Forums Remontées Mécaniques: TKD du Mur, première version (†) – Superdévoluy - Forums Remontées Mécaniques

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TKD du Mur, première version (†) – Superdévoluy

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Herv_D 

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Posté 27 novembre 2021 - 19:31

Bonjour,

dans ce premier post, je voulais partager quelques souvenirs (sans nouvelles photos hélas) d’un de mes téléskis favoris, l’ancien TKD du Mur, à Superdévoluy. Il est brièvement évoqué dans le reportage du TKD « nouveau » (quoique désormais disparu) du Mur, mais il y a quelques erreurs et cette remontée mérite bien un petit descriptif à elle seule.

Officiellement (= d’après les plan des pistes des années 1980), son dénivelé était de 347 m et son altitude d’arrivée de 2187 m (soit une altitude de départ de 1840 m). J’ai toujours un peu douté du chiffre, qui plaçait la gare d’arrivée 33 m en-dessous de celle du Vallon la Fille (2220 m, lui aussi disparu), ce que contredisait assez clairement l’impression visuelle. Certains autres chiffres indiqués sur les plans d’époque étaient également douteux, donc je pense que cela donne plus un ordre d’idée des choses que les valeurs exactes.

Le téléski du Mur était par de nombreux côtés très atypique : de nombreux tournants (quatre), un raidillon incroyable, et un brin descendant qui ne suivait que très peu le brin montant, avec par contre deux pylônes qui lui étaient dédiés.

Avant de donner mes souvenirs des détails techniques de la remontée elle-même, une petite séquence « émotion » si vous m’y autorisez. Si je ne la poste pas là, je ne la posterai jamais.

Pour moi, qui ai appris à skier à Superdévoluy, le Mur, c’était avant tout un mystère. D’abord, il était tout biscornu sur les plans. Le premier dont je me souviens indiquait trois virages mais d’autres plans en indiquait un autre nombre en fonction de comment ils épousaient le relief. Le Mut, c’est à la fois au centre de la station et un endroit assez peu accessible. La gare de départ est non loin de l’arrivée des TKD des Chourums, mais il n’y avait à l’époque pas, ou plus, de piste l’y menant et pas moyen d’avoir un visuel sur la gare de départ, que ce soit des pistes des Chourums, du Pelourenq (le TKD de l’époque, pas le télésiège moderne), ou de la Festoure. Ce n’est que brièvement depuis le TKD du vallon la Fille qu’on voyait le départ, mais c’était assez fugitif et il fallait regarder derrière soi, et ce à un moment atypique de la monté de ce téléski puisque cela arrivait sur le long pont qu’on traversait peu avant la gare d’arrivée. Mais ce passage sur le pont mis à part, il n’était pas facile de trouver un endroit où voir la gare de départ, sauf à descendre les pistes l’y menant. La combe dans laquelle se trouve le téléski, très encaissée, est surplombée coté droit par le TKD de la Festoure, aujourd’hui disparu, mais totalement inaccessible par ce côté car quelques sévères barres rocheuses rendent la descente assez dangereuse voire potentiellement mortelle en l’absence de balisage. Le Mur, c’était aussi un téléski avec des pistes qui menaient au départ (deux noires côté droit, ou une rouge bien foncée dans sa partie finale côté gauche), mais pas de pistes qui partaient de la gare de départ : si on y allait, il fallait prendre le téléski.

Et surtout le Mur, c’était un nom. Le. Mur. Un nom qui annonce la couleur, et une sorte de légende locale : interdit aux mineurs ou aux enfants de moins de X années (le chiffre variait d’une année à l’autre), interdit aux enfants non accompagnés, réservé aux « bons » skieurs. D’une année à l’autre l’intitulé variait, mais clairement on était dans l’intimidation : visiblement, les responsables de la station ne voulaient pas avoir de problèmes. Moi dont les parents ne skiaient pas et qui skiait toujours tout seul, étais-je un « bon » skieur ? Avais-je le « droit » d’y aller ? Mystère. Au passage, c’était en substance ce qu’on trouvait aussi au sommet du TKD du Sommarel pour descendre vers le Pierra, lui aussi dissuasif vis-à-vis des débutants. Mais le Pierra n’était pas accompagné de la même « légende » locale. Le meilleur panorama qu’on pouvait avoir sur le téléski du Mur, c’était en haut du TKD du Pelourenq. On voyait la fin du raidillon qui conférait au Mur son nom, mais, comme je l’ai dit, on ne voyait pas la garde de départ. À la limite, le jeune enfant que j’étais pouvait imaginer qu’on sortait des entrailles de la terre et que ça devait être sacrément pentu pendant longtemps.

Bon c’est loin tout ça… Voici ce que je peux dire du téléski en lui-même.

Le brin montant comportait 15 pylônes, numérotés de 2 à 16, suivant une habitude fréquente à Superdévoluy de donner implicitement le numéro 1 à la gare de départ. Il permettant de remonter le long d’une combe en elle-même assez raide, mais en prime, le faisait en la contournant par la gauche en se frayant un chemin par un raidillon sévère. J’ignore quelle était la raison de ce choix, mais il est à l’origine de nombre des caractéristiques peu communes (et, mises ensemble, peut-être uniques) de cette remontée.

N’ayant pas de photos et n’étant pas trop versé dans le vocabulaire technique, je renverrai dans mon descriptif à diverses autres remontées de Superdévoluy afin que les choses soient le plus claires possibles.

Sens de la montée : gauche, ce qui est normal car il y a trois tournants à droite.

Garde de départ :même type que celle des TKD des Chourums, du Sommarel ou du Pierra, avec un gros moteur diesel dans une cabane en bois, côté droit de la gare de départ.

P1 : ligne montante seule (ce sera le cas jusqu’au P9), type SC. La pente avant le P1 était assez raide pour une pente de départ mais rien d’effrayant non plus. Pente très légèrement plus raide à l’issue du P1.

P2 & P3, accolés ensemble pour un tournant à gauche (assez léger dans mes souvenirs), avec rupture importante de pente qui mène sur le raidillon (voir ci-après)

P4 : assez loin du P3 et proche de la fin du raidillon. Le pylône est « à l’envers » (situé à gauche de la ligne montante, contrairement à tous les autres), en mode S (poulie moyenne), très légère diminution de la pente.

P5 : assez proche du P4, à la fin du raidillon. La pente passe presque instantanément de beaucoup à pas grand-chose. Type S, donc, et grosse poulie. C’est la plus grosse rupture de pente dont j’aie le souvenir, toutes stations confondues (genre 65 % à presque 0).

P6 : Assez proche de P5, tournant assez net à droite, avec reprise de pente. L’intervalle assez court de la séquence P4-P5-P6 indique clairement qu’il ne devait pas y avoir 36 façons possibles de passer.

P7 : Dans mes souvenirs, type C, mais au vu des photos, plutôt SC, quoique le S ne servait sans doute pas beaucoup. La pente reprend assez nettement, mais reste moindre (en tout cas moins impressionnante) que le raidillon

P8 : Type SC ou S, la pente s’adoucit un peu.

P9 : Premier pylône avec ligne montante et descendante. Le pylône est du type du P2 du TKD du Pierra : ça ne tourne pas sur le brin montant, mais ça tourne côté descendant en direction de la gare aval. Le look du pylône était un peu différent cependant par rapport au P2 du Pierra. Dans mes souvenirs, il y avait, côté descendant, une poulie verticale avant (ou après ?) celle qui faisant le tournant. Peut-être qu’on était assez proche du P11 du TKD du Sommarel (si ce n’est que ça ne tournait pas côté montant et que la poulie n’était pas aussi grosse, j’espère que je suis clair). Quoi qu'il en soit, à partir de là, on est sorti de la combe, la vue est bien dégagée et les obstacles plus trop nombreux.

A partir de là, j'ai un petit doute sur l'ordre de pylônes P10 à P13. Il y a deux tournants et deux pylônes pour le seul côté montant, mais pas sûr à 100% de l'ordre.

P10 : Second tournant à droite, le premier avec les cotés montant et descendant ensemble

P11 : côté montant uniquement. Je n’ai pas de souvenir précis de ce pylône. Je dirais SC, poulie moyenne, mais pas sûr à 100 %. Pente modérée avant et après en tout cas, possible rupture de pente.

P12 : Idem précédent. C je pense, sans quoi il y aurait aussi eu le côté descendant.

P13 : Idem P10. On tourne encore à droite. Même si le relief est moins tourmenté qu’entre le départ et le P7, j’imagine que s’il y a deux tournants aussi rapprochés, ce qu’il était encore compliqué de faire un tracé plus simple.

P14 : Côté montant uniquement (ça faisant longtemps), type C, poulie moyenne (je crois)

P15 : Dernier et… unique pylône « standard », type S/S (deux grosses poulies). On termine sur une petite butte un peu isolée qui presque l’air faite exprès pour ça.

Gare d’arrivée : « Standard » par rapport à ce qu’on trouvait à Superdévoluy à l’époque. Je ne saurais en dire plus.

Sur la ligne descendante, il y avait deux pylônes entre le P9 et la gare de départ, assez rapprochés, type S les deux avec poulie moyenne (celui côté P9) et grosse poulie pour plonger dans la combe.

Si on regarde les photos du reportage sur le TKD récent du Mur, alors sur la première (mais où diable a-t-elle été prise ?),

Image IPB

On voit la gare de départ, le P1, le sommet de P2 et P3 (on ne voit pas qu’il y en a deux, ni que que c’est un tournant), le P4 dans l’ombre du raidillon, puis P5, P6, P7 au soleil, plus loin le P8 mais on ne distingue plus trop, mais c’est pas grave, on voit mieux après...

… sur la seconde photo,

Image IPB

on voit la fin du raidillon, avec le P4 (au-dessus du gars en orange en avant-plan), puis la séquence P5-P6-P7 au-dessus des deux autres skieurs. Le P8 n’est pas très visible et le P9 se découpe sur le ciel. On arrive à deviner qu’il s’occupe des lignes montante et descendante. Les deux pylônes de la ligne descendante, en aval du P9, sont à droite du P8 (et à la même hauteur sur la photo). On arrive à distinguer que leur poulie n’ont pas la même taille (enfin, surtout si on le sait déjà). J’ajoute que le sommet que l'on voit sur les deux photos correspond à la gare d'arrivée du TKD du Vallon la fille (visiblement pas encore construit à l'époque), dont l’altitude théorique de 2220 m. L'arrivée du Mur est située derrière la ligne de crête, sans doute un peu sur la gauche du sommet (les tournants à droites au-delà du P9 sont trop proches de l’arrivée pour qu'on se déplace très à droite du segment P6-P9.

Un mot sur LE raidillon. De ma modeste expérience, c’est, de toutes les stations où j’ai été (une quinzaine, je dirais), le passage le plus impressionnant. Pas très long, il est réparti sur les trois pylônes P3-P4-P5, les deux premiers étant cela dit fort éloignés, mais il était incroyablement raide, et en prime en dévers (si, si). Clairement, il ne devait pas y avoir beaucoup d’endroits où passer pour faire un truc pareil. Quelle était la valeur de la pente ? Les gens disaient à l’époque 45°, ce qui ferait… 100 %. J’ignore si c’était le cas (80 % est sans doute plus réaliste), mais l’impression visuelle était saisissante. La seule remontée où j’ai pu ressentir une impression vaguement comparable était le TKD du Bois Gaston, à Auron, avec pente maximale annoncée était à 69 % sur le plan de la gare aval, mais le ressenti était assez différent entre ces deux téléskis. Le Bois Gaston était… dans les bois, et c’étaient les troncs d’arbre et l’inclinaison de certains pylônes (voir le reportage sur le site) qui permettaient de bien cerner l’importance de la pente, avec ce petit côté, un peu angoissant (j’avais 11 ans lors de mon unique séjour à Auron), de se demander comment on pourrait bien descendre si jamais on tombait ou lâchait malencontreusement la perche : du 69 % en chasse neige ou en dérapage sur un couloir de montée assez étroit, ce n’était pas rassurant ! Au Mur, on était bien au-dessus des arbres (très peu d’arbres à Superdévoluy, de toute façon), dans un massif qui en première approximation est un énorme pierrier qui n’est jamais complètement recouvert de neige, en tout cas pas en avril ; je suis toujours allé à Superdévoluy pour les vacances de printemps. Mais qu’est-ce que c’était raide ! Pas besoin d’arbres pour s’en rendre compte. L’impression était sans doute renforcée par la hauteur où se trouvait au-dessus de notre tête (enfin, légèrement sur la droite), le brin descendant et le fait qu’on voyait le raidillon de loin, dès la gare de départ. Et bien sûr, la combe étant très encaissée, le raidillon était complètement à l’ombre. Ici, le truc inquiétant en cas de chute était plutôt de se fracasser sur les nombreuses pierres qui affleuraient sur le côté gauche de la montée (vers le lequel on ne manquerait pas de glisser en cas de chute puisqu’il y avait un dévers). Comme la pente était très raide, et peut-être aussi parce qu’en avril l’épaisseur de neige était moindre, les jeunes dont j’étais n’étaient pas assez lourds pour que le ressort de la perche se tende beaucoup ce qui faisait que lors de la monté du raidillon, la perche n’était pas loin d’être verticale (un peu douloureux, si vous voyez ce que je veux dire), avec l’impression pas super agréable de ne pas être tiré par la perche, mais plutôt soulevé par elle, avec au final une « adhérence » au sol assez faible et cette impression que, si on s’amusait à sautiller sur les skis, alors on allait franchement décoller (physiquement impossible, mais à cet âge là on ne le sait pas encore).

Tout ceci est raconté avec plus de 30 ans de retard, et avec des yeux d’enfant (à l’époque). Peut-être serais-je moins impressionné sur je revenais sur les lieux. Mais en tout cas c’était une belle bête, et je regrette de ne pas avoir quelques photos pour accompagner mon récit.

J’ai quelques souvenirs d’autres téléskis disparus de Superdévoluy. Si cela vous intéresse, j’ouvrirai d’autres sujets en leur mémoire.

Ce message a été modifié par Herv_D - 27 novembre 2021 - 21:13 .

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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Rodo_Af 

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Posté 27 novembre 2021 - 19:49

Bonjour Herv_d,
Bienvenue sur RMnet. Je viens de déplacer ton topic dans ce forum dédié aux sujets historiques.

:)
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#3 L'utilisateur est hors-ligne   Herv_D 

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Posté 27 novembre 2021 - 21:09

Voir le messageRodo_Af, le 27 novembre 2021 - 19:49 , dit :

Bonjour Herv_d,
Bienvenue sur RMnet. Je viens de déplacer ton topic dans ce forum dédié aux sujets historiques.

:)


OK, merci. Je pensais que c'était dans "Hautes Alpes" car les liens que des téléskis aussi anciens et déjà démontés y sont, mais c'est comme vous voulez.
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