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 TSD6 de l'Eychauda

Le Monêtier-les-Bains (Serre Chevalier Vallée)

Poma

T3 ES
Description rapide :
Le télésiège de l'Eychauda a permis de renforcer la liaison de Monêtier vers Villeneuve. Il remplace un télésiège fixe quatre places reconditionné pour être replacé à la place du télésiège de Cibouït.

Options techniques :
  • Entraînement direct ou semi-direct
Année de construction : 2019

Remplace l'appareil suivant : Suivre la discussion sur le forum



 
Auteur de ce reportage : Clément05
Section écrite le 30/08/2020 et mise à jour le 03/09/2020
(Mise en cache le 03/09/2020)

Bonjour, je vous présente un reportage sur le…

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Au sommaire :


  • Serre Chevalier Vallée
  • Le télésiège de l’Eychauda
  • La naissance de la liaison entre Monêtier et Villeneuve
    Eychauda : le nouveau maillon fort de la liaison
    Caractéristiques
  • Ligne et infrastructures
  • La gare aval
    La ligne
    La gare amont
    Sièges et pinces
    Autres vues
    Au cœur du télésiège de l’Eychauda
  • Conclusion et remerciements


Serre Chevalier Vallée

La station de Serre Chevalier Vallée est située dans les Hautes-Alpes, à environ 3h30 de route de Marseille et de Lyon.

Implantée dans la vallée de la Guisane, affluent de la Durance prenant sa source au Col du Lautaret, Serre Chevalier Vallée se compose de 3 ensembles de villages, Chantemerle, Villeneuve et Le Monêtier-les-Bains, et d’une ville, Briançon. Le domaine s’étend sur 250 kilomètres de pistes tous niveaux. Celles-ci alternent murs en forêt, chemins avec vue imprenable sur la vallée de la Guisane et de la Durance et champs de bosses pour les skieurs les plus expérimentés.
Ces pistes sont desservies par 61 remontées mécaniques allant du tapis roulant à la nouvelle télécabine de Ratier. Le domaine compte d’ailleurs le premier DMC au monde, celui du Pontillas. Les remontées mécaniques de Serre Chevalier Vallée sont composées de 7 tapis et télécordes, de 26 téléskis, de 11 télésièges à pinces fixes, de 10 télésièges à pinces débrayables, de 5 télécabines, d’un DMC et d'un téléphérique exploité uniquement en été.

L’histoire de Serre Chevalier Vallée a commencé en 1941 avec l’inauguration du premier téléphérique, reprenant le nom du sommet qu’il atteint : le Serre Chevalier. Ensuite, le développement de la liaison avec Villeneuve et des secteurs de l’Aravet, du Prorel et des combes au-dessus de Serre Ratier s’est accéléré jusqu’à l’incendie du téléphérique en 1983. En cette année, la décision est prise d’ouvrir la liaison avec Le Monêtier-les-Bains avec l’installation de plus de 12 remontées mécaniques ! De plus, un nouveau téléphérique est construit sur le tracé de l’ancien. Celui-ci réutilise beaucoup d’éléments du premier appareil. 1983 restera l’une des dates importantes dans la création de Serre Chevalier.
En 1989, le domaine de Briançon est créé avec l’installation de 9 remontées mécaniques dont le fameux télésiège de Puy Chalvin (qui n’a pas fait une saison et qui a été revendu par la suite). Depuis 2004, la station est gérée par la Compagnie Des Alpes (CDA) qui renouvelle progressivement le parc de remontées mécaniques de Serre Chevalier, la plupart des appareils datant des années 80. Les investissements se poursuivent et la station réaménage tous les secteurs du domaine afin d’optimiser encore les liaisons.

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Le Monêtier-les-Bains, authentique village haut-alpin, depuis la piste rouge de l’Aya.

Le télésiège de l’Eychauda

La naissance de la liaison entre Monêtier et Villeneuve

La liaison entre Villeneuve et Monêtier a ouvert en 1984 avec l’installation de 3 télésièges : la Balme côté Villeneuve et l’Yret ainsi que la Cucumelle côté Monêtier. Le lien est alors créé pour agrandir la station avec l’ouverture en même temps de 8 pistes (3 noires, 2 rouges et 3 bleues) entre les cols de la Balme, de la Cucumelle, de l’Eychauda et le Rocher de l’Yret. Côté Monêtier, le télésiège de l’Yret a permis d’ouvrir un nouveau point culminant pour le domaine de Serre Chevalier, à 2830 mètres d’altitude et en bordure des Ecrins. Dans la suite, le télésiège de la Cucumelle remontait vers le col du même nom pour rejoindre Villeneuve par la longue piste de la Cucumelle. Le retour se faisait par le télésiège de Balme puis en empruntant la piste de Roche Gauthier, le télésiège de la Cucumelle et la piste de l’Eychauda. Voici une capture qui synthétise la liaison ouverte en 1984, centrée sur Monêtier :

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La piste bleue de l’Eychauda passe par un vallon sous le col éponyme qui est régulièrement venté, rendant la liaison sujette à fermetures. C’est un des problèmes rencontrés également par le télésiège de l’Yret qui, en plus d’être soumis aux avalanches, est régulièrement fermé pour cause de vent fort. De plus, celui-ci ne dessert qu’une piste noire et une rouge, ce qui ne réserve l’accès au télésiège de la Cucumelle qu’à des skieurs plus aguerris. Pour palier à ces trois problèmes, le télésiège fixe de l’Eychauda a été construit en 1998 par Poma afin de sécuriser la liaison. Il montait dans le vallon, ce qui le rendait moins soumis aux avalanches et au vent, bien que celui-ci puisse être puissant vers le col. Le nouvel appareil offrait également un accès plus aisé au télésiège de la Cucumelle et la desserte directe de la piste de l’Eychauda, qui est devenue très prisée des débutants. Le télésiège possédait une gare aval motrice et tension Alpha, classique de l’époque. La ligne comportait 12 pylônes pour 1477 mètres de long et 108 sièges. A noter que cet appareil, dimensionné pour un débit de 1800 personnes par heure maximal, est toujours resté à son débit provisoire (1200 personnes/heure). La gare amont, une poulie retour fixe, était positionnée au col de façon à donner accès au télésiège de la Cucumelle et à la piste de l’Eychauda. Voici quelques photos de ce télésiège :

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La gare aval, avec le tapis d’embarquement et le P0 intégré.

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Le début de la ligne.

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On arrive au niveau de la retenue collinaire.

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La poulie retour fixe.

Pour consulter le reportage sur cet appareil, cliquez ici : https://www.remontees-mecaniques.net/bdd/reportage-tsf4-de-l-eychauda-poma-1535.html

Le principal problème du télésiège fixe de l’Eychauda était sa lenteur. Il ne fallait pas moins de 11 minutes et 40 secondes pour parcourir la ligne (le télésiège tournait plus lentement que sa vitesse nominale à cause des nombreux débutants l’empruntant) ce qui rendait la liaison vers Villeneuve très longue. De plus, un appareil fixe est peu adapté pour la clientèle novice qui a du mal à l’embarquement et ce, malgré l’installation du tapis. Les skieurs se reportaient alors sur le télésiège de l’Yret pour la liaison et les queues à ce dernier pouvaient être très longues. En effet, il dessert, en plus de la liaison, des spots freeride très réputés ainsi que le point culminant du domaine (par beau temps, le Mont Viso est visible). Pour le soulager et mieux desservir la piste bleue de l’Eychauda, SCV Domaine Skiable a décidé de remplacer le télésiège fixe par un télésiège débrayable six places sur le même tracé au cours de l’été 2019. Le but était de fluidifier la liaison et de drastiquement raccourcir le temps de trajet vers le télésiège de la Cucumelle. L’ancien télésiège a été récupéré et reconditionné par Ingélo afin de remplacer le télésiège biplace de Cibouït.

Pour lire le suivi de chantier, cliquez ici : https://www.remontees-mecaniques.net/forums/index.php?showtopic=31335&st=0

Eychauda : le nouveau maillon fort de la liaison

Le télésiège de l’Eychauda est donc situé sur le secteur d’altitude de Monêtier.

Il part de la cuvette où se trouvent également les télésièges de l’Yret et de Cibouït. Ces trois appareils sont donc directement accessibles depuis l’arrivée du télésiège du Bachas qui monte depuis Monêtier. L’appareil débrayable est depuis 2019 la remontée principale pour effectuer la liaison vers le télésiège de la Cucumelle. Il permet de décharger le télésiège de l’Yret de ce rôle car ce dernier est déjà très fréquenté pour monter les skieurs au sommet du domaine skiable. Véritable trait d’union entre Monêtier et Villeneuve, ce télésiège fait la première partie de la liaison, la suite étant assurée par le télésiège de la Cucumelle. De là, on descend par la piste rouge du même nom et on peut accéder au front de neige de Villeneuve ou bien se diriger vers Chantemerle et Briançon par le télésiège de Côte Chevalier. Le télésiège de l’Eychauda participe ainsi à l’amélioration de la circulation entre les 4 départs ski de la vallée.

Le télésiège de l’Eychauda permet également la desserte de la piste bleue de l’Eychauda qui est très prisée des débutants au point que l’exploitant en a privatisé une partie (en-dessous de la retenue collinaire) pour que les écoles de ski soient plus en sécurité par rapport au trafic de skieurs souhaitant rejoindre les pistes intéressantes du secteur de Monêtier. La piste bleue part en réalité du col de la Cucumelle. D’abord elle est constituée d’un chemin à flanc de montagne entre les cols de la Cucumelle et de l’Eychauda. Elle se transforme ensuite en un large boulevard qui descend vers le Bachas. Après avoir donné accès à la piste du Tétras (retour aux trois télésièges) et de la Combe Râteau (accès à Monêtier sans passer par le Bachas), la piste rejoint l’arrivée du télésiège débrayable montant du front de neige.

Le télésiège de l’Eychauda est équipé de 3 options majeures : un moteur DirectDrive, le rangement des sièges dans les gares en cas de mauvais temps et la récupération d’énergie mais nous y reviendrons en détail dans la partie technique.

Situation sur le plan des pistes :

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Vue globale. Plan Atelier Pierre Novat

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Zoom sur le secteur d’altitude de Monêtier. Plan Atelier Pierre Novat

Caractéristiques

Voici les caractéristiques de l’appareil :

- Caractéristiques Administratives

TSD - Télésiège à pinces débrayables : EYCHAUDA
Maître d’œuvre : DCSA
Montage / génie civil : Comag
Exploitant : SCV Domaine Skiable
Constructeur : Poma
Année de construction : 2019
Montant de l’investissement : 5 850 k€

- Caractéristiques d’Exploitation

Saison d'exploitation : Hiver
Capacité : 6 personnes
Débit : 2400 personnes/heure (2800 personnes/heure *)
Vitesse d'exploitation : 6 m/s
Equipement d’aide à l’embarquement : Aucun

- Caractéristiques Géométriques

Altitude aval : 2129 m
Altitude amont : 2439 m
Dénivelé : 310 m
Longueur développée : 1491 m
Pente maximale : 53,8 %
Pente moyenne : 20,8 %
Temps de trajet : 4 min 8 s

- Caractéristiques Techniques

Type de gare : Multix
Emplacement tension : Aval
Type de tension : Hydraulique
Emplacement motrice : Amont
Type de motorisation : Directe
Puissance développée : 460 kW
Sens de montée : Gauche
Embarquement : Dans le sens de la ligne
Nombre de pylônes : 11
Largeur de la voie : 6,1 m
Dispositif d’accouplement : Pinces LPA-M
Nombre de sièges : 60 (70 *)
Espacement : 53,3 m (46,3 m *)

- Caractéristiques du Câble

Constructeur : Arcelor Mittal
Diamètre du câble : 46 mm
Type d’âme : Compacte
Composition : 6*26 fils
Année de pose : 2019
Revêtement : Zingué

* : chiffres à débit maximal

Ligne et infrastructures

La gare aval

La gare aval est la station tension du télésiège. Elle est située dans la cuvette où se trouvent trois des quatre télésièges d’altitude de Monêtier. La gare a donc été installée à côté des télésièges de Cibouït et de l’Yret, plus ou moins à l’emplacement du départ de l’ancienne installation. On y accède directement depuis les arrivées des télésièges du Bachas et des Lauzières, ce qui est très pratique. On retrouve ici une gare Multix à couverture en plastique noir avec un liseré bleu. Un petit rail de stockage permet de stocker le plateau de service et de monter ou démonter les véhicules.

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La gare aval en arrivant du télésiège du Bachas.

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On se rapproche. A droite le portique d’entrée avec le rail de stockage derrière.

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Vue globale sur la gare de départ depuis la fin de la piste de Cibouït, avec le télésiège du Bachas en haut à gauche.

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La même photo prise depuis la piste bleue du Tétras.

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La gare aval et le premier pylône.

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La gare Multix avec le liseré bleu prolongé par l’arceau.

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La gare de départ de trois quarts arrière.

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L’embarquement.

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Le lanceur.

La ligne

La ligne, longue de 1491 mètres, se compose de 11 pylônes tubulaires. Elle suit le tracé de l’ancien télésiège et monte vers le col de l’Eychauda (2431 m). Le début est assez pentu et longe la piste du Tétras. Entre les pylônes 4 et 5, on survole le début des lignes de Catex qui couvrent les versants nord-ouest et est des Neyzets et le secteur de Cibouït. La ligne rejoint ensuite la large piste de l’Eychauda et la montée se poursuit sur le bord de la piste, vers le col, avec un passage le long de la retenue collinaire de Monêtier. La gare amont devient alors visible, légèrement en amont du col.

Caractéristiques de la ligne :
P1 : 12C/12C
P2 : 6S/4S
P3 : 6S/4S
P4 : 8S/6S
P5 : 6S/4S
P6 : 6S/4S
P7 : 4SC/4SC
P8 : 6S/4S
P9 : 10S/6S
P10 : 8S/6S
P11 : 10S/10S

S : balancier support
C : balancier compression
SC : balancier support-compression


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La ligne depuis la gare aval avec le P1 à gauche.

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La portée vers le P2 avec la Pointe des Neyzets à droite.

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Le P2.

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Le P3 avec la piste du Tétras en bas à droite.

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La portée vers le P4.

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Le P4 avec le départ des Catex à gauche.

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Le P5.

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Dans la portée vers le P6, vue large sur la suite de la montée vers le col de l’Eychauda.

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Le P6, au milieu de la piste.

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On survole la piste bleue avec en haut à droite le croisement entres les tracés de l’Eychauda, du Tétras et du Pas de l’Âne.

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Le P7, la pente augmente.

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On longe désormais la piste.

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Le P8.

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Le col commence à se dessiner au fond.

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Le P9.

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Les barrières à droite permettent de situer la retenue collinaire.

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Le P10.

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La gare amont est visible tandis que la piste contourne le lac en dessous.

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Le P11, dernier pylône de la ligne.

La gare amont

La gare amont est la station motrice de l’installation. Le câble est mis en mouvement par un moteur DirectDrive, mais nous y reviendrons dans la section appropriée. La gare d’arrivée est située légèrement au-dessus du col de l’Eychauda de façon à desservir par gravité la piste bleue vers Monêtier mais aussi l’accès au télésiège de la Cucumelle (vers Villeneuve). En raison du vent violent qui peut souffler au col, la gare est équipée d’un anémomètre et d’une girouette sur le toit. La gare amont est identique à celle de départ en termes de design, au point près que des panneaux solaires ont été préférés aux plexiglas habituellement sur les côtés de la gare.

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La gare amont depuis la ligne.

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La zone de débarquement. A droite se trouve la cabane de conduite, largement vitrée (le local de puissance, non visible ici, est derrière).

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L’arrière de la gare avec le contour.

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De côté avec le lanceur. Les panneaux solaires sont bien visibles.

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Le lanceur avec le dernier pylône.

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Vue globale sur la gare en s’éloignant. A droite, accolé à la cabane, se trouve un local où est stocké du matériel servant au déneigement notamment (fraise, pelle, …).

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En partant vers les pistes.

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Vue plus éloignée sur la gare amont depuis la piste de l’Eychauda.

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Zoom avec la Cucumelle derrière.

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L’avant de la gare depuis la piste.

Sièges et pinces

Le télésiège de l’Eychauda est équipé de 60 sièges LPA-6OCR très confortables. Ils sont munis d’assises bicolores (noires et vertes pomme) afin d’assurer une bonne séparation des clients à l’embarquement. Afin d’éviter la chute d’enfants sous le garde-corps, ceux-ci sont pourvus de doigts de protection fournis par Partech. Les véhicules sont reliés au câble par des pinces LPA-M.

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Un siege LPA-6OCR.

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L’assise bicolore.

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Un doigt de protection fourni par Partech.

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Une pince LPA-M sur le brin descendant.

Autres vues

Avant de passer à la partie technique, voici quelques images prises depuis les pistes de l’Eychauda et du Tétras essentiellement.

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La fin de la ligne.

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On descend un peu, cette photo est prise au niveau de la retenue d’eau.

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Un regard vers l’amont avec la crête de la Cucumelle à gauche.

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La ligne monte le long de la piste de l’Eychauda, ici entre les pylônes 8 et 9.

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Un regard vers l’aval en dessous du P7.

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Et un vers l’amont.

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Depuis la piste du Tétras, vue sur les premiers pylônes.

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L’arrivée sur la gare aval.

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Vue rapprochée sur les premières portées.

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La zone de la gare aval depuis la piste rouge de Cibouït.

Au cœur du télésiège de l’Eychauda

Tension du câble

La tension du câble se fait en gare aval. La poulie retour est montée sur un lorry qui se déplace sur deux rails à l’aide de quatre petites roues. Un vérin hydraulique permet de régler la position de l’ensemble et ainsi la tension du câble. Ce vérin est contrôlé par une centrale placée à l’avant de la gare et fournie par Ethywag. Les commandes sont situées directement à proximité de la centrale.

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Commençons par deux vues générales de l’intérieur de la gare aval. Ici depuis le contour.

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Depuis l’avant.

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La poulie retour tension.

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Le lorry avec le vérin qui passe en dessous.

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Vue avant du vérin, encadré par les deux rails sur lesquels l’ensemble coulisse.

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Le vérin de tension avec la tige au premier plan.

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La centrale de tension avec le boitier de commandes à droite.

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Vue arrière. A gauche, on voit les câbles électrique venant de la commande et à droite les flexibles de circulation d’huile (vers le vérin).

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Les commandes. Le vérin peut également être géré directement depuis le pupitre dans la cabane.

Entraînement et freinage du câble

L’entraînement principal et de secours du câble se fait en gare amont, tout comme son freinage. Un moteur DirectDrive d’un poids de 12 tonnes a été installé pour entraîner directement le câble, sans passer par un réducteur. Du moteur sort donc directement un arbre lent, ce qui a l’avantage de sensiblement diminuer le bruit de l’installation et de diminuer le nombre d’organes moteur (ce qui tire vers le bas le risque de pannes liées à des transmissions ou encore à un réducteur). Cette solution permet également de diminuer la consommation énergétique de l’installation. Le moteur est divisé en quatre secteurs de bobines (chacun a son armoire de puissance), ce qui permet, en cas de panne sur un secteur, de continuer à faire fonctionner l’installation (à charge réduite). Le moyeu de la poulie motrice est accouplé à l’arbre lent par un accouplement à crabots. Un capteur permet de détecter une éventuelle casse de l’arbre lent (par la position de l’accouplement), il va alors signaler un défaut sur la commande, ce qui permet à l’opérateur de réagir en conséquence avec rapidité.
Le freinage du câble se fait par le biais de la poulie motrice. Celle-ci est équipée d’une piste sur laquelle agissent deux freins (un de service et un de sécurité). Ces freins fonctionnent classiquement grâce à un empilement de rondelles Belleville (le principe est le même que celui d’un ressort) qui se compriment grâce à un vérin simple effet (le retour de la tige du vérin se fait grâce à la relaxation des rondelles). Ces freins sont contrôlés par une unique centrale actionnée directement depuis le poste de commandes, selon l’arrêt demandé.

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Comme en aval, voici, pour commencer, une vue générale de l’intérieur de la gare motrice.

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Le moteur DirectDrive.

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Sous un autre angle, avec l’arrivée des câbles d’alimentation à droite.

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Côté alimentation. On remarque également les amorces pour les crochets de levage du moteur.

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Autre vue du moteur.

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De l’autre côté. La grille en bas permet de situer l’une des prises d’air pour le refroidissement du moteur.

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Un ventilateur.

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Caché par l’autocollant se trouve le sommet de l’axe de l’arbre lent. On voit également un petit bout du codeur permettant le contrôle de la vitesse. Sur ce moteur, un contrôle vibratoire par une entreprise indépendante permet le contrôle de l’état des roulements de l’axe moteur (ce contrôle peut se faire par des capteurs vibratoires également).

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Passons maintenant sous le lorry moteur. Ici on voit la poulie motrice en jaune avec l’accouplement par crabotage au fond, sous la poulie. On distingue les deux freins qui permettent l’arrêt de l’installation.

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Vue rapprochée sur un frein. Le flexible à droite constitue l’entrée de l’huile du vérin qui permet la compression des rondelles du frein (et ainsi, la libération de la poulie motrice).

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A l’intérieur de la barre chemine un câble qui provient du capteur de position de l’accouplement. On distingue également le deuxième frein derrière.

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Retour à l’étage. Ici la centrale de gestion des deux freins.

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Vue rapprochée de l’autre côté.

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La partie gauche permet la gestion du frein de sécurité et celle de droite contrôle le frein de service.

En cas de panne mettant hors service le DirectDrive et de coupure d’électricité, une chaîne de puissance de secours existe pour évacuer le télésiège. Un groupe électrogène permet de mettre en mouvement un alternateur ce qui va permettre de créer un courant avec une tension de 400 volts. Celui-ci alimente un motoréducteur qui vient entraîner un pignon. Ce dernier est relié à la poulie motrice (elle est munie d’une couronne dentée) au moyen d’une poignée qui vient basculer le pignon contre la couronne. Ce moteur peut fonctionner également avec le réseau électrique si celui-ci est disponible, sans mettre en marche le groupe électrogène. En ultime recourt, un boitier d’évacuation est placé sur le massif arrière de la gare. Celui-ci shunte toutes les sécurités et permet d’évacuer la ligne en cas de feu dans la cabane par exemple.

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Le groupe électrogène fourni par Cummins.

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Côté admission. En bas se trouvent les pistons qui entraînent l’arbre de l’alternateur (avec un vilebrequin) et à droite se trouve la partie permettant la génération d’électricité.

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Le radiateur du moteur.

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Le motoréducteur alimenté par l’alternateur du générateur.

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Autre vue.

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La poignée à basculer vers la droite pour accoupler le pignon du moteur de secours à la poulie motrice. On peut également voir la couronne dentée fixée sur la poulie motrice.

Cheminement et garage des véhicules

En gare aval, les véhicules sont classiquement entraînés par des pneus via le peigne de la pince. Après le passage d’une brosse de nettoyage des pinces, celles-ci sont débrayées puis ralenties. En ligne droite, la transmission entre chaque pneu se fait par des courroies. Afin d’assurer un ralentissement (respectivement une accélération) proportionnel(le) à la vitesse du câble, la vitesse de rotation des pneus est calée sur celle du câble par le biais de deux prises de mouvements situées en entrée (respectivement en sortie) de gare. On passe alors un aiguillage vers le rail de stockage du plateau de service (qui sert également à la mise en ligne ou à la dépose des véhicules) et le siège passe le contour. La transmission s’y effectue ici par des engrenages jusqu’au lanceur qui est le parfait inverse du ralentisseur. En fin de lanceur se trouve un système de tirage des pinces. Tout le cheminement est contrôlé directement en gare et non dans le chalet de commandes. La gare amont est identique à la gare aval, on note tout de même la présence du cadenceur en entrée de lanceur. Celui-ci est constitué d’un moteur et d’un différentiel qui permet d’accélérer le siège ou bien de le ralentir. Avant le cadenceur, les pneus servent à contrôler l’espacement du siège par rapport au précédent tandis que ceux après permettent une éventuelle correction de cet espacement par action du différentiel sur les pneus de correction. Si le siège est trop proche du précédent, le moteur va tourner de sorte à ralentir les pneus situés après le cadenceur (ceux qui le précèdent tournent toujours à la même vitesse d’où l’utilité du différentiel). A l’inverse, si le siège est trop éloigné du précédent, le moteur tourne de sorte à accélérer les pneus qui suivent le cadenceur.

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En entrée de la gare aval, une brosse débarrasse la pince de la neige.

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Les premiers pneus d’entrée de gare avec la came de débrayage en rouge derrière.

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Les prises de mouvements côté ralentisseur.

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Vue en enfilade sur le ralentisseur.

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L’aiguillage vers le rail de stockage.

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Le contour avec les pneus reliés par des engrenages.

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Sur cette photo les engrenages et la courbure sont mieux visibles.

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Le lanceur.

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En sortie de gare est présent le système de tirage des pinces.

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Les galets d’entrée en gare amont. Certains ont des axes à excentrique pour régler la position verticale du câble, de sorte à ce que les pinces rentrent bien en gare (il s’agit du galet de droite, dont l’excentrique est caché ici).

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Vue sur le ralentisseur.

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Les galets de déviation du câble vers la poulie motrice.

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Un galet codeur est présent sur chaque train de galets déviateurs.

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Le coffret contient un automate déporté pour le cheminement.

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Le cadenceur avec le moteur à gauche et le différentiel situé dans le bloc bleu (entre les poulies accueillant les courroies et le moteur).

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On voit bien ici la séparation entre les pneus contrôleurs (à gauche) et correcteurs (à droite).

En cas d’intempéries importantes, les sièges peuvent être garés dans les deux gares grâce à un système d’embrayage à air. Chaque pneu est relié à un compresseur central qui gère l’ensemble des pneus de la gare. Une fois que le siège est arrivé au niveau du pneu, celui-ci est débrayé de la poulie recevant les courroies de sorte que le pneu ne soit plus relié à cette poulie (des plaquettes ferodo permettent de bloquer le pneu dans sa position). Le siège n’est donc plus entraîné et devient immobile. Pour cycler la ligne, chaque pneu est embrayé au fur et à mesure que les sièges sont cyclés. Chaque gare contient la moitié des sièges lorsqu’ils sont rangés.

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Des pneus avec les flexibles permettant la circulation d’air.

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Vue rapprochée sur un pneu. De l’extérieur vers l’intérieur on a : le pneu, sa jante, le moyeu du pneu (une partie des plaquette d’embrayage est à l’intérieur) et le moyeu de l’axe du pneu (il contient l’autre partie des plaquettes d’embrayage).

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Les plaquettes ferodo de blocage du pneu, ici en position « pneu débloqué ».

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Le compresseur est situé dans le local de puissance.

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Un compresseur pour regonfler des pneus.

Commandes, puissance et récupération d’énergie

L’exploitant a fait le choix d’une commande Smartboard pour équiper le télésiège. Elle se compose d’une table sur laquelle sont directement disposés les boutons, le tout face aux clients ce qui a le gros avantage de pouvoir manœuvrer le télésiège en gardant un œil sur ce qui se passe à l’extérieur, et non le dos tourné. En gare aval se trouve une armoire directement en dessous du panneau de commandes qui contient des disjoncteurs et une partie du relayage de l’installation notamment. La majorité des capteurs et des sécurités transmettent leurs informations sur un large écran tactile permettant à l’opérateur de naviguer facilement et une caméra permet la surveillance de la gare opposée. En plus de tout ce matériel, la gare amont comporte également le local de puissance où se trouvent les quatre armoires de puissance du DirectDrive (une par secteur) ainsi que l’armoire de puissance contenant les batteries de secours, le relayage, l’arrivée électrique et les variateurs du cadenceur et du moteur de secours. A noter que la chaleur dégagée par les convertisseurs de fréquence est récupérée grâce à un échangeur thermique et à un circuit d’eau glycolée pour chauffer les locaux (chalet de commandes et local de puissance), ce qui évite l’installation d’un chauffage supplémentaire et permet des économies d’énergie.
Dans le cadre du projet ENR lancé par SCV Domaine Skiable depuis 2017, la récupération d’énergie a été choisie pour équiper le télésiège de l’Eychauda. Il ne vous a sûrement pas échappé que la gare amont comporte, sur ses faces latérales, des panneaux solaires souples qui permettent de produire de l’électricité verte et ainsi de diminuer l’empreinte carbone du domaine sur l’environnement. Le tout est relié à un onduleur permettant de convertir le courant de continu en alternatif afin qu’il puisse être utilisé. La gare produit ainsi 7 à 8 kWh par jour de beau temps et alimente surtout la partie éclairage (chalet de commandes, gare, …).

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L’intérieur du chalet en gare aval.

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Le pupitre de commandes Smartboard avec l’écran de gauche dédié au contrôle de l’appareil tandis que celui de droite est destiné à la caméra de surveillance en gare amont.

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Le coffret électrique de la cabane.

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En gare amont, le pupitre Smartboard est identique à celui de la gare de départ.

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Les boutons des commandes principales.

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L’interphone.

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A gauche le coffret permettant de mettre l’électricité au pupitre et à droite le coffret de la cabane.

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La marche incendie.

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L’intérieur du local de puissance. A droite les armoires de puissance du DirectDrive.

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L’intérieur d’une armoire avec des disjoncteurs avec le variateur au fond.

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Un disjoncteur de puissance. On remarque également en rouge les robinets qui permettent d’isoler le circuit de récupération.

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Les connecteurs et disjoncteurs.

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Un autre disjoncteur.

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L’intérieur de l’armoire principale avec le relayage. On retrouve également des disjoncteurs, des chargeurs de batteries, des transformateurs…

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Le reste du relayage.

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Le variateur du moteur de secours.

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L’arrivée électrique.

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Un des borniers de puissance.

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Un transformateur électrique.

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Passons à la récupération d’énergie : les panneaux sont tous reliés entre eux.

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L’onduleur des panneaux solaires.

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Le coffret électrique des panneaux.

Conclusion et remerciements

Le télésiège de l’Eychauda est un appareil efficace qui donne accès au télésiège de la Cucumelle rapidement et confortablement. Doté d’un débit de 2400 personnes/heure qui peut être porté à 2800 personnes/heure par ajout de 10 sièges, il n’a cependant permis de fluidifier que partiellement la liaison car la file d’attente s’est simplement déplacée au télésiège de la Cucumelle qui doit digérer les flux montés par les télésièges de l’Yret et de l’Eychauda. Les débutants n’ont pas été oubliés avec des sièges bicolores et des doigts de protection pour éviter la chute sous le garde-corps. Le temps de montée est passé de 12 à 4 minutes, soit une division par trois de la durée du trajet, est aussi une grande amélioration. En effet, le télésiège de la Cucumelle n’est plus qu’à 15 minutes du front de neige. De son sommet, les secteurs de Chantemerle et de Briançon se rejoignent très vite grâce au télésiège de Côte Chevalier directement accessible depuis l’arrivée du télésiège fixe qui suit l’Eychauda. Le volet environnemental n’a pas été oublié avec le moteur DirectDrive qui permet une diminution de la consommation énergétique, un chauffage direct des locaux par le moteur, l’installation de panneaux solaires pour diminuer la facture électricité du télésiège et enfin, la récupération de l’ancien télésiège fixe de l’Eychauda plutôt que son ferraillage pur et simple. Désormais, le télésiège de la Cucumelle et la piste de l’Eychauda se trouvent assez fréquentés et la file d’attente à l’appareil de liaison n’en a que grandi, ce qui est le seul petit problème apporté par ce nouveau télésiège débrayable.

Un grand merci au personnel de SCV Domaine Skiable pour la visite du télésiège

Texte & bannière : Clément05
Photos : Clément05 (les 2 et 6 mars 2020, les 22 et 26 juillet 2020)

A bientôt.

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