Voici les caractéristiques détaillées du premier tronçon :

Caractéristiques d'exploitation

Altitude aval : 2529 m
Altitude amont : 2715 m
Dénivelée : 186 m
Longueur développée : 1077 m
Temps de montée : 4 minutes 30 secondes

Après la sortie de gare aval, la pente augmente légèrement pour arriver à l'un des points les plus hauts de la Roche de Mio, avant de littéralement plonger vers le col de la Chiaupe. Nous survolons alors une zone en très fort dévers dans une pente assez impressionnante. En face, on peut apercevoir aisément toute la ligne du second tronçon ainsi que le sommet de Bellecôte et ses glaciers. Cette forte descente ne se termine qu'au niveau du pylône 7 où l'on revient quasiment à l'horizontale. On remarquera alors que la ligne survole un chemin de service, particulièrement utile pour les interventions sur la télécabine ou en cas de sauvetage. Mais la ligne continue toujours à survoler des pentes en dévers et à longer la fin d'une ligne de crête. Après le pylône 12, la descente recommence pour atteindre la gare intermédiaire au terme de quinze pylônes.

Notons que de certains pylônes dans la section entre les pylônes 7 et 10 ont été protégés par une tourne terrassée de 120 mètres de longueur et de 12 mètres de haut. Un CATEX accompagne la sécurisation de ce couloir et l'accumulation de neige.

Pomagalski a équipé la ligne de 15 pylônes, dont 10 supports et 5 compressions, comme ceci :

  • P1 : 16C/16C
  • P2 : 6S/6S
  • P3 : 12S/12S
  • P4 : 12S/12S
  • P5 : 12S/12S
  • P6 : 12S/12S
  • P7 : 6S/6S
  • P8 : 12C/12C
  • P9 : 12C/12C
  • P10 : 12C/12C
  • P11 : 8S/8S
  • P12 : 12S/12S
  • P13 : 8S/8S
  • P14 : 12S/12S
  • P15 : 12C/12C


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P1.

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Passage sous le pylône 1.

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P2.

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P3.

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P4.

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P5.

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La longue et pentue portée vers le pylône 6.

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Fin de la portée.

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P6.

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Portée vers le pylône 7.

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Fin de la portée.

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P7.

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P8.

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L'enchaînement des pylônes 7 à 11 vu depuis la piste bleue de la Frête.

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Portée vers le pylône 11.

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P11.

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Portée vers le pylône 12.

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P12.

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Portée vers le pylône 13.

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P13.

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Portée vers le pylône 14.

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P14.

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P15.



La gare intermédiaire (Col de la Chiaupe ou de la Frête - 2529 m)

Aspect extérieur

La gare intermédiaire est située à 2529 mètres d'altitude, en amont du col de la Chiaupe, quelques dizaines de mètres plus bas en partant vers la Roche de Mio. Elle est facilement accessible depuis les pistes du glacier en arrivant par la piste rouge de la Combe, et depuis le télésiège du Chalet de Bellecôte par la partie haute de la piste bleue de la Frête. La vue est d'ailleurs assez sublime depuis la gare : on est en plein milieu d'un espace assez vierge d'aménagements.
Néanmoins, le bâtiment de la gare intermédiaire s'intègre très mal dans l'environnement. On retrouve un hangar recouvert de tôle ondulée gris clair avec des bandes verticales de couleur marron. Sous les voies de la gare intermédiaire côté Roche de Mio, on retrouve un petit local pour les pisteurs du secteur.

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La gare intermédiaire vue depuis la ligne.

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Vue large de l'emplacement de la gare intermédiaire depuis la piste rouge de la Combe.

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Vue d'ensemble de la gare intermédiaire depuis la piste rouge de la Combe.

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Vue en plongée de la gare intermédiaire depuis la piste bleue de la Frête, en arrivant depuis le télésiège du Chalet de Bellecôte.

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Vue de trois-quarts de la gare intermédiaire en partant vers l'embarquement pour la Roche de Mio.

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Vue de trois-quarts de la gare intermédiaire côté Bellecôte. Sur la gauche, les rampes d'accès à l'embarquement pour le retour à la Roche de Mio.

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Vue opposée du bâtiment de la gare intermédiaire au niveau de l'accès à l'embarquement intermédiaire pour le glacier.

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Vue en contre-plongée de la gare intermédiaire depuis la piste bleue de la Frête.


Intérieur de la gare

Toute la mécanique de la gare intermédiaire est d'origine, et les véhicules sont traînés par de très longues chaînes situées au-dessus des pinces. La gare intermédiaire décrit une déviation d'environ 15° entre les deux tronçons, qui sont totalement liés : l'un ne peut fonctionner sans l'autre. En effet, la télécabine de Bellecôte ne fait tourner qu'un seul câble porteur-tracteur en boucle, et la gare intermédiaire ne fait que dévier le câble via d'impressionnantes bananes horizontales pour permettre aux cabines de débrayer.

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Entrée en gare intermédiaire.

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Le débrayage se fait dans une rampe gravitaire : on monte donc légèrement pour arriver aux quais de la gare intermédiaire.

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Vue opposée au départ de la gare intermédiaire pour remonter à la Roche de Mio. On aperçoit une banane de redirection latérale du câble.

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Une banane de redirection du câble en fin de ralentisseur. On aperçoit également les rails de soutien des pinces, qui sont traînées par une chaîne de dessus.

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La structure de la gare intermédiaire, avec quelques galets de soutien du câble. On aperçoit la fin du quai d'embarquement pour la Roche de Mio et la came de fermeture des portes.

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L'intérieur de la gare intermédiaire, avec une came d'ouverture des portes, et les guides tubulaires des cabines au sol.

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Vue rapprochée d'une banane de redirection du câble. On aperçoit également bien le virage effectué ainsi que le convoyeur traînant les pinces par le dessus.

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Cabine en gare intermédiaire du côté de l'embarquement pour le glacier. On aperçoit encore une banane de redirection du câble.

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Cabine arrivant du glacier en zone d'embarquement pour la Roche de Mio. On aperçoit le ralentisseur, une banane de redirection du câble et la came d'ouverture des portes.

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Sortie de gare intermédiaire en direction du glacier.



La ligne du second tronçon

La télécabine de Bellecôte a avant tout pour but d'accéder au glacier, où l'on peut ensuite emprunter deux appareils : soit le télésiège du Glacier, pour faire des rotations sur les courtes pistes du glacier de la Chiaupe et atteindre le sommet du domaine skiable, soit le télésiège de la Traversée, d'où l'on atteint trois pistes dont les deux plus difficiles pistes noires du domaine skiable. C'est aussi grâce à ce télésiège que l'on peut skier sur une partie du glacier de Bellecôte.
Mais la télécabine de Bellecôte dessert aussi directement du ski propre avec la piste noire de la Chiaupe, assez court et raide mur qui se termine par un petit chemin permettant de récupérer la piste rouge de la Combe.
D'autre part, elle donne accès à des itinéraires hors-pistes comme vers la vallée de Champagny-en-Vanoise par le glacier du Friolin.

Enfin, pour les piétons, la télécabine de Bellecôte permet d'accéder à un magnifique point de vue été comme hiver ainsi qu'à une grotte de glace directement sculptée dans le glacier de la Chiaupe.

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Situation du second tronçon de la télécabine de Bellecôte sur le plan des pistes de la Plagne.


Voici les caractéristiques détaillées du second tronçon :

Caractéristiques d'exploitation

Altitude aval : 2529 m
Altitude amont : 3030 m
Dénivelée : 501 m
Longueur développée : 1843 m
Temps de montée : 7 minutes 41 secondes

En sortie de gare aval, la pente est très faible. On survole alors des terrains très plats, en léger dévers, le long de la piste rouge de la Combe. Il faut attendre les pylônes 25 et 26 pour commencer à véritablement monter. Néanmoins, cette première augmentation de pente est vite compensée par le pylône 28 qui amorce un petit répit. Juste après le pylône 29, on survole d'ailleurs le chemin de retour de la piste noire de la Chiaupe. Les pylônes 31 et 32 amorcent une seconde forte montée, plus pentue et plus longue, au-dessus d'une impressionnante barre rocheuse. Les pylônes 34, 35 et 36 redressent progressivement la pente alors que l'on arrive en gare amont.

Notons que les pylônes 29 à 33 sont protégés par des digues terrassées afin de les protéger d'éventuelles coulées de neige. La portion entre les pylônes 16 et 25 est soumise au risque de déraillement, le vent pouvant régulièrement souffler très fort.

Pomagalski a équipé la ligne de 23 pylônes, dont 18 supports et 5 compressions, comme ceci :

  • P16 : 12C/12C
  • P17 : 6S/6S
  • P18 : 6S/6S
  • P19 : 6S/6S
  • P20 : 6S/6S
  • P21 : 8S/8S
  • P22 : 8S/8S
  • P23 : 8S/8S
  • P24 : 6S/6S
  • P25 : 12C/12C
  • P26 : 12C/12C
  • P27 : 6S/6S
  • P28 : 12S/12S
  • P29 : 8S/8S
  • P30 : 6S/6S
  • P31 : 12C/12C
  • P32 : 12C/12C
  • P33 : 6S/6S
  • P34 : 12S/12S
  • P35 : 12S/12S
  • P36 : 12S/12S
  • P37A : 8S/8S
  • P37B : 6S/6S


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P16.

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P17.

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Portée vers le pylône 18.

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P18.

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Portée vers le pylône 19.

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P19.

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Portée vers le pylône 20.

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P20.

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Portée vers le pylône 21.

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P21.

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Portée vers le pylône 22.

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P22.

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P23.

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P24.

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Enchaînement des pylônes 25 et 26.

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P27.

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P28.

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Portée vers le pylône 29.

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P29.

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Portée vers le pylône 30.

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Vue de profil de l'enchaînement des pylônes 30 à 33.

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P30.

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P31.

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P32.

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Tête du pylône 32.

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P33.

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Début de la longue et impressionnante portée vers le pylône 34.

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Fin de la portée vers le pylône 34.

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P34.

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Tête du pylône 34.

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P35.

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P36.

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Portée vers le pylône 37A. On aperçoit sur la gauche la gare aval du télésiège de la Traversée.

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Les pylônes 37A et 37B.

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Vue rapprochée de l'ensemble des deux pylônes 37A et 37B.

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Vue de côté de cet ouvrage final en été.



La gare amont (Glacier de la Chiaupe - 3030 m)

Aspect extérieur

Le bâtiment de la gare amont de la télécabine de Bellecôte se trouve au pied du sommet éponyme et du glacier de la Chiaupe, à 3030 mètres d'altitude. La sortie du bâtiment se fait par des passerelles de plain-pied très confortables et intégrées à l'environnement grâce à l'utilisation de bardages en bois. On accède ensuite très facilement, à quelques mètres de là, au télésiège de la Traversée, et au télésiège du Glacier après une courte marche.
Rénovée en 2003, cette station motrice arbore les mêmes formes que les gares aval et intermédiaire, à la différence qu'elle est davantage vitrée afin d'augmenter la luminosité dans le bâtiment. Même si elle s'intègre assez mal dans le paysage de haute-montagne, la couverture en tôle gris clair uni est bien plus discrète que sur les deux autres gares.

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Gare amont vue depuis la ligne.

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Vue en plongée de la gare amont depuis la piste rouge du Déversoir.

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L'arrière du bâtiment avec la passerelle d'entrée pour l'embarquement à la descente vers le col de la Chiaupe et la Roche de Mio.

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Panoramique du bâtiment de la gare amont.

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Vue de trois-quarts en été.


Intérieur de la gare

La mécanique de la gare amont est neuve de la reconstruction de 2005. Elle est un mélange des technologies de rénovation des télécabines à pinces S (notamment utilisées en 2006 sur la télécabine du Mélezet à la Norma, de manière moindre en 2003 sur les télécabines de Belle Plagne et de la Roche de Mio). Ainsi, les lanceurs gravitaires sont équipés de rampes à pneus, on trouve aussi des platines de traînage, et la tension est effectuée par deux vérins hydrauliques et non plus par contrepoids. On retrouve également un rail de garage où sont stockés les véhicules de secours à l'arrière du contour.

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Le ralentisseur et le quai de débarquement.

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Vue d'ensemble de la voie avec la platine de traînage, le ralentisseur à pneus ainsi que la poulie retour-tension.

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Le contour. On aperçoit le vérin, soutenu dans le massif en béton arrière de la gare.

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Vue plus large du contour en sortant vers les pistes.

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L'embarquement à la descente. On aperçoit bien l'un des deux vérins de tension, la poulie retour et le lanceur.

Partie 2
Auteur de ce reportage : remontees
Section écrite le 05/07/2015 et mise à jour le 04/08/2015
(Mise en cache le 25/08/2015)

Véhicules et pinces

Contrairement aux télécabines de Belle Plagne et de la Roche de Mio, la télécabine de Bellecôte a gardé ses cabines SP6 d'origine. Le voyage se fait trois par trois dos à dos, sur des assises assez sommaires en plastique. Le stockage des skis se fait dans des racks situés sur la structure fixe entre les assises, au milieu des deux entrées.
De nombreuses cabines endommagées lors de l'incendie de l'été 2005 ont été redécorées par des tagueurs lors des événements « Urban Plagne ». Au cours de la montée, les passagers sont donc divertis par la découverte des différents dessins effectués sur les enveloppes de ces véhicules.

Chaque cabine est équipée d'une double pince S.


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Croisement de deux cabines.

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Cabine SP6 d'origine.

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Cabine SP6 redécorée.

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Une autre cabine SP6 redécorée.

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Les deux véhicules « brancardiers », stockés dans le second contour de la gare amont.

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Le plateau de service en ligne.

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Une suspente avec sa double pince S. On aperçoit aussi le système d'ouverture des portes.

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Double pince S en gare amont.


Au cœur de la télécabine de Bellecôte

Mise en mouvement du câble

La mise en mouvement du câble de l'installation est assurée en sous-sol de la gare aval par un ensemble de deux moteurs asynchrones développant à eux deux une puissance totale de 530 kW. Le mouvement est ensuite transmis au réducteur par des jeux de six courroies. Des freins de parking sont situés sur des disques à l'arrière de chacun des deux moteurs.

En cas d'avarie sur les moteurs principaux, un moteur thermique est présent en gare aval et peut s'accoupler au niveau du réducteur pour faire tourner la télécabine à 1 m/s. À ce moment-là, comme hors exploitation, les portes doivent être verrouillées mécaniquement en position ouverte.

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Schéma de la motorisation sur les télécabines Poma à pinces S, ici avec un seul moteur contre deux sur Bellecôte (document Poma).

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Le moteur n°1 avec la transmission par courroie et le freinage à disque à droite.

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Le moteur n°2.

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Le moteur n°2 avec la transmission par courroie.

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L'un des trois freins de la poulie motrice.


Tension du câble

La tension du câble est réalisée depuis 2005 dans la gare amont grâce à deux vérins hydrauliques qui déplacent la poulie retour, montée sur un lorry.

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L'arrière de la tige du vérin.

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Le vérin hydraulique avec les rails permettant au lorry de coulisser.

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La poulie retour-tension vue depuis les passerelles de service de la gare. Sur la droite, on voit aussi le moteur du contour : les poutres à pneus sont quant à elles entraînées par des prises de mouvement.

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Cette même poulie vue depuis l'embarquement pour la descente. On aperçoit également bien les roues permettant au lorry de coulisser.


Installation électrique

On trouve des armoires de commande dans chaque gares afin de pouvoir contrôler entièrement la télécabine.
Suite à la reconstruction après l'incendie de l'été 2005, l'armoire électrique de la gare retour a été entièrement remplacée. Un coffret sécurité VIGI 301 a été installé en gare amont et un coffret VIGI 100 a été installé en G5.

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Armoire de puissance des moteurs en gare aval.

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Le contracteur de l'armoire de puissance.

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Commandes déportées au niveau des quais en gare intermédiaire.

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L'armoire de commande en gare amont.

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Intérieur de l'armoire de commande en gare amont.

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Armoire électrique du contour en gare amont.

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Le variateur de fréquence du contour de la gare amont.

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L'automate de la ligne de sécurité en gare amont.

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Le groupe électrogène, permettant d'alimenter les moteurs des chaînes de traînage de la gare intermédiaire en cas de défaut dans le poste de transformation du courant électrique.


Traînage des véhicules en gare

En gare aval, le traînage des cabines dans le lanceur et le ralentisseur par une chaîne qui prend en charge les cabines par le dessus de la pince S. À l'intérieur de la gare, entre la zone de débarquement, le contour, et la zone d'embarquement, ce sont des chaînes de traînage auto-cadenceuses par taquets en plastique mou qui déplacent les cabines.
En gare intermédiaire, les deux chaînes par voie sont reliées côte à côte par des tétons afin d'éviter la mise en place de roues crantées. En effet, les pinces S adhèrent aux chaînes de traînage grâce à des crochets qui ne sont pas adaptés à passer les roues crantées. Entre les deux chaînes par voie, on retrouve une portion de pneus entraînée par une prise de mouvement sur le câble.
C'est en gare amont que l'on retrouve la technique de traînage la plus moderne, puisqu'elle a été entièrement refaite à neuf en 2005. Les lanceurs et ralentisseurs sont composés de rampes de pneus reliés de proche en proche par des courroies et entraînés par un moto-réducteur indépendant. Pour le reste, le traînage est effectué par une platine.

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La came de débrayage et le ralentisseur gravitaire en gare aval par chaîne.

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Moto-réducteur alimentant le fonctionnement d'une chaîne de traînage en gare intermédiaire.

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L'autre moto-réducteur mettant en mettant en mouvement la chaîne de traînage en gare intermédiaire.

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Chaîne de traînage du ralentisseur en gare intermédiaire.

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Traînage des pinces par chaîne en gare intermédiaire.

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Zoom sur le ralentisseur en gare amont. On aperçoit la came de débrayage, les galets de redirection horizontale du câble et les pneus remontant les cabines vers le quai.


Le garage

L'exploitant a la possibilité de décycler entièrement toutes les cabines dans un garage situé dans la gare aval, conjointement à celui de la télécabine de la Roche de Mio. Le cyclage se fait ensuite par l'intermédiaire d'un aiguillage dans le contour.

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Vue d'ensemble de l'intérieur de la gare aval avec le rail d'accès au garage.

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Vue d'ensemble des voies de garage.


Système de sauvetage intégré

Le sauvetage des passagers est rendu impossible entre les pylônes 4 et 7 compte-tenu de la pente et de la neige. Poma a donc installé un système de nacelles pouvant transporter 7 personnes à la fois, et descendant par un chariot de deux galets par gravité. Elle reste retenue par un treuil motorisé en amont. Une potence située sur le pylône 5 permet d'installer le véhicule de sauvetage autant sur le brin montant
Les nacelles sont prévues pour entourer les cabines et permettre une évacuation dans les meilleures conditions possibles.

Et ce même système est installé sur les pylônes 5, 6 et 7. Ainsi, les passagers attendant entre les pylônes 5 et 6 sont remontés au pylône 5, et ceux entre les pylônes 6 et 7 sont descendus au pylône 7.

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Le premier véhicule de sauvetage, stocké sur un fût en aval du pylône 5.

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Vue en plongée du pylône 6 avec sa plate-forme de repos et les passerelles d'accès aux deux véhicules de service.

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Les deux véhicules de sauvetage au niveau du pylône 6.

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Chariots des véhicules de sauvetage entreposés en aval du pylône 6.



Autres vues…

En hiver :

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Vue d'ensemble de la ligne de la télécabine de Bellecôte depuis le début de la piste rouge Col 1.

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La ligne vue depuis la gare amont.

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Petite partie de la montée finale vue depuis le début de la partie basse de la piste noire de la Chiaupe. Sur la droite de la photo, on aperçoit également la gare intermédiaire, surmontée par les falaises de la Roche de Mio.

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Vue de côté de la montée entre les pylônes 30 et 35 depuis la piste rouge de la Combe.

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Vue de la montée entre les pylônes 30 et 35 depuis la fin de la piste noire de la Chiaupe.

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Vue depuis la piste rouge de la Combe de l'enchaînement des pylônes 28 et 29 face au massif de la Vanoise et à la station de Courchevel.

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Les deux montées successives vues depuis la piste rouge de la Combe.

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Vue sur les portées à faible pente en amont du col de la Chiaupe depuis la piste rouge de la Combe.

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Paysages, entre Vanoise et le col de la Chiaupe.

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Vue en plongée des pylônes 16, 17 et 18 en sortie de gare intermédiaire depuis la piste rouge de la Combe.

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Vue d'ensemble du second tronçon depuis le chemin menant à l'embarquement pour la remontée à la Roche de Mio.

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La ligne du premier tronçon depuis la gare intermédiaire.

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Le pylône 14 vu depuis la piste bleue de la Frête.

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Début de la remontée vers la Roche de Mio.

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La portée vers le pylône 13 vue depuis la piste bleue de la Frête.

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Vue de la ligne entre le pylône 12 et la Roche de Mio depuis la piste bleue de la Frête.

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Vue zoomée de la montée vers la Roche de Mio depuis la piste bleue de la Frête.

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Au pied de la montée vers la Roche de Mio.

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Les cinq premiers pylônes.

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Zoom sur les pylônes 2, 3 et 4 assurant la redescente vers la plate-forme de la Roche de Mio.


En été :

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P2.

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P6.

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Arrivée en gare intermédiaire.

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P17.

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P20.

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Arrivée au glacier.



Bellecôte, une télécabine dépassée

La télécabine de Bellecôte est un appareil essentiel pour le domaine skiable de la Plagne. D'abord mythique, par l'effort qu'il a fallu fournir pour arriver à construire un téléporté acheminant les skieurs aux glaciers de la Chiaupe et de Bellecôte, c'est sur elle que repose une partie de la réputation de la station. En effet, elle dessert aussi une offre de ski propre d'altitude à l'écart des grands boulevards, dans des espaces grandioses où l'enneigement est souvent excellent. Enfin, c'est grâce à la télécabine de Bellecôte que l'on peut accéder aux pistes les plus difficiles de la station, comme le Rochu, Bellecôte, et depuis 2010 le Dérochoir. Sans compter les nombreux itinéraires hors-pistes, comme la face nord de Bellecôte par exemple…

La télécabine de Bellecôte reste néanmoins très lente et longue, au point de décourager les skieurs voulant monter au glacier. Au total, il faut en effet compter une petite heure pour rallier le glacier depuis Plagne Bellecôte. De plus, même si la piste noire du Dérochoir a ouvert en 2010, le secteur du glacier reste cloisonné pour l'immense majorité de la clientèle par le premier tronçon de la télécabine de Bellecôte. Enfin, le débit de l'appareil est beaucoup trop faible, ce qui engendre d'importantes queues en période scolaire, pouvant atteindre plus d'une demi-heure. Et une fois dans les cabines, le confort est plus que sommaire, au point de pouvoir faire peur, surtout lorsque l'on survole les sections les plus impressionnantes à flanc de falaise.

Cette télécabine est donc aujourd'hui un véritable problème pour la SAP : le glacier ne représenterait d'après la SAP qu'un seul pour-cent des passages skieurs, alors qu'il bénéficie d'une réputation plutôt bonne. Il s'avère donc que tous les clients ne peuvent pas aller skier sur ce secteur autant qu'ils le voudraient.

Le premier tronçon devrait donc être remplacé dès 2016 par la télécabine 10 places du Chardon avec un débit de 2800 personnes/heure, et reliant le bas du télésiège du Chalet de Bellecôte à la Roche de Mio. Le télésiège du Chalet de Bellecôte serait alors démonté. Une piste rouge devrait également être créée entre la Roche de Mio et le col de la Chiaupe pour améliorer l'accessibilité du secteur. En 2017, le second tronçon devrait être remplacé par la télécabine 10 places « 3000 », partant du même endroit que celle du Chardon, et arrivant au niveau de la gare actuelle de la télécabine de Bellecôte.
Mais avec le changement récent de direction en 2015, ces projets semblent une nouvelle fois remis en question, avec l'idée de plutôt remplacer le télésiège du Chalet de Bellecôte par celui du Golf qui devrait être démonté prochainement. À suivre…

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Bellecôte, une télécabine historique de la Plagne, mais qui nuit aujourd'hui à la fréquentation du secteur du glacier…


Je tiens à remercier tout particulièrement le webmestre du site http://www.perso-laplagne.fr pour la mise à disposition des photos historiques, ainsi que chin@ill pour les scans de la revue Aménagement&Montagne et les équipes de la télécabine de Bellecôte pour les visites techniques.

Bannière : Bovinant
Photos : l'alexois, la Plagne 78 et remontees (sauf mention contraire)
Texte et mise en page : remontees



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