Localisation(s)
Photo

 TPH V du Sancy n°1

Le Mont-Dore (Le Sancy)

Applevage

T3 HS
Description rapide :
Le premier téléphérique du Massif central, également premier téléphérique de voyageurs Applevage.

Année de construction : 1936
Fin de service en : 2011

Appareil recommandé par l'équipe :
    Suivre la discussion sur le forum



     
    Partie 1
    Auteur de ce reportage : TCD6 Perdrix
    Section écrite le 31/10/2007 et mise à jour le 11/10/2013
    (Mise en cache le 26/10/2013)

    Image


    La station du Mont-Dore (1050 m-1853 m) est située dans le massif du Sancy au pied du Puy de Sancy (188 6m).
    Elle est équipée en 2011-2012 de 18 remontées mécaniques (1 funiculaire, 2 téléphériques, 4 télésièges et 11 téléskis) desservant 42 km de pistes (85 km avec Super-Besse).


    I°) PRÉSENTATION

    Le téléphérique du Sancy n°1 est l'un des premiers téléphériques français dédiés aux sports d'hiver. C'est également le dernier téléphérique de France encore en exploitation à être conduit manuellement (pas d'automatisme). C'est aussi le premier téléphérique français construit par Applevage.

    Situation sur le plan des pistes

    Image


    Caractéristiques du téléphérique

    - Nom de l'installation : Sancy n°1
    - Type d'installation : téléphérique à va-et-vient
    - Constructeur : Applevage
    - Année de construction : 1936
    - Saison d'exploitation : en alternance avec le téléphérique du Sancy n°2 (mai, juin, septembre)
    - Capacité : 30 personnes
    - Altitude aval : 1325 m
    - Altitude amont : 1780 m
    - Dénivelée : 455 m
    - Longueur développée : 1070 m
    - Disposition des câbles : 1 câble porteur et 2 câbles tracteurs
    - Pente maxi : 64 %
    - Débit : 450 personnes/heure
    - Vitesse d'exploitation : 4,5 m/s
    - Emplacement motrice : aval
    - Emplacement tension câbles porteurs : contrepoids, aval
    - Emplacement tension câbles tracteurs : contrepoids, amont
    - Nombre de pylônes : 1
    - Temps de trajet : 6 min
    - Nb véhicules : 2


    Construit en 1936, le téléphérique du Sancy n°1 est installé au Mont-Dore, après une commande de l'aviateur Dieudonné Costes au constructeur Applevage, au pied de l'imposant et majestueux Puy de Sancy (1886 m). Situé au pied du "petit ruisseau" de la Dordogne, cet appareil était, de sa construction à 1961, l'unique moyen mécanique d'accéder au plateau situé entre le Puy Ferrand (1846 m), le Puy de Sancy (1886 m) et le Pas de l'Âne (1825 m).
    Ce téléphérique dessert les pistes rouges "Sancy" et "Aiguilles" ainsi que de multiples hors-pistes (Coulées 1, Coulées 2...).

    L'appareil fonctionnait régulièrement, notamment pendant les vacances de février, jusqu'en 2004. La construction du télésiège de la Dore en 2002 a cependant rendu son rôle secondaire. Il fonctionne encore maintenant, par exemple quand le téléphérique du Sancy n°2 est en maintenance.

    Deux générations de cabines se sont succédées. Les premières cabines avaient été baptisées du prénom des épouses de messieurs Costes et Barbotte. Initialement peintes en rouge, elles ont ensuite eut une belle livrée jaune. Elles ont été remplacées en 1982. Les nouvelles cabines, à l'origine en livrée grise, ont été repeintes en jaune.

    Les cabines originelles
    Image

    Image

    Image

    Image
    (Collection Laurent Berne)

    Image
    (Collection Laurent Berne)

    Une des nouvelles cabines installées en 1982 dans sa livrée d'origine
    Image
    (Collection Laurent Berne)





    II°) LA LIGNE ET LES INFRASTRUCTURES

    La gare aval

    La gare aval du téléphérique, qui contenait les caisses des remontées mécaniques, est située à 1325 m. Sur cet esplanade, part le TSF4 de la Dore et partait l'ancien TSF2 de Mathusalem (1968-1986). C'est là qu'est effectuée la tension du câble porteur.

    Vue générale sur la gare en hiver
    Image

    Image

    Exploitation estivale
    Image

    Poulie de la machinerie remplacée lors de la révision des années 1980
    Image

    Le bâtiment contenait également les caisses jusqu'en 1961, date ou elles furent installées au TPH du Sancy 2
    Image

    Entrons maintenant dans le bâtiment. On y trouve les anciennes caisses.
    Image

    L'accès à la salle d'attente se fait via un escalier
    Image

    La salle d'attente (l'accès au quai étant interdit lorsque les cabines ne sont pas en gare).
    Image

    Les quais, la porte bleue au bout sert de sortie pour la descente.
    Image

    Vue d'ensemble des quais
    Image

    La cabine 1 à quai
    Image

    Les câbles
    Image



    La ligne

    La ligne est composée d'1 câble porteur et de 2 câbles tracteurs. Un unique pylône, en treillis, est situé sur une arête peu avant l'arrivée. La vitesse n'est pas élevée (4,5 m/s maximum) et le débit théorique est faible (300 p/h). Il faut 6 minutes pour grimper 455 m de dénivelée.

    Image

    Image

    Croisement des cabines
    Image

    Image

    Le pylône
    Image

    Image

    Image

    Image


    La gare amont

    La gare amont, commune avec le téléphérique du Sancy n°2, est nichée au bord du plateau à 1780 m. Le câble porteur s'enroule autour d'une tomme d'ancrage en béton à l'extérieur de la gare.

    L'arrivée des 2 téléphériques, perchée à 1.780 m
    Image

    La cabine 2 en gare amont
    Image

    Les poulies des câbles tracteurs
    Image

    Image

    Avant la construction du téléphérique n°2, la sortie se faisait directement par le restaurant :
    Image


    Le renvoi

    Le dispositif de renvoie est différent sur les 2 téléphériques.
    Sur le téléphérique du Sancy 1, les câbles tracteurs sont renvoyés directement à l'intérieur de la gare. Seuls les câbles porteurs sont ancrés à l'extérieur. Sur le téléphérique du Sancy 2 : A cause du manque de place, les câbles tracteurs sont renvoyés dans un petit local à l'extérieur de la gare. Y sont également ancrés les câbles porteurs.

    Sortie des câbles porteurs de la gare
    Image

    La tomme d'ancrage en béton d'origine. Les fissures éventuelles ont été colmatées été 2005, lors de la révision des systèmes de tension des 2 téléphériques.
    Image




    II°) LES CABINES


    Image

    le chariot de 8 galets
    Image

    Chaque cabine est dotée d'un inclinomètre permettant de contrôler le balancement en cas de vent fort, notamment au passage du pylône.
    Image

    Image

    le chariot
    Image



    IV°) MACHINERIES ET EXPLOITATION

    Comme je le disais plus haut, la conduite du téléphérique est entièrement manuelle.

    Image


    1 : commande du moteur de secours
    2 : indicateur de vitesse (m/s)
    3 : voltmètre
    4 : ampèremètre
    5 : voltmètre (non d’origine)
    6 : indicateur de vitesse (non d’origine)
    7 : injection de courant (cabine 1 montante), départ et ralentissement
    8 : ralentissement en ligne
    9 : injection de courant (cabine 2 montante), départ et ralentissement
    10 : sélecteur de mode (normal ou secours)
    11 : modification de la vitesse limite
    12 : Frein 2 (arrêt d’urgence)
    13 : position des cabines (traits blancs dessinés représentant le pylône)
    14 : témoins vert passage du point de contrôle
    15 : pédale de frein (frein manuel) utilisé lors de l’arrivée des cabines en gare.
    16 : Frein 1 (automatique), tombe automatiquement après 20 s d’arrêt

    Pour démarrer l'installation, il faut appuyer sur le bouton "gauche" (7) qui permet d'injecter du courant dans le moteur. Peu avant l'arrivée en gare, il y a un point de contrôle qui va arrêter l'installation (allumage des témoins vert 14). Pour ralentir, mais ne pas arrêter l'installation, le conducteur va appuyer à intervalles réguliers sur le bouton "gauche" pour assurer l'approche à faible vitesse. Lorsque la cabine descendante arrive à quai, le conducteur relâche le bouton "gauche" et appuie sur la pédale de frein afin d'immobiliser la cabine. Au bout d'une vingtaine de secondes, le frein 1 automatique tombe.

    Image

    Image

    Image

    Passons maintenant à la machinerie
    Image

    Image

    Image

    Image

    La motrice Ward Léonard qui sert à alimenter le moteur du téléphérique fonctionnant en courant continu
    Image

    Le moteur à courant continu, d'origine
    Image





    V°)L'AVENIR DU TÉLÉPHÉRIQUE

    Depuis 2004, le téléphérique n'ouvre généralement que si celui du Sancy 2 est en révision. Autant dire qu'il n'ouvre que peu de jours dans l'année. De plus, les machineries et le poste de conduite sont d'origine et nécessitent un entretient constant. Il sera décidé durant l'hiver 2011-2012 l'avenir du téléphérique. Dans le meilleurs des cas, il sera rénové (la conduite sera alors automatique) et possédera de nouvelles cabines avec fond transparent. Sinon, il sera définitivement arrêté et démonté au cours des prochaines années.

    Quelques photos conclusives de l'installation :

    Photo de la gare aval été 2005. La révision des tommes d'ancrage à nécessité la descente des 2 cabines.
    Image



    Quelques photos de l'exploitation hivernale :

    Image

    Image

    Image

    Image

    La gare amont et le pylône
    Image



    Remerciements :


    Je remercie toutes les personnes m'ayant aidé à la rédaction de ce reportage :
    - le conducteur du téléphérique pour la visite des machineries et ses explications
    - KoUiToU pour les photos de la ligne
    - lolo42 pour ses scans et images anciennes

     
    Historique du téléphérique
    Auteur de ce reportage : lolo42
    Section écrite le 12/06/2013 et mise à jour le 20/09/2019
    (Mise en cache le 20/09/2019)

    En prolongement : l'histoire du téléphérique du Sancy

    Image
    (Gaston Gorde, coll. Laurent Berne)


    Le premier téléphérique Applevage

    La construction de ce premier téléphérique de la société Applevage a été supervisée par M. Pévérelli, ingénieur en chef et directeur du service d'études. Il a fait appel aux compétences de la société de l'Aluminium Français pour travailler sur une réduction des poids des véhicules. Ainsi, les huit roues du chariot sont réalisées en alliage léger et la suspente est en duraluminium, tout comme la structure de la cabine, qui est, en outre, panneautée en aluminium-manganese. Au final, le poids d'un équipement mobile est réduit à 1 056 kg, dont 406 pour le chariot et 495 pour la cabine de 30 voyageurs. Les mécanismes d'entraînement ont quant à eux été réalisés par les Ateliers et Fonderies Crozet Fourneyron du Chambon-Feugerolles (Loire). Le chantier commença courant 1936 par l'établissement d'un téléphérique de service permettant d'acheminer plus facilement les matériaux au sommet.

    Image
    Téléphérique de service du Sancy en 1936 (coll. Laurent Berne)



    Jacqueline et Mary

    Une présentation s'impose avec Jacqueline et Mary : il s'agit des noms donnés aux deux cabines originelles fournies par le carrossier lyonnais Million-Guiet. Elles reprennent au travers de leur sérigraphie, le prénom respectif de la fille de M. Barbotte, administrateur de la société du téléphérique, et de l'épouse de M. Costes, administrateur délégué, tous deux promoteurs du téléphérique, avec Armand Lotti.

    Elles arborent une élégante livrée rouge qui laissera place, après guerre, à la couleur jaune qu'elle conserveront jusqu'à leur remplacement.

    Image
    Mary (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    Jacqueline (DR, coll. Laurent Berne)



    L'inauguration

    Le nouvel équipement est solennellement inauguré après quelques jours d'exploitation, le dimanche 17 janvier 1937 par Mme Lagrange, représentant son mari, Léo Lagrange, sous-secrétaire d'État aux Sports et à l'organisation des Loisirs, en présence du Maire et du Préfet, des représentants d'Applevage et de la compagnie de chemin de de fer du PO-Midi. Cette dernière a d'ailleurs activement participé au projet de réalisation du téléphérique et, plus largement, à la consécration de la réputation du Mont-Dore en multipliant les trains de neiges spéciaux qui mettent la station à huit heures de la capitale. Le Mont-Dore est ainsi rapidement surnommé "les champs de neige de Paris".


    Image
    Des bus emmènent badauds et skieurs pour l'inauguration du téléphérique (Droits Laurent Berne)


    Image
    Mme Lagrange à l'entrée de la gare du téléphérique (Droits Laurent Berne)


    Image
    Mme Lagrange attendant la cabine à quai (Droits Laurent Berne)


    Image
    La cabine à quai et le bandeau d'inauguration (Droits Laurent Berne)


    Image
    Départ du voyage inaugural de Mary (Droits Laurent Berne)


    Image
    Voyage inaugural de Mary (Droits Laurent Berne)


    Image

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)



    Tout un réseau de pistes

    Le téléphérique sera complété dès la saison 1937-1938 par deux téléskis débrayables Dandelot système Poma. Un sur les pentes du Sancy, accessible depuis l'arrivée du téléporté, et un second au pied du téléphérique, pour les débutants. L'hiver, c'est désormais tout un réseau de pistes et de remontées mécaniques qui sont au service de la pratique du ski alpin en pleine expansion.

    Image
    Départ du téléski et du téléphérique. (DR, coll. Laurent Berne)


    Image
    Téléski Dandelot au pied du téléphérique. On remarque le système de compression bricolé sur le brin retour pour conserver le gabarit
    de passage de la cabine du téléphérique, ainsi que le téléphérique de service, sur la droite.(DR, coll. Laurent Berne)


    Image
    Skieurs venus tester le nouveau téléphérique (Droits Laurent Berne)


    Image
    La cabine Jacqueline remplie de skieurs pour l'inauguration (Droits Laurent Berne)


    Image
    Jacqueline en ligne (Droits Laurent Berne)


    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)



    La ligne


    Quelques visuels d'époque présentant la ligne du téléphérique, qui conduit à 1780 mètres au sommet des Cheminées du Diable, antécime du Puy de Sancy.

    Image
    Départ de la cabine Jacqueline de la gare aval (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    La "grande portée" de 950 mètres de longueur...(DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    L'unique pylône est situé sur un éperon rocheux 130 mètres avant l'arrivée et mesure 10 mètres. (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)



    En couleur

    Quelques cartes colorisées des années 1940, montrant la nouvelle livrée jaune des cabines :

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    (DR, coll. Laurent Berne)


    Victime de son succès, le téléphérique est doublé en 1961 par un second, construit à proximité également par Applevage. Plus moderne, plus grand avec une capacité de 60 personnes par cabine, et plus rapide grâce à sa ligne sans pylône, il relègue l'appareil d'origine au rang d'auxiliaire qui ne fonctionne qu'en période de pointe.

    Voici deux vues en couleur, où l'on aperçoit en second plan le deuxième téléphérique :

    Image
    En second plan, à droite de la cabine, la gare aval du nouveau téléphérique de 1961.(DR, coll. Laurent Berne)

    Image
    Exploitation simultanée des deux téléphériques, avec la cabine du nouveau visible en second plan, sous la cabine du premier. (DR, coll. Laurent Berne)


    .



    Suivre la discussion sur le forum


    Appareils en relation :