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 TKD du Pralet

Les Paccots

Poma

T2 ES
Description rapide :
Cette installation joue un rôle important aux Paccots puisqu'elle assure la desserte de la seule piste noire de la station. Sa principale particularité est sa grande pente finale, qui, avec ses 70 %, fait de ce téléski un des plus escarpé de Suisse romande.

Année de construction : 1969

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Auteur de ce reportage : Fael
Section écrite le 03/04/2016 et mise à jour le 10/01/2018
(Mise en cache le 11/01/2018)

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Les Paccots

La station des Paccots, située dans les Préalpes fribourgeoises, propose des pistes de différents niveaux desservies par 9 téléskis et un fil neige. Elle compte une majorité de pistes bleues ainsi qu'une piste rouge et une piste noire, qui s'étendent entre 1064 et 1487 mètres d'altitude. Cette station familiale située au-dessus de Châtel-St-Denis est à la fois proche de la Riviera vaudoise et de Fribourg. Malgré le fait que la plupart des pistes ne sont que peu ensoleillées, la station est pénalisée par sa basse altitude lors d'hivers peu enneigés. Elle est composée de trois secteurs, chacun desservi à l'origine par un seul appareil.

Le téléski du Pralet

Histoire du secteur et du téléski du Pralet

En 1937, le premier remonte-pente des Paccots a été construit sur les pentes de Corbetta. Construite en 1943 et inaugurée le 7 janvier 1944, l'installation du Pralet est venue compléter l'offre de la station en ouvrant aux skieurs de vastes champs de neige. En plus des pentes jouxtant le tracé, elle a permis l'accès au versant de Borbuintze, alors libre de toute installation. Depuis le sommet de ce nouveau téléski, il était aisé de gagner le village des Paccots. La liaison dans le sens contraire n'était pas aussi facile, la seule solution étant de marcher entre les Paccots et les Rosalys.

Au niveau technique, cette installation était un téléski dit à ceintures. Il est probable qu'il ait été construit, tout comme le premier téléski de Corbetta, par l'entreprise Oehler selon un brevet déposé par Beda Hefti. Sur ces installations, les clients étaient tractés par une ceinture de cuir reliée au câble par une pince rudimentaire. La gestion des véhicules était entièrement manuelle et assurée par le personnel. Les premières installations de ce genre ont été construites en 1937 aux Paccots et à Andermatt (UR). Au total, une vingtaine d'engins de ce type ont été installés, essentiellement en Suisse, avant d'être supplantés par les téléskis à enrouleurs classiques et les téléskis débrayables, qui présentaient tous deux l'avantage d'être entièrement automatiques et plus confortables.

Aux environs de 1965, le remplacement du Pralet, dernier téléski à ceintures en fonction aux Paccots, a dû être envisagé. Le manque de dégagement au sommet de celui-ci a retardé sa réfection de quelques années, et ce jusqu'à l'été 1969, où il a été remplacé par un téléski débrayable. Il a été construit exactement sur le tracé existant, ce qui a permis de profiter de terrassements réalisés sur le haut de celui-ci en 1943. La nouvelle installation a été inaugurée le 27 mars 1970, à l'occasion d'une journée de gratuité dans toute la station.

Dans les années 1980, un nouveau projet a vu le jour. Le but principal était d'augmenter le débit du téléski. Certains envisageaient de le prolonger dans le même temps jusqu'au véritable sommet du Pralet en ajoutant un virage vers la gauche à l'emplacement de la gare amont et 400 mètres de ligne. Ce projet, qui en aurait fait un appareil long de 1600 mètres pour 430 mètres de dénivelé, n'a finalement pas été réalisé.

En 1998, la poulie flottante à l'arrivée a été remplacée par un lâcher sous poulie, mieux adapté au peu de place disponible. Le 26 décembre de l'année suivante, lors de la tempête Lothar, une partie de la forêt environnante a été très endommagée, si bien que le téléski est resté fermé le temps de sécuriser le secteur. Les nombreux arbres entravant la montée ont été évacués par hélicoptère durant le mois de janvier 2000. Une fois le remplacement du pylône 12, endommagé durant la tempête, effectué, l'installation a rouvert au début février.

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Les secteurs de Borbuintze et du Pralet vus depuis le sommet de Corbetta.


Le téléski du Pralet aujourd'hui

Cette installation assure la desserte de la seule piste noire des Paccots, l'itinéraire le plus intéressant de la station pour les bons skieurs. Cette piste, très appréciée, est célèbre pour son impressionnant schuss. Elle accueille chaque année les derbys du Pralet et des Paccots. Pour ces raisons, cet appareil est très important pour la station. Ce téléski assez isolé est relié au reste du domaine au niveau du sommet de Borbuintze, à la fin du schuss évoqué ci-dessus. On peut accéder au Pralet par les téléskis de Borbuintze et de la Cagne. Il est possible de l'utiliser comme accès au domaine skiable. Cette installation est la plus longue des Paccots ainsi que celle qui propose la dénivellation la plus importante. Son arrivée est située au point culminant du domaine. Ce téléski peut être fermé pour cause d'enneigement insuffisant, car le haut de la piste de descente, très exposé au soleil et rarement damé, devient vite impraticable.

Ce téléski se démarque des autres installations de la station par sa difficulté. En effet, même si la presque totalité de la ligne est facile, la pente finale, qui permet de monter sur l'arrête sommitale du Pralet, est très importante, puisque cet appareil est un des plus pentu de Suisse romande. De plus, le tracé suivi par le téléski, assez éloigné de la piste de descente, occasionne des difficultés en cas de chute. Pour prévenir au maximum les incidents et éviter les mauvaises surprises aux débutants et aux familles, des écriteaux d'avertissement sont disposés à l'embranchement entre les pistes de Borbuintze et du Pralet ainsi qu'au départ de l'installation. Malgré ces mesures, les chutes sont fréquentes et ne touchent pas que les débutants. En raison des difficultés de cette installation, encore renforcée en cas de piste verglacée ou de manque de neige, l'affluence y est généralement un peu plus faible que sur le reste du domaine, car elle est peu fréquentée par les enfants, les débutants et les groupes. Une montée sur ce téléski utilise 3 cases de l'abonnement à points.

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Situation de l'installation sur le plan des pistes.


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Le panneau de mise en garde se trouvant à l'intersection des pistes du Pralet et de Borbuintze. Un écriteau similaire se trouve au départ de l'installation.


Caractéristiques techniques

Caractéristiques administratives

TKD-Téléski à perches découplables : LE PRALET
Exploitant : Monte-Pente de Corbetta SA
Constructeur : Poma
Année de construction : 1969

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : hiver
Débit à la montée : ~275 personnes/heure
Vitesse d'exploitation : ~3.4 m/s
Temps de trajet : 6 minutes

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 1132 m
Altitude amont : 1487 m
Dénivelé : 355 m
Longueur développée : 1228 m
Longueur horizontale : 1175 m
Pente maximale : ~70 %
Pente moyenne : 30 %

Caractéristiques techniques

Emplacement tension : amont
Type de tension : vérin hydraulique
Type de gare amont : lâcher sous poulie
Emplacement motrice : aval
Type de gare aval : T tubulaire
Sens de montée : droite
Nombre de pylônes : 13
Dispositif d’accouplement : douille auto-coinçante Poma

La gare aval

Elle est située dans le hameau des Rosalys. Juste à côté se trouve le restaurant homonyme devant lequel se situe un parking. La gare, qui abrite l'entraînement de l'installation, est de type T tubulaire et se trouve dans un bâtiment ouvert. Pour accéder à l'installation, la piste traverse la ligne avant de contourner la construction abritant la gare. Les usagers longent ensuite le magasin de stockage des perches pour atteindre le déclencheur. Un poste de vigie se trouve sur la gauche du départ. Les commandes de l'installation se trouvent dans une autre construction implantée dans le prolongement de la ligne.


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La gare aval vue depuis la piste. On distingue à l'arrière-plan le bâtiment abritant les commandes et sur la droite le poste de vigie.

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La gare vue depuis l'autre côté de la ligne. On aperçoit le Niremont à l'arrière-plan.

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Vue rapprochée de la gare. On remarque le cheminement suivi par les usagers qui contourne le bâtiment.

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L'arrière de la gare. Le moteur est situé dans l'axe du réducteur et non pas au-dessus comme cela s'est fait par la suite.

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L'intérieur de la gare vu depuis l'arrière.

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Détail de la poulie motrice.

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Détail du double déclencheur.


La ligne

La ligne commence par croiser la piste avant de traverser le village des Rosalys qu'elle quitte après le pylône 5. Ce même pylône augmente un peu la pente et marque l'entrée du téléski dans la forêt. La pente redevient presque nulle après le pylône 7. Elle reste ensuite faible jusqu'au pylône 10. C'est à ce niveau qu'une sortie de secours permet de regagner la piste de descente. Après le pylône suivant, la pente augmente très fortement et reste ensuite importante jusqu'à la fin de la ligne. Tout le haut de celle-ci était à l'origine dans la forêt, mais, lors du passage de la tempête Lothar le 26 décembre 1999, toute la forêt couvrant le versant nord du Pralet a été fortement endommagée et est devenue très clairsemée.

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Profil en long de la ligne.


La partie difficile de la ligne se trouve en amont du onzième pylône. Cette section de l'installation ne représente qu'un cinquième de la longueur de la ligne mais assure plus d'un tiers du dénivelé total. En cas de chute sur la partie basse de la grande pente, il est possible de regagner la piste au moyen de la sortie de secours. Néanmoins, dans la plupart des cas, il n'est pas possible de redescendre. La seule possibilité est de monter le long du téléski jusqu'au sommet. Cette dernière partie de la piste de montée (tout comme le haut de la piste de descente) n'est que rarement damée, ce qui favorise la formation de bosses.

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Vue d'ensemble de la ligne, avec le hameau des Rosalys le long de la première partie de celle-ci. La bande de forêt endommagée par la tempête Lothar est bien visible.

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Pylône 1.

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Pylône 2, le téléski passe à proximité des habitations.

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Pylône 3.

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Pylône 4.

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Pylône 5, la ligne s'enfonce dans la forêt.

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Pylône 6.

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Pylône 7, la pente s'adoucit. Ce pylône est le dernier à porter le brin descendant avant le sommet.

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La suite de la ligne et le pylône 8. On remarque au loin la forte pente ainsi que la très grande hauteur du brin descendant.

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Vue au loin. La forte pente est maintenant bien visible.

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Pylône 9.

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Pylône 10 après lequel il est possible de regagner la piste de descente en utilisant la sortie de secours qui part sur la droite.

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Pylône 11. La pente augmente au niveau de celui-ci pour atteindre approximativement 70 %. Elle reste ensuite assez constante jusqu'au pylône 12, situé à un peu plus de 160 mètres de là. C'est généralement à cet endroit que la piste cesse d'être damée.

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La suite de la ligne. Les terrassements réalisés en 1943 sur cette partie du tracé sont ici bien visibles. Ils ont permis de maintenir la pente maximale aux environs de 70 % alors que celle du terrain naturel est d'environ 80 %.

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Vue arrière sur la partie la plus raide de la ligne. On remarque les nombreuses traces au bord de la piste.

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Au niveau du pylône 12, la pente de la ligne diminue jusqu'à atteindre 55 %. Elle reste ensuite relativement constante jusqu'à la fin de la ligne. Ce pylône a été remplacé en janvier 2000, l'ancien ayant été endommagé par la tempête Lothar un mois auparavant.

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Vue arrière sur l'ensemble de la ligne.

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Le pylône 13 et le lâcher sous poulie. On remarque le poste de vigie sur la droite.


La gare amont

L'arrivée du téléski se trouve à 1487 mètres d'altitude, environ 420 mètres à l'ouest du sommet géographique du Pralet qui culmine à 1568 mètres d'altitude. C'est le point le plus haut du domaine skiable des Paccots. Techniquement, la gare amont se compose d'un lâcher sous poulie équipé d'un dispositif de débrayage des perches, installé juste après le dernier pylône. Sur la droite du lâcher se trouve une cabane de vigie qui est souvent occupée, la tâche principale du préposé étant de veiller sur la dernière section de la ligne. Un vaste panorama qui s'étend du Jura au massif du Chablais est visible depuis l'arrivée.

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Le lâcher sous poulie et le dernier pylône.

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Détail du dispositif de débrayage des perches.

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Vue en contre-plongée de l'arrivée.

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L'arrivée vue depuis la gauche de la ligne.

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Vue d'ensemble de la zone d'arrivée depuis le début de la piste.


La vue depuis le sommet

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Vue vers l'est, en direction du sommet géographique du Pralet. On remarque à l'arrière-plan Teysachaux (1909 m) et au premier plan le chemin forestier qui permet à l'exploitant d'accéder au sommet du téléski l'été. C'est dans cette direction qu'une prolongation du téléski a été évoquée au début des années 1980.

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Vue vers l'ouest. On voit de gauche à droite : le massif du Chablais (à l'arrière-plan), le Molard (1752 m, à l'avant-plan, derrière les arbres), les Pléiades (1397 m), le lac Léman (sous le brouillard), le Jura (à l'arrière) et la tour de télécommunication du Mont Pèlerin (1080 m).

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Vue vers le nord-ouest avec de gauche à droite : Corbetta (1401 m), toujours le Jura à l'arrière et le Niremont (1514 m). L'ensemble de la ligne est aussi visible à droite de l'image.

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Conclusion

Ce téléski, malgré son âge, assure toujours bien son rôle de desserte du secteur du Pralet. C'est un appareil essentiel pour la station car il dessert la seule piste plus difficile régulièrement ouverte. Il permet donc de maintenir la station attractive pour les skieurs plus avancés et représente un défi pour les skieurs qui y apprennent à skier. Même si, comme le reste du domaine, il est un peu surchargée le week-end et durant les vacances scolaires, aucun projet de remplacement n'est à l'ordre du jour. En effet, il serait certainement difficile d'implanter un nouvel appareil sur le même tracé, au vu de sa pente. De plus, les hivers de moins en moins enneigés n'incitent pas la station à investir.

Les photos ont été prises principalement les 25 et 26 janvier 2016. Texte et photos : Fael.

Site internet de l'exploitant.



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