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 TKD du Charvet

Le Monêtier-les-Bains (Serre Chevalier Vallée)

Poma

T2 HS
Description rapide :
Le téléski du Charvet a été la première remontée mécanique du Monêtier-les-Bains. Desservant un secteur isolé avec le téléski de la Maurine, il a été arrêté définitivement en 2004 puis démonté à l'automne 2018.

Année de construction : 1963
Année de fin de service en : 2004

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Auteur de ce reportage : Clément05
Section écrite le 25/10/2018 et mise à jour le 03/11/2018
(Mise en cache le 03/11/2018)

Bonjour, je vous présente un reportage sur le…

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Au sommaire :


  • Serre Chevalier Vallée
  • Le téléski du Charvet : l’appareil pionnier du Monêtier
  • Caractéristiques
  • La gare aval
  • La ligne
  • La gare amont
  • Conclusion


Serre Chevalier Vallée

La station de Serre Chevalier Vallée est située dans les Hautes-Alpes, à environ 3h30 de route de Marseille et de Lyon.

Implantée dans la vallée de la Guisane, affluent de la Durance prenant sa source au Col du Lautaret, Serre Chevalier Vallée se compose de 3 ensembles de villages, Chantemerle, Villeneuve et Le Monêtier-les-Bains, et d’une ville, Briançon. Le domaine s’étend sur 250 kilomètres de pistes tous niveaux. Celles-ci alternent murs en forêt, chemins avec vue imprenable sur la vallée de la Guisane et de la Durance et champs de bosses pour les skieurs les plus expérimentés.
Ces pistes sont desservies par 61 remontées mécaniques allant du tapis roulant à la nouvelle télécabine de Ratier. Le domaine compte d’ailleurs le premier DMC au monde, celui du Pontillas. Les remontées mécaniques de Serre Chevalier Vallée sont composées de 7 tapis et télécordes, de 26 téléskis, de 11 télésièges à pinces fixes, de 10 télésièges à pinces débrayables, de 5 télécabines, d’un DMC et d'un téléphérique.

L’histoire de Serre Chevalier Vallée a commencé en 1941 avec l’inauguration du premier téléphérique, reprenant le nom du sommet qu’il atteint : le Serre Chevalier. Ensuite, le développement de la liaison avec Villeneuve et des secteurs de l’Aravet, du Prorel et des combes au-dessus de Serre Ratier s’est accéléré jusqu’à l’incendie du téléphérique en 1983. En cette année, la décision est prise d’ouvrir la liaison avec Le Monêtier-les-Bains avec l’installation de plus de 12 remontées mécaniques ! De plus, un nouveau téléphérique est construit sur le tracé de l’ancien. Celui-ci réutilise beaucoup d’éléments du premier appareil. 1983 restera l’une des dates importantes dans la création de Serre Chevalier.
En 1989, le domaine de Briançon est créé avec l’installation de 9 remontées mécaniques dont le fameux télésiège de Puy Chalvin (qui n’a pas fait une saison et qui a été revendu par la suite). Depuis 2004, la station est gérée par la Compagnie Des Alpes (CDA) qui renouvelle progressivement le parc de remontées mécaniques de Serre Chevalier, la plupart des appareils datant des années 80. Les investissements se poursuivent et la station réaménage tous les secteurs du domaine afin d’optimiser encore les liaisons.

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Le Monêtier-les-Bains, authentique village haut-alpin, depuis la piste rouge de l’Aya.

Le téléski du Charvet : l’appareil pionnier du Monêtier

Le téléski du Charvet a été construit pour une 1ère version en 1948 par les habitants du Monêtier les Bains (la même année que le téléski de Madame Veynes au Bez). Il s’agissait d’un téléski assez rudimentaire, bâti sur le même principe que le téléski de Chabataron à Aiguilles, dans le Queyras. On retrouvait une gare aval d’une belle hauteur avec le moteur et les perches, qui n’étaient pas encore télescopiques alors. Un premier pylône compression avec une poulie inclinée permettait à la largeur de voie d’être ajustée, il faut noter que c’était le seul en métal, tous les autres étaient en bois. L’appareil hissait les skieurs en haut d’une descente assez pentue, avec une belle vue sur le village et les sommets alentours. Au bas du téléski se trouvait également une petite buvette. Voici une image de ce premier appareil :

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Vue sur le début de la ligne avec la gare aval à droite. On devine la poulie du pylône métallique juste au-dessus de la cabane. DR

Avec le développement du domaine skiable de Monêtier (construction des téléskis de Peyra Juana, du Pré Chabert et de l’Etoile), il semblait nécessaire de remplacer le téléski du Charvet par un appareil plus standard et moins rustique. Ce fut chose faite en 1963 avec l’arrivée d’un téléski Poma équipée d’une gare B et de pylônes standardisés.

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Quasiment la même vue que sur la 1ère image mais avec le nouveau téléski. DR

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Vue globale sur le téléski, au fond à gauche.

Le front de neige du Monêtier est complété par le téléski de Maurine, non loin du Charvet ainsi que par des téléskis débutants. Le téléski du Charvet servait à desservir des pistes plus difficiles que celles de l’espace débutants directement sur le front de neige. Il donnait malgré tout deux alternatives aux skieurs moins expérimentés avec une piste verte rejoignant le Pré Chabert (sûrement par la route des Espagnols) et une piste bleue à droite dans le sens de la montée. Cependant, son éloignement par rapport à la halte de Pré Chabert le rendait moins fréquenté (il en était de même pour le téléski de la Maurine). Le coup de grâce sur le plan de la fréquentation fut donné en plusieurs fois : d’abord avec le télésiège-télécabine de Chanteloube, qui recentre le domaine vers le Bachas puis en 1999 avec le télésiège débrayable quadriplaces du même nom. Face à des pistes comme Clot Gaillard, Corvaria ou Tabuc, les téléskis du Charvet et de la Maurine ont été délaissés par les skieurs. Etant donné leurs âges, la Maurine est démonté à l’été 2003 et le téléski du Charvet cesse d’être exploité à la fin de la saison 2003/2004. Il restera à l’état de ruine (certains pylônes ont été retirés, d’autres servent de pièces détachées, la gare amont n’était plus présente) jusqu’à l’automne 2018 où son démontage a été programmé.

Situation sur un plan des années 90 et sur une vue aérienne :

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La zone des deux téléskis est entourée en rouge (le Charvet à droite et la Maurine à gauche).

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Vue aérienne :
Remontées mécaniques (en jaune, flèches orientées vers l’amont) : 1, téléski du Charvet ; 2, téléski de la Maurine.
Pistes : 1 rouge, Charvet Centrale ; 2 rouge, Maurine ; 1 bleue, Bleue du Charvet ; 1 verte, Prarian.
© Géoportail


Caractéristiques

Voici les caractéristiques de l’appareil :

- Caractéristiques Administratives

TKD – Téléski à perches débrayables : CHARVET
Maître d’ouvrage : Commune du Monêtier les Bains
Maître d’œuvre : DDE 05
Exploitant : SCSD (jusqu’à son arrêt)
Constructeur : Pomagalski
Année de construction : 1963
Année de fin d’exploitation : 2004
Année de démontage : 2018

- Caractéristiques d’Exploitation

Saison d'exploitation : Hiver
Capacité : 1 personne
Débit : 600 personnes/heure
Vitesse d'exploitation : 3,5 m/s

- Caractéristiques Géométriques

Altitude aval : 1480 m
Altitude amont : 1605 m
Dénivelé : 125 m
Longueur développée : 436 m
Pente maximale : 37 %
Pente moyenne : 28,6 %
Temps de trajet : 2 min

- Caractéristiques Techniques

Type de gare : B
Emplacement tension : Amont
Type de tension : Par contrepoids
Emplacement motrice : Aval
Type de motorisation : Electrique
Puissance développée : 26 kW
Sens de montée : Droit
Embarquement : A plat
Nombre de pylônes : 5
Largeur de la voie : m
Dispositif d’accouplement : Douilles auto-coincantes
Nombre de perches : 44
Espacement : 21 m (6 s)

La gare aval

La gare aval était de type B de petit gabarit. Le moteur, placé dans une cabane adjacente, était relié à la poulie motrice par des arbres de transmission tubulaires, le réducteur (sous la poulie) et des redirections coniques. La structure avec la glissière et les poulies d’entrées de gare était supportée, en plus de l’arbre moteur, par deux poutrelles plus fines. Le tout était retenu par l’arrière par des câbles et une jambe d’appui côté descente. La gare de départ était placée au plus près de la pente, loin des remontées principales et de la halte de Pré Chabert.

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L’approche du téléski en passant par le Pré Chabert.

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La gare aval de derrière avec les câbles la retenant au 1er plan.

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De trois quarts, avec la cabane à droite dont le toit semble avoir été rénové.

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La gare de côté.

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La gare depuis les premiers mètres de la ligne.

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De face, avec l’arbre moteur au milieu provenant du réducteur et la jambe d’appui à droite.

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La gare de l’autre côté, on note que les suspentes des perches étaient encore présentes. 13 manquaient à l’appel alors.

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Vue rapprochée sur la poulie motrice et celle d’entrée de gare.

La ligne

La ligne était composée de cinq pylônes tubulaires.
Assez pentue, elle montait régulièrement le long de la piste du Charvet Centrale jusqu’au hameau du même nom, où se trouve un replat naturel.

Caractéristiques de la ligne :
P1 : C/-
P2 : S/S
P3 : ?/?
P4 : SC/SC
P5 : S/S

S : poulie support
C : poulie compression
SC : poulies support compression


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Le P1, démonté, était situé dans ce taillis.

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La montée vers le P2, que l’on devine au fond.

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Vue rapprochée, avec le panneau « old-school » Poma.

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Vue arrière.

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Vue sur la suite de la montée, le long de l’ancienne piste rouge Charvet Centrale.

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Le P3, dont les poulies ainsi que les poutres de soutien côté montée ont été enlevées.

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Vue arrière en se rapprochant.

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Vue globale sur les restes du P3.

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Vue large vers le front de neige du Monêtier.

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Le P4, qui donnait la dernière pente.

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La pente maximale.

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Vue arrière sur la ligne.

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Du P5, seul le massif en béton subsistait.

La gare amont

La gare amont était une poulie flottante, installée sur le petit replat du Charvet. Elle assurait la tension du câble par le biais d’un contrepoids.

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La gare amont était située en lieu et place du buisson.

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Un massif d’un des câbles de maintien de la poulie flottante (on reconnait le classique système de retenue relié au massif par deux petites plaques et des vis-écrous).

Conclusion

Le téléski du Charvet a été la première remontée mécanique du Monêtier-les-Bains. D’abord très rudimentaire avec l’usage du bois pour les pylônes puis plus standard, cet appareil a permis au ski de naitre dans le village alors en souffrance devant l’attrait de Chantemerle avec son téléphérique (qui était le plus long d’Europe à sa construction). Avec le développement du domaine côté Bachas puis vers l’Yret, la Cucumelle et Cibouït, la fréquentation du Charvet a pâti de l’isolement du téléski, de son éloignement par rapport à la halte de Pré Chabert et du télésiège du Bachas. C’est donc logiquement que son exploitation a été arrêtée et que le téléski de la Maurine a été démonté dans un premier temps. Le Charvet est resté 14 ans debout sans servir, en étant en partie démonté (les pylônes 1, 3 en partie et 5 ainsi que la gare amont ont disparu mais pas le reste) et en essayant de se faire discret depuis le front de neige. Mais la trouée de l’ancienne piste rouge du Charvet Centrale attirait l’œil et certains skieurs repéraient les restes du téléski. Afin de rendre totalement cet espace à la nature, la commune du Monêtier a souhaité le démontage du téléski à l’automne 2018. Une page de l’histoire du ski au Monêtier s’est tournée…

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Les bâtisses du Charvet, avec sa chapelle.

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La vue depuis l’arrivée de l’ancien téléski du Charvet.

Texte & bannière : Clément05
Photos : Clément05 (le 18 juillet 2016)

A bientôt.

© - 2018 – Clément05 – www.remontées-mécaniques.net



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