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Photo

 TSD4 du Mont Joux

Saint-Gervais - Le Bettex (Arbois-Rochebrune)

Poma

T1 HS
Description rapide :
Télésiège remplacé par un TSD6 et qui permettait la liaison avec les secteurs de Saint-Nicolas-de-Véroce et du Mont-Joly depuis le restant du domaine skiable.

Année de construction : 1984
Fin de service en : 2014

Remplacé par l'appareil suivant : Suivre la discussion sur le forum



Auteur de ce reportage : j'ib
Section écrite le 25/08/2017 et mise à jour le 30/08/2017
(Mise en cache le 30/08/2017)

Télésiège du Mont-Joux
Saint-Gervais-les-Bains (74)


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Bienvenue à Saint-Gervais-les-Bains

La station de ski de Saint-Gervais-les-Bains est située dans la vallée de l'Arve, au dessus de Passy, en Haute-Savoie. Elle partage avec Chamonix et Courmayeur le statut de la plus haute commune d'Europe occidentale du fait que le Mont-Blanc culminant à 4810 mètres est située sur son territoire.
La station fait partie du domaine skiable Évasion Mont-Blanc regroupant plusieurs stations en Savoie et en Haute-Savoie : Megève, Saint-Gervais-les-Bains, Saint-Nicolas-de-Véroce, Les Contamines–Hauteluce, ainsi que les Portes du Mont-Blanc (Megève-Jaillet / La Giettaz / Cordon / Combloux).
On skie entre 850 mètres d'altitude, au village de Saint-Gervais-les-Bains, et 2353 mètres d'altitude au sommet du télésiège du Mont Joly sur le Mont Géroux. Le front de neige principal de la station étant situé à 1457 mètres au lieu-dit du Bettex.

    Le front de neige du Bettex avec à gauche le téléski éponyme, puis la télécabine Bettex-Arbois et le DMC Saint-Gervais – Bettex
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Le domaine skiable est relié avec celui de Saint-Nicolas-de-Véroce. L'ensemble dispose de 51 pistes qui sont accessibles grâce à 25 remontées mécaniques (1 DMC, 1 télécabine, 11 télésiège dont 4 sont débrayables et 12 téléskis). Ces deux secteurs sont également reliés au massif du Mont d'Arbois, situé dans la station de ski voisine de Megève.

    Le secteur de la station le plus fréquenté, le Mont-Joux composé de deux télésièges dont un débrayable
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Enfin Saint-Gervais possède le Tramway du Mont-Blanc ou TMB qui attire beaucoup de touristes en été comme en hiver. Ce dernier permet de rejoindre le Nid-d'Aigle en été à 2372 mètres d'altitude. Il s'agit du point de départ de nombreuses courses d'alpinisme dont l'ascension du fameux Mont-Blanc. On peut aussi accéder au glacier de Bionnassay situé à 20 minutes à pied. Le départ se situe au Fayet à 520 mètres d'altitude, puis passe par Saint-Gervais, le Col de Voza, Bellevue et enfin le Mont-Lachat. En hiver il arrête sa course au niveau de Bellevue à cause du risque d'avalanches trop élevé et permet aussi de rejoindre le domaine skiable des Houches.

Quatre générations de remontées mécaniques au Mont Joux

L'aménagement du Mont Joux remonte quasiment à l'ouverture du domaine skiable de Saint-Gervais-les-Bains. En effet, c'est en 1938, un an après la mise en service du téléphérique du Bettex-Arbois, qu'est construite la première remontée mécanique : un téléski à enrouleurs deux places Constam/Bleichert et monté par les ateliers de la SAMVA avec des pylônes en bois. La gare aval était placée près de l'actuelle jonction entre la piste rouge des Valamonts et la piste verte de la Pierre. Le bâtiment est resté sur le bord droit de la piste verte jusque dans le milieu des années 1990, servant de remise à matériel de pistes, avant d'être rasé lors des travaux d'élargissement et d'enneigement artificiel. Ce téléski avait pour but de desservir tout ce secteur, alors à cette époque très peu exploité, ou encore de rejoindre le téléski de la Croix.

    Le Mont Joux encore vierge durant la première saison d'exploitation 1937-1938 du téléphérique du Bettex-Arbois
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    Vue de l'intégralité de la ligne
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    Détail sur le dernier pylône en bois, l'aire de débarquement ainsi que la gare amont motrice
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La seconde génération de remontées mécaniques du Mont Joux arrive entre 1955 et 1965 où dans un premier temps le premier téléski fut modernisé. Les pylônes en bois du premier téléski sont remplacés par de nouveaux pylônes métalliques par les ateliers de la SAMVA avec du matériel caractéristique de chez GMD Müller comme les pylônes en treillis.

    Le téléski du Mont Joux, originellement en bois, et désormais métallique
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    La nouvelle aire de débarquement avec le dernier pylône et la gare amont agrandie suite à la modification du treuil
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La fréquentation du Mont Joux augmenta au fil des décennies : autrefois réservé aux très bons skieurs, il vit sa clientèle s'élargir avec l'amélioration du niveau des skieurs et les progrès du damage. Le téléski du Mont Joux fut doublé par un second appareil à enrouleurs, mais plutôt tardivement. La date de construction peut être située entre 1968 et 1970. Le choix d'un téléski à enrouleurs se comprend pour des questions de débit (environ 1200 p/h) mais il reste très surprenant car la famille Viard avait déjà amorcé le virage des téléskis débrayables, avec le téléski des Bosses (Poma, vers 1961) et le téléski de l'Arbois (Weber, vers 1970). Compte tenu de sa date de construction tardive, le téléski à enrouleurs du Mont Joux II n'a peut être été pas été réalisé par la SAMVA mais par Weber avec du matériel Müller.

La ligne empruntait le tracé de l'actuel télésiège fixe du Mont-Joux III avec un décalage de quelques mètres sur la gauche et un départ à la hauteur du P3 de manière à ne pas empiéter hors concession sur le territoire de Megève.

En 1976, le télésiège du Mont-Joux III, installé par Weber, est venu compléter les deux téléskis déjà existants. Parallèle au téléski du Mont-Joux II, il a permis de tripler les installations existantes. Le tracé fut choisi parallèle au téléski Mont-Joux II mais le départ fut décalé en aval sur la commune de Megève, échange de bons procédés après la construction du téléski de l'Idéal arrivant sur Saint-Gervais. Le nouvel emplacement de la gare aval permettait aux skieurs venant de Megève et descendant le long du Freddy d'accéder facilement au départ, après avoir toutefois pris de l'élan pour pouvoir remonter la rive gauche du torrent séparant le téléski du Freddy et le télésiège du Mont-Joux III. Il faudra cependant attendre 1984 et la construction du télésiège débrayable quatre places du Mont-Joux pour que ce torrent soit canalisé et qu'une véritable plate-forme soit terrassée, permettant d'accéder par gravité au Mont-Joux III depuis le Freddy, dont la ligne fut légèrement raccourcie et la gare aval déplacée pour laisser le champ libre à la plate-forme.

    Tracés approximatifs des téléskis du Mont-Joux I et II ainsi que du télésiège
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    Le sommet du Mont Joux avec ses trois équipements
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Après une trentaine d'années de bons loyaux et services, les téléskis du Mont-Joux I et II ont été démontés en 1984 au profit d'un télésiège débrayable quatre places Poma de type Alpha Évolutif. Cette installation, d'un débit de 2800 personnes par heure a permis d'absorber le flux des skieurs de l'époque. C'est ainsi que naquit la troisième génération de remontées mécaniques sur ce secteur. 1990 est marqué par l'apparition du téléski de l’Évasion sur l'autre versant du Mont-Joux, et qui permet de relier convenablement Saint-Nicolas-de-Véroce au restant du domaine skiable.

    Le sommet du Mont-Joux avec le TSD4 et le TSF2 à son emplacement d'origine
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Mont-Joux : L'artère principale du domaine skiable

Le télésiège du Mont-Joux était situé sur le secteur éponyme à proximité du téléski du Freddy et du télésiège du Mont-Joux III. Construit en 1984 par Poma, celui-ci était doublé sur une plus grande longueur par le télésiège du Mont-Joux III.
Cet espace étant un passage obligé pour tous les skieurs venant de Megève ou encore depuis le Bettex, le télésiège du Mont-Joux se retrouvait ainsi comme l'axe le plus important de tout le domaine car permettant la liaison avec les secteurs du Mont-Joly et de Saint-Nicolas-de-Véroce depuis Saint-Gervais-le-Bettex ou encore depuis Megève – Mont-d'Arbois. Malgré le fait qu'il possédait un débit convenable (2800 skieurs à l'heure), ce télésiège s'avérait être l'un des appareils les plus fréquentés de France par saison.
En plus de cette fonction, il desservait un espace de ski propre sur des pistes agréables plutôt raides, ainsi qu'un secteur de hors-piste bosselé. Cet appareil attirait des skieurs de tous niveaux, que ce soit des débutants pour la liaison ou encore des skieurs confirmés pour l'offre de ski propre. Au sommet, un grand nombre d'installation étaient directement accessibles comme le télésiège de l'Épaule, de la Croix du Christ, et les téléskis de l'Évasion et du Gouet versant Saint-Nicolas-de-Véroce, ou encore les télésièges de la Croix, de l'Arbois, de l'Idéal ainsi que les téléskis des Bosses, du Col, versant Saint-Gervais – Megève. On pouvait aussi accéder par gravité depuis le sommet du télésiège à l'ensemble des remontées mécaniques du front de neige du Bettex.

Côté ski le télésiège du Mont-Joux desservait six pistes :

  • La piste rouge des Chaillettes, située à droite de l'appareil et parallèle au télésiège du Mont-Joux III.
  • La piste rouge des Valamonts, placée à gauche du télésiège et parallèle à ce dernier.
  • La piste rouge du Slalom, utilisée comme stade de slalom pour les écoles de ski, et localisée encore plus à gauche de la piste rouge des Valamonts.
  • La piste bleue Clémentine, permettant l'accès aux secteurs de Saint-Nicolas-de-Véroce et du Mont-Joly sur le versant opposé du Mont Joux.
  • La piste verte Pierre, suivant la ligne de crête du Mont-Joux et rejoignant par la suite soit le télésiège de la Croix, le téléski du Col permettant lui d'accéder au sommet du Mont-d'Arbois, ou bien de revenir en gare aval du télésiège du Mont-Joux.
  • Le Snow-Park, situé sur la partie basse du télésiège.

Voici sa situation sur le plan des pistes de l'Evasion Mont-Blanc :

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Caractéristiques

Caractéristiques Administratives

TSD-Télésiège à attache débrayable : MONT-JOUX
Maître d'Ouvrage : STMMB
Exploitant : STBMA
Constructeur : Poma
Année de construction : 1984
Année de destruction : 2014

Caractéristiques d’Exploitation

Saison d'exploitation : Hiver
Capacité : 4 personnes
Débit : 2800 p/h
Vitesse d'exploitation : 5 m/s
Temps de trajet : 3 min 29 sec

Caractéristiques Géométriques

Altitude aval : 1636 mètres
Altitude amont : 1953 mètres
Dénivelée : 317 mètres
Longueur développée : 1047 mètres
Pente maximale : 66 %
Pente moyenne : 32 %

Caractéristiques Techniques

Gare motrice : Aval
Gare tension : Aval
Gare retour : Amont
Nombre de pylônes : 11
Sens de montée : Droite
Type de G1 : Alpha Evolutif
Type d'embarquement : Sens de la ligne
Type de motorisation : Courant continu
Puissance électrique du moteur principal : 420 kW
Type de tension : Hydraulique
Type de sièges : Arceau4
Type de pinces : TB

Ligne et infrastructures du télésiège du Mont-Joux

Gare aval :

La gare aval était la station motrice – tension de l'installation. Elle était située à 1636 mètres d'altitude non loin des gares aval du téléski du Freddy et du télésiège du Mont-Joux III.
On retrouvait techniquement une infrastructure de type Alpha Evolutif développée par Poma au cours des années 1980. Celle-ci était ainsi scindée en deux parties distinctes : la partie « Alpha » de type 350 avec les pieds parallèles aux fûts qui soutenaient la structure. C'est ici qu'était également placée la machinerie équipée d'un moteur thermique en cas d'avarie sur l'appareil, mais aussi d'un moteur électrique à courant continu pour la marche normale développant une puissance mécanique de 420 kW. De même, la tension dynamique du câble y était effectuée par deux vérins hydraulique situés de part et d'autre de la face inférieure de la gare. Enfin la seconde partie représentait la partie « Evolutif », c'est-à-dire d'abord là où embarquaient et débarquaient les passagers, mais d'un point de vue technique là où on retrouvait les lanceurs et ralentisseurs.

    La gare aval vue en arrivant depuis la piste bleue de la Source
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    La gare aval vue depuis la fin du Snow-Park
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    La gare aval vue de trois quarts depuis la file d'attente
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    La gare aval vue de face
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    La poulie motrice - tension
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    L'accès à l'embarquement avec le contour
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    C'est parti !
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La ligne :

La ligne, longue de 1047 mètres, était composée de 11 pylônes dont deux étaient de type portique (le premier et le dernier). Elle débutait par une pente plutôt faible avoisinant les 30 % jusqu'au sixième pylône où elle se raidissait jusqu'au dixième pylône avec une pente maximale à 66 %. De là, la ligne faiblissait progressivement jusqu'au dernier pylône mettant le câble dans un plan horizontal pour l'entrée en gare d'arrivée.

Caractéristiques de la ligne :

  • P1 : 12C/12C
  • P2 : 4S/4S
  • P3 : 8S/8S
  • P4 : 6S/6S
  • P5 : 6S/6S
  • P6 : 12C/8C
  • P7 : 8S/8S
  • P8 : 8S/8S
  • P9 : 8S/8S
  • P10 : 8S/8S
  • P11 : 8S/8S

    P1 portique en sortie de gare
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    P2
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    P3
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    P4
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    P5
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    P6, on attaque les difficultés
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    P7
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    P8
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    P9
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    P10 avec à droite l'arrivée du télésiège du Mont-Joux III et du téléski de l’Évasion
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    P11 portique face au massif du Mont-Blanc (4808 mètres d'altitude)
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Gare amont :

La gare amont était la station retour de l'installation. Elle était située à 1953 mètres d'altitude au sommet du Mont-Joux à proximité immédiate du restaurant éponyme ainsi que du télésiège du Mont-Joux III et du téléski de l’Évasion.
On retrouvait techniquement, comme expliqué pour la gare aval, seulement la partie « Evolutif » du complexe que l'on retrouvait en station inférieure. Il y avait également en bout de gare un rail de service, faisant comme un second contour, permettant l'entretien de certains véhicules hors période d'exploitation.

    Arrivée en gare
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    La gare amont vue de face
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    La gare amont vue de profil en partant sur la piste rouge des Chaillettes et avec celle du télésiège du Mont-Joux III
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    La gare amont vue depuis le télésiège du Mont-Joux III
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Sièges et pinces

Le télésiège du Mont-Joux était équipé de sièges de type Arceau4 typique de chez Poma et pouvant accueillir jusqu'à quatre passagers. Certains se démarquaient par la présence de trois repose-pieds au contraire de deux habituellement et montraient que'ils étaient plus anciens que les autres.

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Les sièges étaient reliés au câble par des pinces de type TB dont le débrayage et l'embrayage sur le câble s'effectuaient grâce à un ressort s'actionnant en entrée et en sortie de gare au passage d'une came. À noter aussi que ces pinces pouvaient être considérées auto-dégivrantes puisque le simple fait de comprimer les ressorts suffisait à casser le givre.

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Un télésiège à bout de souffle

Le télésiège du Mont-Joux permettait donc de relier le sommet éponyme à 1954 mètres d'altitude, et de pouvoir rejoindre par la suite les secteurs de Saint-Nicolas-de-Véroce et du Mont-Joly. Il offrait également un large choix de ski propre sur des pistes de tous niveaux. Cependant, toutes ces possibilités faisaient de lui un appareil hyper fréquenté tout au long de la saison avec des longueurs de queue à n'en plus finir, démotivant totalement les clients de prendre ce télésiège. De même, celui-ci se faisait vétuste de par son bruit conséquent en gare aval dû à la station motrice, mais aussi peu confortable. Il fut ainsi décidé de le remplacer après 30 années de bons et loyaux services par un télésiège débrayable six places Leitner à la pointe de la technologie d'aujourd'hui : contour tronqué, débit de 3600 personnes par heure, vitesse de 6 mètres par seconde...

    Le télésiège du Mont-Joux, l'artère principale du domaine skiable de Saint-Gervais-les-Bains ...
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Evasion Ski & J'ib, Août 2017

Photos : Evasion Ski & J'ib
Texte, bannière et mise en page : J'ib
Date des photos : 16 décembre 2007, 24 et 27 décembre 2011 2 et 6 mars 2014



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