Localisation(s)
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 TSF2 Seilbahn Burg

Solingen

Weigmann

T3 ES
Description rapide :
Plus vieux télésiège biplace d'Allemagne encore en exploitation à ce jour

Année de construction : 1952

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Auteur de ce reportage : arbisman
Section écrite le 23/08/2020 et mise à jour le 12/10/2020
(Mise en cache le 12/10/2020)

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La ville de Solingen

Au sud-est de Düsseldorf, dans le Land de Rhénanie du Nord - Westphalie, Solingen se situe à la limite entre la vallée industrielle de la Ruhr et la région boisée et vallonnée du Bergisches Land. Connue dans le monde entier pour ses couteaux et ses ciseaux, Solingen est le centre de la métallurgie fine en Allemagne. Surnommée "Klingenstadt" ou "la ville des lames", la cité produit 90 % des couteaux allemands.

A l'écart du centre-ville, le château de Burg est implanté au sommet d’une colline surplombant un méandre de la rivière Wupper. Construit au 12ème siècle, l'ancien château des comtes de Berg est tombé en ruines au 17ème siècle et fut complètement reconstruit au 19ème siècle. Desservi par une route depuis la vallée, il est également accessible par un télésiège de 1952, le plus vieux du pays.

La localité d’Unterburg, au pied du château, et la tranchée du télésiège dans la forêt :
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Le télésiège Seilbahn Burg

L’idée d’un accès mécanisé reliant la localité d'Unterburg au château qui la surplombe remonte au début du 20ème siècle. Un projet de funiculaire avait été élaboré et le permis de construire délivré en 1907. Mais ni la ville ni l’association gérant le château n’avaient réussi à réunir le financement permettant de réaliser cet appareil.

L’idée a été reprise après la Seconde Guerre mondiale par un industriel local, Dieter Backhaus, qui avait passé le mois d’août 1951 en vacances en Forêt Noire et en Autriche. Il était revenu de ce séjour avec l’idée d’implanter au château une remontée mécanique du même type que les télésièges ou télécabines qu’il avait pu observer pendant ses vacances. Aidé de son père et de son frère, il monta un projet de télésiège qui reçut le permis de construire le 3 mars 1952.

L’entrepreneur s’est adressé un petit fabricant bavarois, Herbert Weigmann. Son entreprise avait livré jusqu’ici uniquement des téléskis et des télésièges monoplaces. Elle a conçu et construit son premier télésiège biplace pour Solingen. C’est probablement le deuxième télésiège biplace à pinces fixes d’Europe après celui de Spitzingsee, en Bavière, construit en 1949.

Le chantier s’est déroulé sur une période très courte de 78 jours. L’opération la plus compliquée a été l’excavation de 3000 mètres cubes de terre et de pierres dans l’ancien jardin paroissial du château, pour y implanter la station amont semi-enterrée. Les premiers essais du télésiège se déroulèrent le 31 mai 1952. L’appareil fut ouvert au public le 19 juin 1952.

L’appareil dans les premières années d’exploitation :
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Le télésiège est resté dans un état proche de l’origine, à l’exception de l’entraînement qui a été partiellement rénové par Pohlig en 1961, avec le remplacement du réducteur, de la poulie motrice, et des freins d’urgence et de service.

La fréquentation avait atteint 500 000 personnes dès la première année. Mais elle n’a cessé de décliner ensuite, en raison du recul du tourisme et de la concurrence de la route. Face aux difficultés financières, le télésiège a été vendu en 1986 à un ancien trésorier du château et sa famille. Il mit en place un programme de réduction des coûts, engagea un programme de maintenance et de rénovation ciblée, avec notamment le remplacement du câble en 1996, l’installation d’un système de surveillance vidéo de la ligne, l’application d’un nouveau traitement anti-corrosion sur les pylônes et les sièges, l’installation de 21 porte-vélos, le remplacement en 2013 de l’électronique de commande, et enfin le changement des roulements de la poulie retour en 2017. La fréquentation est désormais stabilisée à 200 000 personnes par an, soit moins de la moitié de la fréquentation d’origine.

L’affiche d’origine, encore utilisée de nos jours, qui rappelle le côté nostalgique du télésiège :
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Les caractéristiques techniques de l'installation

Caractéristiques administratives :

TSF – Télésiège à attache fixe : SEILBAHN BURG
Constructeur : Weigmann
Année de construction : 1952

Caractéristiques d'exploitation :

Saison d'exploitation : toute l'année
Capacité : 2 personnes
Débit : 400 personnes/heure
Vitesse d'exploitation : 0,8 m/s
Temps de trajet : 5'13''

Caractéristiques géométriques :

Altitude de la gare aval : 97 m
Altitude de la gare amont : 188 m
Longueur développée : 248 m
Dénivelée : 91 m

Caractéristiques techniques :

Emplacement motrice : amont
Type d'entraînement : moteur à courant continu
Puissance développée : 41 kW
Type de marche de secours : moteur asynchrone
Puissance développée : 28 kW

Emplacement tension : amont
Type de tension : contrepoids
Masse du contrepoids : 10 tonnes

Diamètre du câble : 23 mm
Fabricant du câble : Seilfabrik Zwickau
Année de pose : 1996
Composition : 6x19 fils
Résistance : 1770 N/mm²
Revêtement : zingué

Sens de montée : droite
Nombre de pylônes : 3
Nombre de sièges : 30

Les photos de l’installation

Elles ont été prises le 12 mai 2012.

La gare aval

La gare aval est située dans le village d’Unterburg, littéralement « sous le château ». Cette localité autrefois indépendante fait désormais partie de la ville de Solingen, mais elle a conservé son caractère de village, distant de 7 km du centre-ville.

La gare est située au terminus d'une ligne de trolleybus, mais dispose aussi d’un petit parking :
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L’entrée des clients se fait par le portail en fer forgé à droite :
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Le contour est fermé par des murets et des barrières :
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Le logo du télésiège ainsi que la fiche historique soulignent le caractère nostalgique de l’installation :
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Au centre des voies, une structure métallique soutient le toit et le rail de guidage :
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Du côté de la sortie :
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La zone de débarquement, avant le contour, et le double rail de guidage dans tout le contour :
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La poulie retour et la jambe de force s’appuyant sur le massif béton à droite :
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Après l’embarquement, le siège reste encore au niveau du sol jusqu’au portique. À droite, le bâtiment faisant office de caisse et de local d’exploitation :
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Sur le brin descendant, les instructions pour le débarquement sont apposées sur le muret :
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La ligne (sens montée)

Dans l'ordre de la montée, le nombre de galets de chaque pylône :
P1 : 8C / 8C
P2 : 4S / 4S
P3 : 12S / 12S

La ligne commence par survoler la rivière Wupper, un affluent du Rhin :
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Juste avant le premier pylône, un panneau donne des indications géographiques sur la Wupper :
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Les balanciers du premier pylône compression ont été modernisés avec des barrettes cassantes et des gouttières pour recueillir les gouttes d’eau ou la graisse, et protéger les clients :
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À l’arrière, on aperçoit la base large du pylône :
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La ligne monte ensuite dans la forêt en direction du château :
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P2
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P3 entre un café et une maison d’habitation :
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La gare amont

La gare amont est implantée en contrebas du château. Le bâtiment est semi-enterré sous l’ancien jardin paroissial, devenu un jardin public. L’entrée et la sortie des clients se fait par un escalier discret. Depuis l’installation des porte-vélos, la sortie des cyclistes peut s’effectuer directement de plain-pied par un petit chemin aménagé le long de la ligne.

L’accès à la gare depuis le jardin paroissial :
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La gare est implantée sous le jardin. A gauche un petit chemin permet la sortie des cyclistes :
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Au-dessus de la gare, un belvédère est aménagé au bout du jardin paroissial :
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La gare souterraine est fermée par deux portails :
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L’entraînement est installé au centre des voies sous la poulie motrice. L’axe rapide, placé dans l’axe de la ligne, est constitué du moteur principal, du moteur de secours, et du frein de service. À l’extrémité de l’axe rapide, un réducteur à renvoi d’angle transmet le mouvement à l’axe lent vertical.

En bleu, à l’horizontale, les 2 moteurs et le réducteur :
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En jaune, verticalement, l’axe lent n’est pas placé au centre de la poulie motrice. Il l’entraîne par le biais d’un pignon engrenant une couronne dentée. À l’arrière, au centre de la poulie, les deux mâchoires du frein d’urgence.
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Deux moteurs sont montés sur l’axe rapide. En fonctionnement normal, c’est le moteur principal situé à l’aval, qui entraîne l’arbre rapide. Un second moteur, placé sur le même arbre entre le moteur principal et le frein de service, peut prendre le relais pour la marche de secours ou pour la marche normale à vitesse réduite.

Le moteur principal est une machine à courant continu de 41 kW, qui utilise le courant redressé par un groupe Ward Léonard situé dans le fond du bâtiment. Le moteur auxiliaire est de type asynchrone développant 28 kW. Il peut être alimenté par le réseau ou par un groupe électrogène.

À gauche de la jambe de force, le moteur à courant continu principal :
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Au-dessus du moteur à courant continu, le refroidissement forcé :
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À gauche de la jambe de force, le moteur auxiliaire, qui peut être mis sous tension par le commutateur rouge.
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Le moteur auxiliaire vu de l’autre côté :
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Au bout de l'arbre rapide, le frein de service à tambour, à commande électrique :
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Le réducteur fourni par Pohlig lors de la rénovation de 1961 :
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L’arbre lent se termine par un pignon, invisible sur la photo, qui vient engréner une couronne dentée située à la périphérie de la poulie motrice. À l’arrière, le mécanisme du frein d’urgence à tambour, qui agit sur une piste de la poulie motrice.
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Une des mâchoires du frein de poulie :
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Au centre des voies, le pupitre de l’opérateur :
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Le pupitre avant sa rénovation de 2013, qui était déjà équipé de vidéosurveillance de la ligne :
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La ligne (sens descente)

Passage entre les maisons :
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P3 contre le chemin d’accès au fort, avec un panneau interdisant le stationnement sous la ligne :
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P2 avec un panneau interdisant le balancement :
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Sur l’autre rive, l’extrémité d’Unterburg avec la route vers Solingen :
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P1
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Juste avant le franchissement de la rivière Wupper, un panneau demande aux clients de descendre du siège à l’arrivée, même ceux ayant pris un ticket aller-retour :
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La sortie fléchée :
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Quelques photos supplémentaires

Pour commencer, quelques vues de la ligne autour de la rivière Wupper :
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Depuis la plateforme au-dessus de la gare d’arrivée, la vue sur la ligne et l’imposant P3 :
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Le P3 vu du sol
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Les sièges et leurs garde-corps :
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Parmi les 30 sièges de l’installation, 21 sont équipés d’un porte-vélo rétractable, une invention brevetée par l’exploitant.

L’arrière d’un siège normal, non équipé de porte-vélo :
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L’arrière d’un siège équipé d’un porte-vélo rétractable, au-dessus de la publicité :
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Pour terminer, une vue du château depuis le jardin surplombant la gare amont :
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Liens et remerciements

Lien vers le site Internet de l'installation :
https://www.seilbahn-burg.de/

Vidéo de l'installation (Youtube) :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=1093&v=SrfHaSkkhpM&feature=emb_logo

Monchu et moi-même tenons à remercier chaleureusement le site et le personnel de l'installation pour leur accueil et leur gentillesse.



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