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 TSF2 de la Traversée

La Plagne (Paradiski)

Poma

T2 HS
Mise en service en : 1978
Fin de service en : 2012

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Localisation(s)
Photo

Auteur de ce reportage : remontees
Section écrite le 18/08/2015 et mise à jour le 21/08/2015
(Mise en cache le 21/08/2015)

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Au sommaire du reportage :

  1. La Plagne : toute la montagne en onze stations !
  2. L'aménagement du glacier de Bellecôte
  3. Traversée, du grand ski sur le secteur du glacier de Bellecôte
  4. Ligne et infrastructures du télésiège de la Traversée
  5. Traversée, un télésiège hors-d'âge



La Plagne : toute la montagne en onze stations !

La Plagne est l'une des plus grandes stations de la Savoie, située à cheval sur les communes de Bellentre, Aime en vallée de la Tarentaise et Champagny-en-Vanoise en vallée de Bozel. Reliée aux Arcs/Peisey-Vallandry par le téléphérique Vanoise-Express, elle propose un immense domaine skiable composé de 130 pistes et 115 remontées mécaniques entre 1230 m et 3120 m en haut du télésiège du Glacier sous le sommet de Bellecôte.

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^^ Découvrez une présentation plus détaillée de la station en cliquant sur le logo ^^


L'aménagement du glacier de Bellecôte

La station de la Plagne a ouvert officiellement le 22 décembre 1961. On y trouvait alors deux téléskis autour de la zone qui est actuellement le front de neige de Plagne Centre. Le téléski de la Lovatière desservait le front de neige et la zone débutante, et celui du Biolley permettait de skier sur des pentes plus importantes, aujourd'hui desservies par le télésiège débrayable du Bécoin. C'est l'entreprise phare de l'époque, Montaz-Mautino, qui a construit ces premières remontées mécaniques plagnardes.
Montaz-Mautino construit deux nouveaux téléskis l'année suivante : le Télé-École et le Z, tandis que le téléski de la Lovatière est supprimé. Le téléski du Z monte alors au-dessus du départ de l'actuel télésiège des Verdons Nord afin de desservir une large aire ensoleillée de ski propre facile. C'est notamment en 1962 que la piste de la Marie-Chantal est créée.
Le téléski du Cabri est venu doubler en 1964 le téléski du Z afin de créer une zone débutante à Plagne Centre.

C'est alors que la station de la Plagne, encore assez petite, parie sur l'ouverture d'un grand axe reliant Plagne Centre au sommet de la Grande Rochette, perché au-dessus d'immenses falaises. Pour y accéder, la SAP décide donc d'investir 8 millions d'anciens Francs pour installer un 2S, téléphérique débrayable très innovant et moderne pour l'époque.

Avec l'ouverture du téléski des Aollets en 1963, il était déjà possible de basculer vers le vallon de l'Ours par une piste bleue. Ainsi, en 1971, la SAP décide de construire le téléski des Colosses pour permettre le retour depuis la future Plagne Bellecôte vers Plagne Centre : il n'est plus obligatoire de descendre jusqu'aux téléskis des Bouclets 1 & 2 lorsque l'on emprunte la piste bleue du vallon de l'Ours. En 1973, c'est au tour du télésiège fixe 2 places de l'Arpette d'être construit afin de desservir de magnifiques pentes douces propices à la création de pistes bleues, mais aussi afin de pouvoir basculer vers le domaine de Montchavin-les Coches.
Dans le même temps, les pentes de la crête des Bourtes et de la Roche de Mio restent immaculées, alors que la SAP commence à réfléchir à son aménagement. C'est ainsi que la télécabine a ouvert en 1975, laissant la porte ouverte à l'accès aux glaciers de la Chiaupe et de Bellecôte. En effet, la télécabine de la Roche de Mio ne devait être à l'origine qu'un premier pas vers l'accès à cet espace naturel assez préservé.

Ainsi, après dix années d'études de glaciologie réalisées par le CNRS, les travaux d'aménagement ont été lancés, sous l'égide d'André Martzolf, alors directeur du service des pistes de la Plagne. Ce plan d'aménagement comprend la réalisation des deuxième et troisième tronçon depuis la Roche de Mio jusqu'au pied du glacier de la Chiaupe, à 3030 mètres d'altitude, pour un temps total de montée de 40 minutes depuis Plagne Bellecôte.

Mais la réalisation d'un domaine skiable est quand même rendue bien difficile sur ce secteur. Très excentré du reste de la station, il se situe à près de trois kilomètres de la Roche de Mio, point le plus proche du domaine principal. De plus, l'accès au secteur du glacier est verrouillé à l'aller comme au retour par l'obligation d'emprunter la télécabine de Bellecôte entre le col de la Chiaupe et la Roche de Mio.

La réalisation de cette télécabine devait être complétée par la réalisation de trois téléskis à enrouleurs par Mécalift, ainsi que deux télésièges fixes Pomagalski, le tout pour desservir six pistes. Sans compter les nombreux itinéraires hors-pistes également accessibles, tant vers la vallée de Champagny-en-Vanoise par le glacier du Cul du Nant, que vers Montchavin-les Coches par le Friolin (avec 2000 mètres de dénivelé), ou vers Peisey par la face nord de Bellecôte.
C'est donc un programme de création d'un domaine de grand ski qui est mis en œuvre dans cette deuxième partie des années 1970. Grand ski, qui comme il est précisé par la SAP, ne doit pas être appréhendé comme le reste du domaine étant donné la raideur des pentes et l'impossibilité pour le service des pistes de damer correctement les espaces balisés.

Voici deux photos d'époque avant aménagement du secteur du glacier :

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Le massif de Bellecôte en 1972 (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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Le glacier de la Chiaupe en 1972 (cliché http://www.perso-laplagne.fr).


Au sommet de la télécabine de Bellecôte, le glacier de la Chiaupe est rapidement colonisé par trois téléskis construits la même année. Chiaupe permettait de desservir les pentes situées juste au-dessus de l'arrivée de la télécabine ainsi que d'accéder par gravité aux téléskis du Col 1 & 2 (le deuxième a été construit en 1989). Il était également prévu de construire un télésiège fixe 2 places Pomagalski derrière les téléskis du Col, sous le nom de l'Arête, mais celui-ci n'a finalement jamais été réalisé.

Voici quelques photos de la télécabine de Bellecôte pendant ses premières années d'exploitation :

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Le glacier de Bellecôte en 1978 avec la gare amont de la télécabine de Bellecôte à l'extrême gauche de la photo (cliché http://www.perso-laplagne.fr).

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La montée finale de la télécabine de Bellecôte. On aperçoit aussi la ligne des téléskis du Col ainsi que du télésiège de la Traversée. On devine aussi le tracé sur la gauche du téléski du Glacier de Bellecôte (D.R.).

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Vue d'ensemble de la ligne de la télécabine de Bellecôte depuis la Roche de Mio. On aperçoit sur la gauche l'arrivée du télésiège du Chalet de Bellecôte (D.R.).

Le glacier de Bellecôte est lui aussi aménagé, avec la construction dès l'origine du télésiège fixe 2 places de la Traversée, qui arrive sur le flanc ouest de Bellecôte, dès 1978. En même temps, le téléski à enrouleurs du Glacier de Bellecôte est construit à la perpendiculaire du télésiège afin de desservir les pistes.
Le télésiège de la Traversée est donc construit dans le but d'accéder au glacier de Bellecôte, théâtre de futurs aménagements à l'écart du domaine skiable, exploitables été comme hiver.

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Le télésiège de la Traversée et les téléskis de la Chiaupe et du Col 1, prêts pour leur première saison de ski d'été.

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Le front de neige du glacier en 2002 avec l'ancienne gare amont de la télécabine de Bellecôte ainsi que les départs du téléski de la Chiaupe et du télésiège de la Traversée.

Avec la canicule du mois d'août 2003, le glacier de la Chiaupe avait déjà été fortement impacté. Il a donc été décidé de démonter le téléski de la Chiaupe, laissant au seul télésiège du Glacier le rôle de desservir l'ensemble des pistes du secteur. Mais cela a eu un impact très néfaste : l'accès au télésiège du Glacier depuis l'arrivée de la télécabine de Bellecôte a été très fortement dégradé. Il faut maintenant marcher avec le matériel de glisse plusieurs dizaines de mètres sur une pente en légère montée avant d'atteindre un léger plat descendant permettant l'accès au télésiège du Glacier.
Le ski d'été a été définitivement abandonné dans la foulée, dès 2005, alors que le télésiège de la Traversée n'était plus ouvert depuis 1996 avec le démontage du téléski de Bellecôte.

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Le glacier au cours de l'été 2003. On aperçoit l'ancienne gare amont de la télécabine de Bellecôte ainsi que le chantier du télésiège du Glacier (cliché http://www.perso-laplagne.fr).




Traversée, du grand ski sur le secteur du glacier de Bellecôte

Le télésiège de la Traversée était situé dans le prolongement de la télécabine de Bellecôte et permettait d'accéder au glacier de Bellecôte où l'on trouvait deux plus dures pistes noires du domaine skiable ainsi que la très belle piste rouge de la Combe, assurant par conséquent le retour au col de la Chiaupe. Il s'agit de la descente la plus facile à l'intermédiaire, évitant la piste noire de la Chiaupe. Traversée était également accessible depuis le télésiège du Glacier par la piste bleue du Déversoir.

Le télésiège de la Traversée desservait donc une piste rouge et deux pistes noires :

  • La piste rouge de la Combe, magnifique descente permettant de rejoindre la gare intermédiaire de la télécabine de Bellecôte au col de la Chiaupe. Après un chemin depuis la gare amont, la piste s'engageait dans un imposant mur souvent bosselé avant de se terminer sur un chemin en dévers assez bosselé aussi.
  • La piste noire du Rochu (fermée en mais 2009 toujours très fréquentée en tant qu'itinéraire hors-piste). Elle démarrait juste à la fin du chemin initial de la piste rouge de la Combe avant de s'engager dans deux murs consécutifs particulièrement pentus et bosselés. S'ensuivait un chemin assez peu pentu, commun avec la piste noire de Bellecôte avant de rejoindre le télésiège fixe du Chalet de Bellecôte.
  • La piste noire de Bellecôte (fermée en 2009 mais toujours très fréquentée en tant qu'itinéraire hors-piste). Elle démarrait juste à la fin du chemin initial de la piste rouge de la Combe, puis après un départ commun avec la piste noire du Rochu, s'engageait dans de très fortes pentes à l'écart du domaine skiable.


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Situation du télésiège de la Traversée sur le plan des pistes de la Plagne de la saison 2009/2010.


Voici donc les caractéristiques de ce télésiège :


Caractéristiques administratives

TSF-Télésiège à pinces fixes : TRAVERSÉE
Exploitant : SAP (Société d'Aménagement de la Plagne)
Constructeur : Pomagalski
Année de construction : 1978
Année de démontage : 2012

Caractéristiques d’exploitation

Saison d'exploitation : Hiver (et anciennement en été pour le ski d'été sur le glacier de Bellecôte)
Capacité : 2 personnes
Débit à la montée : 1200 personnes/heure
Vitesse d'exploitation maximale : 2,4 m/s
Embarquement : Oblique
Equipement d’aide à l’embarquement : Non

Caractéristiques géométriques

Altitude aval : 2989 m
Altitude amont : 3102 m
Dénivelée : 113 m
Longueur développée : 511 m
Pente maximale : 50 %
Pente moyenne : environ 22 %
Temps de trajet : 3 minutes 33 secondes

Caractéristiques techniques

Type de gare : Junior
Emplacement motrice : Aval
Puissance développée : 95 kW
Emplacement tension : Aval
Type de tension : Hydraulique
Nombre de pylônes : 7
Type de véhicules : Goutte d'eau 2 places


Ligne et infrastructures du télésiège de la Traversée


La gare aval

La gare aval du télésiège de la Traversée était située à 2989 mètres d'altitude, à une dizaine de mètres de l'arrivée de la télécabine de Bellecôte.
On retrouvait une gare Junior surélevée assurant la mise en mouvement et la tension du câble. L'embarquement s'effectuait sous les deux premiers pylônes portiques, à l'oblique de la ligne.

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Vue rapprochée de la gare aval depuis la passerelle de sortie de la télécabine de Bellecôte.

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Vue arrière en été.

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Zoom sur la gare aval depuis la fin de la piste bleue du Déversoir.

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Vue de trois-quarts.

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Vue de trois-quarts avec la file d'accès à l'embarquement.

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Vue de profil avec la gare amont de la télécabine de Bellecôte.

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Vue rapprochée.

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Vue plus large avec la file d'accès à l'embarquement.

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Vue de trois-quarts en été avec la gare amont de la télécabine de Bellecôte.

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Vue de face depuis la zone d'embarquement en été.

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Zoom sur la structure motrice issue de la gamme Delta.

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Vue détaillée de la structure supérieure de la gare aval. On aperçoit la poulie motrice, son encagement, ainsi que les rails sur lesquels coulisse la machinerie grâce à un moto-vérin.

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Zoom sur la poulie motrice avec son encagement.



La ligne

La ligne du télésiège de la Traversée était très acrobatique. En sortie de gare aval, le pylône 3 lançait la plus longue portée de l'installation. Lorsque les sièges étaient remplis, le brin montant pouvait descendre bien en-dessous du brin descendant. Le pylône 4 permettait de continuer la montée suivant une pente croissante. Le pylône 5 permettait de réduire la pente et commencer la seconde partie de la montée, à savoir une portion en très fort dévers où l'on pouvait admirer un panorama à 180° sur la Vanoise et la Tarentaise. Le pylône 6 était équipé d'une béquille pour faire face à cet impressionnant terrain rocheux et pentu. Le pylône 7 remettait le câble dans le plan horizontal pour préparer l'arrivée en gare amont.

Pomagalski a ainsi équipé la ligne de sept pylônes dont deux compressions, un support-compression et quatre supports :

  • P1 : 12C/12C
  • P2 : 16C/16C
  • P3 : 12S/12S
  • P4 : 2S+6C+2S/2S+6C+2S
  • P5 : 6S/6S
  • P6 : 8S/8S
  • P7 : 12S/12S


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Vue d'ensemble de la ligne depuis la fin de la piste bleue du Déversoir.

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Vue zoomée des pylônes 1, 2 et 3 depuis la fin de la piste bleue du Déversoir.

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Vue du pylône 2 en été, réglable en hauteur.

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P3.

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Longue portée entre les pylônes 3 et 4.

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P4.

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P5.

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Vue détaillée de la tête du pylône 5 avec ses « Poma-Pass ».

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Le pylône 6 avec sa béquille.

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Demi-tour vers le pylône 6. On aperçoit la gare amont de la télécabine de Bellecôte.

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Longue portée vers le pylône 7 à flanc de montagne.

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Fin de la portée vers le pylône 7.

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P7.



La gare amont

La gare amont était située à 3102 mètres d'altitude, au pied du glacier de Bellecôte, sur une plate-forme en bois en surplomb des fortes pentes, où l'on retrouvait plus bas la piste rouge de la Combe. Cette arrivée acrobatique obligeait les skieurs à dégager rapidement l'aire de débarquement pour rejoindre le début de la piste rouge de la Combe.
Au niveau technique, on retrouvait un simple retour-fixe ayant évité à l'exploitant de monter une ligne électrique au niveau de cette exiguë plate-forme et l'impact environnemental.

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Vue depuis la ligne.

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Vue rapprochée.

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En s'éloignant un peu, on se rend bien compte de l'étroitesse de l'aire de débarquement, au bord de la pente.

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Vue de côté.



Véhicules et pinces

Le télésiège fixe de la Traversée était équipée de sièges Goutte d'eau 2 places très inconfortables avec des dossiers à lattes métalliques et à assises rembourrées. Ils étaient reliés au câble par de simples pinces fixes.

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Croisement de sièges en sortie de gare aval.

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Un siège Goutte d'eau 2 places vu de dos.


Autres vues…

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La fin de la ligne avec la gare amont.

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La mi-ligne.

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Vue en contre-plongée de la portée vers le pylône 4.

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Zoom sur la quasi-entièreté de la ligne depuis la fin de la piste bleue du Déversoir.

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Vue d'ensemble de la ligne depuis le chemin de liaison entre la télécabine de Bellecôte et le télésiège du Glacier.



Traversée, un télésiège hors-d'âge

Traversée était donc l'atout ski propre du secteur du glacier à la Plagne. Il permettait l'accès au glacier de Bellecôte où l'on trouvait trois très belles pistes dont une rouge permettant le retour à la gare intermédiaire de la télécabine de Bellecôte et deux noires très difficiles revenant au télésiège du Chalet de Bellecôte. Depuis le démontage du téléski de Bellecôte et la fin du ski d'été sur le glacier éponyme, Traversée était devenu moins important. Mais la SAP se devait de rénover cet axe vétuste pour le remettre à niveau et rendre le secteur moderne et attractif pour les skieurs. Cela a également permis d'augmenter substantiellement le débit afin de pouvoir absorber les rares fois où il peut y avoir un peu de queue.
Il a été remplacé par un télésiège 4 places, le premier déplacé par le constructeur Ingélo. Il s'agit de l'ancien télésiège du Biolley, équipé de gares Alpha et construit en 2001 sur le secteur d'Aime 2000.

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Traversée, un antique télésiège totalement dépassé.


Bannière : Bovinant
Photos : Kaldini, la Plagne 78, remontees et pomaman.
Texte et mise en page : remontees
Date des photos : 16 mars 2007, 31 décembre 2007, 1 janvier 2008, 21 avril 2009, 4 août 2009, 21 avril 2010, 21 avril 2012 (dernier jour d'exploitation).



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