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Photo

 TSF3 du Pont des Chèvres

Val Cenis (Haute Maurienne Vanoise)

Montaz Mautino

T3 ES
Description rapide :
Le télésiège du Pont des Chèvres, situé au pied du front de neige débutant de Lanslebourg, assurait autrefois un rôle majeur en tant qu'appareil principal du village. Il assure aujourd'hui un rôle tout à fait secondaire tout en remplaçant le télésiège de la Ramasse en cas de fermeture de ce dernier.

Année de construction : 1980

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Auteur de ce reportage : valcelouis
Section écrite le 20/04/2020 et mise à jour le 14/05/2020
(Mise en cache le 15/05/2020)

TSF3 du Pont des Chèvres – Val Cenis
Montaz-Mautino – 1980


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Au sommaire de ce reportage :

1 → Bienvenue à Val Cenis !
2 → Historique
3 → Situation sur le domaine skiable
4 → Infrastructures et ligne
5 → Conclusion


1 → Bienvenue à Val Cenis !

Val Cenis est une station de ski alpin située dans la vallée de Haute-Maurienne en Savoie (73). Ce domaine est constitué à la base de deux villages : Lanslebourg qui est le chef-lieu du canton et Lanslevillard. Ils sont distants d’à peu près 2 kilomètres et au milieu se trouve un hameau qui s’agrandit d’années en années et qui s’appelle Val Cenis les Champs. Depuis 2008, un troisième village, toujours dans la vallée de la Haute-Maurienne mais en dessous de Lanslebourg, s’est attaché au domaine de Val Cenis grâce à une chaîne de remontées mécaniques et de pistes : il s’agit de Termignon-la-Vanoise. Le point culminant du domaine est la Met à 2800 mètres d’altitude et à 2100 mètres se trouve le col du Mont Cenis et son lac, très fréquentés en été grâce à une route, la D1006, qui y monte depuis Lanslebourg.
Côté remontées mécaniques, le domaine dispose de 28 remontées mécaniques desservant 125 kilomètres de pistes.

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^^ Découvrez une présentation plus détaillée de la station en cliquant sur le logo ^^

2 → Historique

En 1950 est construit à Lanslebourg le premier téléski de la vallée de Haute-Maurienne : la Ramasse. Il a permis la pratique du ski alpin sur les pentes du même nom. Il a été rejoint en 1962 par un autre téléski nommé Sablons facilitant l’accès au téléski de la Ramasse. Alors sur des tracés différents, ces deux appareils se complétaient et permettaient de former une chaîne de deux remontées mécaniques menant du village jusque vers les 2000 mètres d’altitude. En 1978, le domaine alors commun entre Lanslebourg et Lanslevillard s’agrandi sur le secteur du Mont-Cenis par la construction de pas moins de cinq remontées mécaniques. Parmi ces cinq remontées mécaniques, un nouveau téléski de la Ramasse est construit à la place de l’ancien du même nom sur un tracé proche. A la veille de 1980, le domaine skiable est alors presque neuf : subsiste encore le téléski des Sablons, datant de 1962, et assumant le rôle d’unique appareil partant du front de neige de Lanslebourg pour accéder au téléski de la Ramasse et au domaine skiable côté Lanslevillard. Face à sa vieillesse par-rapport aux autres appareils du domaine et à son débit trop juste pour assumer un tel rôle, le premier télésiège partant du front de neige est construit durant l’été 1980 : le télésiège du Pont des Chèvres est alors né. Ce dernier remplace alors en lieu et en place sur un tracé légèrement différent le téléski des Sablons.
Voici les caractéristiques de cet appareil démonté en 1980 :

TKD des SABLONS
Type d'installation : Téléski débrayable 1 place
Constructeur : Montaz-Mautino
Année de construction : 1962
Dénivelé : 170 m

Voici un cliché de cette ancienne installation :

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La ligne de l'ancien téléski des Sablons (D.R.).

Pour cet appareil très important, il a été décidé l’installation d’un télésiège triplace de chez Montaz-Mautino. Situé au milieu du front de neige, celui-ci est alors très accessible par toute la clientèle de Lanslebourg. Pendant 23 ans, le télésiège du Pont des Chèvres a assuré son rôle d’ascenseur de Lanslebourg. Mais vers les années 2000, à l’heure où le télésiège débrayable devient le standard des stations, le télésiège du Pont des Chèvres ne permet plus d’acheminer sans une longue attente les skieurs vers le téléski de la Ramasse qui, à son tour, sature complètement. En 2003, un nouveau télésiège débrayable 6 places, dénommé Ramasse, est construit et relie le front de neige de Lanslebourg jusqu’à 2000 mètres d’altitude, reprenant complètement les rôles du télésiège du Pont des Chèvres et du téléski de la Ramasse. D’ailleurs, ces derniers sont maintenus pendant la première saison d’exploitation du télésiège de la Ramasse pour pallier en cas de défaillance de jeunesse, mais sont supprimés du plan des pistes.
En 2004, le téléski de la Ramasse est bien démonté mais le télésiège du Pont des Chèvres reste intact et, la saison suivante, réapparait sur le plan des pistes. Cette situation reste inchangée jusqu’à aujourd’hui.
Actuellement, le télésiège du Pont des Chèvres sert à se rabattre vers Lanslevillard depuis Lanslebourg sans monter à 2000 mètres d’altitude. Il seconde également le télésiège de la Ramasse quand ce dernier est fermé où en panne.
En 2015 et 2016, le télésiège a subi une remise à niveau technique avec notamment une révision de toute la partie électrique mais aussi d’autres organes mécaniques afin de faire durer un peu plus cet appareil suffisant à sa tâche. Avec la construction de l’hôtel luxueux du Saint-Charles à proximité immédiate de la gare aval, celle-ci a subi un petit lifting avec l’ajout d’une structure en bois au-dessus de celle en acier existante, et la remise en peinture du reste de la gare et du premier pylône de la ligne. Son design est ainsi grandement amélioré.

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La gare aval avant son lifting de 2015.

3 → Situation sur le domaine skiable

Ce télésiège démarre sur le front de neige de Lanslebourg entre le téléski des Sablons et les télésièges de la Ramasse et de la Turra. Il dessert :
- la piste bleue « Madeleine » qui retourne sur le front de neige de Lanslebourg.
- la piste bleue « Alpages » qui permet d’accéder à la piste de l’Escargot et de se diriger vers Lanslevillard.
- la piste rouge « Sablons » qui retourne sur le front de neige de Lanslebourg, cette piste étant parfois réservée aux écoles de ski et aux compétitions.
Et voici la représentation du plan des pistes :

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Plan Atelier Pierre Novat.

4 → Infrastructures et ligne

Caractéristiques techniques

Caractéristiques administratives

TSF - Télésiège à pinces fixes : PONT DES CHEVRES
Maître d’œuvre : CETARM 73
Maître d’ouvrage : SIVOM de Val Cenis
Exploitant : SEM du Mont-Cenis (SE2MC)
Installation électrique : SEIREL Automatismes
Constructeur : Montaz-Mautino
Année de construction : 1980
Mise en service : 1 décembre 1980

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : Hiver
Capacité : 3 personnes
Débit à la montée : 1350 personnes/heure
Débit à la descente : 0 personne/heure
Vitesse d'exploitation : 2,25 m/s
Tapis de positionnement : Non

Caractéristiques géométriques

Altitude gare aval : 1395 m
Altitude gare amont : 1633 m
Dénivelé : 238 m
Longueur développée : 1000 m
Longueur horizontale : 983 m
Pente moyenne : 24,21 %
Pente maximale : 26 %
Temps de trajet : 7 min 24 sec

Caractéristiques techniques

Type de gare aval : Bipode
Emplacement gare motrice : Aval
Type de motorisation : Électrique
Puissance développée : 110 kW
Diamètre de poulie retour : 3900 mm
Emplacement gare de tension : Aval
Type de tension : Hydraulique
Nombre de vérin : 1
Pression nominale : 119 bars

Type de gare amont : Retour-fixe
Diamètre de poulie motrice-tension : 3900 mm

Sens de montée : Gauche
Type d'embarquement : Axe de la ligne
Nombre de pylônes : 10
Type de véhicules : Sièges à arceau arrondi
Dispositif d'accouplement : Pinces fixes MONO-2,3
Nombre de véhicules : 111

Caractéristiques du câble

Fabricant du câble : Trefileurope
Date de pose : 1980
Diamètre du câble : 33,1 mm
Type de câblage : Lang
Composition : 6×19 fils
Résistance à la rupture : 65 700 daN

La gare aval

La gare aval est située sur le front de neige de Lanslebourg. Elle est placée à plusieurs mètres des gares de départ des télésièges de la Ramasse et de la Turra, de l’autre côté de la piste de l’Escargot qui n’est autre que la route menant au col du Mont-Cenis en été. Elle reste cependant accessible par gravité depuis l’ensemble des pistes. Pour accéder à l’embarquement depuis le pont venant de Lanslebourg, il faut contourner la gare par l’arrière puis passer la borne de contrôle des forfaits. L’embarquement s’effectue dans l’axe de la ligne, et l’ordre de départ est donné par des portillons Poma qui ont succédé au feu bicolore installé à l’origine.
La gare est soutenue par deux fûts métalliques supportant également les balanciers permettant d’élever la ligne. Cette configuration permet de s’affranchir d’un pylône au départ et limiter les emprises au sol.
Depuis l’installation d’une couverture en bois sur la partie haute de la gare, l’appareil a été équipé d’une marche incendie qui permet d’évacuer la ligne au plus vite en cas d’incendie.

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L'emplacement de la gare aval sur le front de neige.

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La gare aval vue de devant.

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La cabane d'exploitation.

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La gare aval vue dans son ensemble.

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La gare aval vue de derrière.

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Vue globale de la zone d'implantation de la gare aval.

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La gare aval vue de profil.

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Accès à la file d'attente.

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Portique de présentation de l'appareil et borne de contrôle des forfaits.

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Le vérin de tension hydraulique.

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Le tableau des commandes.

Techniquement, la gare aval effectue la mise en mouvement du câble mais aussi sa tension. Comme pour beaucoup de treuils assez anciens, la motorisation est assurée par deux moteurs électriques : un pour la petite vitesse et un pour la grande vitesse. Ces moteurs donnent le mouvement à un arbre rapide sur lequel agit le frein de service, et cet arbre rapide est reliée au réducteur par l’intermédiaire de courroies. Un moteur thermique de secours est aussi présent en cas de problème et est relié au réducteur par l’intermédiaire d’un coupleur. Un frein d’urgence est enfin présent et agit directement sur la poulie motrice.

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Vue d'ensemble de la chaîne cinématique.

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Le moteur électrique de grande vitesse.

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Le moteur électrique de petite vitesse.

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Le moteur thermique.

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Les courroies de transmission entre les moteurs électriques et le réducteur, et le cardan de transmission entre le moteur thermique et le réducteur.

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Le frein de service.

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La centrale du frein d'urgence.

La ligne

La ligne comporte 10 pylônes pour un kilomètre de long. La montée est régulière et aucune forte pente ne marque le voyage. Après avoir survolé l’arrivée de la piste de l’Escargot, la ligne longe la piste des Sablons puis s’enfonce dans la forêt pour terminer sur une zone réservée à l’aire d’arrivée du télésiège.
Montaz-Mautino a fourni des pylônes standards pour l’époque avec des fûts montant jusqu’au potences.
Il est à noter que vers 1990, les deux derniers pylônes de la ligne ont été endommagés par une tempête. Ceux-ci ont été alors remplacés et ont, par-rapport aux autres, un design différent.

Montaz-Mautino a équipé la ligne de 10 pylônes, dont 6 supports et 2 compressions comme ceci :
P1 : Compression
P2 : Support
P3 : Support /Compression
P4 : Support
P5 : Support
P6 : Support
P7 : Support
P8 : Support
P9 : Support
P10 : Support

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Le début de la ligne vu depuis le front de neige.

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Le début de la ligne vu depuis la gare aval.

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P2 : Support.

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Tête du P2.

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La gare aval vue du début de la ligne.

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P3 : Support / Compression.

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Portée P3-P4.

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P4 : Support.

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Tête du P4.

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Portée P4-P5.

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P5 : Support.

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P6 : Support.

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Portée P6-P7.

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P7 : Support.

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Portée P7-P8.

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P8 : Support.

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Tête du P8.

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Portée P8-P9.

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P9 : Support.

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Portée P9-P10.

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P10 : Support.

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Tête du P10.

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Portée P10-G2.

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Arrivée en gare amont.

La gare amont

La gare amont est située au bord d’une petite clairière réservée à la descente des skieurs venant du télésiège.
La gare n’a aucune autre fonction que d’assurer le retour du câble. Le débarquement est assez sportif du fait de la taille restreinte de la zone prévue et malgré la vitesse peu élevée du télésiège.
La cabane d’exploitation est située immédiatement à côté de la zone de débarquement pour permettre une intervention rapide du personnel en cas de problème.

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La gare amont et la zone de débarquement.

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La gare amont vue dans son ensemble.

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La gare amont et la cabane d'exploitation.

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Vue globale de la zone d'implantation de la gare amont.

Les véhicules et pinces

Montaz-Mautino a livré des véhicules standards pour un télésiège triplace. Les sièges sont équipés d’un arceau arrondi avec ce design très reconnaissable de l’époque de ce constructeur et un ensemble dossier et assise en lattes de plastique. Les garde-corps possèdent des reposes-skis en deux branches : une branche pour deux personnes et l’autre branche pour une personne. Ce dernier est relevé facilement grâce à un ressort situé derrière le dossier.
Les pinces fixes sont de type MONO-2,3.
Depuis 2017, un dispositif empêchant aux jeunes enfants de glisser sous le garde-corps a été installé sur la place de droite de chaque siège.

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Un siège sur le brin descendant vu en ligne.

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Une assise.

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Une pince sur le brin montant vue depuis les pistes.

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Une pince vue de dessous.

Vues depuis les abords du télésiège…

Quelques photos de ce télésiège vu depuis les pistes qu’il dessert.

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La séparation des pistes de la Madeleine et des Sablons.

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Le milieu de la ligne vu depuis la piste de la Madeleine.

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Le début de la ligne vu depuis la piste des Sablons.

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Le P3 vu depuis la piste des Sablons.

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La fin de la piste des Sablons.

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Le milieu de la ligne et la piste des Sablons.

5 → Conclusion

Après 23 ans de service comme appareil principal du front de neige de Lanslebourg, le télésiège du Pont des Chèvres a failli disparaitre du paysage en 2004 lorsque son voisin du dessus, le téléski de la Ramasse, a été démonté. Alors que la relève a été prise en 2003 par le grand télésiège de la Ramasse, celui du Pont des Chèvres vit une retraite à l’écart de l’affluence en assurant un rôle secondaire. Cependant, toute son utilité est démontrée lorsque le télésiège de la Ramasse est fermé en cas de mauvaise météo ou en cas de panne. C’est ainsi que cet appareil passe des jours tranquilles depuis une quinzaine d’années avec, à la clé, de nombreuses révisions techniques pour le maintenir à niveau et des améliorations sur son design assez rétro sur le front de neige. Lorsque l’heure du remplacement sonnera, il est important que l’appareil soit remplacé pour jouer ce rôle tranquille mais parfois ô combien important. Une des meilleures solutions reviendrait à le remplacer par un appareil du type télésiège fixe 4 places à faible débit. Actuellement, cela reste un appareil vétuste mais idéal…

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Pont des Chèvres, un appareil tranquille au départ de Lanslebourg.

Je tiens à remercier Bovinant pour la mise à disposition de ses clichés ainsi que le personnel d’exploitation du télésiège pour son accueil et sa gentillesse.

Photos : valcelouis et Bovinant
Texte et mise en page : valcelouis
Date des photos : 17 février 2016, 15 février 2019 et 2 mars 2020

© valcelouis – Tous droits réservés



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