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 TSF3 du Rotzé

Chandolin (St-Luc Chandolin)

GMD Müller

T3 HS
Description rapide :
Ce télésiège assure la liaison entre les domaines skiables de Chandolin et Saint-Luc. Il s'agit du seul TSF3 construit par Müller en Suisse.

Année de construction : 1986
Fin de service en : 2020

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Présentation et caractéristiques générales
Auteur de ce reportage : benbel
Section écrite le 27/02/2019 et mise à jour le 02/07/2020
(Mise en cache le 02/07/2020)

Je vous propose de partir à la découverte du


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Sommaire

Ce reportage comporte 3 parties :

1. Présentation et caractéristiques générales
2. Reportage hivernal
3. Aspects techniques et conclusion

Composition de cette première partie :

- Le village-station de Chandolin
- Un bref historique
- La situation et le rôle du télésiège du Rotzé au sein du domaine skiable
- Les caractéristiques principales de l'installation


Le village-station de Chandolin


Le village de Chandolin est situé le versant oriental très ensoleillé du Val d'Anniviers, à une altitude de 1938 mètres, ce qui en fait un des plus hauts villages d'Europe (et le plus haut de Suisse) habités à l'année. Il jouit d'un cadre unique avec une vue splendide sur de nombreux sommets des Alpes valaisannes.
Comme plusieurs villages de la région, Chandolin a su conserver dans sa partie centrale, le "vieux village", le cachet typique des anciens villages montagnards.


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Chandolin : le vieux village (Photo Anniviers Tourisme)


Le domaine skiable de Chandolin est directement relié (notamment par la remontée faisant l'objet du présent reportage) à celui du village voisin de Saint-Luc avec lequel il partage la même société de remontées mécaniques.
Le domaine commun propose 65 km de pistes de ski alpin qui s'étendent entre 1.650 mètres et près de 3.000 mètres. Il est desservi par une petite quinzaine de remontées mécaniques dont un funiculaire, deux télésièges débrayables et un télésiège fixe.

Les stations du Val d'Anniviers, à savoir Grimentz/Zinal, Saint-Luc/Chandolin et Vercorin, collaborent au sein des RMA (Remontées Mécaniques d'Anniviers) et proposent un forfait commun pour l'ensemble de la vallée.


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Vue générale de Chandolin avec la rive droite de la vallée du Rhône (dont Crans-Montana) en arrière-plan




Un bref historique

C'est en 1961 qu'est construite la première remontée mécanique de Chandolin : il ne s'agit pas d'un petit téléski de village mais bien d'un téléski (TKD Poma) de près de 2 kilomètres de long partant de Plampraz (2020 mètres d'altitude), sur le haut de Chandolin, et arrivant à une altitude de 2660 mètres, à proximité du sommet de l'Illhorn (2715 mètres) qui domine le village du côté nord-est.

Entre 1970 et 1980, 3 autres remontées seront construites, dont le télésiège fixe 2 places de la Remointze (Bühler) sur un tracé identique à celui du télésiège débrayable actuel, connu sous le nom de Tsapé, et qui a permis d'ouvrir un nouveau secteur qui offre l'avantage d'être moins exposé au soleil et ainsi d'être exploité plus longtemps.
Ce télésiège donnera par la suite accès au téléski du Crêt de la Motte (TKD Poma) construit en 1980 et qui amène les skieurs à une altitude 2600 mètres, en contrebas du col des Ombrintzes.

Dès le fin des années '70, des pourparlers avaient été entamés entre St-Luc et Chandolin quant à une possible liaison entre les deux domaines skiables.
La construction du téléski du Crêt (de la Motte) sur Chandolin marque une étape dans ces discussions. En effet, même si la solution est assez coûteuse, il paraît relativement aisé de construire un télésiège reliant la station amont de ce téléski au col des Ombrintzes qui domine le domaine skiable de St-Luc (voir le plan ci-dessous pour visualiser ces localisations). Toutefois le téléski du Col des Ombrintzes sur le versant St-Luc n'allant pas jusqu'au col et ne permettant donc pas de basculer sur le versant Chandolin, la construction d'un petit téléski en amont de celui existant est aussi prévue pour atteindre le col.
L'avantage de cette liaison "par le haut" comme elle est dénommée, est d'offrir un bon enneigement, la piste de descente depuis le col des Ombrintzes vers le domaine de Chandolin étant majoritairement exposée au nord. L'inconvénient est que cette piste n'est pas des plus aisées et ne peut donc être utilisée que par des skieurs expérimentés.

Une autre possibilité de liaison est celle "par le bas", a priori moins coûteuse mais offrant un moins bon enneigement : il s'agit de la construction d'un télésiège reliant la station aval du télésiège de la Remointze/Tsapé à l'arête du Rotzé. Il est possible de revenir à sa station aval par la forêt, sur une piste facile. Cependant afin d'offrir également la possibilité aux skieurs de revenir sur le domaine de Chandolin par le haut, il est quand même prévu de prolonger le téléski du Col des Ombrintzes jusqu'au col avec l'ajout d'un virage en ligne (plutôt que de créer un petit téléski en amont de celui du Col des Ombrintzes comme évoqué précédemment).

C'est finalement cette seconde solution qui sera choisie.

Le plan ci-dessous ne reprend que la partie centrale des domaines skiables de St-Luc et Chandolin. Il manque donc sur la gauche le secteur de l'Illhorn à Chandolin, et sur la droite les téléskis du Pas de Boeuf et de la Bella Tola à St-Luc.

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En traits violets les remontées qui existaient en 1985.
En trait discontinu bleu, le télésiège initialement envisagé entre le téléski du Crêt de la Motte et le col des Ombrintzes.
En trait rouge au-dessus du téléski existant du Col des Ombrintzes, la prolongation de celui-ci jusqu'au col, telle qu'elle sera réalisée.
En trait rouge également le télésiège du Rotzé, tel qu'il sera réalisé.


C'est en 1985 que l'Office Fédéral des Transports, des Communications et de l'Energie donne son feu vert à la réalisation du télésiège du Rotzé.
Les travaux se dérouleront pendant l'année 1986.

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Héliportage de pylônes


Le télésiège sera ouvert au public la veille de Noël, le 24 décembre 1986 et fera l'objet d'une inauguration officielle à la mi-mars 1987.

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Inauguration du télésiège (Photo : Le Nouvelliste du 16-03-1987)


Si les domaines skiables de Chandolin et de St-Luc sont ainsi reliés à la fin de 1986, ce n'est qu'en 1999 que les sociétés de remontées mécaniques des 2 stations fusionneront pour former la "Funiculaire Saint-Luc/Chandolin SA".



La situation et le rôle du télésiège du Rotzé au sein du domaine skiable



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La position du télésiège sur le plan général des pistes de Saint-Luc / Chandolin.



La station aval de l'installation est située à côté de celle du télésiège du Tsapé, en bordure de la route reliant Saint-Luc à Chandolin, peu avant d'entrer dans cette dernière localité.
La ligne monte en direction de la crête du Rotzé d'où il est possible de basculer sur le domaine skiable de Saint-Luc, ce qui est évidemment le rôle principal de cette remontée de liaison entre les domaines de Chandolin et Saint-Luc.

Sur le versant de Saint-Luc, ce télésiège donne accès à de nombreuses pistes qui permettent :
- de rejoindre la station aval du télésiège de la Forêt
- d'accéder directement à la Cabane Bella Tola et à Tignousa (restaurant, gare amont du funiculaire et gare aval du téléski Tignousa)
- de rejoindre directement les stations aval des téléskis du Col des Ombrintzes (*) et du Pas de Boeuf.

(*) comme déjà indiqué précédemment, le téléski du Col des Ombrintzes permet, depuis ce col, de descendre par le versant opposé (côté nord) pour revenir sur le domaine skiable de Chandolin.

Depuis la station amont du télésiège, il est aussi possible de revenir à sa station aval en empruntant des pistes majoritairement rouges (piste de l'Epaule qui rejoint ensuite celle du Tsapé).


Ci-après une vue aérienne qui respecte l'orientation des installations (nord en haut). On y retrouve les 3 télésièges ainsi que les principaux téléskis du domaine.

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En rouge le TSF3 du Rotzé, en bleu les 2 TSD et en jaune ocre les principaux TK



Le télésiège du Rotzé est à usage uniquement hivernal et n'est exploité qu'à la montée.
A noter toutefois qu'il a connu une courte période d'exploitation estivale. Initialement en 1994 pour se substituer à le remontée entre Saint-Luc et Tignousa, le télésiège ayant été démonté et le funiculaire étant en construction. L'expérience a été renouvelée en 1995 en insistant sur la possibilité de pratiquer le parapente dans la région du Rotzé mais elle n'a pas été poursuivie par la suite.



Les caractéristiques principales de l'installation


C'est donc en 1986 que cette installation a été construite par GMD Müller. Il s'agit du seul télésiège fixe triplace qui ait été construit par Müller sur le territoire helvétique. Il s'agit aussi de la dernière remontée produite par Müller en Suisse.

Gerhard Müller est décédé en 1985 et à sa mort, l'activité de GMD Müller a été reprise par le management de la société (MBO) au sein d'une nouvelle entité dénommée Rowema qui a été créée le 11 novembre 1985. Certains se sont dès lors demandés si on n'était pas ici en présence de la première installation Rowema plutôt que de la dernière Müller en Suisse.
Je pense personnellement qu'il s'agit bien de la dernière production Müller : les autorités fédérales avaient confirmé leur accord sur la construction de ce télésiège dès janvier 1985, donc sur base d'un dossier "GMD Müller". Il était donc logique que la construction soit effectuée par cette société (qui a survécu jusque 1992 pour la liquidation des affaires). D'ailleurs, en dehors du cas particulier de la télécabine du Wispile à Gstaad, Rowema n'a construit aucune nouvelle installation sur le marché suisse, se concentrant sur la maintenance et la rénovation des anciennes installations Müller et sur des activités à l'étranger.


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Plaques présentes sur l'installation



Caractéristiques administratives

Station : Chandolin - Val d'Anniviers
Type d'installation : télésiège à pinces fixes
Nom officiel de l'installation : Chandolin - Le Rotsé (ou Rotzé car les 2 orthographes sont admises)
Exploitant : Funiculaire Saint-Luc / Chandolin SA
Constructeur : GMD Müller
Année de construction : 1986
Année de mise en service : 1986 (ouverture au public le 24 décembre)

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : hiver
Capacité des sièges : 3 places
Vitesse maximale : 2.3 m/s
Vitesse d'exploitation : 2.1 m/s
Durée du trajet : environ 12 min (à 2.1 m/sec)
Débit maximal théorique : 925 personnes/heure à la montée, non exploité à la descente
Débit d'exploitation théorique : 850 personnes/heure à la montée, non exploité à la descente

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 1939 m
Altitude amont : 2547 m
Dénivellation : 608 m
Longueur horizontale : 1387 m
Longueur développée : 1539 m
Pente moyenne : 43.8 %
Pente maximale : environ 80 %

Caractéristiques techniques

Station motrice : aval
Moteur principal : moteur ASEA CC alimenté par un groupe Ward Leonard ASEA
Puissance du moteur principal : 246 kW
Puissance du moteur AC du groupe Ward Leonard : 315 kW

Station tension : aval
Type de tension : contrepoids mouflé

Nombre de pylônes : 17
Largeur de voie : 4.6 m
Fabricant du câble : Fatzer AG
Diamètre du câble : 41 mm

Sens de montée : du côté droit
Embarquement aval : dans l'axe de la ligne
Aide à l'embarquement : tapis roulant (2001)
Débarquement amont : dans l'axe de la ligne


Sièges : Müller 3 places
Nombre de sièges : 115
Type de pince : fixe Müller

Commande et télésurveillance : Sisag

 
Reportage hivernal
Auteur de ce reportage : benbel
Section écrite le 27/02/2019
(Mise en cache le 27/02/2019)

Sommaire

Composition de cette seconde partie consacrée au reportage hivernal :

- La station aval : Chandolin
- La ligne
- La station amont : Le Rotzé
- La ligne vue depuis les pistes
- Les véhicules


La station aval : Chandolin


Comme déjà mentionné, la station aval est située à une altitude de 1939 mètres, à proximité de celle du télésiège du Tsapé, le long de la route reliant Saint-Luc à Chandolin. De vastes parkings sont disponibles à proximité immédiate des télésièges et une caisse commune aux deux installations est située dans un petit chalet séparé.

La structure métallique de la station aval a été montée sur une vaste dalle en béton recouvrant le niveau inférieur du bâtiment. Ce dernier compte différents locaux dont notamment des locaux techniques (dont des éléments de l'installation électrique du télésiège), des sanitaires, des ateliers et des locaux de stockage.

La station aval est motrice et c'est aussi en aval qu'un contrepoids assure la tension de la ligne. Nous reviendrons en détail sur ces équipements dans la section technique de ce reportage.

L'embarquement se fait dans l'axe de la ligne et est facilité par la présence d'un tapis roulant installé en 2001.


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Depuis la piste de retour vers l'aval, une vue générale de la station du TSF3 du Rotzé sur la droite et de celle du TSD4 du Tsapé dans le fond à gauche.


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Vue latérale de la station du TSF3 du Rotzé du côté de la route.


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Vue arrière avec au premier plan, en vert, la structure surmontant la fosse du contrepoids. Sur la droite, le local de commande.


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Depuis l'arrivée de la piste, l'avant de la station avec au premier plan, deux pylônes portiques de compression.


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L'accès vers l'embarquement avec 2 bornes de contrôle des forfaits.


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En direction des portillons de cadencement suivis du tapis d'embarquement.


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La ligne


Ci-après le profil de la ligne avec le détail des balanciers des 17 pylônes qui la composent (pour chaque pylône l'indication supérieure concerne le brin montant, celle du bas le brin descendant). Tous les pylônes sont tubulaires en forme de T, à l'exception de 3 portiques qu'on trouve pour les compressions P1 et P2 en sortie de gare aval et pour le support P17 peu avant la station amont.


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On peut immédiatement remarquer que la pente est relativement régulière sur les trois premiers quarts du parcours (avec une moyenne de 37%), avec toutefois une légère rupture au niveau du P5 (compression), et qu'elle augmente très fortement sur le dernier quart (à partir des pylônes compressions P11 et P12) où elle atteint un maximum de 80% et une moyenne de 65% pour ce dernier quart.



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Vue de la presque totalité de la ligne depuis le vieux village de Chandolin.

Ce cliché illustre bien la petite rupture de pente au niveau du P5 et l'importante augmentation de celle-ci à partir des P11-P12 pour gravir la dernière paroi et atteindre la crête du Rotzé.
On remarque aussi la sortie de la forêt au niveau du P7.


Parcourons maintenant l'ensemble de la ligne.


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Départ sur le tapis d'embarquement.


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Les portiques compressions P1 et P2 en sortie de gare.


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Portée vers le P3 et survol de la piste rouge qui rejoint la station aval.


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Regard vers la droite sur la piste rouge du Tsapé.


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Le P3.


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Portée vers le P4.


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Regard en arrière sur le début de la ligne et Chandolin à l'arrière-plan.


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Approche du P4.


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Le P4


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Nouveau survol de la piste dès le début de la portée vers le P5.


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La piste avec une belle ombre d'un siège descendant.


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Vers le P5, pylône compression.


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Le P5.


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Regard sur la droite en direction de la vallée du Rhône.


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Et en arrière vers Chandolin.


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Le P6


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Le P7 en sortie de forêt.


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La plus longue portée de la ligne vers le P8.


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Vue en direction de la station amont du télésiège du Tsapé dans le lointain.


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Encore Chandolin, avec en arrière-plan Crans-Montana sur la rive droite du Rhône.


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Le P8.


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Le balcon de Vercorin au centre de la photo, Chandolin sur la droite et la rive droite de la vallée du Rhône dans le fond.


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En direction du P9.


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Survol de la piste rouge de l'Epaule, utilisée pour rejoindre la station aval depuis le Rotzé.


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Le P9


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Sur la gauche, vue zoomée vers la station amont du télésiège du Tsapé et le restaurant du même nom.


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En direction du P10.


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Très belle vue sur la droite.


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Le P10.


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Très courte portée vers les compressions P11 et P12 qui marquent le début de la partie la plus pentue de la ligne.


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Les P11 et P12, reliés entre eux.


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La portée P12 - P13, la plus pentue du tracé, est aussi très longue.


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Approche du P13.


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Le P13.


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Sur la gauche, le départ d'un Catex.


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Le P14.


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La ligne du Catex avec le Tsapé dans le fond à gauche.


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Approche des P15 et P16 qui ramènent la ligne presque à l'horizontale.


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Les P15 et P16.


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Gros plan sur les têtes des P15 et P16.


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Portée vers le portique P17, dernier pylône de la ligne.


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Le portique P17. On peut noter la ligne du TSD6 de la Forêt qui passe perpendiculairement à l'arrière-plan. (Vue de janvier 2016)


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Un vue semblable (prise en janvier 2015) sans le TSD6 de la Forêt construit à l'été 2015.


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En direction de la station amont.


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Le débarquement a lieu sous la poulie.


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A nouveau une vue semblable sans le TSD6 de la Forêt.




La station amont : le Rotzé


La station amont du télésiège est située à une altitude de 2547 mètres sur la crête du Rotzé, à environ 500 mètres au sud-ouest du sommet du même nom qui s'élève à 2631 mètres. Il s'agit d'une simple poulie retour fixe montée sur une structure métallique également dotée d'un galet support pour chaque brin.
La structure métallique du poste de vigie/contrôle est inhabituelle. Ce poste est vitré sur ses 4 faces, ce qui en fait un lieu idéal pour admirer le splendide panorama.


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Vue générale depuis le TSD6 de la Forêt avec sur la droite la piste bleue en provenance de la station amont de celui-ci.


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Vue de face avec un siège à l'emplacement du débarquement.


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Autre cliché depuis le TSD6 de la Forêt avec une belle vue sur la rive droite du Rhône.


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Sur la gauche, au premier plan, la piste descendant sur le domaine de St-Luc. Plus haut celle permettant de rejoindre la station aval du TSF3.



Vues depuis la station amont


Ci-après nous parcourons une partie du panorama depuis la station amont dans le sens horlogique.


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Une partie de la" Couronne Impériale" (il manque le Weisshorn sur la gauche).


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En direction du val de Moiry avec Grimentz à l'ombre, dans le fond.
(*) Parmi les sommets de plus de 3500 mètres non cités : la Pointe de Bertol (3500 m), l'Aiguille de la Tsa (3668 m), la Dent de Tsalion (3589 m) et la Dent de Perroc (3676 m).


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Dans la partie droite, le domaine skiable de Vercorin.


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Au premier plan Vercorin et dans le fond diverses localités sur la rive droite du Rhône.




La ligne vue depuis les pistes



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Départ sur la piste vers la station aval avec une belle mer de nuages dans la vallée du Rhône et le Val d'Anniviers.


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Vue latérale des P15 et P16.


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Au premier plan le P14.


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La partie supérieure du P13 au premier plan et la ligne jusqu'à la forêt.


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La totalité du P13 par une journée sans stratus en plaine.


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La partie supérieure de la ligne à partir du P10.


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Depuis l'autre côté, la partie supérieure à partir du P9.


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Retour à la journée avec stratus et des skieurs sympas devant le P8.


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Belle vue sur la portée P7-P8 avec le P7 sur la droite.


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En forêt à hauteur du P4.


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Cadre large vers l'aval.


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Passage sous le télésiège à proximité de la station aval.




Les véhicules


La ligne comporte 115 sièges triplaces qui sont encore assez confortables compte tenu de leur âge. Ils sont attachés au câble par des pinces fixes Müller.


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Un siège en ligne.


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Un siège vu de profil.


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Vue latérale d'une pince.


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Pince vue du dessous.



Ceci termine la partie 2 consacrée au reportage hivernal.

 
Aspects techniques et conclusion
Auteur de ce reportage : benbel
Section écrite le 27/02/2019 et mise à jour le 02/07/2019
(Mise en cache le 02/07/2019)

Sommaire

Composition de cette troisième partie consacrée essentiellement aux aspects techniques :

- La gare aval
  • Vues générales
  • L'entraînement principal
  • L'entraînement de secours
  • La centrale hydraulique
  • La poulie motrice
  • Le système de tension
  • Vues spéciales lors d'une opération de révision
- Le local électrique aval (y compris le groupe Ward Leonard)

- Le local de commande aval


- Conclusion et remerciements



La partie consacrée aux aspects techniques de l'installation se concentrera exclusivement sur les équipements présents en aval, où sont assurés à la fois l'entraînement du télésiège et la tension dynamique du câble.


La gare aval


Vues générales


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Depuis le quai, vue sur la poulie motrice, les petites poulies du système de tension fixées au lorry et, sur celui-ci, l'extrémité de l'entraînement principal.


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Vue générale du niveau supérieur.


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A l'avant, l'entraînement principal. Dans le fond à gauche la centrale hydraulique et à droite, largement caché, le moteur thermique de secours.



L'entraînement principal

Nous avons ici une configuration classique : l'entraînement principal est constitué d'un moteur courant continu (alimenté par un groupe Ward Leonard que nous verrons plus loin), d'un arbre rapide - doté d'un volant sur lequel s'applique le frein de service - le reliant à un réducteur actionnant la poulie motrice au-dessus de laquelle celui-ci est placé.


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Le moteur courant continu ASEA d'une puissance de 246 kW, surmonté de sa ventilation forcée.


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Autre vue avec, au premier plan, un tachymètre permettant notamment de vérifier que la vitesse de rotation du moteur est en relation correcte avec celle de la poulie motrice.


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Du côté opposé avec une vue sur le moteur de la ventilation et l'arbre rapide.


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L'arbre rapide constitué d'un cardan, le volant avec le frein de service et, sur la gauche, le réducteur.


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Vue rapprochée sur le cardan et le frein de service hydraulique agissant sur le volant de l'arbre rapide.


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Le réducteur à train épicycloïdal Löhmann & Stolterfoht, modèle GPW 235, doté de 3 étages de réduction.


Nous verrons la poulie motrice un peu plus loin.


L'entraînement de secours

L'entraînement de secours permet de faire fonctionner l'installation pour en assurer l'évacuation en cas de défaillance du moteur ou du réducteur de l'entraînement principal. Il est constitué d'un moteur thermique qui actionne une pompe hydraulique permettant de faire fonctionner un motoréducteur hydrostatique dont le pignon s'engrène sur une couronne dentée solidaire de la poulie motrice.


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Le moteur thermique : un diesel Ford 8 cylindres.


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Vue du côté opposé avec dans le bas à droite, la pompe hydraulique.


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Gros plan sur la pompe hydraulique avec en haut à gauche les commandes et cadrans du moteur thermique et dans le fond le motoréducteur hydraulique.


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Du haut, le motoréducteur (avec le moteur hydraulique en vert et le réducteur en bleu) et la couronne dentée sur laquelle son pignon vient s'engrener.


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Du bas, gros plan sur le pignon du motoréducteur et la couronne dentée.




La centrale hydraulique

La centrale hydraulique permet la gestion du frein de service vu plus haut, du frein de sécurité que nous verrons ci-après et de la motorisation de secours.


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Vue générale de la centrale hydraulique Rexroth.


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La partie supérieure de la centrale.


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Sa partie inférieure.


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Et sa face arrière.



La poulie motrice


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Vue générale de la poulie motrice située sous le réducteur.


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Le frein hydraulique de sécurité agissant sur la poulie. A noter que les pistes de freinage sont les tranches relativement étroites de la poulie.


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Le frein vu du dessous. La mâchoire de frein (pièce métallique sur le bas de la photo) est particulièrement large.


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La dynamo tachymétrique appliquée sur la face intérieure de la couronne dentée mesure la vitesse de la poulie et permet de la comparer avec celle du moteur principal de l'installation.



Le système de tension

La poulie motrice est fixée sous un lorry sur lequel sont placés tous les équipements d'entraînement de l'installation. Ce lorry se déplace sur les poutres principales de la gare en fonction de la tension à exercer sur la ligne. Pour ce faire il est relié à un contrepoids par l'intermédiaire d'un câble de tension qui dans le cas présent est mouflé, ce qui explique que celui-ci effectue des allers-retours entre diverses poulies.


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Vue sur le lorry dont on peut noter que celui-ci est guidé latéralement par de petits galets horizontaux.


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Les différents brins du câble de tension passent par 4 petites poulies fixées au lorry.


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Les brins du câble de tension en direction de la fosse du contrepoids.


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La fosse du contrepoids.



Vues spéciales lors d'une opération de révision

Quelques vues lors de travaux de maintenance à l'été 2016. Le réducteur a alors été démonté et emporté pour révision, ce qui a nécessité la dépose de la poulie motrice.

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Au centre, le support de la poulie motrice.


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La poulie motrice et sa couronne dentée.


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Une belle vue sur l'imposante mâchoire du frein de poulie. Au centre, le pignon du motoréducteur de secours et plus haut la dynamo tachymétrique qui vient
normalement s'appliquer sur la face intérieure de la couronne dentée.




Le local électrique aval


Comme indiqué précédemment, ce local se trouve dans le bâtiment situé au rez-de-chaussée, sous les quais de la gare. Il comporte des armoires électriques ainsi que le groupe Ward Leonard qui alimente le moteur principal. Pour rappel un groupe Ward Leonard sert à transformer le courant alternatif du réseau en courant continu à tension variable afin d'alimenter le moteur principal courant continu du télésiège en fonction de la vitesse souhaitée (la vitesse d'un moteur courant continu est proportionnelle à la tension d'alimentation). Il est donc constitué d'un moteur courant alternatif qui fait tourner un générateur de courant continu.


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Le groupe Ward Leonard ASEA avec dans le fond un petit moteur de lancement, ensuite le moteur courant alternatif (315 kW) relié par un arbre rapide au générateur courant continu.



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Vues dans le sens opposé avec le moteur de lancement au premier plan et dans le fond, les armoires de puissance.



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Le générateur de courant continu surmonté de sa ventilation.



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Derrière le générateur CC, une petite armoire électrique dont la photo de droite montre le contenu, avec entre autres les automates.



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L'intérieur d'une partie des armoires de puissance. On y trouve notamment le dispositif Waleotron de Reliance qui agit sur l'excitation du générateur courant continu du
groupe Ward Leonard afin d'en faire varier la tension en fonction de la vitesse souhaitée pour le moteur CC du télésiège. On peut aussi y voir différents contacteurs.




Le local de commande aval


Comme vu auparavant, ce local est situé à côté de l'embarquement en station aval. Ci-après quelques vues de l'armoire et des commandes qui s'y trouvent. Les commandes et la télésurveillance de l'installation ont été réalisées par Sisag.


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Vue générale de l'armoire de commande.



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La partie supérieure gauche de l'armoire avec divers cadrans relatifs à l'entraînement principal, à la ligne de sécurité et au tapis d'embarquement.
Egalement l'habituel écran de visualisation FF35 avec diverses commandes supplémentaires.



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Dans la partie inférieure gauche de l'armoire, les commandes de l'entraînement principal et dans le bas, le module Metraplan DPX 3000 pour la localisation des défauts sur la ligne.



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Dans la partie droite de l'armoire, les commandes de l'entraînement de secours.



Ceci termine la partie technique de ce reportage.



Conclusion et remerciements


Conclusion


Cet exemplaire unique en Suisse de télésiège fixe trois places du constructeur Müller a permis d'établir la liaison entre les domaines skiables de Chandolin et de Saint-Luc. Il a ainsi contribué à un renforcement des liens entre les sociétés de remontées mécaniques respectives pour en arriver à une fusion et à la création d'un domaine skiable unique St-Luc/Chandolin.
Ce rôle de liaison est toujours aussi important de nos jours et malgré son âge et sa vitesse peu élevée, le télésiège du Rotzé le remplit encore avec satisfaction. Un remplacement éventuel avait été évoqué il y a quelques années mais la majorité de la clientèle donne priorité au remplacement de certains téléskis du domaine.
L'installation a connu quelques problèmes de réducteur ces dernières années et une réparation de fortune a même dû être effectuée en urgence à l'entame de la saison hivernale 2018-2019. Une réparation en bonne et due forme sera réalisée à la fin de cette saison, ce qui devrait permettre à ce télésiège de poursuivre son activité pendant quelques années encore, la société Funiculaire St-Luc/Chandolin SA ne disposant probablement pas des moyens financiers pour envisager un remplacement à court terme.

Mise à jour juillet 2019 : les bons résultats récents de la la société Funiculaire St-Luc/Chandolin SA devraient permettre d'envisager le remplacement de ce télésiège dès l'année 2020. A suivre donc.


Liens utiles

Deux vidéos de l'installation :

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^^ Celle de Gondelbahn Monde : cliquez sur cette capture d'écran de la vidéo pour y accéder ^^




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^^ Celle de Chamois78 / Remonte-pente : cliquez sur cette capture d'écran de la vidéo pour y accéder ^^



Le site des remontées mécaniques : http://www.rma.ch

Le site touristique : https://www.valdanniviers.ch/tourisme/chandolin.html


Remerciements

Mes plus vifs remerciements à Joël Zufferey, chef d'exploitation, pour m'avoir entre autres donné accès et fait visiter les parties techniques de l'installation.

Un très grand merci également à l'ensemble du personnel d'exploitation pour son accueil et son amabilité.



Sauf exceptions, les photos du reportage hivernal ont été prises en janvier 2015 et janvier 2016 et celles de la partie technique à l'été 2014.

benbel - février 2019



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