En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir plus
L'affichage en version mobile est en cours de développement.
Il se peut que la page ne s'affiche pas correctement sur votre appareil.
Nous travaillons actuellement pour vous apporter la meilleure expérience possible.
Merci pour votre compréhension


Localisation(s)
Photo

 TSF4 des Grandes Combes

Courchevel (Les Trois Vallées)

Poma

T2 ES
Description rapide :
Dernière extension en date du domaine de Courchevel, cet appareil atypique dans la course aux vitesses et débits que se livre les grandes stations, ouvre un secteur au calme et en forêt, avec une vue inédite sur Courchevel Moriond

Options techniques :
  • Tapis d'embarquement ou de positionnement
Année de construction : 2019

Suivre la discussion sur le forum



 
Auteur de ce reportage : Bouctou
Section écrite le 16/04/2020 et mise à jour le 05/05/2020
(Mise en cache le 05/05/2020)

Image


3 Mai 1946. Francis Eugène Mugnier, maire de Saint Bon, signe, avec l’accord de son conseil municipal, la cession de terrains communaux au département de la Savoie qui projette la création d’une station de sports d’hiver au Plateau des Tovets à 1750 mètres d’altitude. Courchevel est née. Ce sera la première et unique station dite de 2ème génération et la première créée ex-nihilo sur un concept skis aux pieds. L’idée est de créer une station sociale, permettant l’accès au ski au plus grand nombre. Mais le développement de la station, au cours des décennies qui vont suivre, va se faire à l’opposé du projet initial et aboutir au Courchevel d’aujourd’hui, station internationale réputée pour ses prestations très haut de gamme qui font trop souvent oublier la qualité exceptionnelle de son domaine skiable.

Durant de nombreuses années, plusieurs sociétés de remontées mécaniques vont se partager le domaine, dont :
- Les SPTV (Services Publics des Trois Vallées) appartenant au département et gérant la majeure partie des remontées mécaniques du Plateau des Tovets (Courchevel 1850) ainsi que du Praz
- La société des Téléskis de Pralong, qui gère le secteur Pralong/Super Pralong ainsi que le téléski des Creux
- La société du Lac Bleu qui gère le secteur Bouc Blanc
- La société de Mr Obert gérant la TC Grangettes, le TK des Tovets et le TK des Roy à 1550
- La société du Dou du Midi qui gère le TSF2 du Dou du Midi ainsi qu’un TK école situé à côté du TS
- La STM (Société des Téléskis de Moriond) gérant l’ensemble du domaine de 1650

Petit à petit, les sociétés privées se font racheter par les SPTV jusqu’au rachat de la STM en 2000 et la création d’une seule entité gérant l’intégralité du domaine de la vallée de Courchevel : la SEM « Société des 3 Vallées » ou S3V.

En 2011, afin d'enrayer le vieillissement des installations risquant de porter préjudice, à terme, à la réputation de la station, la S3V annonce un important PPI (Plan Pluriannuel d'Investissement) de 140 millions d'euros sur le domaine de Courchevel/La Tania, devant s’étaler jusqu’en 2019.

Image
(Coll. B.Détard - DR)


La mise en œuvre est immédiate, même si le planning initial connaîtra des modifications au gré des aléas administratifs et politiques :

- Eté 2011 : construction du TSD6 de Plantrey
- Eté 2012 : construction du TSD6 du Biollay et de la TC de Petit Moriond.
- Eté 2013 : réalisation du TSD6 du Bouc Blanc, mais aussi premiers travaux des TSD6 de l'Aiguille du Fruit et TSD6B de La Forêt
- Eté 2014 : finalisation des TSD6 de l'Aiguille du Fruit et TSD6B de La Forêt
- Eté 2017 : construction de la TCD10 de l’Ariondaz
- Eté 2018 : construction de la TCD10 des Grangettes

Au cours de l’été 2019, la S3V finalisera ce plan avec la réalisation de 2 appareils : la TCD10 du Praz et le TSF4 des Grandes Combes, appareil dont le rôle essentiel est la desserte du nouvel hôtel 4* de l’Ecrin Blanc.

Image
Situation du TSF des Grandes Combes sur le domaine


Image
Détail de l’implantation


Outre l’extraction des clients de l’hôtel vers le reste du domaine skiable, ce TSF propose une nouvelle offre de ski facile en forêt : la piste des Grandes Combes


Les Grandes Combes : une nouvelle extension du domaine skiable

Situé à mi-chemin entre Courchevel Village et Courchevel Moriond, le site des Grandes Combes était consacré, jusqu’en 2015, exclusivement aux activités d’été, comprenant alors une piscine semi extérieure construite en 1983, des terrains de tennis, un mur d’escalade, des tyroliennes et un parking.

Image
Situation des Grandes Combes sur le plan de la station


Image
Vue générale au début des années 1990 – extrait brochure OT 1993 – Coll. B.Détard – DR


Image
Extrait brochure UTN 2011 – Coll. B.Détard – DR


En 2005, la commune de Courchevel présente un projet ambitieux de réhabilitation de l’ensemble du site avec la construction d’un grand centre balnéo-ludique complété d’un hôtel, d’une résidence de tourisme et de divers équipements annexes. L’objectif est multiple : élargir l’offre touristique face à une clientèle qui cherche de plus en plus une variété d’activités et qui s’éloigne de la mono-culture du ski, proposer une activité ouverte à l’année pour favoriser l’emploi et la vie sur la station, mais également rediversifier l’offre hôtelière qui ne se concentre plus que sur le très « haut de gamme » en proposant un produit 3 étoiles. Mais le premier appel d’offre s’avère infructueux.

En 2011, la situation se débloque et le dossier UTN (Unité Touristique Nouvelle) est déposé. Les premiers travaux sont lancés dans la foulée avec la mise en sécurité du ruisseau des Gravelles qui passe à proximité.

Image
Vue général du projet - extrait brochure UTN 2011 – Coll. B.Détard – DR


La première pierre du centre nautique est posée le 6 Octobre 2012, et le chantier s’étalera jusqu’en novembre 2015.

Image
Avancée du chantier au 6 juin 2014 (©2014 - B.Détard)


Le 15 décembre 2015, le centre ouvre ses portes et accueille ses premiers touristes.

Image
Vue générale d’Aquamotion – Photo Facebook Aquamotion - DR


Parallèlement, la construction de l’ensemble immobilier hôtel/résidence de tourisme prend du retard. La piscine historique est déconstruite au cours de l’automne 2013. Mais il faudra attendre 2017 pour voir les travaux de construction réellement démarrer, pour une livraison effective au début de la saison 2019/2020. Entre temps, en dépit des objectifs initialement annoncés, le projet est passé de 3 à 4 étoiles : Courchevel reste Courchevel !

Image
Démolition de la piscine de 1983 – 19 Octobre 2013 (©2013 - B.Détard)


Image
Chantier de l’Ecrin Blanc – 10 Août 2018 (©2018 - B.Détard)



Depuis le lancement du projet, il paraît évident que l’emplacement excentré nécessite une réflexion sur la desserte de la zone, que ce soit sur le plan ski ou urbain. En 2010, la commune mandate le cabinet canadien Ecosign pour la réalisation d’une étude prospective sur l’ensemble du domaine skiable afin d’en définir les évolutions nécessaires pour les décennies à venir.

En février 2011, Ecosign rend ses premières conclusions. La zone des Grandes Combes serait équipée d’une télécabine pulsée, dont la G1 se situerait en aval de l’hôtel, et la G2 à proximité du Forum à 1850. Une piste de ski serait construite dans le prolongement des Provères. Sur le versant 1650, c’est 1 télésiège fixe qui est envisagé avec une gare intermédiaire desservant le futur centre UCPA afin d’ouvrir une nouvelle liaison entre 1850 et Moriond

Image
Proposition Ecosign – Février 2011 – Coll. B.Détard – DR


Mais cette proposition se heurte à un problème majeur : le foncier. En effet, le tracé devrait survoler une parcelle constructible appartenant à l’Aga Khan, ce qui est inenvisageable.
En mars 2011, un nouveau tracé est donc établi, comportant non plus 1 mais 2 TCP en enfilade. La G1 est alors déplacée en amont de l’hôtel, la G2 restant inchangée. Une variante est toutefois proposée, avec une arrivée qui se ferait au niveau de l’entrée de 1850, en face de la caserne des pompiers.
La piste est quant à elle modifiée pour partir du virage des Provères. On peut également noter que la version longue du TSF4 côté 1650 est abandonnée au profit d’un simple « extracteur » pour l’UCPA

Image
Proposition Ecosign – Mars 2011 – Coll. B.Détard – DR


En avril 2011, la configuration est à nouveau modifiée, notamment en raison du transfert de la G2 de la future TCD du Praz en aval de la Croisette. Par ailleurs, la gare intermédiaire est remontée vers la piste de Cospillot, ce qui pourrait permettre à ceux débarquant de la 1ère TCP d’accéder directement au Praz par la nouvelle piste proposée reliant les Tovets aux Brigues. Dans le même temps, la G1 est déplacée vers l’amont, afin de supprimer tout survol de la parcelle de l’Aga Khan. La variante 1 de mars 2011 disparaît, car si elle peut répondre à la problématique urbaine, elle est totalement inadaptée pour le ski.

Image
Proposition Ecosign – Avril 2011 – Coll. B.Détard – DR


En 2012, le versant 1650 est équipé non pas par un TSF mais par un petit va-et-vient sur le trajet « court » proposé par Ecosign, afin de permettre l’accès au domaine skiable depuis le futur centre UCPA. Mais ce dernier ne sera finalement jamais construit. Par conséquent, le retard pris dans le démarrage des travaux de l’hôtel des Grandes Combes va entraîner un report du projet de la remontée mécanique, car la S3V refuse de lancer la construction d’un téléporté, tant qu’elle n’a pas cette fois-ci la certitude que l’hôtel se fera bien.

En 2014, un dossier DAET (Demande d’Autorisation d’Exécution de Travaux) est déposé. Il s’agit d’un projet de télécabine débrayable 8 places dont la G1 est située juste au sud de l’hôtel, et la G2 en amont de la partie terminale de la piste de Cospillot.

Image
Tracé envisagé - Extrait dossier enquête publique – Octobre 2014 – Coll. B.Détard – DR


Image
Intégration paysagère envisagée pour la G1 – DAET – Octobre 2014 - Coll. B.Détard – DR


Image
Intégration paysagère envisagée pour la G2 – DAET – Octobre 2014 - Coll. B.Détard – DR


En 2017, les études sont lancées pour le remplacement de la TCD4 des Grangettes par une TCD10, pour laquelle il est prévu la construction d’une gare intermédiaire afin d’assurer la jonction avec la TCD8 des Grandes Combes, dans l’optique d’optimiser la desserte urbaine/piéton de 1850/1550 jusqu’à l’Aquamotion

Image
Plan de la plateforme d’échange Grangettes/Grandes Combes – DAET – Février 2017 - Coll. B.Détard – DR


Image
Intégration paysagère envisagée pour la gare intermédiaire des Grangettes et la G2 des Grandes Combes – DAET – Février 2017 - Coll. B.Détard – DR



Mais les coûts engendrés pour une fréquentation qui s’annonce assez faible vont avoir raison de tous ces projets. L’option d’un simple TSF4 avec abandon de la gare intermédiaire sur la TCD10 des Grangettes est finalement retenue, laissant de côté la volonté initialement affichée d'assurer une desserte urbaine.



Le télésiège fixe 4 places

Dès l’automne 2018, la S3V décide donc de lancer les travaux du TSF4, en débutant par le déboisement de la ligne et de la piste

Image
Défrichage – 3 novembre 2018 (©2018 - B.Détard)



Après la pause hivernale, les travaux reprennent au printemps 2019

Image
Fouilles G1 - le 6 juillet 2019 (©2019 - B.Détard)


Image
Montage G2 - 18 août 2019 (©2019 - B.Détard)


Image
Ligne et câble en place – 12 octobre 2019 (©2019 - B.Détard)



L'intégralité du suivi du chantier : ici et ici


Caractéristiques techniques

  • Nom de l'installation : TSF4 Grandes Combes

  • Constructeur : POMA
  • Modèle : Unifix
  • Année de construction : 2019
  • Saison d'exploitation : Hiver
  • Capacité : 4 personne(s)

  • Altitude aval : 1500 m
  • Altitude amont : 1680 m
  • Dénivelée : 180 m
  • Longueur horizontale : 773 m
  • Longueur développée : 798 m
  • Pente maxi : 79 %
  • Pente moyenne : 23.29%

  • Débit provisoire montée : 2000 personnes/heure
  • Débit définitif montée : 2400 personnes/heure
  • Débit descente : 500 personnes/heure
  • Vitesse d'exploitation : 2.5 m/s
  • Temps de trajet : 5 minutes 20 secondes

  • Emplacement motrice Amont
  • Emplacement tension Amont
  • Modèle moteur électrique : LAK4225C
  • Diamètre du câble : 40 mm
  • Largeur de voie : 4.90 m
  • Sens de montée : Gauche
  • Nb pylônes : 10
  • Nb véhicules en débit provisoire : 91
  • Nb véhicules en débit définitif : 109
  • Espacement véhicules en débit provisoire : 18 m
  • Espacement véhicules en débit définitif : 15 m



La Gare Aval

La G1 est située au sud de la zone des Grandes Combes, à proximité immédiate de l’hôtel de l’Ecrin Blanc, de l’Aquamotion et de la départementale 91. Il s’agit d’un simple retour fixe, équipé d’un tapis d’embarquement. Le chalet de commande reprend les codes esthétiques de l'hôtel, à savoir un bardage blanc sur un soubassement en pierre. On notera également l’absence de bornes de forfaits, l’appareil faisant partie des remontées gratuites de la station. Plus qu’un geste philanthropique, il s’agit là pour la S3V de rationaliser les coûts : en effet, hormis la piste des Grandes Combes, l’appareil n’ouvre que la possibilité de redescendre sur Courchevel Village où des caisses existent déjà. Il aurait donc été très peu rentable d’ouvrir un point de vente spécifique aux Grandes Combes.

Image
Situation d'ensemble, vue depuis la piste des Grandes Combes


Image


Image


Image


Image


Image
Vue sur l’ensemble de l’Ecrin Blanc


Image
Détail sur la signalétique


Image
Portillons cadenceurs


Image
Prêt à embarquer !



La Ligne

La ligne est courte avec 798 m de longueur pour 180m de dénivelé. Le tracé se déroule le long de 10 pylônes, dont 2 de compression (P1 et P2), 1 de support/compression (P6) et 7 de support et se décompose en une partie très raide entre la sortie de G1 et le P3, suivie par une partie à la pente moyenne jusqu'au P8 puis beaucoup plus adoucie jusqu’à la G2.

Image
Vue d’ensemble de la ligne, depuis Courchevel Moriond

Image
Passage sous P1/P2

Image
Petit regard en arrière sur la G1

Image
P3

Image
Portée P3-P4

Image
P4

Image
P5

Image
Portée P5-P6, avec le survol de la piste de luge, et la vue sur la passerelle de la piste des Grandes Combes

Image
P6, seul support/compression de la ligne. Il est également équipé, aux extrémités de la potence de décâblage, de dispositifs appelés « sur-rattrapeurs »

Image
Portée P6-P7, avec le survol de la piste des Grandes Combes, ainsi que de la piste de luge

Image
P7

Image
Regard en arrière pour voir le départ de la nouvelle piste des Grandes Combes

Image
P8

Image
P9

Image
P10

Image
Survol de la piste de Cospillot

Image
Arrivée en G2



La Gare Amont

Située à 1683m d’altitude, à mi-pente de la piste des Tovets et juste au-dessus de la partie finale de la piste de Cospillot, la G2 est à la fois motrice et tension.

Image
Zone de débarquement

Image
Situation générale

Image

Image
A droite, la fin de la piste de Cospillot

Image

Image
On distingue les 2 vérins de tension qui dépassent

Image

Image

Image

Image



Les Véhicules

L’appareil comporte des sièges 4 places de type Eezii 4 qui ont la particularité d’avoir des garde-corps de couleur noire, équipés de repose-pieds individuels.

Image

Image

Image



Quelques vues sur la pince Unigrip

Image

Image

Image



Vues depuis la nouvelle piste des Grandes Combes


Image
Bifurcation Provères/Grandes Combes

Image
Passerelle permettant le croisement avec la piste de luge

Image



Conclusion

La S3V et Poma nous offrent ici un appareil simple mais performant, qui remplit parfaitement son rôle de desserte et d’extraction. En ces temps de débrayables aux vitesses de plus en plus affirmées, il n’est pas désagréable de retrouver le rythme bucolique d’une balade au milieu des épicéas. D’autant que la distance assez courte permet un temps de trajet qui reste parfaitement acceptable. La piste bleue associée, si elle n’offre pas du grand ski, permet d’ouvrir une nouvelle possibilité de ski en forêt, assez sympathique en cas de jour blanc notamment.
Par ailleurs, si la S3V a choisi un débit assez élevé, c’est en prévision d’une utilisation future qui devrait voir le prolongement de la piste du Plan du Vah jusqu’au Grandes Combes, ainsi qu’une hypothétique piste venant de 1650.
Il reste toutefois particulièrement dommage que la réflexion globale n’ait pas amené à l’ouverture d’une liaison vers 1650, car combinée à la nouvelle TCD10 du Praz arrivant en aval de la Croisette, cela aurait permis un vrai gain de temps pour les skieurs logeant sur Le Praz ou La Tania désireux de se rendre en direction des Chapelets.



Suivre la discussion sur le forum


Appareils en relation :