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Localisation(s)
Photo

 TSD8B Schmiedingerbahn

Kaprun - Kitzsteinhorn

Doppelmayr

T2 ES
Description rapide :
Télésiège implanté sur la roche, libérée par le recul du glacier, à la place de 2 téléskis construits en 1969 sur de la glace.

Options techniques :
  • Bulles
  • Sièges chauffants
  • Garage
  • entraînement direct ou semi-direct
Année de construction : 2016
FE Ce reportage possède 1 fond d'écran
PDF Ce reportage possède 1 document PDF

Appareil recommandé par l'équipe : Remplace l'appareil suivant :

 

Vidéos de l'appareil










Auteur de ce reportage : monchu
Section écrite le 25/09/2017 et mise à jour le 26/09/2017
(Mise en cache le 26/09/2017)

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Il y a plus d’un demi-siècle, le domaine skiable du Kitzsteinhorn installait le premier téléski sur glacier au monde, ouvrant la voie à plusieurs décennies de ski d'été. En 2016 cependant, le recul du glacier est devenu si important qu’un télésiège a pu être implanté sur la roche, là où les premiers téléskis sur glace étaient construits 50 ans plus tôt. Un bel appareil, mais qui ne doit pas faire oublier la triste réalité du recul incessant des glaciers.


Sommaire :

1. Au pied du Kitzsteinhorn
2. Un demi-siècle de ski sur glacier
3. Caractéristiques techniques
4. G1
5. Ligne
6. G2
7. Véhicules
8. A proximité de la ligne





1. Au pied du Kitzsteinhorn


Kaprun

Dans le Pays de Salzbourg, le village de Kaprun occupe une position privilégiée au pied de la chaîne de haute montagne des Hohe Tauern (Hautes Tauern), non loin du point culminant de l’Autriche, le Grossglockner.

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Kaprun, au pied de la chaîne des Hohe Tauern.


Ce village a connu la prospérité après-guerre, grâce aux aménagements hydro-électriques des Tauernkraftwerke. Plusieurs lacs de barrage ont été construits le long de la vallée de la Kapruner Ache. Situés dans un décor grandiose au pied de la chaîne des Hautes Tauern, ils constituent depuis près de 50 ans un pôle d’attraction touristique majeur. La manne financière apportée par l’industrie hydro-électrique a également permis au village de se développer en station de ski, d’abord sur les pentes modérées du massif du Maiskogel dominant le village, puis en haute montagne sur le glacier du Kitzsteinhorn.

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Kaprun et le Kitzsteinhorn.


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Lacs des Tauernkraftwerke.



Le glacier du Kitzsteinhorn

Sur le flanc ouest du sommet pyramidal du Kitzsteinhorn, s'étendent les glaciers de Schmieding et de Maurer, les seuls équipés pour la pratique du ski dans le Pays de Salzbourg. Une dizaine de remontées permettent de skier d’octobre à juillet, entre 1976 et 3029 mètres d’altitude.

On ne peut évoquer ce domaine sans se remémorer la catastrophe du 11 novembre 2000, lorsque l’incendie d’une cabine du funiculaire souterrain menant au glacier fit 155 victimes, marquant durablement toute la région.

Une présentation des remontées de la station est disponible à cette adresse :

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Le Kitzsteinhorn et le glacier de Schmieding
^^^ Cliquez sur l'image pour accéder à la présentation de la station. ^^^



Le télésiège Schmiedingerbahn

Le télésiège Schmiedingerbahn est situé dans la partie la plus à l’est du domaine skiable, légèrement isolé. Il dessert principalement une piste rouge dont il existe deux variantes (3a et 3b) ainsi qu’une piste bleue (7).

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Le télésiège est situé dans la partie haute du domaine, mais en dessous du glacier.


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Il dessert principalement la bleue 7 et les rouges 3.



2. Un demi-siècle de ski sur glacier


L'équipement du glacier et le premier téléski Schmiedingerlift

Le domaine skiable glaciaire de Kaprun, distinct de celui du village, s’est développé dans les années 1960 sous l’impulsion de Wilhelm Fazokas, maire de la station, ingénieur et responsable des aménagements hydroélectriques des Tauern (Tauernkraftwerke), un ensemble de barrages et de centrales qui ont fait la fortune de la commune. Kaprun lui doit la création de son domaine skiable d’altitude sur les pentes et le glacier du Kitzsteinhorn, s’étendant jusqu'à 3029 m.

Le domaine skiable fut inauguré partiellement le 12 décembre 1965, avec deux tronçons de téléphérique jusqu’à la Krefelder Hütte, l’actuel front de neige d’altitude ou « Alpincenter ». L'année suivante, le 26 novembre 1966, la station mit en service un troisième tronçon jusqu'au flanc du Kitzsteinhorn, à 3029 m d’altitude. Cet appareil entra pour 50 ans dans l'histoire des remontées mécaniques : avant de survoler le glacier, la cabine franchissait un pylône de 106,9 m de haut, surélevé à 113,6 m en 1988, qui restera le plus haut du monde pendant un demi-siècle, avant d’être détrôné en 2016 par le téléphérique vietnamien de la baie d’Halong et son pylône de 188,88 mètres de hauteur.

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Première installation du domaine, le téléphérique du Kitzsteinhorn et son pylône spectaculaire.


La fréquentation fut au rendez-vous dès la première saison, et Wilhelm Fazokas fut confronté au problème du débit limité de ses téléphériques : les deux premiers tronçons, qui servaient principalement d’ascenseur, débitaient chacun 350 personnes/heure, alors que le tronçon supérieur, qui permettait du ski propre sur les plus belles pistes du domaine, était limité à 320 personnes/h. C’était insuffisant pour permettre aux 300 à 1000 skieurs quotidiens de profiter vraiment de leur journée de ski. Il n’y avait qu’une seule solution : construire de nouvelles remontées en altitude.

Mais un problème de taille se posait : au-delà de 2500 mètres d’altitude, le domaine était majoritairement recouvert par les larges glaciers de Maurer et de Schmieding. A l’époque, l’implantation d’un téléski sur un glacier en mouvement était jugée impossible. Certes, il existait bien un téléski prototype construit en 1957 sur le glacier du Stelvio en Italie. Destiné au ski d’été uniquement, le petit appareil de 600 mètres de long disposait de pylônes en forme de A qui étaient haubannés dans la glace. Cependant il était laissé inexploité et recouvert par la neige chaque hiver. Mais à Kaprun, il s’agissait de créer un téléski exploité quasiment toute l’année, sur de la glace en mouvement.

Doppelmayr avait déjà réussi à construire un téléski partiellement sur glacier à Zermatt en 1964. Exploité aussi l’hiver, l’appareil était constitué de 2 gares implantées sur de la roche stable et de quelques pylônes sur glace. Wilhelm Fazokas s’est donc tourné naturellement vers Doppelmayr pour la conception d’un téléski implanté intégralement sur glacier. Cet appareil d’un nouveau type était marqué par 3 caractéristiques :

- Les pylônes de type portique avaient une hauteur inhabituelle, pouvant aller jusqu’à 14 mètres, afin de permettre une exploitation toute l'année, avec une hauteur de neige variable, pouvant atteindre 5 mètres.

- Les poutres horizontales des portiques étaient reliées à des câbles de maintien, ancrés après les gares, permettant de maintenir chaque portique perpendiculaire au sol et de l’accompagner vers l’aval lors de du déplacement du glacier. La liaison entre les pylônes et le câble était déplaçable : ainsi lorsqu'un portique se mettait de travers sous l’effet du déplacement du glacier vers le bas ou sur le coté, il suffisait de le lever et de le replacer droit sur son support articulé.

- Enfin pour limiter les opérations de repositionnement, le téléski était implanté dans une pente où les déplacements du glacier étaient limités à 3,5 mètres par an vers l’aval et à 3 mètres par an sur les côtés.

Peu de temps après l’ouverture du troisième tronçon du téléphérique, l’exploitant passa commande à Doppelmayr d’un premier exemplaire de ce téléski, le 15 décembre 1966, destiné à équiper le glacier de Maurer. Il entra en service le 12 août 1967 et assurait à cette époque un débit de 800 personnes/h. Ce fut le tout premier téléski au monde installé intégralement sur glacier.

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Premier téléski glaciaire, le Maurerlift.


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Doppelmayr développa des portiques articulés au niveau de chaque base, et soutenus par des câbles à chaque angle.


L’année suivante, un second téléski fut construit sur la partie centrale du glacier de Schmieding, sur une longueur plus importante, entre 2500 et 2969 mètres d'altitude. Sa construction fut rendue difficile par les conditions d’acheminement du matériel, qu’il fallait transborder manuellement depuis une dameuse, y compris pour les pièces lourdes, comme le réducteur, les trois tonnes de câble ou encore tous les éléments métalliques constituant les portiques.

Le téléski Schmiedingerlift, à enrouleurs 2 places, fut mis en service le 23 septembre 1969. Il assurait un débit de 800 personnes/h. Dès l’origine, il était prévu de le doubler par rajout d’un second téléski sur la gauche, avec les mêmes portiques dont la largeur avait été prévue en conséquence. Avec le téléski de Maurer mis en service un an plus tôt, il a permis de porter le débit total du domaine de 320 à 1920 personnes/h, ce qui contribua à augmenter la fréquentation de 109 000 skieurs en 1966/67 à 221 000 en 1969/70.

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Au centre du glacier, le téléski de Schmieding, en rouge.


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Tracé du premier TKE2 Schmiedingerlift, du bas du glacier jusqu'au sommet de la calotte, bien à droite du rocher triangulaire Magnetköpfl, à gauche, sous lequel est tracée la ligne actuelle.


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La ligne est prévue pour être doublée ultérieurement.


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L'arrivée est au sommet de la calotte glaciaire, à la hauteur de la gare amont du téléphérique, à l'arrière-plan.


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Arrivée de l'appareil en été.


Dans les premières années, l’exploitation des téléskis s’effectuait dans des conditions difficiles. Le déplacement régulier des portiques nécessitait d’abord de dégager à la pelle et à la pioche les supports, qui étaient parfois enfouis jusqu’à 4 mètres sous la neige, puis de soulever les portiques avec un cric crémaillère, et enfin de repositionner le portique dans le bon axe et la bonne inclinaison à l’aide de plusieurs tirefort. Cette opération s’effectuait parfois dans des conditions météo éprouvantes, dans la neige et le vent, avec des températures qui pouvaient atteindre -20˚ C. En 1969, il fallait deux semaines à une équipe de 18 hommes pour déplacer les 10 pylônes du téléski Schmiedingerlift. Dans les années 90, il ne faudra plus que 3 à 4 jours à une équipe de 6 hommes pour effectuer le même travail, grâce aux pelles mécaniques et aux dameuses.

Malgré toute l’énergie déployée par le personnel, la technique du téléski sur glacier était encore récente et difficile à maîtriser. Ainsi l’ancrage d’un câble de soutien rompit à l’été 1973 et mit la ligne à terre. L’exploitation fut interrompue pendant plusieurs mois le temps de reconstruire la ligne. L’exploitant en profita pour doubler le téléski en construisant une ligne parallèle sur les mêmes portiques.

Les deux téléskis Schmiedingerlifte I et II entrèrent en service le 29 mars 1974.

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Rupture d'ancrage en 1973.


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Travaux de reconstruction de la ligne en 1973/74.


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Au même endroit, quelques années plus tard, les deux lignes sont en service.


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Les nouveaux téléskis doubles prennent le même tracé jusqu'au sommet du glacier.


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Ligne doublée.



La fin de l’âge d’or et le déplacement des téléskis

Depuis le XIXème siècle, le glacier de Schmieding a perdu plus de la moitié de sa surface. De plus, dans la partie haute, son épaisseur à fondu de près de moitié, passant de 150 mètres à 70 mètres de nos jours. Par ailleurs, les températures moyennes hivernales sur le domaine skiable se sont accrues de 3˚ C en moyenne depuis 1980.

L’exploitation estivale du domaine skiable s'est donc trouvée de plus en plus compromise au fil des années. En août 1970 apparut la première alerte : lors d’un été exceptionnellement chaud, le manteau neigeux a fondu sur le bas du glacier, découvrant complètement la glace vive. L’exploitation du TKE2 Schmiedingerlift et du TKE2 Maurerlift a été interrompue au moins d’août. Deux téléskis démontables ont été installés en urgence sur le haut du glacier pour poursuivre le ski d’été. À l’époque, cet incident climatique avait été jugé extrêmement rare.

La deuxième alerte est arrivée à l’été 1986. Le glacier de Schmieding a perdu près de 2 mètres d’épaisseur au cours de cet été. L’exploitation de tous les téléskis du glacier a été complètement arrêtée entre le 16 juillet et le 19 août. C’était la première fois depuis la création du domaine qu’il n’était plus possible de skier « 365 jours par an » au Kitzsteinhorn. L’exploitant décida d’équiper tous ses téléskis d'embarquements intermédiaires, afin de poursuivre l'exploitation sur les parties hautes en cas de nouvelles conditions défavorables.

L’exploitation pour le ski d'été fut de nouveau arrêtée en 1992, et encore en 1994 au cours d’un été particulièrement chaud qui fit perdre 4 mètres d’épaisseur au glacier. C'était la troisième fois que l’exploitation estivale était arrêtée, et cette fois-ci pour une période longue, de début août à début octobre. Le quatrième arrêt d’exploitation eut lieu en 2003, lors de la grande canicule qui mit un terme définitif au concept de ski « 365 jours par an ». Depuis cette date, l’exploitation du domaine skiable est arrêtée chaque année entre juillet et octobre.

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Dans les années 90 en été, la glace vive apparaît déjà sur la moitié du glacier.


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Au milieu des années 2000, en plein été, le glacier n'est plus que de la glace vive jusqu'au dernier pylône des téléskis Schmiedingerlifte.


Le recul du glacier a poussé l'exploitant à modifier le tracé des téléskis Schmiedingerlifte en 1995. La partie basse du tracé traversait une zone de rochers découverte par la disparition de la langue glaciaire. L’emplacement de la gare aval fut conservée. Les téléskis furent repositionnés sur un nouvel axe en direction du rocher triangulaire Magnetköpfl, où fut ancrée la gare amont. Le bas de la ligne restait tracé sur les rochers mais un embarquement intermédiaire fut aménagé au niveau du deuxième pylône. Les nouveaux téléskis entrèrent en service le 1er décembre 1995.

Le recul du glacier ainsi que les hivers sans neige ont aussi poussé l’exploitant à investir dans l’aménagement artificiel, déployé à partir de 1995 sur la partie basse du domaine puis à partir de 1999 sur le glacier. Aujourd’hui la neige artificielle représente 15% des coûts d’exploitation du domaine.

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Sur cette vue aérienne des années 90, avant déplacement des téléskis, le bas de ligne ne repose déjà plus sur le glacier. En été, la neige est fortement travaillée pour permettre de descendre jusqu'à l'embarquement intermédiaire matérialisé pour la longue piste en travers.


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Nouveau tracé des téléskis en contrebas du rocher triangulaire Magnetköpfl.


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Les balanciers du P2 sur le brin montant sont réglables en hauteur pour permettre un embarquement intermédiaire au printemps et en été, en limite de glacier.


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^^^ Cliquez sur l'image pour accéder au reportage des TKE2 Schmiedingerlifte ^^^



La recul du glacier et l’arrêt d'exploitation

Malgré tous les efforts, l’exploitation des téléskis sur le nouveau tracé a été compromise par la fonte du glacier, qui s’est poursuivie, notamment de 2012 à 2015, à raison d’une perte d’épaisseur de plus d’un mètre par an.

L’exploitation des téléskis Schmiedingerlifte, les plus bas sur le domaine glaciaire, nécessitait chaque année d’énormes quantité de neige, et des heures de travail de damage pour consolider les pylônes et maintenir en état les pistes de montée. Leur exploitation a finalement été arrêtée en 2015.

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Le glacier a beaucoup perdu en épaisseur. Son retrait fait fondre le permafrost sur lequel est construite la station supérieure du téléphérique. La paroi est désormais munie de tirants d'ancrage avec contrôle de force pour surveiller les mouvements.


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En été, au sommet du glacier, certains pylônes reposent désormais sur la roche. Des réserves de neige mises en dépôt sous des couvertures thermiques doivent permettre de consolider les pylônes, mais elles ne permettent pas toujours de tenir jusqu'à l'automne.


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La consolidation des pylônes nécessite d'importantes opérations de damage.


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Le haut de la ligne des téléskis Schmiedingerlifte reposait uniquement sur de la glace vive.


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Sommet de la ligne au milieu des années 2000.


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A l'hiver 2014/15, alors que la télécabine Gletscherjet IV est en construction, dernière saison d'exploitation pour les téléskis.


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En 2015/16, les téléskis n'ont pas été exploités.


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Le recul du glacier a fait apparaître de la roche jusque vers 2700 m d'altitude, là où le télésiège sera construit.



Le projet de remplacement

En 2015, la construction du combi Gletscherjet III et de la télécabine Gletscherjet IV a été l’occasion de restructurer complètement la partie centrale du glacier. Plusieurs téléskis ont été supprimés ou déplacés, et des pistes retracées. La décision de poursuivre les investissements en remplaçant les téléskis abandonnés Schmiedingerlifte s’inscrit dans cette même logique de restructuration, mais la décision de construire un nouvel appareil a été prise tardivement, en mars 2016.

Le projet prévoyait le remplacement des téléskis par un télésiège débrayable à bulles, sur le même tracé, c’est-à-dire sur les rochers libérés par le recul du glacier. La ligne a cependant été raccourcie d’une centaine de mètres en amont, où il subsiste encore un petit bout de glacier. Ce n’est pas la première fois qu’un téléporté est construit en Autriche sur de la roche libérée par un ancien glacier. La station de Hintertux avait déjà fait de même en 2011.

Le remplacement devait permettre de réduire l’emprise au sol de 6731 m² à 5500m², le nouveau tracé étant moins large que l’ancienne ligne des téléskis doubles.

Le projet été confié au cabinet de maîtrise d’œuvre Melzer & Hopfner, et l’appareil fourni par Doppelmayr. Pour augmenter la fréquentation de l’appareil, une nouvelle piste bleue destinée aux familles a été créée.

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Schéma du nouveau projet, légèrement optimiste pour la position de la gare supérieure, qui sera placée bien plus en aval qu'indiqué.


Le chantier

Le chantier a été mis en contrainte par des délais très courts. D’une part, la décision de remplacement et la solution définitive ont été actées très tardivement en mars 2016. D’autre part les conditions météo changeantes en haute altitude ne laissaient qu’une fenêtre d’intervention très courte à l’été 2016 pour les travaux. A partir de la décision d’investissement en mars, il a fallu 4 mois pour que le maître d’œuvre Melzer & Hopfner boucle l’étude et obtienne les autorisations de construction. Le chantier n’a donc pu démarrer qu’en juillet 2016.

Une piste a dû être créée pour permettre aux engins de chantier d’accéder au pied de l’appareil. Les travaux ont été compliqués par des conditions météo difficiles au cours de l’été, et par l’éloignement du site qui imposait aux chauffeurs de poids lourds un trajet de deux heures aller simple pour accéder au chantier depuis la vallée. Cependant le génie civil a pu être réalisé en 2 mois seulement, par l'entreprise EmplBau qui avait déjà réalisé la télécabine d’Ellmau. Le lot génie civil comprenait bien sûr la construction des bétons des gares et des massifs de ligne, mais aussi toute une phase préalable au cours de laquelle du béton a été injecté massivement tout au long du tracé dans le permafrost pour le stabiliser, et pour limiter la pénétration des eaux. Par ailleurs, les terrassiers ont réalisé un mur paravalanche de 100 mètres de long, 2 mètres de haut, et 1000 mètres carrés de surface, à la cote 2600, pour protéger la gare inférieure.

À partir de septembre 2016 le montage de l’appareil a été réalisé par la société ProAlpin, une entreprise spécialisée d’habitude dans le démontage et la revente d’appareils d’occasion, mais qui assure aussi de temps en temps le montage de remontées neuves.

Enfin pour permettre l’ouverture précoce de l’appareil à l’automne, l’exploitant a déployé en limite de glacier un réseau d’enneigeurs Sufag, posé par l’entreprise locale HTB à l’aide de pelles araignées. L’enneigement artificiel a ainsi été étendu sur 2 hectares, et l’usine à neige a reçu deux nouvelles pompes permettant d’augmenter sa capacité.

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Génie civil en amont et téléphérique de chantier en septembre 2016.


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Montage du pylône de la gare aval.


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Mise en place de cales de réglage sur le pylône de la gare aval.


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Début du montage de la gare.


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Assemblage des poutres.


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Levage à la grue.


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Assemblage de la poulie motrice.


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Montage de la gare avec l'aiguillage vers la zone de maintenance des pinces.


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Levage du P1A.


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Début de ligne.


Le télésiège a été mis en service le 25 novembre 2016. Le chantier s'est déroulé dans un délai extrêmement court de 5 mois.

La nouvelle Schmiedingerbahn représente un investissement total de 9,5 millions d’euros, réparti entre 7 millions d'euros pour l’appareil et 2,5 millions d’euros pour l’enneigement artificiel.




3. Caractéristiques techniques


    Caractéristiques administratives

    Télésiège débrayable à bulles et sièges chauffants : TSD8B Schmiedingerbahn
    Exploitant : Gletscherbahn Kaprun AG
    Constructeur : Doppelmayr
    Année de construction : 2016

    Caractéristiques d’exploitation

    Saison d'exploitation : hiver
    Capacité : 8 personnes
    Débit maximal : 2 900 personnes/heure
    Vitesse d'exploitation maximale : 5 m/s

    Caractéristiques géométriques

    Altitude aval : 2 534 m
    Altitude amont : 2 775 m
    Dénivelée : 241 m
    Longueur développée : 721 m
    Longueur horizontale : 678 m
    Pente moyenne : 35,47 %
    Temps de trajet minimum : 2 min 49 s

    Caractéristiques techniques

    Emplacement tension : aval
    Type de tension : hydraulique
    Nombre de vérins : 2
    Emplacement motrice : aval
    Type de motorisation : moteur synchrone DSD
    Puissance nominale : 362 kW
    Puissance au démarrage : 443 kW
    Sens de montée : gauche
    Nombre de pylônes : 8
    Largeur de voie : 7,30 m
    Dispositif d’accouplement : pince DT 108
    Nombre de véhicules : 34 + 1
    Cadencement : 9,93 s
    Espacement entre véhicules : 49,66 m






4. Station inférieure (G1)


Situation

La gare aval est implantée de la roche stable, à la limite occupée par le glacier en 1969. Elle est située à quelque dizaines de mètres du pylône géant du 3ème tronçon du téléphérique. Relativement excentrée sur le domaine skiable, elle n’est accessible par gravité qu’en empruntant les appareils qui desservent le haut du glacier : téléphérique Gipfelbahn ou télécabine Gletscherjet IV.

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La gare aval est située sur l'ancienne moraine, à proximité du pylône géant du 3ème tronçon.



Bâtiment

La gare se présente sous la forme d’un bâtiment en bardage métallique réalisé par l’entreprise locale Grabner. Elle abrite une station UNI-G sans couverture propre. La ligne étant courte, le garage des sièges est prévu dans les voies de l’installation, ce qui permet de limiter l’emprise au sol.

L’entrainement est constitué d’un ensemble moto-réducteur de type DSD ou Doppelmayr Sector Drive, qui associe un moteur à aimantation permanente et un petit réducteur disposés dans l’axe de la poulie motrice. Le moteur développe une puissance de 362 kW en exploitation, montant à 443 kW au démarrage. Il est constitué de 8 segments bénéficiant chacun d’une alimentation séparée par un convertisseur de fréquence, l’ensemble créant un champ tournant qui entraîne l’axe rapide à la vitesse de rotation désirée. Au-dessus du moteur, un large volant d’inertie est équipé d’un unique frein de service. En dessous du bloc moteur, un réducteur planétaire à 2 étages permet de transformer la vitesse de rotation du moteur de 630 tours/min environ en une vitesse de 22 tours/min sur la poulie, pour un fonctionnement à 5 m/s. Un frein de sécurité vient agir sur cette poulie motrice.

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La gare est entièrement couverte car elle est dépourvue de garage séparé.


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Des portes en bardage métallique permettent d'isoler complètement la gare.


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Embarquement latéral.


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Le public accède directement à la zone d'embarquement, sans portiques de contrôle des forfaits. A gauche, derrière les portes métalliques, le rail en cul-de-sac sert de rangement pour le véhicule de service et de zone de révision des pinces.


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Double vérin de tension.


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Local opérateur et zone d'embarquement.


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Poulie motrice et DT câble.


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Poulie motrice et couronne dentée pour la marche de secours.


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Chaque soir, les poutres à pneus sont relevées, et les sièges sont stockés dans les voies de l'installation.





5. Ligne


Généralités

La ligne reprend presque le tracé de l’ancien appareil. Elle est placée entre 10 et 30 mètres légèrement plus à l’ouest.

La largeur de voie est de 7,30 mètres. De manière classique pour l’Autriche, le multipaire est enterré et les pylônes disposent de haut-parleurs en cas d’évacuation pour diffuser les consignes du personnel.

Le câble de diamètre 48 mm, à torons compactés (6x36), a été fourni par Fatzer.

Détail de l’équipement des pylônes :
P1A : 14C/14C
P1B : 14C//14C
P2 : 8S/8S
P3 : 8S/6S
P4 : 8SC/4SC
P5 : 10S/8S
P6A : 10S/10S
P6B : 10S/10S


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Vue d'ensemble de la ligne avec la télécabine Gletscherjet IV.


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À l'arrière-plan, arrivée du téléphérique.


En ligne

La ligne extrêmement courte est implantée intégralement sur les roches libérées par le recul du glacier.

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Double pylône compression en sortie de gare.


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Le P2 est situé juste après.


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P3.


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Les rochers affleurent sur ce qui était encore un glacier il y a quelques années.


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P4 déplaçable. À l’arrière on distingue les enneigeurs qui ont fait leur apparition en même temps que le télésiège.


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P5.


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Le Magnetköpfl et les massifs en béton de l'ancienne gare amont des téléskis.


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P6A et P6B.





6. Station supérieure (G2)



Situation

La gare supérieure est implantée à la limite du glacier, en pleine pente, environ une centaine de mètres en dessous de l’arrivée des anciens téléskis. Il n’était pas possible d’implanter la gare plus haut en raison de la glace.

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Station supérieure en limite de la zone glaciaire.


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Implantation en pleine pente.



Equipements

La station retour fixe bénéficie d’une couverture de type Vision. Le débarquement, qui se fait dans le contour, est protégé du vent grâce à une paroi vitrée située côté ralentisseur.

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Couverture Vision.


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Zone de débarquement avec les afficheurs à diode rouges et vertes, qui signalent le moment où l'utilisateur peut relever le garde-corps et la bulle.


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Débarquement dans le contour, et détecteur optique de non-débarquement


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Lanceur.




7. Véhicules



L’appareil dispose de 34 sièges 8 places, munis d’assises chauffantes, de bulles de protection grises, et du système anti-sous-marinage FMV avec des repose-pieds passant entre les jambes.

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Vue d'ensemble des sièges.


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Vue d'ensemble d'un siège, avec de haut en bas, la pince DT 108, l'alimentation des assises chauffantes sur l'axe du galet de stabilisation, le galet et le flexible de manœuvre de la bulle (côté extérieur), et le coffret de chauffage des sièges sous l'assise, à gauche.


Doppelmayr a modifié en 2014 les suspentes de télésièges 8 places, avec un modèle dérivé des télécabines. La liaison avec le siège s'effectue au moyen de deux ressorts, au lieu des tampons en caoutchouc utilisés jusque là. Les clients ressentent une réelle amélioration de confort au passage des pylônes, notamment les compressions. De plus, l'extrémité de la suspente et le centre de la pièce de liaison au siège sont reliées par un amortisseur censé atténuer les oscillations latérales en entrée et en sortie de gare.

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Les principales nouveautés sont les deux ressorts de part et d'autre de la pièce de liaison, et l'amortisseur au centre, derrière le numéro du siège.


Contrairement à la tendance récente, cet appareil est équipé de pinces à barres de torsion DT-108 dont la force de serrage est encore suffisante pour être mise en œuvre sur cette installation.

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Détail d'une pince DT 108 avec les carters contenant les barres de torsion, les capteurs d'alimentation pour le chauffage de l'assise, et le levier de manœuvre de la bulle.


Les sièges 8E98 sont équipés d’une assise avec des places délimitées par des rebords en plastique, qui facilitent le placement des clients. Les garde-corps sont munis de repose-skis individuels passant entre les jambes, système FMV, afin d'éviter le sous-marinage des enfants.

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Assise avec délimitation des places et repose-skis individuels.






8. A proximité de l’appareil


Voici quelques vues du télésiège et de son environnement. Grâce à sa position élevée dans le domaine skiable, l’appareil et les pistes offrent de superbes vues sur toute la région du Pinzgau.

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Au fond, la limite avec la Bavière : le sommet du Watzmann, le plateau karstique de la Mer de Pierre (Steinernes Meer) et le Hochkönig. Dans la vallée, Zell am See et son lac gelé, et Kaprun.


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L’arête nord du Kitzsteinhorn.



Cap sur le Maiskogel…



Depuis 2015, l’exploitant a lourdement investi sur le glacier. Il a concentré ses investissements en remontées mécaniques et neige de culture sur le haut du domaine, là où les conditions météo permettent d’étendre la saison au maximum, de mi-octobre à mi-juillet, sans toutefois retrouver une exploitation 365 jours par an comme par le passé. Ainsi depuis trois ans il a fait construire le combi Gletscherjet III, la télécabine Gletscherjet IV et le télésiège Schmiedingerbahn.

Désormais, pour renforcer l’attractivité de son domaine skiable, l’exploitant mise sur une liaison depuis le cœur du village. Un projet ambitieux prévoit la création d’une télécabine 10 places de Kaprun au Maiskogel, sommet du domaine familial tracé sur les pentes de moyenne montagne au-dessus du village, puis une liaison par 3S à double sens jusqu’au domaine glaciaire. Le calendrier n’est pas connu avec précision, mais la première des nombreuses étapes administratives a été franchie en septembre 2017, avec la fusion des deux sociétés d’exploitation du Kitzsteinhorn et du Maiskogel.




Image
Devant le Wilder Kaiser.




Informations pratiques

Exploitant :
Gletscherbahnen Kaprun AG
Wilhelm Fazokas Straße 2d
5710 Kaprun
Site : http://www.kitzsteinhorn.at

Webcam :
Partie haute de la ligne : http://www.feratel.com

Ouverture :
Saison d’hiver de mi-octobre à mi-mai

Tarification :
Forfait journalier : 51 euros (2017)



Remerciements

Les photos de cette installation ont été prises par Autriche
Remerciements appuyés aux membres du personnel pour l’accueil chaleureux.
Remerciements particuliers aux Gletscherbahnen Kaprun, ProAlpin et EmplBau pour les photos de l’appareil et du chantier.





Appareils en relation :