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 TSF2 Pleisen

Axamer Lizum

Doppelmayr

T2 ES
Description rapide :
Télésiège avec une motrice fixe enterrée en aval et un imposant lorry de tension par contrepoids en amont.

Options techniques :
  • Motrice enterrée
Année de construction : 1987




 
Auteur de cette partie : monchu
Section écrite le 21/11/2023 et mise à jour le 03/12/2023
(Mise en cache le 03/12/2023)

 

 

 

Le télésiège Pleisen conduit à un sommet légèrement à l'écart du cœur du domaine skiable d'Axamer Lizum, qui offre aux clients une vue panoramique sur la vallée de l'Inn. En plus d'une piste rouge, l'appareil donne accès à de nombreuses possibilités de hors-piste, notamment sur l'ancienne piste de 7 km retournant au village d'Axams. 

Techniquement, le télésiège dispose d'une configuration particulière, avec une station motrice aval enterrée et une station retour tension amont avec un contrepoids imposant.

 

Sommaire :

  1.  Axamer Lizum, du Hoadl au Pleisen
  2. Du téléski au télésiège
  3. Caractéristiques techniques
  4. La gare aval
  5. La ligne
  6. La gare amont
  7. Les sièges
  8. Vues supplémentaires

 

 

1. Axamer Lizum, du Hoadl au Pleisen

 

Axamer Lizum

À une trentaine de kilomètres au sud-ouest d'Innsbruck, Axamer Lizum est un des rares exemples de stations artificielles construites en Autriche. Elle a été créée à l'occasion des Jeux Olympiques de 1964, pour lesquels le site vierge des alpages (Lizum en dialecte) au-dessus du village d’Axams a été équipé pour accueillir la plupart des épreuves alpines. Cette station nouvelle dispose d'un nombre limité d'hébergements, issus de la transformation du village olympique. La plupart des clients y montent à la journée ou séjournent dans le village d’Axams, relié par un service de navettes fréquentes ainsi que par un itinéraire à skis balisé mais non surveillé. 

La station propose aujourd'hui un ensemble de 8 remontées mécaniques, avec une télécabine en 2 tronçons, 1 funiculaire, 3 télésièges à pinces fixes et 3 téléskis. Les pistes sont réparties sur 2 versants : 

  • A l'est, le versant du Birgitzköpfl propose une piste technique et une longue descente vers la station voisine de Götzens, reliée uniquement par un service de navettes pour le retour.
  • A l'ouest, le sommet du Hoadl desservi par un funiculaire et une télécabine en deux tronçons culmine à 2340 m. Sur ses pentes sont tracées la majorité des pistes de la station, à une altitude élevée au-dessus des sapins. Ce versant a accueilli les descentes dames et les géants dames des Jeux Olympiques de 1964 et 1976, ainsi que le géant hommes de 1976.

Le funiculaire Olympiabahn au sommet du domaine.

 

Le Pleisen

A 2236 m d'altitude, le Pleisen est le deuxième plus au sommet du domaine skiable. Il est accessible par un télésiège biplace à pinces fixes, qui dessert :

  • la piste rouge n°7 "Pleisen Abfahrt" de 1750 m de longueur,
  • l'itinéraire n°17 "Pleisen Steilhang" sous les pylônes de la partie basse du tracé,
  • l'ancienne piste de retour au village "Axamer Abfahrt", devenue l'itinéraire n°19, qui ramène à Axams après une descente de près de 1300 m de dénivelé et 7,5 km de longueur.

Le Hoadl à gauche et le Pleisen à droite.

 

À l'extrémité du domaine, le TSF2 Pleisen.

 

La rouge n°7 le long du télésiège, et l'itinéraire de retour à Axams n°19 en pointillés.

 

 

2. Du téléski au télésiège

 

Le téléski d'origine

Le sommet du Pleisen a été équipé avec un téléski dès 1963. Cet appareil faisait partie des toutes premières remontées mécaniques mises en service en vue des Jeux Olympiques de 1964. Dès l'origine, il desservait la piste balisée de retour à Axams. Un service de navettes assurait la remontée des skieurs vers Axamer Lizum.

Le sommet du Pleisen sous la flèche verte et la piste de retour à Axams en rouge.

 

Les pistes olympiques, les remontées en service pour les jeux de 1964 et le téléski du Pleisen à droite.

 

La gare aval du téléski, les premiers pylônes, et le front de neige au fond.

 

Le bas de la ligne.

 

La partie la plus pentue de la ligne au fond à gauche. 

 

Le remplacement par un télésiège

Le téléski d'origine accusait une pente maximum d'environ 70% dans laquelle un accident grave s'est produit. L'appareil a été remplacé en 1987 par un télésiège biplace à pinces fixes sur le même tracé, à peine décalé de quelques mètres sur la droite. 

 

Le nouveau télésiège qui desservait la piste noire n°8 de retour à Axams, avant qu'elle ne soit déclassée en itinéraire.

 

Le télésiège et la longue piste de retour au village.

 

Le télésiège dans les années 90.

 

 

3. Caractéristiques techniques 

 

  • constructeur : Doppelmayr
  • année de construction : 1987
  • altitude gare aval : 1810 m
  • altitude gare amont : 2212 m
  • dénivelé : 402 m
  • longueur développée : 1047 m
  • pente moyenne : 41,8 %
  • pente maxi : 70,7 %
  • vitesse maxi : 2,4 m/s
  • débit maxi : 1435 p/h
  • temps de trajet mini : environ 7 min
  • emplacement motrice : aval
  • emplacement tension : amont
  • type de tension : contrepoids
  • nombre de pylônes : 12
  • nombre de sièges : 176
  • type de sièges : 2E Fix

 

4. La gare aval

 

Situation

La gare est implantée au même endroit que le départ de l'ancien téléski, à quelques mètres près. L'emplacement est a priori pas très favorable, en pleine pente, mais il avait été choisi à l'époque de la construction du téléski, car il était d'une part au-dessus de la limite de la forêt et d'autre part accessible par gravité depuis la gare intermédiaire des télésièges Hoadl. 

Lors de la construction du télésiège, la zone de départ n'a pas été fortement terrassée. Seul un mur de soutènement a été construit pour la file d'attente. La gare est donc située comme la précédente, en pleine pente, à la limite de la forêt. À proximité se trouve le restaurant Pleisenhütte qui avait été construit longtemps après le téléski.

La gare de départ du TSF2 Pleisen à droite, au-dessus de la forêt, en contrebas du départ du TSF4 Karleiten en haut à gauche.

 

La Pleisenhütte, le départ du télésiège et la piste de retour au front de neige.

 

La gare de départ et l'accès skieurs avec son mur de soutènement.

 

Depuis la fin de la piste 7, le restaurant et la gare de départ.

 

Equipement

L'exploitant a fait le choix d'une gare motrice enterrée, compte tenu de l'altitude et de l'exposition au vent et au givre. À l'époque de la construction, Doppelmayr ne proposait que des gares souterraines motrices fixes, c'est pourquoi la tension a été positionnée en amont

La gare se compose donc d'une salle des machines enterrée, avec un moteur et un premier réducteur à renvoi d'angle, d'un arbre lent traversant la dalle, et d'un second étage de réduction sous la poulie motrice. La reprise de tension est effectuée par un massif en béton au centre des voies. La poulie, le second réducteur, l'arbre lent sont entièrement capotés pour les protéger des intempéries.

La grenouillère d'arrivée et l'accès des clients au fond.

 

Pour gagner de la place, l'accès des clients se fait perpendiculairement à la ligne.

 

Le local opérateur à gauche.

 

Au pied du local opérateur, sous le capot vert, le transformateur.

 

La poulie motrice capotée et à droite la plateforme pour le déplacement périodique des attaches.

 

L'accès à l'embarquement, en courbe, avec le panneau d'information et le point services.

 

Sous la poulie motrice, derrière les capots verts, l'arbre lent et le second étage de réduction.

 

À gauche, la plateforme pour le déplacement périodique des pinces avec des commandes déportées sous le plastique de protection orange, permettant au personnel de travailler en autonomie.

 

À l'arrière, à gauche, derrière les capots verts, les deux freins de poulie qui agissent sur une piste de freinage verticale. 

 

L'embarquement, et à gauche le massif doté d'un point de reprise de tension.

 

L'embarquement sans tapis.

 

La zone d'embarquement depuis la ligne.

 

 

5. La ligne

 

Profil

La ligne est marquée par son profil assez régulier avec une pente soutenue. 

La réglementation autrichienne autorise un espacement minimal de 5 secondes entre 2 sièges, au lieu de 6 secondes en France. Pour le TSF2 Pleisen, l’espacement minimum entre 2 sièges est de près de 5 secondes et le débit atteint 1435 personnes par heure, au lieu de 1200 personnes par heure au maximum en France. En conséquence, la ligne comporte 20 % de sièges en plus qu'un télésiège similaire en France. La ligne est donc bien chargée, et dispose en conséquence de 12 pylônes malgré une longueur de ligne modeste d'un kilomètre. 

Voici le détail des pylônes :

  • P1a : 8C/8C
  • P1b : 8C/8C
  • P2 : 6S/4S
  • P3 : 8S/4S
  • P4 : 4SC/4SC
  • P5 : 4SC/4SC
  • P6 : 6S/4S
  • P7 : 6S/4S
  • P8 : 6S/4S
  • P9 : 6S/6S
  • P10 : 6S/6S
  • P11 : 8S/8S

 

Vue d'ensemble du tracé. 

 

Les deux tiers de la ligne depuis l'avant. .

En ligne

 

Le P1 double en sortie de gare.

 

P2.

 

Tête du P2.

 

Longue portée vers le P3.

 

De gauche à droite, le sommet du Hoadl, le TSF4 Karleiten et les contreforts du Pleisen.

 

Au fond de la vallée, le front de neige.

 

P3.

 

Tête du P3.

 

Balancier 8S.

 

Longue portée vers le P4 au-dessus de l'itinéraire 17.

 

P4.

 

Tête du P4 avec deux balanciers support-compression.

 

Le balancier support-compression du brin montant.

 

Le balancier support-compression du brin descendant.

 

P5.

 

Tête du P5.

 

C'est dans cette section que la pente est la plus forte.

 

Survol de la piste 7.

 

Au fond la chaîne des Kalkkögel, et à l'avant les claies retenant la neige.

 

Passage au-dessus des claies.

 

P6.

 

Tête du P6.

 

La pente commence à s'adoucir légèrement.

 

P7. 

 

Tête du P7.

 

Au fond le départ du TSF4 Karleiten.

 

Les claies et le front de neige à l'arrière-plan.

 

P8  et à gauche un massif de l'ancien téléski.

 

Tête du P8.

 

P9.

 

Tête du P9 avec la manche à air visible depuis la vigie en amont.

 

La pente s'adoucit.

 

P10.

 

Tête du P10 et le premier panneau rappelant l'obligation de maintenir le garde-corps fermé jusqu'à l'arrivée.

 

La fin de ligne en léger dévers avec le sommet du Pleisen sur la gauche.

 

Dernière portée.

 

P11.

 

Tête du P11 et le deuxième panneau réglementaire demandant de maintenir le garde-corps fermé.

 

6. La gare amont

 

Situation

La gare amont est placée légèrement en contrebas du sommet géographique, au même endroit que l'arrivée de l'ancien téléski. Cet emplacement permet de diminuer légèrement l'exposition au vent de l'appareil.

L'implantation de l'arrivée sur la crête permet aux skieurs, en prenant un peu d'élan, de s'engager sur l'itinéraire de retour à Axams qui suit l'arête.

Le sommet du Pleisen à gauche.

 

L'arrivée est implantée sur la crête en léger dévers.

 

Au fond, le sommet géographique, au premier plan la piste 7 redescendant à l'aval du télésiège, et à droite sur la crête le début de l'itinéraire de retour au village.

 

Entre le sommet géographique et la piste 7, un vaste espace de freeride.

 

Sous le sommet, le débarquement sous le pylône à gauche et la station retour à droite.

 

Le départ des pistes.

 

L'estacade de débarquement sous le pylône 11.

 

La station retour tension.

 

Le débarquement sous le pylône

Le télésiège fait appel à une configuration ancienne, bien connue depuis les années 60, avec un débarquement au dernier pylône, bien avant la poulie retour montée sur un lorry de tension à contrepoids. 

Le débarquement s'effectue une plateforme suivie d'un plan incliné, devant la vigie. L'appareil n'est pas ouvert à la descente mais une plateforme sur le brin descendant permet au personnel d'utiliser l'appareil dans l'autre sens.

La plateforme d'arrivée et la vigie montées sur une charpente métallique en amont du P11.

 

Le P11 soutenant une partie de la structure avec les filets de protection anti-chute.

 

La plateforme de débarquement dispose d'un feu lumineux directionnel à droite, qui reste rouge tant que le siège est éloigné, et qui affiche vert lorsque les clients sont suffisamment proches pour pouvoir relever le garde-corps en toute sécurité.

 

La rampe de débarquement.

 

Débarquement de skieurs.

 

L'ensemble de la structure depuis l'amont.

 

Les skieurs prennent suffisamment de vitesse pour ne pas être rattrapé par le siège, qui passe largement en hauteur au-dessus de leur tête.

 

Sur le brin descendant, une plateforme permet au personnel d'embarquer pour la descente. À droite des lests pour les essais en charge sont stockés en attente.

 

Les sièges prennent suffisamment de hauteur pour ne pas heurter les clients.

 

La plateforme vue depuis la poulie retour.

Le lorry

L'absence de gare motrice tension enterrée au catalogue du constructeur en 1987 a contraint Doppelmayr à  placer la tension en amont. Même si la tension hydraulique était déjà répandue à l'époque, le constructeur autrichien ne disposait pas encore de gare retour tension hydraulique compatible avec les fortes tensions amont. C'est pourquoi il a utilisé la solution éprouvée de la tension par contrepoids avec une poulie montée sur lorry. Compte tenu de la course importante des contrepoids, il était nécessaire de placer le lorry très en hauteur, loin du débarquement. De plus, la tension générée est très importante, d'une part parce qu'elle est placée en amont, où la tension est beaucoup plus forte que la tension aval, et d'autre paet car la ligne est fotement chargée, bien plus qu'en France. C'est pourquoi le constructeur a utilisé un contrepoids imposant, coulissant entre 4 rails verticaux. 

La station retour tension.

 

Le lorry est soutenu par un fût métallique à l'avant et 2 massifs en béton à l'arrière.

 

Les câbles de tension sont deviés d'abord à 90° vers le haut puis 180° vers le bas.

 

La poulie et les 4 galets du lorry.

 

Le brin descendant.

 

Le pylône tubulaire soutenant l'avant du lorry,

.

 

À l'arrière, deux piles en béton soutiennent le lorry d'un côté portent 2 rails guidant le contrepoids de l'autre.

 

Les poulies de déviation des deux câbles de tension et le haut du contrepoids.

 

Le contrepoids dans toute sa hauteur, et les rails qui guident sa course.

 

Le contrepoids de l'autre côté.

 

La déviation des câbles de tension.

 

Les grilles de protection qui empêchent le public de passer sous le contrepoids.

 

Vers l'aval.

 

Le lorry.

 

Un siège dans la poulie retour.

 

Les graduations permettent de suivre la course du contrepoids qui peut atteindre 8 m.

 

Les culots de liaison entre le lorry et les câbles de tension.

 

La poulie.

 

7. Les véhicules

 Le télésiège est équipé de 176 sièges Doppelmayr, du modèle E à arceau, disposant de banquettes rabattables en Icolan. 

Les sièges vides et chargés.

 

Avec un espacement de 5 secondes, la ligne compte jusqu'à 20 % de sièges de plus qu'en France.

 

Les arceaux 2E.

 

Sous la banquette rabattable.

 

Les sièges avec des clients.

 

Le garde-corps fermé.

 

L'arrière du dossier.

 

La pince fixe 2FG.

 

8. Photos supplémentaires

 

Pour terminer, voici de nombreuses photos présentant l'appareil depuis les pistes ainsi que le panorama qui s'offre aux clients depuis la gare amont et les pistes. 

 

La ligne de bas en haut

Voici l'ensemble de la ligne de la gare aval à la gare amont, depuis le versant d'en face. 

De la gare aval au P2.

 

P3, P4 et l'itinéraire 17 sous la ligne.

 

Le passage de la plus grande pente avec le P5 et le P6.

 

Du P7 à l'arrivée.

 

La ligne depuis les pistes

 

Le P10 et le P11.

 

Le P9, le P10 et la chaîne des Kalkkögel.

 

Du P9 au P6, au passage de la pente maximale protégée par les claies.

 

Du P7 au P5.

 

Du P9 au P4.

 

Le P5 et la vallée de l'Inn.

 

Du P4 à la gare aval, avec à l'arrière dans la forêt la route d'accès à Axamer Lizum. 

 

Le bas de la ligne.

 

P3.

 

P2.

 

Du P9 au P2.

 

Le panorama

Depuis le sommet du télésiège ou les pistes, les clients peuvent bénéficier d'un panorama exceptionnel sur la vallée de l'Inn, la capitale régionale Innsbruck et la Chaîne du Nord (Nordkette) qui la domine. La vue porte à plus de 50 km. 

La vallée de l'Inn et Innsbruck.

 

Innsbruck et la Nordkette (chaîne du nord) de l'autre côté de la vallée.

 

La vallée de l'Inn.

 

Axamer Lizum et le Birgitzköpfl.

 

Les Kalkkögel.

 

Remerciements

Merci au personnel de la station pour l'accueil et les explications. 

Le site de la station : https://www.axamer-lizum.at/

 

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 Vidéos externes

Une vidéo de la montée (partielle) à 4 min 47 s :

Une vidéo de la descente sur Axams :

 

 





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