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Localisation(s)
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 TSF4 de la Burge

Molines-en-Queyras (Beauregard)

Poma

T2 ES
Description rapide :
Le seul télésiège de Molines, ascenseur vers le domaine skiable d'altitude.

Année de construction : 1988

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Auteur de cette partie : collonges74
Section écrite le 26/12/2020 et mise à jour le 04/05/2021
(Mise en cache le 04/05/2021)

LE TELESIEGE DE LA BURGE
Molines-en-Queyras
Poma - 1988


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Bienvenue à Molines !


Molines-en-Queyras est une commune des Hautes-Alpes, située au cœur du massif du Queyras. Elle se trouve à l’intersection entre la route menant au col Agnel, l’un des plus hauts cols routiers des Alpes (2744 mètres) et la route menant à Saint-Véran, plus haute commune d’Europe avec sa mairie à près de 2050 mètres d’altitude. Après avoir compté un bon millier d’habitants au dix-neuvième siècle, la commune de Molines-en-Queyras compte aujourd’hui environ 300 âmes, réparties entre le chef-lieu, à 1750 mètres d’altitude, et plusieurs petits hameaux : la Rua, Gaudissart, Pierre Grosse, Château Renard et Fontgillarde.
L’histoire du ski à Molines commence en 1960 avec la construction d’un premier téléski au-dessus du lieu-dit Clot la Chalpe. Aujourd’hui, le domaine skiable de Molines ne forme plus qu’un avec celui, voisin, de Saint-Véran. On y skie sur une petite trentaine de pistes, exposées majoritairement à l’ouest et au sud-ouest, grâce à une petite quinzaine de remontées mécaniques, dont deux télésièges (à date de 2020).


Découvrez une présentation plus détaillée de la station et de son histoire en cliquant sur le logo ci-dessous :
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L'accès au domaine d'altitude de Molines : du téléski au télésiège


Contrairement à sa voisine Saint-Véran, la commune de Molines-en-Queyras ne décide de se lancer dans l’aventure du ski alpin qu’au tout début des années 1960. Cette décision se concrétise tout d’abord par la construction de deux téléskis. Le premier était le téléski de l’Orée du Bois : il partait du lieu-dit de Clot la Chalpe, au sud du chef-lieu de Molines vers 1740 mètres d’altitude, pour arriver, après un virage en ligne, à 1980 mètres d’altitude, au niveau du Chalet des Amoureux. De là partait le second téléski, baptisé Beauregard : celui-ci montait jusqu’à la crête éponyme, à près de 2450 mètres d’altitude.

Il fallait monter une petite pente pour rejoindre la gare aval du téléski de l'Orée du Bois (D.R.) :
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Un chalet abritant l'école de ski était attenant à la gare aval (D.R.) :
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La gare aval du téléski de l'Orée du Bois (D.R.) :
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Devant le succès rencontré par ces premiers aménagements, les téléskis de l’Orée du Bois et de Beauregard manquèrent très rapidement de débit. Moins de dix ans après leur construction, le domaine de Molines fut considérablement modifié. Le téléski de l’Orée du Bois fut en effet doublé par deux téléskis, situés l’un au-dessus de l’autre. Le premier fut baptisé téléski des Torres : de longueur très courte, il fut chargé de desservir les pistes du front de neige, mais aussi de donner accès au second téléski construit cette année-là : le téléski des Amoureux. Avec un départ en amont du front de neige et du départ des téléskis des Torres et de l’Orée du Bois, le téléski des Amoureux rejoignait comme ce dernier le chalet éponyme, mais par un tracé différent, tracé en ligne droite dans la forêt.

Au premier plan de ce cliché, le début de la ligne du téléski de l'Orée du Bois. On distingue, un peu plus haut et à gauche de la ligne de l'Orée du Bois, la gare aval et le début de la ligne du téléski des Amoureux (D.R.) :
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Les années qui suivirent furent marquées par d’autres investissements (téléski de la Troïka en 1972, téléski du Moulin en 1977, téléski de Beauregard 2 en 1980…), mais les téléskis des premières heures de la station restèrent en place tels quels. Signalons toutefois une modernisation du téléski de l’Orée du Bois, qui vit sa gare aval, motrice, changée à la fin des années 1970.

La nouvelle gare de départ du téléski de l'Orée du Bois, de type T100 (D.R.) :
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Le front de neige de Molines au début des années 1980, avec à gauche le téléski de la Troïka, au centre le téléski des Torres, et à droite le téléski de l'Orée du Bois (D.R.) :
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D’importants changements intervinrent en revanche à la fin des années 1980. En effet : la saturation des téléskis de l’Orée du Bois et des Amoureux, chargés de hisser les skieurs vers la partie supérieure du domaine skiable, devenait chronique et entraînait un mécontentement croissant de la clientèle. Il fut dès lors décidé de remplacer le téléski de l’Orée du Bois par un télésiège quatre places flambant neuf, au débit nettement supérieur à celui des deux téléskis réunis. Toutefois, pour faire face à un éventuel problème sur ce nouveau télésiège, le téléski des Amoureux, le plus récent, fut conservé. Ce télésiège fut baptisé télésiège de la Burge, et fait l’objet du présent reportage.
Notons que le front de neige de Molines n’a connu aucune modification depuis 1988, soit depuis plus de trente ans !


La Burge : la colonne vertébrale du domaine de Molines


Construit par Poma en 1988, le télésiège de la Burge est depuis sa construction l'appareil central du domaine skiable de Molines : un triple rôle lui est en effet attribué.
Il est tout d'abord chargé de servir d'ascenseur vers le haut du domaine skiable et les téléskis de Beauregard 1 & 2, où serpentent de longues pistes ensoleillées et bien enneigées. Il est aussi le premier maillon d'une chaîne d'appareils permettant de rejoindre le domaine skiable de Saint-Véran depuis Molines, mais il faut pour cela ensuite emprunter l'un des deux téléskis de Beauregard. Le télésiège de la Burge est enfin chargé de desservir les pistes du bas du domaine de Molines, très appréciées des skieurs, qui évoluent au milieu des mélèzes et dont certaines sont enneigées artificiellement.

Ces pistes sont par ailleurs au nombre de trois :
  • La bleue du Chamois, une courte piste qui débouche sur la piste Jonction Basse, qui comme son nom l'indique assure la liaison de Saint-Véran vers Molines. Elle se poursuit jusqu'au départ des téléskis de Beauregard 1 & 2. De là, on peut ensuite emprunter ces téléskis, rejoindre le secteur de Pierre Grosse, ou encore descendre au front de neige par la Monthéry ou la piste des Casses.
  • La rouge des Jockeys, la piste phare de la station qui rejoint le front de neige en longeant le télésiège de la Burge sur tout son tracé. Elle est équipée d'enneigeurs.
  • La rouge du Chamois, une piste plus excentrée évoluant au milieu des mélèzes mais qui regagne aussi le front de neige de Molines.

Côté technique, le télésiège de la Burge est un appareil très classique, exception faite de sa gare intermédiaire, à propos de laquelle de plus amples informations seront données plus bas dans ce reportage. Il est issu de la gamme Alpha, véritable succès commercial de Poma des années 1980 à 2000. Notons que si des télésièges de cette gamme sont très courants en France, le télésiège de la Burge est le seul à en être issu dans le massif du Queyras !


Situation sur le plan des pistes de Molines - Saint-Véran :
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Situation sur la carte topographique des lieux :

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Caractéristiques de l'appareil


Caractéristiques administratives :
  • Type de remontée : TSF – Télésiège à pinces fixes
  • Nom de la remontée : BURGE
  • Exploitant : REGIE DES STATIONS DU QUEYRAS
  • Constructeur : POMAGALSKI
  • Maître d'œuvre : ERIC
  • Année de construction : 1988
Caractéristiques d’exploitation :
  • Saison d’exploitation : Hiver et été
  • Capacité : 4 personnes
  • Débit à la montée : 1340 p/h
  • Vitesse d’exploitation : 2,25 m/s
  • Sens de montée : Par la droite
Caractéristiques géométriques :
  • Altitude aval : 1741 m
  • Altitude amont : 2076 m
  • Dénivelé : 335 m
  • Longueur développée : 1293 m
  • Longueur horizontale : 1249 m
  • Pente moyenne : 27,24 %
  • Pente maximale : 58 %
Caractéristiques techniques :
  • Tension : Aval
  • Type de tension : Hydraulique
  • Motrice : Aval
  • Nombre de pylônes : 15
  • Dispositif d'accouplement : MONO2100
  • Nombre de sièges : 106
  • Puissance développée : 369 kW
  • Diamètre poulie motrice : 4000 mm
  • Diamètre poulie retour : 4200 mm
Caractéristiques du câble :
  • Année de pose : 1988
  • Composition : 6*17 fils
  • Diamètre : 40,5 mm
  • Type de câble : Lang à droite
  • Revêtement : Clair
  • Résistance à la rupture : 119302 daN
  • Masse linéique : 5,7 kg/m
  • Pas de câblage : 296 mm
  • Pas de toronage : 119 mm


Ligne et infrastructures du télésiège de la Burge


La gare aval


La gare aval du télésiège de la Burge se trouve à 1741 mètres d'altitude sur le front de neige de Molines, à quelques mètres des téléskis des Torres et de la Troïka. On retrouve ici une classique gare Alpha 350, assurant la tension du câble grâce à deux vérins hydrauliques, ainsi que sa mise en mouvement grâce à un moteur à courant continu d'une puissance de 369 kW. Pour faciliter l'embarquement des skieurs et ainsi se rapprocher au maximum du débit théorique que peut proposer l'appareil, un tapis d'embarquement fut installé au cours des années 2010.


Premier aperçu de la gare aval depuis la piste des Bambinos, desservie par le téléski des Torres dont on aperçoit la gare aval sur la droite :
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En se rapprochant progressivement :
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De trois quarts avant :
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Vue de profil. Le sommet en arrière-plan sur la droite n'est autre que la Roche des Clos (2801 mètres) :
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Lorsque l'on arrive sur le front de neige par la piste des Jockeys, on rejoint l'embarquement en contournant le chalet de commandes :
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La gare aval se dévoile ensuite à nous. Les mécaniciens de la station accèdent à la gare par le raide escalier apposé au pilier de la gare :
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On aperçoit aussi le tapis d'embarquement :
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Les informations relatives au télésiège sont affichées au pied de la gare :
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Vue d'ensemble depuis l'arrière de la gare :
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Gros plan sur la poulie motrice :
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On s'installe sur le siège au bout du tapis d'embarquement :
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La ligne


Avec ses 1293 mètres de longueur et son dénivelé de 335 mètres, le télésiège de la Burge est une installation de longueur moyenne. La hauteur de survol maximale, atteinte entre les sixième et septième pylônes, est de 17 mètres, tandis que la portée la plus longue est de 187 mètres, entre les pylônes 10 et 11. La ligne est assez régulière, et ne présente pas de difficultés particulières. Elle se distingue toutefois des télésièges plus classiques en ce qu'elle est équipée d'une gare intermédiaire, inexploitée aujourd'hui. Quelques photos et de plus amples informations à propos de cette gare intermédiaire seront présentées un peu plus loin dans ce reportage.


Caractéristiques de la ligne :

  • P1 : 16C / 16C
  • P2 : 6S / 6S
  • P3 : 6S / 6S
  • P4 : 4S / 6S
  • P5 : 6S / 8S
  • P6 : 2S-6C-2S / 2C-4S-2C
  • P6BIS : - / 12C
  • P7 : 4S / 6S
  • P8 : 6S / 8S
  • P9 : 4S / 6S
  • P10 : 6S / 8S
  • P11 : 6S / 8S
  • P12 : 4S / 6S
  • P13 : 6S / 6S
  • P14 :8S / 8S
S = poulie support
C = poulie compression
S-C = balancier support-compression



Le premier pylône, en portique, se trouve immédiatement en sortie de gare aval :
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Dernier coup d'oeil en arrière :
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Portée vers le pylône 2. A droite, la luge sur rails quatre saisons installée en 2018 :
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P2 :
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Détail de la tête du pylône :
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Portée P2-P3. A gauche, on distingue le départ du téléski des Amoureux :
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Le troisième pylône :
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Portée vers le quatrième pylône :
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P4 :
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Portée P4-P5. La pente reste pour l'instant peu importante et très régulière :
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Le cinquième pylône se trouve peu avant le sommet de la luge sur rails :
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Portée P5-P6. On s'apprête à longer la piste des Jockeys, qui se trouve sur la droite :
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Le sixième pylône, avec son balancier particulier pour l'exploitation estivale fixé au bas du pylône :
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Vue de ce balancier particulier depuis un siège :
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Détail de la tête du sixième pylône :
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Lorsque le télésiège était exploité durant l'été, le pylône 6BIS, soutenant un balancier compression, permettait au câble de remonter vers le septième pylône :
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Portée P6-P7 :
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Le septième pylône :
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Portée vers le pylône 8 :
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P8, toujours au bord de la piste des Jockeys :
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Portée P8-P9 :
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P9 :
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Portée P9-P10. On voit apparaître les téléskis de Beauregard 1 & 2 sur la gauche :
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P10 :
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Au cours de la portée entre les pylônes 10 et 11, on survole les gares aval des téléskis de Beauregard 1 & 2 :
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Le onzième pylône :
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Portée P11-P12 :
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P12. On aperçoit désormais la gare amont :
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Portée P12-P13 :
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Le treizième pylône diminue l'inclinaison du câble en prévision de l'entrée en gare amont :
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Il est suivi de très près par le P14 :
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Portée vers la gare amont :
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La gare amont


La gare amont du télésiège de la Burge se trouve à 2076 mètres d'altitude, au cœur du bois de Chettetive, en amont du départ des téléskis de Beauregard 1 & 2. On retrouve ici une simple poulie retour fixe, assurant le renvoi du câble vers la gare amont.


Entrée en gare amont :
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En se retournant, vue sur la gare amont et la zone de débarquement. A gauche, le poste de vigie :
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Vue de trois quarts en se dirigeant vers le nord :
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Vue de profil cette fois-ci :
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Vue opposée, en se dirigeant vers la piste des Jockeys :
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Il est également possible d'apercevoir la gare amont depuis la ligne des téléskis de Beauregard 1 & 2 :
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Véhicules et pince


Poma a équipé le télésiège de la Burge de 106 sièges à quatre places. Parmi ceux-ci, l'écrasante majorité sont de type "Arceau", mais quelques sièges ont été remplacés par des sièges "Arceau" de rénovation, voire par des sièges fournis par Altim. Dans ces deux cas précédents, seule la structure du siège a été modifiée, les assises sont les mêmes. Ils sont cependant tous fixés au câble grâce à des pinces fixes Mono 2100.


Un siège à l'embarquement :
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Un siège "Arceau" en ligne :
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Un siège Altim :
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Un siège "Arceau" de rénovation :
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Une suspente et une pince vues depuis un siège :
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Quelques vues de la ligne depuis les pistes


Les deux derniers pylônes depuis les environs de la gare amont :
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Le haut de la ligne depuis le début de la piste des Jockeys :
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On s'approche ici du départ des téléskis de Beauregard 1 & 2 :
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Le long de la piste des Jockeys :
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Un peu plus bas sur cette même piste :
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Lorsqu'on tourne la tête vers la droite, le regard est immédiatement attiré par le Pic de Rochebrune (3321 mètres) :
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En descendant la piste des Jockeys, on s'approche ensuite de la gare intermédiaire désaffectée :
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Vue globale de cette gare intermédiaire :
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Le pylône 6BIS, dont les galets pendent dans le vide du fait de l'absence de câble :
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Vue en contre-plongée du pylône 6 :
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Aperçu de l'exploitation estivale de l'appareil avant la construction de la luge sur rails


Jusque dans la deuxième moitié des années 2010, le télésiège de la Burge était également ouvert l'été, afin de desservir la piste de luge d'été de Molines. Celle-ci n'est plus en service depuis l'inauguration de la luge sur rails en décembre 2018. Son fonctionnement était le suivant : en hiver, lorsque la gare intermédiaire n'était pas utilisée, le câble passait sur les galets du sixième pylône, aussi bien sur le brin montant que sur le brin descendant. En revanche, en été, le câble était abaissé suffisamment bas pour permettre le débarquement de passagers. Cela était rendu possible par la présence d'un pylône supplémentaire (désigné "6BIS" dans ce reportage), qui grâce à 12 galets compressions, permettait au câble de remonter à hauteur du septième pylône après le débarquement des passagers.


Vue éloignée de la gare intermédiaire depuis les abords de la piste des Jockeys :
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Vue plus générale de la gare. On remarque bien la différence de hauteur entre le brin montant et le brin descendant :
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Gros plan sur le balancier compression situé derrière cet arrêt intermédiaire :
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Le sixième pylône :
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Vue vers l'amont, où le brin montant reprend de la hauteur pour revenir au niveau du brin descendant :
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Burge : un appareil inadapté ?


Malgré plusieurs projets de remplacement depuis le début des années 2000, le télésiège de la Burge est toujours est en place, plus de trente ans après sa construction. Certes, la montée peut être un peu longue et il peut y avoir un peu d'attente le matin. Mais, cela étant dit, il assure le reste du temps parfaitement ses fonctions sur le domaine skiable. Au vu des moyens limités des stations du Queyras et de la récente construction du télésiège des Cassettes à Saint-Véran, il est probable que le télésiège de la Burge reste encore en place pendant de nombreuses années : ce n'est pas si gênant que cela, le débit étant la majorité du temps au rendez-vous, et les skieurs souhaitant monter plus vite pouvant emprunter les téléskis des Torres et des Amoureux à la place.

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Ainsi se termine ce reportage.
Merci de l’avoir lu et à bientôt !

(c) – Avril 2021 – l'alexois & collonges74 - Tous droits réservés – Modification ou reproduction interdites sans l’accord des auteurs.

Photos : l'alexois & Clément05
Textes, bannière et mise en page : collonges74
Photos prises les 14 juillet 2014 et 1er janvier 2020



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