Histoire des téléskis


 

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Sommaire



 

Les premières installations légères pour remonter la pente

Dès 1893, un certain August Goebel de Trzebnica (précédemment Allemagne, actuellement Pologne) conceptualisa un appareil à câble pour aider les gens à monter une pente*. Il n'était alors pas question de ski mais d'un équipement installé en bord de voirie et destiné aux piétons. Ce dernier était tiré par un cordage équipé d'un mousqueton et relié au câble. Goebel avait imaginé des poteaux intermédiaires avec poulie, judicieusement placés au niveau de chaque lacet. L'invention ne semble cependant jamais avoir été réalisée.

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Appareil d'aide à la montée d'August Goebel : vue de profil, vue en plan et agrès (DP)


Les premières véritables traces connues de remonte-pente à destination des sports hivernaux remontent à février 1908. Il s'agit d'un équipement précurseur construit au Schneckenhof à Schollach (Forêt Noire - Allemagne) par Robert Winterhalder. Avec ses cinq pylônes intermédiaires, ses agrès et son fonctionnement à mouvement continu, cet appareil préfigurait déjà de façon étonnante les téléskis des années 1930. Il fonctionnait grâce à un moulin hydraulique. Le ski n'en étant qu'à ses balbutiements, l'appareil, long de 280 mètres, restait essentiellement utilisé par les lugeurs mais des illustrations d'époque montrent des skieurs l'empruntant. Le brevet déposé par Robert Winterhalder décrit d'ailleurs la traction des skieurs*.

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Remonte-pente du Schneckenhof à Schollach, Forêt Noire, Allemagne, par Robert Winterhalder (DP)


Pour l'hiver 1909-1910, dans le cadre d'une exposition internationale de sports d'hiver, Robert Winterhalder installa à Triberg (Forêt Noire) un nouveau remonte-pente. Cet « aufzugbahn für rodler und skiläufer », littéralement « ascenseur pour lugeur et skieur », s'avérait cette fois être d'une tout autre envergure : il était mu par un moteur électrique et la ligne, soutenue par des pylônes avec de vraies têtes métalliques*, était longue de 550 mètres, rachetait 85 mètres de dénivelée* et comportait même des virages. L'appareil pouvait transporter 35 personnes simultanément, lugeurs comme skieurs*. Malheureusement cet appareil avant-gardiste fut démantelé durant la Première guerre mondiale.

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Remonte-pente de Triberg, Forêt Noire, Allemagne, par Robert Winterhalder (DR)


En matière de remonte-pente pour skieurs, il faut également mentionner, durant cette même période, l'exploitation à Schwarzenberg dans le Vorarlberg (Autriche), du télé-traîneau motorisé de Bödele*, installé pour remonter les skieurs en haut du tremplin de saut. Long de 70 mètres, l'équipement fut conçu par les ingénieurs de Dornbirn Hugo Rhomberg et Alfred Rüschse. Il se composait d'un grand traîneau tracté par un câble animé par un moteur thermique. Un principe à mi-chemin entre funiculaire et téléski, qui conceptualisait les télé-traîneaux à venir.

A ces exceptions près, le parc naissant de remontées mécaniques pour voyageurs restait cependant essentiellement composé d'appareils nécessitant la construction d'infrastructures lourdes, à savoir, de funiculaires puis, à compter de la fin des années 1920, de téléphériques. Ces équipements étaient généralement utilisés pour accéder à un belvédère ou un territoire au relief difficile. Mais avec l'essor du ski alpin, des pionniers inventifs se mirent également à imaginer ça et là des engins plus légers, destinés uniquement à l'activité hivernale.

En France, le PLM (Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée) fut l'un des premiers promoteurs à structurer une activité de sports d'hiver autour de ses hôtels de montagne. Pour aider sa clientèle huppée à remonter les pentes enneigées, dès 1921, des Citroën 10hp furent testées au Revard pour tracter les skieurs*. Ces véhicules étaient équipés du système Kégresse à chenillettes en caoutchouc pouvant franchir des pentes enneigées de 30 %.

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Skieurs tractés par une Citroën 10hp système Kégresse au mont Revard, France (DR, collection Laurent Berne)


En Suisse, selon un principe analogue au télé-traîneau motorisé de Bödele, les ateliers Oehler livrèrent dans le milieu des années 1920 à Crans Montana le funiluge de Plans Mayens. Ce type d'équipement rencontra d'ailleurs un certain succès jusqu'à la fin des années 1940 du fait de son faible coût d'installation.

Sur le continent américain, Alex Foster installait le 1er janvier 1933* le « Foster's ski-tow » sur la Big Hill de Shawbridge (désormais intégré à la commune de Prévost) dans les Laurentides (Québec - Canada). Parfois surnommé le « Foster’s Folly », il s'agissait d'un câble animé par le moteur d'une camionnette Dodge. L'équipement préfigurait le développement des ropetows (télécordes) dès les saisons suivantes.

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Foster's ski-tow, à Shawbridge, Québec, Canada, par Alex Foster (DR, coll. Guy Thibault, Musée virtuel de Prévost)


Dans les Alpes françaises on note aussi plusieurs installations primitives, notamment, en 1930, celle du Thononais Pierre Gilbert qui avait implanté sur les pentes du Savoy à Chamonix un câble motorisé tractant bobs et luges*. Durant cette décennie, Yvon Marlier équipa également brièvement le col de Porte (Isère - France) d'un petit traîneau tracté par un câble qui tirait plusieurs skieurs par trajet.

Les Pyrénées n'étaient pas en reste : dès 1928*, Superbagnères fut équipé d'un télé-traineau tracté par un câble sur les pentes du Téchous*. Il permettait de remonter 4 personnes assises et 2 en ski-jorring. On appelle d'ailleurs encore aujourd’hui « col du treuil » l’endroit surplombant l’ancienne arrivée de cet équipement.

 

Le système Constam et les débuts de la standardisation

L’ingénieur suisse Constam est connu pour avoir conçu le premier téléski standardisé moderne à enrouleurs dont le premier exemplaire fut construit en 1934 à Davos (Suisse) par la société Adolf Bleichert & Co.


Après avoir réussi ses études à l'École polytechnique fédérale de Zurich, l'ingénieur suisse Ernst Gustav Constam exerça ses premières armes sur quelques projets de téléphériques au sein des ateliers de Robert Aebi, qui avaient livré en 1927 le premier téléphérique moderne de Suisse. Aebi était alors représentant pour le pays de la société Adolf Bleichert & Co de Leipzig, le plus important constructeur de téléphériques de cette époque. En 1932, lorsqu'il ouvrit son propre bureau d'ingénierie à Zollikon, près de Zurich, Constam repris la représentation pour la Suisse des équipements Adolf Bleichert & Co. Constam s'impliqua tout particulièrement avec Adolf Bleichert & Co dans la construction du téléphérique du Säntis, dont il était d'ailleurs co-propriétaire de la concession.

Il anticipa le développement des remontées plus légères à destination des skieurs dès le début des années 1930 et dépose un premier brevet] de téléski dès 1931 avec poignée de traction *.

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Premier système de téléski Constam en 1931 (DP)


Ernst Constam perfectionna l'idée en 1934 en développant un principe d'enrouleur permettant de remonter les agrès au niveau du câble et en remplaçant la poignée de traction par une sellette en forme de « J » poussant le skieur par derrière.

Il fit fort logiquement appel à Bleichert pour construire cette même année le premier modèle de son « ski-lift » sur le stade de neige du Bolgen à Davos (Suisse).

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Premier téléski du Bolgen à Davos, Suisse, par Bleichert, selon le système Constam (DR, Davos)


Les sellettes monoplace en forme de « J » de cet équipement furent remplacées dès 1935 par des sellettes à archet double (dites à arbalète) permettant de tracter deux personnes. Cette idée soufflée par le professeur de ski davosien Jack Ettinger permit de doubler le débit du téléski. Cette configuration fut surnommée Sie-und-Er-Lift (remontée Elle et Lui).

Au niveau de l'enrouleur, le système initialement imaginé par Constam nécessitait deux accroches au câble limitant le nombre de véhicules en ligne : une au niveau du cordage de l'agrès, et une attache à enroulement située en aval sur le câble et relié à l'agrès permettant d'assurer un démarrage en douceur et de remonter les sellettes en hauteur lorsqu'elles n'étaient pas utilisées. Ce principe fut revu dès 1939 au profit d'une configuration à enrouleurs similaire à celle que nous connaissons aujourd'hui.
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Système d'enrouleur Constam de 1934 à deux accroches (DP)


Plusieurs appareils système Constam furent rapidement construits par Adolf Bleichert & Co en Europe. Ainsi, en France, le Sallanchard Charles Viard inaugurait dès le 13 décembre 1935* à Megève le monte-pente à enrouleurs de Rochebrune. Cet équipement fut le premier véritable téléski à entrer en service en France aux côtés de celui de La Féclaz et du remonte-pente par luges du Sauze.

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Téléski de Rochebrune à Megève, France par Bleichert, selon le système Constam (DR, collection Monchu)


Outre le téléski de Megève, Charles Viard, déjà promoteur du téléphérique de Rochebrune en 1933 (premier téléphérique à destination des skieurs de France), équipa ensuite par le biais de sa Société d'Equipement des Stations de Sports d'Hiver (SSH) de multiples stations françaises avec la licence Bleichert-Constam puis la licence Müller, en particulier dans les régions du Mont-Blanc et du Chablais.


Quelques semaines plus tard, le 23 février 1936, c'était au tour du téléski du Prarial, modèle analogue à celui de Megève, d'entrer en service à Montgenèvre*.

Notons qu'en France, plusieurs remonte-pentes de type Bleichert fonctionnèrent durant les premières années d’exploitation avec un système original de luges individuelles sur lesquelles s'installaient les skieurs durant la montée. C'était le cas du monte-pente du Sauze, près de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), mis en service peu avant noël 1935*,*, de celui de Valberg (Alpes-Maritimes), inauguré le 14 mars 1936*, mais aussi de celui de Céüze (Hautes-Alpes), mise en service en février 1937*.

Aux États-Unis, Dan Hatch, directeur du Dartmouth Outing Club, et Otto Schniebs, moniteur de ski, eurent écho de l'invention de Constam et impulsèrent dès 1935 l'installation sur Hoak Hill à Hanover (New Hampshire) du Dartmouth Ski Tramway*, premier téléski du continent américain. Le remonte-pente, rapidement nommé J-bar du fait de ses sellettes en forme de « J », avait été conceptualisé par Fredrick Bryon Tomlinson, un étudiant travaillant sous la direction du professeur d'ingénierie de Dartmouth William P. Kimball*. Pour l'anecdote, Ernst Constam, qui eut écho de l'installation du téléski, réclama des droits à la station pour la similitude de la forme des perches en J, pourtant sans enrouleurs, avec celle décrite dans son brevet initial de téléski.

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Dartmouth Ski Tramway, premier téléski des États-Unis d'Amérique
(DR, fair use archives du Dartmouth College)


C'est d'ailleurs aux États-Unis que Ernst Constam s'établit au début de la seconde guerre mondiale. Il y développa des téléskis plus légers avec des perches à arbalète sans enrouleurs. Avant son départ, il concéda l'exploitation de ses brevets de téléskis à enrouleurs pour l'Europe à son compatriote Henri Sameli-Huber, avec qui il travaillait déjà depuis 1937. Sameli-Huber installa ainsi quelque 65 appareils sur le vieux continent entre 1940 et 1952.

Le système à enrouleurs remporta un vif succès et se développa à l'échelle planétaire, initialement sous brevet Constam, puis par l'arrivée de nouveaux produits mis au point par de multiples constructeurs, principalement suisses, italiens et autrichiens, développant diverses améliorations comme les enrouleurs magnétiques plus légers.

 

Julliard et les premiers pionniers français

Au rang des pionniers français du téléski, on ne peut passer outre l'ingénieux Gabriel Julliard qui se lança dès 1935 dans la construction d'un premier remonte-pente à la Feclaz*, dans le massif des Bauges (Savoie). Ce téléski implanté sur les pentes de l'Orionde non loin du Chalet du Coin du Feu*, était certainement l'un des tous premiers à entrer en service en France puisque dès le 13 décembre 1935 des sorties à la Feclaz au départ de Chambéry étaient organisées comprenant le trajet en car et « deux montées en téléski »*.

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Téléski à La Feclaz, France, par Julliard (DR, coll. Laurent Berne)


L'appareil n'était pas d'une grande fiabilité mais Julliard persévéra. Il livra dès février 1936 dans les Alpes des téléskis à Val-d'Isère (Le Rogoney), Tignes (La Rhona), puis, fin 1936, à nouveau La Féclaz (le Sire), à Valloire (L'Épinette), ainsi que le premier téléski du Jura à Lelex*,*,*.

Pour concevoir ses téléskis, Gabriel Julliard avaient noué des liens avec l'architecte Charles-Henri Royer. Les deux hommes déposèrent deux brevets en commun, dont en février 1936 un brevet de suspente à contrepoids destiné à permettre la remontée automatique des agrès en hauteur et un départ sans à-coup*. Il s'associa également à un ingénieur de Chambéry, M. Veyres, pour assurer les mises au point techniques.
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Système Royer-Julliard d'agrès à contrepoids (DP)

Gabriel Julliard est aussi l'inventeur du téléski nautique dont il déposa également un brevet en 1936*, 25 ans avant que l'ingénieur allemand Bruno Rixen ne le popularise ! Il créa dans les années 1940 sa propre société, la Sosatel, et réalisa plusieurs autres téléskis (Valloire, La Clusaz...) jusque dans les années 1950. Mais Gabriel Julliard reste surtout connu pour avoir inventé le télébenne en 1947. Il mourut d'un accident de chasse en 1954.


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Téléski du Rogoney à Val-d'Isère, France, par Julliard - Royer (DR, coll. Laurent Berne)


Un autre pionnier français était le charpentier savoyard Charles Rossat, qui mit en service au col de Porte l'un des tous premiers téléskis de l'Isère en février 1936*. Ce dernier était équipé de cordes de traction agrippées manuellement sur le câble à la demande pour la montée.

Les autres massifs français n'étaient pas en reste. Dans les Pyrénées, Marcel Cames fit construire dès 1935 le « ski-training* » de Gourette. L'équipement, de 300 mètres, fut mis en service le 5 janvier 1936*. Il est premier téléski du massif*. L'appareil employait le système à enrouleurs Constam. Les pièces métalliques auraient été fabriquées par la société Ernst Heckel de Sarrebruck*.

Marcel Cames fut déjà à l'origine du « câble » de l'Aubisque, un télétraîneau de 16 places construit fin 1934 et qui fut mis en service le 20 janvier 1935*. Précurseur de l'aménagement de la montagne mais aussi de l'escalade moderne, Marcel Cames n'était pas un gestionnaire. Aussi sa société fit malheureusement faillite dès 1936. Après son rachat, le téléski de Gourette pris le nom du restaurant qui allait être construit au niveau de sa gare aval : la Boule de Neige.

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Téléski de Gourette, France, système Constam (DR)


Dans les Vosges, en 1936, débutait la construction du premier téléski du massif au col de la Schlucht. L'équipement fut inauguré en février 1937*. Dans le Massif Central, le Forézien Eugène Masson, qui avait réalisé en 1929 une première tentative d'équipement mécanisé de la Jasserie du Pilat (Loire), installait avec succès en 1937 le téléski de Panisset*. Parallèlement deux téléskis débrayables systèmes Poma étaient construits au Mont-Dore (Puy-de-Dôme).

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Téléski de la Schlucht, dans les Vosges, France (DR, coll. Laurent Berne)


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Téléski de Panisset à la Jasserie du Pilat, dans le Massif Central, France (DR, coll. Laurent Berne)

 

Les téléskis à accoudoirs et à ceintures

En France, l'ingénieur Charles Lenoble construisait dès 1935, pour le compte de la Société Hôtelière Touristique du réseau PLM, les « téléskis » de l'Observatoire au Revard (Savoie), de Combloux (Haute-Savoie) et de la Côte, à Chamonix. Ces équipements furent ouverts entre décembre et janvier de l'hiver 1935-1936*. Le système Lenoble s'exporta jusqu'aux Pyrénées, où la Société des chemins de fer et hôtels de montagne aux Pyrénées (CHM), profitant du rapprochement opéré par les compagnies ferroviaires du pays à compter d'août 1937 en vue de la création de la SNCF, fit installer en remplacement du télé-traineau de Superbagnères, le téléski de la Cabane*,*. L'équipement fut officiellement inauguré en janvier 1938.

Le mot « téléski » apparaît dans des articles de presse dès le premier trimestre de l'année 1935*, inventé par Charles Lenoble, ingénieur au PLM, avec les aménagements planifiés au Revard pour la prochaine saison d'hiver, sans doute inspiré par l'appellation allemande skilift (ou ski-lift). Il qualifiera également fort logiquement les autres remonte-pentes mis en service par le PLM pour l'hiver 1935-1936, à savoir le téléski de Combloux et celui de la Côte à Chamonix.

Le terme est également employé la même année par Gabriel Julliard sous la graphie télé-ski avec l'installation de son premier remonte-pente à la Féclaz*. Pour autant, jusqu'aux années 1950, les appellations monte-pente ou remonte-pente restent tout de même largement privilégiées.


Les téléskis du Revard et de Superbagnères reçurent un ingénieux dispositif : Charles Lenoble y avait imaginé deux câbles tournant à une vitesse légèrement différente par le biais d'un étage de réduction en gare motrice. Lorsqu'un véhicule était utilisé par un skieur, le poids exercé sur ce dernier venait libérer le chariot qui était jusque-là pincé sur le câble inférieur par un ressort de compression. Le câble de traction se déroulait alors en douceur jusqu'à arriver en butée. il était ensuite entraîné par le câble supérieur, d'un diamètre plus conséquent. Au niveau du lâcher, le chariot, libéré de la force exercée par le skieur, venait de nouveau se pincer au câble inférieur et, sous l'action du différentiel de vitesse des deux câbles, la brassière était automatiquement remontée.

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Téléski de l'Observatoire au Revard, France, par Lenoble (DR, collection Laurent Berne)


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Principe de blocage/déblocage du chariot sur le câble inférieur du système bicâble Lenoble au Revard et à Superbagnères


Ces téléskis Lenoble étaient initialement équipés d'agrès avec une demie-pioche similaire au système Constam. Cependant, pour échapper à un procès en contrefaçon ils durent les abandonner courant 1936 au profit d'un système original de traction à accoudoirs développé par Charles Lenoble. Le skieur plaçait ainsi ses coudes dans un cintre à courroie souple pour se faire tracter. Les bâtons pouvaient reposer sur deux gouttières.

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Téléski de la Côte à Chamonix, France, par Lenoble (DR, collection Laurent Berne)


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Système de traction par accoudoir Lenoble (DR, collection Laurent Berne)


Bien que ces téléskis étaient construits de façon relativement lourde et plutôt industrialisée (à l'image des téléskis Bleichert système Constam), le système d'accoudoirs tractant les skieurs par les coudes, peu pratique, ne remporta pas un grand succès et fut abandonné après quelques années.

Le bouillonnant Gabriel Julliard employa quant à lui dès 1935 un système de remontée des skieurs par le bais d'une ceinture sur son téléski de la Feclaz* (Savoie) et reconduisit le système dès février 1936 sur le téléski de la Rhona à Tignes.

Avec son ticket de montée, le skieur recevait ainsi une ceinture dont la fermeture était assurée en tenant d'une main une poignée de sécurité (permettant, dans la théorie, l'ouverture automatique en cas de chute). A l'arrivée, le skieur lâchait la poignée, ce qui libérait la ceinture de la corde.

En Suisse, l'ingénieur Beda Hefti, président du Ski Club de Fribourg, installa à La Berra un téléski de son invention équipé de ceintures liées par une ficelle au câble. L'installation fut mise en service en janvier 1936.

Au départ, un employé plaçait la corde de traction du skieur sur le câble du téléski qui s'agrippait par coincement d'un crochet et suivait ledit câble par adhérence. La corde se terminait par un anneau que le préposé accrochait à la poignée de la ceinture du client. Ici également, le fait de lâcher la poignée libérait la ceinture de la corde. Les cordes étaient ensuite renvoyées par paquet à la G1 par le brin retour, où un système analogue à celui de la G2 les débrayait (Découvrez en détail le système ici).

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Détail du système de ceinture Hefti (DP)


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Détail du système d'accroche au câble Hefti (DP)


Beda Hefti équipa également en décembre de la même année les pentes de Montana d'un téléski long de 2.300 mètres rachetant près de 610 mètres de dénivelé. Cette installation prototype se démarquait en outre par ses 15 virages donnant une ligne en forme de S.

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Virage sur le remonte-pente de Montana, Suisse, système Beda Hefti (DR, coll. Jubiproduction)




L'ingénieur suisse supervisa directement la construction de quelques téléskis jusqu'en 1946, mais son système fut principalement employé par les ateliers Oehler qui, après avoir travaillé pour le compte de Beda Hefti, lui achetèrent en 1937 une licence pour commercialiser leurs propres remonte-pentes. Les deux premiers équipements Oehler système Hefti furent les téléskis de Corbetta aux Paccots et Nätschen - Gütsch à Andermatt.

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Remonte-pente de Corbetta aux Paccots, Suisse, par Oehler (DR, coll. Laurent Berne)


Suivant ce système, Oehler livra en 1945 au Hörnli à Arosa le plus long téléski de Suisse, et certainement l'un des plus long au monde jamais construit : 2.710 m de long pour 682 m de dénivelée, avec 51 pylônes et une imposante station d'angle.

Le système de ceintures, plutôt contraignant, fut cependant progressivement abandonné à la fin des années 1940, au bénéfice de téléskis à enrouleurs classiques.

 

Pomagalski : et le téléski devint débrayable

Le grenoblois Jean Pomagalski cherchait une solution pour augmenter la vitesse de remontée sans avoir recours aux coûteux enrouleurs des téléskis système Constam ; il inventa dès 1936 le départ progressif puis la perche débrayable, qu'il fiabilisa en 1944 par l'attache à douille moderne.


Avec ses amis Marcel et Edouard Buttard, Jean Pomagalski, initialement entrepreneur en maçonnerie, se lança durant l'hiver 1936-1936 dans la construction d'un monte-pente à l'Alpe d'Huez avec des matériaux de récupération. Ingénieux et débrouillards, les trois hommes se servirent de poteaux télégraphiques réformés, de jantes de voitures récupérées dans une casse, d’un pont arrière de camion Perkins et d’un moteur Berliet.

Après quelques réglages, le monte-pente de l'Éclose entra en fonctionnement en février 1936*, premier remonte-pente de Jean Pomagalski. Jean Pomagalski exploita lui-même cet appareil avec la sœur des frères Buttard et son époux.

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Premier téléski de l'Éclose, à l'Alpe d'Huez, France, par Poma (DR, Poma)


Les perches de cet appareil prototype étaient de simples agrès fixes se prolongeant d'une perche en T réalisée en bois de noisetier. Pour amortir la prise de la perche au démarrage, il équipa le câble d'olives fixées à intervalles réguliers entre lesquelles étaient placées des bagues coulissantes constituant l'attache des véhicules. En parallèle, il mit en place une gare haute de 6 mètres, puis quelques mètres en sortie, un poteau en bois avec un galet de compression sur le brin montant.

A la prise de l'agrès, l'inclinaison du câble vers le bas, dans le sens opposé à la montée, ainsi que le coulissage de la bague de l'olive amont à l'olive aval devaient assurer un départ en douceur, ce qui, dans les faits, n'était pas toujours le cas.

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Principe du démarrage progressif du téléski de l'Éclose en 1936 (Laurent Berne)


Jean Pomagalski réfléchit à un système débrayable pour augmenter plus encore la vitesse de la remontée et éviter que les agrès ne tournent à vide. Toujours en 1936, tout en conservant son système de démarrage progressif reposant sur l'inclinaison du câble opposé à la pente, il mit au point une première attache débrayable : l'attache anneau, qui fera l'objet d'un brevet en 1937. Il ouvrit, en leur bas, les bagues coulissantes des suspentes et leur adjoignit une embase élargie en forme d'anneau, au travers de laquelle le câble pouvait circuler librement. Ainsi, les suspentes restaient stockées en gare sur une glissière et étaient mises à disposition à la demande. La vitesse de ligne pouvait dès lors dépasser largement celle des téléskis à enrouleurs Bleichert-Constam. Cette attache débrayable fut inaugurée avec la construction du téléski de la Boule de Gomme (Les Gets).
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Principe du l'attache anneau, première attache débrayable de Pomagalski (DP)


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Remonte-pente débrayable de la Boule de Gomme, aux Gets, France, par Pomagalski (DR, coll. Laurent Berne)


Poma avait des idées, mais pas de moyens de production en métallerie. Cherchant un partenaire à même de produire son invention en série, il se tourna vers Georges Dandelot, basé à Annecy, qui commercialisait depuis plusieurs années déjà sous la marque Alta divers engins à câbles (en particulier des monte-foins pour granges). Dandelot disposait de toutes les compétences nécessaires pour réaliser de vraies poulies et des pylônes en treillis standardisés.
Ils entamèrent leur collaboration avec la réalisation, entre 1936 et 1937, du téléski du Mollard à La Morte, des Bains à Villard-de-Lans, et de l'Eclose, à l'Alpe d'Huez.

Mais le système d'anneaux s’avéra peu fiable ; aussi, l'Éclose retrouva rapidement son système de perches fixes et Dandelot, tout en conservant son partenariat avec Jean Pomagalski, préféra utiliser, pour ses futures constructions, l'attache maison « fer à cheval ». Une dizaine d'autres téléskis Alta Dandelot-Poma furent ainsi construits jusqu'au début des années 40. De nos jours, un dernier témoin de ces appareils pionniers est encore visible à Aiguilles (Queyras) : le téléski du Chabataron.

Poma poursuivit ses recherches en matière de pince débrayable et déposa en 1939 un brevet de la pince « tenaille » où, en prenant l'agrès, le skieur faisait plier une pièce venant serrer le câble. Le système de pince tenaille fut testé en 1942 à l'Alpe d'Huez sur le téléski de la Petite Sûre puis par la société Applevage qui construisit quatre téléskis selon ce système (un à Villard-Reculas, près de l'Alpe d'Huez, un à La Mongie et deux à La Clusaz). Mais ces appareils rencontrèrent des problèmes dus à des phénomènes de vrillage du câble qui entraînaient parfois l'ouverture de la pince, provoquant des glissements des agrès en ligne... Rapidement, Applevage se retira du marché du téléski.

La persévérance de Jean Pomagalski fut cependant récompensée en 1944 avec l'attache à douille*, reprenant le principe d'un petit tube bloqué en ligne par l'effet de levier grâce à une position un peu déportée de la perche.

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Schéma de l'attache à douille de 1944 (DP)


Simple et fiable, ce système, amélioré au début des années 1950, est encore aujourd'hui utilisé sur tous les téléskis à perches débrayables de la planète. Le premier appareil à en bénéficier fut celui du Lac Blanc, encore à l'Alpe d'Huez.

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Remonte-pente du Lac Blanc, à l'Alpe d'Huez, France, par Poma (DR, coll. Laurent Berne)


Dès lors, les téléskis système Poma, perfectionnés au fil du temps par l'emploi de perches télescopiques améliorant l'amortissement, furent installés à plusieurs milliers d'exemplaires par Poma lui-même ou par le biais de licences.

 

L'âge d'or révolu du téléski

Dans les décennies 1950 à 1970, le téléski a largement contribué à la démocratisation du ski alpin, y compris dans les plus petits villages. Aidé par les normes et les autorisations d'époque peu contraignantes, le téléski s'avérait peu coûteux et rapide à installer. C'était tout particulièrement le cas du modèle B (pour Baby) conçu en 1950 par Pierre Montaz et Victor Mautino chez Poma : une gare avec moteur thermique au sol, démontable, légère et sans nécessité de fondations grâce à l'emploi de haubans, souvent associée a des pylônes de ligne démontables à trépieds.

Le goût de l'entreprise conduisit d'ailleurs Pierre Montaz et Victor Mautino à créer en 1952 leur propre société de métallerie serrurerie dans les environs de Grenoble. Ayant conservé de bonnes relations avec leur ancien patron Jean Pomagalski, ils obtinrent son accord pour la construction sous licence de leurs propres téléskis. La société Montaz Mautino profita des plans neige de l'état français et de l'explosion des sports d'hiver et livra plusieurs centaines d'exemplaires de téléskis système Poma sur toutes les montagnes de France, allant jusqu'à équiper quasi exclusivement certaines stations !


Le téléski constituait en outre une réponse adaptée au flux croissant de skieurs puisque il était aisé d'installer des lignes double, voir triple dans les grandes stations.

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Téléski triple du Signal, à l'Alpe d'Huez, France, par Poma (DR, coll. Laurent Berne)


D'autres constructeurs utilisèrent également le système débrayable : Giovanola en Suisse ou encore, dans l'hexagone, Pierre de Pingon (connu pour ses grues) au travers de France Neige puis Transcâble.

Tous ne connurent cependant pas la réussite. Citons notamment l'exemple des ateliers Éric Combaz à Bozel qui gagnèrent quelques marchés à Courchevel, au Revard, à Vallouise et Megève au début des années 1950 avec un modèle de gare mixant métal et béton et des pylônes en treillis en V. L'entreprise s'avéra défaillante et ne put achever ses réalisations. Les téléskis durent être finalisés par Poma et Montaz-Mautino. Les pylônes Combaz marquèrent cependant longtemps le paysage du secteur de Moriond à Courchevel puisque le dernier téléski Combaz, le Marquis, ne fut démonté qu'en 2017.

Une autre expérience malheureuse est celle des ateliers Duclos. Ils connurent un petit succès à la fin des années 1950 en association avec l'ingénieur Marcel Arnaud qui avait mis au point un modèle débrayable démontable à bas coût. Entre 1958 et 1960, Duclos livra pas moins de 34 appareils, mais, l'aventure fût stoppée net lorsque Poma les attaqua pour contrefaçon.

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Gare débrayable légère Duclos système Arnaud à Chamonix, France (DR, coll. Laurent Berne)


A contrario, René Montagner, tissant de bonnes relations avec Poma, sut s'investir dans la technologie du téléski débrayable. Après avoir collaboré avec Pierre de Pingon, Montagner commercialisa directement ses téléskis à compter de 1966 et développa ensuite plusieurs perfectionnements, dont, en 1983, la station amont de type lâcher sous poulie (avec glissière de débrayage), ou encore des fondations à ancrage métallique, sans béton, pour les pylônes et les stations.

A l'étranger, le téléski débrayable avait également la faveur du marché américain. Pour autant, ailleurs, c'était au contraire le système à enrouleurs proposé par des constructeurs tels Müller, WSO Städeli, Doppelmayr ou encore Leitner, qui dominait le marché.

Désormais, le téléski est abandonné par les grandes stations au profit du télésiège. Le téléski à enrouleurs reste cependant plébiscité pour des lignes écoles ou petites liaisons secondaires et certains constructeurs qui étaient historiquement spécialisés dans le téléski débrayable (comme GMM, le successeur de Montaz-Mautino) l'ont ajouté à leur catalogue.

 

Chronologie


  • 1908 - février : remonte-pente pour lugeurs et skieurs du Schneckenhof à Schollach (Forêt Noire - Allemagne), par Robert Winterhalder ;

  • 1909 - décembre : remonte-pente pour lugeurs et skieurs de Triberg (Forêt Noire - Allemagne), avec moteur électrique, pylônes métalliques standardisés et virages, par Robert Winterhalder ;

  • fin des années 1920 jusqu'au milieu des années 1930 : quelques remonte-pentes artisanaux réalisés par des bricoleurs locaux comme par exemple le treuil de Pierre Gilbert à Chamonix (France, Haute-Savoie) en 1930* ou encore d'Yvon Marlier en 1932 au Col de Porte (Isère - France) ;

  • 1933 - janvier : câble motorisé de Shawbridge (Québec - Canada) par Alex Foster, premier ropetow (télécorde) connu du continent américain* ;

  • 1934 : téléski du Bolgen à Davos (Suisse), premier téléski standardisé à enrouleurs, conçu par Ernst Constam et construit par Bleichert ;

  • 1935 : téléski Dartmouth Ski Tramway sur Oak Hill à Hanover (New Hampshire - USA), premier téléski du continent américain ;

  • 1935 - décembre : premiers téléskis de France :
    - téléski à enrouleurs de Rochebrune à Megève (inauguré le 13/12*), par Bleichert (système Constam) ;
    - téléski avec système à ceintures à La Féclaz dans le massif des Bauges (Savoie), par Gabriel Julliard*,* ;
    - monte-pente à enrouleurs du Sauze*,*,*, suivant le système Bleichert, avec remontée des skieurs sur des luges ;
    - téléskis de la Côte à Chamonix-Mont-Blanc et de Combloux système Lenoble PLM * ;

  • 1936 - janvier:
    - premier téléski de Beda Hefti avec ceintures et cordes placées manuellement sur le câble, à la demande, à La Berra, Suisse, inauguré le 2 janvier * ;
    - premier téléski des Pyrénées à Gourette*,* (système Constam) sur l'initiative de Marcel Cames, mis en service le 5 janvier ;
    - le téléski système Lenoble PLM de l'Observatoire au Mont Revard, massif des Bauges, entre en service*,*,* ;

  • 1936 - février :
    - téléski du Col de Porte*, par Charles Rossat, avec des cordes placées manuellement sur le câble, à la demande, pour la montée ;
    - téléski à perches de l’Éclose à l'Alpe d'Huez (Isère - France)*, premier remonte-pente de Jean Pomagalski ;
    - le 23 février, téléski du Prarial, à Montgenèvre (modèle analogue au téléski de Rochebrune à Megève)* ;
    - en Savoie, construction du téléski de Val-d'Isère, suivi par celui de la Rhona à Tignes, par Gabriel Julliard*,*,* ;

  • 1936 - mars :
    - inauguration du monte-pente du Cloutas à Valberg, avec remontée des skieurs par luges (le 14/03*) ;

  • 1936 - décembre :
    - premiers téléskis à perches débrayables (attaches "anneau") par Jean Pomagalski : la Boule de Gomme aux Gets (Haute-Savoie - France) et l'Éclose, 2e version à l'Alpe d'Huez ;
    - premier téléski du Jura à Lelex par Gabriel Julliard* ;
    - en Savoie, téléskis du Cire à La Feclaz et de l'Epinette à Valloire, toujours par Gabriel Julliard*,*,* ;

  • 1937 :
    - premier téléski des Vosges au col de la Schlucht (inauguré en février)* ;
    - téléskis de Corbetta aux Paccots et Nätschen - Gütsch à Andermatt (Suisse), téléskis à ceinture système Beda Hefti, par Oehler ;
    - premiers téléskis du Massif Central : un à la Jasserie du Pilat*, et deux (système Poma) au Mont-Dore ;

  • 1944 : téléski du Lac Blanc à l'Alpe d'Huez (Isère - France), premier téléski utilisant l'attache à douille "moderne" de Jean Pomagalski ;

  • 1952 : téléski de Sainte Agathe dans les Laurentides (Canada), par Breco, premier téléski sous licence Poma construit en Amérique ;

  • 1952 : téléski des Clochettes à Saint-François-Longchamp (Savoie, France), premier téléski de Pierre Montaz et Victor Mautino.




Image
Téléski à enrouleurs double aux Diablerets (DR, coll. Laurent Berne)

Laurent Berne pour www.remontees-mecaniques.net

Dernière révision le 17/09/2021 - 20:08