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Sujets que j'ai initiés

  1. Les débuts pour le courrier par skieur.

    26 octobre 2023 - 19:35

    En 1856, dans l´Ouest américain, un certain John THOMPSON, ex-mineur à Placerville, prit l´initiative de créer un service postal à skis entre Placerville et Carson-city. Il effectua ainsi de périlleuses randonnées (probablement hebdomadaires) jusqu´en 1869. Il semble qu´il n´ait jamais été payé pour ces 13 années d´aventures !
    En 1899, aux « Rousses », dans le Jura français, arriva un jeune russe équipé de ski qui suscita l´admiration des paysans et du maire de la localité. Celui-ci ne tarda pas à se procurer, en Allemagne, des skis en vulgaires planches équipés de fixations consistant en un jonc enserrant le talon.
    L´hiver suivant, le docteur visitait ses malades à skis tandis que les écoliers se bricolaient des skis avec des douves de tonneau.
    Or, les hivers 1904/05 et 1905/06 amenèrent tant de neige que le service postal dût être interrompu. Du coup, le maire n´hésita pas à proposer ses services pour porter à ski à Morez le courrier en souffrance. On lui répondit d´abord que les dispositions administratives ne le permettaient pas, mais l´urgence régla le problème et le maire, postier par intérim, commença à trimballer les sacs de courriers.
    C´est bien l´usage du ski qui avait permis ce miracle qui entraîna un tel engouement que, dès l´année suivante, s´organisèrent des concours locaux aboutissant à la création de la « Société des Skieurs Rousselands ».

    Origine document : Y. Ballu, « l´épopée du ski ».
  2. Un avion et un câble

    20 octobre 2023 - 10:14

    Depuis 1954, le téléphérique de l´aiguille du Midi (Chamonix, France) est le plus haut du monde et culmine à 3842 mètres. De plus, 5000 mètres de câble surplombant le glacier du Géant relient l´aiguille a la point Helbronner à 3460 M. au-dessus de Courmayeur (Italie). Le 29 Août 1961, un avion militaire volant trop bas, coupe le câble tracteur et un train de 3 cabines dévale en marche arrière sur le câble porteur et va s´écraser sur la face Nord du Rognon. Six morts. Heureusement, les 33 autres cabines sont restées suspendues avec leurs 81 passagers qui devront attendre une nuit entière que les secours puissent les atteindre avec de grandes difficultés.
    Ce drame déclenche une certaine exploitation médiatique ciblant à la fois la prétendue désinvolture du pilote, le manque de préparation des l´exploitant du téléphérique à une telle circonstance et une soi-disant lenteur des secours. En réalité, aucune de ces arguties ne résiste totalement à une étude sérieuse et aux enquêtes techniques. Certes, le pilote de l´armée de l´air a eu tort de voler aussi bas mais les informations topographiques qui lui étaient données étaient trop fragmentaires, certes ces téléphériques ont eu une conception particulièrement audacieuse mais ils ont néanmoins un coefficient de sécurité tout à fait optimal, certes leurs concepteurs et exploitant n´ont pas réellement prévu une circulation aérienne susceptible de causer une telle catastrophe mais ils ont réagi avec le maximum de célérité et de technicité, certes les sauveteurs ont mis du temps à atteindre les cabines mais il faudrait, au contraire, les féliciter de l´efficacité de leur intervention.
    Moins d´un an après le drame, le fonctionnement et la fréquentation du téléphérique avaient repris leur cour normal.
    Bien plus tard, un accident identique devait faire d´autres victimes à un téléphérique de Cavalèse (Italie) à une altitude beaucoup plus basse de sorte que le pilote américain du « starfighter » de l´US-Airforce n´avait aucune excuse justifiant les tergiversations juridiques qui en découlèrent.

    Origine : les journaux de 1961.
  3. Comment NANSEN a préparé son expédition

    12 octobre 2023 - 19:27

    En 1888, le norvégien Fridtjof NANSEN réussit une extraordinaire expédition : la traversée à skis de la calotte glaciaire du GROENLAND au niveau du 65e parallèle. L´impact mondial est considérable mais peu de personnes ont connu les énormes difficultés de sa préparation.
    Pour commencer, le gouvernement norvégien refusa la subvention de 5000 couronnes sollicitée et il fallut qu´un danois, Agustin GAMEL prêt son concours financier. Nansen écrit : « cette offre, venant d´un étranger que je ne connaissais pas, à un moment où presque tous mes compatriotes me prenaient pour un fou, me toucha profondément ». Il fallait des compagnons et les candidatures d´aventuriers affluaient. Mais Nansen qui avait surtout besoin de bons skieurs et d´hommes vigoureux choisit Olaf DIETRICHSON, lieutenant de l´infanterie norvégienne, Otto SVERDRUP, ancien capitaine de navire marchand, et Kristian TRANA « brave paysan norvégien ». Il fit ensuite venir deux lapons du Finmark : Samuel BALTO et Ole RAVNA.
    Nansen fit ensuite fabriquer neuf paires de ski « deux en chêne et les autres en bouleau. Les premières mesuraient 2,30 m. avec une largeur de 9,2 cm à la courbure et 8 cm au milieu (premiers skis à « taille de guêpe » NDE). Les skis en bouleau avaient à peu près les mêmes dimensions. Leur surface supérieure présentait une arête de bois pour leur donner de la rigidité. Les semelles, avec trois rainures, étaient recouvertes de minces plaques d´acier et, à l´emplacement du pied, d´un morceau de fourrure d´élan. Les plaques d´acier étaient destinées à mieux glisser sur de la neige détrempée. La peau d´élan devaient empêcher de glisser en arrière ».
    Il fallut aussi construire des traîneaux équipés de voiles, des tentes (en toile à voile), approvisionner des piolets de grande longueur (près de 3 mètres), prévoir des cordes , des crampons... et tous les approvisionnements en denrées autant que possible non périssables... puis prévoir la traversée jusqu´à NUNIVIK !

    Origine document : Y. BALLU, « l´épopée du ski ».
  4. FRISON-ROCHE évoque les premières compétitions.

    06 octobre 2023 - 14:14

    Dans les années 1925/1930, le « ski alpin » (par opposition au « ski nordique ») est le parent pauvre : depuis des années, les suisses organisent cependant de très grandes courses de descentes (qui feraient sourire aujourd´hui) : la Parsenn à DAVOS, le Lauberhorn à MURREN. Ils possèdent d´ailleurs les meilleurs descendeurs de l´époque : David ZOGG, Otto FUHRER, Beni FUHRER.
    La véritable compétition alpine naît en France à MEGEVE, sous l´égide du Ski Club de Paris, avec BRISSON et MUSSAT et, naturellement, des moniteurs autrichiens et le suisse REUSSNER.
    Mais à un seul homme revient le mérite d´être le véritable près de la compétition alpine, celui qui, début, a pressenti ce qu deviendrait plus tard : ARNOLD LUNN. Il est souvent à MURREN où viennent pour se refaire une santé quelques coloniaux anglais fortunés ou officiers de l´armée des Indes. Ils sont déjà passionnés de ski. Pariant sur qui arrivera le premier à Mürren en descendant du Schiltorn, ils organisent un départ en ligne ... désastreux. On invente alors les départs contre la montre. De son côté, LUNN invente, comme distraction, de planter ça et là dans la neige, des bâtons et des fanions. On devra passer dans ces portes obligatoires : le slalom vient de naître.
    A cette époque, la méthode de l´ARLBERG est une méthode tous terrains en neige profonde : elle freine la vitesse et assure la stabilité du skieur. Elle n´est nullement adaptée à la compétition et il faudra trouver autre chose. On commence alors à chercher et à perfectionner. La technique s´affine, les compétitions deviennent plus techniques grâce aux forces vives utilisées par Toni DUCIA, la ruade de SEELOS (« roi du slalom »), la compétence des suisses de l´Oberland sous la houlette de GERSTCH et de RUBY. Les oberlandais deviennent les rois du combiné alpin (descente + slalom) avec Willy, Hermann et Fritz STEURI, GLATTHARD, Heinz von ALLMEN. Mais le solitaire ROMINGER quitte la Suisse pour venir s´entraîner avec l´équipe de France.
    Et les français font des progrès : la fin des années 30 confirme leur arrivée dans la grande classe internationale avec Emile ALLAIS, les frères LAFFORGUE, James COUTTET (champion du monde à seize ans !), Louis AGNEL et BECKERT, tous chaperonnés par GIGNOUX.
    La deuxième guerre mondiale arrête ces champions en plein essor mais, désormais, le ski de compétition international est né et, dans les années 1960/70, la France avec Jean-Claude KILLY, parviendra à l´apogée de sa gloire.

    Origine document : Y. BALLU, « l´épopée du ski ».
  5. 1931, Dieterlen et la mode féminine.

    28 septembre 2023 - 20:02

    Le grand Vosgien Jacques DIETERLEN, grand skieur, journaliste, romancier...et humoriste a beaucoup écrit sur le ski, sa naissance, son évolution, et "tutti quanti". En quelques pages savoureuses, il se penche sur l'accession de la femme à la mode du ski...durant les années 1920 à 30. Nous extrayons ces quelques morceaux de choix.
    "Quand, un matin, la femme vainquit le ski... le style en souffrit au début mais, par contre, l'héroïsme atteignit son plus haut degré chez notre skieuse néophyte : pas d'engin pour vous monter, pas d'hôtels confortables...des descentes par des sentiers invraisemblables, des bûches...les attaches qui lâchent, les skis qui collent dans les descentes et glissent dans les montées...Sombre et silencieuse, les skieuses revenaient en ruminant leur revanche. Elles ont gagné et nous savons ce que cela nous a coûté. Aujourd'hui, il faut se résigner à les voir, chaque hiver, changer de tenue, remplacer les gants et le reste pour l'assortir à la veste ou au pull-over.... La fille de ma concierge vient de me montrer l'équipement qu'elle s'est acheté : une tenue norvégienne en drap bleu, le pull-over, les bas et les gants en laine de Mégève assortis, une paire de ski modèle Télémark, un bâton breveté à St-Moritz, des souliers, une casquette, des moufles... un briquet-tempête, une lampe de poche, un sac tyrolien avec vingt-quatre sortes de fart, une ficelle rouge pour être retrouvée dans les avalanches, un fer à farter, un réchaud de secours et j'en passe. Je ne crois pas que la fille de ma concierge prenne part au concours de la jeune Fédération Française de ski et je ne crois pas non plus que la mode fasse faire de grands progrès à la technique du ski. Mais puisque, désormais, il faille, en France, compter avec le snobisme, avec la mode, eh! bien, comptons. Il nous faudra comprendre, un jour, que le développement extraordinaire du ski est dû à Coty, Lelong, Jean Patou et quelques autres. Grâce à ces nouveaux magiciens, nous ferons peut-être un peu moins de ski mais nous ferons d'excellents dîners dans de confortables hôtels en compagnie de charmantes skieuses à qui nous parlerons des techniques d'antan du stemmbogen au christiania godillé.
    Quand DIETERLEN joue ainsi au prophète, on voit qu'il a bien reniflé certaines tendances et leurs conséquences (dégénérescence de "l'esprit sportif") mais il faut lui pardonner de n'avoir pas eu les moyens d'en imaginer d'autres passablement contradictoires (évolution spectaculaire des performances).

    Origine document : revue "le ski", Décembre 1931