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Localisation(s)
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 TKD de Prantin

Les Pléiades

Poma

T2 ES
Description rapide :
Ce téléski relativement court constitue la dernière extension du domaine des Pléiades. Il dessert deux agréables pistes qui longent la ligne.

Année de construction : 2004

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Vidéos de l'appareil










 
Auteur de ce reportage : Fael
Section écrite le 03/05/2019 et mise à jour le 29/07/2019
(Mise en cache le 05/08/2019)

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Les Pléiades

La station des Pléiades se trouve sur les hauteurs de Vevey, une ville située sur la rive nord du Léman, dans le canton de Vaud. Il n'y a pas de village associé à ce domaine skiable, la clientèle provient uniquement des villes et villages de plaine situés dans les environs. On peut bien sûr y accéder en voiture, mais il existe également une ligne de chemin de fer qui relie la gare de Vevey directement aux pistes et qui, du point de vue historique, a été le premier accès à cet endroit. C’est une station familiale qui est très utilisée par les écoliers et les jeunes de la région. Elle possède trois téléskis et un télésiège, qui desservent deux pistes bleues et quatre pistes rouges. Malgré la basse altitude, la station n'est pas équipée de canons à neige. Cet endroit est également connu pour ses très nombreuses possibilités de ski de fond. Le sommet des Pléiades est un belvédère et un lieu de promenade apprécié, tant en hiver qu'en été.

Le téléski de Prantin

Histoire

Les pentes des Pléiades ont été accessibles au plus grand nombre dès 1911 avec l'ouverture de la ligne de train Blonay - les Pléiades. Néanmoins, l'histoire de la station commence vraiment en 1955 lorsque la société anonyme du remonte-pente des Pléiades fait construire un téléski sur le versant nord de la montagne. Il s'agit d'un téléski à ceintures construit par la société Oehler de Aarau selon le brevet de Beda Hefti, un ingénieur fribourgeois. Sur ces appareils, les clients sont tractés à l’aide de ceintures qu’il faut enfiler avant chaque montée. Il part du lieu-dit Prés Bettex à 960 mètres d'altitude et conduit au lieu-dit la Châ, 400 mètres plus haut, après plus de 1600 mètres de ligne. Il dessert par conséquent une belle et longue piste, relativement bien enneigée vu l'exposition nord. Malheureusement, elle n'est pas directement atteignable depuis la gare ferroviaire puisqu'il est nécessaire de monter jusqu'au sommet de Bondenoces pour y accéder, ce qui représente environ 15 minutes de marche à ski. Au retour, il est également nécessaire de marcher puisque le téléski arrive environ 30 mètres au-dessous du sommet.

L'année suivante, un nouveau téléski est construit par les Chemins de fer Electriques Veveysans (CEV). Il est implanté au lieu-dit Lally et son arrivée est située à côté d'un arrêt de la ligne de train. Il n'est pas directement accessible depuis celui-ci et n'est pas du tout relié au remonte-pente des Pléiades-Nord, comme on l'appelle alors, puisqu'il faut reprendre le train puis marcher pour passer de l'un à l'autre.

Après l'installation d'un télécorde à la Cuvette en 1967, les CEV envisagent au début des années 1970 de construire un téléski atteignant le sommet de Bondenoces depuis les Motalles. Il permettrait de relier les deux secteurs, c'est-à-dire le téléski de la Cuvette au sud et celui de la Châ (Pléiades-Nord) au nord. Il donnerait également aux automobilistes un accès au domaine. Malgré quelques oppositions d'organismes de protection de l'environnement en raison de la proximité avec la tourbière des Tenasses, une zone protégée, le nouvel appareil est construit en 1974. Il s'agit d'un téléski débrayable Poma, long d'environ 500 mètres. Sa construction, qui a lieu au mois de novembre, est gênée par la neige qui rend nécessaire l'intervention d'un hélicoptère pour le montage des pylônes. Une fois le montage achevé, la neige a disparu et le téléski n'ouvrira pour la première fois qu'à la fin mars 1975.

C'est également à cette période que la société du remonte-pente des Pléiades qui, rappelons-le, avait construit le premier téléski en 1955, est dissoute. Le téléski de la Châ est repris par les CEV, ce qui permet de n'avoir plus qu'une seule société d'exploitation pour le train et toutes les installations. Les nouveaux propriétaires doivent tout de suite envisager l'avenir de cet appareil. Il s'agit en effet d'un des derniers téléski à ceintures en service et le confort n'est plus du tout adapté aux exigences de la clientèle. De plus, l'autorisation arrive à échéance au printemps 1975 et son exploitation ne peut pas être poursuivie. Il y a donc deux possibilités : abandonner cette piste ou remplacer le téléski.

Les CEV optent pour le remplacement de l'installation. Celui-ci a lieu durant l'été 1975 et est effectué par Poma. Pour permettre une ouverture plus fréquente, la partie inférieure de la piste est abandonnée et le départ est ramené à 1080 mètres d'altitude. D'un autre côté, le tracé est légèrement prolongé côté amont afin de rapprocher l'arrivée du sommet de Bondenoces. La saison 1975 - 1976 voit également apparaître des abonnements combinés train et téléskis, au départ de Vevey ou de Blonay. En 1977, l'équipement d'une des pistes pour le ski nocturne est envisagé, mais ce projet ne se réalisera finalement pas.

En 1982, le téléski de Lally, toujours isolé des autres, est remplacé. Les modernisations se poursuivent avec en 1987 celle du téléski de la Cuvette. Le téléski des Motalles souffre à cette période d'une mauvaise réputation en raison de sa très forte pente (pas loin de 90 %), inadaptée à son rôle central dans cette station fréquentée par de nombreux débutants. Pour améliorer cet aspect et pour respecter la nouvelle réglementation sur la pente des téléskis, des travaux sont effectués en 1991 pour diminuer la déclivité jusqu'à « seulement » 70 %.

Dès 1995, le remplacement du téléski des Motalles, toujours trop raide malgré la correction effectuée quelques années plus tôt, est envisagé. La seule façon d'éviter cette forte pente est d'installer un télésiège, un téléski sur un autre tracé n'étant pas possible. La construction d'un télésiège fixe deux places proposé par la société Von Roll est retenue. L'installation d'un second télésiège à proximité de l'alpage de Prantin, sur le versant est de la montagne, est également envisagée. Cette pente est en effet bien adaptée pour y faire une piste car elle est plus haute en altitude que l'itinéraire voisin de la Châ, dont l'ouverture est très limitée par les conditions d'enneigement. Même si une partie de la descente peut déjà être empruntée en utilisant le téléski des Motalles, il n'est pas possible de descendre les pentes de Prantin jusqu'aux Tenasses sans devoir marcher pour regagner le départ du téléski. Cependant, ces travaux, devisés à 3,2 millions de francs, ne sont pas faciles à financer dans une station qui fait presque chaque année près de 200'000 francs de déficit, pris en charge par les communes de la région.

Pendant ce temps, le financement du grand projet de 1995 se concrétise avec l'accord successif des huit communes soutenant le domaine. Cependant, quelques modifications ont dû être apportées. Le télésiège prévu à Prantin est abandonné et c'est finalement un téléski qui est envisagé à cet endroit. Il est également décidé de prolonger enfin le téléski de la Châ jusqu'au sommet de Bondenoces. Finalement, suite à la disparition de la société Von Roll à la fin des années 1990, l'exploitant doit se tourner vers un autre constructeur pour son nouveau télésiège.

Les travaux ont lieu en été 2004. C'est la société Poma (via sa filiale suisse Baco-Poma) qui construit les deux installations : un téléski débrayable à Prantin et un télésiège quatre places à pinces fixes aux Motalles, les télésièges deux places ne faisant plus partie du catalogue de cette société. Cette année voit également la disparition du téléski de Lally qui souffrait de son isolement et était par conséquent très peu fréquenté. Le coût des travaux est plus élevé que prévu (3,95 millions soit 750'000 francs de dépassement), notamment suite à la décision de construire un télésiège à quatre places au lieu de deux. Pour éviter un dépassement plus important, le prolongement du téléski de la Châ est abandonné.

Dans la seconde moitié des années 2010, la station doit se pencher sur l'avenir de la piste de la Châ. En effet, le téléski, qui date de 1975 tout en conservant de nombreux éléments de l'installation de 1955, ne répond plus aux exigences de l'autorité de surveillance et ne pourra pas être exploité après 2019. Tout comme en 1975, il se pose la question suivante : faut-il abandonner cette piste ou remplacer le téléski ? Les communes concernées ont alors décidé de tenter une fois encore le remplacement de cette installation, puisqu'elle dessert la plus belle piste du domaine. Tout comme en 1975, il est à nouveau prévu de remonter la gare aval pour augmenter le nombre de jours d'ouverture. Finalement, il est décidé de remplacer le téléski par deux appareils distincts, le premier s'arrêtant à l'endroit où se trouvait la gare amont de l'ancien remonte-pente des Pléiades-nord et le second partant à proximité de l'arrivée du premier et arrivant au sommet de Bondenoces, vers la gare amont du télésiège des Motalles. Ceci permettrait aux Pléiades d'avoir pour la première fois de son histoire une installation qui atteint véritablement le sommet. Au printemps 2019, les communes de Blonay et Saint-Légier acceptent de financer une grande partie du projet. L'ancien téléski de la Châ est démonté en mai de la même année et est remplacé par un téléski plus court comme prévu. En raison de complications administratives, la deuxième installation menant au sommet ne devrait finalement être construite qu'en 2020.

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Vue d'ensemble du domaine des Pléiades depuis le sommet du téléski du Pralet, point culminant de la station des Paccots.


Le téléski de Prantin aujourd'hui

Cet appareil dessert deux pistes qu'il longe, une bleue et une rouge. Elles sont contiguës et il est possible de passer de l'une à l'autre en cours de descente. La piste rouge longe le téléski sur presque toute sa longueur alors que la bleue se trouve un peu plus au nord, à proximité du chalet de Prantin. En dehors des pistes de la Châ, il s'agit des descentes les plus agréables du domaine pour les non-débutants. Le téléski de la Châ devant bien souvent fermer par manque de neige, celui de Prantin devient alors essentiel. Le télésiège des Motalles dessert lui aussi de belles pistes, mais l'une comporte un bout de montée, et l'autre un long schuss où il faut marcher. De plus, pour la clientèle composée essentiellement de familles ou de groupes d'enfants, il est plus agréable d'utiliser un téléski. La piste de Prantin abrite une fois par année le slalom géant des Pléiades (SLAGEP), organisé à l'origine sur la piste de la Châ mais déplacé à cet endroit depuis quelques années.


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Situation de l'installation sur le plan des pistes.


Caractéristiques techniques

Caractéristiques administratives

TKD-Téléski à perches découplables : PRANTIN
Exploitant : Coopérative des Pléiades
Constructeur : Poma, représenté par Baco AG
Année de construction : 2004
Montant de l'investissement : 504’000 CHF

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : hiver
Capacité : 1 personne
Débit : ~740 personnes/heure
Vitesse d'exploitation : ~2,6 m/s
Temps de trajet : 2 minutes 50 secondes

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 1214 m
Altitude amont : 1332 m
Dénivelé : 118 m
Longueur développée : 451 m
Longueur horizontale : 433 m
Nombre de virages : 2
Angles de déviation : P3 : ~16°, P6 : ~19°
Pente moyenne : 27.3 %
Pente maximale : ~50 %

Caractéristiques techniques

Emplacement tension : amont
Dispositif de tension : vérin hydraulique
Emplacement motrice : aval
Type de gare aval : Génius
Sens de montée : droite
Nombre de pylônes : 8
Dispositif d’accouplement : douille auto-coinçante Poma

La gare aval

Elle se trouve en bordure de la tourbière des Tenasses, au bas du pâturage de Prantin. On y accède par la piste du même nom, depuis le télésiège des Motalles ou les téléskis de Prantin et de la Châ. La gare aval, de type Génius, assure la mise en mouvement du câble. Le poste de vigie, qui abrite également le tableau de commande, se trouve dans le prolongement de la ligne. Une grange se trouve sur la droite du départ.


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Le bas de la ligne, le poste de vigie et la plaine des Tenasses vu depuis la fin de la piste. On voit à l'arrière le Pralet (1568 m), le Barlattey (1630 m), la Dent de Lys (2013 m) et Folliu Borna (1848 m).

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La gare aval et le premier pylône.

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La gare vue depuis l'avant encadrée par le Moléson à gauche et la Dent de Lys à droite, deux sommets emblématiques des Préalpes fribourgeoises. On remarque également le poste de vigie à l'arrière.

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Vue d'ensemble de la gare aval.

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Détail de la poulie motrice.


La ligne

Le tracé est relativement court, il longe la lisière de la forêt sur la majorité de sa longueur. Après avoir franchi le premier pylône, situé immédiatement après la gare, la pente s'accentue quelque peu. Un léger virage à l'envers a lieu au passage du pylône 3. Après avoir franchi un court passage plus raide, la déclivité diminue jusqu'au deuxième virage, à l'endroit celui-ci. Après le pylône 7, la pente augmente davantage alors que la ligne entre dans la forêt, avant de diminuer après le dernier pylône.


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Profil en long de la ligne. Ved = virage à l'endroit, Vev = virage à l'envers.

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Le début de la ligne avec au premier plan le pylône 1, tout proche de la gare.

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Vue arrière sur la gare aval et le premier pylône.

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La gare aval n'est pas loin que le premier virage est déjà en vue. C'est le pylône 3 qui s'en charge alors que le pylône 2 juste avant ramène le brin montant à l'horizontale.

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Détail des poulies de déviation.

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Pylône 4.

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Pylône 5, passage sous une ligne électrique.

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Au niveau du pylône 6, le tracé marque un deuxième virage. Il est légèrement plus important que le premier et dévie cette fois la ligne vers la gauche.

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Le pylône 7 marque le début de la montée finale, la plus raide de la ligne. C'est également à cet endroit que le tracé s'éloigne de la piste qu'il ne retrouvera qu'au sommet.

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Pylône 8, la gare amont est en vue.

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Le lâcher sous poulie vu depuis la ligne. On remarque à l'arrière le téléski et le restaurant de la Châ.


La gare amont

Elle se trouve à 1332 mètres d'altitude, en bordure de la piste de la Châ et en contrebas du restaurant du même nom. Il peut être atteint moyennant quelques instants de marche. De là, on peut descendre vers toutes les installations, à l'exception du téléski de la Cuvette. À cause de la position du lâcher en contrebas de la piste, il faut emprunter un court chemin parallèle à celle-ci pour la rejoindre un peu plus bas. Du point de vue technique, la station amont, constituée d'un lâcher sous poulie, assure la tension du câble.


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Le lâcher sous poulie vu depuis la zone de débarquement.

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La gare amont vue depuis le chemin d'accès à la piste. On distingue à l'arrière les câbles et l'avant-dernier pylône du téléski de la Châ.

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La fin de la ligne vue depuis la piste de la Châ.

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Vue rapprochée depuis la piste. On remarque à l'arrière Teysachaux (1909 m).


Quelques vues de l'installation depuis la piste


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La fin de la ligne vue depuis les environs de la station amont.

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Les pylônes 7 et 8 et la pente finale.

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Le deuxième virage vu depuis la piste avec toujours à l'arrière la silhouette reconnaissable de la Dent de Lys qui domine la vallée sauvage de la Veveyse de Fégire.

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Vue sur le bas de la ligne et le premier virage.

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La piste de Prantin. On voit à l'arrière de gauche à droite : Corbetta (1401 m), le Moléson (2002 m), Teysachaux (1909 m), le Pralet (1568 m), le Barlattey (1630 m) et la Dent de Lys (2013 m).

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Conclusion

Le téléski de Prantin a véritablement amélioré le domaine des Pléiades dont il est la dernière extension. Il dessert une courte piste relativement intéressante, certes bien moins que la descente de la Châ, mais qui est bien plus souvent ouverte en raison de son altitude plus élevée et du relief plus facile. Ce téléski remplissant parfaitement son rôle et étant plutôt récent, il n'existe aucun projet de remplacement.

Les photos ont été prises le 6 février 2018. Texte et photos : Fael.

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