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 TKD de l'Observatoire

Le Revard (Savoie Grand Revard)

Poma

T2 HS
Mise en service en : 1984
Fin de service en : 2016

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Auteur de ce reportage : alspace
Section écrite le 26/06/2017 et mise à jour le 01/07/2017
(Mise en cache le 03/07/2017)

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Au sommaire de ce reportage :
  1. Le Revard
  2. Observatoire : du téléski à ceintures au téléski à perches découplables
  3. Observatoire, desserte de la totalité du secteur éponyme
  4. Ligne et infrastructures du téléski de l’Observatoire
  5. Observatoire, un téléski rare en bout de course


Le Revard

Le Revard est une station de ski située dans le massif des Bauges, à 1600 mètres d’altitude.
Elle dispose d’un domaine skiable composé de 6 remontées mécaniques desservant 15 pistes de tous niveaux. Reliée commercialement avec La Féclaz et le stade de neige du col de Plainpalais sous le nom de Savoie Grand Revard, elle propose 32 pistes desservies par 13 remontées mécaniques. En plus de son domaine de ski alpin, Savoie Grand Revard exploite l’un des plus grands secteurs de ski nordique de France, avec 22 pistes totalisant près de de 150 kilomètres.

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^^ Découvrez une présentation plus détaillée de la station en cliquant sur le logo ^^


Observatoire : du téléski à ceintures au téléski à perches découplables

Les débuts du Revard

A la fin du XIXème siècle, le plateau du Revard est devenu une destination de loisirs pour les habitants du bassin d’Aix-les-Bains. En 1878, la CAF a ouvert le sentier du Pertuiset qui permettait de rejoindre le plateau du Revard en 4 bonnes heures de trajet pour un bon marcheur.
En août 1892, le train à crémaillère reliant Aix-les-Bains et Le Revard a été mis en service. Exploité de mai à octobre, il assurait le trajet en 1h15 permettant ainsi de rendre plus accessible le plateau depuis la vallée. En 1908, le train à crémaillère a été pour la première fois exploité en période hivernale pour donner accès à de vastes champs de neige à faible dénivelé. L’année suivante, le train a été équipé d’une étrave pour déblayer la neige sur la voie, contribuant à rendre plus régulière cette liaison. La station du Revard était ainsi née !
En 1924, le train à crémaillère a été rénové tandis qu’une piste de curling, un tremplin et une patinoire ont été créés sur la station du Revard. Les premières chenillettes remontaient alors les skieurs le long des pentes du Revard.

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Le train à crémaillère au terminus du Revard en été (D.R).

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La gare du train (au centre) avec les hôtels du Revard juste au-dessus (D.R).

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Des skieurs tractés par une Citroën 10hp avec système Kégresse à chenillettes (D.R).


En 1935, le train à crémaillère a été remplacé par le téléphérique du Mont Revard, commandé par l’hôtelier PLM. Cet appareil de 840 mètres de dénivelé reliait la commune de Mouxy et le sommet du Mont Revard en 6 minutes 40 secondes.
Malgré la mise en service du téléphérique, le train à crémaillère a été exploité jusqu’en 1938 pour le transport de marchandises.

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La gare amont du téléphérique du Mont Revard (D.R).


Le premier monte-pente de l’Observatoire

En 1936, PLM a fait construire le téléski à ceintures de l’Observatoire sur les pentes à faible dénivelé situées en contrebas de la gare d’arrivée du téléphérique. Ce monte-pente permettait de remplacer les chenillettes exploitées depuis 1924.

Le monte-pente de l'Observatoire était un appareil assez particulier. Cette installation a été imaginée par l'ingénieur Charles Lenoble, avec un système à deux câbles possédant des véhicules tracteurs à brassières. Pour se faire tracter, le skieur plaçait ses coudes dans un cintre à courroies souples.

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Le système de brassière du téléski (D.R, collection Laurent Berne).


Les deux câbles tournaient à une vitesse légèrement différente par le biais d'un étage de réduction en gare motrice. Lorsqu'un véhicule était utilisé par un skieur, le poids exercé sur ce dernier venait libérer le chariot qui était jusque-là pincé sur le câble inférieur par un ressort de compression. Le câble de traction se déroulait alors en douceur jusqu'à arriver en butée. Il était ensuite entraîné par le câble supérieur, d'un diamètre plus conséquent. Au niveau du lâcher, le chariot, libéré de la force exercée par le skieur, venait de nouveau se pincer au câble supérieur et, sous l'action du différentiel de vitesse des deux câbles, la brassière était automatiquement remontée (source reportage TPH45 du Mont Revard).
Ce système marchait bien et permettait une vitesse d'exploitation rapide, mais les jours de grand vent, les véhicules se coinçaient dans le tambour en gare sommitale.

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Configuration du téléski PLM à deux câbles (D.R, collection Laurent Berne).

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Principe de blocage/déblocage du chariot sur le câble inférieur (D.R, collection Laurent Berne).


L'imposante gare d'arrivée était accolée à celle du téléphérique. Tout comme la gare amont du téléphérique, notons que la station retour du téléski de l’Observatoire est toujours en place aujourd'hui.
Pour en améliorer le confort, l'exploitant a fait évoluer le téléski de l'Observatoire en y installant des perches à sellettes monoplaces. Durant un temps, l'éclairage nocturne de la piste était réalisé pour exploiter le monte-pente en soirée. Cependant, comme les touristes et les Aixois rentraient chez eux une fois la journée de ski finie, cette activité n'eut pas le succès escompté. En 1952, le débit de l'appareil a été augmenté de 25 %. Dix années plus tard ce téléski a été déposé, après 26 années de bons et loyaux services.

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Le monte-pente de l’Observatoire et sa piste (D.R).

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Un skieur tracté par une ceinture du monte-pente (D.R).


Les téléskis à perches découplables de l’Observatoire des années 1960

En 1962, le monte-pente de l’Observatoire a été remplacé par un téléski à perches découplables à gare Baby. Il a repris le même tracé que son prédécesseur. Quelques années plus tard, l’appareil est doublé par un téléski Montaz-Mautino le longeant sur sa gauche.

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La partie haute du premier téléski à perches découplables de l’Observatoire (D.R).

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La fin de la ligne du premier téléski de l’Observatoire (D.R).

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Multi-vues du Revard avec une vue aérienne de l’arrivée des téléskis de l’Observatoire (en haut) et une vue sur les gare aval des téléskis (en bas à droite - D.R).

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Vue aérienne du secteur de l’Observatoire avec les lignes des deux téléskis (D.R).

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La poulie flottante du deuxième téléski de l’Observatoire (D.R).


Malgré tout, les deux téléskis de l’Observatoire vieillissaient et avaient chacun un débit trop faible pour leur rôle. C’est pourquoi l’exploitant de l’époque a décidé de remplacer les deux appareils par un unique téléski à perches découplables d’un débit plus important sur le même tracé que ses prédécesseurs.


Observatoire, desserte de l’intégralité du secteur éponyme

Le téléski de l’Observatoire était sur le secteur du même nom et desservait l’intégralité des pistes du secteur. Observatoire desservait ainsi la partie isolée du secteur débutant du Revard avec le téléski de la Grenouillère. Il donnait aussi accès à la liaison avec le tapis roulant de la Crémaillère qui rejoignait le reste du domaine skiable par la piste verte du Choucas. Pour rejoindre le tapis depuis le Choucas, il fallait déchausser au niveau de la route d’accès aux résidences de la station car celle-ci était entièrement déneigée.

Le téléski de l’Observatoire était donc principalement utilisé par des skieurs débutants et les écoles de ski venus s’initier sur la partie la plus excentrée du domaine skiable. Pour les meilleurs skieurs, le téléski de l’Observatoire desservait intégralement la piste bleue de la Gaillarde.
Notons qu’il donnait aussi accès au restaurant « Les 4 Vallées » qui était installé dans l’ancienne gare d’arrivée du téléphérique du Revard.

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La piste bleue de la Gaillarde.


Le téléski de l’Observatoire desservait donc les pistes suivantes :
  • La piste verte du Choucas qui partait du sommet du téléski de la Grenouillère. La liaison avec le secteur des Ébats était accessible par cette piste puis en traversant la route d’accès à la station du Revard. L’accès à cette piste depuis l’Observatoire s’effectuait par la piste bleue de la Gaillarde.
  • La piste bleue de Gaillarde qui longeait le téléski de l’Observatoire sur la totalité de son parcours.

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Situation du téléski de l’Observatoire sur le plan des pistes de Savoie Grand Revard.


Observatoire était donc un appareil issu de la gamme de téléskis à perches découplables de type « J », c’est-à-dire que les pylônes étaient équipés de balanciers similaires à ceux des téléskis à perches fixes. On retrouvait en gare aval une classique station motrice de type « H Tubulaire » adaptée à la gamme J avec une glissière plus large qu’habituellement. On retrouvait en gare amont un lâcher sous poulie qui assurait la tension du câble.

Pour plus d’informations sur les téléskis de type « J » de Poma, je vous laisse découvrir un article du magazine « Aménagement & Montagne » :

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D.R.

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D.R.



Voici donc les caractéristiques de ce téléski :

Caractéristiques administratives

TKD-Téléski à perches découplables : OBSERVATOIRE
Maître d'oeuvre : DCSA
Maître d'ouvrage : SEM/GPN
Exploitant : REGIE DES DOMAINES SKIABLES DE SAVOIE GRAND REVARD
Constructeur : POMAGALSKI
Modèle : J100/3
Année de construction : 1984
Année de démontage : 2016

Caractéristiques d'exploitation

Saison d'exploitation : Hiver
Capacité : 1 personne (Transport simultané d'un adulte et d'un enfant autorisé)
Débit à la montée : 900 personnes/heure
Vitesse d'exploitation : 2,9 m/s
Sens de montée : Par la droite

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 1448 m
Altitude amont : 1526 m
Dénivelée : 78 m
Longueur développée : 454 m
Pente moyenne : 17,6 %
Pente maximale : 32 %
Temps de trajet : 2 minutes 36 secondes

Caractéristiques techniques

Type de gare aval : H tubulaire
Emplacement motrice : Aval
Type de motorisation : Asynchrone
Puissance développée : 37 kW
Diamètre de la poulie motrice : 1250 mm
Type de gare amont : LSP type J
Emplacement tension : Amont
Type de tension : Hydraulique
Tension nomiale : 2000 daN
Pression nominale : 130 bar
Diamètre de la poulie retour : 3500 mm
Nombre de pylônes : 6

Caractéristiques des véhicules

Type de véhicules : Perches télescopiques
Nombre de véhicules : 77
Espacement : 4 secondes
Dispositif d'accouplement : Douille auto-coinçante

Caractéristiques du câble (2014)

Fabricant : C.Y.A.E.S.A.
Diamètre : 16,40 mm
Type d'âme : Textile
Composition : 6x7 fils
Type de câblage : Lang à droite
Pas de câblage : 120 mm
Pas de toronage : 52 mm
Section du câble : 113,8 mm²
Section du toron : 19 mm²
Résistance à la rupture : 18 200 daN


Ligne et infrastructures du téléski de l’Observatoire

La gare aval

La gare aval du téléski de l’Observatoire était située à 1448 mètres d'altitude, à proximité de la route menant à la Féclaz et de l’arrivée de la piste bleue de la Gaillarde.
On retrouvait ici une gare motrice-fixe H Tubulaire fournie par Poma qui assurait le stockage des perches dans une glissière. Nous y reviendrons un peu plus en détails dans la partie « Au cœur du téléski de l’Observatoire ».

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La gare aval dans son environnement vue depuis la piste bleue de la Gaillarde.

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Vue de profil.

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Vue opposée.

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Gare aval depuis la ligne.



La ligne

La ligne, d’une longueur de 454 mètres, se décomposait en 4 parties : entre la gare aval et le pylône 1, la pente était à plat. Entre les pylônes 1 et 2, la pente était la plus forte du tracé avec 32 % d’inclinaison maximale. Entre les pylônes 2 et 5, la pente était de nouveau très faible et régulière. Enfin, le pylône 5 imprimait la dernière montée du tracé pour rejoindre l’arrivée, située sous la gare amont.

Poma avait équipé la ligne de 6 pylônes, dont 4 supports et 2 supports-compressions :

  • P1 : 2S+C
  • P2 : 2S/2S+C
  • P3 : 2S/2S
  • P4 : 2S/2S+C
  • P5 : 2S+C
  • P6 : 2S/2S

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P1.

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Portée vers le pylône 2.

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P2.

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Retour sur le pylône 2.

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P3.

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Portée vers le pylône 4.

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Portée vers le pylône 5.

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P5.

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Portée vers le pylône 6.

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P6.



La gare amont

La gare amont était située à 1525 mètres d'altitude, en contrebas du restaurant installé dans l’ancienne gare amont du téléphérique du Mont Revard.
Nous retrouvions ici un lâcher sous poulie classiquement utilisé pour les téléskis de type « J » qui assurait la tension du câble. Nous y reviendrons plus en détails dans la partie « Au cœur du téléski de l’Observatoire ».

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Gare amont depuis la ligne.

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Vue de trois quarts.



Véhicules et pinces

Le téléski de l’Observatoire était équipé de perches télescopiques. Elles étaient reliées au câble par des douilles auto-coinçantes Poma.

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Vue sur une douille auto-coinçante et sa suspente spécialement développée pour le passage de balanciers. A gauche, on peut remarquer une perche entière.



Au cœur du téléski de l’Observatoire

La tension du câble

Le téléski de l’Observatoire était équipé d’un lâcher sous poulie en amont : la tension se faisait donc par un unique vérin hydraulique disposé au centre de la structure retour, et la déplaçait, ce qui avait pour effet de déplacer en avant ou à l'arrière la poulie retour, et donc de plus ou moins tendre le câble.
Ce vérin était contrôlé par une centrale hydraulique.

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La centrale hydraulique.

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Vue sur la partie haute de la gare. On remarque le vérin hydraulique au centre de la structure.

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Vue d’ensemble de la partie haute de la gare.

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La poulie retour.



La mise en mouvement du câble

La mise en mouvement du câble était effectuée en station aval, grâce à un moteur électrique relié à un réducteur par des courroies. Ensuite, le réducteur assurait l'augmentation du couple, la réduction de la vitesse donnée par le moteur ainsi que la déviation à 90 degrés vers la poulie motrice.
Le départ des perches était régulé classiquement à l’aide d’un double déclencheur. La mise en ligne d’une perche était assurée automatiquement lorsque le skieur qui se présentait sur le départ et activait le départ au passage d’une baguette.
On retrouvait aussi un feu bicolore pour annoncer aux skieurs qu’il était possible de se présenter au départ.

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L’ensemble moteur-réducteur-poulie motrice.

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La glissière.

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La fin de la glissière avec la poulie de sortie de gare.

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Le feu bicolore.

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La baguette déclenchant le départ des perches.



Équipements de ligne

Le téléski de l’Observatoire était équipé de 6 pylônes, pouvant être supports ou supports-compressions.
Comme déjà évoqué plus haut, les pylônes étaient équipés de balanciers, ce qui était assez rare sur des téléskis à perches découplables.

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Le balancier support en sortie de gare amont.

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Le balancier support-compression du pylône 5.



Le téléski de l’Observatoire depuis la piste bleue de la Gaillarde...

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La fin de la ligne vue depuis la gare amont.

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La partie intermédiaire de la ligne, du pylône 2 au pylône 5.

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Les pylônes 3 et 4.

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Les pylônes 2 et 3.



Observatoire, un téléski rare en bout de course

Le téléski de l’Observatoire était donc installé sur le tracé historique du domaine skiable du Revard. En 32 années d’exploitation, Observatoire a remonté de nombreuses générations de skieurs, principalement des débutants, vers le sommet du Mont Revard.
Mais en 2016, l’un des rares téléskis à perches découplables de type « J » de Poma a été définitivement démonté car il était arrivé en bout de course. Sa remise en service demandait un fort investissement. C’est pourquoi il a été remplacé sur un tracé plus court par un tapis roulant. Ce nouvel appareil part de l’arrivée du téléski de la Grenouillère pour rejoindre le sommet du Mont Revard. En plus de garder la desserte de la partie haute de la piste bleue de la Gaillarde, ce tapis ouvre une piste de descente pour des bouées et une autre pour des luges. Notons qu’il permettra aussi l’ouverture d’une piste pour VTT, mountain bike et trottinette dès l’été 2017.

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Observatoire, le dernier téléski exploité sur le premier tracé équipé de remontée mécaniques au Revard.


Je tiens à remercier vivement l'alexois pour ses photos et Bovinant pour la bannière.

Bannière : Bovinant
Texte et mise en page : Alspace
Photos : l'alexois
Date des photos : 20 décembre 2010.



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