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 TPH 2S 4 Kölner Seilbahn

Cologne

PHB - LST

T2 ES
Description rapide :
Téléphérique qui relie la rive gauche du Rhin, où est implantée une ligne de métro/tram en provenance du centre-ville, et la rive droite à l’extrémité nord du Rheinpark, un grand espace vert public hérité de l’exposition horticole.

Année de construction : 1957/1966

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Auteur de ce reportage : arbisman
Section écrite le 03/08/2019 et mise à jour le 14/09/2019
(Mise en cache le 15/09/2019)

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Cologne et le Rhin

Ancienne "colonie" romaine d'où elle tire son nom, Cologne est aujourd'hui la quatrième ville d'Allemagne, établie au bord du Rhin. Son joyau est la cathédrale, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, dont les 2 tours sont devenues l'emblème de la ville. Chaque année, Cologne attire plus d'un million de personnes venues participer au plus grand carnaval du pays.

Le centre de Cologne sur la rive gauche du Rhin :
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Les trésors de Cologne : ses vestiges romains comme le tombeau de Plobicius, la cathédrale gothique et ses 2 flèches, et le carnaval annuel
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Les deux générations de téléphériques sur le Rhin

Le premier téléphérique Pohlig (1957-1963)

En 1957, Cologne organisa sur la rive droite du Rhin l’exposition horticole fédérale ou Bundesgartenschau (BuGa 1957). Ainsi 48 hectares de friches héritées de la Seconde Guerre mondiale furent transformées en un grand espace vert temporaire avec des jets d’eau, une roseraie, des massifs fleuris et des fontaines. Le parc devait être desservi par un petit télésiège construit par Pohlig sous licence Giovanola.

Pour relier le parc à la rive gauche du Rhin où se situe le centre de Cologne, la municipalité décida de construire un téléphérique franchissant le fleuve. L’appareil devait permettre de passer de l’extrémité nord du BuGa 1957 à la rive opposée, mettant ainsi en relation l’exposition temporaire avec le jardin botanique et zoologique permanent de la rive gauche, ainsi qu’avec la station de tramway/métro.

Le projet retenu fut celui du constructeur Pohlig, dont les usines étaient établies non loin de là, dans un faubourg de Cologne. Techniquement l’appareil retenu était un téléphérique bicâble débrayable de type 2S, pour s’affranchir des contraintes liées au fleuve et à l’exploitation. En raison de la largeur du Rhin, l’appareil devait franchir une portée de près de 470 mètres, ce qui excluait une télécabine monocâble. De plus, pour ne pas perturber la navigation, l’administration imposa une hauteur minimale de 22,5 mètres entre le point le plus bas de la flèche du câble et le niveau le plus haut du Rhin, ce qui donnait un avantage au 2S par rapport au téléphérique un va-et-vient. En raison de cette configuration atypique, Pohlig s’associa au câblier Felten & Guilleaume de Cologne, pour la réalisation des câbles spéciaux de l’installation, notamment les haubans.

Le coût de construction de 1,1 million de marks fut couvert par un partenariat entre la ville de Cologne et le constructeur Pohlig, qui prirent respectivement une part de 60 et 40 % dans la société d’exploitation commune, fondée en mars 1956. Le chantier démarra dans la foulée et fut marqué notamment par l’édification en novembre 1956 des deux imposants pylônes métalliques caissonnés, culminant à 36,5 mètres de haut sur la rive gauche et 40,5 m de haut sur la rive droite.

Le pylône rive gauche en construction :
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L’appareil fut inauguré le 17 avril 1957. Il transporta 1,3 million de passagers durant l’exposition horticole. Ce record de fréquentation fut obtenu grâce au débit élevé de l’appareil, qui pouvait atteindre 1200 personnes par heure et par sens. Selon le constructeur, il s’agissait de l’installation disposant du plus gros débit au monde à cette époque.

La gare rive droite sur le parc de l'exposition :
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Le pylône rive gauche :
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Entre les 2 pieds du pylône, Pohlig affichant fièrement sa réalisation :
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Au-dessus du Rhin :
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Les cabines d’origine :
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Le télésiège desservant l'exposition :
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La reconstruction par PHB (1966)

L’appareil devait fonctionner de manière provisoire pour une durée maximum de 5 ans après l’exposition. Les services de la voirie avaient déjà planifié la construction sur le même tracé d’un important ouvrage routier franchissant le Rhin : le pont du zoo. Mais le téléphérique avait gagné en popularité, ce qui poussa la municipalité à le déplacer sur un tracé différent, franchissant le pont en biais afin que les pylônes n’interfèrent pas avec la voirie. L’installation d’origine fut démontée en septembre 1963 pour laisser la place au chantier de construction du pont. Le téléphérique fut réimplanté par PHB sur un tracé un peu plus long de 250 mètres, avec un pylône supplémentaire. Il fut remis en service le 22 août 1966.

Le nouveau tracé, prolongé sur la droite, avec l’emplacement de l’ancienne gare au pied du P2 :
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Le téléphérique et le nouveau pont :
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Le télésiège à pinces Giovanola, en service jusque dans les années 1990 :
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La rénovation par LST

Après son déplacement, le téléphérique n’a cessé d’accumuler les pertes financières. Son intérêt touristique restait limité et le nouveau pont du zoo offrait une alternative rapide pour le franchissement du Rhin. En 1971, la ville de Cologne accueillit une seconde fois l’exposition horticole fédérale, mais le téléphérique ne transporta plus que 610 000 passagers, c’est-à-dire moitié moins que lors de la première exposition en 1957.

En 1997, le constructeur PHB, devenu PWH, finit par céder à la ville de Cologne sa participation dans la société d’exploitation du téléphérique. Celle-ci fut intégrée dans la régie des transports de la ville (KVB), qui mena une politique marketing ciblée qui permit de retrouver l’équilibre financier en 7 années. L’appareil, qui s’appelait à l’origine téléphérique du Rhin, fut rebaptisé téléphérique de Cologne pour souligner son attachement à la ville. L’exploitant étendit les plages de fonctionnement, notamment pour des nocturnes ou des voyages spéciaux pour lesquels le téléphérique peut être privatisé. L’appareil fut rénové par LST, qui modifia notamment les chariots avec de nouvelles pinces remplaçant les pinces à vis Pohlig d’origine. De nouveaux automates Siemens permirent d’améliorer la conduite et de motoriser une grande partie du traînage et du garage, réduisant fortement les coûts d’exploitation.

Le téléphérique de Cologne aujourd’hui

Le téléphérique relie actuellement la rive gauche du Rhin, où est implantée une ligne de métro/tram en provenance du centre-ville, et la rive droite à l’extrémité nord du Rheinpark, un grand espace vert public hérité de l’exposition horticole.

Sur la rive gauche, la station retour tension dite du Zoo est implantée à proximité du jardin zoologique et botanique, et de la station de tramway du même nom.

Sur la rive droite la station motrice fixe dite Rheinpark est placée à côté des thermes et du départ du petit train touristique qui traverse le parc. Elle est située en bordure du Parc des Expositions de Deutz.

Le téléphérique fonctionne uniquement dans un but touristique. Il est exploité de mars à novembre. La fréquentation atteint environ 500 000 passages par an.

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Les caractéristiques techniques de l'installation

Caractéristiques administratives :

2S – Téléphérique bicâble à attaches débrayables : KÖLNER SEILBAHN (anciennement RHEINSEILBAHN)
Constructeur : PHB / LST
Exploitant : KVB
Année de construction : 1957
Année de démontage : 1963
Année de reconstruction : 1966

Caractéristiques d'exploitation :

Saisons d'exploitation : été
Capacité : 4 personnes
Débit maximum : 800 personnes/heure/sens
Vitesse d'exploitation : 2,8 m/s
Temps de trajet : env. 6 min

Caractéristiques géométriques :

Longueur développée : 935 m
Altitude gare rive gauche : 46 m
Altitude gare rive droite : 50 m
Dénivelée : 4 m
Pente maximum : 40 %

Caractéristiques techniques :

Sens de montée : droite
Motrice : rive droite
Tension porteurs : ancrage fixe
Tension tracteur : rive gauche
Type de motorisation : courant continu
Puissance de motorisation : 2 x 37 KW
Type de tension : contrepoids

Nombre de pylônes : 3
Hauteur du pylône 1 : 36,4 m
Hauteur du pylône 2 : 50,3 m
Hauteur du pylône 3 : 35,7 m

Diamètre du câble porteur : 45 mm
Charge de rupture du câble porteur : 230,280 t
Diamètre du câble tracteur : 22 mm
Charge de rupture du câble tracteur : 30,000 t

Nombre de cabines : 44
Fabricant des cabines : Kässbohrer
Masse à vide : 410 kg
Espacement entre chaque cabine : 18 s
Distance entre chaque cabine : 51 m

Les photos de l’installation

Station Rheinpark (G2)

La station Rheinpark est située à l’extrémité nord-est du parc public. Lors de la reconstruction en 1966, elle a été placée en retrait de la rive du Rhin et sur une petite butte de 4 mètres de dénivellation, constituée par l’amoncellement des ruines de la ville après la Seconde Guerre mondiale.

La gare était autrefois implantée à proximité du télésiège desservant le jardin mais celui-ci a été démonté dans les années 90 pour laisser place aux thermes Claudius, que la ligne survole juste à la sortie de la gare.

L’emplacement de la gare en limite du Rheinpark, avec les thermes à gauche et le Parc des Expositions à l’arrière :
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Les sabots des câbles porteurs sont couverts :
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Au centre des voies, à travers le bardage, les 2 câbles porteurs à l’extérieur et les haubans à l’intérieur :
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La sortie à droite :
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La cabine dans l’extrémité du lanceur, déjà embrayée sur le câble tracteur, mais ne roulant pas encore sur le câble porteur :
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Côté ralentisseur :
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La largeur de voie du téléphérique étant importante, le garage des véhicules se fait au centre des voies. Pour la même raison, le câble tracteur est dévié 3 fois dans la gare. A l’extrémité du ralentisseur, il fait un demi-tour sur une première poulie motrice, longe la voie de garage, fait demi-tour sur une poulie folle, puis il est dévié à nouveau sur la seconde poulie motrice vers le lanceur.

Il existe deux types de marches de secours. En cas de défaillance simple de l’alimentation électrique, un groupe électrogène prend le relais. En cas d’incident plus important, un moteur auxiliaire à gaz agissant sur la poulie folle permet de rapatrier les cabines.

Le ralentisseur avec le garage au centre des voies :
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Dans chaque angle du contour, les poulies motrices :
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Le ralentisseur est équipé d’un trainage à pneus jusqu’au point de débarquement, le dernier pneu étant équipé d’un moteur indépendant, que l’agent peut commander par la tirette qui pend :
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Ce pneu permet d’immobiliser la cabine au point de débarquement :
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L’agent assure le débarquement des clients en ouvrant la porte manuellement, puis il renvoie la cabine dans le contour par gravité grâce à la tirette qui met le pneu en service :
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Chaque poulie motrice est installée sur un châssis métallique surplombant un entraînement identique de chaque côté, composé d’un moteur à courant continu, et un réducteur à renvoi d’angle.

Les deux poulies motrices, avec le garage au centre :
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Sous la poulie motrice, l’entraînement protégé par des capots, avec le moteur à courant continu à gauche, l’arbre rapide horizontal muni d’un frein de service dont on aperçoit le volant de réglage à droite, et d’un réducteur au centre, d’où sort l'arbre lent vertical :
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Du côté de l’arbre rapide :
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Détail de la poulie motrice :
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Entre la zone de débarquement et la zone d’embarquement, les cabines cheminent par gravité dans le contour. L’agent peut arrêter manuellement une cabine et l’aiguiller vers le garage, ou à l’inverse injecter une cabine depuis le garage en cas d’affluence.

L’agent manœuvrant l’aiguillage pour injecter une cabine :
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Une cabine à l’extrémité des deux voies de garage centrales :
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Le lanceur, avec à gauche les deux voies de garage et le véhicule de service stocké au fond à droite :
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Le câble n’est pas dévié horizontalement dans le lanceur, ce sont les cabines qui s’alignent dans l’axe de la ligne :
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En ligne

La ligne présente la particularité d’être soutenue par 3 pylônes métalliques caissonnés, étroits, qui sont maintenus dans l’alignement par deux haubans ancrés dans les stations, à l’image des téléskis sur glacier :
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Voici la traversée du Rhin de la rive droite à la rive gauche.

La ligne commence par survoler les thermes de Claudius :
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Le P3, bipode :
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Avec 50,3 m de haut, le P2 est le plus haut de la ligne. En raison de sa proximité avec le pont, sa base est étroite, et les haubans jouent pleinement leur rôle :
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Les sistres ont été rénovées et équipées de balanciers :
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Passage au-dessus du pont du zoo :
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Le centre ville de Cologne et la cathédrale :
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En arrière de la ligne, le quartier de Deutz :
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Le P1, bipode :
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La descente vers la gare avec le zoo à l’arrière :
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En complément, voici quelques vues du trajet dans le sens rive gauche vers rive droite :

La tête du P1 et son train de galets pour le câble tracteur :
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Station Zoo (G1)

La gare de la rive gauche est située au même emplacement que lors de la construction du premier téléphérique. Cependant elle se trouve aujourd’hui complètement enclavée entre les grands axes de communication : le quai Konrad Adenauer, la ligne de tramway et l’échangeur routier du pont du zoo.

L’intérêt touristique aux abords de la gare est limité. Elle permet surtout de gagner l’arrêt de tramway Zoo/Flora situé à quelques dizaines de mètres.

La gare complètement entourée de grands axes routiers et d’une ligne de tramway :
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L’extérieur du bâtiment avec la station de tramway/métro à gauche :
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Le bâtiment est construit contre une pile de l’échangeur routier du pont du zoo :
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Le bardage du toit touche le tablier du pont :
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À l’extérieur de la gare, les sabots recouverts de bardage dépassent à l’extrémité des lanceurs et ralentisseurs. Les câbles porteurs se détachent des sabots et viennent s’ancrer sur des mordaches situées dans la gare. De même, les deux haubans viennent s’ancrer à l’intérieur du bâtiment.

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Une particularité de cette gare est la présence à demeure du véhicule de service. Grâce à deux chariots posés sur les câbles haubans et à un moteur thermique relié à un câble treuil auxiliaire situé au centre des voies, ce plateau peut se déplacer pour effectuer la radiographie des haubans. Cette opération était réalisée tous les 4 ans jusqu’en 2019. Ce système va être abandonné.

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Détail du moteur thermique permettant de déplacer le plateau de service. On distingue également le câble porteur qui s’éloigne du sabot :
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Le ralentisseur :
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Les clients débarquent à l’arrière-plan, à l’emplacement de la cabine verte, puis l’agent envoie la cabine dans le contour :
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La fin du contour, la zone d’embarquement et le début du lanceur :
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Le contrôle des billets et l’accès à la zone d’embarquement :
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Dans l’angle du contour le câble tracteur est renvoyé par deux poulies vers le centre des voies puis vers le puits de tension :
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Détail de la poulie de renvoi du tracteur et le début du lanceur avec le traînage à pneus :
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Depuis le contour, les cabines sont légèrement déviées pour se mettre dans l’axe de la ligne, puis parcourent le lanceur :
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Le lanceur et la zone de stockage des cabines au centre des voies :
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Le garage au centre des voies :
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Les cabines

Les cabines proprement dites ont été construites en 1956 par Kässbohrer, avec des parois en aluminium, un vitrage en plexiglas et une porte manuelle. Elles n’ont jamais été modifiées visuellement, car le téléphérique est classé monument historique.

Au-dessus de la cabine, la suspente et le chariot datent de la rénovation des années 90 par LST, avec un train de 4 galets et 2 pinces bistables.

Les cabines du téléphérique étaient à l’origine chacune d’une couleur unie, rouge, bleue ou jaune. Depuis le changement d’exploitant, elles changent régulièrement de livrée en fonction des opérations publicitaires conclues avec différents partenaires.

Les cabines unies :
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Sur le côté intérieur, une trappe d’aération :
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La police recrute :
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Plusieurs cabines sont pelliculées avec de la publicité pour enfants, en raison du public familial qui fréquente l’installation :
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Le chariot avec le logo LST :
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Détails des 4 galets du chariot avec 2 tampons aux extrémités, et 2 pinces bistables :
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Le mors fixe est situé en dessous, le mors mobile au-dessus :
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La pince ouverte en gare :
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Photos supplémentaires

Voici quelques photos de la ligne depuis les quais et le parc.

Depuis le quai Konrad Adenauer, rive gauche :
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La rive gauche et le P3 :
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Sur la rive droite, le P2 :
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Le P1 :
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Le Rheinpark offre de grandes pelouses accessibles au public dans sur lesquelles les locaux viennent se prélasser aux beaux jours :
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Le parc est desservi par un petit train touristique fonctionnant au diesel, construit à quelques centaines de mètres de là, à Deutz, par l’usine de machines agricoles du même nom :
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Le bord du Rhin offre une vue dégagée sur la cathédrale de Cologne :
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Avec ses deux tours de 157 m de haut, la cathédrale de Cologne, monument le plus visité d’Allemagne, est la deuxième plus haute église au monde après celle d’Ulm :
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L’accident de 2017

Le téléphérique a connu deux accidents spectaculaires en 2014 et en 2017. Le 21 octobre 2014, une cabine a déraillé au passage d’un pylône sous l’effet de vents tempétueux. L’évacuation verticale a duré jusqu’au début de la nuit. Avant la remise en service du téléphérique, la forme des sabots a été modifiée pour éviter qu’un chariot ne se coince lors d’un fort vent de travers.

Le téléphérique a été victime à nouveau d’un déraillement le 30 juillet 2017. Alors que le vent soufflait en rafales, une cabine a accroché le câble auxiliaire se trouvant au centre des voies. La cabine s’est mise de travers et elle est restée bloquée au passage d’un pylône. Son chariot a partiellement déraillé. En l’absence de capteurs de déraillement sur les pylônes, le blocage du câble tracteur a été détecté par l’automate des moteurs, ce qui a provoqué un arrêt. Une soixantaine de clients environ ont été évacués verticalement, certains au-dessus du Rhin à l’aide de barges, jusqu’à la nuit tombante.

Ce câble auxiliaire permettait de déplacer le chariot de service sur les haubans et d’effectuer la radio de ces câbles une fois tous les 4 ans. Pour une raison inconnue, il était trop peu tendu, ce qui explique qu’il ait pu se décaler latéralement sous l’effet du vent, jusqu’à accrocher une cabine, malgré la grande largeur de voie.

La responsabilité de l’exploitant a été reconnue, en raison du non-respect des prescriptions liés à l’exploitation par vent fort. La société d’exploitation a été condamnée à une amende d’environ 10 000 € et un employé à un amende d’environ 1000 €.

Le téléphérique a subi une profonde remise à niveau pour environ 1,2 million d’euros.

Le contrôle commande a été complètement changé. Le système de détection incendie a été modifié et une liaison directe a été mise en place avec les services de secours. Le câble auxiliaire a été définitivement démonté, et l’exploitant doit mettre en place une autre procédure pour effectuer la radio du câble sans le chariot de service. Les cabines sont désormais équipées d’un téléphone portable de secours, en attendant la mise en service d’un véritable système de communication entre les gares et les cabines. La ligne a aussi été complètement équipée d’une vidéosurveillance, notamment au passage des pylônes, ce qui permet au conducteur d’observer en tous points de la ligne le comportement des câbles et des cabines. Le plan d’évacuation a été revu de manière à accélérer une évacuation verticale.

L’exploitation du téléphérique est désormais suspendue lorsque la vitesse du vent dépasse 12 m/s au lieu de 16 m/s précédemment.

Le téléphérique a été remis en service le 28 mars 2019.

La cabine incriminée, avec le câble de service pris dans le bas de la suspente :
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Lors de l’évacuation verticale :
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La suspente a vrillé, retenue par le câble passant au centre des voies :
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Le téléphérique, un monument de Cologne

La Kölner Seilbahn est considérée aujourd'hui comme un monument de Cologne à part entière. Non seulement les aspects extérieurs du téléphérique, comme les cabines ou les pylônes, ont été classés comme monument historique, mais l'appareil lui-même est devenu un des symboles de la cité rhénane dans le cœur de ses habitants. A l'occasion du carnaval de 2013 placé sous le signe du Brésil, il avait d'ailleurs été représenté dans le défilé aux côtés de son illustre voisin brésilien, le téléphérique du Pain de Sucre à Rio. Deux villes, deux téléphériques et deux carnavals...

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Liens vers les sites Internet

Lien vers le site Internet de la ville de Cologne :
https://www.stadt-koeln.de/

Lien vers le site Internet de l'installation :
https://www.koelner-seilbahn.de/



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