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Auteur de ce reportage : Bovinant
Section écrite le 26/01/2019 et mise à jour le 20/07/2020
(Mise en cache le 20/07/2020)

Je vous présente un reportage sur la télécabine débrayable six places des Essarts à Saint-Pierre de Chartreuse :

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Au sommaire :

  • Saint-Pierre de Chartreuse – Le Planolet
  • Historique de l’accès au plateau des Essarts et de son aménagement
  • Rôles et situation de la télécabine des Essarts
  • Les caractéristiques de l'installation
  • La gare aval
  • La ligne à la montée
  • La gare amont
  • La ligne à la descente
  • Véhicules et pinces
  • L'appareil, vu depuis les pistes
  • Conclusion
  • Crédits et remerciements

Saint-Pierre de Chartreuse – Le Planolet

Saint-Pierre de Chartreuse – Le Planolet est un domaine skiable isérois situé en Chartreuse, à moins d’une heure de Grenoble et de Chambéry. Il est composé de deux stations, Saint-Pierre de Chartreuse implantée sur la commune éponyme ainsi que Le Planolet située sur le village de Saint-Pierre d’Entremont. Environ à mi-chemin, se situe la porte d’entrée de la Combe de l’Ours, accessible en moins de trente minutes depuis le Pays voironnais.

L’aménagement de la montagne de la Scia sur laquelle est implanté le domaine skiable a débuté dès la moitié du vingtième siècle et il couvre aujourd’hui une grande partie de cette montagne. Les vingt-sept pistes qui composent le domaine sont desservies par quatorze remontées mécaniques dont une télécabine et un télésiège débrayable ainsi que deux télésièges fixes. Celui-ci s’étend entre 900 mètres et 1750 mètres d’altitude, du village de Saint-Pierre de Chartreuse au sommet du Creux de la Neige. Ce domaine s’adresse à une clientèle locale, aussi bien aux skieurs souhaitant s’initier sur les espaces débutants du Planolet ou du plateau des Essarts qu’aux plus confirmés pouvant profiter des pistes noires non damées et pentues des Fraisses ou des Chardons. De plus, des modules de snowpark ainsi qu’un boardercross ont été aménagés sous le télésiège de la Scia. Il est aussi possible de pratiquer d’autres activités telles que les balades en raquettes ou le ski de fond sur la commune voisine de Saint-Hugues de Chartreuse. Cependant du fait de son altitude relativement faible le domaine skiable doit souvent faire face au manque de neige limitant son ouverture.

Le village de Saint-Pierre de Chartreuse est également attractif l'été bien que le télésiège de la Combe de l'Ours ne soit plus exploité depuis plusieurs années pour le VTT de descente. En effet, la commune dispose de nombreux départs de randonnées et de circuits de trails

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^^ Cliquez sur le logo pour accéder à une présentation de Saint-Pierre de Chartreuse – Le Planolet plus détaillée. ^^


Historique de l’accès au plateau des Essarts et de son aménagement

L’aménagement de Saint-Pierre de Chartreuse a débuté en 1949 avec la construction de la télébenne deux places des Essarts par l’entreprise de Gabriel Julliard. A son ouverture en 1950, elle a permis aux skieurs d’enchaîner les rotations sur les pentes situées au-dessus du village chartrousin, autrefois accessibles uniquement en peau de phoque ou à pied. Elle offrait ainsi du ski agréable entre le plateau des Essarts (1350 m) et le village de Saint-Pierre de Chartreuse (900 m).


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Vue sur un des premiers pylônes de la ligne de la télébenne avec le Grand Som culminant à 2026 mètres d’altitude à l’arrière-plan.


Afin de rallier le nouveau sommet de la station à 1680 mètres d'altitude, sous le sommet du Bec de la Scia culminant à 1783 mètres d’altitude, la télébenne de la Scia a été construite en 1953 par le même constructeur que celle des Essarts.

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La gare amont et les dernières portées de la télébenne de la Scia. On remarque que cette gare était intégrée dans le chalet-restaurant de la Scia, aménagé quelques temps après la construction de la télébenne et qui existe toujours de nos jours.


Dans le même temps, la première télébenne a été rénovée avec le remplacement des pylônes de ligne artisanaux en bois par des ouvrages en métal. La télébenne des Essarts est alors devenue le premier tronçon de la chaîne des télébennes de la Scia permettant de rallier les environs du sommet éponyme depuis le village de Saint-Pierre de Chartreuse. Les skieurs pouvaient ainsi bénéficier au cœur du massif de la Chartreuse d'un dénivelé de près de 800 mètres en empruntant les deux installations. Celles-ci sont devenus la colonne vertébrale du domaine skiable. Ces deux téléportées étaient également ouverts lors de la saison estivale afin de permettre d’admirer le massif de la Chartreuse et de donner accès à des itinéraires de randonnée.


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Vue générale sur la gare aval du premier tronçon du télébenne de la Scia.

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Croisement de deux bennes face aux pentes situées au-dessus du village chartrousin, constituant un champs de neige adapté aux personnes débutant la pratique du ski alpin

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Le début de la ligne vu depuis un véhicule.

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Vue arrière sur le milieu de la ligne. Les sommets du Charmant Som à gauche et de la Grande Sure au centre dominent l’arrière-plan. On aperçoit également l’église du village de Saint-Pierre de Charteuse.

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Vue estivale d’une portée de cette télébenne.

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Avant-dernière portée avant l’entrée en gare amont et l’arrivée sur plateau des Essarts. La gare amont du premier tronçon de télébennes était située au cœur du hameau des Essarts et de ses chalets.

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La gare amont face au sommet du Grand Som.


Au cours des années 1960, un téléski a été construit au nord de la partie basse du champ de neige situé entre le plateau des Essarts et la Scia. Il a ainsi permis de doubler la première partie du second tronçon de la télébenne de la Scia et de desservir les pentes les plus raides de ce champ.


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Vue sur la gare aval de ce téléski. On peut apercevoir sur la droite les pylônes de la ligne du second tronçon de la télébenne de la Scia.


Devant l’afflux de skieurs venus dévaler les pentes de Saint-Pierre de Chartreuse, il devenait indispensable d'améliorer l’accès au plateau des Essarts, carrefour principal du domaine skiable. Le premier tronçon de la télébenne de la Scia était en effet saturé de par son rôle d'accès au domaine skiable mais aussi au second tronçon vers le sommet de la Scia. C’est ainsi que Montaz Mautino a construit en 1965 le télésiège fixe deux places des Essarts. Il possédait une ligne quasi-parallèle à la télébenne afin de relier le village de Saint-Pierre de Chartreuse au plateau des Essarts. Son arrivée était située légèrement en amont de celle de la télébenne. A noter qu’un siège sur trois était équipé de coques plastiques de couleur rouge fournies par Pomagalski.


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Vue de trois quarts sur les gares aval du premier tronçon de la télébenne de la Scia et du télésiège des Essarts. On remarque que la file d’attente avant l’embarquement était commune aux deux téléportés.

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Vue sur le début des lignes de ces deux installations. Les coques des sièges sont alors bien visibles

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Vue sur les lignes de ces deux remontées mécaniques en aval du plateau des Essarts depuis l’actuel piste rouge des Lièvres, redescendant vers le village de Saint-Pierre de Chartreuse.

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Les lignes de cette télébenne et de ce télésiège passaient parmi les chalets du hameau des Essarts qui s’est d’ailleurs agrandi depuis la construction des télébennes.

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Vue estivale de ces deux installations.


L’aménagement du plateau des Essarts s’est poursuivi en 1972. Le téléski du Pré de l’Arc est tout d’abord construit par Montaz Mautino afin de desservir la partie basse des pentes situées entre le hameau des Essarts ainsi que la Scia. Ainsi, ce téléski et celui construit dans les années 1960 dont nous avons précédemment parlé, donnaient tous deux accès à ces pentes en les longeant respectivement sur leur partie sud et nord. Cependant, seul le second tronçon de la télébenne de la Scia permettait d’accéder à l’ensemble du champ de neige situé sous le sommet de la Scia grâce à sa gare amont situé plus haut en altitude que celles de ces deux téléskis. Poma a également installé en 1972 le téléski à perches fixes de l'Uzet. Il s’agit du premier appareil pour débutants à avoir été construit sur le plateau des Essarts. Il a permis de desservir deux courtes pistes faciles en forêt.


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Vue sur la gare aval du téléski du Pré de l’Arc à l’automne 2014. Malgré l’inexploitation de l’installation depuis 2006, cet appareil n’a été démonté que quelques années après la prise de vue

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Vue sur la partie haute du domaine skiable de Saint-Pierre de Chartreuse, entre le plateau des Essarts et la Scia dans les années 1970. La fin des lignes quasi parallèles du télésiège et de la télébenne de la Scia sont bien visibles. La ligne du second tronçon de la télébenne est visible dans sa totalité.


Dans les années 1970, le domaine skiable de Saint-Pierre de Chartreuse a poursuivi son développement. En 1974, le télésiège fixe deux places du Battour a été construit par Montaz Mautino pour relier le lieu-dit du Battour et la Scia. Il a permis d'ouvrir l'ensemble d’une combe au ski de piste alors que seule sa partie haute était auparavant desservie par le téléski de la Combe Noire. L'ouverture d'une route d'accès au hameau du Battour en 1977 ainsi que la construction d'un parking au pied du télésiège homonyme ont permis de faire de ce lieu une nouvelle porte d'entrée du domaine skiable. Cette même année, le téléski du Creux de la Neige a été construit pour donner accès au nouveau point culminant de la station à 1750 mètres d'altitude. Il était accessible depuis le télésiège du Battour, le second tronçon de la télébenne de la Scia et le téléski de la Combe Noire.


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Le village de Saint-Pierre de Chartreuse, le plateau des Essarts ainsi que les différents secteurs environnants en 1981.


Dans les années 1980, les investissements ont repris à Saint-Pierre de Chartreuse afin de donner un nouveau souffle à la station. Il a été alors décidé de remplacer les deux télébennes, devenues vétustes, pour mieux répondre aux attentes de la clientèle en matière de confort et de débit. La station souhaitait améliorer son image de marque avec un appareil moderne. C’est ainsi que le premier tronçon de la télébenne de la Scia a été remplacé en 1982 par la télécabine débrayable six places Poma des Essarts. Il s'agissait d'une des premières installations au monde à pouvoir être exploitée à la vitesse nominale de 5 m/s. La gare aval de la nouvelle télécabine a été installée en lieu et place du départ de la défunte télébenne. En revanche, sa gare amont a été décalée afin de mieux desservir le plateau des Essarts et la zone pour débutants dont l’aménagement sera poursuivi dans les années futures. Le télésiège des Essarts n'a quant à lui pas été démonté.


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Le bâtiment ayant abrité la gare amont du premier tronçon de la télébenne de la Scia existe toujours et est visible depuis les premiers mètres de la piste rouge du Lièvre.

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Une publicité de 1983 mettant en avant la nouvelle télécabine de Saint-Pierre de Chartreuse et le télésiège débrayable du Blétonet à Serre Chevalier.

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Suite de cette publicité dans laquelle Poma promeut la vitesse record de ces deux installations.


L’article suivant, issu de la revue Aménagements & Montagne présente les enjeux de la nouvelle télécabine pour la commune de Saint-Pierre de Chartreuse et la viabilité de son domaine skiable :


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Carte postale d’époque avec diverses vues de la télécabine des Essarts. On remarque que la photo située en bas à droite n’était alors pas à jour puisque l’on peut encore apercevoir la gare aval du premier tronçon de la télébenne de la Scia. De plus, on observe que la partie basse de la gare amont de la télécabine était durant ses premières années d’exploitation, non recouverte. Par la suite un garage pour dameuses ainsi que des locaux techniques y ont été aménagés.

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La ligne de la télécabine des essarts survolant les chalets du hameau éponyme dans les années 1980, face au sommet du Grand Som.


En 1987, la station de Saint-Pierre de Chartreuse a décidé de poursuivre l’aménagement du plateau des Essarts et de son espace débutants, débuté quinze ans auparavant. C’est ainsi que les téléskis des Timelles et des Mickeys sont construits par Poma. Ainsi, les débutants disposaient d’un ensemble de trois téléskis leurs permettant de découvrir le ski sur un espace en pentes douces adapté et facilement accessible depuis la gare amont de la télécabine des Essarts. La même année, le téléski du Plattet est construit par Poma au nord des Essarts afin de desservir une nouvelle piste au tracé plus engagé, en pleine forêt. À noter que ce téléski est toujours présent sur le domaine skiable en 2020 mais n'est plus exploité.


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La gare aval et le début de la ligne du téléski des Timelles de nos jours, depuis la piste verte éponyme qu’il dessert.

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Vue de nos jours arrière sur la gare aval du téléski des Mickeys depuis la ligne. On aperçoit sur la gauche la station aval du téléski de l’Uzet.


L’année suivante, le deuxième tronçon de la télébenne a été remplacé par Montaz Mautino avec la construction du télésiège fixe quatre places de la Scia. Sa ligne a été légèrement modifiée par rapport à son prédécesseur. La gare aval a ainsi été placée au plus proche de l‘arrivée de la télécabine des Essarts. La gare amont de ce télésiège a quant à elle été implantée à proximité du chalet-restaurant de la Scia et non plus au sein de ce bâtiment. A noter que le télésiège des Essarts, devenu inutile avec la construction de la nouvelle télécabine, a été démonté en 1992. La même année, un chemin a été aménagé pour tracer la piste de la Gentiane, assurant la liaison entre les domaines de Saint-Pierre de Chartreuse et du Planolet.


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Vue de nos jours sur la gare aval du télésiège de la Scia. (Cliquez sur l’image pour accéder au reportage)


Au fil des années, le télésiège du Battour était devenu un appareil vétuste mais son rôle n’en demeurait pas moins stratégique. Il nécessitait une révision complète. Cependant, une telle opération n’aurait permis de prolonger que de quelques années au mieux la vie de l’appareil pour un coût important. Après avoir rencontré des difficultés de financement, l’exploitant a donc décidé de procéder au remplacement de cet appareil en 2006 par le télésiège débrayable six places de la Combe de l’Ours. Un nouveau tracé a été retenu afin de recentrer géographiquement la gare de départ du télésiège. Il a été choisi de l’implanter plus en aval et au nord de celle de l’ancien appareil, au niveau d’un virage de la route qui permettait d’accéder au Battour. La gare amont a quant à elle été légèrement déplacée afin d’optimiser les flux de skieurs au niveau de la Scia. Ainsi une nouvelle porte d’entrée du domaine skiable de Saint-Pierre de Chartreuse – Le Planolet a pu être aménagée au niveau de la station aval du nouveau télésiège. Un important parking y a été construit et des caisses y ont été installées afin d’accueillir les skieurs journée. Ainsi l’accès à l’ensemble du domaine skiable est devenu plus performant et plus adapté que via la télécabine des Essarts par exemple. En effet, grâce à son confort et sa rapidité, le télésiège de la Combe de l’Ours a permis de desservir efficacement tous les secteurs de ce domaine en permettant de basculer sur celui de Saint-Pierre de Chartreuse ou du Planolet.


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Vue sur la gare aval du télésiège de la Combe de l’Ours. (Cliquez sur l’image pour accéder au reportage)

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Le village de Saint-Pierre de Chartreuse, le plateau des Essarts ainsi que les différents secteurs environnants de nos jours.


Rôles et situation de la télécabine des Essarts

Le rôle principal de la télécabine débrayable des Essarts est de donner accès au domaine skiable de Saint-Pierre de Chartreuse depuis le village éponyme puisqu’il en est l’unique moyen. Avec le télésiège de la Scia, elle constitue alors une chaîne de deux remontées mécaniques permettant ce domaine dans son ensemble. Les skieurs à la journée, peuvent facilement l’emprunter après s’être garés sur le parking du Plan de Ville situé en plein cœur du village. Cependant, lorsque l’affluence est importante, durant les vacances scolaires ou lors des jours de beaux temps après des chutes de neige, ce parking devient saturé. Les skieurs se voient alors dans l’obligation de monter jusqu’à la porte d’entrée de la Combe de l’Ours. Elle est une porte d'entrée privilégiée pour le ski journée grâce à son parking de grande capacité et son télésiège débrayable 6 places permettant d'accéder rapidement à l'ensemble du domaine skiable. La télécabine des Essarts demeure néanmoins essentielle pour les vacanciers résidant dans les quelques logements du village chartrousin. Lorsque l’enneigement est insuffisant pour rejoindre skis aux pieds le village de Saint-Pierre de Chartreuse, la télécabine des Essarts est également empruntée à la descente.

De plus, cette remontée mécanique permet d’accéder facilement au plateau des Essarts, son espace débutants ainsi que son jardin d’enfants, calmes et propices à l’apprentissage du ski grâce à la présence de trois téléskis et d’un tapis neige. Non seulement les skieurs mais également les parents les accompagnant peuvent alors l’emprunter afin d’atteindre ce plateau. Ces personnes l’empruntent alors également à la descente afin de regagner le village de Saint-Pierre de Chartreuse.

Outre ces différents rôles d’ascenseur, cet appareil permet de desservir des pistes de ski propre. Cependant, celles-ci ne sont que rarement ouvertes du fait de leur faible altitude et des manques de neige fréquents puisque non enneigées artificiellement. Elles demeurent tout de même très agréables, notamment enchaînées après les pistes desservies par le télésiège de la Scia. Un enneigeur est néanmoins souvent installé sur le bas de la piste de la Chapelle afin de garantir le retour skis aux pieds au village de Saint-Pierre de Chartreuse. Lorsque les conditions d’enneigement sont délicates ce n’est généralement que cette piste ainsi que celle l’Eterlou qui sont ouvertes, les pistes du Lièvre et du Dromadaire restant fermées.

Du fait de son importance, la fréquentation du télésiège est relativement élevée tout au long de la journée.

La télécabine des Essarts dessert principalement et directement quatre pistes :

  • L’Eterlou, une piste bleue tracée sur la route donnant accès au hameau des Essarts l’été. Elle permet aux skieurs débutants et lorsque l’enneigement est faible sur la partie basse de la station, de rejoindre skis aux pieds le village de Saint-Pierre de Chartreuse.
  • La Liaison, une piste bleue constituant après avoir emprunté la piste verte des Lutins, un chemin de liaison vers le secteur de la Combe de l’Ours depuis le plateau des Essarts.
  • Le Lièvre, une piste rouge constituant la principale piste de ski propre desservit par la télécabine des Essarts. Enchainé avec une des pistes desservies par le télésiège de la Scia, elle offre une descente agréable de plus de 700 mètres de dénivelé.
  • La Chapelle, une piste rouge constituant la principale piste permettant de rejoindre le bas de la station de Saint-Pierre de Chartreuse. En effet, lorsque l’enneigement est insuffisant et que les parties finales des pistes du Lièvre et du Dromadaire sont fermées, il s’agit de l’unique moyen de parvenir à la gare aval de la télécabine. Cependant, elle comporte alors généralement des plaques de terre et de verglas. Cette piste tire son nom de la chapelle implantée à proximité du départ de la piste.
  • Le Dromadaire, une piste noire non damée. Il s’agit de la piste la plus technique car généralement bien bosselée desservie par la télécabine des Essarts.



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La situation de la télécabine des Essarts par rapport à l'ensemble du domaine skiable de Saint-Pierre de Chartreuse – Le Planolet et des pistes qu’il dessert.


Les caractéristiques de l’installation

Caractéristiques administratives

  • TCD – Télécabine à pinces débrayables : Essarts
  • Exploitant : Domaine skiable des Cœurs de Chartreuse
  • Constructeur : Poma
  • Année de construction : 1982
Caractéristiques d’exploitation

  • Saison d'exploitation : Hiver
  • Capacité : 6 places
  • Débit maximal théorique à la montée : 1500 p/h
  • Débit maximal théorique à la descente : 1500 p/h
  • Vitesse d'exploitation maximale théorique : 5 m/s
  • Sens de montée : Droite
Caractéristiques géométriques

  • Altitude aval : 900 m
  • Altitude amont : 1350 m
  • Dénivelée : 450 m
  • Longueur développée : 1475 m
  • Longueur horizontale : 1376 m
  • Portée maximale : 190 m
  • Survol maximal : 25 m
  • Pente maximale : 42 %
  • Pente moyenne : 32,23 %
  • Temps de trajet : Environ 4 min 55 s
Caractéristiques des gares

  • Emplacement motrice : Amont
  • Type de motorisation : Courant continu
  • Puissance développée : 360 kW
  • Emplacement tension : Aval
  • Type de tension : Hydraulique
  • Nombre de vérins : 2
  • Tension nominale : 18 500 daN
  • Pression nominale : 99 bars
Caractéristiques de la ligne

  • Nombre de pylônes : 16
  • Nombre de cabines : 53
  • Espacement : 70 m
  • Dispositif d'accouplement : Double pince débrayable S
Caractéristiques du câble

  • Année de fabrication : 1982
  • Fabricant : C.C.G
  • Diamètre : 38,1 mm
  • Composition : 6x17 fils
  • Type d'âme : Textile
  • Résistance à la rupture : 101 090 daN

La gare aval

La gare aval de la télécabine des Essarts est implantée à 900 mètres d’altitude sur le front de neige du village de Saint-Pierre de Chartreuse, sur le bord de la route menant à Saint-Pierre d’Entremont. Elle est située à proximité des caisses des forfaits et des bureaux de l’ESF. Elle est ainsi facilement accessible depuis les parkings de la station. Cependant, lors des journées de forte affluence, où la neige est présente en quantité suffisante, il se peut que ces parkings soient complets contraignant les nombreux skieurs à rejoindre la Combe de l’Ours pour accéder au domaine skiable.

La station aval du téléporté est constituée d’un bâtiment abritant le contour et les zones d’embarquement et de débarquement. Il adopte un toit et des faces en tôle ainsi qu’une face arrière vitrée où le nom de l’installation est inscrit. Le lanceur et le ralentisseur situés à l'avant du bâtiment, couverts par de la tôle, complètent l'ensemble. Il s’agit de la station tension de l’installation. L’effort de tension sur le câble est appliqué à l’aide de vérins hydrauliques développant une force de 18 500 daN. Afin que la tension en gare soit constante quelles que soient les variations de charge sur la ligne, la poulie retour est placée sur un chariot appelé lorry, coulissant par rapport à la structure fixe de la gare.


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La gare aval dans son environnement vue depuis la fin de la piste du Lièvre.

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Vue générale depuis l’arrivée de cette piste.

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Les têtes des deux premiers pylônes de la ligne ainsi que l’entrée du ralentisseur.

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Vue de trois quarts.

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Une cabine au niveau du ralentisseur.

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Vue sur la sortie de la gare lorsque la télécabine est empruntée à la descente.

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Vue de côté sous un soleil imposant.

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L’arrière de la gare vu depuis la route menant en direction de Saint-Pierre d’Entremont.

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Vue de côté avec l’escalier menant à l’intérieur de la gare.

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Le lanceur et les premiers pylônes de la ligne.

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Le bâtiment principal constituant la station aval de la télécabine des Essarts.

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Vue de côté sur le lanceur avec la ligne de crête du sommet du Grand Som à l’arrière-plan. L’inclinaison du lanceur est bien visible.

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Vue sur la fin du ralentisseur et la chaîne de traînage des cabines en gare aval.

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La poulie de tension.

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Une cabine à l’entrée du contour.

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Les deux vérins hydrauliques vus depuis la zone de débarquement.

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Dans le lanceur. C'est parti !


La ligne à la montée

La ligne de la télécabine des Essarts parcourt 1475 mètres de longueur pour 450 mètres de dénivelé afin de rallier le plateau des Essarts à 1350 mètres d’altitude.

Dans un premier temps, la ligne sort du décaissement dans lequel se situe la gare aval grâce aux pylônes 1 et 2. Elle est ensuite régulièrement pentue jusqu’au quinzième ouvrage et l’arrivée sur le plateau des Essarts. Durant ce parcours, elle survole tout d’abord la piste rouge de la Chapelle entre les pylônes 4 et 5 avant de survoler la piste bleue de l’Eterlou lors de la portée suivante. Les cabines longent par la suite la piste noire du Dromadaire entre les pylônes 6 et 7 avant de la survoler à deux reprises, durant la seconde partie de la relative longue portée vers le pylône 8 et après cet ouvrage. La télécabine continue de la longer jusqu’au pylône 10 avant de croiser une nouvelle fois la piste de l’Eterlou peu après ce dernier. La ligne survole ensuite la piste rouge du Lièvre lors de la portée entre les pylônes 11 et 12 puis la longe jusqu’au pylône 14. Elle croise à deux nouvelles reprises la piste de l’Eterlou aux abords des ouvrages 12 et 13. La télécabine survole ensuite le hameau des Essarts et ses chalets au niveau de la portée entre les pylônes 14 et 15. Ce dernier redresse la ligne afin d’atteindre le plateau des Essarts. Après le survol du jardin d’enfants de Saint-Pierre de Chartreuse et d’une partie de la zone débutants, le pylône 16 remet la ligne à l’horizontale avant l’entrée en gare amont.


  • P1 : 8C/8C
  • P2 : 8C/8C
  • P3 : 4S/4S
  • P4 : 4S/4S
  • P5 : 6S/6S
  • P6 : 4S/4S
  • P7 : 4S/4S
  • P8 : 6S/6S
  • P9 : 6S/6S
  • P10 : 4S/4S
  • P11 : 4S/4S
  • P12 : 4S/4S
  • P13 : 4S/4S
  • P14 : 6S/6S
  • P15 : 8S/8S
  • P16 : 6S/6S



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Vue sur le début de la ligne depuis les abords de la gare aval de la télécabine des Essarts.

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Les deux premiers pylônes de la ligne ainsi que le début du ralentisseur et la fin du lanceur. A noter que les futs de ces deux ouvrages ont été remplacés en 2012 suite à des problèmes de fatigue

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La portée vers le pylône 3.

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Le P3.

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Le P4.

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La portée vers le pylône 5. On survole alors la piste rouge de la Chapelle.

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Le P5.

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La portée vers le pylône6.

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Le P6. On survole alors la piste bleue de l’Éterlou.

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La portée vers le pylône 7.

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Le P7.

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Début de la longue portée vers le pylône 8.

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La fin de cette portée. On survole alors les bosses de la piste noire du Dromadaire.

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Le P8.

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La portée vers le pylône 9. La piste du Dromadaire est de nouveau survolée par la télécabine.

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Le P9.

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La portée vers le pylône 10. On survole alors une dernière fois la piste du Dromadaire.

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Le P10, implanté à la croisée entre la piste du Dromadaire et de l’Éterlou.

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La portée vers le pylône 11.

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Le P11.

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La portée vers le pylône 12. On survole alors la piste rouge du Lièvre.

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Le P12.

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La portée vers le pylône 13.On longe alors de nouveau cette piste rouge.

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Le P13.

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La portée vers le pylône 14.

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Le P14.

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La portée vers le pylône 15. On survole alors un des chalets du hameau des Essarts.

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Le P15.

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La portée vers le pylône 16. On survole alors le jardin d’enfants de la station de Saint-Pierre de Chartreuse. La gare aval ainsi que le début de la ligne du télésiège de la Scia sont visibles sur la droite.

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Le P16.


La gare amont

La gare amont de la télécabine des Essarts est implantée à 1350 mètres d’altitude au niveau du plateau éponyme. Elle se situe ainsi à proximité de la zone pour skieurs débutants et du jardin d’enfants de Saint-Pierre de Chartreuse et de la gare aval du télésiège de la Scia.

La station amont du téléporté est comprise dans un bâtiment abritant également des toilettes ainsi qu’un garage pour dameuses. Elle adopte au même titre que la gare aval, un toit et des faces en tôle. Il s’agit de la station motrice de l’installation. Le câble est entraîné par l’intermédiaire d’un moteur électrique à courant continu développant une puissance de 360 kW. Le treuil est enterré.


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L’arrivée en gare amont

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Le quai de débarquement.

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La chaîne de traînage.

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Le contour et l'aiguillage vers le garage.

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Vue sur une cabine, portes ouvertes dans le contour.

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Vue sur le garage où est entreposé le véhicule de maintenance de la télécabine.

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Vue de l'arrière du bâtiment abritant la gare amont depuis la fin de la piste bleue des Écureuils.

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Vue rapprochée avec la gare aval du télésiège de la Scia sur la gauche.

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Vue de trois quarts depuis le télésiège de la Scia.

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Vue de côté.

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Vue en contre-plongée de la gare amont depuis le départ de la piste rouge du Lièvre.

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La gare amont avec le pylône 16.

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Vue opposée en partant vers l'espace débutants du plateau des Essarts.


La ligne à la descente


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Vue sur la zone d’embarquement en gare amont.

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Dans le lanceur. C'est parti !

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La portée vers le pylône 15. On survole alors le jardin d’enfants de l’ESF.

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La portée vers le pylône 14 et survol d’un chalet du hameau des Essarts.

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La portée vers le pylône 12. On longe alors la piste rouge du Lièvre.

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Le P10. Cet ouvrage est implanté au bord de la piste bleue de l’Eterlou et noire du Dromadaire.

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La portée vers le pylône 9 et survol de la piste du Dromadaire.

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La portée vers le pylône 8, implanté le long de cette piste noire.

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La longue portée vers le pylône 7. Les sommets du Charmant Som (à gauche) et de la Grande Sure (au centre) culminant respectivement à 1867 et 1920 mètres d’altitude dominent l’arrière-plan.

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Le P6. Il est implanté au bord de la piste de l’Eterlou. Sur la droite, on peut voir la dernière partie de la piste du Dromadaire.

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La portée ver le pylône 4. On survole alors la piste rouge de la Chapelle.

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Les pylônes 1 et 2 avant l’entrée en gare aval.


Véhicules et pinces

La télécabine débrayable des Essarts est équipée de 53 cabines six places SP77 fournies par Sigma. Elles comportent chacune deux racks à skis extérieurs permettant de ranger six skis et deux snowboards. Elles adoptent des assises plastiques dos-à-dos. Les véhicules sont reliés au câble par l'intermédiaire d'une double pince débrayable S.


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Croisement de deux cabines.

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Vue d'une cabine côté entrée avec les racks à skis passant devant le sommet du Grand Som culminant à 2026 mètres d’altitude.

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Vue opposée d'une cabine.

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Une double pince S.


L'appareil, vu depuis les pistes


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Vue de la fin de la ligne depuis la gare amont.

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L’avant-dernière portée de la télécabine avec le jardin d'enfants du plateau des Essarts.

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Vue en amont du pylône 14 depuis la piste rouge du Lièvre.

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Le pylône 14, entre les chalets du hameau des Essarts.

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Vue vers le pylône 14 depuis la piste bleue de l'Eterlou.

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Les pylônes 12 et 13 vus depuis la piste rouge du Lièvre.

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Vue en aval du pylône 12 depuis la piste rouge du Lièvre.

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Vue du même pylône en continuant la piste rouge du Lièvre.

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Vue en aval du pylône 11 depuis la piste noire du Dromadaire.

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Vue sur la partie médiane de la ligne depuis cette piste.

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Vue en contre-plongée du pylône 10 depuis la piste noire du Dromadaire.

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Vue de la portée vers cet ouvrage depuis cette piste.

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Le pylône 9 vue depuis cette piste noire.

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Vue en amont du pylône 8 depuis la piste noire du Dromadaire.

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Les pylônes 8 et 9 vus depuis cette piste.

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Vue en direction du pylône 7 depuis la piste noire du Dromadaire. On peut alors admirer Chamechaude (à gauche) et le Charmant Som (à droite) culminant respectivement à 2082 et 1867 mètres d’altitude.

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Vue en amont du pylône 6 depuis cette piste.

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Vue sur la longue portée entre les ouvrages 6 et 7 depuis la piste noire du Dromadaire.

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Le pylône 6 face au sommet de Chamechaude (2082 m) depuis la piste bleue de l’Eterlou.

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Le pylône 5 avec le Charmant Som, à gauche et la Grande Sure, au centre.

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Vue en aval du pylône 6 depuis la piste bleue de l'Eterlou.

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Vue vers le pylône 5 depuis cette piste bleue.

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Vue sur la Chapelle, implantée aux abords de la piste rouge éponyme

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Une cabine sur la portée entre les pylônes 4 et 5.

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Vue en amont du pylône 3.

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Les pylônes 3 et 4 derrière une projection de neige de culture produite par un canon à neige sur le bord de la piste rouge du Lièvre.


Conclusion

Construit en 1982, la télécabine débrayable six places des Essarts a permis de donner un nouveau souffle au domaine skiable de Saint-Pierre de Chartreuse – Le Planolet. Cet appareil, moderne pour l’époque grâce à sa vitesse d’exploitation de cinq mètres par seconde a permis de remplacer efficacement le premier tronçon de la télébenne de la Scia qui était devenu vétuste. Cette installation permet de rallier le plateau des Essarts à 1350 mètres en constituant l’unique ascenseur depuis le village de Saint-Pierre de Chartreuse. Son rôle est donc très important d’autant plus que cette télécabine permet aux débutants d’accéder à l’espace qui leur est dédié. Ce téléporté dessert également des pistes intéressantes de ski propre. Cette télécabine est ainsi relativement fréquentée et ce tout au long de la journée notamment lors des journées ensoleillées en weekend ou pendant les vacances scolaires après des chutes de neige abondantes. Cependant, ces pistes ne sont que rarement ouvertes du fait du manque de neige. Cela contraint aussi les skieurs à emprunter la télécabine des Essarts à la descente pour regagner le village de Saint-Pierre de Chartreuse lorsque les pistes de retour station sont fermées. Malheureusement, cela est de plus en plus fréquent du fait de la faible altitude de ces pistes et du réchauffement climatique. Le principal domaine skiable chartrousin doit donc faire face à des saisons de plus en plus courtes mettant en péril sa survie économique.
Cette télécabine met alors en exergue la situation délicate dans laquelle se situe le domaine skiable du fait d’une situation financière difficile due à une succession d’années sans neige, une mauvaise gestion de ce domaine ainsi que des difficultés administratives. En effet, la station avait envisagé lors de la saison hivernale 2019-2020 de fermer ce téléporté et de le remplacer par une navette entre le village de Saint-Pierre de Chartreuse et le parking Combe de l’Ours. Cela aurait permis à la commune de s'affranchir des coûts d'exploitation élevés de la télécabine, notamment en raison de son ancienneté. Cependant, face à la mobilisation des habitants pour le maintien en service de cet appareil et ainsi garantir le dynamisme du village, il a bien été ouvert durant cet hiver. Le futur de la télécabine des Essarts demeure malgré tout relativement incertain.
Saint-Pierre de Chartreuse se doit donc de trouver une nouvelle alternative au ski afin de maintenir son activité touristique et donc économique. Cela peut par exemple se faire via l’ouverture de certaines remontées mécaniques lors de la saison estivale pour la pratique du VTT de descente, de la randonnée pédestre ou tout simplement permettre à tout un chacun d’admirer les paysages du massif de la Chartreuse comme c’était le cas quelques années auparavant avec l’ouverture du télésiège de la Combe de l’Ours en été.


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Un véhicule de la télécabine des Essarts survolant fièrement un chalet du hameau éponyme avec le Grand Som en toile de fond.


Crédits et remerciements

Je tiens à remercier Guigui74, Lolo42 et monchu pour la mise à disposition de leurs archives ainsi que remontees pour ses relectures et corrections.

Photographies : Bovinant
Photographies historiques : Géo1, Laurent Berne et monchu
Date des prises de vues : 24 décembre 2017 et 13 février 2018
Graphisme et bannière : Bovinant
Texte : remontees et Bovinant
Relecture et corrections : remontees



2020 - Bovinant - www.remontees-mecaniques.net



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