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 TKE2-1 de la Cierne

Les Paccots

Oehler

T2 ES
Description rapide :
Ce téléski assure la desserte de la seule piste des Paccots située face à la plaine, sur le versant ouest de Corbetta. C'est un des derniers remonte-pentes Oehler encore en service et il a la particularité d'être très proche de son état d'origine.

Options techniques :
  • Gare intermédiaire 1 brin
Année de construction : 1966

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Vidéos de l'appareil










 
Auteur de cette partie : Fael
Section écrite le 17/02/2017 et mise à jour le 02/03/2022
(Mise en cache le 05/03/2022)

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Les Paccots

La station des Paccots, située dans les Préalpes fribourgeoises, propose des pistes de différents niveaux desservies par neuf téléskis et un fil neige. Elle compte une majorité de pistes bleues ainsi qu'une piste rouge et une piste noire, qui s'étendent entre 1064 et 1487 mètres d'altitude. Cette station familiale située au-dessus de Châtel-St-Denis est à la fois proche de la Riviera vaudoise et de Fribourg. Malgré le fait que la plupart des pistes ne sont que peu ensoleillées, la station est pénalisée par sa basse altitude lors d'hivers peu enneigés. Elle est composée de trois secteurs, chacun desservi à l'origine par un seul appareil.

Le téléski de la Cierne

Histoire du secteur de Corbetta

Le secteur de Corbetta a été le premier des Paccots à être équipé d'une remontée mécanique. Il s'agissait d'un téléski à ceintures, construit en 1937 par Oehler selon un brevet de Beda Hefti. Il se trouvait sur le tracé de l'actuel téléski de Corbetta. C'était un appareil très simple, équipé de pylônes en bois. Il a permis l'ouverture de deux pistes : la piste A rejoignant les Paccots par la Cierne, sur le versant ouest de Corbetta et la piste B passant par les Vérollys, sur le versant opposé. Cette installation a été remplacée en 1962 par un téléski à enrouleurs, à nouveau de construction Oehler, équipé cette fois de pylônes métalliques.

Une des deux pistes desservie par le remonte-pente de Corbetta, la piste A, avait l’inconvénient de nécessiter une longue marche sur la fin du tracé. En effet, seuls quelques mètres de dénivellation séparent la fin de la descente, à la Cierne, de la station aval du téléski, aux Paccots. Pour cette raison, cette piste a été progressivement délaissée par la clientèle au profit de l’autre itinéraire, descendant par le versant est de la montagne. Afin de renforcer l'intérêt de la piste A, un service de bus a même été mis en place pendant quelque temps entre le bas de la piste et le village des Paccots. Peu après, la station a décidé de construire un nouveau téléski pour résoudre ce problème. Les travaux ont eu lieu en 1966, le nouvel appareil relie la Cierne, au bas de la partie intéressante de la piste A, au sommet de Corbetta. Ce téléski, quatrième grand remonte-pente des Paccots, a à nouveau et pour la dernière fois aux Paccots été construit par la société Oehler d’Aarau. Il a été inauguré le 28 janvier 1967 en présence des notables de la région ainsi que du curé de Châtel-Saint-Denis qui a béni l'installation. Tout comme Corbetta, elle était à l'origine équipée d'arbalètes en bois. Cette nouvelle installation a grandement facilité l'accès à ce versant. Néanmoins, il restait 350 mètres à parcourir à pied entre les gares amont de ce nouvel appareil et celle du téléski de Corbetta. Cet aspect a été amélioré en 1977 avec la construction du téléski de la Saira. Au début de son existence, le téléski de la Cierne était très fréquenté et régulièrement ouvert. Lorsque l'enneigement le permettait, de nombreux skieurs s'y rendaient et poursuivaient leur descente jusqu'à Châtel-St-Denis. De plus, des compétitions ont régulièrement été organisées sur la piste de la Cierne.


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La station aval du téléski de la Cierne le jour de l’inauguration. On remarque la couleur claire de la façade en bois. Photo : F. Minder et P. Charrière pour « Fribourg Illustré », archives en ligne https://doc.rero.ch/.

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Les présidents du gouvernement fribourgeois et du Monte-Pente de Corbetta SA coupent le ruban. Photo : F. Minder et P. Charrière pour « Fribourg Illustré », archives en ligne https://doc.rero.ch/.

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Le premier pylône et la suite de la ligne. On remarque les enrouleurs, qui sont restés en service sans modification jusqu’en 2019. Ils étaient alors équipés d’arbalètes en bois. Photo : F. Minder et P. Charrière pour « Fribourg Illustré », archives en ligne https://doc.rero.ch/.


En 1972, le propriétaire du restaurant du lac des Joncs a fait construire un court téléski entre les parkings des Joncs et son établissement, dans le but d'en améliorer l'accès. La piste qu'il dessert est idéale pour les débutants. Cet investissement était une amélioration pour la station, car pendant les trente-cinq premières années de son histoire, seules des pistes plutôt difficiles et longues avaient été équipées de remontées mécaniques. À la fin des années 1970, un passage très étroit situé au milieu de la piste de la Cierne, dont le franchissement était souvent délicat en raison des conditions d’enneigement, a été élargi grâce à l’abattage de quelques arbres, ce qui a permis de rendre la descente plus agréable. Néanmoins, avec la modernisation du téléski du Pralet en 1969 ainsi que la construction des téléskis de la Cagne en 1972 et des Vérollys en 1979 qui ont permis une grande amélioration de la desserte des autres pistes principales des Paccots, la piste de la Cierne a perdu de son importance au fil du temps et a été de moins en moins souvent ouverte.

La piste de Corbetta, dont la plus belle partie se trouve entre le sommet et les Vérollys, avait pour inconvénient d'obliger les skieurs à traverser deux fois la route pour rejoindre le village des Paccots. Une fois au village, il fallait encore marcher pour regagner le départ de l'installation. Pour pallier cet inconvénient et pour augmenter la capacité de transport sur le secteur de Corbetta, un téléski reliant les Vérollys au sommet de Corbetta a été construit en 1979. En 1982, un téléski à enrouleurs doublant ce nouvel appareil sur le bas de son tracé a été installé. Depuis cet investissement, le dernier de la station, le téléski des Joncs est moins utilisé par les débutants car plus difficile.

En 1983, un départ intermédiaire a été installé sur le troisième pylône du téléski de la Cierne. Grâce à cet aménagement, il a été possible d'ouvrir la belle piste de la Cierne, dont la partie inférieure est à la fois très basse en altitude et très exposée au soleil, un peu plus souvent. Quelques années plus tard, en 1988, un parking a été aménagé à côté de la station aval du téléski de la Cierne, permettant d’en faciliter l’accès tout en augmentant le nombre global de places de stationnement aux Paccots. En 1997, le tracé du bas de la piste de Corbetta a été modifié afin de minimiser la distance à parcourir à pied et de proposer une piste plus intéressante. Depuis l'introduction de ce nouvel itinéraire, il n'y a plus besoin de traverser la route pour atteindre le village des Paccots. La même année, une partie des arbalètes du téléski de la Cierne ont été remplacées par des assiettes afin d’offrir plus de confort aux débutants et aux snowboardeurs.

En 1998, des travaux de mise aux normes ont été réalisés sur le téléski de la Cierne. C'est à cette occasion que des passerelles facilitant la maintenance ont été installées sur les pylônes. L'années suivante, lors de la tempête Lothar, l'installation a été légèrement endommagée et un poste de vigie a été détruit. Néanmoins, les travaux de réparation ont été effectués rapidement et le téléski a repris du service quelques jours après la tempête.

Entre 2018 et 2020, différents travaux ont été entrepris afin de mettre aux normes les téléskis de Corbetta et de la Cierne. Tous les balanciers ont été révisés par une entreprise spécialisée et le câblage de la ligne de sécurité a été partiellement refait. De plus, les enrouleurs de la Cierne, dont la plus grande partie était d'origine, ont été retirés du service et ont été remplacés par des enrouleurs Röhrs équipés de sellettes qui étaient jusque-là en service à Corbetta. Ce changement a réduit le débit des deux installations, mais a assuré la poursuite de leur exploitation pour quelques années.


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Le secteur de Corbetta vu depuis le sommet de la Cagne. Les gares aval des téléskis de Corbetta et de la Cierne ne sont pas visibles.


Le téléski de la Cierne aujourd'hui

Cette installation assure la desserte de la seule piste rouge des Paccots. Avec sa longueur assez importante et sa pente plutôt soutenue et régulière, il s'agit de la piste la plus intéressante du domaine pour les bons skieurs avec celle du Pralet. Pour les usagers venus en voiture jusqu'à la gare aval, ce téléski sert d'accès au domaine. De son sommet, on atteint après avoir longé le téléski de la Saira l'autre versant de Corbetta, d'où il est possible d'atteindre le reste des installations.

En raison de sa partie inférieure à la fois ensoleillée, assez raide et basse en altitude, la piste de la Cierne souffre très souvent d'un enneigement insuffisant. L'embarquement intermédiaire permet de contourner partiellement ce problème en rendant possible l'ouverture du téléski même si la partie la plus exposée de la descente n'est pas praticable. Cependant, sa mise en place nécessitant un certain travail puisqu'il est nécessaire de déployer la potence rabattable du pylône et de descendre le câble sur le balancier inférieur, cette possibilité est rarement utilisée. Si c'est le cas, c'est souvent lorsqu'une longue période de beau temps sans perspective d'amélioration de l'enneigement coïncide avec une période de forte affluence.

En raison de son éloignement du centre du domaine skiable, de la nécessité d'emprunter dans les deux sens une liaison inintéressante et relativement lente, ce téléski est en général moins utilisé que les autres installations des Paccots. De plus, en raison de la montée relativement difficile et éloignée de la piste de descente et des conditions souvent précaires sur le bas de celle-ci, les débutants et les groupes d'enfants fréquentent peu la Cierne. Pour toutes ces raisons, ce téléski n'ouvre en principe que le mercredi, le week-end et durant les vacances scolaires, lorsque l'affluence est forte. Combiné au fait qu'il est peu fréquent que l'enneigement soit suffisant, ceci fait qu'il est rare que la Cierne fonctionne plus d'une dizaine de jours par saison. Il est arrivé à plusieurs reprises qu'en raison des mauvaises conditions, aucune ouverture ne soit possible durant un hiver entier. Une montée sur cette installation utilise trois cases de l'abonnement à points. En raison de son dénivelé assez important, de sa proximité avec la plaine et de l’ouverture relativement rare du téléski, la piste de la Cierne est très courue par les amateurs de ski de randonnée.

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Situation de l'installation sur le plan des pistes.


Caractéristiques techniques

Caractéristiques administratives

TKE-Téléski à enrouleurs : LA CIERNE
Exploitant : Monte-Pente de Corbetta SA
Constructeur : Oehler
Année de construction : 1966
Date d'inauguration : 28 janvier 1967

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : hiver
Capacité : 1 personne (dès 1997), 2 personnes (1966 - 2019)
Débit maximal : 800 personnes/heure (1966 - 1997), ~550 personnes/heure (1997 - 2019), ~325 personnes/heure (dès 2019)
Vitesse d'exploitation : 1,2 - 3,5 m/sec
Temps de trajet : 5 - 15 minutes

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 1065 m
Altitude intermédiaire : 1146 m
Altitude amont : 1392 m
Dénivelé : 328 m
Longueur développée : 1035 m
Longueur horizontale : 992 m
Pente maximale: ~50 %
Pente moyenne: 33 %

Caractéristiques techniques

Emplacement tension : aval
Dispositif de tension : contrepoids
Emplacement motrice : aval
Type d'entraînement : moteur électrique Oerlikon à décalage de balais
Fournisseurs de l'équipement électrique et de la commande : MFO Oerlikon, Garaventa, H.W. Schmid
Puissance : 140 CV
Sens de montée : droite
Nombre de pylônes : 12
Fournisseur des enrouleurs : Oehler (1966 - 2019), Städeli, Röhrs (dès 2019)
Nombre d'enrouleurs : 68 (à l'origine), 59 (dès 2019)
Dispositif d’accouplement : pince fixe
Diamètre du câble : 24 mm

La gare aval

Le départ se situe à proximité du lieu-dit les Ciernes. La gare, qui est motrice-tension, se trouve dans un bâtiment assez grand qui abrite un poste de commande spacieux ainsi que des toilettes situées au sous-sol. On accède à cet endroit en voiture ou par la piste de la Cierne. La piste arrive du côté droit de la ligne alors que le parking se trouve sur la gauche. Un petit local séparé de la gare était utilisé pour le contrôle des forfaits. Depuis l'installation d’une borne automatique, il n’est plus utilisé. Avant la suppression des arbalètes en 2019, les clients étaient séparés en deux files d'attentes distinctes selon qu'ils souhaitaient emprunter une assiette ou une arbalète. Jusqu’en 2019, l’embarquement était systématiquement assisté en raison de la présence d’archets courts et de leur orientation aléatoire, ce qui les rendait difficiles à attraper. Depuis la mise en place de sellettes longues, il n’est assisté qu’en cas de forte affluence.


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La gare vue depuis la piste de la Cierne. On voit à l'arrière le Niremont (1914 m, à gauche) et le Moléson (2002 m, à droite).

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La gare aval. On voit au premier plan le local qui était utilisé pour le contrôle des forfaits.

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L'accès à la zone d'embarquement. On remarque les files séparées pour les clients souhaitant un archet et ceux désirant une assiette.

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Comme sur toutes les installations des Paccots, le nom du téléski est indiqué sur la façade de la gare, accompagné par un disque de couleur indiquant la difficulté de la piste desservie. On remarque également à gauche la plaque des ateliers Oerlikon, fournisseur de la partie électrique et à droite celle du constructeur du téléski.

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Gros plan sur la plaque du constructeur.

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L'intérieur de la gare. On remarque la poulie motrice-tension et le système de tension. Le contrepoids se trouve dans l'angle droit du local. On aperçoit également la nacelle de maintenance au fond du local.


Détails techniques

Ce téléski a la particularité, tout comme l’installation voisine de Corbetta, de posséder un entraînement à vitesse variable. Beaucoup de téléskis de cette époque, étaient équipés d’une boîte à vitesses mécanique qui permettait un changement de la vitesse du câble. Cependant, une telle modification n’est pas possible en exploitation avec ce système. À l’inverse, la vitesse des téléskis de Corbetta et de la Cierne peut être modifiée en tout temps et n’est pas limitée à quelques valeurs, comme dans le cas d’une boîte de vitesses. Pour ce faire, le moteur principal est d’un type spécial. Il s’agit d’un moteur à décalage de balais, aussi appelé moteur Schrage. Il est équipé de bagues assurant l’alimentation électrique du rotor ainsi que d’un collecteur sur lequel frottent deux jeux de balais mobiles. En modifiant la position relative de ces deux jeux de balais, la vitesse de rotation du moteur change. Ces entraînements spéciaux permettent ainsi une variation aisée de la vitesse tout en étant alimentés en courant alternatif. Ils impliquent donc des infrastructures moins imposantes que l’autre technologie utilisée à l’époque pour les entraînements à vitesse variable, les moteurs à courant continu, qui nécessitaient la présence d’un convertisseur Ward-Leonard afin d’assurer la production de courant continu. Même si des moteurs à décalage de balais ont été utilisés à plusieurs reprise par Oehler sur des téléskis de grande longueur, très peu de remontées mécaniques encore en service utilisent ce type d’entraînement.

Dans le cas de la Cierne, la vitesse d’exploitation peut varier entre 1,2 et 3,5 mètres par seconde, mais de nos jours l'installation n'est en principe jamais exploitée au delà de 2,5 mètres par seconde. La vitesse maximale est environ égale à trois fois la vitesse minimale, ce qui est une caractéristique de beaucoup de moteurs à décalage de balais. L’installation électrique fournie par la société Oerlikon, comprend un tableau principal à l'intérieur du poste de vigie ainsi qu'un petit tableau de commande situé à côté de l'embarquement. Lorsque l'embarquement intermédiaire est utilisé, l’installation peut être télécommandée depuis le poste de vigie de celui-ci. Le moteur principal est équipé d'une ventilation forcée, d’un frein de service électromagnétique ainsi que d’un servomoteur permettant le décalage automatique des balais. Une commande manuelle permettant le décalage des balais en cas de défaillance du servomoteur est également présente. Le moteur est directement accouplé au réducteur, de fabrication Kissling, à l'aide de courroies.


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Vue d’ensemble de l’intérieur de la gare aval. On remarque tout en haut de l’image les deux poulies de renvoi du câble de tension. On observe également contre les murs les tubes qui permettent le stockage des enrouleurs durant l’été.

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Le moteur principal vu depuis l’extérieur. On voit au premier plan le frein de service électromagnétique, monté au bout de l’arbre du moteur. Il est surmonté du volant et du servomoteur assurant le décalage des balais. À l’arrière, l’imposante ventilation forcée et son moteur auxiliaire sont bien visibles.

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Le moteur principal vu de dessous. On remarque le frein de service tout à droite, la grille protégeant le collecteur au centre et la poulie d’entraînement à gauche.

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Le servomoteur (à droite) et la commande manuelle (à gauche) assurant le décalage des deux jeux de balais et ainsi la variation de la vitesse du moteur.

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Détail des courroies reliant le moteur au réducteur, ici à la sortie du moteur.

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La poulie motrice. On remarque le réducteur, gris foncé au centre, et le moteur à droite.

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Vue d’ensemble du système de tension. La poulie au fond à gauche dévie le câble vers le treuil manuel tandis que celle de droite le dévie vers le contrepoids.

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Le contrepoids est situé dans un angle de la gare.

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Le treuil, situé au fond de la gare, qui permet d’ajuster la position du contrepoids et de détendre la ligne en posant le contrepoids au fond de la fosse.

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Détail du balancier d’entrée en gare. On remarque le galet lesté (en rouge) et le détecteur de déraillement à barrette cassante.

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Le petit tableau de commande situé près de l’embarquement. Les deux boutons poussoirs « plus vite » et « moins vite » commandent le servomoteur décalant les balais du moteur principal. Lors du démarrage, le moteur démarre directement à la vitesse minimum et peut ensuite être accéléré jusqu’au point de fonctionnement voulu.

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Le tableau de télésurveillance, fourni par Garaventa, est situé à l’intérieur du poste de commande.

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Un tableau Oerlikon qui comprend entre autres le compteur d’heures de service et la sélection du sens de marche.


La ligne

Elle est la deuxième plus longue de la station après celle du téléski du Pralet. Le tracé se trouve presque entièrement dans la forêt. Il y entre après le pylône 1 et en sort après le pylône 10. L'embarquement peut se faire au niveau du pylône 3 si le bas de la piste est impraticable. À cet effet, un balancier supplémentaire permettant d'abaisser le câble sur le brin montant peut être installé. Lorsqu'il n'est pas utilisé, il est replié le long du pylône. On accède à cette gare intermédiaire à l'aide d'un court chemin. La suite de la montée est assez peu pentue. Dès le pylône 7, l'inclinaison augmente. Après un court replat, la ligne se termine par une longue portée assez escarpée durant laquelle elle quitte la forêt.


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Profil en long de la ligne.


Ce téléski est relativement difficile, mais contrairement à ce qui se passe ailleurs dans la station, ce n'est pas un grand problème. En effet, il est assez peu utilisé comme accès au domaine. De plus, pour l'atteindre, il faut emprunter soit le téléski des Vérollys, soit le téléski de Corbetta qui sont tous deux difficiles.


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Vue sur le début de la ligne.

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La face avant de la gare aval. On remarque le parking sur la droite.

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Pylône 1, la ligne entre dans la forêt.

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Pylône 2.

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Pylône 3, l'embarquement intermédiaire. On remarque sous la tôle de protection le balancier supplémentaire qui permet d'abaisser le câble si l'embarquement est utilisé. Pour cette raison, le pylône est équipé d'une potence de décâblage sur le brin montant. Les galets du brin descendant et ceux qui servent à abaisser le câble sur le brin montant sont de fabrication Städeli.

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Vue sur la station intermédiaire depuis le chemin d'accès. On remarque le poste de vigie sur la droite.

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Vue en direction de la gare aval.

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La suite de la ligne.

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Pylône 4.

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Pylône 5.

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Vue au loin.

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Pylône 6.

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Pylône 7, la pente augmente à nouveau.

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Pylône 8, la forêt devient plus éparse.

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Vue arrière.

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Sur la droite, la vue sur la plaine se dégage.

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Pylône 9.

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Pylône 10, début de la pente finale.

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Vue sur la portée vers le pylône 11.

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Pylône 11 au niveau duquel la pente diminue fortement. On remarque la signalisation au sujet du lâcher.

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Pylône 12. On aperçoit à l'arrière la poulie retour. Une protection en bois est installée à l'amont du pylône pour prévenir tout incident au cas où un enrouleur ne serait pas totalement revenu dans sa position normale à cet endroit. Ceci est nécessaire à cause la vitesse d'exploitation parfois élevée et en raison de la faible distance séparant le dernier pylône de la poulie retour.


La gare amont

Elle se trouve tout près du sommet géographique de Corbetta, à la lisière de la forêt. C'est le point le plus élevé du secteur. Le lâcher s'effectue juste avant la poulie retour. Un poste de vigie se trouve sur la gauche de la ligne, à côté du dernier pylône. Il permet également de surveiller le lâcher du téléski de la Saira. Depuis cet endroit, on peut soit redescendre vers la gare aval ou vers Châtel-St-Denis, soit regagner le reste du domaine en longeant la ligne du téléski de la Saira. En raison de la courte distance séparant le point de débarquement de la poulie de renvoi, les enrouleurs n’ont pas le temps de s’enrouler avant de l’atteindre. Pour cette raison, elle est équipée, tout comme le pylône 12, d’une protection en bois qui évite qu’un agrès ne s’accroche dans la structure du pylône. Un panneau suggère également aux usagers de tenir les archets jusqu’au passage de l’enrouleur sur le brin descendant. La station amont est également équipée sur les deux brins d’un câble fixe, situé légèrement en dessous du câble principal, qui relie le pylône 12 à la station amont. Il a pour but d’éviter un balancement latéral trop important des enrouleurs.


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Vue sur les deux derniers pylônes et la zone de lâcher. On remarque sur la droite la poulie flottante du téléski de la Saira.

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La poulie retour fixe. Les enrouleurs sont encore en partie déroulés lorsqu'ils atteignent cet endroit. Pour cette raison le bas du pylône est protégé et la neige est façonnée de manière à favoriser un cheminement correct des véhicules.

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La fin de la ligne.

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La poulie retour. On remarque les deux câbles de guidage qui relient la gare amont au dernier pylône. Les galets d'origine ont été remplacés par des éléments de fabrication Städeli.

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Vue d'ensemble de l'arrivée depuis le début de la piste.

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Les pylônes 11 et 12 du téléski de la Cierne et la poulie retour du téléski de la Saira vus depuis la piste.


La vue depuis le sommet


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Vue vers le sud. On devine à l'arrière la Cape au Moine (1941 m).

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Vue vers l'ouest. On aperçoit au fond le Mont Pèlerin (1080 m) et sa tour de télécommunication.

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Vue vers le nord-ouest. On remarque la ville de Châtel-St-Denis au bas de la montagne.


La station intermédiaire en fonction


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Vue en contre-plongée du pylône 3.

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L’accès à l’embarquement intermédiaire.

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Détail du balancier côté montée, fourni par Städeli. On devine à l’arrière le câble permettant de replier la potence supplémentaire lorsque l’embarquement intermédiaire n’est pas employé.

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Vue du pylône 3 depuis l’amont.


Les véhicules

Jusqu’en 2019, cette installation était équipée d'assiettes et d'arbalètes. Les assiettes, qui étaient minoritaires, étaient de plusieurs modèles différents et avaient été ajoutées en 1997 afin d'offrir un meilleur confort aux snowboardeurs et aux personnes seules, ce qui est particulièrement apprécié vu la longueur de la ligne. La plupart des enrouleurs étaient d’origine. Il s’agissait d’enrouleurs mécaniques Oehler, type BEAP, équipés d’un frein centrifuge. Une vingtaine d’entre eux avaient été remplacés par des enrouleurs hydrauliques Städeli qui avaient été adaptés sur les suspentes d’origine. En 2019, tous les agrès jusque-là en circulation ont été retirés du service et ont été remplacés par des enrouleurs Röhrs équipés de sellettes à manche long. Ils étaient auparavant en service sur le téléski de Corbetta. La vingtaine d’enrouleurs Städeli ainsi que les suspentes et les archets correspondants ont été conservés mais ne sont en principe plus employés.


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Une arbalète équipée d'un enrouleur Oehler.

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Une assiette équipée d'un enrouleur Städeli.

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Un enrouleur en ligne. On remarque les deux encoches de chaque côté de l'enrouleur qui sont destinées à recevoir l'extrémité de l'archet lorsque celui-ci n'est pas employé. Seule l'encoche située à l'arrière (ici à gauche) est utilisée en pratique, l'autre étant employée sur les installations où le sens de montée est inversé.

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Détail d’une pince Oehler.

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Détail du bas d’une suspente Oehler. Elles sont creuses et sont équipées d’un ressort d’amortissement. La partie horizontale de la suspente, reliée à l’enrouleur, peut bouger à l’intérieur de la partie supérieure verticale, solidaire de la pince, qui possède une section carrée creuse.

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Les suspentes originales qui ont été modifiées pour recevoir un enrouleur hydraulique Städeli.

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Détail d’un enrouleur Röhrs, en service sur ce téléski depuis 2020.

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Conclusion

Cet appareil donne accès à la seule piste rouge des Paccots qui est assez longue et intéressante et qui offre également un beau panorama sur la plaine. Lorsqu’il est ouvert, il offre aux bons skieurs un complément intéressant à la piste du Pralet, l’autre descente plus difficile des Paccots. Son côté excentré, bien que pénalisant, permet de skier plus au calme que dans le reste de la station. Le parking situé à côté de la gare aval apporte quelques places de stationnement supplémentaires bienvenues les jours de très forte affluence, où il n’est pas rare que les parkings des Paccots et des Vérollys, bien que très grands, soient pleins.

Dans le cadre de son plan de développement quatre saisons, la station des Paccots a annoncé en 2021 que les téléskis de la Saira et de la Cierne seraient amenés à disparaître à moyen terme sans être remplacés dès que des investissements financiers trop conséquents deviendraient nécessaires pour assurer leur maintien. Des travaux relativement importants ayant été réalisés en 2019, la fermeture du téléski de la Cierne ne devrait pas intervenir à court terme. En attendant, il assure bien l’accès à la seule piste qu’il dessert. Comme partout aux Paccots, une file d'attente relativement importante peut se former les jours de forte affluence. Bien que la Cierne soit en général moins fréquentée que les autres pistes de la station, les diminutions successives du débit du téléski font que l'attente est inévitable dans certaines circonstances.

Les photos ont été prises principalement le 18 janvier 2017, le 23 février 2019 et le 17 février 2021. Texte et photos : Fael.

Vidéo de l'installation (Chamois78)

Vidéo montrant en détail le fonctionnement d'un moteur Schrage (téléski de Corbetta - les Paccots)

Site internet de l'exploitant

Un grand merci à la station des Paccots et au personnel exploitant le téléski de la Cierne qui m'ont autorisé à visiter la gare aval et le poste de commande.



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