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Reportages : "Au Cœur des remontées mécaniques"



Liste des remontées mécaniques Montaz Mautino


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Montaz Mautino

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Nationalité : Française
Informations :

Montaz Mautino était un constructeur historique français de remontées mécaniques créé en 1952 par Pierre Montaz et Victor Mautino.

Pierre Montaz débuta sa carrière dans le transport par câble en 1943 comme perchman à l'Alpe d'Huez ; l'année suivante, il fut embauché comme monteur de téléskis pour le compte de Jean Pomagalski. En 1950, il mit au point, avec son collègue Victor Mautino, ouvrier serrurier chez Poma, une gare légère et démontable de téléski débrayable : la gare B (comme Baby).

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Pierre Montaz et Victor Mautino (Coll. G. Attard)


Avec l'accord de leur patron, les deux amis construisirent, avec le matériel type B qu'ils venaient de mettre au point, leur propre remontée avec des pièces qu'ils rachetèrent à Poma : le téléski des Clochettes à Saint-François-Longchamp, dont l'exploitation fut confiée à un cousin de Pierre Montaz.

Le goût de l'entreprise conduisit les deux hommes à créer en 1952 leur propre société de métallerie serrurerie : la SARL Montaz Mautino, implantée dans un atelier à Seyssinet, dans les environs de Grenoble. Ils prirent quelques marchés dans le bâtiment puis, ayant conservés de bonnes relations avec Jean Pomagalski, ils obtinrent l'accord de leur ancien patron de produire sous licence leurs propres téléskis.

La société développa sa gamme avec la commercialisation de grandes gares en treillis soudés (le type T) et d'autres plus compactes, monofût (le type D).

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TKD type T treillis à Saint-Sorlin (Geofrider)
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TKD type D à la Loge des Gardes (Lolo42)


Montaz Mautino profita des plans neige de l'état français et de l'explosion des sports d'hiver durant les décennies 1950 et 1960. Le constructeur livra des centaines d'exemplaires de téléskis sur toutes les montagnes de France, et équipa quasi exclusivement certaines stations !

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Publicité Montaz Mautino (coll. L Berne)


Au début des années 1960, la société se lança sur le marché du télésiège fixe biplace, d'abord avec du matériel construit sous licence Pomagalski, puis en élaborant sa propre gamme.

Dès 1970, Montaz Mautino installa son premier télésiège débrayable biplace aux Ores, en collaboration avec l'ingénieur Pierre Goirand (de chez Neyrpic - anciennement Neyret Beylier) qui développa la pince MMG (Montaz Mautino Goirand). La technique était des plus novatrices puisque les gares restaient relativement légères et que, pour la première fois, la pince était à serrage direct (pas de genouillère), produit par deux ressorts à boudin parallèles et en position verticale. La solution préfigurait les pinces modernes et les télésièges débrayables légers des années 1980. Des problèmes d'usure et de cadencement conduisirent cependant à l'abandon de cette technologie.


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TSD2 de Bois-Long aux Orres (Coll. Raphaël B)
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Pince débrayable MMG (Coll. G. Attard)


Dans le milieu des années 1960 la gamme T fut revue et les imposantes gares en treillis laissèrent place à des stations de départ T modulaires : l'ensemble magasin-entrainement était désormais soutenu par deux ou trois structures en échelle trapézoïdale. Montaz Mautino élabora également un départ automatique des perches par double déclencheur, là où, jusqu'à présent c'était l'action manuelle du perchman sur une corde qui déclenchait l'embrayage de la douille sur le câble.

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Nouvelle gare T à l'Alpe d'Huez (Benj)
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Sélecteur de départ automatique (Lolo42)


Quant aux gares de télésièges, elles devinrent aériennes et modulaires en 1972. Ce fût l'avènement de la gamme Trialp II et ses sièges en cercles typiques, qui inauguraient les premiers télésièges tri-places du constructeur.



En 1976, Montaz Mautino s'unit à l'italien Agudio pour réaliser sa première télécabine : Les Chalmettes à Mongenèvre, équipée de cabines 6 places et de la technologie de débrayage de la société transalpine. Dès l'année suivante, le constructeur isérois entama le développement de sa propre gamme de télécabine avec la conception de pince débrayable SCMM à rondelles élastiques. Elle installa son premier exemplaire à Chamonix sur les pentes de Planpraz en 1979, en réussissant l'exploit de conserver les imposants pylônes en béton de 1928.

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TCD6 des Chalmettes (Coll. G. Attard)
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TCD6 de Planpraz (Coll. L. Berne)


A l'aube des années 1980, l’entreprise employait 130 personnes. Pour se positionner sur le marché du bicâble, Pierre Montaz noua en 1978 un accord avec Saunier Duval et le téléphériste allemand PHB (Pohlig Heckel Bleichert), qui devint PWH l'année suivant sa fusion avec l’aciériste et fabricant de machines-outils WeserHütte. Saunier Duval et PHB entrèrent au capital de Montaz Mautino à hauteur de, respectivement, 7 et 27 %.

En parallèle, Transtélé, qui exploitait jusque-là une licence PHB pour la France, arrêta son activité. La plupart de ses effectifs intégrèrent Montaz-Mautino. Roland Roc, le PDG, en devient même directeur adjoint. Par leurs compétences, Transtélé et PHB permirent à Montaz Mautino de réaliser entre 1981 et 1982 son premier téléphérique à la Clusaz : le Transval, un appareil à va-et-vient monovoie.



Montaz Mautino construisit en 1981 un télésiège débrayable triplace resté unique avec coques automatiques aux Grands Montet à Chamonix, basé sur la pince maison utilisée sur ses télécabines, puis réalisa deux saisons plus tard ses premiers télésièges débrayables quadriplaces (Le Grand Mont à Arêches-Beaufort et Les Combes aux Menuires).

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TSD3B de Bochard (Coll. Devoissoux)
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GrandMont : premier TSD4 à Arêches-Beaufort


Pierre Montaz quitta la société qu'il avait fondée en 1984 et PWH prit le contrôle de Montaz Mautino. L'équipe dirigeante adopta une nouvelle politique avec la conception de téléportés plus diversifiée. Montaz Mautino disposait alors d'un carnet de commandes conséquent et décrocha même le chantier de reconstruction du prestigieux téléphérique du Brévent à Chamonix.



Mais chiffre d'affaires important n'est pas forcement synonyme de bénéfices. Aussi, malgré de beaux chantiers, l'entreprise dut déposer le bilan en 1986. Montaz Mautino du également faire face à l'accident mortel du télésiège quadriplace fixe de la Caperette à Luz Ardiden, le 1er mars 1987, 3 semaines après son ouverture. Le massif en béton supportant la poulie retour fixe en amont avait rompu entrainant la mise à terre de la ligne. Le sous-traitant en charge des bétons fut mis en cause pour avoir coulé le béton par des températures négatives et n’avoir utilisé que la moitié du ferraillage nécessaire pour le massif.

L’accident provoqua l’arrêt immédiat des autres télésièges quadriplaces Montaz Mautino de l'époque, puis au cours de l’été 1987 la conception de tous les massifs fut vérifiée par des spécialistes de génie civil, qui examinèrent la qualité du béton et du ferraillage des massifs de départ et d’arrivée de près de 700 télésièges et télécabines. Certains massifs furent renforcés d’une ceinture de ferraille et de béton ou complètement reconstruits.

Au cours de la même saison 1986/87, deux autres accidents d'appareil d'autres constructeurs (aux Orres et Valmorel) furent à déplorer. Cette série noire fut à l’origine d’une refonte de la réglementation en 1989, fixant les règles applicables aux constituants de sécurité et rendant les missions de maîtrise d’œuvre obligatoires et indépendantes des constructeurs.

Le contexte difficile conduisit PWH, en difficulté également, a se désengager de Montaz Mautino fin 1988. L'allemand vendit ses parts à l'entreprise de BTP savoyarde Botto.

Malgré tout, le constructeur déposa à nouveau le bilan en 1989. L'entreprise trouva un nouveau repreneur, Bernard Drevet, qui avait déjà dirigé Montaz-Mautino de 1986 à 1988, puis racheté l'isérois Gimar courant 1988. Il fusionna les deux constructeurs pour créer Montaz Mautino Gimar, qui devient rapidement GMM.

Mais la société continua d'accumuler les déficits, en particulier du fait de quelques chantiers lointains et hazardeux, et elle fut finalement rachetée en 1994 par Didier Serre, un homme d'affaire lyonnais. Il nomma à sa tête François Montès, ancien secrétaire général de Lafuma, pour conduire une politique responsable. L’entreprise GMM se recentra sur la fabrication de télésièges et téléskis, son savoir-faire historique, en assurant bien entendu toujours le SAV des précédentes installations Montaz-Mautino et Gimar.

Quant à Pierre Montaz, toujours investi par la passion des remontées mécaniques, il répondait volontiers aux sollicitations et donnait même quelques conférences. Il a écrit quelques livres mêlant histoire du câble et souvenir personnels, notamment "Les pionniers du téléski", un ouvrage que l'on ne peut que conseiller à qui souhaite se plonger dans l'aventure passionnante des précurseurs du remonte-pente dont il fût un des principaux protagonistes ! Il mourut en 2021 à 97 ans.

Montaz-Mautino sur le forum remontees-mecaniques.net : 1952-1989 : les années Montaz-Mautino


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