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Photo

 TCV8 Innergsteig - Sanetsch

Gsteig (Gstaad Mountain Rides)

BMF Bartholet

T3 ES
Description rapide :
Le but premier de cette installation est de transporter rapidement les employés de la centrale hydroélectrique du Sanetsch jusqu'au barrage du même nom, situé à proximité immédiate de la station amont. Cette remontée mécanique a ouvert au public quelques années après sa mise en service et offre ainsi durant l’été un accès à la région sauvage qui entoure le lac artificiel.

Options techniques :
  • Virage en ligne
Année de construction : 1989

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Introduction et historique
Auteur de ce reportage : Fael
Section écrite le 06/10/2018 et mise à jour le 08/10/2018
(Mise en cache le 09/10/2018)

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Gsteig

Le petit village de Gsteig, anciennement appelé Châtelet en français, est situé à l'extrémité supérieure du Saanenland, sur le versant est du col du Pillon. Il est peu touristique par rapport à la station voisine de Gstaad mais on y trouve néanmoins un téléski à arbalètes destiné à la clientèle locale. Un téléphérique lié à une exploitation hydroélectrique se trouve également à proximité. Il permet l'accès au barrage du Sanetsch qui barre le cours de la Sarine bien au-dessus de Gsteig. Durant l'été, cette installation est ouverte au public ce qui permet l'accès à de nombreuses randonnées d'altitude.

Histoire du Sanetsch

Au début du XXème siècle, la région du col du Sanetsch (ou col de Sénin en français), qui sépare les villages de Savièse dans le canton du Valais et de Gsteig dans le canton de Berne, est pratiquement inhabitée et difficilement accessible. La commune de Savièse, située au-dessus de Sion, y possède des alpages sur les deux versants du col. Certains se trouvent même en territoire bernois. On y accède par un sentier muletier, moyennant plusieurs heures de marche. À la même époque, la ville de Berne souhaite améliorer son approvisionnement en électricité. Elle lance dans ce but une étude visant à implanter un barrage sur le cours de la Sarine, en contrebas du col du Sanetsch.


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La vallée de la Sarine, au sud du col du Sanetsch, avant la construction du barrage (archives Die Berner Woche in Wort und Bild, revues suisses en ligne - http://www.e-periodica.ch).


Un peu après la Première Guerre mondiale, les cantons de Berne et du Valais envisagent la construction d'une route sur un des cols limitrophes. À cette époque, seul le col du Grimsel dans le massif du Gothard possède une route carrossable. Trois possibilités sont envisagées : les cols de la Gemmi, du Rawyl et du Sanetsch. Ce dernier est le plus bas en altitude. Une route sur ce col permettrait de relier efficacement Sion à Gstaad, qui est déjà à cette période un grand centre touristique. Elle donnerait également accès aux alpages de Savièse, devenus peu rentables en raison de leur accès difficile et menacés d'abandon. Les travaux sont devisés à trois millions de francs pour environ 35 kilomètres de route à construire.

À la fin des années 1950, le projet de barrage se concrétise. Le futur exploitant prévoit la construction d'un téléphérique de chantier entre Innergsteig et l'emplacement du barrage. De son côté, la commune de Savièse cherche toujours à améliorer l'accès à ses alpages sur le Sanetsch. Comme elle est propriétaire des terrains où doit être construit le barrage, elle parvient à convaincre les investisseurs de participer à la construction d'une route entre Savièse et le chantier plutôt que de construire un téléphérique. Le financement est complété par la commune de Savièse, le canton du Valais et la confédération.

La première partie de la route est donc construite dès 1959. À la même période, une ligne électrique à haute tension est construite entre Riddes (VS) et Mühleberg (BE) via le Sanetsch, le Jaun et le Schwarzsee. Pour permettre un autre accès au chantier, un téléphérique est tout de même construit au départ d'Innergsteig la même année. Il s'agit d'une installation de chantier, d'une charge utile de cinq tonnes et ne possédant pas de cabine fermée. Le 7 octobre 1962, un ouvrier qui l'empruntait pour une excursion le dimanche chute de la cabine durant le trajet et se tue. Au printemps de l'année suivante, la production d'électricité commence. Les travaux de construction du barrage s'achèvent en été 1963 et l'inauguration a lieu en automne de cette année.

En 1964, des travaux visant à surélever le barrage de cinq mètres débutent. Ils seront achevés deux ans plus tard. Au final, le barrage est haut de 42 mètres et le lac contient environ 2,7 millions de mètres cubes d'eau. La centrale hydroélectrique se trouve à Innergsteig, juste à côté de la gare aval du téléphérique, ce qui représente une hauteur de chute d'un peu moins de 850 mètres.

C'est également en 1964 que le dernier tronçon des téléphériques du glacier des Diablerets ouvre. Il permet un accès au Scex-Rouge, qui domine le glacier de Tsanfleuron (on rencontre parfois l'orthographe Zanfleuron). Savièse y voit une opportunité pour développer le tourisme au Sanetsch. Divers projets voient le jour, comme celui d'un téléphérique atteignant l'Oldenhorn, soit depuis la plaine du Rhône soit depuis le col du Sanetsch, ou encore la construction de téléskis permettant le ski d'été sur le glacier depuis le col. Des transports par véhicules à chenilles ont également été envisagés pour ramener sur le glacier des skieurs qui seraient descendus jusqu'au col du Sanetsch.

Alors que la route du Sanetsch est presque entièrement goudronnée en 1965, l'idée consistant à l'achever jusqu'à Gsteig refait surface. Entre-temps, il a été décidé de réaliser la liaison Valais - Berne sous la forme d'un tunnel sous le col du Rawyl. La route du Sanetsch, qui ne pourrait ouvrir que l'été, aurait donc une vocation uniquement touristique. Le projet sera régulièrement remis à jour jusqu'au milieu des années 1980, la facture prévue devenant chaque fois un peu plus importante, mais il ne sera jamais réalisé. Le tunnel du Rawyl ne sera d'ailleurs pas non plus construit et aujourd'hui encore, le col du Grimsel est le seul col praticable en voiture entre les deux cantons.

Durant l'hiver 1967-1968, le téléphérique du barrage est endommagé. La Kraftwerk Sanetsch AG envisage alors d'abandonner son exploitation. Après des discussions, notamment avec la commune de Savièse, l'exploitation reprend. Ce téléphérique, bien que destiné principalement aux marchandises, a été utilisé à plusieurs reprises pour le transport de personnes extérieures, en particulier des personnalités officielles bernoises qui devaient se rendre au barrage.


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Quelques personnalités officielles au sommet du téléphérique de chantier en 1986 (photo Valpresse, archives le Confédéré https://www.e-newspaperarchives.ch)


En 1989, l'ancien téléphérique de chantier est remplacé par une nouvelle installation fournie par la société Bartholet. La capacité de transport de marchandises n'étant plus nécessaire une fois le barrage achevé, celle-ci est conçue uniquement pour le transport de personnes, afin de fournir un accès rapide au barrage en toutes circonstances. Même s'il s'agit techniquement d'une télécabine à va-et-vient (avec un unique câble porteur-tracteur), le terme « téléphérique » sera souvent utilisé dans la suite de ce texte, car c'est sous cette appellation que l'installation est le plus souvent désignée en français. Les cabines ont une capacité de huit personnes, ce qui permet à l'installation d'être sous bénéfice d'une autorisation cantonale. L'ancien tracé est conservé, si bien qu'il s'agit de la première télécabine fournie par BMF qui comporte un virage en ligne.

Durant ses premières années d'exploitation, l'installation ouvre parfois ses portes au public lors d'événements particuliers, par exemple lors du 700ème anniversaire de la confédération en 1991. La nouvelle installation assure en effet tout le confort et la sécurité nécessaire. En 1994, les communes riveraines décident d'ouvrir cette remontée mécanique au grand public. Quelques travaux d'adaptation doivent être réalisés. Le financement nécessaire est apporté par les communes de Saanen, Gsteig, Lauenen, Savièse et Conthey. L'installation ouvre pour la première fois en service régulier le 2 juillet 1994. Au moment de son ouverture, le téléphérique assure cinq départs seulement par jour.

Divers projets continueront à voir le jour dans le but d'augmenter l'attrait touristique du Sanetsch. On peut notamment mentionner un projet de train à vapeur, évoqué en 1995 et qui restera sans suite. Parmi ceux qui ont été réalisés, on peut citer la construction de la cabane de Prarochet sur les lapis de Tsanfleuron, achevée en 1991, ou encore la création en 1998 d'un sentier entre le Scex-Rouge et le barrage du Sanetsch via la Quille du Diable, la cabane de Prarochet et le col du Sanetsch.

 
Un trajet entre Innergsteig et le Sanetsch
Auteur de ce reportage : Fael
Section écrite le 08/10/2018 et mise à jour le 09/10/2018
(Mise en cache le 09/10/2018)

Le téléphérique Innergsteig - Sanetsch aujourd'hui

Cette installation permet en premier lieu l'accès au barrage du Sanetsch ainsi qu'à quelques autres éléments de l'installation hydroélectrique. Le personnel responsable de ces installations y a ainsi un accès facile. Une station intermédiaire située à mi-parcours permet l'accès à quelques équipements se trouvant à proximité. Elle n'est pas ouverte au public. Pour permettre le bon fonctionnement du barrage et des dispositifs annexes, le téléphérique peut être utilisé toute l'année en cas de nécessité.

Du point de vue touristique, il permet durant l'été un accès facile au barrage du Sanetsch et au restaurant qui se trouve à proximité. Diverses randonnées partent de cet endroit ou y arrivent. On peut notamment citer l'itinéraire venant du Scex Rouge et descendant le glacier puis les lapis de Tsanfleuron, le sentier descendant vers Gsteig ou encore la possibilité de monter jusqu'au col du Sanetsch pour ensuite éventuellement descendre sur le versant valaisan. Le couronnement du barrage marque également le terminus d'une ligne de car postal venant de Savièse et Sion durant l'été.

Cette remontée mécanique facilite donc grandement plusieurs randonnées de haute altitude dans les environs. Construite à l'origine pour être exploitée de façon occasionnelle par la Kraftwerk Sanetsch AG, elle n'a pas été dimensionnée pour le transport touristique. Son débit très faible est insuffisant pour les jours de forte affluence au plus fort de l'été. C'est surtout en fin de journée, quand les randonneurs regagnent la vallée, que l'attente est la plus grande. Elle peut atteindre près de deux heures. Pour éviter de longues queues, l'exploitant a mis en place un système de réservation. Il est ainsi possible de réserver une place pour la course ayant lieu à une heure spécifiée. En cas de faible affluence, la télécabine est mise en marche à la demande. Il n'y a pas de personnel en gare amont. La gare est télé-surveillée depuis l'aval à l'aide de quelques caméras. En cas de besoin, un téléphone dédié peut être utilisé pour communiquer avec le responsable en gare aval.

Même si elle est exploitée par une autre entreprise, cette installation est intégrée à l'offre estivale de Gstaad. Il s'agit uniquement d'un regroupement au niveau de l'Office du tourisme. Les titres de transports sont différents et la carte de libre accès sur les remontées mécaniques de Gstaad n'est pas valable. Des billets combinés avec les téléphériques du Glacier 3000 existent pour permettre la randonnée Scex-Rouge - Sanetsch à un tarif un peu plus avantageux.

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Situation de l'installation sur le plan estival de Gstaad.


Caractéristiques techniques

Caractéristiques administratives

TCV8-Télécabine à va-et-vient : INNERGSTEIG - SANETSCH
Exploitant : Kraftwerk Sanetsch AG
Constructeur : BMF
Année de construction : 1989
Année d'ouverture au public : 1994
Montant de l’investissement lors de la construction : 3'000'000 CHF
Montant de l’investissement lors de l'ouverture au public : 300'000 CHF

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation publique : été (juin à octobre)
Période d'exploitation pour l'accès aux installations hydroélectriques : toute l'année
Capacité : 8 personnes
Débit : ~40 personnes/heure
Vitesse d'exploitation maximale : 4 m/s

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 1209 m
Altitude amont : 2061 m
Dénivelé : 852 m
Longueur développée : 2066 m
Longueur horizontale : 1845 m
Pente moyenne: 46 %
Portée maximale : ~740 m (G1 - P1)
Hauteur de survol maximale : ~95 m (peu avant P7)
Angle de déviation au niveau des pylônes 5 et 6 : ~4 °
Temps de trajet : ~9 minutes

Caractéristiques techniques

Emplacement tension : aval
Dispositif de tension : contrepoids
Emplacement motrice : aval
Type de motorisation : moteur asynchrone triphasé ABB
Puissance : 130 kW
Fournisseur des cabines : CWA
Fournisseur de la commande : Frey
Nombre de pylônes : 9
Dispositif d’accouplement : quadruple pince fixe BMF

La gare aval

Elle se situe au lieu-dit Innergsteig, un peu en amont de la centrale hydroélectrique. On y accède en voiture par une route secondaire venant de Gsteig. Le transport public le plus proche se trouve au centre de Gsteig qui peut être atteint à pied en environ trente minutes. Un parking entoure le bâtiment. La caisse se trouve sur la droite. De là, on entre dans la station. L'accès aux cabines se fait par un quai situé au milieu de la voie. Les clients utilisant l'installation uniquement à la descente payent également leur titre de transport à cet endroit. Le sentier venant de la station supérieure arrive directement sur le parking. L'arrière du bâtiment abrite l'entraînement et la tension de l'installation. Le poste de vigie, qui contient aussi les commandes, sépare le quai du local abritant l'entraînement.


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L'avant de la gare, qui donne directement sur le parking.

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La face gauche de la gare. On remarque à l'avant les bornes de contrôle des forfaits et à l'arrière les portes qui permettent d'accéder au local abritant l'entraînement.

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L'entrée, la caisse et les bornes de contrôle des forfaits (pour les clients montant à gauche et descendant à droite).

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La face ouest de la gare et l'entrée au fond à droite de l'image (photo 10sami52).

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Le côté nord-est du bâtiment (photo 10sami52).

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La zone d'embarquement vue depuis le parking (photo 10sami52).

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Arrivée d'une cabine en gare.

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Les deux rails permettant l'alimentation électrique de la cabine 1.

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Le butoir contre lequel la cabine 2 s'appuie en gare.


La ligne

Elle est relativement longue et survole un terrain très accidenté. Après une très longue portée assez pentue qui longe d'abord la Sarine puis domine la forêt, le tracé franchit une première barre de rochers au niveau du pylône 1. Peu après, les câbles traversent une gorge puis dépassent une seconde barre rocheuse. Une série de trois pylônes ramène la ligne à l'horizontale. C'est dans la zone assez plate qui suit que se trouve la station intermédiaire. Une plateforme permettant le débarquement se trouve juste avant le pylône 5, là où les cabines se croisent. Les deux pylônes suivant, qui sont franchis à vitesse réduite, augmentent considérablement la pente tout en déviant légèrement les câbles vers la gauche. Après avoir parcouru encore une longue portée au bout de laquelle se trouve une dernière barre de rochers, la cabine passe les trois derniers pylônes. À cet endroit, l'installation traverse la frontière qui sépare les cantons de Berne (côté aval) et du Valais (côté amont). Une dernière longue portée, beaucoup moins raide, croise à nouveau le cours de la Sarine et mène en gare amont.


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Profil en long de la ligne.

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Vue au loin vers les deux premiers pylônes, situés au delà d'une barre rocheuse.

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Peu après avoir quitté la gare aval, la cabine survole la Sarine qui n'est encore qu'un torrent.

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Vue arrière en direction de la gare aval. On remarque à l'arrière le village de Gsteig.

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En se rapprochant, l'impressionnante barre rocheuse que traverse la ligne devient bien visible.

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Le pylône 1 approche.

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Vue arrière sur le premier pylône avec la plaine de Gsteig derrière.

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La ligne franchit à nouveau une falaise avant d'atteindre le pylône suivant.

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Le pylône 2 diminue beaucoup la pente.

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Pylône 3. On remarque la ligne à haute tension, qui relie Riddes à Mühleberg.

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Après le pylône 4, la ligne retrouve une pente très faible alors qu'elle passe sous la ligne à haute tension.

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On entrevoit déjà la suite du tracé qui survole un relief aussi escarpé que dans la première partie. Le véhicule descendant est en vue.

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Vue arrière avec le véhicule descendant. On remarque le pylône de la ligne à haute tension à droite.

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Les pylônes 5 et 6 au niveau desquels la ligne effectue un léger virage vers la gauche. C'est également à cet endroit que les véhicules se croisent et qu'un arrêt intermédiaire est aménagé pour permettre l'accès à des équipements hydroélectriques.

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Vue arrière sur le virage et la station intermédiaire.

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Après le pylône 6, la pente augmente considérablement. Après avoir repris de la vitesse, la cabine se dirige vers une dernière falaise, plus haute encore que les précédentes.

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Vue vers la gauche où l'imposant Spitzhorn (2806 m) domine la ligne.

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Vue arrière sur les pylônes 2 à 4. Le virage est ici bien visible puisque ces pylônes ne sont pas alignés avec la suite de la ligne d'où est prise la photo.

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Les câbles s'approchent de la paroi.

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Vue vers la droite. On remarque le Schluchhorn (2582 m) et le Mittaghorn (2332 m).

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Vue vers le bas. On remarque les pylônes 2 à 6, situés dans la section la moins aérienne du tracé.

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Les pylônes 7 et 8, perchés sur le bord de la paroi, approchent. C'est là que la ligne entre dans le canton du Valais.

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Le pylône 9, dernier de la ligne, diminue encore la pente et marque le début de la dernière longue portée qui conduit à la gare amont.

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Vue arrière sur les trois derniers pylônes.

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Le paysage sur la droite. On voit de gauche à droite le Petit Monton (2188 m), les Montons (2568 m) et, de l'autre côté des « Lapies di Bou », le Schluchhorn (2582 m).

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La dernière portée franchit une vallée. Le sommet qui se trouve dans le prolongement de la ligne est l'Arpelihorn (2921 m).

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La gare amont est en vue.

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Vue de face de la station amont. On remarque la fenêtre du poste de vigie à droite.

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La fin de la ligne vue depuis l'intérieur de la gare amont.


La gare amont

Elle se situe à un peu plus de 2050 mètres d'altitude, légèrement au-dessus du couronnement du barrage du Sanetsch. La construction est très simple et d'assez petite taille. Le bâtiment est constitué d'une structure métallique recouverte de tôles. La gare ne repose pas directement au sol mais est fixée sur une structure métallique. Un poste de vigie (en principe non occupé) se trouve du côté droit du bâtiment. L'accès à l'installation se fait par une passerelle sur la face gauche. Un espace ouvert sur l'extérieur mais abrité sert de zone d'attente. C'est également là que se trouve le téléphone permettant aux usagers de communiquer avec le conducteur de l'installation. Du point de vue technique, cette gare est retour fixe et comprend un minimum d’équipements techniques, ce qui permet de la maintenir non occupée en exploitation normale.

De là, on accède en quelques minutes au restaurant du barrage qui se trouve à la fin de la route venant de Sion. On atteint le barrage moyennant quelques minutes de marche supplémentaires. L'arrêt de la ligne de bus postal se trouve de l'autre côté de l'ouvrage qui peut être traversé à pied.


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Une cabine à quai en gare amont

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Vue de l'intérieur de la gare.

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La poulie retour fixe.

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La porte de sortie.

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Le téléphone permettant si nécessaire de contacter l'opérateur en gare aval.

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L'accès à l'installation.

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Vue de profil avec la passerelle d'accès.

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La structure qui soutient le bâtiment est ici bien visible. On remarque également le filet qui sécurise l'avant de la station. Les sommets visibles à droite sont le Petit Monton (2188 m) et les Montons (2568 m).

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Vue de l'avant de la gare, avec la masse rocheuse de l'Arpelihorn en toile de fond.

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Vue depuis le chemin d'accès.

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Vue lointaine depuis le bord du lac artificiel. On remarque le poste de vigie qui dépasse de la structure, ici du côté gauche.


La vue depuis le sommet et le lac du Sanetsch


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Vue depuis la gare amont en direction de l'ouest.

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Vue dans l'axe de la ligne, vers le nord-ouest.

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Vue vers le nord-est, vers le sommet du Spitzhorn (2806 m). C'est dans cette direction que la route Sion - Sanetsch aurait été prolongée en direction de Gsteig. Un tunnel de 700 mètres de long sous le versant ouest du Spitzhorn aurait conduit sur les hauteurs du Chrinepass, d'où la route aurait regagné Gsteig.

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L'auberge, le barrage et le lac du Sanetsch, vus depuis les environs de la gare amont. Au fond, au delà du col, on remarque la Fava (2612 m).

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Le lac vu depuis son extrémité sud, là où la Sarine s'y jette. Les sommets qui dominent le plan d'eau sont le Spitzhorn (2806 m) et le Schafhorn (2696 m).

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Les environs du lac possèdent une flore riche, comme ici ces Arnicas (Arnica montana).

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Le sentier qui longe la rive est du lac. On voit à l'arrière de gauche à droite Les Fours (2566 m), le Sanetschhorn (ou Mont Brun, 2924 m), la Dent Blanche (2820 m) et les Montons (2568 m).

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Quelques Edelweiss (Leontopodium alpinum) se trouvant à proximité de la gare amont.

 
Aspects techniques
Auteur de ce reportage : Fael
Section écrite le 08/10/2018 et mise à jour le 09/10/2018
(Mise en cache le 09/10/2018)

Aspects techniques

Visite de la gare motrice

L'entraînement

Comme souvent dans une gare motrice-tension, l'entraînement tout entier repose sur le lorry de tension. Le moteur de secours, permettant de ramener les cabines en gare en cas de problème sur l'entraînement normal s'y trouve également. Il actionne l'installation via un moteur hydraulique qui s'embraie sur une couronne dentée solidaire de la poulie motrice.


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Vue d'ensemble de la motrice. On remarque à gauche un des câbles reliant le lorry au contrepoids. On voit également l'ensemble moteur, frein de service, réducteur à gauche et le moteur de secours (orange) à droite.

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Le contrepoids et une des deux poulies déviant les câbles le reliant au chariot de tension.

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Le moteur électrique principal ABB surmonté de sa ventilation forcée.

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Le réducteur.

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Le moteur thermique de secours. Il actionne une pompe hydraulique qui entraîne via un réseau de tuyaux un moteur hydraulique situé à côté du réducteur.

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Le moteur thermique de secours. On remarque le réservoir de carburant à gauche et la pompe hydraulique en bas à droite (photo 10sami52).

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Le moteur hydraulique de secours. Il permet d'entraîner l'installation en s'embrayant sur une couronne dentée solidaire de la poulie motrice.

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Vue d'ensemble de l'entraînement principal. On devine sous la protection bleue le frein de service. À l'arrière, on remarque les longs câbles d'alimentation électrique, nécessaires pour suivre le mouvement du lorry de tension. Sur la droite, on voit le moteur hydraulique de secours au premier plan et le réducteur à l'arrière.

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À gauche : la centrale de commande des freins. Au milieu : la commande du moteur thermique de secours. À droite : le tableau de commande de l'entraînement de secours.

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Les deux batteries de galets situées dans le mur séparant la machinerie de la partie publique de la gare. On remarque une dynamo tachymétrique sur la voie de gauche (photo 10sami52).

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La poulie motrice et le lorry de tension. On devine la roue dentée permettant en cas de nécessité d'embrayer le moteur de secours sur la poulie (photo 10sami52).


La commande

Elle se trouve dans un local au centre de la voie, entre l'entraînement et la zone d'embarquement. La gestion des courses est automatisée, mais l'ouverture / fermeture des portes des cabines ainsi que l'ordre de départ sont effectués manuellement. La commande a été refaite en 2015.


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L'armoire de commande principale. On voit ici quelques cadrans à aiguille indiquant le courant de charge de différents éléments, le compte-tour du moteur thermique de secours ainsi que les compteurs de courses et d'heures d'exploitation.

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Le poste de commande principal. On voit à gauche le pupitre simplifié ainsi que l'écran tactile donnant tous les renseignements utiles au surveillant et lui permettant d'accéder aux commandes supplémentaires. L'écran de visualisation des différentes caméras de surveillance se trouve au centre alors que celui de droite donne notamment une vue schématique de la position des véhicules et de leur vitesse.


Les véhicules

L'installation comporte deux cabines de fabrication CWA, d'une capacité de 8 personnes. Elles sont équipées de portes automatiques qui sont actionnées électriquement. Un bouton d'arrêt d'urgence et un interphone se trouvent également dans la cabine. Les batteries permettant le fonctionnement de ces équipements sont rechargées lors des arrêts en gare. Des crochets de fixation sur le côté amont des véhicules permettent le transport de quatre vélos. Les cabines sont équipées de deux banquettes se faisant face qui offrent approximativement deux places assises chacune. Depuis le début de la saison 2017, l’aspect du texte « KWS » sur les faces des cabines a été modifié. Celles-ci sont reliées au câble par de quadruples pinces fixes, réparties en deux groupes de deux.


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La cabine 1 à proximité de la gare amont. On voit à l’arrière de gauche à droite Floriette (légèrement au-dessous des câbles, 2199 m), l’Arnenhorn (au-dessus des câbles, 2211 m), le Seeberghorn (2171 m), le Stuedelistand (2028 m) et la Tête à Josué (à l’arrière-plan, 2131 m).

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Vue en contre-plongée de la cabine 2. Les porte-vélos situés sur la face amont du véhicule sont ici bien visibles.

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Une cabine survole le parking en gare aval (photo 10sami52).

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Une cabine approche la gare amont.

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L'intérieur d'une cabine.

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Les consignes d'utilisation.

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L'interphone et le bouton d'arrêt d'urgence.

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Une pince vue depuis l'intérieur de la ligne.

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Vue depuis l'extérieur de la ligne.

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Vue d'une pince dans l'axe de la ligne, avec à l'arrière la Gummfluh (à gauche, 2457 m) et les Pointes de Sur Combe (à droite, 2393 m). On remarque les deux contacts montés sur ressort qui permettent en gare la recharge des batteries.

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Une pince en gare. On remarque les deux rails permettant la recharge des batteries.

 
Le Sanetsch en automne
Auteur de ce reportage : Fael
Section écrite le 08/10/2018 et mise à jour le 09/10/2018
(Mise en cache le 09/10/2018)

Le Sanetsch en automne

Pour terminer, voici quelques images automnales du téléphérique, du lac et de ses environs, prises quelques jours avant la fin de la saison.


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Le lac du Sanetsch, vu ici depuis sa rive ouest.

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À gauche : la rive sud du lac, à l'opposé du barrage. À droite, vue depuis la rive est en direction du sud-ouest.

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Le haut de la ligne vu depuis la gare amont.

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Vue vers le bas avec le dernier pylône au premier plan.

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La vue depuis la cabine.

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Conclusion

La télécabine à va-et-vient du Sanetsch, bien qu'à l'origine destinée uniquement à un usage occasionnel dans le cadre de l'exploitation du barrage, joue aujourd'hui un rôle touristique important dans la région. Elle permet un accès à de superbes paysages, plus sauvages et préservés que dans le reste de l'Oberland bernois et des Alpes vaudoises. La longueur et la difficulté de la route venant de Sion ainsi que le faible débit du téléphérique évitent une trop grande foule au sommet. Les beaux jours, l'affluence est au rendez-vous et le débit très faible de l'installation devient alors un problème. Néanmoins, aucun projet de remplacement n'est envisagé pour le moment.

Sources


  • Archives en ligne https://www.e-periodica.ch (Bulletin technique de la Suisse romande et Die Berner Woche in Wort und Bild)
  • Archives en ligne https://www.e-newspaperarchives.ch (Le Confédéré, Feuille d'avis du district de Monthey, Feuille d'avis du Valais, Journal du Chablais, Le Nouvelliste, Le Nouvelliste du Rhône, la Patrie valaisanne et le Peuple valaisan)
  • Panneaux d'informations sur place et renseignements fournis en ligne par l'exploitant



Les photos datent principalement du 8 août 2016, du 14 octobre 2017 et du 30 juillet 2018.

Merci à 10sami52 qui m'a mis à disposition quelques images et merci à l'exploitant qui nous a laissé accéder à la machinerie lors de nos visites. Texte : Fael, photos : Fael (sauf mention contraire).

Site internet de l'exploitant



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